lundi 31 mars 2014

Childe Hassam (1859-1935) - Still Life with Peaches and Old Glass



Childe Hassam (1859-1935)
Still Life with Peaches and Old Glass (1902)
El Paso Museum of Art

Que voit on ?  Sur une très belle desserte en acajou de style classique américain une mis en scène (comment qualifier cet arrangement autrement ?) de pêches et de lourdes cristallerie anciennes toutes à godrons et à biseaux  (coupes à fruits,  carafes à liqueur et compotiers ) se disputent la vedette dans un très bel exercice de style sur les reflets et les textures. C'est à qui en jettera le plus. Et effectivement, ça en jette... mais avec une délicatesse et une élégance rare !

Rappel biographique :  le peintre, graveur, dessinateur, illustrateur et lithographe américain Frederick Childe Hassam est un impressionniste, membre du groupe des Ten American PaintersPeintre de scènes de genre, figures, nus, intérieurs, paysages, paysages urbains, marines, natures mortes il a aussi bien utilisé  l'huile, la gouache, l'aquarelle ou  le pastel. De 1886 à 1889, il séjourne à Paris  où il étudie l'art à  l'Académie Jullian. Ses professeurs sont Gustave Boulanger et Jules Joseph Lefebvre. L'impressionnisme français et l'art de Claude Monet ont une forte influence sur lui. Parmi ses œuvres les plus connues, réalisées à la fin de sa vie, figure la Flag series. Il s'agit d'une trentaine de tableaux qu'il commença en 1916, inspirés par la parade de préparation des engagés volontaires américains pour la Première Guerre mondiale sur la Cinquième avenue. Le tableau le plus célèbre de la série, The Avenue in the Rain (1917), représentant des drapeaux américains et leur reflets sous la pluie, fait partie de la collection de la Maison Blanche. Barack Obama l'a fait installer dans le bureau ovale dès le début de sa  présidence.

dimanche 30 mars 2014

Charles-Alfred Meurer (1865-1955)


Charles-Alfred Meurer (1865-1955)
Still Life with Press (1903)
Cincinnati Art Museum

Que voit-on ?  Posé sur une table d'appoint qui est sans doute une table de nuit (ou somno), de bas en haut de la composition, plusieurs exemplaires pliés de journaux d'actualités reproduits avec un rare souci du détail et qui débordent de l'entablement de même qu'une liasse de billets de 20 et 10 dollars. Sur la table elle-même de gauche a droite: une pipe  dont le contenu s'est éteint mais n'a pas été complètement consumé. Elle est posée dur deux livres reliés présentés par le dos et la tranche inférieure,   Posé sur les livres, noyé dans la pénombre, apparait ce qui semble être un coffret duquel s'échappe un chapelet ou des bracelets en boule de bois ; à côté du coffret ,une grande cafetière en porcelaine de style germanique à couvercle d'étain. Sur la droite du cadre, un bougeoir en étain dont la base maintient la liasse de billet en place et une chandelle au trois quart consumé et éteinte. A côté du bougeoir,un petit tas de pièces de 50 cts, 10 cts et 5 cts. Derrière le bougeoir, un paquet de lettres affranchies qui reposent sur un pile de livres reliés contenus sur une étagère ou l'on devine une porcelaine. (a l'extreme droite du cadre). Cette Nature à la Presse dépeint l'atmosphère d'une chambre masculine américaine ou d'un bureau d'homme au début du 20e siècle.

Rappel biographique : l'artiste  américain d'origine allemande, basé à Cincinnati, Charles Alfred Meurer, a peint des trompes-l'œil dans la grande tradition des maîtres américains du genre que furent Michael Harnett et John Frederick Peto qu'il admirait. Il reçut sa première commande d'Adolph Ochs, qui était le rédacteur en chef du Chattanooga Times, et qui lui demanda de peindre une nature morte dans laquelle il devait incorporer la " une "  de son journal, ainsi que des livres et d'autres objets relatifs à l'univers de la  presse. Devant le succès rencontré par  ce tableau, somme toute presque publicitaire,  Meurer exploita le thème de la presse et de l'univers masculin jusqu'à la fin de sa vie, y incorporant toutes sortes de reproductions d'impressions sur papiers... y compris des reproductions de billets de banques !



samedi 29 mars 2014

Jean-Baptiste Oudry (1686-1755)


Jean-Baptiste Oudry (1686-1755)
Nature morte avec artichauts, cadres, bulbes d'oignons et diverses variétés de courges sur un entablement (Vers 1730) 
Coll. priv. (Suède)

Que voit-on ?  Jetés pêle-mêle (ou ce qui semble l'être !) à même le sol dans un cuisine ou un cellier, plusieurs légumes de fin d'été et d'automne dont de gauche a droite : des courges, des céleris, des topinambours, des artichauts, des raves, des bittes d'oignons tendres,  des racines de mandragores, des chou frisés, et une gigantesque demi-citrouille ouverte exposant son intérieur. Le tout bien entendu peint ans des couleurs qui ne sont absolument pas celle de la nature, ce que l'on a suffisamment a reproché à Oudry de son vivant, mais dans un vision sublimé  (et assez décorative) de celle-ci. C'est la grande nature morte baroque française dans toute sa splendeur et ses débordements.


Rappel biographique : Le peintre et graveur français Jean-Baptiste Oudry est surtout célèbre pour ses peintures de chiens de chasse, ses natures mortes animalières et ses animaux exotiques. Fils de Jacques Oudry, maître peintre et marchand de tableaux sur le pont Notre-Dame, et de sa femme Nicole Papillon, qui appartenait à la famille du graveur Jean-Baptiste-Michel Papillon, Jean-Baptiste Oudry étudia tout d'abord à l'école de la maîtrise de Saint-Luc, dont son père était directeur. Il fut placé ensuite chez le peintre  Nicolas de Largillière, dont il devint bientôt le commensal et l'ami. 
Après avoir peint quelques sujets religieux et un portait du tsar Pierre 1er, il rencontre le marquis de Beringhen, premier écuyer du roi. Cette rencontre est décisive car le marquis commande à Oudry de nombreux ouvrages pour le roi. Dès lors on octroie  à Oudry un atelier dans la cour des princes aux Tuileries et un logement au Palais du Louvre où il forma un cabinet renommé. 
Oudry suivait les chasses royales et faisait de fréquentes études dans la forêt de Compiègne.
L'intendant des finances,  Fagon, le prit a son service et le chargea  de rétablir la manufacture de Beauvais, tombée en décadence. Oudry s'adjoignit  Boucher et Natoire pour exécuter la copie des tableaux. On lui confia également l'inspection de la manufacture des Gobelins, où l'on exécutait les tapisseries des chasses du roi d'après ses tableaux.
Jean-Baptiste Oudry a peint le portrait, l'histoire, les chasses, le paysage, les animaux, les fruits, les fleurs ; il a imité les bas-reliefs ; il a fait du pastel, de la décoration ; il aussi gravé à l'eau-forte. On lui doit deux conférences qui furent lues à l'Académie, « Sur la manière d'étudier la couleur en comparant les objets les uns avec les autres » et « Sur les soins que l'on doit apporter en peignant ».  Oudry a laissé un grand nombre de dessins dont  les plus connus sont les 275 dessins qui servirent à l'édition dite des Fermiers généraux des Fables de La Fontaine, gravées par  Charles-Nicolas Cochin. Il est également l'auteur d'un Almanach de rébus paru en 1716.

vendredi 28 mars 2014

Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779) - Le Panier de prunes

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Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779)
Le Panier de prunes (1759) 
Musée du Louvre, Paris

Que voit-on ?  Cette troisième  nature morte au verre d'eau présentée sur ce blog  est sans doute une des plus célèbres de Chardin. Elle fait partie d'une série de deux natures mortes dont l'autre est Pêches et raisins avec un rafraîchissoir,  probablement destinés à orner la demeure de l'abbé Trublet. Elles toutes deux ont figuré au Salon de 1759 et mérité les éloges de Diderot. Chardin en a même exécuté des répliques pour d'autres amateurs. A la profusion des premières natures mortes, Chardin préfère, dans ses oeuvres de la maturité, ne montrer qu'un petit nombre d'objets dans un cadre dépouillé, et concentrer ses effets par une composition claire et architecturée. Dans ces deux œuvres, Chardin s'attache au problème de la traduction de la lumière sur des textures variées : lisse (cerise ici et raisins dans l'autre toile ), veloutée (amandes fraiches  ici et pêches dans le pendant), transparence (verre ici et  eau dans le  rafraîchissoir dans le pendant). La lumière caresse la surface des fruits et des verres, efface les contours et enveloppe les objets d'une douce atmosphère. La matière est plutôt suggérée que décrite et la peinture donne à sentir autant qu'à voir.

Rappel biographique :  Jean-Baptiste-Siméon Chardin est considéré comme l'un des plus grands peintres français et européens du 18e siècle. Célèbre pour ses scènes de genre et ses pastels, il est aussi  reconnu pour ses natures mortes dont il reste le maitre incontesté.  D'après les frères Goncourt, c'est Coypel qui en faisant appel à Chardin pour peindre un fusil dans un tableau de chasse, lui aurait donné le goût pour les natures mortes. Ces deux tableaux de réception à l'Académie Royale de peinture sont tous deux des natures mortes, La Raie et Le Buffet qui se trouvent aujourd'hui au Musée du Louvre.  Chardin devient ainsi peintre académicien « dans le talent des animaux et des fruits », c'est-à-dire au niveau inférieur de la hiérarchie des genres alors reconnus. Et c'est sans aucun doute Chardin qui va lui donner ses lettres de noblesse et en faire un genre pictural égal, voire même supérieur à bien des égards, aux autres.
Les natures mortes qu'il peindra plus tard (à partir de 1760) sont assez différentes des premières. Les sujets en sont très variés : gibier, fruits, bouquets de fleurs, pots, bocaux, verres...  Chardin semble s'intéresser davantage aux volumes et à la composition qu'à un vérisme soucieux du détail, ou aux  effets de trompe-l'œil. Les couleurs sont moins empâtées. Il est plus attentif aux reflets, à la lumière : il travaille parfois à trois tableaux à la fois devant les mêmes objets, pour capter la lumière du matin, du milieu de journée et de l'après-midi. On peut souvent parler d'impressionnisme avant la lettre.

2014 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau, #AStillLifeCollection, #NaturesMortes 

jeudi 27 mars 2014

Harmen Steenwyck (1628-1656)



Harmen Steenwyck (1628-1656)
Nature morte aux " vanités terrestres "  (1640)
The National Galley London

Que voit-on ?  Sur une table de travail en bois  baignant dans un rayon de lumière venu du coin gauche de la toile, de droite à gauche : un coquillage ; une boussole ouverte ; un sabre qui ressemble à un Katana, l'arme des samouraï, posé sur une soierie rose ; trois instruments de musique dont un luth ou un théorbe (l'extrémité de l'instrument n'étant pas visible), une petite flûte en bois, et une  trompe de chasse ;  une  lampe à huile orientale, une cruche en terre cuite posé sur une boite en bois qui lui fait socle , un crâne humain ou " vanité "  et des livres  entr'ouverts reposant  sur une soierie d'un bleu très profond.

Rappel biographique : le peintre néerlandais du siècle d'or Harmen Steenwijck ou Harmen van Steenwyck est connu pour ses natures mortes et ses vanités. Il est le frère de Pieter Steenwijck,qui fut également peintre de natures mortes. Il demeure peintre actif à Leyde de 1628 à 1633. Il retourne dans sa ville natale de 1633 à 1656. En 1654-1655, il entreprend un voyage vers les Indes orientales néerlandaises. Il est connu pour son œuvre Une allégorie des vanités de la vie humaine visible à la National Gallery de Londres.

mercredi 26 mars 2014

Vincent Van Gogh (1853-1890) - Nature morte aux harengs sur feuille de papier jaune



Vincent Van Gogh (1853-1890) 
Nature morte aux harengs sur feuille de papier jaune (1889)
Collection privée

Que voit on ?  Ce que l'on voiest décrit par Vincent van Gogh  lui-me^me dans un lettre à son frère Theo en date  du  24 Mars 1889 :  " Je t’écris pour te dire que j’ai vu Signac, ce qui m’a fait considérablement du bien. Il a été bien brave et bien droit et bien simple lorsque la difficulté se manifestait d’ouvrir ou non de force la porte close par la police, qui avait démoli la serrure. On a commencé par ne pas vouloir nous laisser faire et en fin de compte nous sommes pourtant rentrés. Je lui ai donné en souvenir une nature morte qui avait exaspéré les bons gens d’armes de la ville d’Arles, parce que cela représentait deux harengs fumés, qu’on nomme gendarmes comme tu sais. [...]


Rappel biographique : Le peintre franco-hollandaisVincent van Gogh a peint énormément de natures mortes dont les plus célèbres sont sans doute constituées par la série des sept tableaux "Les tournesols " qu'il peignit à Arles entre Août 1888 et Janvier 1889. D'autres natures mortes moins célèbres  permettant de passer en revue a peu près tous les styles du peintre, ont été exécutées à diverses époques de sa vie.  Van Gogh peignait sur des toiles souvent déjà apprêtées, qu'il pouvait réutiliser, soit en grattant l'œuvre précédente, soit en la recouvrant d'une nouvelle couche. Il employait  certains pigments instables, entraînant une modification des couleurs sous l'effet de la lumière, dont la laque géranium qui perd sa teinte rouge avec le temps. Les couleurs originelles sont donc souvent perdues, entraînant des difficultés de restauration. Pour certains tableaux les restaurateurs ont décidé,de ne pas « recoloriser » le tableau, mais se contentent  de stopper les dégradations et de proposer un éclairage avec des filtres colorés pour restituer les teintes d'origine.Pour les historiens de l’art, Van Gogh est un précurseur qui a ouvert à la peinture de nouvelles voies. Par exemple,  Derain et Vlaminck sont directement rattachés à l'art de Van Gogh « par l'emploi de couleurs pures en larges touches ». Pour les amateurs d'art, il reste un maître à l’égal de  Leonard de Vinci ou de Rembrandt avec une production très importante et une trajectoire artistique fulgurante en durée et par ses styles.  Pour d'autres par contre comme Salvador Dali, dont les avis a l'emporte piece étaient connus, Van Gogh était " tout sauf un peintre ". Pour le grand public, l' œuvre  de Van Gogh est aujourd'hui accessible dans les plus grands musées du monde.  Dans sa dernière lettre, trouvée dans sa poche le jour de son suicide, Vincent van Gogh  écrit : « Eh bien vraiment nous ne pouvons faire parler que nos tableaux »

mardi 25 mars 2014

Auguste Herbin (1882-1960)



Auguste Herbin (1882-1960)
Nature-morte avec biscuit (1920)
Musée départemental Matisse
Le Cateau-Cambresis (France)

Que voit-on ?  Un guéridon ou une desserte ovale, en bois marqueté, dont on aperçoit la courbure et les marqueteries de bois clair en bas de cadre. une nappe blanche éclatante est tendue sur ce bois sombre  non pas sur toute sa surface,   mais plutôt à la façon d'un chemin de table.  Sur ce chemin de table sont posés  de gauche a droite : ce qui pourrait être, soit une serviette blanche  pliée en  hauteur soit un pot à eau traité de façon cubiste ; un compotier en porcelaine blanche a la forme étrange de moule à gâteau dans lequel on a posé un imposant biscuit de type quatre quart ou pain d'épices, qui a déjà été entamé et tranché. Sous le compotier, à même la nappe : deux biscuits en forme de  madeleines. Au premier plan exactement au centre du tableau, une assiette en porcelaine blanche contenant la peau d'une orange  taillée en un zeste d'un seul tenant et dont la chairt n'est pas présente sur le tableau. Répandu à droite et gauche dans la composition 6 oranges (2 à gauche, 4 à droite).

Rappel biographique : Le peintre français Auguste Herbin est une grande figure de l'art abstrait. Dans le premier quart du 20e siècle, alors que naissaient les mouvements De Stijl aux Pays-Bas, du Constructivisme en Russie et du Bauhaus en Allemagne, Herbin a été l’un des fondateurs de l’abstraction en France. Après la Première Guerre mondiale, il devient l’un des principaux protagonistes des deux grands mouvements Abstraction-Création et Réalités Nouvelles.
" Toute l'action de la peinture réside dans le rapport des couleurs entre elles, dans le rapport des formes entre elles et dans le rapport entre les formes et les couleurs ". écrira-t-il  Ses natures mortes presque datant  toutes de sa période cubiste sont très influencées par Juan Gris et  Pablo Picasso. Herbin produit ses premières toiles abstraites en 1917. Il est remarqué par Léonce Rosenberg qui lui achète plusieurs toiles et le prend sous contrat à la Galerie de L'Effort Moderne où il expose à plusieurs reprises. En 1919  Herbin décide d'abandonner le cubisme, pour lui dépassé ; il écrit à Gleizes « L'art ne peut être que monumental. » Il réalise alors sa série d'« objets monumentaux ». Ses peintures sur bois géométriques en relief remettent en question le statut de la peinture de chevalet. Cependant elles sont très mal accueillies, y compris par les critiques favorables au cubisme. Herbin se retire.  Entre 1922 et 1925, Herbin revient  à un style figuratif, sur les conseils de Rosenberg.  Il désavouera plus tard les paysages, les natures mortes et les scènes de genre de cette époque, telles que Les joueurs de boules (1923, Musée National d'Art Moderne, Paris), dans lesquelles il représente les objets sous forme de volumes simplifiés.

lundi 24 mars 2014

André Dunoyer de Segonzac (1884‑1974)



André Dunoyer de Segonzac (1884‑1974)
Nature morte au chou  (1919-20)
Tate Modern

Que voit-on ?  Dans un atmosphère très sombre,  proche de celles des Ferres Le Nain ou de Courbet, posés sur une table de cuisine campagnarde en bois de gauche à droite :  un pain de campagne non entamé reposant dans un linge blanc, une cruche d'eau en terre cuite.  A l'arrière plan, derrière la cruche et le pain  un chou rouge (qui donne son nom au tableau) dont  les feuilles sont largement  ouvertes et repandues sur la table.

Rappel biographique : André Albert Marie Dunoyer de Ségonzac est un peintre, graveur et illustrateur français. Dans sa jeunesse, Dunoyer de Segonzac fréquente le lycée Henri-IV où il rencontre Gus Bofa qui restera un de ses proches. En 1900, il est élève libre de l'École nationale supérieure des beaux-arts de Paris.  En 1908, il commence à exposer au Salon d'automne et au Salon des indépendants, avec Paul Signac et Maximilien Luce. En 1910, il connaît le couturier Paul Poiret et rencontre Max Jacob, Raoul Dufy et Maurice de Vlaminck.
À peu près indifférent aux révolutions esthétiques contemporaines, Dunoyer de Segonzac entreprend, avec le graveur Jean-Louis Boussingault et Luc-Albert Moreau, de ressusciter le réalisme de Gustave Courbet en exécutant des natures mortes, des nus, des paysages, dans une pâte épaisse et maçonnée.
Initié à la gravure par Jean Émile Laboureur, il réalisera près de mille six cent cuivres de 1919 à 1970. Il fut président de la Société des peintres-graveurs français.
Dans l'une de ses lettres au peintre Maurice Boitel, il écrit, dans les années 1950 : « Je n'ai pas oublié la période héroïque des indépendants - quand nous étions groupés autour de Paul Signac, du charmant et vaillant Maximilien Luce - dans ces baraques où l'Art vivant et authentique se groupait en dehors des formules académiques - ou des tendances littéraires et systématiques - qui devaient aboutir à cette esthétique abstraite dont crève la peinture. »




dimanche 23 mars 2014

Bernard Buffet (1928-1999)



Bernard Buffet (1928-1999)
Nature morte à la cafetière bleue (1955)
Collection René Clément, Monaco

Ce que l'on voit :  Sur une table recouverte d'une nappe dont on aperçoit les plis ou recouverte d'un revêtement  de carrelages, de gauche à droite : une tranche de biscuit ou de melon, deux petites madeleines ou deux fruits, une casserole verte à anse tournée vers le fond de la composition, une cafetière bleue à deux niveaux avec son bec verseur.

Rappel biographique : Bernard Buffet est un peintre français expressionniste, qui a peint aussi bien des personnages que des figures, animaux, nus, paysages, intérieurs, natures mortes, fleurs. Aquarelliste, c'est également un peintre de décors de théâtre et un illustrateur. Il remporte le concours d’entrée de l'École nationale supérieure des beaux-arts en décembre 1943 à quinze ans, passant deux ans dans l'atelier du peintre Eugène Narbonne où il est déjà considéré comme très doué. Il s'y lie notamment d'amitié avec les peintres Maurice Boitel et Louis Vuillermoz.
En 1947, il expose L'Homme accoudé au Salon des indépendants et en décembre a lieu sa première exposition particulière présentée par Pierre Descargues, à la Librairie des impressions d'art.  On y reconnait déjà un graphisme très caractéristique qui sera tout au long de sa vie, la marque du peintre. L'État, par l'intermédiaire de Raymond Cogniat, lui fait son premier achat pour le Musée national d'art moderne de Paris avec la peinture Nature morte au poulet. En 1955, il obtient la première place au référendum organisé par la revue Connaissance des arts désignant les dix meilleurs peintres de l'après-guerre. Il peint les maquettes des décors et des costumes pour La Chambre argument de Georges Simenon qui devient son ami. Élu à l’Académie des beaux-arts au fauteuil de Paul Jouve, Bernard Buffet est alors le plus jeune académicien jamais élu sous la coupole.
En 1978, à la demande de l’administration des postes, Bernard Buffet réalise une maquette pour un timbre de trois francs L’Institut et le Pont des arts. À cette occasion le musée postal à Paris présente une exposition rétrospective de ses œuvres. Dans les années 1970-80, Bernard Buffet est un artiste au sommet de sa gloire que les critiques n'épargnent pas, comme tout artiste qui connait un grand succès de son vivant. Ils lui reprochent principalement le  " statisme " de sa touche dans laquelle ils décèlent peu d'évolutions au cours des années, le traitant volontiers de  " peintre académique ".
Au début des années 1980 son œuvre immense, est plus appréciée à l'étranger qu'en France, et principalement en Extrême Orient, aux Etats Unis, en Amérique du sud et au surtout Japon où elle connait un succès considérable et où lun musée est spécifiquement construit pour lui à Surugadaira, ce qui, à cette époque, est inédit pour un peintre vivant.
En 1986, sa femme et modèle favori, Annabel, publie D’amour et d’eau fraîche ; la même année sortent les deux premiers volumes de la monographie de Yann Le Pichon Bernard Buffet  couvrant la période 1947-1982, qui obtiennent immédiatement le Prix Élie Faure.
Bernard Buffet, diminué par la maladie de Parkinson, se suicide par asphyxie, le 4 octobre 1999, dans son atelier du Domaine de la Baume près de Tourtour (Var), étouffé dans un sac en plastique noir sur la surface duquel son nom était dessiné avec sa calligraphie si caractéristique ; dernière mise en scène un rien macabre d'un très grand artiste du 20e siècle, qui toute sa vie avait adoré mettre en scène sa propre existence. En novembre 2007, paraît le troisième et dernier volume de la monographie de Yann Le Pichon, couvrant la période de 1982 à 1999.
En 2016- 2017, le MAM (Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris), rend hommage au peintre a travers une exposition ou sont présentées toutes les acquisitions du musée  faites dans les années 47- 55 et quelques chef d'oeuvres prêtées par le musée Bernard Buffet de Surugadaira.

samedi 22 mars 2014

Marcel-Lenoir (1872-1931)



Marcel Lenoir (1872-1931)

Nature morte à la "Vache qui rit" (1924)

Que voit on ? Sur un surface bleue qui semble être un plateau de desserte,  quatre pêches et une pomme encadrant une boite de fromages "Vache qui rit", boîte dans laquelle il ne reste qu'une seule portion.   Une petite bouteille de ce qui parait être du sirop d'érable est posé derrière la  célèbre boite ronde.  Cette oeuvre était une commande de la Maison La Vache qui rit à Lons- le-Saulnier (France). 

Rappel biographique  : Marcel-Lenoir, pseudonyme de Jules Oury, est un peintre, fresquiste, bijoutier, enlumineur, graveur et dessinateur français. En 1889. Il y fréquente l'École des arts décoratifs, et les cours du fresquiste Paul Baudoüin à l'École nationale supérieure des beaux-arts, puis découvre les artistes du Moyen Âge français et italiens au musée de Cluny puis au musée du Louvre. Passionné par le symbolisme, il fréquentera le poète Paul Fort et les milieux Rose-Croix, il découvre dans le même temps les œuvres du Suisse Arnold Böcklin, de l'Anglais Edward Burne-Jones et de Pierre Puvis de Chavannes. Il abandonne le symbolisme vers 1902-1903 pour une inspiration plus proche de la nature : la matière de ses œuvres devient plus empâtée, les teintes plus vives, la perspective se déforme progressivement, la couleur est posée en à-plat avec un effet d'étagement vertical de la composition, audaces formelles imaginées par les Nabis vingt ans auparavant. Puissant coloriste dont les effets de matière évoquent les Fauves notamment d'Europe centrale. En recherche perpétuelle de nouvelles solutions stylistiques, son œuvre est une recherche d'un âge d'or qui ne cesse de parcourir la peinture française depuis la fin du19e siècle. Ayant atteint la notoriété de son vivant, il fait figure aujourd'hui de ces artistes délaissés, il est vrai que son attitude intransigeante et même provocante jusqu'à l'excès ne favorisera pas sa diffusion. Pratiquant dans sa vie personnelle l'austérité matérielle voire l'indigence avec sincérité, il ne cessa de railler les critiques et les institutions officielles. Personnage excentrique promenant à Montparnasse une silhouette de Christ pour cabaret artistique, il fut d'une ambition au-dessus de ses forces et hanté de grandeur inaccessible.


vendredi 21 mars 2014

Giuseppe Arcimboldo (1527-1593)



Giuseppe Arcimboldo (1527-1593)
Primavera (Spring) (1573)
Musée du Louvre, Paris

Ce que l'on voit et ce que l'on sait :  Pour figurer Le Printemps, un portrait de jeune homme entièrement réalisé à base de fleurs, de fruits et de légumes, ce qui est la caractéristique de cet artiste, surréaliste bien avant l'heure avec ses cerises pour figurer les lèvres, sa carotte pour dessiner le nez, ses roses pour colorées les joues, sa pivoine remplaçant l'oreille et ses salades en forme d'épaulettes d'armure !  Il s’agit d'une série de quatre tableaux peints par Arcimboldo en 1563 et offerts à Maximilien II Emmanuel de Bavière en 1569, accompagnés des Quatre Éléments (peints en 1566).
Un poème de Giovanni Battista Fonteo (1546-1580  joint aux tableaux en explicitait le sens allégorique. Chaque tableau est constitué d’un portrait de profil, composé d’éléments végétaux caractéristique de la saison décrite. Une disposition particulière des quatre saisons avait été prévue par Arcimboldo : L’Hiver devait regarder Le Printemps et L’Automne dévisageait l'Été...
De la version originale, ne subsistent que L’Hiver et L’Été, exposés à Vienne en Autriche. Parmi les versions les plus connues figurent celles du musée du Louvre, copies faites par le peintre à la demande de Maximilien II pour en faire cadeau à Auguste de Saxe. Les tableaux se caractérisent par un encadré floral qui n’existait pas dans la version originale.

Rappel biographique :  Le peintre italien Giuseppe Arcimboldo est issu d’une famille de peintres.
Il commence à se faire connaître à 24 ans en travaillant avec son père, artisan peintre à la cathédrale de Milan où il  réalise alors des cartons de vitraux. Là, il se fait remarquer par Ferdinand de Bohème qui lui commande cinq blasons pour la cathédrale. En 1562,  il est  appelé à Prague au service de Ferdinand Ier du Saint-Empire pour être le portraitiste de la famille impériale. Peu après son arrivée à Prague Giuseppe Arcimboldo commence la première série des Quatre saisons et révèle ce style pictural surprenant : les « têtes composées » portraits caricaturaux (ghiribizzi) ou allégoriques formés d’une juxtaposition de fruits, légumes, végétaux, symbolisant les saisons ou les métiers. Cette œuvre suscite un engouement considérable à la cour. Il peindra d’autres séries des quatre saisons en 1572 et 1573. Si l'on considère Arcimboldo comme un novateur dans la systématisation de ses portraits, il faut se rappeler qu'à son époque il existe déjà une tradition, depuis l'antiquité, de masques bachiques ou hellénistiques, formés d'éléments pris dans la Nature. Plusieurs des artistes de la Renaissance artistique, dont Léonard de Vinci et Jérôme Bosch, s’étaient déjà intéressés aux faciès monstrueux, aux portraits déformés par des jeux de glace, ainsi qu’aux compositions à base d’éléments détournés.
Si Arcimboldo n'a pas eu d’élève, il a inspiré de nombreux copistes en son temps et le genre des têtes composées se perpétue aux 17e et 18e siècles. Il est repris au 19e siècle par les caricaturistes. Il est redécouvert au 20e siècle par les surréalistes, adeptes du jeu de mots visuel.


jeudi 20 mars 2014

Felix Vallotton (1865-1925) - Nature morte aux poivrons rouges

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Felix Vallotton  (1865-1925)
Nature morte aux poivrons rouges (1915)
Collection privée

Que voit-on ?  Présentés sur un guéridon de jardin en fer peint en blanc : cinq poivrons dont trois rouge, un vert et un bicolore vert et rouge. rendu avec ce souci méticuleux du détail qui obsède Vallotton dans toutes ces natures mortes.  Au premier plan, un couteau à manche d'eben dans la lame duquel se reflète un fragment de poivron rouge, donnant ainsi l'illusion d'optique que le couteau a plongé dans le sang ou vient de servir a commettre un crime !

Rappel biographique : Félix Vallotton, peintre d'origine suisse naturalisé français en 1900, est un artiste à cheval sur deux siècles, deux pays et plusieurs tendances esthétiques, des Nabis à la Neue Sachlichkeit [Nouvelle Objectivité]. S'il est aujourd'hui moins connu en France qu'en Suisse, c'est pourtant à Paris, dans les années 1890, que ses gravures sur bois novatrices lui ont valu une renommée qui s'est rapidement étendue à l'Europe entière. Tout au long de sa vie le " Nabi étranger ", comme il était surnommé, s'est intéressé à une gamme étendue de sujets récurrents - intérieurs, toilettes, nus féminins, paysages, natures morte, rendus étranges par son style lisse et froid, aux couleurs raffinées, aux découpages et aux cadrages audacieux. Et bien qu'il ne fût pas toujours compris par la critique de son temps, Vallotton a su s'imposer comme une figure en vue de la scène artistique parisienne et trouver sa place dans le courant moderne, notamment en participant à de nombreuses manifestations internationales d'avant-garde devenues mythiques. C'est surtout à  partir de 1910, que Félix Vallotton s’intéresse au genre de la nature morte et le transforme dans chacune de ces toiles.

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mercredi 19 mars 2014

Camille Pissaro (1830-1903) - Nature morte à la cafetière



Camille Pissaro (1830-1903)
Nature morte à la cafetière  (1900)
Musée de l'Hermitage, Saint-Petersbourg, Russie


Que voit-on ?  La toile est séparée en deux horizontalement : une desserte à la nappe blanche occupe le bas du cadre alors que le haut est occupé  (occulté pourrait on même dire) par une double tenture bleue  à impression de mouettes volant au-dessus des flots.   L'imprimé de la tenture est même si réaliste  et détaillé que l'on peut de demander su une mouette n'a pas quitter le rideau pour venir se  poser  sur le bord de la desserte (en haut à droite). Une fois toutes ces digressions écartées, on peut se concentrer sur le sujet de la nature morte proprement dit : le plateau de laque noir posé sur la nappe blanche et qui contient de gauche à droite : un pot en porcelaine vernissée provençale verte, une cafetière qui donne son nom à la nature morte et qui est si l'on juge par sa forme et ses reflets, une cafetière en cuivre de style orientale, une tasse à café et sa sous tasse en porcelaine à motif floral, une coupelle en céramique à motifs provençaux contenant des morceaux de sucre blanc, un couteau et un citron.  Que viennent faire les mouettes et le citron dans cette histoire à base de café, on se le demande encore ? !

Rappel Biographique : Jacob Abraham Camille Pissarro, dit Camille Pissarro, est un  peintre français d'origine danoise, qui appartient au mouvement de l'impressionnisme et du neo -impressionnisme. Théoricien du mouvement anarchiste, il fréquente assidûment les peintres de la Nouvelle-Athènes qui appartiennent au mouvement libertaire. Il partage cette position avec Paul Gaughin avec lequel il eut cependant des relations très tendues. Peintre de paysage et de scène de rues, Pissaro a peint moins d'une dizaine de natures mortes dans toute sa carrière.  

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mardi 18 mars 2014

Odilon Redon (1840-1916) - Nature Morte 1905



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Odilon Redon (1840-1916)
Nature Morte (1905)
Ale University Art Gallery

Que voit-on ?  Sur un fond rose uniforme deux pêches au velouté parfait et un reste de grappe de raisin blanc contenant 9 grains qui sont plutôt vert que blanc donnant le sentiment d'être quasiment faits de jade ou d'opale plutôt que de chair de fruit. 

Rappel biographique : le peintre français Odilon Redon (né Bertrand Jean Redon) est un peintre rattaché au mouvement symboliste et coloriste de la fin du 19e siècle. Son art explore les aspects de la pensée, l'aspect sombre et ésotérique de l'âme humaine, empreinte des mécanismes du rêve. Il a peint assez peu de natures mortes, La Coquille, exécutée au pastel en 1912 et présentée aussi sur ce blog, figure au nombre de ses plus célèbres toiles. 


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lundi 17 mars 2014

Pierre Bonnard (1867-1947)



Pierre Bonnard (1867-1947)
Nature morte avec moulin à café (1930)
Kunstmuseum Winterthur
Don du Dr. Herbert et de Charlotte Wolfer de Armas (1973)

Que voit-on ? Dans un intérieur qui représente sans doute une cuisine, posés sur la table recouverte d'une nappe à carreaux, de gauche à droite ; un moulin à café mécanique en bois avec sa manivelle, une cafetière et sa passoire en terre cuite émaillée et deux autres objets assez étranges et difficilement identifiables de nos jours qui pourraient être à gauche un chauffe plat et à droite un  pot à miel avec un bec verseur sur le côté. 

Rappel biographique : Pierre Bonnard est un des peintres les plus importants de la première moitié du 20e siècle et l'un des plus grands coloristes de la peinture occidentale. Après avoir été l'un des principaux représentants des nabis, il évolue vite vers une peinture très personnelle, refusant de se laisser enfermer dans une catégorie.
 En réaction à  l'impressionnisme, les Nabis veulent libérer leur peinture des exigences du réalisme : « Ensemble, nous avons méprisé l'école et les écoles, les rapins, leurs traditions, leurs farces et leurs bals inutilement nudistes. Ensemble nous nous sommes sérieusement amusés ». Les artistes nabis cherchent des voies plus spirituelles au contact de philosophies et de doctrines nouvelles teintées d'Orient, d'orphisme, d'ésotérisme, et de théosophie. Ils s'appliquent à retrouver le caractère « sacré » de la peinture et à provoquer un nouvel élan spirituel par le seul  moyen de l'art.
D'abord confinée dans un chromatisme austère qui traduit avec bonheur l'atmosphère chaude et feutrée des scènes intimistes, sa palette s'éclaircit rapidement à partir de 1905. Bonnard découvre alors les impressionnistes, mais refuse de se laisser dominer comme eux par les spectacles de la nature. En même temps qu'il s'efforce de réagir, par une composition plus rigoureuse, contre la désagrégation des formes colorées, il crée peu à peu un univers enchanté de jeunes femmes resplendissantes, de paysages inondés de soleil, de bouquets et de fruits miraculeusement préservés des atteintes du temps. Il suit les bouleversements qui affectent le domaine des arts dans les trente premières années du siècle – fauvismecubisme, surréalisme – mais s'en tient à l'écart. À partir de 1930, par un chromatisme de plus en plus éclatant, son œuvre s'affranchit graduellement de la réalité et parvient à exprimer l'espace par la seule juxtaposition des tons. Affichiste, décorateur, lithographe, Pierre Bonnard a influencé plusieurs générations de peintres ; son apport fondamental à l'élaboration du langage figuratif de notre temps réside dans l'exploration méthodique des ressources de la gamme chromatique, le refus de la perspective traditionnelle et l'affirmation du caractère bidimensionnel de l'espace pictural.

dimanche 16 mars 2014

Paul Cézanne (1839-1906) - Pommes et oranges




Paul Cézanne (1839-1906)
Pommes et  oranges (1899)
Musée d'Orsay, Paris

Ce que l'on voit. Cézanne peignit des natures mortes dès le début de sa carrière, ce genre n'acquiert une place essentielle dans son oeuvre qu'à la maturité de l'artiste, époque à laquelle appartient Pommes et orangesLe tableau fait partie d'une série de six natures mortes exécutées en 1899 dans son atelier parisien. On retrouve en effet d'un tableau à l'autre les mêmes accessoires : vaisselle de faïence, pichet au décor floral. Leur principe de composition est aussi similaire avec une tenture fermant la perspective, rappelant les natures mortes flamandes du 17e siècle. Mais, l'effet dynamique créé par une construction spatiale complexe et une perception des objets subjectives soulignent la démarche avant tout picturale de Cézanne. Par ce langage plastique d'une grande rigueur, Cézanne renouvelle profondément un genre traditionnel de la peinture française depuis Chardin. La modernité et la somptuosité de Pommes et oranges en font la plus importante nature morte de l'artiste à la fin des années 1890.


Rappel biographique : Cézanne a peint environ 300 tableaux et parmi ses premières « obsessions picturales », ce sont les natures mortes qui arrivent en tête, et notamment les pommes. Pour Cézanne, la nature morte  est un motif comme un autre, équivalent à un corps humain ou à une montagne, mais qui se prête particulièrement bien à des recherches sur l'espace, la géométrie des volumes, le rapport entre couleurs et formes : « Quand la couleur est à sa puissance, la forme est à sa plénitude » disait-il. Incomprises en leur temps, les natures mortes de Cézanne sont devenues depuis lors l'un des traits caractéristiques de son génie.

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Un blog de Francis Rousseau, #AStillLifeCollection, #NaturesMortes 


samedi 15 mars 2014

Vincent van Gogh (1853-1890) - Nature morte avec panier de pommes pour Lucien Pissarro



Vincent van Gogh  (1853-1890)
Nature morte avec panier de pommes pour Lucien Pissarro
Kröller-Müller Museum, Otterlo, Netherlands

Que voit on ?  Plein cadre au centre de la toile sagement rangée dans une corbeille plate en osier,dix fruits que van Gogh présente comme des pommes mais qui pourraient tout aussi bien être des tomates ou des coings. Seule importe ici la couleur , l'explosion des couleurs et la dédicace " à l'ami Lucien Pissaro  ", le fils de Camille Pissaro que Van Gogh rencontre alors qu'il veut aussi s'imposer dans le monde de l'art.  Les deux hommes éprouvent la même prédilection pour les arts graphiques et l’illustration. Van Gogh a toujours collectionné avec enthousiasme les estampes publiées dans des périodiques comme " The lllustrated London News ", tandis que Lucien essaie de vendre ses propres gravures aux journaux français et anglais. Et comme l’un et l’autre sont préoccupés par les problèmes sociaux, ils voient dans les gravures bon marché un moyen efficace de répandre la connaissance de l’art. Leur amitié se concrétise par un échange d’œuvres : à Lucien, qui lui fait présent d’une série de gravures sur bois. Vincent offre cette « Nature morte avec un panier de pommes » dédicacée « à l’ami Lucien Pissarro ».

Rappel biographique :  A l’époque où Vincent arrive à Paris. Théo connaît bien Camille Pissarro, dont il vend les tableaux depuis plusieurs années. Celui-ci est un artiste très accessible, toujours ouvert aux questions de la jeune génération. Vivant avec sa famille en province, à Eragny, il se consacre surtout aux scènes rurales qui l’entourent. Son intérêt pour les paysans et les travaux des champs ne peut qu’éveiller de profondes résonances chez Van Gogh, qui se passionne lui-même pour ce thème.  De toute évidence, la personnalité et l’œuvre de cet artiste apportent à Van Gogh un réconfort rare dans la capitale française. L’influence des Pissarro sur la découverte du néo-impressionnisme par Van Gogh est incontestable. Camille, séduit par ce nouveau style, modifie sa manière de peindre en conséquence. Sans doute Pissarro aide-t-il aussi Van Gogh à entrer en relations avec Ies néo-impressionnistes. Au printemps 1886, Seurat présente au Salon des indépendants sa grande toile « Un dimanche à la Grande Jatte-1884 ». Son nouveau style pictural, qui diffère radicalement de l’impressionnisme, tant par la théorie que par la technique, est aussitôt acclamé par la critique. Van Gogh visite probablement le Salon des indépendants de 1886 peu après son arrivée à Paris, mais il lui faut au moins jusqu’à la fin de l’année pour mesurer l’importance du néo-impressionnisme. Cet hiver-là, il rencontre Signac, avec qui il ira, au printemps suivant, peindre en banlieue. Signac l’aide à comprendre les nouveaux principes néo-impressionnistes, afin que Vincent puisse appliquer cette connaissance à ses propres oeuvres. 

vendredi 14 mars 2014

Albert Marquet (1875-1947) - Nature morte à la pipe



Albert Marquet (1875-1947)
Nature morte à la pipe
Collection Wildenstein

Que voit-on ?  Cette nature morte de Marquet en rappelle une autre de Chardin La tabagie que l'on peut admirer au musée du Louvre ! Et pour cause elle n'en est rien de moins que sa copie presque conforme. Qui voudra jouer au jeu des 7 erreurs relèvera  (en cliquant sur le lien) des différences sensibles dans les couleurs et les dans les formes des objets avec une sorte de paroxysme dans le pot à eau central à anse dont la forme est radicalement différente chez Marquet. Un clin d'oeil d'une maitre à l'autre comme Picasso en fera à Goya par exemple...

Rappel biographique : Maître du paysage au regard aiguisé, le peintre français Albert Marquet a gardé de sa période fauve un certain sens de la couleur et de la lumière. Ami de Matisse et de Derain, il fait partie  du mouvement des post impressionnistes. Les natures mortes qui sont  assez rares chez ce grand paysagiste sont toujours un régal pour les yeux.

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jeudi 13 mars 2014

Carducius Plantagenet Ream (1837-1917)



Carducius Plantagenet Ream  (1837-1917)
Stille Life : A Regal Dessert
National Gallery  of Art (Washington)

Le peintre américain Carducius-Plantagenet Ream  (Ream étant le nom de famille et Carducius-Plantagenet le prénom!) a laissé une grand nombre de natures mortes et de tableaux dans les diverses galeries  à travers tous les Etats-Unis qui les prenaient  en dépôt de son vivant.  Leur succès a été immédiat car c'est tout à fait le type de peinture que les américains de la classe moyenne du 19e et du début du 20e siècle rêvait de posséder sur leur murs pour " aristocratiser " un peu leurs intérieurs. De nombreuses œuvres de l'artiste ont été vendues aux enchères et continue de l 'être puisque Ream fait  toujours le bonheur des salles de vente, 100 ans après sa mort. Par contre, on possède très peu de renseignements fiables sur sa vie qui reste un mystère...

mercredi 12 mars 2014

Felix Vallotton (1865-1829) - Nature morte avec grande cruche

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Felix Vallotton (1865-1829)
Nature morte avec grande cruche (1923)
Collection Privée

Que voit on ?  Posée sur le sol à même le plancher, sous une petite table d'appoint : une petite nappe blanche sur laquelle on été posées 5 tomates reparties de gauche à droite dont une très mûre (à l'extrême gauche du tableau), 2 oeufs, deux aubergines dont l'une a reçu un choc, un melon très mûr, un verre à pied rempli au trois quart  d'eau, une  grande cruche en terre émaillée vernissé  de style provençal qui donne son titre au tableau, et un couteau posé a droite de la nappe pour accentuer la perpective dans la meilleurs tradition des natures morte classique. 

Rappel biographique : Félix Vallotton, peintre d'origine suisse naturalisé français en 1900, est un artiste à cheval sur deux siècles, deux pays et plusieurs tendances esthétiques, des Nabis à la Neue Sachlichkeit [Nouvelle Objectivité]. S'il est aujourd'hui moins connu en France qu'en Suisse, c'est pourtant à Paris, dans les années 1890, que ses gravures sur bois novatrices lui ont valu une renommée qui s'est rapidement étendue à l'Europe entière. Tout au long de sa vie le " Nabi étranger ", comme il était surnommé, s'est intéressé à une gamme étendue de sujets récurrents - intérieurs, toilettes, nus féminins, paysages, natures morte, rendus étranges par son style lisse et froid, aux couleurs raffinées, aux découpages et aux cadrages audacieux. Et bien qu'il ne fût pas toujours compris par la critique de son temps, Vallotton a su s'imposer comme une figure en vue de la scène artistique parisienne et trouver sa place dans le courant moderne, notamment en participant à de nombreuses manifestations internationales d'avant-garde devenues mythiques. C'est surtout à  partir de 1910, que Félix Vallotton s’intéresse au genre de la nature morte et le transforme dans chacune de ces toiles.

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mardi 11 mars 2014

Georgia O'Keeffe (1887-1986) - Still Life with Grapes on White Dish



Georgia O'Keeffe (1887-1986)
Still Life with Grapes on White Dish (1920)
National Gallery of Art (Washington)

Que voit-on ?  Sur un fond plan éclairé qui reçoit un éclairage venant du coin haut gauche du cadre, un bol-coupelle blanche en céramique vernissée de facture assez rustique, cerclée d'un liseré sombre et son ombre portée. La coupelle  contient un grappe de raisin muscat dont deux grains débordent du bol par la droite.  Sur la tige du raisin on peut observer qu'il manque un grain.... qui a du être consommé. 

Rappel biographique : La peintre américaine Georgia O' Keeffe est considérée comme une des peintres modernistes majeures du 20e siècle.  L'art de Georgia O'Keeffe est basé sur une observation minutieuse de la nature et sur sa volonté de peindre ce qu'elle ressent plus que ce qu'elle voit. Elle demeurera à l'écart des courants, suivant sa propre voie. Ses gros plans de fleurs, qui caractérisent une bonne partie de sa production, révèlent son sens aigu de l'observation. Le format de ses toiles, les couleurs et les nuances rendent la majeure partie de ses tableaux pratiquement abstraits. À sa mort, Georgia O'Keeffe a laissé environ 900 tableaux dont finalement très peu de natures  mortes, qui est pourtant un genre auquel elle est régulièrement revenue tout au long de sa carrière.  

lundi 10 mars 2014

Adriaen van Utrecht (1599-1652) - Nature morte avec fruits, légumes, un singe et un perroquet dans un jardin 1646

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Adriaen van Utrecht (1599-1652)
Nature morte avec fruits, légumes, un singe et un perroquet dans un jardin (1646)
Musée des beaux-arts et d'archéologie, Besançon 

Que voit-on ?  Une composition richement fournie dans laquelle les fruits sont disposés dans des paniers sur un entablement de pierre qui semble être naturel (un rebord ou une marche) alors que les légumes gisent au sol de part et d'autre des deux animaux : un singe attaché par un chaine dorée à un boulet en bas à gauche et un perroquet librement posé sur le rebord d'un panier de fruits en haut à droite. Dans la profusion de fruits représentés citons : des melons,  citrons, oranges, raisins blanc et rouge, pommes, poires, prunes, pêches, abricots, coings ; amandes fraiches, cerises et grenades, autant de symbole de la douceur de vivre et de l'épicurisme.  Parmi les légumes gisant au sol : de gigantesques artichauts, des bottes d'asperges blanches, des chou frisé et des cardons. qui sont tous des symboles érotiques voir sexuels.

Rappel biographique : contrairement à ce que suggère son patronyme, Adriaen van Utrecht est natif d'Anvers.  Il est d'abord influencé par Frans Snyders, puis Jan Fyt. Il voyage en France, en Allemagne et en Italie, où il découvre le style baroque et les effets du clair obscur. Après son retour à Anvers, en 1625, il est admis à la guilde de Saint-Luc. Van Utrecht dirige alors son propre atelier de 1626 à 1646. Il compte parmi ses élèves Philip Gyselaer et Cornelis van Engelen. Son style a également influencé Jan Davidsz de Heem, Evaristo Baschenis et Nicolas de Largillière. 
Il est particulièrement connu pour ses natures mortes, d'animaux, de gibier, de fruit et de légumes. Il peint également des tableaux de chasse, des vanités, des étals de poissons et des scènes de ferme, avec en particulier des dindons, des perroquets et des paons. Il a collaboré avec plusieurs autres artistes, dont il a pu ici et là  réaliser les éléments de nature morte, comme cela se pratiquait souvent à cette époque. Il a aussi collaboré avec Willeboirts Bosschaert pour le compte de Constantijn Huygens, dans la réalisation des décors de la Huis Ten Bosch à La Haye en 1646.

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dimanche 9 mars 2014

Juan Sanchez Cotàn (1560-1627)



Juan Sanchez Cotàn (1560-1627)
Nature morte au cardon rose et carottes
Musée des Beaux- Arts de Grenade


Que voit-on ?  Dans un encadrement minimaliste et très graphique, typique des tableaux de Cotan, sur la gauche un cardon rose et sur la droite des carottes tout juste sorties de terre, le tout présenté avec un effet de clair obscur très prononcé.    

Rappel biographique : Le peintre espagnol Juan Sánchez Cotán, disciple de Blas de Prado fut sans doute l'un des peintres qui bouleversa le plus le genre de la nature morte. Après avoir connu un succès rapide et important en peignant des portraits et des paysages,  il décide d'entrer comme un frère convers  dans l'un des ordres religieux les plus stricts qui soient à l'époque, à la Chartreuse de Grenade, institution pour laquelle il réalisa l'essentiel de ses peintures religieuses. Depuis 1935, une exposition à Madrid a permis de redécouvrir ses oeuvres oubliées depuis sa mort. Il est surtout célèbre aujourd'hui pour ses natures mortes.  Les critiques ont donné à l’austérité des compositions de Cotan et à leur sobriété, comme par la suite  à celles de Zurbarán, un sens mystique, tout en insistant sur la distance que ces deux peintres ont pris avec les « natures mortes opulentes » de la  peinture flamande soulignant leur caractère « unique dans le contexte européen, établissant un parallèles avec la littérature espagnole ascétique du siècle d'or  »

vendredi 7 mars 2014

John F. Francis (1808-1896)





John F. Francis (1808-1896)
Luncheon Still Life (1860)
Smithsonian American Art Museum


Que voit on ? Sur une entablement tendu d'un nappe au pli savamment étudiés, dressée sur une terrasse a l'abri dont on peut voir la colonnade a droite et face a un paysage idyllique de coucher de soleil sous un ciel tourmenté et romantique, un nature morte qui figure une collation tardive (coucher de soleil oblige) à base d'oranges, de noix, de raisins et de biscuits, et surtout de vin et de champagne présenté dans Trois flutes et un verre a pied sur la droit du cadre. L'ensemble est extrêmement réaliste et peint avec une grande précision  mais ne manque pas de poésie. 

Rappel biographique :  le peintre américain John F. Francis a peint principalement des natures mortes. Autodidacte en tant qu'artiste, il a travaillé jusqu'en 1845 en tant que portraitiste en Pennsylvanie. Devant le succès des natures mortes de Raphaelle Peale,  il se mit à son tour à aborder le genre et connut un succès considérable à son époque.  Presque tous ses tableaux représentent des fruits et des desserts, jamais de légumes de viandes ou de poissons. Il a peint de nombreuses copies de ses propres oeuvres et son style a très peu évolué au cours de sa carrière. Selon l'historien d'art Alfred Frankenstein, " sa palette lumineuse et son trait précis ont apporté a la nature morte américaine une sorte d'âge d'or ! "  

jeudi 6 mars 2014

Gerrit van Honthorst (1590-1656)



Gerrit van Honthorst (1590-1656)
Nature morte avec porcelaine chinoise, citrons et grenades ouvertes, sur une table en bois.

Que voit- on ?  Plein cadre sur un entablement de bois : des demi citrons, des demi grenades et des grains de grenades éparses, débordant d'un saladier en porcelaine  de Chine blanc-bleu. Le saladier est  rempli  à ras bords des mêmes fruits. Une branche de citronnier à laquelle sont encore attachés  deux citrons et deux fleurs (l'une en bouton, l'autre ouverte) traverse le bol en son milieu.  A droite du cadre, partiellement caché derrière la porcelaine de Chine,  le manche d'un couteau précieux en marqueterie d'écailles apparait...

Rappel biographique  : Gerrit (ou Gerard) Hermansz. van Honthorst, surnommé  en italien, Gherardo delle Notti (« Gérard des Nuits ») à cause de l' usage abondant qu'il fit du clair-obscur dans beaucoup de ses portrats,  est un peintre de genre et d'histoire et un portraitiste flaman du siècle d’or. Dans les années 1620, il fut, avec Hendrick ter Brugghen et Dirck van Baburen, l'un des principaux représentants de l’École caravagesque d'Utrecht.  Réputé de son vivant, il reçut des commandes notamment de Frédéric V et Élisabeth, roi et reine de Bohême en exil aux Pays-Bas, de Charles Ier d'Angleterre et  de Christian IV de Danemark, avant de devenir peintre de cour de Guillaume II d'Orange-Nassau. Toutefois, ce sont surtout ses œuvres de la période caravagesque qui font aujourd'hui sa renommée dont cette nature more n'est pas du tout caractéristique. Il a d'ailleurs peint très peu de nature mortes. 

mercredi 5 mars 2014

Luis Egidio Melendez (1716-1780) - Bodegón con Pomegranates

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Luis Egidio Melendez (1716-1780) 
Bodegón con Pomegranates
Museo nacional del Prado, Madrid

Que voit-on ?  Sur un entablement de marbre brisé, improvisé au bas d'un rocher, en pleine nature, devant un paysage où apparaissent quelques cimes d'arbres derrière des  branches de grenadiers de fleurs, et un magnifique ciel de traîne : des grenades ouvertes et des pommes dont certaines sont piquées. Dans la partie supérieure du tableau sur le rocher, sont posées des grappes de raisins blanc et rouges dont certaine grains on glissé tout au bas du  rocher, sur l'entablement de marbre, devant les pommes (à droite).    


Rappel biographique : Le peintre espagnol d'origine napolitaine, Luis Egidio Melendez  a fait carrière presque exclusivement à Madrid. Contemporain de Goya, il  est considéré aujourd'hui comme l’un des meilleurs peintres de natures mortes du 18e siècle, réputation qu'il n'avait pas de son vivant qu'il a passé dans une misère noire. C'est son père, Francisco Meléndez et Louis Michel van Loo (dont il est l'assistant de 1742 à 1748) qui assurent sa formation de peintre.
Le futur  Charles IV d'Espagne lui commanda une grande série de natures mortes, dont une partie importante est conservée au musée du Prado  à Madrid.
Ses toiles peintes dans de petits formats, dans la grande tradition de l'austérité espagnole, n'en foisonnent pas moins d'une minutie des détails. toujours peints avec une absolue perfection. La composition simple et le contraste clair-obscur, s’inscrivent dans la tradition des natures mortes baroques de Zurbaran et de CotanComme eux, Meléndez étudia les effets de lumière, la texture et la couleur des fruits et des légumes, ainsi que celles des récipients en céramique, verre et cuivre ou pailles. À la différence des maîtres du 17e siècle, il présente le sujet plus près du spectateur, en légère plongée. Ce sont des objets disposés sur une table, ce qui donne à ses formes une certaine monumentalité. Le genre permet au spectateur d’étudier l’objet par lui-même. Les fonds sont neutres, et c'est un puissant éclairage qui mettent valeur les contours de l’objet. C’est ainsi qu’il représente le duvet des fruits, les transparences des peaux des raisins, les intérieurs brillants des pastèques et quelquefois les  accidents  présents à la surface des  fruits (comme ici avec les figues vertes). 
Chaque toile de Meléndez est minutieusement composée et fait l'objet d'un mise en scène précise afin de créer  le plus grand réalisme possible. Les « grands thèmes » n’intéressèrent jamais Meléndez qui portent surtout son attention sur les choses de la vie quotidienne,  sur l’observation et l’étude de la nature. Il fut souvent comparé à Chardin, jusqu'à être même parfois surnommé  le « Chardin Espagnol » ce qui est assez stupide eut égard au caractère unique de son style et à tout ce qui différencie ces  deux grands peintres. 

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mardi 4 mars 2014

Pieter Claesz (1597-1661) - Vanité



Pieter Claesz (1597-1661)
Vanité (1630)
Mauristhuis, La Haye

Que voit-on ? Un crâne posé sur une pile de papiers et de livres usagers, à côté  d'une plume, d'un tibia, d'un verre vide et  renversé, d'un encrier et d'un bougeoir vide. Ces éléments positionnés de manière désordonnée constituent les éléments habituels des vanités. Le crâne et le tibia rappellent le destin inéluctable de l’être vivant, le verre vide et renversé fait allusion à la fragilité et à l'inconsistance de la vie. La plume, ainsi que les écrits, évoquent la recherche de réponses aux questions des problèmes philosophiques ou métaphysiques. Quant au bougeoir vide, il rappelle que la vie est éphémère et que le temps inexorablement s'est écoulé.



Rappel biographique : Le peintre Pieter Claesz  ou Pieter Claesz Van Haarlem  (du nom de la ville ou il fut le plus actif), est un des plus grands représentants de la nature morte hollandaise de l'époque baroque, un maître auquel la plupart des peintres de natures mortes se sont référés à un moment ou a un autre de leur carrière.  Willem Claeszoon Heda avec lequel on peut le confondre tant celui ci s'inspira de  Pieter Claezs jusqu'à signer ses tablaux de son prénom abrégé (Claez), il fut l’un des peintres les plus importants de ce genre très diversifié qu'est la nature morte.
Au 17 siècle, les natures mortes se divisaient en plusieurs catégories :
pronkstilleven  (natures mortes d’apparat),  comme c'est le cas ici, dans cette Nature morte à la tourte avec une dinde,  dans lesquelles sont représentés des coupes en argent ou en or lourdement décorées, des nautiles, des verres de vins, et beaucoup de fruits ou de fleurs. Beaucoup d’aliments composent ces natures mortes comme du pain, du fromage, du vin, des huîtres, du poisson, de la volaille, du jambon, des olives et des noix. Le citron est également souvent représenté, comme touche jaune dans la palette monochromatique. Il faut savoir  toutefois que Pieter Claesz introduisait rarement des fruits dans ses peintures. Quand il le faisait, c'était toujours sur la demande du commanditaire  Dans ce cas Claesz recours à un de ses collègues peintres, Roelof Koets, qui était chargé de remplir  alors le quart ou la moitié du tableau de fruits et de feuilles de vigne et y plaçait une corbeille ou une porcelaine. Les deux peintres signaient alors le tableau, Claesz lui-même signait des initiales PC, ou PCH (« H » pour Haarlem) comme c'est le cas ici. 
-  ontbijtgens  (petits déjeuners) qualifiant des natures mortes avec du pain, des couteaux, et du poisson et qui correspondait à ce que l’on mangeait dans un repas situé en fin de matinée.
banketgens  (petits banquets) qualifiant des natures mortes dans lesquelles était représenté  spécifiquement et exclusivement un pâté bien rempli. 
toebackjes ( petits tabacs) : qualifiant des natures mortes contenant du tabac, une pipe, et d'autres objets du même type.
les vanités enfin, natures mortes qui renvoient à la mort et au caractère éphémère de la vie et du plaisir et que Claesz a peint en nombre important. Dans ce cas, il peint des bougies éteintes ou complètement consumées, des instruments de musique, des montres, de vieux livres, des ustensiles d'écriture telle qu'une plume d’oie, qu'il place en perspective des crânes. Ces Vanités de Claesz étaient destinées à encourager le public à mener une vie simple et religieuse et a tempérer les excès de plaisir auxquels invitaient ses autres natures mortes. 
Bien que très construites et obéissant a un style très défini,  une évolution dans la composition des natures mortes de Claez est perceptible. Si, au début, il disposait fréquemment les objets en croix ou dans une diagonale rigoureuse, par la suite il utilisa beaucoup plus le chevauchement des objets, ce qui crée une plus grande profondeur. En outre, au cours de sa vie, il élargit son point de vue  et la vue latérale sur la table de la nature morte devient plus fréquente que la vue en plongée.
Claesz, souvent, utilisa les mêmes objets dans ses natures mortes : un couteau avec un lourd manche en nacre,  une bouteille de verre brun, des assiettes en étain et des cruches à col de cygne, ainsi que de fin coquillages  des porcelaines importés de Chine.  On retrouve ces éléments d'une nature morte à l'autre, on les reconnait comme des objets familiers. Souvent, un verre est représenté couché, ce qui confère une certaine tension à la composition.
Si, au début de sa carrière, Claesz utilisait assez souvent des couleurs vives, il adoucit considérablement sa palette par la suite, employant des couleurs presque monochromatique et conférant ainsi à ses tableaux une  atmosphère plus intimiste. 
L’utilisation qui est faite de la lumière et de l’ombre par Claesz est remarquable. Il  donner un tel rendu des textures par  l'effet de la lumière sur les surfaces, que l'on peut reconnaître immédiatement une assiette en étain d’une assiette en argent, un roemer d'un pot en céramique. Cette maîtrise dans le traitement de la matière et des textures (les reflets du vin dans les verres sont des effets de pur génie !) est une caractéristique partagée par plusieurs peintres néerlandais du 17e siècle. C'est ce qui fait leur spécificité..  
Claesz, avec Heda, fut à l’origine d’une véritable école de la nature morte, donnant à ce genre un statut véritablement noble.   À partir de 1628, une sérieuse concurrence apparaît à Haarlem entre Pieter Claesz et Willem Claeszoon Heda, lequel s’inspirait fortement de lui et le suivait de près dans toutes ses innovations.
Nicolaes Berchem, le fils de Claesz, fut  quant à lui un peintre de paysage  très réputé.
En 2004/ 2005, une exposition itinérante rassemblant quarante-cinq œuvres de Claesz fut montée et présentée au Musée Frans Hals à Haarlem, ensuite au Kunsthaus de Zurich, et enfin au National Gallery of Art de Washington.




lundi 3 mars 2014

Gustave Caillebotte (1848-1894)


Gustave Caillebotte (1848-1894) 
Poulets et gibiers à l'étalage(1882)
Collection privée

Que voit-on ?  Caillebotte qui affectionnait particulièrement les natures mortes de plein air était connu pour prendre des notes (dessinées) sur les marchés et les devantures de boutiques qu'il restituait ensuite sur la toile dans son  atelier. C'est précisément  le cas de cette nature more dans la boutique du  boucher où s'alignent 9 poulets plumés et vidés et au crochet duquel pendant 3 lièvres non pelés, des perdrix et autres gibiers d'automne. 

appel biographique : le peintre français Gustave Caillebotte fut aussi mécène, collectionneur  et organisateur des expositions impressionnistes de 1877, 1879, 1880 et 1882. Le talent de Caillebotte fut longtemps méconnu (sauf aux États-Unis) au profit de son rôle de « mécène éclairé ». Le peintre fut redécouvert dans les années 1970 à l'initiative de collectionneurs américains. Les rétrospectives de ses œuvres sont désormais fréquentes. Certains de ses tableaux se trouvent maintenant au musée d'Orsay à Paris. Caillebotte est l'un des premiers grands peintres français à exposer régulièrement aux États-Unis, où il rencontre un vif succès, et où se trouvent aujourd'hui nombre de ses toiles. Il est l'un des fondateurs du courant « réaliste », qu'illustrera par exemple au 20e siècle l'américain  Edward Hopper. Fortuné, il n'a pas besoin de vendre ses toiles pour vivre, si bien que ses descendants possèdent encore près de 70 % de ses œuvres. À sa mort, Martial et Auguste Renoir son exécuteur testamentaire, prennent les dispositions pour que l’État accepte le legs de ses tableaux impressionnistesLes historiens d'art qualifient volontiers cet artiste « d’original et audacieux ». Sa technique ne l'est pas moins assez proche de l'art photographique, mais, par de puissants effets de perspectives tronquées, les distances et les premiers plans sont écrasés et l'horizon absent, d'où la perception instable et plongeante (Caillebotte invente la vue en plongée dans la peinture). Les effets de vue plongeante s'imposent dans son art à travers les personnages au balcon et ses vues en surplomb des rues et des boulevards. 
Dans ses natures mortes saisies souvent dans des cadrages et sous des angles inhabituels, il s'intéresse surtout à l'aspect préparé et alimentaire. Il affectionne les natures mortes à l'étalage dont il croque le plan sur les marchés, dans les restaurants, ou dans les boutiques et qu'il retravaille entièrement dans son atelier, car contrairement aux impressionnistes qui peignent en plein air, Caillebotte retravaille toutes ses esquisses à l'atelier.




dimanche 2 mars 2014

Irving Penn (1917-2009)



Irving Penn (1917-2009)
New York Still Life  (Vogue 1947)
Epreuve gélatino-argentique sur papier cartonné
Réalisé pour Condé Nast
Coll priv.

Que voit-on ? c'est une des natures mortes les plus fournies d'Irving Penn:  tasse de café, verre de cognac, bol rempli d'oeufs, sac de céréales,  flasques a vins espagnole, coupe remplie de raisins, oignon tendre, boule à thé,  unique girolle brisée,  serviette pliée et cafetière en émail rangées dans un savant désordre surréaliste sur un entablement immaculé.


Rappel biographique : Le photographe américain Irving Penn connu comme très grand photographe de mode est également connu pour les  nombreuses séries de photographies(en noir et blanc et en couleurs) de nature mortes qu'il réalise pour le magazine Vogue américain et sa société éditrice, Condé Nast. Sa première couverture pour le magazine Vogue, en 1940 est d'ailleurs une nature morte. Il est le frère du cinéaste Arthur Penn.