dimanche 31 août 2014

Harmen Steenwijck (1612-1656)



Harmen Steenwijck (1612-1656)
Still Life with grapes
The Ashmolean Museum of Art and Archaeology (Oxford)

Que voit-on ?  Sur un entablement de bois qui ne prend pas toute la largeur du cadre, et qui repose sur un mur gris, de gauche a droite, deux prunes, une grappe de raisins rouge avec son sarment et une feuille de vigne, quatre  noisettes, trois pêches parmi lesquelles on aperçoit l'amorce d'un casse noisette. Au-dessus des pêches :  une grappe de raisin blanc avec son sarment et une feuille de vigne puis une prune et une poire. Une cruche a deux anses en porcelaine blanche et bleue s'élève à droite de la composition concluant le mouvement ascendant gauche droite de l'ensemble.

Rappel biographique : le peintre néerlandais du siècle d'or Harmen Steenwijck ou Harmen van Steenwyck est connu pour ses natures mortes et ses vanités. Il est le frère de Pieter Steenwijck,qui fut également peintre de natures mortes. Il demeure peintre actif à Leyde de 1628 à 1633. Il retourne dans sa ville natale de 1633 à 1656. En 1654-1655, il entreprend un voyage vers les Indes orientales néerlandaises. Il est connu pour son œuvre Une allégorie des vanités de la vie humaine visible à la National Gallery de Londres.

samedi 30 août 2014

Joan Miró (1893-1983)



Joan Miró (1893-1983)
Nature morte au raisin (1920).

Le peintre espagnol Joan Miró, (Joan Miró i Ferrà) qui se définissait comme  un « catalan international».fut l'un des principaux représentants du mouvement surréalisteSes premières peintures dont on peut considérer que cette nature morte fait partie, dénotent une influence claire du fauvisme et du cubisme montrant une certaine  proximité de couleurs avec Van Gogh et quelquefois même Cézanne.  
Il abandonne leu à peu  les couleurs et les formes dures utilisées jusqu'alors pour les remplacer par d'autres plus subtiles. Il explique cette démarche dans une lettre à son ami Ricart  en date de 1918:
« Pas de simplifications ni d’abstractions. En ce moment je ne m’intéresse qu’à la calligraphie d’un arbre ou d’un toit, feuille par feuille, branche par branche, herbe par herbe, tuile par tuile. Ceci ne veut pas dire que ces paysages deviendront cubistes ou rageusement synthétiques. Après, on verra. Ce que je me propose de faire est de travailler longtemps sur les toiles et de les achever autant que possible. À la fin de la saison et après avoir tant travaillé, peu importe si j'ai peu de toiles. L'hiver prochain, messieurs les critiques continueront à dire que je persiste dans ma désorientation. »

vendredi 29 août 2014

Albert Anker (1831-1910)



Albert Anker (1831-1910)
Nature morte avec verre de bière, pain, salière et avocat.
Collection privée


Que voit-on ? Sur un entablement de bois sur un fond de mur clair, de gauche à droite : une miche de pain entamée, symbole d’hospitalité,et de charité ; une salière-poivrière en cristal dont on aperçoit seulement le côté salière, le seul étant le symbole  de l’intelligence éclairée par l’esprit. et de la protection contre le mal (à l'origine la corruption des aliments) ; une assiette en porcelaine blanche avec un avocat, un couteau et une verre de bière avec sa mousse.

Rappel biographique : le peintre et illustrateur suisse Albert Anker jouit d'une grande célébrité dans son pays surtout  pour les représentations populaires de la vie des villages du 19e siècle qu'il a restituer dans ses tableaux. Elève à Paris, avec Pierre-Auguste Renoir de Charles Gleyre, il suit les cours de L'Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris où il va résider longtemps. Anker a peint, entre autres, des portraits d'enfants, (pour lesquels il fut extrêmement célèbre) des représentations historiques et religieuses, des natures mortes et des paysages ruraux typiquement suisse. Il se distingue de son maître Gleyre par une représentation des personnages très animée, pas du tout stylisée et qui ne cherche surtout pas pas à atteindre la perfection. Dessinateur accompli (il a laissé plusieurs milliers de dessins sur toutes sorte de format, on retrouve la précision  extrême de son trait dans ses natures mortes. On connait de lui des travaux au crayon, fusain, plume, craie, sanguine, pastel ou sépia et des mélanges de divers techniques sur des formats variés. Le style de son langage pictural va du travail au crayon finement exécuté au dessin au noir de charbon vigoureusement tracé qui est à la base de ses aquarelles, peintures à l'huile et faïence, qui représentent une partie importante de son œuvre.

jeudi 28 août 2014

Juriaen van Streeck (1632-1687)




Juriaen van Streeck (1632-1687)
Nature morte au verre et au fruits



Le peintre néerlandais  Juriaen van Streeck appartient à la période de l'âge d'or de la nature morte hollandaise. On a per de renseignements sur lui ; on ignore même sa date exacte de naissance que
l'on suppose être 1632. L'existence de Van Streeck n'est clairement documentée qu'a partir de 1653 à à Amsterdam  où il semble avoir été actif toute sa vie.... ou en tout cas jusqu'en 1680, où il abandonne la peinture pour devenir aubergiste.  Bien qu'il soit connu aujourd'hui principalement comme un peintre de natures mortes, Van Streeck a peint plusieurs portraits qui sont répertoriés dans les achats d'éminents citoyens d'Amsterdam. Aucun de ces portraits n'est parvenu jusqu'à nous (à la notable exception de celui d'un jeune homme noir contenu dans Nature morte aux pêches et citrons publiée sur ce blog le 16 Juin 2014) mais la liste des citoyens qui les avaient acquis est suffisamment prestigieuse pour témoigner de sa notoriété de son vivant.
Ses natures mortes comportent toutes sortes d'objets, qui n'ont pas forcément une signification symbolique mais sont plutôt prétexte à étudier, à capter le jeu des ombres et des lumières sur les matières. Il n'en va pas pas tout à fait de même pour celle-ci, très inspirée des natures somptueuses d'un autre maître hollandais de l'âge d'or, Willem Kalf. La symbolique de cette vanité qui fustige l'orgueil  et la pompe martiale ne peut échapper à personne.  C'est aussi une extraordinaire étude de textures opposant en contraste plumes d'autruche, métal précieux, os et papier. 

mercredi 27 août 2014

Juan van der Hamen y Leon (1596-1631) - Still life with sweets and ceramics

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Juan van der Hamen y Leon (1596-1631)
Still life with sweets and ceramics, 1627
National Gallery of Art in Washington, D.C.

Que voit-on ?  une composition très géométrique et très élaborée s'étageant sur plusieurs niveaux et différents supports cubiques, assez abstraits somme toute, un peu à la manière du peintre espagnol Sánchez Cotán. Sur ces supports cubiques, un ensemble de cercles et de sphères, matérialisées sous formes d'objets que l'on rencontre souvent dans les natures mortes de ce peintre à savoir des boîtes en écorces de pin, des pots, des cristaux précieux, de céramiques rares répandues au premier niveau de la composition... mais aussi des pâtisseries (biscuits nappés de sucre glace, bretzels, pains d'épices etc...) et des confiseries (oranges confites, melons confits, etc...) rassemblés dans une corbeille en osier tressé au deuxième étage de la composition. Pour de nombreux peuples, les gâteaux marquent les étapes de la vie et en symbolisent les meilleurs instants... c'est précisément le cas ici. On voit aussi des fruits au sirop dans des bocaux et de la gelée de fruits, les deux faisant référence, dans la symbolique des natures mortes, à la douceur de la vie conjugale. Les boîtes quand à elles sont souvent symboles de secrets.

Rappel biographique : le peintre espagnol Juan van der Hamen y Leon (1596-1631) est surtout connu pour ses natures mortes et ses bouquets de fleurs bien qu'il ait peint également des motifs religieux, des paysages et des portraits. Influencé autant  par Juan Sanchez Cotan que par la peinture flamande de Frans Snyders dans ses premières natures mortes, il opta finalement pour un naturalisme plus italien et introduisit beaucoup de fraîcheur dans ses compositions. Sa touche est d'une grande délicatesse et d'un absolue précision. Van der Hamen emprunte à Sánchez Cotán le style apparemment sobre de ses compositions mais aussi cette façon systématique de détacher les objets sur un fond sombre et de les éclairer d'une  lumière puissante. Les arrangements en quinconces et les ombres portées renforcent l'impression de précision et révèlent que ces compositions sont finalement tout sauf simples ! A partir de 1626, Van der Hamen peint des natures mortes plus complexes que ses premières en plaçant les objets sur différents niveaux. Ce type de composition que l'on retrouve à Rome au début des années 1620  dans les œuvres de Tomasso Salini et d'Agostino Verrocchi, était déjà présent dans les natures mortes de l'Antiquité que l'on découvrira à Pompei et Herculanum au 18e siècle. Les natures mortes de Juan van der Hamen ont exercé une grande influence sur ses contemporains comme Francisco de Zurbarán et plus tard chez des peintres comme Antonio Ponce et Juan Arellano. Une des caractéristiques de la peinture de Van der Hamen, pour laquelle il était surtout connu de son vivant,  résidait dans la représentation des coûteuses et luxueuses verreries de Venise ou d'Allemagne. Très préoccupé par l'agencement harmonieux des objets et la représentation précise des textures et des lumières, Van der Hamen livre toujours des compositions très géométriques où les cercles et les sphères ont un rôle primordial (comme c'est le cas ici). Contrastant avec cette sévérité géométrique, l'artiste dispose souvent ses objets sur les bords des structures ou sur des escaliers en pierre, en faisant ainsi varier leur distance à partir de la source lumineuse. Les objets représentés, fruits légumes, bois, terre cuite, et  cristaux sont  toujours magistralement rendus avec une science de la répartition des couleurs, des ombres, des reflets et des lumières qui en font un maître d'une sensibilité incomparable.

2014 - A Still Life Collection 
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mardi 26 août 2014

Eduardo Arroyo (1937- 2018) - Naturalezza viva



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 Eduardo Arroyo (1937- 2018)
Naturalezza viva (1968) 
Coll. priv.



Le peintre contemporain,Eduardo Arroyo est né  à Madrid le 26 février 1937 a  étudié au Lycée français et à l'Instituto de Nuestra Señora de la Almudena puis à l'école de journalisme.
En 1958, il fuit l’Espagne franquiste et s’installe à Paris. Il pense se consacrer au journalisme mais s'intéresse très vite au pouvoir de l'image. En 1960, Ail participe au Salon de la jeune peinture. En 1964 et 1965, il participe aux expositions autour des nouvelles figurations organisées par Gérald Gassiot-Talabot (Mythologies quotidiennes, La Figuration narrative dans l’Art contemporain) et en peu de temps devient, en France, l’un des protagonistes essentiels de l’avant-garde figurative à contenu politique .
L'oeuvre d'Eduardo Arroyo est faite de périodes militantes, mais également de périodes humoristiques et ironiques Le rôle du peintre dans la société ainsi que la situation de l’intellectuel exilé sont deux thèmes d'une grande importance dans l'oeuvre d'Eduardo Arroyo.
Le retour en Espagne de l'artiste bouleverse sa peinture en désamorçant la dimension contestataire et accusatrice de son oeuvre. Il redécouvre l’Espagne : " Nous voulions affirmer qu'un tableau peut avoir des connotations littéraires, symboliques, avec des sujets... Dans un attitude tout à fait provocatrice. Mais je maintiens encore aujourd'hui qu'un tableau est une surface où tout peut et doit se passer. Y compris l'anecdote et l'allusion littéraire. " 

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lundi 25 août 2014

William Scott (1913-1989) - Still Life



William Scott (1913-1989)
 Still Life
Collection National Museums, Northern Ireland

Le peintre britannique William Scott est à la fois célèbre pour ses natures mortes et ses toiles abstraites.  Il séjourna un peu à Pont Aven (France) mais c'est pendant son séjour Etats-Unis  où il rencontra Jackson PollockElaine de KooningFranz Kline et Mark Rothko qu'il évolua vers l'abstraction. En 1958, il représenta la Grande-Bretagne à la Biennale de Venise. Ses natures mortes sont la propriété des plus grands musées de la planète.

dimanche 24 août 2014

David Hockney (bn. 1937)



David Hockney (bn. 1937)
Fruits in a Ball (1985)

Le peintre britannique David Hockney, né en 1937, est une des figures du mouvement Pop Art des années 1960. David Hockney s'intéresse  à peu près à tous les genres picturaux, mais il a développé une prédilection pour les paysages. Célèbre, entre autres, pour ses piscines californiennes, il ne dédaigne pas de temps en temps s'essayer à la nature morte, toujours traitée à sa façon, c'est à  dire de de manière surprenante, décalée et anecdotique et toujours avec un talent de coloriste hors pair. 

samedi 23 août 2014

Katsushika Hokusai - 葛飾 北斎 (1780-1849) - Pot à thé et clefs


Katsushika Hokusai (1780-1849)
Pot à thé et clefs

Que voit - on ?  Ce dessin représente un pot à thé recouvert d'un couvercle en laque précieuse à motifs de fleurs  et un trousseau de clef qui git a ses côtés dans une pochette en soie. Tout l'univers d'un femme d'importance...

Rappel biographique : le dessinateur et peintre japonais Katsushika Hokusai  connu plus simplement sous le nom de Hokusai  est un  spécialiste de l’ukiyo-e, graveur et auteur d'écrits populaires. Son œuvre influença de nombreux artistes, en particulier Paul Gauguin, Vincent van Gogh, Claude Monet et Alfred Sisley, et le mouvement artistique appelé japonisme. Il signa parfois ses travaux, à partir de 1800, par la formule Gakyōjin« le Fou de dessin ». Certains historiens d'art le voient comme le père du manga, mot qu'il a inventé et qui signifie à peu près  : « esquisse spontanée »
Hokusai laisse derrière lui près de 30 000 dessins.

2014 - A Still Life Collection 
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vendredi 22 août 2014

Raoul Dufy (1877-1953)



Raoul Dufy (1877-1953)
Nature morte avec pastèque, figues et  poires.
Dédicacé à Roland Mortier

Que voit on ?  Sur un fond blanc  de gauche a droite et de  bas en haut, un compotier rempli de figues, un melon, une pastèque et une cruche en verre avec anse.

Rappel biographique : le peintre  français Raoul Dufy était aussi dessinateur, graveur, illustrateur de livres, créateur de tissus, céramiste, créateur de tapisseries et de mobilier, décorateur d'intérieur, décorateur d'espaces publics et décorateur de théâtre. Raoul Dufy a produit  plus 3 000 toiles, 6 000 grandes aquarelles, 6 000 dessins et en a détruit presque autant. Ses natures mortes ne constituent pas l'essentiel de sa production très largement consacrée aux paysages, aux évènements de son temps, aux portraits de femme et surtout... à la musique et aux concerts qu'il est presque parvenu à faire entendre à travers ses toiles. Dessinateur hors pair - certains l'aurait même vu dessiner avec ses deux mains à la fois - c'était aussi un merveilleux coloriste, un coloriste du bonheur et de la magie, tant il est vrai que la joie de vivre et l'ode constante à  la vie soutiennent chaque tableau, chaque gouache, chaque dessin. Dufy promène un regard émerveillé sur le monde et nous invite à une fête qui n’a rien de superficiel ou  de mondain, comme on l'a dit un peu trop hâtivement. « Si je pouvais exprimer toute la joie qui est en moi ! » disait-il. Il y est largement parvenu, et peu d’œuvres sont une telle invitation à cheminer vers le bonheur... au point qu'elles pourraient presque nous faire croire qu'il existe ! 

jeudi 21 août 2014

Lubin Baugin (1612-1663)



Lubin Baugin (1612-1663)
Coupe de fruits
Musée des beaux-arts, Rennes

Que voit-on ?  La Coupe de fruits, où l'on s'accorde à reconnaître le morceau de réception de l'artiste à la corporation des peintres de Saint-Germain-des-Prés en 1629, montre la communauté d'esprit qui unit alors Baugin à Jacques Linard et Louise Moillon. Ces peintres de la « vie silencieuse » ont porté à son plus haut degré de sobriété le genre de la nature morte. Le goût flamand, qui rapproche leurs oeuvres, est ici perceptible dans le rendu presque illusionniste des textures, la rigueur géométrique de la composition et le point de vue légèrement élevé. La coupe à godrons s'ouvre comme une corolle pour offrir un écrin à la pyramide d'abricots surmontée d'un branchage. Peinture tactile, où le velouté des fruits et la rugosité de la table recueillent la lumière, cette oeuvre est aussi imprégnée d'un probable symbolisme religieux. Et l'extrême pureté de ligne, la magie secrète qui l'anime, les jeux subtils d'ombre et de lumière, baignent cette oeuvre d'un sentiment de recueillement et de méditation.
In Notice de Musée des beaux-arts de Rennes 
On connaît seulement quatre natures mortes signées Baugin, nom d'un artiste que l'on a longtemps hésité à identifier comme Lubin Baugin, peintre de tableaux religieux ; elles auraient toutes été exécutées avant son séjour en Italie où il partit en 1636. Les quatre natures mortes en question sont  :  la Nature-morte à la coupe d'abricots, la Nature morte à l'échiquier, le Dessert aux gaufrettes et Coupe de fruits. Une cinquième nature morte, dite au couteau ou au plat en étain ou encore à la miche de pain lui est attribué, de façon incertaine.

Rappel biogaphique :  L'œuvre du  peintre français Lubin Baugin peut se diviser en trois périodes : une première de natures mortes (vers 1630), une seconde italianisante (vers 1640-1642), et une dernière caractéristique d'un classicisme très austère. 
Son origine provinciale lui interdit, dans un premier temps, d'entrer dans la confrérie des peintres parisiens et de pratiquer les sujets les plus élevés de la hiérarchie des genres picturaux à savoir les sujets religieux ou mythologiques, les portraits et les scènes de batailles. Aussi s'installe-t-il, rue du Cœur-Volant, dans l'enclos de  l'Abbaye de Saint Germain des Près  qui accueillait les peintres provinciaux, à l'instar des frères Le Nain ses contemporains, ou étrangers, notamment flamands, qui peignaient des tableaux destinés à la décoration des intérieurs privés. Il est reçu, en 1629, maître peintre de la corporation de Saint-Germain-des-Prés. C'est pourquoi l'on suppose que les quatre natures mortes qui sont parvenues jusqu'à nous, la Nature-morte à la coupe d'abricots, la Nature morte à l'échiquier, le Dessert aux gaufrettes et la Coupe de fruits  (ci-dessus) datent de cette période des années 1630-1635. Une cinquième nature morte, dite au couteau ou au plat en étain ou encore à la miche de pain lui est attribué, de façon incertaine.

mardi 19 août 2014

Edgar Degas (1834-1917) - Nature morte aux pommes



Edgar Degas (1834-1917)
Nature morte aux pommes
Collection privée 

 Que voit on ? Degas a peint très peu de nautres mortes mais a toujours su maitrisé admirablement le sujet comme un des plus grands maitres  du genre dès qu'il se présentait au hasard (mais était-ce un hasard ?)  de ses toiles, comme  par exemple dans L'absinthe  (1875-1876)  (actuellement au Musée d'Orsay à  Paris) ou dans  cet tableau qu'est le  Le Tub, 1886   (Musée d'Orsay, Paris) qui présente au premier plan d' une composition presque photographique au cadrage serré, et avec un vue en plongée, une étagère sur laquelle il peint  une nature morte au deux pichets ! 
Cette Nature morte aux pommes date sans doute des années de jeunesse du peintre, lorsqu'il passait ses journées au Musée du  Louvre  (où il fut admis comme « copiste », le 7 avril 1853)  fasciné par les peintres italiens, hollandais et français. 

Rappel biographique : Le peintre, graveur, sculpteur et photographe Hilaire Germain Edgar de Gas, dit Edgar Degas, né le est plus connu pour ses peintures de genre, ses portraits, ses scènes d'intérieurs et ses sculptures de danseuses que pour ses natures mortes.   Lorsque l'on tente de classer  Degas dans l’histoire de l’art, on le le rattache généralement  au grand mouvement de l’impressionnisme, formé en France dans le dernier tiers du 19e siècle en réaction à la peinture académique de l’époque. Si Degas fait officiellement partie des impressionnistes, il ne les rejoint pas dans leurs traits les plus connus.Ainsi a un peintre impressionniste il déclare :  " A vous il faut de la vie naturelle, moi j'aime la vie factice ".
Sa situation d’exception n’échappe pas aux critiques d’alors, souvent déstabilisées par son avant-gardisme. Plusieurs de ses toils ont semé la controverse, et encore aujourd’hui l’œuvre de Degas fait l’objet de nombreux débats auprès des historiens d’art.

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dimanche 17 août 2014

Juan Gris (1887-1927) - Fruits et bol



Juan Gris (1887-1927)
Fruits et bol 1926
Collection privée

Que voit on ? Un chef d'oeuvre ! Une économie totale de moyens, une palette restreinte et cependant éclatante,  digne des grands maitres espagnols de l'age d'or (Cotan, Zurbaran) pour ces deux poires, cette pomme et ce bol posés sur une serviette blanche dont l'anguleux drapé vient rappeler à quel point  Juan Gris sut maitriser la technique du cubisme pour la faire plier à l'expression de tout ce qu'il voulait. L'ouverture cers l'extérieur si importante dans les premières natures mortes de ce peintre est ici simplement figuré et stylisé dans un aplat de gris sourd, paradoxalement moins lumineux que l'intérieur.

Rappel Biographique : Le peintre espagnol Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906, où il fut proche du mouvement cubiste mais occupa une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers  " éliminé de la carte "  selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso  parce que plus vrai.  Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort. Les œuvres des années de guerre 1916-1917 se distinguent par une sobriété, une austérité toutes particulières des couleurs sombres autant que des motifs : « C’est bien là cette ardeur castillane qui s’habille de noir, s’interdit tout éclat, et qui paraît de la froideur à un observateur superficiel », écrit Kahnweiler. Et Maurice Raynal de renchérir : « Toute l’Espagne est dans son œuvre : l’Espagne des tons livides, sulfureux et sombres du Greco, de Zurbaran, de Ribera, de Herrera. Rien ne servait davantage la notion du tableau-objet en soi que les choses les plus simples, les plus humbles et les plus maniables, auxquelles ils feront subir toutes les déformations possibles pour réaliser la plénitude de cet « objet ». 

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samedi 16 août 2014

Juan van der Hamen y Leon (1596-1631) - Peras en un plato de plata

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Juan van der Hamen y Leon (1596-1631)
Peras en un plato de plata
Colección privada

Que voit-on ?  Un plateau en argent dans lequel sont posées à peu près deux douzaines de poires à tous les degrés possibles de maturité. A cette époque là, dans la symbolique des natures mortes, la poire est associée à Vénus. Sa forme féminine et sensuelle est la métaphore de l’amour et de la maternité, la déesse Athéna étant considérée comme la mère des poiriers dans la Grèce antique. Les chinois voient dans le poirier un symbole de longévité, tandis que pour les chrétiens, il est l’expression de l’amour du Christ pour l’Humanité.  Nous sommes donc là - avec une ambigüité malicieusement cultivée par Van Der Hamen - soit devant un tableau qui symbolise l'incommensurable amour du Christ pour le genre humain, soit -  plus vraisemblablement étant donné la forme particulière de ses poires très proches de la forme de seins de femme -  en présence d'un ode à la féminité ...servie sur un plateau.

Rappel biographique : le peintre espagnol Juan van der Hamen y Leon (1596-1631) est surtout connu pour ses natures mortes et ses bouquets de fleurs bien qu'il ait peint également des motifs religieux, des paysages et des portraits. Influencé autant  par Juan Sanchez Cotan que par la peinture flamande de Frans Snyders dans ses premières natures mortes, il opta finalement pour un naturalisme plus italien et introduisit beaucoup de fraîcheur dans ses compositions. Sa touche est d'une grande délicatesse et d'un absolue précision. Van der Hamen emprunte à Sánchez Cotán le style apparemment sobre de ses compositions mais aussi cette façon systématique de détacher les objets sur un fond sombre et de les éclairer d'une  lumière puissante. Les arrangements en quinconces et les ombres portées renforcent l'impression de précision et révèlent que ces compositions sont finalement tout sauf simples ! A partir de 1626, Van der Hamen peint des natures mortes plus complexes que ses premières en plaçant les objets sur différents niveaux. Ce type de composition que l'on retrouve à Rome au début des années 1620  dans les œuvres de Tomasso Salini et d'Agostino Verrocchi, était déjà présent dans les natures mortes de l'Antiquité que l'on découvrira à Pompei et Herculanum au 18e siècle. Les natures mortes de Juan van der Hamen ont exercé une grande influence sur ses contemporains comme Francisco de Zurbarán et plus tard chez des peintres comme Antonio Ponce et Juan Arellano. Une des caractéristiques de la peinture de Van der Hamen, pour laquelle il était surtout connu de son vivant,  résidait dans la représentation des coûteuses et luxueuses verreries de Venise ou d'Allemagne. Très préoccupé par l'agencement harmonieux des objets et la représentation précise des textures et des lumières, Van der Hamen livre toujours des compositions très géométriques où les cercles et les sphères ont un rôle primordial (comme c'est le cas ici). Contrastant avec cette sévérité géométrique, l'artiste dispose souvent ses objets sur les bords des structures ou sur des escaliers en pierre, en faisant ainsi varier leur distance à partir de la source lumineuse. Les objets représentés, fruits légumes, bois, terre cuite, et  cristaux sont  toujours magistralement rendus avec une science de la répartition des couleurs, des ombres, des reflets et des lumières qui en font un maître d'une sensibilité incomparable.

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vendredi 15 août 2014

Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1799) - Pêches et prunes (1764)

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Jean-Baptiste Siméon Chardin (1699-1799)
Pêches et prunes (1764)
Angers (Collection Eveillard de Livois)


Ce que l'on voit : le musée d’Angers conserve trois petites natures mortes de Chardin (Paris, 1699 – id, 1779), peintes vers la fin de sa carrière : Pêches et prunes ; Fruits, bouteille et pot de faïence et Corbeille de raisins avec trois pommes d’api, une poire et un massepain, qui toutes, malgré leurs modestes dimensions, montrent la parfaite maîtrise de l’art du peintre. Cette dernière, présentée au Salon de 1765, enchanta Diderot qui déclara Chardin « premier coloriste du Salon » et lui rendit cet hommage : « Vous revoilà donc, grand magicien, avec vos compositions nouvelles !...tout ce qu’elles disent sur l’imitation de la nature, la science de la couleur et l’harmonie ; comme l’air circule autour de vos objets !... ». 
Pêches et prunes, d’une écriture très libre, est à la fois d’une évidente sobriété et d’une charge émotionnelle très forte. La touche sensuelle et délicate des fruits se détachant sur un fond sombre modulé ajoute à la « magie » célébrée par Diderot.

Rappel biographique :  Jean-Baptiste-Siméon Chardin est considéré comme l'un des plus grands peintres français et européens du 18e siècle. Célèbre pour ses scènes de genre et ses pastels, il est aussi  reconnu pour ses natures mortes dont il reste le maitre incontesté. D'après les frères Goncourt, c'est Coypel qui en faisant appel à Chardin pour peindre un fusil dans un tableau de chasse, lui aurait donné le goût pour les natures mortes. Ces deux tableaux de réception à l'Académie Royale de peinture sont tous deux des natures mortes, La Raie et Le Buffet qui se trouvent aujourd'hui au Musée du Louvre.  Chardin devient ainsi peintre académicien « dans le talent des animaux et des fruits », c'est-à-dire au niveau inférieur de la hiérarchie des genres alors reconnus. Et c'est sans  aucun doute Chardin qui va lui donner ses lettres de noblesse et en faire un genre pictural égal aux autres.
Les natures mortes qu'il peindra plus tard sont assez différentes des premières. Les sujets en sont très variés : gibier, fruits, bouquets de fleurs, pots, bocaux, verres...  Chardin semble s'intéresser davantage aux volumes et à la composition qu'à un vérisme soucieux du détail, voire des effets de trompe-l'œil. Les couleurs sont moins empâtées. Il est plus attentif aux reflets, à la lumière : il travaille parfois à trois tableaux à la fois devant les mêmes objets, pour capter la lumière du matin, du milieu de journée et de l'après-midi.

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lundi 11 août 2014

Sören Emil Carlsen (1853-1932) - The Leeds Jug


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Sören Emil Carlsen (1853-1932)
The Leeds Jug
 Private collection

Que voit-on ? Sur un entablement qui se différencie du mur du fond uniquement par le subtil jeu d'ombres et de lumières toujours utilisé par Carlsen en pareil cas :  trois grains de raisin blanc, un melon jaune et un un récipient en cuivre martelé, un samovar en cuivre de facture assez rustique sans ornements excessifs, un pot à lait en argent. Comme souvent chez Carlsen, le reste du décor de la pièce et l'image du melon posé sur la table se reflète sur cet objet  brillants, tout à fait à la manière de certains peintres hollandais des 16 et 17e siècle.

Rappel biographique : Sören Emil Carlsen est un peintre impressionniste américain d'origine danoise. Rapidement qualifié de " Chardin américain " par la critique locale de son  temps, il  se spécialisa dans les natures mortes. Membre de la National Academy of Design, professeur de  dessin respecté à  Chicago, San Francisco, et New York,  et bien que figurant dans plusieurs collections privées, il n'a jamais été classé parmi les grands peintres américains du 20e siècle, et pourtant...

2014 - A Still Life Collection 

Un blog de Francis Rousseau

samedi 9 août 2014

Norbert Goeneutte (1854-1894)



Norbert Goeneutte (1854-1894)

Nature morte avec prunes (1893)

Le peintre, graveur et illustrateur français Norbert Gœneutte, fait partie des peintres de la bohéme parisienne .Elève du très académique Deveria Il fréquente le restaurant  Chez le Père Lathuille  et y rencontre Édouard Manet ainsi  qu' Emile Zola, Edgar Degas et Pierre Auguste Renoir  qui le fait même poser  rue Saint Georgres pour ses tableaux du Bal du Moulin de la Galette  , de La Balançoire et de La Tonnelle. Victor Vignon et Gustave Caillebotte sont également des habitués des lieux avec bien d'autres. En 1891, après une vie assez chaotique, le docteur Paul Gachet lui conseille de s'installer à  Auvers-sur-Oise où il va retrouver tous les artistes qui gravitent autour de Charles-François Daubigny depuis 1861.
Avec sa mère, sa sœur Reine, et son frère Charles, il s'installe dans une maison, « La Villa Musette », ayant appartenu au graveur Martinez et que lui trouve Paul Gachet. Il réalise alors le Portrait du Docteur Gachet . Graveur hautement qualifié, il maîtrise toutes les techniques. Entre 1871 et 1894, Norbert Gœneutte grave plus de deux cents œuvres. Il meurt en1894, des suites de la  tuberculose et  repose près des frères Van Gogh dans le cimetière d'Auvers-sur-Oise.
Il a peint peu de natures mortes mais toutes sont  d'un grande expressivité et d'une grande beauté. Celle ci est un hommage directe a celle de Chardin sur le même thème,  

vendredi 8 août 2014

Jean Hélion (1904-1987)



Jean Hélion (1904-1987)
Big Pumpkins (1948) 
Priv. coll

Le peintre français, Jean Hélion,  est un peintre complexe qui est passé de l'art abstrait à la figuration ce qui est un cas assez rare.  On peut le considérer, avec Fernand Léger, comme l'un des plus grands peintres français du 20e siècle, un des plus dérangeants, aussi, sûrement. En 1921, il découvre le Louvre  par hasard et les tableaux de Philippe de Champaigne et de Poussin le subjuguent.  En 1927, Hélion fait la connaissance du peintre uruguayen Joaquin Torrès-Garcia, qui lui révèle le cubisme. Sensible, spontanément amoureux de tout ce qui vient à sa rencontre, son optimisme énergique lui fait accomplir une évolution rapide, depuis le réalisme expressionniste jusqu'aux limites de l'abstraction. Ses grands coups de pinceau débordent les objets, s'ordonnent par rapport au cadre. Ayant rencontré Van Doesburg en 1929, il forme avec lui le groupe Art concret et participe en 1930 à la fondation du mouvement Abstraction-Création avec ArpHerbinDelaunayKupka, Van Doesburg, Gleizes, Valmier, Tutundjian. Devenu l'un des tout premiers peintres abstraits français, il rencontre Léger, Calder, et va rendre visite à Naum Gabo à Berlin. Ses tableaux, géométriques, aérés, lumineux, puissants, vont s'ordonner, par l'introduction de lignes courbes dans l'agencement des plans, en « figures abstraites » : il déchiffre le monde à travers le filtre des formes géométriques, assez proche de celles d'un  Mondrian. 
Apres la Seconde guerre mondiale, Jean Hélion, dont la situation financière a toujours été difficile, épouse Pegeen Guggenheim, fille de la richissime et extravagante Peggy Guggenheim, avec laquelle il eut trois enfants. ll se met  dès lors à peindre d’après nature, et se consacre à une œuvre figurative, inspirée des scènes de la vie quotidienne. Il n'abandonnera plus l'art figuratif, allant même, dans les années 1950, jusqu'à l'extrême et, même, au grotesque, comme dans ce Big Pumpkins. Il peint des natures mortes dans lesquelles il intègre des objets de la vie ordinaire — en particulier des citrouilles, des chapeaux melon et des parapluies —, objets chargés de symboles, qui trouvent dans ses œuvres une place permanente. Plus tard, il passera à un compromis avec une peinture intégrant des taches colorées.
Jean Hélion a toujours  exprimer dans ses œuvres la vivacité des couleurs et le rythme de ses compositions. Salué, dans les années 1960, par la nouvelle génération de peintres, celle de Gilles Aillaud ou Eduardo Arroyo, il est aujourd'hui considéré comme le précurseur des fauves allemands des années 1970  et des figuratifs des années 1980. Pourtant bizarrement, on retient généralement avant tout de lui son œuvre des années 1930-1950.

jeudi 7 août 2014

Jean Fautrier (1898-1964) - Les pommes à cidre



Jean Fautrier (1898-1964)
Les pommes à cidre (vers 1942)
Collection particulière

Que voit- on ? Surgissant d'un fond vert très sombre, une incandescence lumineuse très forte au travers de laquelle on peut deviner des formes. Il aurait  pourrait s'agir d'un immense bouquet de roses, mais Fautrier y voit des pommes à cidres. Le dessin rouge sur fond jaune qui se trouve au centre de la composition et celui qui est placé sur la droite en haut en atteste... si besoin est.  La technique de réalisation est celle des  " hautes pâtes sur papier marouflé" .


Rappel biographique : le peintre, sculpteur et graveur  français Jean Léon Fautrier est, avec Jean Dubuffet, le plus important représentant du courant de  "l'Art Informel"  appelé aussi " Art Brut " ou   " Tachisme " . L’Art Informel regroupe à la fois le courant de  l’abstraction lyrique avec ses techniques d’expressions essentiellement gestuelles, le matiérisme dont l’objet est de travailler les matières sur les surfaces de la toile, et par rapprochement, le spatialisme dont les recherches portent sur les dimensions de l’espace et du temps et sur la lumière. D’autres courants, comme le mouvement CoBrA, le Groupe Gutail’expressionnisme abstrait en Allemagnel’Action Painting de Jacskon Pollock aux Etats-Unis peuvent être rapprochés aussi de l'art Informel. Fautrier est aussi un pionnier de la technique des hautes pâtes.  Dès l'âge de 14 ans, il étudie l’art à la Royal Academy de Londres et  découvre  les peintures de Turner qui l'impressionnent beaucoup. De retour en France, il est mobilisé en 1917. Gazé à Montdidier, il est définitivement réformé en 1921. Il expose dès 1921 des natures mortes et des portraits. En 1923, il rencontre Jeanne Castel, avec laquelle il vivra un certain temps. En 1924, première exposition personnelle et premières ventes ; l’année suivante, le marchand d’art Paul Guillaume  lui achète quelques tableaux. C’est avec ce même Paul Guillaume que Fautrier passe un contrat d’exclusivité en 1927. Jusqu'en 1933  il se partage entre sculpture, peinture et gravures. Il réalise notamment des gravures pour l'édition illustrée de l'Enfer de Dante préparée par Gallimard, projet qui n'aboutira pas. Quelques unes de ses peintures sont exposées en 1945 à la Galerie Drouin, suscitant une vive admiration de l'intelligentsia parisienne. Le catalogue de l'exposition était préfacé par André Malraux. Dans les années qui suivent, Fautrier travaille à l'illustration de plusieurs ouvrages, parmi lesquels L'Alleluiah de Georges Bataille et enchaîne sur une série consacrée aux petits objets familiers. En  1950, il invente avec sa compagne,  Jeanine Aeply, un procédé complexe mêlant reproduction chalcographique et peinture, qui permet de tirer ses œuvres à plusieurs exemplaires, pour obtenir ce qu’ils appelleront des « originaux multiples ».
Jean Fautrier est un très grand peintre français, injustement oublié de ce début de 21e siècle. 

mercredi 6 août 2014

James Peal (1749–1831)



James Peal (1749–1831)
Still Life  with watermelon (1824)
Honolulu Museum of Art

Le peintre américain James Peale connut une carrière  heureuse et couronnée de succès. 
 En 1769, son frère  Charles Wilson Peale revint de Londres où il était parti étudier la peinture dans l'atelier de Benjamin West, et James lui servit d'assistant tout en apprenant lui-même à peindre. 
Au début de sa carrière, Peale peignit des portraits et des natures mortes, ce qui lui valut une certaine réputation à partir du milieu des  années 1780. C'est à cette période que Charles lui transmit la pratique des miniatures, et James s'y voua jusqu'au début du 19e siècle, avec une prédilection pour l'aquarelle sur ivoire. En  1795, il exposa au Columbianum, une nouvelle académie de Philadelphie, une nature morte de fruits, neuf miniatures et le portrait de sa famille. Vers 1810, alors que sa vue commençait à baisser, James Peale abandonna la miniature pour se consacrer à de grands portraits et des natures mortes très admirés à Philadelphie,  Boston et Baltimore où ils étaient exposés.

On ignore toujours le nombre total de paysages que Peale a peints, mais l'on sait qu'il exécuta plus de 200 miniatures d'aquarelle sur ivoire, peut-être 100 natures mortes, un peu moins de 70 portraits à l'huile, et au moins 8 toiles à sujets historique.

mardi 5 août 2014

Henri Rousseau dit "le douanier" (1844-1910)



Henri Rousseau dit "le douanier" (1844-1910)
Nature morte avec cafetière et fruits

Rappel biographique : Le peintre français Henri Rousseau  (Henri Julien Félix Rousseau) dit Le Douanier Rousseau est considéré comme un représentant majeur de l'art naïf. Issu d'une famille modeste, il étudie le droit avant de partir à Paris, où il travaille dans un octroi  d'où son surnom de douanier.
Il apprend lui-même la peinture et produit un grand nombre de toiles, qui représentent souvent des paysages de jungle, bien qu'il  n'ait jamais quitté la France. il s'inspire en réalité de livres illustrés, des jardins botaniques et de rencontres avec des soldats qui ont participé à  des expéditions exotiques qui ne manquent pas en ces temps de colonisation.
Ses toiles montrent une technique élaborée, mais leur aspect enfantin lui a valu beaucoup de moqueries et de mépris. Ses premières critiques positives arrivent à partir de 1891. A la fin de sa vie il rencontre même quelques autres artistes de son temps  qui lui reconnaissent un talent certain, comme ,entre autres, Robert Delaunay, Paul GauguinToulouse-Lautrec ou Pablo Picasso.... 
Son travail est aujourd'hui considéré comme crucial pour l'art naïf et il a influencé de nombreux artistes, notamment  surréalistes.

Georgia O' Keeffe (1887-1986) - Two Pears


Georgia O' Keeffe (1887-1986) 
Two Pears (1921)

Que voit-on ? Dans un plat blanc de forme carré, deux poires présentées presque fondues entre elles, comme " des soeurs siamoises ",  avec la queue pointée vers le haut. Les ombres portées de ces deux fruits sont complètement contradictoires et paradoxales, seul élément qui cherchent à échapper au réalisme de la représentation et parvient à  rendre cette toile presque abstraite, en dépit de son réalisme.

Rappel biographique : La peintre américaine Georgia O' Keeffe est considérée comme une des peintres modernistes majeures du 20e siècle.  L'art de Georgia O'Keeffe est basé sur une observation minutieuse de la nature et sur sa volonté de peindre ce qu'elle ressent plus que ce qu'elle voit. Elle demeurera à l'écart des courants, suivant sa propre voie. Ses gros plans de fleurs, qui caractérisent une bonne partie de sa production, révèlent son sens aigu de l'observation. Le format de ses toiles, les couleurs et les nuances rendent la majeure partie de ses tableaux pratiquement abstraits. À sa mort, Georgia O'Keeffe a laissé environ 900 tableaux dont finalement très peu de natures  mortes, qui est pourtant un genre auquel elle est régulièrement revenue tout au long de sa carrière.  

dimanche 3 août 2014

Carducius Plantagenet Ream (1837 -1917)



Carducius Plantagenet Ream (1837 -1917)
Still life with grapes

Le peintre américain Carducius-Plantagenet Ream  (Ream étant le nom de famille et Carducius-Plantagenet le prénom!) a laissé une grand nombre de natures mortes et de tableaux dans les diverses galeries  à travers tous les Etats-Unis qui les prenaient  en dépôt de son vivant.  Leur succès a été immédiat car c'est tout à fait le type de peinture que les américains de la classe moyenne du 19e et du début du 20e siècle rêvait de posséder sur leur murs pour " aristocratiser " un peu leurs intérieurs. De nombreuses œuvres de l'artiste ont été vendues aux enchères et continue de l 'être puisque Ream fait  toujours le bonheur des salles de vente, 100 ans après sa mort. Par contre, on possède très peu de renseignements fiables sur sa vie qui reste un mystère...

samedi 2 août 2014

Pavel Tchelitchew (1898–1957) - Still life with pears

http://astilllifecollection.blogspot.com

Pavel Tchelitchew (1898–1957)
Still life with pears (1927)

Que voit-on ?  La composition représente une coupe de porcelaine blanche, vue en plongée, dans laquelle on a placé trois poires dont l'une, monstrueuse possède une  anomalie : une triple tête. C 'est l' élément surréaliste du tableau qui déploie par ailleurs  une exploration méthodique de la gamme des verts et des jaunes.

Rappel biographique : le peintre américain d'origine russe Pavel Tchelitchew fut à la fois un peintre qui appartint au mouvement surréaliste et un  créateur reconnu de décors et de costumes de théâtre. Ainsi travailla-t-il un temps à Paris  pour  Serge de Diaguilev en créant des décors et des costumes pour les Ballets russes en 1928. En 1930, Tchelitchev présenta ses œuvres dans le cadre d'une exposition collective dans le tout nouveau  Museum of Modern Art de New York, ouvert depuis une année seulement. Quatre ans plus tard, il décida de quitter Paris avec son compagnon, l'écrivain Charles Henri Ford, et de vivre à New York, où il continua à travailler pour des metteurs en scène et des chorégraphes, tels  que George Balanchine  ou encore A. Everett Austin, pour lesquels il dessina des décors et des costumes de ballet. De 1940 à 1947, il publia des illustrations dans le magazine surréaliste View, dirigé par Charles Henri Ford  (dont il fut le compagnon) et par le critique de cinéma Parker Tyler. 

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vendredi 1 août 2014

Francisco de Zurbarán (1598-1664) - Bodegón con membrillos



Francisco de Zurbarán (1598-1664)
Bodegón con membrillos, 1664
 (avant  restauration)
Museu Nacional d'Art de Catalunya (Barcelona)

Que voit-on ? Sur un plateau d'argent  4 coings montés en pyramide présentent tous les angles possibles du fruit. Une géométrie parfaite que Picasso cherchera plus tard à copier. Un linge blanc froissé barre la droite du cadre.

Rappel historique : le peintre espagnol  Francisco de Zurbarán appartient au Siècle d'or espagnol. Surtout célèbre pour ses sujets religieux et ses peintures dévotes souvent d'une grande puissance et d'un grand mysticisme, il a commencé par y glisser quelques natures mortes avant de peindre des natures mortes pour elles-mêmes à part entière (comme ici avec ce simple  plateau de grenades) et d'en devenir un maître absolu. Contemporain et ami de Vélasquez, Zurbarán s'est distingué par la grande force visuelle de ses sujets et par un style austère et sobre qui le rapproche beaucoup des maîtres maniéristes italiens. Bien qu'à son époque la nature morte ait été considérée comme un genre mineur, Zurbarán ne pense pas déchoir lorsqu'il peint  - en sujet isolé -  le  mouton aux pattes liées de l'Agnus Dei. Dans ses natures mortes,  Zurbarán fait toujours preuve d'une attention affectueuse à l'égard d'objets modestes qu'il dote d'une valeur symbolique,  au point que « ses natures mortes ont une densité, une plénitude si poussée que, même quand elles ne sont qu'un des éléments d'une composition, leur présence s'impose autant que la scène principale » (Encyclopædia Universalis).
« Tout au long de sa carrière, Zurbarán attache un soin particulier à la représentation des objets. Depuis la précieuse tasse avec une rose apparaissant dans ses premiers tableaux, La Guérison miraculeuse du bienheureux Regnaud d'Orléans jusqu'aux derniers fruits sur une assiette d'étain de La Vierge, l'Enfant et saint Jean, daté de 1662  » (Catalogue de l'exposition de 1988, p. 171).
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