mardi 30 septembre 2014

Wilhem de Kooning (1904-1997)



Wilhem de Kooning (1904-1997) 
Still Life, c1921. 

Jan & Jaap Gidding (Rotterdam)


Le peintre, sculpteur et dessinateur américain d'origine hollandaise Willem de Kooning est considéré comme le précurseur de l'expressionnisme abstraitDe Kooning a peint surtout des figures, des portraits et tres peu de natures mortes, en utilisant la gouache, l'aquarelle, le pastel, les techniques mixtes. 
Cette oeuvre réalisée alors qu'il avait 17 ans  et conservée au MOMA (New York) n'est pas du tout représentative de son travail futur.  Entre 1916 et 1920, il est apprenti dans l'entreprise de décoration intérieure de Jan et Jaap Gidding, à Rotterdam. Il suit une formation à l'école des arts et techniques de la ville jusqu'en 1921, pendant qu'il travaille pour Bernard Romein, directeur artistique et designer. C'est d ecette époque que date cette oeuvre qui se situe (et ce sera peut être la seule fois pour de Kooning) dans la tradition des grands mapitres hollandais du 17e siècle de la nature morte.  

lundi 29 septembre 2014

Edouard Manet (1832-1883) - Le saumon



Edouard Manet (1832-1883)
Le saumon (1869)
Shelburne Museum, Vermont

Que voit-on ? C'est une nature morte d'avant 1870, c'est à dire qui fait appel à tout l'attirail de verrerie, de porcelaine et d'argenterie que Manet aimait tant chez es maîtres anciens. Le Saumon – l’une des deux toiles de Manet, avec Clair de lune sur le port de Boulogne, que Durand-Ruel se rappelle avoir vues aux murs de l’atelier d’Alfred Stevens, au début de janvier 18721 – donna envie au marchand d’acheter plus de vingt toiles directement à l’artiste. Le 20 janvier, il envoie cette nature morte (en même temps que sept de ses nouveaux Manet) à la German Gallery à Londres, avant de l’exposer ce même été à la Triennale de Bruxelles (no 490, Un déjeuner). La toile retournera à Londres une seconde fois avant d’être achetée par Jean-Baptiste Faure pour 1 500 francs en 1874. Douze ans plus tard, Durand-Ruel inclut ce tableau dans son exposition à New York, où il le vend pour 15 000 francs à H.O. Havemeyer, qui hésitait entre Le Saumon et L’Enfant à l’épée. Après avoir vu les tableaux à la National Academy of Design, Havemeyer explique à sa femme Louisine : « La nature morte était très belle et je l’ai achetée pour vous, et je dois avouer que L’Enfant à l’épée dépassait mes moyens. » Il a peut-être été encouragé à acheter cette oeuvre (son premier Manet) en lisant l’article élogieux d’un critique : « La “nature morte” de Manet, est, là encore, une de ces natures mortes où, de l’aveu de tous, le peintre se révèle incomparable ; cette toile, l’une de ses meilleures et des plus faciles à comprendre, présente un spécimen de ses admirables poissons écailleux et un citron coupé, qui est certainement le citron le plus cruellement acide jamais peint . »

Texte extrait du catalogue de l'exposition au Musée du Luxembourg (Paris)


Rappel biographique : le peintre français Édouard Manet est un peintre majeur de la fin du 19e siècle, initiateur de la peinture moderne qu'il libère de l'académisme, C'est une erreur de considérer Édouard Manet comme l'un des pères de l'impressionnisme : il s'en distingue en effet par une facture soucieuse du réel. Manet n'utilise pas (ou peu) les nouvelles techniques de la couleur et le traitement particulier de la lumière, utilisées par les impressionnistes. Il s'en rapproche cependant par certains thèmes récurrents comme les portraits, les paysages marins, la vie parisienne ou encore les natures mortes, tout en peignant de façon personnelle, dans une première période, des scènes de genre (sujets espagnols et odalisques entre autres).
Lorsque Manet a peint des natures mortes, c'est surtout pour des raisons financières qu'il l'a fait. Il avouait lui-même avoir plus de facilités à les négocier que ses portraits. Cela ne signifie pas qu'elles soient d'un intérêt mineur, bien au contraire : la scénographie qu'il impose à ses natures mortes est tout simplement prodigieuse, qu'il s'agisse de solo comme Le citron ou L'asperge ou de mise en scène collectives comme dans ces Fruits sur la table ou Panier de fruits.
Manet aimait aussi les natures mortes : « Un peintre peut tout dire avec des fruits ou des fleurs, ou des nuages seulement », affirmait-il. Une part non négligeable de son œuvre est consacrée à ce genre, avant 1870 surtout puis dans les dernières années de sa vie où la maladie l'immobilise dans son atelier. Certains éléments de ses tableaux constituent de véritables natures mortes comme le panier de fruits dans le Déjeuner sur l'herbe, le bouquet de fleurs dans Olympia ou le pot de fleurs, la table dressée et différents objets dans le Petit déjeuner dans l'atelier. Il en va de même dans les portraits avec le plateau portant verre et carafe dans le Portrait de Théodore Duret ou la table et les livres dans le portrait d’Émile Zola. Mais les natures mortes autonomes ne manquent pas dans l’œuvre de Manet : l'artiste a ainsi plusieurs fois peint poissons, huîtres ou autres mets (Nature morte au cabas et à l’ail, 1861-1862, Louvre-Abou Dhabi, ou La Brioche, 1870 - Metropolitan Museum of Art, New York), rendant ainsi une sorte d'hommage à Chardin. Il a peint plus souvent encore des sujets floraux qui évoquent la peinture hollandaise (roses, pivoines, lilas, violettes) ou encore des fruits et des légumes (poires, melons, pêches, citrons, asperges) .
A sa mort, Édouard Manet laisse plus de 400 toiles, des pastels, esquisses et aquarelles. Ses plus grandes œuvres sont aujourd'hui visibles dans tous les musées du monde.
" Considérant l'importance de la nature morte chez Manet, beaucoup – et cela dès les années 1890 – y ont vu la marque la plus évidente de la révolution qu'il accomplissait, l'avènement d'une peinture uniquement préoccupée d'elle-même et débarrassée de la tyrannie du sujet. En refusant toute hiérarchie à l'intérieur même du tableau, en donnant autant d'importance à l'accessoire qu'à la figure, Manet assurément rompait avec les règles académiques. (...) Comme Cézanne et comme Monet qu'il influencera, Manet trouvait dans la nature morte, obéissante et disponible, un laboratoire d'expériences colorées dont il répercutait aussitôt les trouvailles dans d'autres compositions ; comme Cézanne et comme Monet, il dit cette curieuse obsession de l'éclatante blancheur et voulut peindre lui aussi ces tables servies avec leurs nappes blanches "comme une couche de neige fraîchement tombée" (Nature morte avec melon et pêches, Washington, National Gallery of Art). Manet, peintre de natures mortes, a médité les grands exemples anciens, celui des Espagnols et de leurs bodegones, celui des Hollandais, celui de Chardin). Dans les années 1860, il joue des franches oppositions du noir et du blanc, bois sombre de la table, éclat d'une nappe ou serviette sur lesquelles il dispose ses notes colorées. (...)"

Texte extrait du catalogue de l'exposition "Manet et les natures mortes" (Musée d'Orsay- Paris


dimanche 28 septembre 2014

Gustave Caillebotte (1848-1894)



Gustave Caillebotte (1848-1894)
Faisans et bécasses sur une table de marbre (1883)
Springfield Museum of Arts, Ohio


Que voit-on ?  le titre décrit avec précision  a composition bien qu'il en omette les trois citrons. posés  à l'avant et a l'arrière du tableau.  Là encore la scène peut se situer aussi bien dans la cuisine d'une riche maison un jour de retour de chasse qu'à l'étale d'un boucher parisien, lieu que Caillebotte aimait  particulièrement peindre.

Rappel biographique : Le peintre français Gustave Caillebotte fut aussi mécène, collectionneur  et organisateur des expositions impressionnistes de 1877, 1879, 1880 et 1882. Le talent de Caillebotte fut longtemps méconnu (sauf aux États-Unis) au profit de son rôle de « mécène éclairé ». Le peintre fut redécouvert dans les années 1970 à l'initiative de collectionneurs américains. Les rétrospectives de ses œuvres sont désormais fréquentes. Certains de ses tableaux se trouvent maintenant au musée d'Orsay à Paris.
Caillebotte est l'un des premiers grands peintres français à exposer régulièrement aux États-Unis, où il rencontre un vif succès, et où se trouvent aujourd'hui nombre de ses toiles. Il est l'un des fondateurs du courant « réaliste », qu'illustrera par exemple au 20e siècle l'américain  Edward Hopper.
Fortuné, il n'a pas besoin de vendre ses toiles pour vivre, si bien que ses descendants possèdent encore près de 70 % de ses œuvres. À sa mort, Martial et Auguste Renoir son exécuteur testamentaire, prennent les dispositions pour que l’État accepte le legs de ses tableaux impressionnistes.
Les historiens d'art qualifient volontiers cet artiste « d’original et audacieux ». Sa technique ne l'est pas moins assez proche de l'art photographique, mais, par de puissants effets de perspectives tronquées, les distances et les premiers plans sont écrasés et l'horizon absent, d'où la perception instable et plongeante (Caillebotte invente la vue en plongée dans la peinture). Les effets de vue plongeante s'imposent dans son art à travers les personnages au balcon et ses vues en surplomb des rues et des boulevards. 
Dans ses natures mortes saisies souvent dans des cadrages et sous des angles inhabituels, ils s'intéressent surtout à l'aspect préparé et alimentaire. Il affectionne les natures mortes à l'étalage dont il croque le plan sur les marchés, dans les restaurants, ou dans les boutiques et qu'il retravaille entièrement dans son atelier, car contrairement aux impressionnistes qui peignent en plein air, Caillebotte retravaille toutes ses esquisses à l'atelier.

samedi 27 septembre 2014

Sebastian Stoskopff (1597-1657)



Sebastian Stoskopff (1597-1657)
Nature morte aux verres, pâté  et lettre adressée à Téniers (1644),
Musée de l'Œuvre Notre-Dame Strasbourg

 Que voit on ?   Sur un entablement de pierre brisée sur sa partie droite,de gauche a droite, une lettre avec un cachet dont l'adresse au nom de " Monsieur " est le seul élément  réellement lisible,  bien que l'on sache  par le titre, que la lettre est adressé à Téniers. Sur la lettre est posé un pâté entamé, symbole des plaisirs de la vie mais aussi de la putréfaction à venir de la matière vivante. A droite mais disposés comme l'élément central du tableau :  une corbeille d'osier tressé et ajouré dans laquelle sont posés, dans le désordre, 7 verres à pieds vides, précieux objets du quotidien.  La corbeille de verre en tant qu’élément central est un motif fréquents dans de l’œuvre de Stoskopff où l'on compte aujourd'hui quatre tableaux dans lesquels cet éléments figure. La disposition chaotique des verres dans le panier offre à l’artiste des possibilités infinies pour jouer avec les effets de lumière.  On remarque que chaque verre se présente sur un plan et une disposition différente, offrant un angle particulier à la lumière. Bien au-delà de la simple représentation du quotidien, Stoskopff, sans user des crânes ou sabliers qu’on y voit fréquemment et que lui-même n’hésite pas à utiliser, peint avec cette corbeille de verres une Vanité d’une absolue transparence. Ces corbeilles de verre de Stoskopff sont pour la plupart du temps interprétés dans le sens de la fragilité de la vie humaine et de  la fugacité des richesses.


Rappel biographique : le peintre alsacien Sébastien Stoskopff a été formé par Frédéric Brentel puis par Daniel Soreau. Sébastien Stoskopff vit à Paris entre 1621 et 1641 environ et voyage en Italie vers 1629. Il vit ensuite à Strasbourg, et meurt en 1657chez son protecteur Jean de Nassau.
Très apprécié à son époque, il est considéré comme l'un des maîtres européens de la nature morte très à l'aise dans le traitement des textures opposées comme le verre et l'osier d'un côté, ou le verre et l'étain etc...  L'œuvre  de Sebastian Stoskopff a été redécouverte très tardivement, au milieu du 20e siècle, dans les années 1930, ce qui signifie qu'elle est restée dans l'ombre pendant plus de 3 siècles !   Il reste de l’œuvre de Stoskopff entre 60 et 69 tableaux, selon les critiques. 10 d’entre eux sont datés et 26 à 29 sont signés de la main du maître. Toutes les œuvres signées sont des natures mortes. Mais des correspondances attestent que Stoskopff était aussi portraitiste, et qu’il a notamment exécuté un double portrait du comte Jean de Nassau-Idstein et de son épouse Anna. Pour la plupart, les œuvres de l’artiste ont pour thème la représentation d’objets quotidiens, très souvent dans le domaine de la cuisine ou de la nourriture.
Le Musé de  l'Œuvre Notre-Dame de Strasbourg conserve une collection importante de ses œuvres.

vendredi 26 septembre 2014

Georges Valmier (1885-1937) - Nature morte géométrique 1919



Georges Valmier (1885-1937)
Nature morte géométrique (1919) 
Musée Koller-Muller.

L'œuvre  du peintre français Georges Valmier traverse les grands courants modernes de l'histoire de la peinture, de ses débuts impressionnistes au cubisme qu'il découvre vers 25 ans, et enfin à l'abstraction à partir de 1921, qui fut comme une réponse finale à ses recherches. Il réalisera des décors et des costumes pour le théâtre et pour les ballets, des maquettes pour des tissus, des tapis, des objets. Ses huiles n'excèdent pas les 300, Valmier étant mort à l'âge de 52 ans ; elles sont l'aboutissement de nombreuses gouaches préparatoires dont les multiples versions sont de véritables œuvres en elles-mêmes, qui témoignent d'une grande maîtrise, de sa gourmandise de couleurs et de son extrême inventivité des formes. Valmier fut également musicien.
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2014 - A Still Life Collection 

Un blog de Francis Rousseau 


jeudi 25 septembre 2014

John Bratby (1928-1992


John Bratby (1928-1992)
Still Life With Chip Frier (1954)
Tate Gallery, London

Que voit-on ?  Une table partiellement recouverte de sets de tables et entourée de trois chaises en paille, vides d'occupants.  Sur la table, comme d'habitude chez Bratby, une multitude d'objets et d'ustensiles de cuisine disparates et sales (plus d'un quarantaine ici ! ), répartis sur la table et jusque sur le dossier de la chaise qui se trouve au premier plan où s'accroche la  passoire de la poêle à frire qui donne son nom à cette nature morte. Seulement trois bouteilles de vin (vides bien entendu) ce qui est très peu, comparé à d'autres compositions du même peintre ! Beaucoup de bocaux vides, de même qu'une théière en argent et son plateau qui donnent au peintre l'opportunité de montrer que dans ce désordre colossal, il continue de maîtriser reflets et transparences à l'instar des maîtres anciens ! Des boîtes aussi, dont une en carton contenant des cornflakes, une autre contenant du sel et une boîte en fer contenant du thé (en bas à droite). Des ustensiles de cuisine disparates, sans doute en attente de lavage, s'empilent dans une passoire à pâtes, entre les cornflakes et une bouteille de vin. Ailleurs sur la table : des petits ciseaux, une boule à thé, une passoire à thé, des petites bouteilles d'huile et de vinaigre, un pot de moutarde, des flacons vides ayant contenu des sauces type Worcester sauce  ou Ketchup, un petit flacon de pilules. A droite d'une des chaises, celle du haut,  à peine perceptible sur le plancher, git un chien vu en plongée mais très disproportionné par rapport à l'ensemble ; il semble que ce soit un chien de race Colley, la tête tournée contre le mur dans une position de mécontentement évident. On le comprend !  


Rappel biographique : Le peintre britannique John Bratby fut une star des tabloïdes de son époque, dans lesquels il était régulièrement présent tant il défraya la chronique (souvent plus par ses déclarations et ses actes que par ses toiles ! ). La notoriété de Bratby date des ses premières toiles très expressionnistes, et notamment de la série des Angry Young Men (Jeunes hommes en colère) décrivant un certaine ultra-gauche anglaise qui fit sensation dans les années 1960.  Classé lui-même très à gauche sur l'échiquier politique, Bratby commença à être l'objet des premiers scandales lorsque les tabloïdes révélèrent qu'il avait amassé une fortune considérable.  "Accusation" à laquelle il répondit en 1965 par un célèbre :" Les prolétaires sont des crétins. Ils sont incultes et il dominent la société. Peut-on imaginer pire ? ". Très vite, sa vie entière qui se déroulait déjà dans un désordre revendiqué et assez ingérable, (tout à fait à l'image de ce qui se passe sur la table de cuisine de cette nature morte) tourna au cauchemar et cette société qu'il dénonçait à longueur de temps, lui tourna le dos du jour au lendemain. Le succès s'en alla aussi vite qu'il était venu et si ce n'est Sir Alec Guiness qui le rencontra pour incarner son rôle dans le film The Horse's Mouth de  Joyce Cary en 1958, il ne vit plus personne. Ce qui est fascinant avec Bratby c'est que sa façon de peindre et les sujets peints sont à l'identique de sa façon de vivre. Son style expressionniste, désinvolte, vigoureux et quelquefois violent, n'est pas une exception dans l'Europe du milieu du 20e siècle, mais c'est vraiment la façon dont il peint qui est nouvelle. Il applique la peinture du tube pour l'étaler directement sur la toile au couteau à palette, en se moquant ouvertement du résultat obtenu, sur lequel il ne revient jamais. On donna à cette technique le nom de Tubism. Il a peint beaucoup de natures de mortes, principalement de tables de cuisine très encombrées de toutes sortes d'objets ou d'éviers remplis de vaisselle sale, ce qui lui valut le surnom de  "peintre d'évier ". Il a peint les cuisines et les intérieurs anglais habituellement si réputés pour leur raffinement sous leur angle sans doute le plus répugnant  !
Totalement alcoolique et égocentrique, violent et sale, il a  néanmoins fini sa vie comblé d'honneurs dans une Angleterre qui entre ses débuts dans les années 50 et les années 90 s'enfonçait elle-même dans un chaos assez comparable aux oeuvres de Bratby ! En 1971, il fut élu à la Royal Academy of Arts. Ses natures mortes à l'emporte pièce comme sa propre vie, apparaissent pour certains comme une peinture assez fidèle de la société dans laquelle il vécut.

mercredi 24 septembre 2014

Evert Collier (1640-1708)



Evert Collier (1640-1708)
Still life of court jewels with a globe, sword, and a miniature portrait of Charles Ist. (1705).
Private Collection

Que voit-on ? Sur un gigantesque guéridon recouvert d'un somptueux drapé en velours de soie, un profusion d'objets et d'oeuvres d'art marquent cette vanité qui évoque plusieurs thèmes. Vanité du savoir avec les livres, fermé er ouvert sur lequel on peut lire " Sic transit gloria mundi " (La gloire du monde passe aussi) et " Nemo ante mortem beatus dici potest "   (Personne ne peut se prétendre heureux devant la mort), les instruments scientifiques comme la mappemonde où la lunette astronomique, les œuvres d'art comme les dessins, les peintures dont celle du roi Charles 1e d'Angleterre, ou des gravures. Thème de la vanité des biens terrestres, des richesses et du pouvoir aussi représentée par le coffret de bijoux rempli de colliers de perles et de pierres précieuses, les pièces de collection comme la somptueuse aiguière en or massif, s'élevant entre la mappemonde et le livre ouvert contenant les deux citations latines, une couronne royale fermé, un sceptre, un globe renversé signe que la mort va frapper et une épée, dont seul le pommeau est visible, symbole du pouvoir monarchique de droit divin.

RRappel biographique : le peintre Evert Collier est un peintre de natures mortes et de trompes-l'oeil de la fin de la période de l'âge d'or hollandais. Plusieurs orthographes existent pour son prénom et son orthographié Edward ou Edwaert ou Eduwaert ou Edwart et son nom est parfois orthographié Colyer ou Kollier. Evert Collier a été formé à Haarlem. Ses premières peintures montrent l'influence très nette de Vincent Laurensz van der Vinne, membre de la Haarlem Guilde de Saint-Luc dès 1649, qui a probablement  été son professeur lorsque Collier a été inscrit lui-même dans cette Guilde de Haarlem en 1664. Ils ont tous deux plus tard influencé le peintre de natures mortes Barend van Eisen. Collier a vécu et travaillé à Leyde, à Amsterdam et enfin à Londres où il a terminé sa carrière et où il est enterré. Ses natures mortes, principalement constituées d'objets partagent la caractéristique d'être avant tout spectaculaires et fastueuses, quel que soit le sujet traité.

mardi 23 septembre 2014

Jan Lievens (1606-1674)



Jan Lievens (1606-1674) 

Still life with books (1628)

Le peintre  et dessinateur hollandais Jan Lievens fut un principaux collaborateurs puis rival de Rembrandt. Selon le spécialiste de Rembrandt Gary Schwartz, Rembrandt  aurait emprunté assez tôt dans sa carrière  du matériau à Lievens. Rembrandt aurait également antidaté quelques-unes de ses œuvres, de façon que les tableaux de Lievens aient l’air d’avoir été inspirés par les siens plutôt que l’inverse. Dans les années 1630, Rembrandt apposa également sa signature sur un certain nombre de peintures et d’eaux-fortes de Lievens. On ignore si les deux hommes eurent encore des contacts après 1632, date a laquelle Lievens partit à Londres  (où il peignit d'ailleurs le portrait d ru roi Charles 1er et de Thomas Howard.   Jan Lievens fut principalement un peintre d’histoire et de portraits mais il exécuta aussi  quelques natures mortes  ce qui ne fut pas le cas de Rembrandt  qui ne toucha jamais a ce genre, réputé mineur à cette époque.  

lundi 22 septembre 2014

Jan Davidszoon de Heem (1606-1684) - Nature morte avec livres



Jan Davidszoon de Heem (1606-1684)
Nature morte avec livres
Fondation Custodia - Collection Frits Lugt

Que voit-on ? sur un entablement de bois, un amoncellement de  livres imprimée aux pages écornées, endommagés au foliotage sans reliure recouvrant un " marocain" aux liens  noués, une plume d'oie et un encrier (sur la droite du cadre). Un symbole de la vanité des oeuvres humaines. Ce tableau date des débuts de l’artiste. La composition monochrome – choix stylistique en vogue à partir de 1625 – contraste fort avec les grandes natures mortes colorées que le peintre réalise plus tard à Anvers. À l’époque, il travaille à Leyde où ce genre de natures mortes aux livres connaît un grand succès. La présence de la célèbre université n’y était probablement pas étrangère : les professeurs et étudiants devaient être sensibles aux allusions à la vanité du savoir portées par cette iconographie. Pour représenter les pages, De Heem a strié la peinture fraîche avec le manche de son pinceau : effet que l’on voit aussi dans les Rembrandt réalisés à Leyde à la même époque.

Rappel biographique : Le peintre hollandais Jan Davidszoon de Heem est un des membres d'une véritable dynastie de peintres, dont quelques uns spécialisés exclusivement dans les nature mortes.  Ses premières œuvres sont dans le style de Balthasar van der Ast (1593/94-1657), son maître. Il travaille ensuite à Leyde et montre un style proche des toiles de Pieter Claesz (1595/97-1661) et de Willem Claesz Heda (1594-1680). En 1636 , il s'installe à Anvers dont il  devient citoyen de la ville, ce qui signifie qu'il y a acquiert respectabilité pour son métier et fortune relative.  Il est le fils du peintre David de Heem le vieux (1570 ?-1632 ?) et le père des peintres Cornelis de Heem (1631-1695) et Jan Jansz de Heem (1650-après 1695). On ne lui connait pas d'autres oeuvres que des natures mortes, le plus souvent florales et dans la grande tradition de la Nature morte hollandaise. Celle-ci qui est composée uniquement de vieux livres aux reliures défectueuses ou inexistantes est une exception dans sa thématique habituelle, même si le message délivré est toujours le même : celui de la fragilité de l'existence humaine, de ses activités... et du savoir. 

dimanche 21 septembre 2014

Giuseppe Arcimboldo (1527-1593)



Giuseppe Arcimboldo (1527-1593)
Cadere (Autumn)  (1573)
Musée du Louvre, Paris

Ce que l'on voit et ce que l'on sait :  Pour figurer L'Automne, un portrait d'homme d'âge mûr  réalisé à base d  fruits et de légumes de la saison a savoir : châtaigne et son écorce pour figurer les lèvres et les rides qui les entourent, poire pour le nez, pommes pour  les joues, oignons pour le double menton et avoine pour la barbe,  mûres et groseilles pour les inévitables verrues du visage de l'homme vieillissant, champignons pour les oreilles, profusion de grappes de raisins pour la chevelure, melon pour la calvitie du haut du crâne et tonneau pour le vêtement !
Il s’agit d'une série de quatre tableaux peints par Arcimboldo en 1563 et offerts à Maximilien II Emmanuel de Bavière en 1569, accompagnés des Quatre Éléments (peints en 1566).
Un poème de Giovanni Battista Fonteo (1546-1580  joint aux tableaux en explicitait le sens allégorique. Chaque tableau est constitué d’un portrait de profil, composé d’éléments végétaux caractéristique de la saison décrite. Une disposition particulière des quatre saisons avait été prévue par Arcimboldo : L’Hiver devait regarder Le Printemps et L’Automne dévisageait l'Été...
De la version originale, ne subsistent que L’Hiver et L’Été, exposés à Vienne en Autriche. Parmi les versions les plus connues figurent celles du musée du Louvre, copies faites par le peintre à la demande de Maximilien II pour en faire cadeau à Auguste de Saxe. Les tableaux se caractérisent par un encadré floral qui n’existait pas dans la version originale.

Rappel biographique :  Le peintre italien Giuseppe Arcimboldo est issu d’une famille de peintres.
Il commence à se faire connaître à 24 ans en travaillant avec son père, artisan peintre à la cathédrale de Milan où il  réalise alors des cartons de vitraux. Là, il se fait remarquer par Ferdinand de Bohème qui lui commande cinq blasons pour la cathédrale. En 1562,  il est  appelé à Prague au service de Ferdinand Ier du Saint-Empire pour être le portraitiste de la famille impériale. Peu après son arrivée à Prague Giuseppe Arcimboldo commence la première série des Quatre saisons et révèle ce style pictural surprenant : les « têtes composées » portraits caricaturaux (ghiribizzi) ou allégoriques formés d’une juxtaposition de fruits, légumes, végétaux, symbolisant les saisons ou les métiers. Cette œuvre suscite un engouement considérable à la cour. Il peindra d’autres séries des quatre saisons en 1572 et 1573. Si l'on considère Arcimboldo comme un novateur dans la systématisation de ses portraits, il faut se rappeler qu'à son époque il existe déjà une tradition, depuis l'antiquité, de masques bachiques ou hellénistiques, formés d'éléments pris dans la Nature. Plusieurs des artistes de la Renaissance artistique, dont Léonard de Vinci et Jérôme Bosch, s’étaient déjà intéressés aux faciès monstrueux, aux portraits déformés par des jeux de glace, ainsi qu’aux compositions à base d’éléments détournés.
Si Arcimboldo n'a pas eu d’élève, il a inspiré de nombreux copistes en son temps et le genre des têtes composées se perpétue aux 17e et 18e siècles. Il est repris au 19e siècle par les caricaturistes. Il est redécouvert au 20e siècle par les surréalistes, adeptes du jeu de mots visuel.



Cornelis de Heem (1631-1695)


Cornelis de Heem (1631-1695)
Raisins, prunes, melon, abricots, nèfles, citron pelé, cerises, raisins, prunes, noisettes et papillons (vers 1660)

Le peintre néernadais Cornelis de Heem est le fils du célèbre peintre de natures mortes Jan Davidszoon de Heem  et le demi frère de Jan Jansz de Heem. Sa biographie est assez peu documentée. Il arrive à Anvers enfant, en 1635 ou 1636, lorsque son père vient s'y installer. En  1661, 1il devient membre de la Guilde des peintres d’Anvers. En 1678, il habite  La Haye où il est membre de la société des artistes connue sous le nom de Pictura. Il semble qu'il ait également été actif à Usselstein et a Utrecht entre 1670 et 1680.

samedi 20 septembre 2014

Jean-Baptiste Monnoyer (1636 -1699)


Jean-Baptiste Monnoyer (1636 -1699)
Nature morte avec fleurs et fruits.
Musée Fabre Montpellier

Le peintre français Jean-Baptiste Monnoyer fut connu pour être un spécialiste de la peinture de fleurs. Il œuvra à la cour de Louis XIV, comme peintre décorateur et pour les manufactures des Gobelins et de  Beauvais. Son livre intitulé Le Livre de toutes sortes de fleurs d'après nature est largement repris par de nombreux artistes. Il se rend à Londres vers  1685 où il travaille pour le duc de Montaigu. Ses œuvres, d’une grande précision botanique   sont très recherchées. De nombreuses lui ont été à tort attribuées car il ne les signe et ne les date que rarement. Elles sont, pour certaines d'entre elles, rendues à son fils Antoine Monnoyer. Il a peint peu de natures mortes avec fruits.

vendredi 19 septembre 2014

Paul Liegeois (actif entre1650 et 1670)



Paul Liegeois (actif entre1650 et 1670) 
Nature morte avec pêches raisin, prunes deux cerises et velours bleu

Paul Liégeois est un peintre de natures mortes français probablement d'origine flamande, actif à Paris au milieu du XVIIe siècle. Sa vie reste très mal connue. Il semble avoir joui d'un certain succès, et ses œuvres furent collectionnées par les amateurs de l'époque. Apprécié de Philippe de Champaigne et ami du peintre de natures mortes Jacques Bailly, il reçut également plusieurs commandes de magistrats fortunés, parmi lesquels Boyer de Forestat de Bandol, Simon Lenfant, et le marquis de Joyeuse-Garde.
Son œuvre marque la transition entre la veine réaliste qui anime l'art de la nature morte française de la première moitié du siècle (représentée par Louise MoillonLubin BauginJacques Linard ou François Garnier), et la génération du règne de Louis XIV (Jean-Baptiste Monnoyer et Jean-Baptiste Belin de Fontenay), qui adopte quant à elle un goût pour les mises en page théâtrales, les compositions riches et décoratives. 
Liégeois excellait dans la représentation des fruits, et particulièrement dans les pêches et les raisins, dont il s'employait à rendre fidèlement la texture.(ceomme on peut le constater sur cette nature morte au velours bleu.   Se détachant de ses contemporains, il refuse les compositions symétriques et sages au profit d'un désordre apparent dans la mise en scène, jouant sur les effets des matières lisses ou veloutés, distribuant les fruits dans un cadre rapproché, et donnant ainsi à ses toiles un effet théâtral, décoratif et spontané. Ses couleurs franches, sa palette froide et ses bleus acides le rapproche du travail du peintre Willem van Aelst, lui aussi actif à Paris à la même époque.

jeudi 18 septembre 2014

Louyse Moillon (1610 -1696)


Louyse Moillon (1610 -1696) 
Nature morte au panier de framboises et gouttes d'eau (1641)
Musée des Augustins (Toulouse) 

L'artiste peintre française Louyse Moillon  est née à Paris dans une famille de peintres protestants. Elle est la fille du peintre Nicolas Moillon (mort en 1619) et la sœur d'Isaac Moillon, également peintre. Sa mère se remarie l'année suivante avec François Garnier,  également peintre de natures mortes et marchand de tableaux.
Louise Moillon a baigné dès son plus jeune âge dans un milieu artistique et continue sa formation commencée auprès de son père avec son beau-père. Sa mère meurt en 1630. Elle travaille toute sa vie. En novembre 1640, elle épouse Étienne Girardot (de Chancourt), riche marchand de bois parisien, huguenot originaire de Bourgogne.
Louise Moillon occupe une place de premier plan dans le genre des natures mortes aux fruits et est assez proche de Jacques Linard.
En 1630, date de la mort de sa mère, elle a déjà peint de nombreuses natures mortes parfois accompagnés de figures humaines comme dans La marchande de fruits et de légumes datée 1630, du musée du Louvre.
L'équilibre des compositions et le mélange de velouté et de transparence des fruits ont fait son renom. Ses tableaux se répartissent en deux périodes, les œuvres de jeunesse et les œuvres de maturité. Entre 1630 et 1640, elle se confirme comme un des plus importants peintres français de natures mortes du 17e siècle et une des femmes peintres les plus célèbres.
Un catalogue raisonné de 69 tableaux authentiques est établi par le Ph.D. Dominique Alsina et parmi eux 11 ont fait l'objet d'une étude scientifique complète.

mercredi 17 septembre 2014

Henri-Horace Roland de La Porte (1724-1793) - Nature morte avec fruits, pain, pot de confiture et note d'intendance

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Henri-Horace Roland de La Porte (1724-1793)
Nature morte avec fruits, pain, pot de confiture et note d'intendance (1755)
Museum Boijmans Van Beuningen

Que voit-on ?  Sur un entablement de pierre fendu à gauche a droite  : un panier de prunes  connu pour symboliser a la fois la fidélité mais aussi la sottise (ici c'est sans doute le premier cas!)  ; le panier est posé sur une note d'intendance froissée et tachée faisant référence a une vie domestique trépidante ; un pot en céramique contenant de la confiture, référence à la douceur du foyer et à la vie conjugale ;  une miche de pain non entamée, allusion à l’hospitalité,  à la charité et symbole de la consolation de celui qui a faim au sens physique et spirituel.

Rappel biographique : Le peintre français Henri-Horace Roland de la Porte  fut un  élève d Jean Baptiste OudrySpécialisé dans les natures mortes  animalières , natures mortes avec  fruits mais aussi  trompe l'oeil, De La Porte est reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture avec Vase de lapis, sphère et instruments de musique comme morceau de réception. Peignant de nombreuses natures mortes aux instruments de musique, il expose très fréquemment au Salon de 1761 à 1789. La proximité de son style avec celui de Chardin a été souvent une source d’erreurs d’attribution comme précisément pour cette nature morte a la vielle encore quelquefois attribué aujourd'hui à Chardin.  Les deux peintres sont pourtant assez différents et leur touche n'a rien de commun. 
En 1765, Diderot écrit, excédé par ce rapprochement permanent entre de La Porte et Chardin  : 
« Dites à ceux qui passent devant Roland de La Porte sans s’arrêter, qu’ils n’ont pas le droit de regarder Chardin. Ce n’est pourtant ni la touche, ni la vigueur, ni la vérité, ni l’harmonie de Chardin ; c’est tout contre, c’est-à-dire à mille lieues et à mille ans. C’est cette petite distance imperceptible, qu’on sent et qu’on ne franchit point. Travaillez, étudiez, soignez, effacez, recommencez, peines perdues. La nature a dit : Tu iras là, jusque là, et pas plus loin que là. Il est plus aisé de passer du pont Notre Dame à Roland de La Porte, que de Roland de La Porte à Chardin. » 

2014 - A Still Life Collection 
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mardi 16 septembre 2014

Justine Reyes (bn1978)



Justine  Reyes (bn1978)
Still Life With Cabbage and knife

La photographe américaine Justine Reyes, vit et travaille a New York. Son travail depuis 2000 s'emploie à renouveler l'art de la nature morte en y introduisant des sujets très typiques de notre époque (ici deux containers à fruits en plastique) et en les mettant en scène dans un style hyper classique à mi-chemin entre celui des maîtres hollandais du 17e et des grands peintres américains de natures mortes des 18e et 19e siècle. Elle est diplômée en art de l'université de Syracuse et du San Francisco Art Institute et  ses ouvres sont déjà présentes dans de nombreuses prestigieuses collections. aux Etats-Unis.  

lundi 15 septembre 2014

Sören Emil Carlsen (1853-1932) - Still Life with Teapot and Onion

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Sören Emil Carlsen (1853-1932)
Still Life with Teapot and Onion
 Private collection


Que voit-on ? Sur un entablement qui se différencie du mur du fond uniquement par le subtil jeu d'ombres et de lumières habituellement employé par Carlsen dans tous ses tableaux, une théière en fonte assez rustique de style tibétain dont la matité interdit touts jeux de reflets et un oignon blanc qui commence à germer aux symbolique très diverses qui vont de  la rusticité à l’envie, en passant par l'hypocrisie et la tristesse qui suit le plaisir !

Rappel biographique : Sören Emil Carlsen est un peintre impressionniste américain d'origine danoise. Rapidement qualifié de " Chardin américain " par la critique locale de son  temps, il  se spécialisa dans les natures mortes. Membre de la National Academy of Design, professeur de  dessin respecté à  Chicago, San Francisco, et New York,  et bien que figurant dans plusieurs collections privées, il n'a jamais été classé parmi les grands peintres américains du 20e siècle, et pourtant...

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dimanche 14 septembre 2014

Henri Fantin-Latour (1836- 906)



Henri Fantin-Latour (1836-1906)
Nature morte avec coupe de champagne, tasse et gobelet en argent (1860)
National Gallery, Londres


Rappel biographique : Le peintre et lithographe français Henri Fantin-Latour était plus connu de son vivant pour ses portraits de femmes, ses portraits de groupes dont il rénova le style compassé et pour ses peintures allégoriques que pour ses natures mortes, pourtant admirables. Aujourd'hui c'est exactement le contraire ! Membre du groupe dit « de 1863 », puis du Cénacle des Batignolles où l'Impressionnisme serait né, Fantin-Latour fait souvent figure de chaînon entre la peinture romantique et l'impressionnisme. Ses natures mortes, fleurs ou fruits, ont souvent trouvé acquéreur grâce à son ami Whistler qui a attiré en l'attention en Angleterre sur Fantin, à une époque où la peinture impressionniste française était peu appréciée dans ce pays.

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samedi 13 septembre 2014

Paul Cézanne (1839-1906) - Nature morte avec pot de gingembre et corbeille de fruits



Paul Cézanne (1839-1906) 
Nature morte avec pot de gingembre et corbeille de fruits (1888-1890)
Musée d'Orsay, Paris

Ce que l'on voit : l’intérêt de cette nature morte ne tient pas vraiment dans son sujet, mais plutôt dans ce que la manière de représenter rend visible... et de ce qui est rendu visible. C’est le mouvement du regard qui est important et qui autorise tous les jeux possibles.  Ce mouvement apparaît si on fixe notre attention sur l’un des axes de composition que Cézanne définit.  Par exemple, en fixant l’espace, en haut de la nappe, entre le pot de gingembre et le panier de fruits. Ou encore, l’espace au bas de la chaise, à la gauche du haut du panier, près du triangle verdâtre. On voit apparaitre un vase, ou un reflet de vase dans un miroir... on ne sait pas.   Cet endroit précis de la composition devient presque cubiste. C'est le mouvement  du regard qui lui apporte cette qualité. 
 Si on analyse la composition, on se rend compte que Cézanne a intégré des angles de vue qui sont incompatibles entre eux.  Par exemple, le bas du panier de fruits est peint vu de gauche, mais l’anse du même panier est peinte vue de droite.   La toile est ainsi remplie de ces « déformations cohérentes ».  Mais -  et c’est  la force de Cézanne - lorsque notre regard se promène aux endroits voulus,  ces déformations et « incompatibilités » deviennent imperceptibles.
Dans la Nature morte au panier de fruits et pots de gingembre, c’est ce que Cézanne rend visible : le moment où des objets surgissent à notre regard et où on a l’impression que notre vision transperce l’espace, avant même qu’un « point de fuite » ne se soit encore organisé.

Rappel biographique : Cézanne a peint environ 300 tableaux et parmi ses premières « obsessions picturales », ce sont les natures mortes qui arrivent en tête, et notamment les pommes. Pour Cézanne, la nature morte  est un motif comme un autre, équivalent à un corps humain ou à une montagne, mais qui se prête particulièrement bien à des recherches sur l'espace, la géométrie des volumes, le rapport entre couleurs et formes : « Quand la couleur est à sa puissance, la forme est à sa plénitude » disait-il. Incomprises en leur temps, les natures mortes de Cézanne sont devenues depuis lors l'un des traits caractéristiques de son génie.

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Un blog de Francis Rousseau, #AStillLifeCollection, #NaturesMortes 


vendredi 12 septembre 2014

Antoine Berjon (1754 -1843)


Antoine Berjon (1754 -1843)
Nature morte avec Fleurs, Coquillages, Squelette de tête de requin, Céramique provençale (1819).
Musée du Louvre - Paris

Le peintre français Antoine Berjon, originaire de Lyon  a été formé pour la " fabrique " lyonnaise, c'est-à-dire pour l'ensemble des activités du tissage, qui incluait alors les décors. Ses compositions étaient utilisées par les dessinateurs des fabriques de soieries et tissus. La Révolution française l'oblige à quitter Lyon pour  Paris où il se forme à l'art du portrait  et de la miniature alors très en vogue). Vers 1810,  il regagne Lyon où il devient professeur de dessin d'une classe de fleurs destinée à former les dessinateurs d'une nouvelle fabrique de tissage mise au point par l'ingénieur mécanicien Jacquard. Outre ses activités en tant que professeur à l'École de Beaux-Arts de Lyon, il est également portraitiste de la société lyonnaise. Les nombreux décors à sujet de nature morte qu'il a laissés, rompent avec les  conventions hollandaises encore très présente dans la nature morte, et ce
malgré les oeuvres de Chardin. Berjon se distingue surtout par une inspiration poétique, presque romantique.

jeudi 11 septembre 2014

Eugène Delacroix (1798-1863) - Nature morte aux homards


Eugène  Delacroix (1798-1863)
Nature morte aux homards  (1826-27)
Musée du Louvre (Paris)

Le grand peintre romantique français Ferdinand-Victor-Eugène Delacroix  n'est a priori pas vraiment connu pour ses natures mortes ! Pourtant il en a peint au moins une (celle ci) et pas forcément dans sa jeunesse lorsqu'il copiait les maîtres anciens dans les galeries du Louvre. 
Cette nature morte, la seule qu'il ait jamais peinte en réalité - si l'on excepte un Bouquet de fleurs, (1824) conservée aujourd'hui au Musées des Beaux-arts de Chalon en Champagne) date de la période de sa maturité, de la période romantique que l'on situe généralement entre 1825 et 1831.  Elle est exactement contemporaine de La mort de Sardanapale que Delacroix présenta au Salon de 1827-28 et qui déclencha un scandale tonitruant.  Dit aussi "Trophées de chasse et de pêche", cette Nature morte aux homards a été peinte pour le général de Coëtlosquet, chez qui l'artiste séjourna en 1826.  Se détachant sur un paysage à la Constable, on peut y voir une réminiscence de son séjour de trois mois en Angleterre qui eut lieu en 1825, séjour qu'il consacra justement à l'étude de Constable, le plus grand peintre paysagiste européen de l’époque, dont Delacroix cherche à capturer la technique qui donne du poids à l’atmosphère et une vibration aux couleurs. C’est une période importante pour l’artiste qui cherche a se concentrer davantage sur les couleurs, et sur ses effets physiques et psychologiques.
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mercredi 10 septembre 2014

Justine Reyes (bn1978)

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Justine Reyes (bn1978)
Still Life with Banana, Purse and Change (2009).

La photographe américaine Justine Reyes, vit et travaille a New York. Son travail depuis 2000 s'emploie à renouveler l'art de la nature morte en y introduisant des sujets très typiques de notre époque (ici deux containers à fruits en plastique) et en les mettant en scène dans un style hyper classique à mi-chemin entre celui des maîtres hollandais du 17e et des grands peintres américains de natures mortes des 18e et 19e siècle. Elle est diplômée en art de l'université de Syracuse et du San Francisco Art Institute et  ses ouvres sont déjà présentes dans de nombreuses prestigieuses collections. aux Etats-Unis.

mardi 9 septembre 2014

Balthasar van der Ast (1593-1657)


Balthasar van der Ast (1593-1657)
Flowers and Fruit


Balthasar van der Ast est un peintre néerlandais qui est un des maîtres de l'âge d'or de la peinture hollandaise et notamment dans le domaine des natures mortes.  Les collections publiques françaises conservent plusieurs œuvres de de Balthasar van der Ast, les musées du Nord de la France (Lille, Arras  Calais, Douai) étant, dans ce domaine, mieux dotés que les autres à l'exception du musée du Louvre,
A propos de Balthasar van der Ast, on peut lire dans le Petit Larousse de la peinture (tome 1, p. 84, Paris 1979) : « Curieux de perspective, exécutant raffiné, sensible à l'éclat des tons comme aux nuances de la lumière, préoccupé de recherches décoratives parfois très proches de celles des Flamands  Snyders et Adriaen Van Utrecht, il a joué un rôle déterminant dans l'évolution de la nature morte néerlandaise en accordant la même importance aux considérations picturales et au simple naturalisme. J. D. de Heem, son disciple, et plus tard J. Van Huysum lui devront beaucoup. »

lundi 8 septembre 2014

Juan Sanchez Cotan (1561-1621)

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Juan Sanchez Cotan (1561-1621)
Bodegon

Que voit-on ? Trois objets seulement composent cette nature morte particulièrement " surréaliste " avant la lettre. De gauche à droite : une courge  très abimés par les chocs et sans doute en cours de pourrissement,  un squelette de tête de jeune cerf,  un bol en porcelaine sans doute d'origine japonaise  sur le lequel figure deux  poissons très espacés l'un de l'autre. L'opposition entre la rudesse de la courge en train de pourrir a gauche et la finesse de la porcelaine à droite séparée par la vanité animale a tête de cerf est saisissante et ne laisse aucun spectateur indifférent.  Le tableau est sobrement intitulé Bodegon (nature morte). 


Rappel biographique : Le peintre espagnol Juan Sánchez Cotán, disciple de Blas de Prado fut sans doute l'un des peintres qui bouleversa le plus le genre de la nature morte. Après avoir connu un succès rapide et important en peignant des portraits et des paysages,  il décide d'entrer comme un frère convers  dans l'un des ordres religieux les plus stricts qui soient à l'époque, à la Chartreuse de Grenade, institution pour laquelle il réalisa l'essentiel de ses peintures religieuses. Depuis 1935, une exposition à Madrid a permis de redécouvrir ses oeuvres oubliées depuis sa mort. Il est surtout célèbre  aujourd'hui pour ses natures mortes. Parmi les pièces exposées alors se trouvaient   Nature morte au chardon qui devait être considérée comme l'« une des pierres angulaires de l'histoire de la nature morte en Espagne». Les critiques ont donné à l’austérité des compositions de Cotan et  à leur sobriété, comme par la suite  à celles de Zurbarán, un sens mystique, tout en insistant sur la distance  que ces deux peintres ont pris avec les « natures mortes opulentes » de la  peinture flamande soulignant leur caractère « unique dans le contexte européen, établissant un parallèles avec la littérature espagnole ascétique du siècle d'or  »
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dimanche 7 septembre 2014

Raphaelle Peale (1774-1825)


Raphaelle Peale (1774-1825) 
Venus Rising from the sea - A deception  (1822)
The Nelson Atkins Museum of Art, Kansas City

 Que voit-on  ? Un drap dont on voit encore les plis, tendu à la façon d'une Véronique, ce voile qui selon la légende, reçut l'empreinte du visage du Christ...  Derrière ce drao, en haut et en bas du cadre, on aperçoit les bras et les pieds d'une femme. En réalité cette nature morte au titre explicite fait référence de façon humoristique  à la naissance de Vénus sortant de l'onde de Botticelli mais vue à travers le biais de la morale puritaine des Etats-Unis du début du 19e siècle, particulièrement active en Nouvelle Angleterre où vivait Peale et pour laquelle toute représentation  - fut elle artistique - d'une femme nue, étaient inacceptable.  D'où ce parti pris de la représentation de l'objet qui masque, plutôt que le parti pris de la représentation de l'objet  " masqué " lui même, inconcevable alors.   Venus se cache donc derrière le drap !

Rappel biographique : le peintre américain Raphaelle Peale (qui n'est pas une femme malgré l'orthographe de son nom), est issu d'une dynastie de peintres américains dont le plus célèbre fut son père, le portraitiste Charles Willson Peale (1741-1827).
Raphaelle est surtout  connu pour avoir été le premier peintre professionnel de natures mortes installé aux Etats Unis et pour avoir, à ce titre, beaucoup influencé l'école américaine de la nature morte réaliste tout en travaillant comme taxidermiste dans l'atelier de naturalisation du musée d'animaux empaillés de son père.
 Intoxiqué par les produits utilisés dans la taxidermie (notamment le mercure et  l'arsenic) et devenu alcoolique, Raphaelle Peal eut une destinée tragique, alternant les séjours à l'hôpital. On retrouve sa vision de taxidermiste dans la peinture même de ces natures mortes, souvent envisagées sous un angle anatomique assez étrange et mélancolique, et traitant souvent de sujet unique. 
Il fut aussi très influencé par les maîtres hollandais du 17e siècle et par Cotan.

samedi 6 septembre 2014

Philippe de Champaigne (1602–1674)



Philippe de Champaigne (1602–1674)
Nature Morte avec une tête de mort : vanité
Musée de Tessé, Le Mans



Le peintre français d'origine brabançonne Philippe de Champaigne connu pour ses portraits officielles et ses scènes religieuses, n'a peint aucune  aucune morte et une seule vanité, celle qui est conservé au Musée de Tessé au Mans.  On est frappé par la similitude de cette composition avec celle du peintre espagnol Zurbaran, similitude qui ne se retrouvent à aucun autre moment dans l'oeuvre de Philippe de Champaigne, plutôt admiratif de Rubens  et du déploiement d'effets. 

vendredi 5 septembre 2014

Fernand Léger (1881-1955)



Fernand Léger (1881-1955) 
Nature Morte avec bock de bière  (1920)
Philadelphia Museum of Art

Que voit on ?  Posés sur une table à quatre pieds et deux tiroirs, un bock de bière bleu blanc rouge ; une assiette contenant des oeufs durs, une salière et une poivrière ; une assiette contenant des fruits.  La table semble reposé sur un tapis à losange devant une fenêtre (balustrade en bas à gauche)  qui dévoile un paysage cubiste totalement citadin. Cette nature morte avec bock de bière, date de l'époque où Léger vient d'être démobilisé. Il  peint  alors des tableaux de grand format qui donnent à voir la ville moderne, une ville qui lui a tant manqué pendant ses années au Front et qu’il pense pouvoir aborder avec un regard nouveau. « Ne t’étonne pas que j’aie l’irrésistible désir de la revoir et de la regarder. Il faut être ici pour l’apprécier », écrivait-il depuis les tranchées à propos de Paris à son ami Poughon (lettre du 12 août 1915). Sa toile Les Disques dans la ville, est exactement contemporaine de cette nature morte et cumule - dans sa composition -  de nombreux points de similitudes avec elle.  Les formes en disques qui ont une valeur particulière pour Léger à cette époque, transmettent leur dynamisme à la toile comme les engrenages d’une machine transmettent leur énergie à une ville. En 1922, Léger reviendra, d’une manière différente, sur le dynamisme du disque  avec un article de critique cinématographique consacré à La Roue d’Abel Gance, « La Roue, sa valeur plastique », qui posera les jalons de sa propre œuvre filmique à venir. On retrouve cette présence dynamique très forte du rond et du disque dans cette nature morte.


Rappel biographique : Le peintre français Fernand Léger fut un peintre aussi créateur de cartons de tapisseries et de vitraux, décorateur, céramiste, sculpteur, dessinateur, illustrateur. Il a été l’un des premiers à exposer publiquement des travaux d’orientation cubiste. Cet amoureux du modernisme, du machinisme et de l'industrie, va cependant peindre énormément de natures mortes tout au long de sa carrière. Déjà remis au goût du jour par les cubistes, "le genre traditionnel de la nature morte est réinterprété par Léger par le biais de sa théorie de l’objet. Tandis que les surréalistes l’intègrent à leurs œuvres pour sa charge symbolique, lui l’utilise comme point de départ d’une formulation plastique. La nature morte sert de prétexte à l’affirmation radicale de la valeur plastique de l’objet" (voir texte de référence :« Un nouveau réalisme, la couleur pure et l’objet », extrait d’une conférence au MoMA, New York, 1935).


jeudi 4 septembre 2014

Piet Mondrian (1872-1944)



Piet Mondrian  (1872-1944)
Still life with ginger pot 1 (1911)

Le peintre néerlandais Piet Mondrian est connu  pour être un des pionniers de l'abstraction.
En janvier 1914, Mondrian écrit : « Je construis des lignes et des combinaisons de couleurs sur des surfaces planes afin d'exprimer, avec la plus grande conscience, une beauté générale. La nature (ou ce que je vois) m'inspire, me met, comme tout peintre, dans un état émotionnel qui me pousse à créer quelque chose, mais je veux rester aussi près que possible de la vérité et à tout extraire, jusqu'à ce que j'atteigne au fondement (qui ne demeure qu'un fondement extérieur !) des choses […]. Je crois qu'il est possible, grâce à des lignes horizontales et verticales construites en pleine conscience, mais sans ‘‘calcul’’, suggérées par une intuition aigüe et nées de l'harmonie et du rythme, que ces formes fondamentales de la beauté, complétées au besoin par d'autres lignes droites ou courbes, puissent produire une œuvre d'art aussi puissante que vraie » 
Hommage  délibéré à son pays ou pas, il  a peint plusieurs natures mortes dont trois avec Gingerpot  numéroté 1, II, III. 

mercredi 3 septembre 2014

Ben Nicholson (1894-1982)



Ben Nicholson (1894-1982)
Still-life with bottle and cups (1945) 
Tate modern

Le peintre britannique Ben Nicholson est connu pour être un des promoteurs de l'abstraction dans son pays. d'abord influencé par les cubistes. Au tournant des années 1928-30, son travail va progressivement évoluer du cubisme vers une abstraction géométrique proche de celle de Mondrian qu'il rencontre à Paris. Lauréat du premier prix Guggenheim en 1956, ses œuvres sont exposées dans les collections de la Tate Gallery de Londres, entre autres.

mardi 2 septembre 2014

Andrew John Henry Way (1826-1888)



Andrew John Henry Way (1826-1888)
Bunch of Grapes (1873)
Walters Art Museum (Baltimore)


Le peintre américain  Andrew John Henry Way fut  surtout connu au débit de sa carrière pour ses portraits. Après son retour d'Europe et notamment de Paris et de Florence, il change complètement son fusil d'épaule et décide de peindre presque exclusivement des natures morte, délaissant ainsi les place de portraits. En 1876, Way  reçoit une médaille d'excellence à l'Exposition du centenaire. pour une de ses natures mortes. 
En 1866, le collectionneur d'art  William Thompson Walters très impliqué dans la culture du raisin aux Etats-Unis  passa commande à Way d'une peinture qui décrirait à s'y méprendre  autrement dit un trope l'oeil d'une grappe de raisin de la variété  Prince Albert.  La peinture,  que nous avons sous les yeux en est le résultat, devant lequel on s'extasia longtemps...   il faut avouer que le réalisme est saisissant.  Way a également peints de petits tableaux représentant des membres de la communauté Afro-Américaine de l'époque. 

lundi 1 septembre 2014

Roger Fenton (1819-1869)



Roger Fenton (1819-1869)
Vase, raisin et calice d'argent  (1860)
(Bromure sur papier albuminé)

Le photographe anglais Roger Fenton est un  pionnier de la photographie qui fut le premier photographe de guerre, lorsqu'il photographia la Guerre de Crimée. Il fonde en 1853 la Royal Photographic Society et en 1854 commence à faire des portraits pour la famille royale. Il est toujours le secrétaire honoraire de la Royal Photographic Society lorsqu'il obtient le titre, et la mission, de photographe officiel de la  Guerre de Crimée. À son retour en Angleterre, ses images sont célèbres et il est reçu par la Reine Victoria. Ses photos sont exposées à Londres et à Paris et des gravures sur bois réalisées dont  les plus remarquables sont publiées dans le Illustrated London News.
Jusqu'en 1862, il poursuit une carrière de photographe de paysages et d'architecture et aussi de natures mortes, genre pour lequel il fut  aussi - dans le domaine de la photographie - un pionnier !