mercredi 31 décembre 2014

Alexander Archipenko (1887-1964)




Alexander Archipenko (1887-1964)
Still life with Clock

Le sculpteur américain d'origine ukrainienne  Alexander Archipenko  est connu pour être passionné par les relations entre art et science.
Pour Archipenko, il est difficile de classer l'œuvre en périodes. Il écrit lui même: « Je n'ai jamais appartenu à des écoles : j'ai été renvoyé des écoles. J'ai fait des recherches, j'ai inventé et expérimenté, ensuite on m' a imité... Pour chaque artiste, l'art est un courant créateur ascendant vers la découverte individuelle de la vérité dans les formes de la nature et les périodes ne constituent que des cases dans l'esprit des critiques. »
La problématique soulevée par la sculpture selon Archipenko, est le volume et la liaison des masses entre elles. Il est en cela encore plus extrémiste que les sculpteurs modernes tels Brancusi ou Duchamp-Villon qui sont membres comme lui du groupe de la Section d'or. Son enjeu principal est celui du vide qui a la force de l'objet absent et crée par là-même le volume. La simplification, l'évidemment des volumes tout en maintenant l'aspect figuratif sont les principes de sa sculpture. 
Picasso avait élaboré les premières règles de cette grammaire sculpturale : polychromie, intégration des matériaux les plus divers, utilisation rythmique des plans, apparitions de formes en claire-voie. Comme la peinture, la sculpture cubiste se préoccupe principalement des relations entre les objets et l'espace, des volumes et des vides qui les séparent ou dans lesquels ils s'insèrent. 
Archipenko a plus spécialement exploré la dialectique des formes concaves et convexes.
Il a développé un style personnel avec des masses corporelles simplifiées d'une façon stéréométrique, des figures dressées dans l'espace, des formes en biseau, des angles aigus, des fractures cristallines issues de l'inventaire formel du cubisme et s'inspire aussi du  maniérisme.
 Il a unifié en une forme les quatre insaisissables : l'espace, la transparence, la lumière et le reflet avec comme conséquence une sculpture moderne avec une forme concave. 



mardi 30 décembre 2014

Antoine Berjon (1754-1843)



Antoine Berjon (1754-1843) 
Nature morte avec Coquillage et Coraux


Le peintre français Antoine Berjon, originaire de Lyon  a été formé pour la " fabrique " lyonnaise, c'est-à-dire pour l'ensemble des activités du tissage, qui incluait alors les décors. Ses compositions étaient utilisées par les dessinateurs des fabriques de soieries et tissus. La Révolution française l'oblige à quitter Lyon pour  Paris où il se forme à l'art du portrait  et de la miniature alors très en vogue). Vers 1810,  il regagne Lyon où il devient professeur de dessin d'une classe de fleurs destinée à former les dessinateurs d'une nouvelle fabrique de tissage mise au point par l'ingénieur mécanicien Jacquard. Outre ses activités en tant que professeur à l'École de Beaux-Arts de Lyon, il est également portraitiste de la société lyonnaise. Les nombreux décors à sujet de nature morte qu'il a laissés, rompent avec les  conventions hollandaises encore très présente dans la nature morte, et ce
 malgré les oeuvres de Chardin. Berjon se distingue surtout par une inspiration poétique, presque romantique.

lundi 29 décembre 2014

Anne Vallayer-Coster (1744-1818) - Les Attributs de la Sculpture, de la Peinture, et de l'Architecture



Anne Vallayer-Coster (1744-1818)
Les Attributs de la Sculpture, de la Peinture, et de l'Architecture (1769)
Musée du Louvre- Paris

Que voit-on ?  Une nature morte d'objets représentant, par groupes, les principaux arts.  En haut et bien au centre  de la composition  : la sculpture, art majeur donc, représentée par des oeuvres finies (et non par des instruments) dont une copie de torse antique et un très beau buste de femme posé sur un chevalet. Les attributs de la sculpture sont entourés comme enrobés par les attributs de la peinture et du dessin auxquels ils semblent mêlés, en l'occurrence, une palette de peintre avec ses pinceaux, un couteau à peindre, un chiffon... sur la droite du cadre des cartons à dessins assurent une transition habiles avec les attributs de l'architecture : un compas, une équerre, une fil à tracer, des règles, un niveau,  posés en désordre sur des plans.  Ce tableau  fut présenté en 1770 par Anne Vallayer-Coster comme  morceau de réception  à l'Académie royale de Peinture, sculpture et architecture dans les collections de laquelle il resta jusqu'à passer au Département des peintures du Musée du Louvre. Cette toile a donc toujours été la propriété de l'Etat.

Rappel biographique : L'artiste peintre française Anne Vallayer-Coster, fille d'un orfèvre connu, fut, en peinture, l'élève de Madeleine Basseporte et de Claude Joseph Vernet.  Elle est admise à l'Académie royale de peinture et de sculpture en 1779 en tant que peintre de natures mortes et elle expose au Salon dès l’année suivante.  Elle devient chef du cabinet de peinture de la reine Marie-Antoinette qui la prit sous sa protection ainsi que son professeur de dessin. Un appartement lui est même attribué au Louvre sous la Grande Galerie. D'abord spécialisée dans le portrait, elle abandonne ce genre pour ce consacrer au nature morte vers la fin de sa vie et s’illustre aussi dans les tableaux de genre et la miniature. Elle poursuit sa carrière avec succès jusqu’à sa mort.

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dimanche 28 décembre 2014

Antonius Leemans (1631-1673) - Still life with a copy of De Waere Mercurius...



Antonius Leemans (1631-1673)
Still life with a copy of De Waere Mercurius, a broadsheet with the news of Tromp's victory over three English ships on 28 June 1639, and a poem telling the story of Apelles and the cobbler  (1655)
Rijksmuseum  Amsterdam 


La biographie du  peintre néerlandais Antonius Leemans ou Anthonie Leemans  est très peu renseignée.  On sait que bien que né a Amsterdam c'est à La Haye et à  Utrecht qu'il fut le plus actif ayant du fuir Amsterdam dans sa jeunesse, après avoir tué un homme avec un couteau. Antonius Leemans a peint  principalement   des natures mortes  en trompe-l'œil dont  la plupart contiennent des  cages à oiseaux,  des équipements de chasse et  et des armes, mais aussi plus rarement comme ici  des lettres, des livres et/ou des instruments de musique. Il a aussi peint quelques rares portraits  a peut près tous disparus aujourd'hui . Quelques unes de ses œuvres en général  très rares à voir aujourd'hui ,sont conservées au Musée National de Varsovie en Pologne et au  Rijksmuseum   d'Amsterdam .
Il convient de ne pas confondre Antonius Leemans avec son frère cadet  Johannes Leemans (1633-1688)  qui était aussi un peintre de natures mortes et peignait - pour tout arranger dans  l'authentification des oeuvres  - des sujets similaires.

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samedi 27 décembre 2014

William-Michael Harnett (1848-1892)



William-Michael Harnett (1848-1892)
Study Table Still Life  (1882)
Munson  William Proctor Institute, Utica

Que voit-on ?  Une nature morte en trompe l'oeil particulièrement fournie et somptueuse surtout dans le rendu des diverses textures de papier et de la précision des dessins des tapis de table. Les traces du passage du temps, préoccupation constante d'Harnett, se retrouvent ici traitées avec une précision maniaque sur les partition sde musique (déchirures) et les livres (reliures rongées et écornées) mais aussi sur les autres objets (pot en étain comportant la trace d'un choc) et tapis dont l'usure est subtilement rendu dans les nuances de teintes.

Rappel Biographique : Le peintre américano-irlandais William-Michael Harnett est connu pour ses natures mortes  en trompes-l'oeil faites à partir d'objets du quotidien au sens large puisque l'on y trouve aussi bien des livres que des ustensiles de bureau, de cuisine ou des attributs de chasse. Il se situe dans ce sens dans la tradition des grands peintres de trompe l'oeil et de natures mortes hollandais du 17e siècle et de Peter Claesz en particulier. Beaucoup d'autres peintres américains se sont engouffrés dans cette tendance à la suite de William-Michael Harnett, comme Raphaelle Peale ou John Peto.

vendredi 26 décembre 2014

Gustave Courbet (1819-1877) - Pommes rouges 1871



Gustave Courbet (1819-1877)
Pommes rouges  (1871)
Collection privée

Que voit on ? Un ensemble de pommes rouges présentées, à même le sol, . Cette nature morte de 1871, comme beaucoup d'autres présentées sur ce blog ,est directement liés à la détention de Gustave Courbet à Ste Pélagie. Pendant sa détention, Courbet s'attache en effet à quelques fruits (des pommes le plus souvent) posés sur le rebord d’une fenêtre, au pied d'un arbre ou directement sur le  sol. Ces fruits devenant les métaphores de sa solitude, de sa tristesse. Pourquoi cet emprisonnement ?  Fidèle à son attitude de révolté, et après avoir refusé la Légion d'Honneur que lui offrait le gouvernement impérial, le peintre, depuis longtemps engagé politiquement, en vint à jouer un rôle dans la chute de l'Empire. Élu Président de la Fédération des artistes, tout en déployant une énergie remarquable pour préserver les richesses des Musées Nationaux pendant le Siège et pendant la Commune, il demande, dans une lettre au gouvernement provisoire, la destruction de la colonne de la place Vendôme, symbole de L'Empire. La colonne fut abattue quelques mois plus tard. Reconnu complice, Courbet fut condamné à six mois de prison et à cinq cents francs d'amende. Cette calomnie transforma la fin de sa vie en un long calvaire. Le 22 septembre 1871, il est incarcéré à la prison Sainte-Pélagie à Paris, cellule 4. Il reçoit les visites de sa sœur, Zoé Reverdy, qui lui apporte des fleurs et des fruits et le 2 novembre, on lui donne une palette et des pinceaux. N'ayant pas l'autorisation de recevoir des modèles vivants, Courbet renoue avec les natures mortes peintes dix ans auparavant.
Malade, et prisonnier sur paroles, il est hospitalisé à partir du 6 janvier 1872 à la clinique du Docteur Duval de Neuilly. Les lettres de Zoé Reverdy à Alfred Bruyas*, de janvier à mai 1872, nous apprennent que “ Gustave peint des fleurs et des fruits...”“ Gustave est enthousiasmé de ses tableaux de fruits...”, “ Gustave fait des tableaux de fruits en grand nombre...”. On peut juger ici de la beauté de ces oeuvres. Les soucis pécuniaires accompagnent sa détention, mais les amateurs et les marchands ne l'abandonnent pas. Il vend de nombreux tableaux à Durand-Ruel, dont cette Nature morte, pommes et poire.


Rappel biograhique :   Le  peintre et sculpteur français, Gustave Courbet est principalement reconnu pour le réalisme de ses œuvres opposées aux critères de l'académisme et transgressant la hiérarchie des genres, comme Un enterrement à Ornans (1850), qui provoqua le scandale chez ses contemporains. Anticlérical, ami de Proudhon et proche des anarchistes, il fut l'un des élus de la Commune de Paris de 1871. Accusé d'avoir fait renverser la colonne Vendôme, il fut emprisonné et est condamné à la faire relever à ses propres frais. Réfugié en Suisse, il meurt avant d'avoir commencé à rembourser.
Gustave Courbet enduisait sa toile d’un fond sombre, presque noir, à partir duquel il remontait vers la clarté. Cette technique est, peut-être, en train de condamner les œuvres de Courbet. En effet, ce goudron tend, avec le temps, à remonter à travers la peinture et à assombrir dangereusement les tableaux.
Courbet a eut parfois recours à la photographie, en particulier dans la représentation du nu féminin : comme Eugène Delacroix avant lui, il utilise des clichés à la place des traditionnelles séances de pose assurées par des modèles vivants. Ainsi, la figure centrale des Baigneuses (1853) s'inspire d'un cliché du photographe Julien Vallou de Villeneuve. De même, l'Origine du monde, tableau  qui fit récemment encore parlé de lui pour avoir été censuré par Facebook, rappelle, par son cadrage serré, les stéréophotographies pornographiques d'Auguste Belloc.
En 2013, un dossier plaidant pour le transfert de la dépouille de Gustave Courbet (conservée dans le cimetière d’Ornans depuis 1919) vers le Panthéon est déposé par le psychiatre Yves Sarfati auprès du président des Centre des monuments nationaux Philippe Bélaval. La proposition d’hommage posthume à l’artiste apparaît lors du colloque Transferts de Courbet à Besançon en 2011. Il est appuyé par une tribune de Thomas Schlesser dans le Quotidien de l’art du 25 septembre 2013 (numéro 250), où il est affirmé que « la République a une dette envers sa mémoire » ; puis par une tribune dans la rubrique « idées » du Monde.fr d’Yves Sarfati et de Thomas Schlesser, où il est dit qu’ « en honorant Courbet, c'est l'engagement républicain et la justice, que l'on honorerait », qu’ « en honorant Courbet, c'est le monde d'aujourd'hui et celui des Beaux-arts, que l'on honorerait » et qu’ « en honorant Courbet, c'est la Femme, avec un grand F, que l'on honorerait. » Parmi les membres du comité de soutien à la panthéonisation de l’artiste, on trouve : Nicolas Bourriaud, Annie Cohen-Solal, Georges Didi-Huberman, Xavier Douroux, Romain Goupil, Catherine Millet, Orlan, Alberto Sorbelli…

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jeudi 25 décembre 2014

Johanna Helena Looisen (1829-1919)



Johanna Helena Looisen (1829-1919)
Still Life with Christmas Pudding, Holly and Wine

On dispose de très peu d'informations sur la vie et l'oeuvre de l'artiste néerlandaise Johanna Helena Looisen, connue a la fin 19e siècle pour ses natures mortes. Même si le choix d'un sujet aussi "  anglais " peut surprendre chez un peintre hollansais, il faut se souvenir que le cérémonial scintillant du Noel Victorien  qui se répandait alors dans toute l'Europe, a fasciné plus d'un peintre de scènes de genre.

mercredi 24 décembre 2014

Georg Flegel (1566-1638)



Georg Flegel (1566-1638)
Still life with Parrot
Alte Pinakothek, Munich

Que voit-on ?   C'est une composition très fournie  base de fleurs,d e fruits, d'objets précieux et de nourritures aux symboles puissants  qui s'étage sur plusieurs niveaux sous l'œil placide d'un perroquet qui donne son nom à l'ensemble. De gauche à droite : posé sur une pile d'assiettes, un très beau vase d'argent orné de mascarons dorés présente un bouquet de fleurs typiquement flamand composé de tulipes, d'œillets, de roses et de narcisses, superbement peint. Les différences de textures sont prodigieuses pour rendre au mieux ce déballage de lourds plats d'étain, d'élégants plats d'argent finement cerclés, de calice d'or couronné par une statuette du dieu Mars, tous symboles de la vanité des richesses et du pouvoir. La lame du couteau sur le bord de la table, le plat de noisettes, les plats de gâteaux et friandises symboles des grandes étapes de la vie, la cruche en terre cuite brune avec son couvercle en étain, le Römer à moitié plein de vin, sont autant d'éléments déjà souvent employés d'une nature à morte à l'autre par l'artiste. L'ensemble de la composition couronnée par un melon  (symbole de la douceur et de plaisirs terrestres) sur l'étage supérieur, est une aussi une illustration de la vanité des plaisirs terrestres. La disposition presque hasardeuse de toutes ces denrées alimentaires et objets est signe de chaos futur et de fragilité. Cette composition qui peut apparaître au premier abord comme  purement cumulative est néanmoins arrangée avec une grande précision, sensible en particulier dans la distribution magistrale des couleurs qui deviennent de plus en plus fortes à mesure que l'on grimpe sur les degrés de ce buffet à étages.

Rappel biographique : Le peintre allemand Georg Flegel, est un des peintres majeurs de natures mortes des 16e et 17e siècle. Né en Moravie, il déménage à Vienne,en 1580 et  devient l'assistant de Lucas van Valckenborch peintre et dessinateur.  En tant qu'assistant, son travail consiste à insérer dans les tableaux de son maître, des éléments " décoratifs " tels que des fruits, des fleurs et des ustensiles de table. Flegel et son employeur  déménagent ensuite à Francfort, qui à cette époque là était un centre d'art très important. Puis on retrouve Flegel à Utrecht où il fait partie de la très influente Guilde de Saint-Luc qui compte parmi ses membres des grands maîtres de la nature morte tel que Roelandt Savery et Balthasar van der Ast. Georg Flegel a peint exclusivement des natures mortes, dont certaines très fournies, incluent des animaux, familiers et /ou exotiques, de riches mets, du gibier ou du poisson, des ustensiles de cuisine, de la vaisselle en métal précieux et en porcelaine, des fruits et des fleurs et des friandises. D'autres natures mortes qu'il a peintes détaillent avec la même richesse et le même soin  quelques fruits, des coins de table ou des petits déjeuners, des goûters ou des collations modestes avec des bretzels aux formes étranges trempés dans du schnaps. Il fit école et eut parmi ses élèves ses deux fils, Friedrich et Jacob  Leonhard, ainsi que le peintre floral Jacob Marrel.

lundi 22 décembre 2014

Auguste Herbin (1882-1960)


Auguste Herbin (1882-1960) 
Nature morte 1951

Que voit-on ?  C'est nature morte d'un genre nouveau que propose Herbin en 1951 : une  nature morte abstraite où la couleur et la géométrie masque l'anecdote de l'objet.  On ne voit plus une orange, une pomme, un ananas, une tasse a café...mais une nature morte composée de rond de triangles et de carrés plutôt que de fruits et de légumes.

Rappel biographique : Le peintre français Auguste Herbin est une grande figure de l'art abstrait. Dans le premier quart du 20e siècle, alors que naissaient les mouvements De Stijl aux Pays-Bas, du Constructivisme en Russie et du Bauhaus en Allemagne, Herbin a été l’un des fondateurs de l’abstraction en France. Après la Première Guerre mondiale, il devient l’un des principaux protagonistes des deux grands mouvements Abstraction-Création et Réalités Nouvelles.
" Toute l'action de la peinture réside dans le rapport des couleurs entre elles, dans le rapport des formes entre elles et dans le rapport entre les formes et les couleurs ". écrira-t-il  Ses natures mortes presque datant  toutes de sa période cubiste sont très influencées par Juan Gris et  Pablo Picasso. Herbin produit ses premières toiles abstraites en 1917. Il est remarqué par Léonce Rosenberg qui lui achète plusieurs toiles et le prend sous contrat à la Galerie de L'Effort Moderne où il expose à plusieurs reprises. En 1919  Herbin décide d'abandonner le cubisme, pour lui dépassé ; il écrit à Gleizes « L'art ne peut être que monumental. » Il réalise alors sa série d'« objets monumentaux ». Ses peintures sur bois géométriques en relief remettent en question le statut de la peinture de chevalet. Cependant elles sont très mal accueillies, y compris par les critiques favorables au cubisme. Herbin se retire.  Entre 1922 et 1925, Herbin revient  à un style figuratif, sur les conseils de Rosenberg.  Il désavouera plus tard les paysages, les natures mortes et les scènes de genre de cette époque, telles que Les joueurs de boules (1923, Musée National d'Art Moderne, Paris), dans lesquelles il représente les objets sous forme de volumes simplifiés, un peu comme dans cette nature morte de 1951.

dimanche 21 décembre 2014

Giuseppe Arcimboldo (1527-1593)



Giuseppe Arcimboldo (1527-1593)
Inverno (Winter) (1573)
Musée du Louvre, Paris

Ce que l'on voit et ce que l'on sait :  Pour figurer L'Hiver de ses 4 Saisons, un portrait de vieillard sombre et ridé prêt à s'endormir du long sommeil, réalisé à base de tubercules, racines, légumes et céréales de l'hiver  à savoir : tubercules et racines noueuses pour le visage et le nez dont une racine de mandragore pour l'oreille, champignons vénéneux pour les lèvres déformées, sarments de vignes secs et cassés  pour le dessus du crâne chauve et osseux, quelques feuilles de lierre pour figurer un reste de chevelure, un sac de paille pour le vêtement noué par un bijou figuré par un citron et une orange, seuls fruits d'hiver qui apportent une note de couleur et de gaieté de ce sombre tableau de la vieillesse.
Il s’agit d'une série de quatre tableaux peints par Arcimboldo en 1563 et offerts à Maximilien II Emmanuel de Bavière en 1569, accompagnés des Quatre Éléments (peints en 1566).
Un poème de Giovanni Battista Fonteo (1546-1580)  joint aux tableaux en explicitait le sens allégorique. Chaque tableau est constitué d’un portrait de profil, composé d’éléments végétaux caractéristique de la saison décrite. Une disposition particulière des quatre saisons avait été prévue par Arcimboldo : L’Hiver devait regarder Le Printemps et L’Automne dévisageait l'Été...
De la version originale, ne subsistent que L’Hiver et L’Été, exposés à Vienne en Autriche. Parmi les autres versions les plus connues figurent celles du musée du Louvre, copies faites par le peintre lui -même à la demande de Maximilien II pour en faire cadeau à Auguste de Saxe. Les tableaux du Louvre  se caractérisent par un encadrement floral qui n’existait pas dans la version originale.

Rappel biographique :  Le peintre italien Giuseppe Arcimboldo est issu d’une famille de peintres.
Il commence à se faire connaître à 24 ans en travaillant avec son père, artisan peintre à la cathédrale de Milan où il  réalise alors des cartons de vitraux. Là, il se fait remarquer par Ferdinand de Bohème qui lui commande cinq blasons pour la cathédrale. En 1562,  il est  appelé à Prague au service de Ferdinand Ier du Saint-Empire pour être le portraitiste de la famille impériale. Peu après son arrivée à Prague Giuseppe Arcimboldo commence la première série des Quatre saisons et révèle ce style pictural surprenant : les « têtes composées » portraits caricaturaux (ghiribizzi) ou allégoriques formés d’une juxtaposition de fruits, légumes, végétaux, symbolisant les saisons ou les métiers. Cette œuvre suscite un engouement considérable à la cour. Il peindra d’autres séries des quatre saisons en 1572 et 1573. Si l'on considère Arcimboldo comme un novateur dans la systématisation de ses portraits, il faut se rappeler qu'à son époque il existe déjà une tradition, depuis l'antiquité, de masques bachiques ou hellénistiques, formés d'éléments pris dans la Nature. Plusieurs des artistes de la Renaissance artistique, dont Léonard de Vinci et Jérôme Bosch, s’étaient déjà intéressés aux faciès monstrueux, aux portraits déformés par des jeux de glace, ainsi qu’aux compositions à base d’éléments détournés.
Si Arcimboldo n'a pas eu d’élève, il a inspiré de nombreux copistes en son temps et le genre des têtes composées se perpétue aux 17e et 18e siècles. Il est repris au 19e siècle par les caricaturistes. Il est redécouvert au 20e siècle par les surréalistes, adeptes du jeu de mots visuel.

Ben Nicholson (1894-1982)


Ben Nicholson (1894-1982)
Still-life (1953) 
Tate modern

Le peintre britannique Ben Nicholson est connu pour être un des promoteurs de l'abstraction dans son pays. d'abord influencé par les cubistes. Au tournant des années 1928-30, son travail va progressivement évoluer  du cubisme vers une abstraction géométrique proche de celle de Mondrian qu'il rencontre à Paris. Lauréat du premier prix Guggenheim en 1956, ses œuvres sont exposées dans les collections de la Tate Gallery de Londres, entre autres.

samedi 20 décembre 2014

André Masson (1896-1987) - Nature morte à la Bougie allumée

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André Masson (1896-1987)
Nature morte à la Bougie allumée (1924)

Que voit-on ?  Encadrés par une bougie allumée à gauche  (qui donne son nom au tableau) et un vase en porcelaine blanche (à droite), deux pichets à moitié remplis d'eau (en bas et en haut du tableau) ; ici et là des moitiés de fruits qui semblent être des grenades très stylisées, un pot à tabac en porcelaine au centre en bas (objet qui revient fréquemment dans les natures mortes de Masson), un verre à godrons, vide de tout contenu. Autant d'éléments qui font font de cette nature morte une composition aussi surréaliste dans l'esprit que cubiste dans sa réalisation.

Rappel biographique : le peintre français André Masson participa au mouvement surréaliste du début des années 1920 à  1950 avec un épisode de rupture en 1929  lorsqu'il se brouille avec Breton. Notamment célèbre pour ses dessins automatiques et ses tableaux de sable, il est l'auteur d'une œuvre multiforme, marquée par l'« esprit de métamorphose » et l'« invention mythique ». Son influence est notable sur l'expressionnisme abstrait. Il a peint quelques nature mortes,  dont celle ci plus cubiste que surréaliste est sans doute la moins sombre 

2018 - A Still Life Collection 

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vendredi 19 décembre 2014

Gustave Caillebotte (1848-1894)


Gustave Caillebotte  (1848-1894)
Nature morte avec Langouste (1881)
Collection particulière

Que voit on ? Gustave Caillebotte a peint plusieurs  Nature morte avec Homard  ou avec Langouste un thème cher aux peintres de natures mortes depuis le 17e siècle.  Celle ci montre une  " Langouste dressé e" c'est à dire déjà cuisiné et découpé selon la recette du 19e aux truffes et avec sauce mayonnaise dans le saucier. Un grand coquillage dit  " Bénitier ",  sans doute utilisé comme rince doigts apparait sur la droite du cadre. C'est une scène qui aurait pu être indifféremment saisie dans une salle a manger  parisienne bourgeoise ou dans une des luxueuses brasserie que comptaient alors la capitale. Caillebotte prenait volontiers des notes (dessinées) sur le vif c'est à dire sur les marchés, les devantures de boutiques,  les tables de brasseries parisiennes, les salles à manger privées, qu'il restituait ensuite sur la toile dans son  atelier.

Rappel biographique : Le peintre français Gustave Caillebotte fut aussi mécène, collectionneur  et organisateur des expositions impressionnistes de 1877, 1879, 1880 et 1882. Le talent de Caillebotte fut longtemps méconnu (sauf aux États-Unis) au profit de son rôle de « mécène éclairé ». Le peintre fut redécouvert dans les années 1970 à l'initiative de collectionneurs américains. Les rétrospectives de ses œuvres sont désormais fréquentes. Certains de ses tableaux se trouvent maintenant au musée d'Orsay à Paris.
Caillebotte est l'un des premiers grands peintres français à exposer régulièrement aux États-Unis, où il rencontre un vif succès, et où se trouvent aujourd'hui nombre de ses toiles. Il est l'un des fondateurs du courant « réaliste », qu'illustrera par exemple au 20e siècle l'américain  Edward Hopper.
Fortuné, il n'a pas besoin de vendre ses toiles pour vivre, si bien que ses descendants possèdent encore près de 70 % de ses œuvres. À sa mort, Martial et Auguste Renoir son exécuteur testamentaire, prennent les dispositions pour que l’État accepte le legs de ses tableaux impressionnistes.
Les historiens d'art qualifient volontiers cet artiste « d’original et audacieux ». Sa technique ne l'est pas moins assez proche de l'art photographique, mais, par de puissants effets de perspectives tronquées, les distances et les premiers plans sont écrasés et l'horizon absent, d'où la perception instable et plongeante (Caillebotte invente la vue en plongée dans la peinture). Les effets de vue plongeante s'imposent dans son art à travers les personnages au balcon et ses vues en surplomb des rues et des boulevards. 
Dans ses natures mortes saisies souvent dans des cadrages et sous des angles inhabituels, ils s'intéressent surtout à l'aspect préparé et alimentaire. Il affectionne les natures mortes à l'étalage dont il croque le plan sur les marchés, dans les restaurants, ou dans les boutiques et qu'il retravaille entièrement dans son atelier, car contrairement aux impressionnistes qui peignent en plein air, Caillebotte retravaille toutes ses esquisses à l'atelier.

jeudi 18 décembre 2014

Pablo Picasso (1881-1973) - Nature morte avec pot à eau et pain



Pablo Picasso (1881-1973)
Nature morte avec pot à eau et pain (1921)
Collection Edmond de Rothschild

Que voit- on ? Sur un commode à deux tiroirs, de gauche à droite : un pot à eau blanc, présentée sur torchon un verre à pied vide et un morceau de pain, coupé, un plat creux blanc contant trois poires dont deux couchées. Cette nature morte avec pot à eau  et pain  de 1921 appartient à la période dite  ingresque de Picasso, période qui débute en 1919 et s'achève en 1923 et durant laquelle il pratique le gonflement des formes (comme avait pu le faire Ingres avec notamment les visages de ses modèles féminins). Chez Picasso, la réalité est respectée aussi, même si elle se trouve un peu bouffie. La valeur sculpturale de la forme est accentuée par le choix des tonalités ocres très inspirées de celles de Puvis de Chavannes.




Rappel biographique : le peintre espagnol Pablo Ruiz Picasso qui a passé l'essentiel de sa vie en France, fut aussi  dessinateur et sculpteurUtilisant tous les supports pour son travail, il est considéré comme le fondateur du cubisme avec Georges Braque auquel son nom est lié surtout dans le domaine de la nature morte. Il est considéré comme l'un des plus importants artistes du  20e siècles tant par ses apports techniques et formels que par ses prises de positions politiques et que par l'immensité de son production tout genre confondus que l'on chiffre à près de 50 000 œuvres.
Les premiers collages et assemblages sont réalisés pendant l'hiver 1912, Nature morte à la chaise cannée (Paris, Musée Picasso), Guitare(s) en carton (Paris, Musée Picasso). A partir des années 20 ses natures mortes seront très proches, sur la même ligne de conception " cubiste analytique " que celles de George Braque, dont il devient un temps l'intime avant de s'en séparer définitivement.  Il y eut une connivence d'inspiration très rare entre ces deux peintres pendant une certaine période de leur vie et en particulier dans le domaine particulier du traitement de la nature morte. 
Picasso peint  beaucoup d'autres natures mortes après la Seconde guerre mondiale et hors de la période cubiste, mais ce n'est pas un genre qui tient une place aussi essentielle dans son oeuvre que dans l'oeuvre de Georges Braque.

2014 - A Still Life Collection 


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mardi 16 décembre 2014

Piotr Filipovich Alberti (1913-1994) - Still-life with Palette


Piotr Filipovich Alberti (1913-1994)
Still-life with Palette (1960)

Le peintre russe Piotr Filipovich Alberti (1913-1994) est l'un des plus éminents représentant de L'Ecole de Peinture de Lenignrad, école officielle soviétique où se développa la peinture académique soviétique pendant toute une partie du 20e siècle. Son style se caractérise surtout par l'emploi de couleurs très vives et l'usage de différentes de textures imbriquées dans la même toile.  Il commence a aborder les natures mortes après les 50 années et la chute de Staline, mais c'est surtout dans les années 70 qu'il va beaucoup illustrer le genre. Celle ci fait donc partie de ces toutes premières natures mortes.   
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lundi 15 décembre 2014

Konstantin Mefodevich Maksimov (1913-1995)

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Konstantin Mefodevich Maksimov (1913-1995)
 Russian Still-life in Winter, 1978.
Springville Museum of Art. USA

Que voit on ?  une table de petit déjeuner aux fruits, autour d'un samovar et d'une tasse de thé fumant. A travers la fenêtre : un paysage enneigé et des arbres qui plie sous le blizzard. Dans la partie droite de cette  composition  très poétique,  un profil de femme songeuse.

Rappel biographique : Le peintre russe soviétique Konstantin Mefodevich Maksimov était  spécialisé dans les tableaux thématiques et les portraits des officiels du régime soviétique, mais il a cependant peint quelques natures mortes. Il a  fait ses études étudié  au College d'art d' Ivanovo (1930-35) avant de rejoindre L 'Institut des Arts  de Moscou (1937-1942) où il a commencé à enseigner en 1945. Durant les années 1940 et 50, il fut considéré comme le chef de file du mouvement  Réaliste Soviétique ou Réalisme Moscovite. C'est un pur produit du régime soviétique, mais certaines de ces toiles  conservées dans les musées américains, comme cette nature morte   échappent cependant  à cette catégorisation et renoue avec l'âme russe... universelle, quel que soit le régime politique qu'elle traverse.

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dimanche 14 décembre 2014

Taisia Kirillovna Afonina (1913-1994)



Taisia Kirillovna Afonina  (1913-1994)
Nature morte avec chatons de saule (1964)



La peintre et aquarelliste russe soviétique, Taisia Kirillovna Afonina appartient au mouvement pictural de  l'Ecole de Leningrad. Elle a exposé avec une régularité de chronomètre suisse tous les ans depuis  dans  chacune des expositions d'artistes de Leningrad. Elle  a peint des paysages,  des portraits et des compositions de genre mais aussi beaucoup de natures mortes, pour lesquelles elle était très célèbre. Elle a travaillé aussi à l'huile qu'à l'aquarelle et était membre de la célèbre et très contrôlée  Union des artistes soviétiques de Leningrad, en dehors de laquelle peu d'artistes pouvaient s'exprimer.   

samedi 13 décembre 2014

Anatoli Yurevich Nikich-Krilichevski (1918-1994) - Still-life with the Medals of M. Isaakova



Anatoli Yurevich Nikich-Krilichevski (1918-1994) 
Still-life with the Medals of M. Isaakova (1951) 
Springville Museum of Art.

Le peintre russe soviétique  Anatoli Yurevich Nikich-Krilichevski est né à Petrograd, mais a vécu principalement à Moscou. Il a fait ses études à l'Institut des Arts de Moscou  de 1935 à 1942et a commencé à exposer autour dès 1946. Ses expositions les plus importante ont été l 'Exposition Universelle d'Art de l' Union en 1950, 1951, et 1955  ainsi que l'exposition  Russie soviétique à Moscou en 1960. Nikich-krilichevski  est un spécialiste  des tableaux de propagande et des natures mortes à travers lesquelles il ne manque presque jamais d'exalter le génie soviétique ! Ici en matière de sport ...

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vendredi 12 décembre 2014

Antoine Berjon (1754-1843)



Antoine Berjon (1754-1843)
Nature morte avec Panier de fleurs (1814)
Musée du Louvre - Paris


Le peintre français Antoine Berjon, originaire de Lyon  a été formé pour la " fabrique " lyonnaise, c'est-à-dire pour l'ensemble des activités du tissage, qui incluait alors les décors. 
Ses compositions étaient utilisées par les dessinateurs des fabriques de soieries et tissus. La Révolution française l'oblige à quitter Lyon pour  Paris où il se forme à l'art du portrait  et de la miniature alors très en vogue). Vers 1810,  il regagne Lyon où il devient professeur de dessin d'une classe de fleurs destinée à former les dessinateurs d'une nouvelle fabrique de tissage mise au point par l'ingénieur mécanicien Jacquard. Outre ses activités en tant que professeur à l'École de Beaux-Arts de Lyon, il est également portraitiste de la société lyonnaise. Les nombreux décors à sujet de nature morte qu'il a laissés, rompent avec les  conventions hollandaises encore très présente dans la nature morte, et ce
 malgré les oeuvres de Chardin. Berjon se distingue surtout par une inspiration poétique, presque romantique.

jeudi 11 décembre 2014

Willem Van Aelst (1627-1683)




Willem Van Aelst (1627-1683)
Still Life with a Mouse and a Candle (1647)
National Gallery of Art, Wahsington D.C, Etats-Unis.

Que voit-on ?  Sur un entablement de marbre gris présenté par l'angle : trois noix dont une ouverte, symbolisant l’idée de la Trinité par référence aux trois phases de sa croissance. La noix est aussi symbole de la difficulté de la réparation auxquelles s’efforce le pénitent parce que sa coque ligneuse offre une grande résistance, et pour cette même raison, la noix est aussi un emblème du pécheur obstinément impénitent ; un bougeoir contenant une seule bougie largement consumée et éteinte signe d'une vie qui s'est  déjà écoulée sans que l'on s'en aperçoive ; tapis dans l'ombre à droite enfin une souris ou plutôt un rat qui dévore la noix ouverte.  Cette nature morte a la particularité d'être une huile peinte sur un support de cuivre.

Rappel biographique : le peintre néerlandais Willem van Aelst, né à Delft,  est essentiellement un peintre de natures mortes, de fleurs et de chasse qui appartient à ce que l'on appelle le " Siècle d'or ". Il est célèbre pour avoir introduit l’asymétrie dans la nature morte mais aussi pour la savante harmonie des coloris déployée dans toutes ses compositions. Au cours de sa vie, Willem van Aelst a vécu et travaillé en France, à Rome et à Florence où , en compagnie  dedeux autres Néerlandais, Matthias Withoos et Otto Marseus Van Schrieck, il est actif à la cour de Ferdinand II de Medicis. Le grand-duc de Toscane lui remettra une médaille d’or comme récompense de ses services. Ont été conservées de cette époque plusieurs natures mortes de fleurs et de chasse, visibles au Palazzo Pitti à Florence. En 1856 il rentre au Pays Bas et  se fixe à Amsterdam. Ses œuvres sont notamment conservées à la Mauritshuis de La Haye, à la National Gallery of Art de Washington  et au  Rijksmuseum d’Amsterdam. Ses tableaux sont parfois signés Guill.mo (Gullielmo,  forme italienne de son prénom).

mercredi 10 décembre 2014

Ilya Ivanovitch Mashkov (1881-1944) - Still life with brocade

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Ilya Ivanovitch Mashkov (1881-1944)
Still life with brocade (1914)
Musée d'Etat de Russie, St. Petersburg.

Le peintre russe Ily Ivanovitch Mashkov tient une place déterminante dans l'art russe du 20e siècle, avant l'installation du régime communiste, par son approche audacieuse de la couleur directement inspirée de Cézanne et de Matisse. Membre de plusieurs cercles d'avant garde artistique à l'époque tsariste, les historiens le rattache volontiers au mouvement du Neo Primitivisme. Son genre favori était les natures mortes, dans lesquelles il put donner libre cours à toute son expressivité.
Machkov commencé à exposer au  Salon d'Automne de l'Exposition de 1906 puis au Salon des Indépendants en1911. En 1913, il  a participé à l'Exposition Internationale du Cercle de l'art moderne qui se teint au  Stedelijk Museum d'Amsterdam. En 1924, les œuvres de Machkov sont exposées au Etats-Unis et à Venise.

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mardi 9 décembre 2014

Maerten-Boelema de Stomme (1611-1644)



Maerten-Boelema de Stomme (1611-1644)
Still Life with a Ham, a Glass and a Nautilus cup on a Table draped with a White Cloth (1642)
Private collection

Que voit on ? Assez curieusement, cette nature morte reprend à peu près le même agencement que la Nature morte au pâté en croute (montrée sur ce blog) surtout en c e qui concerne la nappe et la serviette pliée qui sont exactement les mêmes ! Le jambon remplace ici le pâté en croûte ; il est tranché et l'on aperçoit son os, ce qui signifie qu'il a été déjà abondamment consommé.  Un plat d'argent au premier plan l'atteste qui en contient plusieurs tranches. On fait visiblement " bombance " à cette table, raison de plus pour que la symbolique reste la même que dans la nature morte au pâté en croûte.   Beaucoup d'objets renversés donc aussi sur cette table, qui sont autant de symboles (avec le citron pelé) de la fragilité et de l 'amertume de l'existence humaine.  La cafetière en étain a été remplacé ici par deux verres  dont un Berkemeyer presque filiforme (verre au réceptacle très évasé et conique fabriqué en Allemagne depuis le 15e siècle). Un breuvage joliment coloré reste encore dans le fond des verres. Le chaos du monde est ici représenté par une nautile aux somptueux reflets nacrés gris et rose qui, comme précédemment mais pas dans le même sens, gît sur le torchon au premier plan montrant la direction d'un petit rond  à peine entamé mais jamais fini.

Rappel biographique : Le peintre hollandais Maerten Boelema de Stomme est un peintre néerlandais de l'époque de l'âge d'or de la nature morte hollandaise. Il en est même un des représentants les plus illustres.  Le surnom  de «le muet» (de stomme) qui lui fut donné se réfère au fait qu'il était sourd et muet. Il signait d'ailleurs ses oeuvres  'M.B. de Stomme'  '"M.B le Muet"). Maerten Boelema était un élève de  Willem Claeszoon Heda (connu aussi comme) Willem Claesz qui fut un des grands maîtres hollandais absolu du genre. Maerten Boelema mourut  jeune, à l'âge de 33 ans. Extraordinaire  histoire que celle de cet artiste qui  a peint toutes les natures mortes que nous connaissons de lui aujourd'hui - c'est à dire une vingtaine -  dans les deux dernières années de sa vie (1642-1644) ! Compte tenu de la perfection de son style, on peut imaginer ce qu'aurait été l'œuvre de ce peintre s'il avait pu vivre plus longtemps. Comme son maitre Claesz, Maerten Boelema est un peintre qui maîtrise parfaitement les transparences et qui a beaucoup peint de Nautiles.

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dimanche 7 décembre 2014

Gustave Caillebotte (1848-1894)


Gustave Caillebotte (1848-1894)
Nature morte aux huîtres (1881)
Collection particulière

Que voit on ?  Le plateau d'huitres est un thème assez fréquemment peint depuis l'époque romaine  antique dans le domaine des natures mortes.  Dans celle-ci la palette  de  Caillebotte fait merveille à décrire avec précision mais sans aucun réalisme pictural, ces coquillages. Le plateau est présenté au premier plan d'une table dressée pour un unique convive avec une bouteille de vin, deux citrons dans une coupelle en argent, deux verres en cristal de type Harcourt et une grande serviette pliée sur le dessus de l'assiette, un couteau et une fourchette avec manche en os ou en ivoire.  Un moment délicieux.


Rappel biographque : Le peintre français Gustave Caillebotte fut aussi mécène, collectionneur  et organisateur des expositions impressionnistes de 1877, 1879, 1880 et 1882. Le talent de Caillebotte fut longtemps méconnu (sauf aux États-Unis) au profit de son rôle de « mécène éclairé ». Le peintre fut redécouvert dans les années 1970 à l'initiative de collectionneurs américains. Les rétrospectives de ses œuvres sont désormais fréquentes. Certains de ses tableaux se trouvent maintenant au musée d'Orsay à Paris.
Caillebotte est l'un des premiers grands peintres français à exposer régulièrement aux États-Unis, où il rencontre un vif succès, et où se trouvent aujourd'hui nombre de ses toiles. Il est l'un des fondateurs du courant « réaliste », qu'illustrera par exemple au 20e siècle l'américain  Edward Hopper.
Fortuné, il n'a pas besoin de vendre ses toiles pour vivre, si bien que ses descendants possèdent encore près de 70 % de ses œuvres. À sa mort, Martial et Auguste Renoir son exécuteur testamentaire, prennent les dispositions pour que l’État accepte le legs de ses tableaux impressionnistes.
Les historiens d'art qualifient volontiers cet artiste « d’original et audacieux ». Sa technique ne l'est pas moins assez proche de l'art photographique, mais, par de puissants effets de perspectives tronquées, les distances et les premiers plans sont écrasés et l'horizon absent, d'où la perception instable et plongeante (Caillebotte invente la vue en plongée dans la peinture). Les effets de vue plongeante s'imposent dans son art à travers les personnages au balcon et ses vues en surplomb des rues et des boulevards. 
Dans ses natures mortes saisies souvent dans des cadrages et sous des angles inhabituels, il s'intéresse surtout à l'aspect préparé et alimentaire. Il affectionne les natures mortes à l'étalage dont il croque le plan sur les marchés, dans les restaurants, ou dans les boutiques et qu'il retravaille entièrement dans son atelier, car contrairement aux impressionnistes qui peignent en plein air, Caillebotte retravaille toutes ses esquisses à l'atelier.

samedi 6 décembre 2014

Meiffren Conte (1630-1705)



Meiffren Conte (1630-1705) 
Nature morte au vase de Chine 
(Musée des Beaux Arts de Marseille)

Le peintre français Meiffren Conte ou  Comte connu aussi sous le nom d'Ephren Leconte a commencé sa carrière a Marseille où il est né avant de partir compléter sa formation de peintre à Rome où il est fortement influencé par Francesco Noleti ou Francesco Ferivarino dit le Maltais.
Il travaille à  Paris et Aix-en-Provence avant de revenir s'installer a Marseille. Les natures mortes qui constituent l'essentiel de son oeuvre sont toujours mises en scène dans des décors très somptueux, très évocateur de l'Ecole Napolitaine bien que son goût immodéré pour la représentation de pièces d'orfèvrerie le rapproche souvent et l'a même fait confondre  (pour une de deux de ses toiles au moins) avec Jan Davidz de Heem.


vendredi 5 décembre 2014

Floris Gerritsz van Schooten (1585-1656)



Floris Gerritsz van Schooten (1585-1656)
A Still life with Copper Candlesticks a Candle Snuffer Pots and Pans on a Stone Ledge
Private collection


Que voit- on ?  C'est une nature morte d'ustensiles de cuisine destinés à explorer diverses textures de métaux  et leurs reflets : cuivre  jaune, cuivre rouge,  cuivre martelé, bronze doré (chandelier), fer (anse des marmites), or (calices). Les objets sont présentés sur une notablement de pierre. On remarque l'aspect fortement monochrome de cette toile qui va finir par devenir une caractéristique de ce peintre a la fin de sa vie.

Rappel biographique : Peintre néerlandais du siècle d'or, Floris Gerritsz van Schooten (1585-1656) est principalement connu pour ses natures mortes. Entre 1617 et 1642,  il va peindre une centaine de natures mortes. Les premières, dans des coloris très vifs et explosifs et les dernières avec une touche qui évolue progressivement vers des compositions plus monochromes privilégiant souvent les accords de bruns et des gris, déjà sensible plusieurs de ces toiles précédentes.
Floris Gerritsz van Schooten signait ses tableaux avec le monogramme FvS.
Le catalogue de ses œuvres fut établi, assez tardivement, dans les années 1960.

jeudi 4 décembre 2014



Martin Dichtl (1639-1710) (attribué à)
Nature morte aux ustensiles  de cuisine

 Très peu d'information sur le peintre allemand  Martin Dichtl  auquel cette Nature morte aux ustensiles  de cuisine est attribué.  Ce que l'on peut dire d'un tel sujet c'est qu'il était choisi en réaction aux peintures religieuses du sud de l'Europe.  IL s'agissait de montrer là  que les objets banales du quotidien pouvaient être beaux.

mercredi 3 décembre 2014

William Merritt Chase (1849-1916)- Still-life with Pepper and Carrot

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William Merritt Chase (1849-1916)
Still-life with Pepper and Carrot (1900)
(Priv. Coll.)
Le peintre américain William Merritt-Chase était très connu outre Atlantique, pour ses talents de pédagogue et pour le rôle qu'il a joué dans l'introduction de l'impressionnisme aux Etats Unis.  Il installa sa propre école à New York,  la « Chase school » (aujourd'hui  Parsons), après avoir enseigné quelques années à l'Art Students League. Il a travaillé sur toutes sortes de supports : huile, pastel, encre et aborder de nombreux genre, paysages, natures mortes, portraits. Ce sont d'ailleurs surtout ses portraits de grandes personnalités de son temps qui le rendirent célèbre, au point que toute la bonne société de la Nouvelle Angleterre et de New York se pressait à la porte de son atelier  pour se faire peindre.  Les quelques natures mortes qu'il a peintes mettent généralement en scène des poissons ou des casseroles !

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mardi 2 décembre 2014

William-Michael Harnett (1848-1892)



William-Michael Harnett (1848-1892)
Still life - Secretary's Table (1879)
Santa Barbara museum of art


Que voit-on ? Cette nature morte qui représente la table du parfait secrétaire est très typique de ce peintre  américain des trompe l'oeil chez lequel on pourrait presque lire - dans cette toiles - les prémices du minimalisme.    

Rappel Biographique : Le peintre américano-irlandais William-Michael Harnett est connu pour ses natures mortes en trompes-l'oeil faites à partir d'objets du quotidien au sens large puisque l'on y trouve aussi bien des livres que des ustensiles de bureau, de cuisine, des attributs de chasse ou des instruments de musique folklorique. Il se situe, dans ce sens, dans la tradition des grands peintres de trompes l'oeil et de natures mortes hollandais du 17e siècle et de Peter Claesz en particulier. Beaucoup d'autres peintres américains se sont engouffrés dans cette tendance à la suite de William-Michael Harnett, comme Raphaelle Peale ou John Peto, mais il en demeure le représentant le plus spectaculaire.


lundi 1 décembre 2014

Johannes Leemans (1633-1688)



Johannes Leemans (1633-1688)
Hunting Still life


Le peintre néerlandais  Johannes Leemans (1633-1688)  appartient au Siècle d'or de la peinture néerlandaise.  Il fut extrêmement célèbre de son vivant et mena une existence très confortable grâce à son commerce de  trompe l'oeil à sujets d' attirail de chasse, de cages à oiseaux et d'armurerie.
Johannes Leemans était également un marchand de vin réputé en plus de son métier de peintre de trompe l'oeil. Il a vécu et travaillé à La Haye, où il fut longtemps très célèbre. Certaines de ses natures mortes (comme celle ci par exemple) pouvaient très largement prêter à double interprétation et devait fournir, entre chasseurs, des sujets de plaisanteries et de moqueries inépuisables...