jeudi 30 juin 2016

Evert Collier (1640-1708)


Evert Collier (1640-1708)  
News 
Private collection 

Que voit on ?  Un trompe-l'oeil présentant des journaux, une plume, une lettre une coupe page, des lunettes pliables, un crayon e t divers ustensiles de lecture et de librairie,  tous attachés sur un présentoir fait de trois bandes cuir clouté.   L'un des objets présentés est un billet destiné au peintre lui même   " For Mr Collier painter at London ", qui sert en même temps de signature au tableau.

Rappel biographique : le peintre Evert Collier est un peintre de natures mortes et de trompes-l'oeil de la fin de la période de l'âge d'or hollandais. Plusieurs orthographes existent pour son prénom et son nom, ce qui en rend l'identification mal aisée : le prénom est parfois orthographié Edward ou Edwaert ou Eduwaert ou Edwart et son nom est parfois orthographié Colyer ou Kollier.
Evert Collier a été formé à Haarlem. Ses premières peintures montrent l'influence très nette de Vincent Laurensz van der Vinne, membre de la Haarlem Guilde de Saint-Luc dès 1649, qui a probablement  été son professeur lorsque Collier a été inscrit lui-même dans cette Guilde de Haarlem en 1664. Ils ont tous deux plus tard influencé le peintre de natures mortes Barend van Eisen. Collier a vécu et travaillé à Leyde, à Amsterdam et enfin à Londres où il a terminé sa carrière et où il est enterré. Ses natures mortes, principalement constituées d'objets partagent la caractéristique d'être avant tout spectaculaires et fastueuses, quel que soit le sujet traité.

mercredi 29 juin 2016

Evaristo Baschenis (1617-1677)



Evaristo Baschenis 1617-1677)
Nature morte avec instruments de musiques  et pommes
Musée des Beaux Arts de Bruxelles

Que voit on ? les habituels instruments de musiques représentés dans les natures mortes de Baschenis (violon et luth ou théorbe)  en position renversée, la face cordée posée contre des partitions. Dans son étage supérieur cette nature morte présente aussi une pile de livres fermés  dont un comporte un billet en manière de marque page et deux pommes.

Rappel biographique : Prêtre, dernier né d'une dynastie d'artistes italiens, ami d’une famille notable de luthiers de Crémone, on ignore cependant quel maître exactement enseigna la peinture à Evaristo Baschenis. Contemporain du bergamasque Carlo Deresa, il paraît avoir été influencé par Cristoforo Munari de Modène. Connu pour ses natures mortes, il est considéré aussi comme le créateur de ce genre particulier qu'est la peinture de trophées, d’instruments et de cahiers de musique, mêlés d’écritoires, de boîtes, de fruits, d’encriers et autres objets arrangés sur des tables couvertes des plus beaux tissus, avec un réalisme presque photographique que peu de peintres ont approché depuis.  Il est célèbre notamment pour avoir rendu la poussière qui recouvrait certains instruments avec tant d’art que le spectateur s'y trompait. Les effets des tableaux (toujours de petites tailles) de cet artiste sont tels qu’ils sont, encore aujourd'hui, très recherchés dans les ventes et que beaucoup sont dans des collections particulières. Ses natures mortes aux instruments de musique, toutes titrées à l'identique sont, pour la plupart, des œuvres de série, issues d'une douzaine de modèles de compositions originales. La figure du luth en raccourci, réalisé à la perfection, est un écho de ce qui apparaissait comme un défi de perspective aux peintres et dessinateurs du 17e siècle. Concernant les tissus, passementeries et tapis, Evaristo Baschenis en rend toute la réalité uniquement au pinceau, alors que Bettera - avec lequel on l'a confondu quelquefois - maroufle sur une pièce de toile de jute grossière dont le relief sert de base au rendu des tapis.

mardi 28 juin 2016

Raoul Dufy (1877-1953)


Raoul Dufy (1877-1953) 
Nature morte au violon - Hommage à Bach, 1952 
Centre Pompidou, Paris  

Que voit on ? Surgissant d'une nature extravagante esquissé, un violon dans un halo rouge posé sur une partition blanche dont on ne perçoit que les portées sans note.  Curieux que Dufy ait choisi de rendre hommage à ce génie du clavier que fut Bach en utilisant un violon, mais Bach était également doué dans tous les instruments. 

Rappel biographique : le peintre  français Raoul Dufy était aussi dessinateur, graveur, illustrateur de livres, créateur de tissus, céramiste, créateur de tapisseries et de mobilier, décorateur d'intérieur, décorateur d'espaces publics et décorateur de théâtre. Raoul Dufy a produit  plus 3 000 toiles, 6 000 grandes aquarelles, 6 000 dessins et en a détruit presque autant. Ses natures mortes ne constituent pas l'essentiel de sa production très largement consacrée aux paysages, aux évènements de son temps, aux portraits de femme et surtout... à la musique et aux concerts qu'il est presque parvenu à faire entendre à travers ses toiles. Dessinateur hors pair - certains l'aurait même vu dessiner avec ses deux mains à la fois - c'était aussi un merveilleux coloriste, un coloriste du bonheur et de la magie, tant il est vrai que la joie de vivre et l'ode constante à  la vie soutiennent chaque tableau, chaque gouache, chaque dessin. Dufy promène un regard émerveillé sur le monde et nous invite à une fête qui n’a rien de superficiel ou  de mondain, comme on l'a dit un peu trop hâtivement. « Si je pouvais exprimer toute la joie qui est en moi ! » disait-il. Il y est largement parvenu, et peu d’œuvres sont une telle invitation à cheminer vers le bonheur... au point qu'elles pourraient presque nous faire croire qu'il existe !





lundi 27 juin 2016

Max Ernst (1891-1976) - Fleurs de coquillages



Max Ernst (1891-1976)
Fleurs de coquillages, 1929 
Centre Pompidou, Paris 

Cette œuvre a été récupérée en Allemagne après la chute du IIIème Reich et  attribué par l'office des biens privés en 1950, aux Musée nationaux français.

Rappel Biographique  :  Max Ernst était un peintre allemand de la mouvance dada, surréaliste puis pataphysique. Né  en Allemagne, il commence à étudier la philosophie à l'université de Bonn, mais il abandonne rapidement les cours pour se consacrer à l'art. En 1913, il rencontre Guillaume Apollinaire et Robert Delaunay et part à Paris,pour rejoindre, à Montparnasse, la cohorte d'artistes de toutes nationalités qui y travaillent.  En 1919,  il rend visite à Paul Klee et crée ses premières peintures, impressions à la main et collages ; il expérimente différents supports et matériaux. Durant la Première Guerre mondiale, il est engagé dans l'armée allemande. Après la guerre, plein de nouvelles idées, il fonde avec Jean Arp et l'activiste social Alfred Grunwald le groupe Dada de Cologne mais deux ans plus tard, en 1922, il retourne à la communauté d'artistes de Montparnasse à Paris. 
Expérimentant constamment, il invente en 1925 le frottage où il laisse courir une mine de crayon à papier sur une feuille posée sur une surface quelconque (parquet ou autre texture). Cette technique fait apparaître des figures plus ou moins imaginaires. Elle s'apparente à l'écriture automatique des écrivains surréalistes  comme Paul Eluard et André Breton Qu'il côtoyait. En 1926 il collabore avec Joan Miro sur des dessins pour Sergei Diaghilev. 
Puis il contribua largement à la naissance du mouvement surréaliste à Montparnasse. Après une période passée avec les surréalistes, il quitte leur groupe en partie à cause de Breton qui voulait écarter l'ami de Ernst, le poète Eluard. En 1934, il commence à sculpter, fréquentant Alberto Giacometti. En 1938, l'héritière américaine Peggy Guggenheim achète un bon nombre d'œuvres de Max Ernst qu'elle expose dans son nouveau musée à Londres. 
Au début de la Seconde Guerre mondiale, Max Ernst est arrêté comme étranger ennemi, mais, avec l'aide du journaliste américain Varian Fry refugié à Marseille, il réussit à quitter le pays en compagnie de Peggy Guggenheim. Ils arrivent aux USA en 1941 et se marient l'année suivante. Max Ernst vit à New York où, à côté des peintres d'avant-garde Marcel Duchamp et Marc Chagall qui ont fui la guerre en Europe, il aide au développement de l'expressionnisme abstrait chez les peintres américains. 
Son mariage avec Peggy Guggenheim se termine par un échec et il épouse Dorothea Tanning à Beverly Hills, en Californie, en octobre 1946, lors d'une double cérémonie avec Man Ray et Juliet Bowser. Max Ernst s'installe alors aux USA à Sedona, en Arizona. En 1948, il écrit le traité « Beyond Painting » puis part voyager en Europe en 1950. 
En 1952, il devient satrape du Collège de Pataphysique. À partir de 1953, il s'installe définitivement à Paris et l'année suivante gagne les biennales de Venise. 
En 1963, il déménage avec sa femme dans une petite ville du sud de la France, Seillans, où il continue à travailler. Il crée les décors d'un théâtre et une fontaine pour la ville d'Ambois. En 1975, une rétrospective a lieu au Musée Solomon R. Guggenheim à New York et les Galeries Nationales du Grand Palais de Paris publient un catalogue complet de ses œuvres. Max Ernst  est enterré au Cimetière du Père Lachaise à Paris.

2016 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau

dimanche 26 juin 2016

Antoni Tàpies (1923-2012)



Antoni Tàpies (1923-2012)
Nature morte  au chapeau renversé, 1967
Centre Pompidou, Paris

Que voit on ? tapies a peint peu de natures mortes revendiquée comme telle. Celle ci est une de ses premières où la forme du chapeau est nettement visible. 

Rappel biographique :  Antoni Tapies i Puig est un peintre, sculpteur, essayiste et théoricien de l'art espagnol d'expression catalane. А travers de son œuvre, Tаpies montre un intérêt particulier pour les lacérations, les entailles et les griffures au sein de ces compositions. Il qualifie ces œuvres de « champs de batailles oщ les blessures se multiplient à l'infini. »
Les éléments graphiques et plastiques dont il fait usage se retrouvent de toile en toile formant ainsi un univers qui lui est propre. Il travaille la matière à l'aide de « matériaux pauvres » et se sert de la technique du collage, de l'empâtement, du grattage et de la déchirure. C'est en mélangeant la colle et le colorant, associés parfois à du sable, de la poussière, de la terre, que Tаpies trouve son médium, la matiиre par laquelle il va exprimer la profondeur, les formes, l'ombre, la lumière, en travaillant а l'aide d'outils mais également avec son corps. La croix, prenant des formes variées, les taches, les graffitis, les formes rectangulaires (qui s'apparentent а des espaces fermés, des murs, des volets clos) sont des éléments récurrents de son vocabulaire plastique. Par les matériaux utilisés ainsi que les formes qu'il crée, Tapies nous fait découvrir un nouveau monde, des nouveaux paysages.
La pratique de Léonard de Vinci a été également une source importante d'inspiration pour Tаpies. Il s'est rendu compte que, dans la plupart des dessins de Léonard, des paysages d'origine chinoise se trouvent en arrière-plan. On retrouve ainsi chez Tаpies cette atmosphère vaporeuse, le sfumato, qu'il évoque а l'aide d'encre diluée et qui donne l'idée d'une certaine profondeur а ses peintures (Souvenir, 1982).
On ne peut pas vraiment parler de couleur mais plutôt d'un ensemble de valeurs qui se côtoient et s'assemblent. Il utilise essentiellement le noir et le blanc, la gamme des bistres, et fait usage de notes colorées ponctuelles, qui créent ainsi des dynamiques fortes dans ses compositions.
Ses œuvres sont d'un caractère provocateur proche du dadaïsme, anti-esthétique, pauvre, rappelant parfois les graffitis et les tas de déchets. Tаpies a exploré plusieurs médias, comme l'estampe, la gravure, la peinture, l'assemblage et la sculpture dans lesquels il a introduit diffйrentes techniques comme le gaufrage, le collage, le flocage, la lacération, le pliage et le découpage.
Il a illustré plus de trente livres d'artiste.


samedi 25 juin 2016

André Marchand (1907-1997) - Les fruits dans la maison

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André Marchand (1907-1997)
Les fruits dans la maison
Collection privée

Que voit-on ? Une nature morte  qui ne comporte par uniquement des fruits contrairement à ce que le titre indique, mais aussi des cruches à eau d'inspiration mayas dont certaines en forme de têtes de divinités mayas. 

Rappel biographique  : Dans les années 1930-1950, André Marchand est l’un des grands représentants de la « jeune peinture française ». A ses débuts il peint des toiles ou « humanisme » et « surréalisme » se côtoient, cherchant par là son style et à exprimer sa sensibilité. A partir de 1940, sa palette se colore vivement. Il aborde différents registres : les arlésiennes, les taureaux dans le Delta du Rhône, les flamands roses, les nus et natures mortes appelées les Vies silencieuses, terme qui traduit bien ce désir de s’affranchir des apparences et de souligner l’intériorité des êtres et des choses. Ce qui l’amenait à dire qu’il ressentait en lui le passage du vent dans les feuilles de l’arbre qu’il était en train de peindre. « C’est une peinture qui s’inscrit dans un courant novateur… dont les recherches et l’évolution marquent une avancée dans l’histoire de la peinture ».
Il séduit alors les plus grand marchands : Galerie Carré, Maeght, Pierre Matisse, Maurice Garnier. Son succès est aussi bien critique que public  mais son caractère exigeant surtout auprès des galeristes qui l'exposent, l'isole dans la solitude.  On dit souvent qu'a cel s'est ajouté le fait que Marchand a été victime d’une blessure d’amour propre.  Il envisageait en effet d’installer sa fondation au musée Réattu à Arles où il avait travaillé. Apprenant ce projet, Picasso offrit à ce musée 56 dessins ce qui rendait impossible d’y installer la fondation. Marchand en fut profondément blessé. Et pourtant, André Marchand s’était révélé lui aussi un dessinateur exceptionnel que Matisse admirait. À 90 ans, quelques mois avant sa mort, il manifestait une vitalité étonnante qui l’incitait, chaque matin, à assurer la mise en forme de sa main en reproduisant les remous du Rhône. Il  disait : « Un peintre fait toujours le même tableau et le jour de sa mort, il a l’impression qu’il n’est même pas commencé »

2016 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau

jeudi 23 juin 2016

Meiffren Comte (1630-1705)


Meiffren Comte (1630-1705)
Nature morte au flambeau d'argent 
Château de Versailles

Que voit on ? Posé sur une drapé rouge à franges de passementerie doré, trois objets précieux d'orfèvrerie. en argent et vermeil posé sur deux niveaux différents  A gauche du cadre, le chandelier  à une seule bougie ou "flambeau" en argent  richement sculpté qui donne son nom à cette nature morte. Au centre une aiguière en argent elle aussi richement sculptée sur une base composée de trois chimères ailées dont le col figure un atlante et l'anse un lévrier en pleine course. Sur une étagère à l'arrière plan du tableau : une autre aiguière assez similaire à l'aiguière centrale mais qui semble être purement ornemental et comporte une anneau en vermeil. Enfin  à droite de la composition : un citron, sans doute posé là pour rappeler à la façon des natures morte hollandaises la vanité des bien s terrestres . 

Rappel biographique : Le peintre français Meiffren Conte ou  Comte connu aussi sous le nom d'Ephren Leconte a commencé sa carrière à Marseille où il est né avant de partir compléter sa formation de peintre à Rome où il est fortement influencé par Francesco Noleti ou Francesco Ferivarino dit le Maltais. Il travaille à  Paris et Aix-en-Provence avant de revenir s'installer à Marseille. Les natures mortes qui constituent l'essentiel de son œuvre sont toujours mises en scène dans des décors très somptueux, très évocateur de l'Ecole Napolitaine bien que son goût immodéré pour la représentation de pièces d'orfèvrerie le rapproche souvent et l'a même fait confondre (pour une de deux de ses toiles au moins) avec Jan Davidz de Heem.

mercredi 22 juin 2016

Pierre Dupuis (1610-1682)


Pierre Dupuis (1610-1682) 
Prunes, courges et pêches sur un entablement de marbre, 1650, 
Musée du Louvre, Paris 

Que voit-on ?  Sur un coin de console en marbre rouge qui porte gravée sur la tranche la signature du peintre (un " D ") : trois pêches et leur feuillages de même qu'une abondance de prunes encore accrochées à leur branche prolifique. A l'arrière plan, permettant aux prunes de tenir debouts dans la composition, :une courge  ovale. Dupuis fait ici une démonstration éclatante de son talent dans le traitement des textures de celle du marbre a celle veloutée et soyeuse des prunes et des pêches  en passant par celle, rugueuse, de la courge. 

Rappel biographique  : Le peintre français Pierre Dupuis est un spécialiste de natures mortes qui appartient à l'âge d'or de la nature morte française du 17e siècle. C'est en Italie qu'il rencontre Pierre Mignard avec lequel il se lie avant d'entrer à l'Académie en 1663, où il apprend la plupart de ses connaissances en art. Son style est marqué par les peintres de l’Europe du Nord et la rigueur de la religion protestante. Ainsi, ses célèbres peintures de paniers de fruits ou de de bouquets sont influencées par les styles de Jacques Linard (1597-1645) ou de Louise Moillon (1610-1696). 
Le rendu précis de ses tableaux avec leur composition solides et sobres - presque monumentale - qui leur confère un certain mystère, en a fait un artiste apprécié de son vivant et l'un des plus grands représentants de la nature morte en France au 17e siècle. Si les natures mortes de Dupuis, par la simplicité de leur agencement, s'apparentent à la vérité et à la rigueur des natures mortes septentrionales, il annonce aussi étonnamment les natures mortes du 18e siècle, qu'il s'agisse de celles de François Desportes, de Nicolas de Largillière, de Jean-Baptiste Oudry, ou des plus célèbres d'entre elles, celles de Chardin.
On retrouve les œuvres  de Pierre Dupuis dans plusieurs musées de France dont le musée du Louvre. 


mardi 21 juin 2016

Paula Modersohn-Becker (1876-1907) - Stilleben mit Zitrone, Apfelseine und Tomate


Paula Modersohn-Becker  (1876-1907) 
Stilleben mit Zitrone, Apfelseine und Tomate 1903
Private collection 

Que voit on ? Sur un entablement recouvert d'un linge jaune, non plissé, posés sur une assiette en céramique à motifs groupés autour d'un citron central : une orange, une tomate et deux pommes. L'angle de vue choisi est celui de la plongée et du gros plan. 

Rappel biographique : Paula Modersohn-Becker est une artiste peintre allemande qui est l’une des représentantes les plus précoces du mouvement expressionniste dans son pays. Originaire de Dresde, Paula Becker s'engage dans des études de peinture et rejoint les artistes indépendants réunis dans le village de Worpswede, qui prônent un retour à la nature et aux valeurs simples de la paysannerie. Elle y épouse le peintre Otto Modersohn. Le manque d'audace des peintres worpswediens, toutefois, la pousse à s'ouvrir aux inspirations extérieures et à effectuer des séjours répétés à Paris, auprès de l'avant-garde artistique. Au cours des quatorze courtes années durant lesquelles elle exerce son art, elle réalise pas moins de 750 toiles, 13 estampes et environ un millier de dessins. Son style est le fruit d'influences multiples, aux confins de la tradition et de la modernité. Sa peinture présente des aspects mêlant l'impressionnisme de Cézannevan Gogh ou Gauguin, le cubisme de Picasso, le fauvisme, l'art japonais ou encore l'art de la Renaissance allemande. La force expressive de son œuvre résume à elle seule les principaux aspects de l’art au début du 20e siècle.
Elle meurt prématurément а trente-et-un ans, des suites d'un accouchement.
L'œuvre de Paula Modersohn-Becker est essentiellement constituée de natures mortes, de paysages et de portraits d'adultes ou d'enfants évoquant la vie paysanne à Worpswede. Quant aux autoportraits, l'artiste en réalisa tout au long de sa vie. Contrairement aux règles académiques les plus élémentaires, les œuvres sont bien souvent d'un format très réduit : Paula, de ce fait,  peignait sur tout l'espace de toile disponible, et il n'est pas rare que le cadre du tableau dissimule une partie de la composition.
Jusqu'à l'exposition que lui consacre le  MAM (Musée d'art moderne de la ville de Paris) en 2016, elle restait assez peu connue au-delà des pays germanophones.

lundi 20 juin 2016

Mela Muter (1886-1967) - Nature morte 1930

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Mela Muter (1886-1967)
Nature morte  (1930)
Collection privée

Que voit on ? Sur ne table recouverte d'un drapé blanc, une assiettes remplie de raisins jaunes et rouges et deux bouteilles de vins des Graves, un verre de vin rouge et deux citrons dont un coupé en deux.  

Rappel biographique Mela Muter, pseudonyme de Maria Mélania Mutermilch, est une artiste-peintre française d'origine polonaiseEn 1901, après une année de cours à l'école de dessin pour femmes de J. Kotarbinski, elle arrive à Paris  et s’inscrit а l'Académie Colarossi puis а l'Académie de la Grande Chaumière. Elle expose régulièrement aux Salon d'automne et au Salon des Tuileries et au Salon des Femmes Artistes Modernes dans les années 30. Parmi les artistes que fréquente Mela Muter figurent entre autres la peintre australienne Bessie Davidson (cofondatrice du Salon des Tuileries) et Kees van Dongen avec lesquels elle expose. Elle fait des expositions remarquées chez Druet, Billiet et à la Renaissance. А l'étranger, elle fait une grande exposition à Barcelone à la galerie Dalman, en Allemagne à la galerie Tannhauser et à Washington au Carnegie Institute. Elle brosse le portrait de ses amis : Clemenceau, Ravel, Satie, ainsi que de Rainer Maria Rilke, avec lequel elle a entretenu une liaison. Ses œuvres figurent dans les collections Bader, Paul Clemenceau et Arthur Fontaine.

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dimanche 19 juin 2016

Suzanne Valadon (1865 -1938)



Suzanne Valadon (1865 – 1938)
 Nature morte avec fruit et verre (1910)
 Collection privée

Que voit-on ?  Sur une fond vert, dans une assiette en céramique : cinq fruits qui semblent jaillirent des dessins de la céramique, et une banche avec un citron posée en équilibre sur le rebord de l'assiette. Sur la droite  :un verre vide. Le cadrage de ce tableau est une vue en plongée.

Rappel biographique  :  Suzanne Valadon est une des plus importantes peintres françaises du 20 siècle et la premier femme admise, en 1894,  à la Société nationale des beaux-arts. Elle a commencé sa carrière en étant acrobate de cirque en 1880, jusqu’à ce qu’une chute mette fin prématurément а cette activité. Dans le quartier de Montmartre où elle habite avec sa mère, puis avec son fils naturel, le futur peintre Maurice Utrillo, né 1883, elle a la possibilité de s’initier à l’art. Devenue modèle d’artistes, elle les observe en posant, et apprend ainsi leurs techniques. Modèle de Pierre Puvis de Chavannes, Pierre-Auguste Renoir, Henri de Toulouse-Lautrec, elle noue des relations avec certains. Habituée des bars de Montmartre où la bourgeoisie parisienne vient s’encanailler, Toulouse-Lautrec, durant cette période, fait d’elle le portrait intitulé Gueule de bois.
Edgar Degas (pour qui elle n'a jamais posé), remarquant les lignes vives de ses dessins et de ses peintures, encourage ses efforts. Elle connaît de son vivant le succès et réussit à se mettre à l’abri des difficultés financières de sa jeunesse. Suzanne Valadon peint des natures mortes, des bouquets et des paysages remarquables par la force de leur composition et leurs couleurs vibrantes. Elle est aussi connue pour ses nus. Ses premières expositions au début des années 1890 comportent principalement des portraits, dont celui d’Erik Satie avec qui elle a une relation en 1893. Il lui propose le mariage au matin de leur première nuit.
Suzanne Valadon est alors connue pour travailler plusieurs années ses tableaux avant de les exposer.
La peintre trouve dans la galeriste Berthe Weill une alliée solide qui soutient son travail. La marchande fait ainsi participer l'artiste à près de dix-neuf expositions entre 1913 et 1932, dont trois rétrospectives personnelles.
Son mariage, en 1896, avec un agent de change, prend fin en 1909, Suzanne quitte son mari pour l'ami de son fils, le peintre André Utter (1886-1948), qu’elle épouse en 1914. Cette union, houleuse, dure près de trente ans. André Utter en Adam et elle-même en Eve figurent sur l’une de ses toiles les plus connues, Adam et Eve. En 1923 elle achète avec Utter le château de Saint-Bernard, au nord de Lyon, pour couper son fils Maurice Utrillo de ses penchants pour l'alcool. Ce dernier  qui signait ces toiles Maurice Utrillo V. (pour Valadon) peint le château ainsi que l’église ou encore le restaurant du village. Suzanne Valadon morte, le 7 avril 1938, entourée de ses amis peintres André Derain, Pablo Picasso et Georges Braque, est enterrée au cimetière parisien de Saint-Ouen.


Ses oeuvres sont conservées dans de nombreux musйes, dont le Musée national d'art moderne à Paris, le Metropolitan Museum of Art à New York, le Musée de Grenoble, le Musée des beaux-arts de Lyon. Une exposition permanente lui est dédiée à Bessines-sur-Gartempe (Haute-Vienne), sa ville natale.

samedi 18 juin 2016

Henri-Victor Regnault (1810-1878) - Nature morte en extérieur, 1852



Henri-Victor Regnault (1810-1878)
Nature morte en extérieur.
Tirage sur papier salé vers 1852-1853
Bibliothèque nationale de France (BnF), Paris

 Que voit-on ? Au fond d'une courette de ferme mal entretenue, un tréteau sur lequel sont posées plusieurs ustensiles de cuisine formant une nature morte. dont une bassine en cuivre et des cruches, un panier en osier et quelques vieilles salades, vieux choux et vieilles carottes !  Ce qui fait l'originalité de cette nature morte ce n'est pas tant la composition du sujet que son éloignement dans le cadre et l'aspect assez négligé voir même dépotoir de l'environnement, faisant penser aux natures mortes de cuisines sales du Britannique Brabsby dans les années 1950.

Rappel Biographique : Fils d'un capitaine de l'armée napoléonienne mort durant la Campagne de Russie (1812), il arriva orphelin à Paris а l'âge de huit ans. Admis а l'Ecole polytechnique en 1830, il est diplômé de l'Ecole des mines en 1832Henri Victor Regnault peut être considéré comme l'inventeur du PVC, ayant découvert en 1835 la formation du polychlorure de vinyle – qui sera redécouverte en 1872 par Eugen Baumann. La solution ne sera développée qu'en 1926.
Les mérites scientifiques de Regnault sont reconnus et récompensés par ses pairs. Il est élu membre de l'Académie des sciences en juillet 1840. Il est titulaire de la chaire de physique générale et expérimentale du Collège de France en 1841. Il est membre de la Royal Society en 1852 et reçoit la Médaille Rumford en 1848 et la Médaille Copley en 1869. Il est fait commandeur de la Légion d'honneur en 1863. Il exerce les fonctions de directeur de la Manufacture de Sèvres de 1854 à 1871.
Regnault fut aussi photographe et pionnier de la photographie. Il fut le premier а utiliser le pyrogallol comme agent de développement photographique, et l'un des premiers photographes à utiliser le papier pour négatifs. Il exposa а la Society of Arts à Londres en 1852. En 1854, Regnault est l'un des fondateurs et le premier président de la Société française de photographie

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vendredi 17 juin 2016

Willem Kalf (1619-1693) - Nature morte au verre et au bol de porcelaine




Willem Kalf (1619-1693)
Nature morte au verre et au bol de porcelaine 

National Gallery of Art, Washington, USA

Que voit on ?  Posé en équilibre instable sur un drapée constitué d'un tapis de Smyrne recouvrant un riche entablement de marbre rouge, un plateau en argent très ouvragé sur lequel reposent en pente instable, deux magnifiques verres  de Venise en cristal extrêmement ouvragés à côté d'une rare porcelaine de Chine blanc bleu. Un citron pelé dont l'écorce encore attachée à son fruit est bien visible au premier plan, achève la composition. Sa signification est on ne peut plus claire : fragilité des richesses du monde et amertume inhérente à leur possession. 

Rappel biographique : le peintre néerlandais Willem Kalf est le l'un plus grands peintres de nature morte de son époque. Il travaille à Paris entre 1642 et 1646. Il retourne aux Pays-Bas et vit d'abord à Hoorn, puis s'installe en 1653 à Amsterdam. La qualité de ses œuvres le fait comparer à  Johannes Vermeer (1632-1675) pour le velouté des rendus de matières.

jeudi 16 juin 2016

Tomás Yepes (1595-1674)


Tomás Yepes (1595-1674)
Paisaje con una parra
Museo Nacional del Prado, Madrid


Que voit-on ? Un paysage avec un pied de vignes comme l'indique le titre, a ceci près quel e positionnement du pied de vigne au premier plan du paysage et le fait qu'il soit vu au travers, du feuillage et des grappe de la vigne, donne à ce petit pied de vigne des allures d'arbre immense. Ceci est accentué par la présence d'un  petit rocher  qui lui aussi prend des allures de montagnes. Seule l'énormité des grappes de raisins permet de replacer ce pied dans sa juste proportion.   Il s'agit en réalité d'un gros plan  sur un pied de vigne qui donne a ce tableau des allures surréalistes, bien avant la lettre et bouleverse les catégories en plaçant cette toile à la fois ans le genre des natures mortes et dans celui des paysages. 

Rappel biographique : Le  peintre espagnol originaire de Valencia, Tomás Yepes est une personnalité mal connue qui occupe une place à part dans l'histoire de la nature morte espagnole, peignant dans le style traditionnel des premières décennies du siècle, des compositions d'une symétrie impeccable et rigoureuse. Ses œuvres datées à partir de 1642 comprennent des bouquets de fleurs, des corbeilles de fruits,  des ustensiles de cuisine dans une technique  " ténébriste " et une gamme de tons foncés, dont le style proche de celui d'Espinosa.


mercredi 15 juin 2016

Wols (1913-1951)



Wols (1913-1951)
Untitled [Still Life – Grapefruit] 1938
Verwertungsgesellschaft Bild-Kunst (VG Bill Kunst) Bonn

Que voit on ? Un pamplemousse photographié en noir et blanc et en plongée. Le fruit gorgé de liquide  sous son écorce  présente des bosses et des creux qui font ressembler sa surface à une peau, presque humaine.

Rappel biographique :  Wols, de son vrai nom Alfred Otto Wolfgang Schulze, est un plasticien allemand, Son nom d'artiste et acronyme est formé des initiales Wolfgang Schulze.
Photographe, graveur, peintre et graphiste, proche du surréalisme, Wols est considéré comme un pionnier de l'abstraction lyrique européenne et un représentant important du tachisme et de l'Art informel en Europe. Il a vécu en France à partir de 1933,  après avoir fui le régime hitlérienDans la nuit du 24 au 25 août 1951, il consomme de la viande avariée. L'empoisonnement est diagnostiqué d'abord comme appendicite et ne sera pas traité.  Wols est transporté trop tard à Paris dans un hôpital. Se voyant mourir, il se fait transférer le 31 août à l'hôtel luxueux de Montalembert, où il meurt le lendemain matin.  De 1955 à 1964, des œuvres de Wols ont été exposées à titre posthume à la Documenta 1, 2 et 3 à Kassel.

mardi 14 juin 2016

Roger Chastel (1897-1981)


Roger Chastel  (1897-1981)
Nature morte, 1970
Collection privée

Que voit-on ? une composition à la limite de l'abstraction où domine le jaune  le blanc et le gris noir. On peut s'amuser à deviner un verre (en bas a droite), un vase (à droite), une théière, (à gauche), une pomme au milieu.

Rappel biographique :  Roger Chastel est un peintre français de l'Ecole de Paris dont l'œuvre s'inscrit à la limite de la non figuration.
« L’importance de Chastel lui vient de sa situation à un carrefour où il n’a jamais cessé de se tenir… L’art de Chastel n’est pas autre chose qu’une lente pénétration. (...) А la netteté du savoir il ajoute la plénitude de l’émotion. (...) Chastel se place dans cette sphère où l’art devient sa propre réalité… Le dépassement auquel parvient Chastel ne s’opиre pas malgré l’intégration toujours plus large du monde dans sa peinture, mais а cause d’elle. Il est le résultat de l’enchaînement de ses intégrations successives. Cet enchaînement seul, parce qu’il n’élimine rien du monde, est en mesure, engageant profondément le peintre dans le réel et l’en dégageant а la fois, de faire déboucher son art sur l’univers de la pure peinture. »
Jean-Louis Ferrier, Roger Chastel, dans Les Temps modernes, Paris, novembre 1958.

« Les tonalistes sont rares dans l’histoire de l’art. Ils y occupent une place singulière. C’est qu’ils donnent à la peinture son visage le plus secret en mкme temps que le plus patient. Pour Chastel les couleurs ne se différencient que parce qu’elles expriment des valeurs comparables. Entre un violet de cobalt et un violet d’alizarine la différence n’est pas de couleur, elle est de noirceur. »
Jean Lescure, préface à Chastel, Dessins, Galerie Numaga, La Chaux-de-Fonds, 1959, non paginй

« La couleur est ici comme dissoute dans la lumière. Flexible, modulée, discrète jusque dans ses violences, elle s'entoure de ses échos, s'amortit dans des ombres qui l'exaltent, développe longtemps ses alliances. Elle cesse d'être couleur. La lumière l'emporte. Chastel est un tonaliste. (...) Aussi ne s’йtonnera-t-on pas de l’њuvre de Chastel ait moins d’amateurs, mais plus de fervents, moins de connaisseurs, mais plus d’amoureux que celles de ses contemporains. Une grâce spéciale intervient. On peut aimer ou ne pas aimer Chastel, mais dès qu’on l’aime, on le préfère. »
Jean Lescure, préface à Chastel, Musée Rath, Genève et Musée-Maison de la Culture, Le Havre, 1962, p. 6 et 10


lundi 13 juin 2016

Richard Diebenkorn (1922-1993)



Richard Diebenkorn (1922-1993)
Cup, saucer, fork and knife, 1965
Private collection 

Que voit-on ?
 sur un fond noir  une table en noir et blanc sur laquelle est posés une tasse, une sous tasse, un couteau  et une fourchette. Ustensiles abandonnés ou sales ou déconnectés de toute réalité pratique.  

Rappel biographique : Richard Diebenkorn est un peintre américain du 20e siècle dont le style navigue de l’abstrait au figuratif en fonction des périodes qu’il a traversées. Après une première exposition au California Palace of the Legion of Honor à San Francisco en 1948, ses débuts sont associés à l'expressionnisme abstrait et à l'école de San Francisco, mouvement figuratif des années 1950-1960.  De 1955 à 1966,  il vit à Berkeley (Californie), change de style et devient un peintre figuratif important, dans un genre qui réunit  à la fois la manière de Henri Matisse qu’il admire et l'expressionnisme abstrait. Diebenkorn, Elmer Bischoff, Henry Villierme, David Park, James Weeks participent ensemble à une renaissance de la peinture figurative, qu'on appelle l'École de San Francisco (Bay Area Figurative Movement). En 1967, Diebenkorn s'installe à Santa Monica et devient professeur à l'UCLA. Il installe son atelier dans le même immeuble que son vieil ami Sam Francis. Pendant l'hiver 1966-1967, il revient une nouvelle fois à l'abstraction, cette fois avec une vision très personnelle, un style géométrique qui se démarque clairement de ses débuts de la période expressionniste abstraite. La série Ocean Park, qu’il commence en 1967 se poursuit pendant les  dix-huit années suivantes. Elle est devenue la partie de son œuvre la plus célèbre aujourd’hui. Elle se compose d'environ 135 peintures. Basées sur le paysage vu depuis la fenêtre de son atelier, ses compositions abstraites à grande échelle sont nommées d'après une communauté de Santa Monica où il a eu un temps son atelier. A la même époque, il peint aussi ce qu’il appelle des found still life,  c’est a dire des toiles d’après ce qu’il trouve sur sa table san rien retoucher à l’arrangement qu’il voit (c'est le cas du tableau présenté ici).
La première rétrospective importante de son oeuvre a eu lieu à la Albright–Knox Art Gallery а Buffalo en 1976 et 1977.  En 1989, John Elderfield, conservateur au MOMA (New York) organise une exposition d’oeuvres de Diebenkorn sur papier, qui constitue d’ailleurs la partie la plus prolifique de sa production.
En 2012, l'exposition Richard Diebenkorn : The Ocean Park Series, organisée par Sarah C. Bancroft, a lieu simultanément à la Corcoran Gallery of Art,  à l'Orange County Museum of Art et au Forth Worth Museum of Modern Arts de Washington.


dimanche 12 juin 2016

Roger de La Fresnaye (1885-1925)


Roger de La Fresnaye (1885-1925) 
Nature morte au citron et au bock de bière
Collection particulière


Que voit on ?  Sur une table très encombrée et recouvert d'un drapé blanc, de gauche à droite : un pomme ou un petit pain rond, un couteau, une compotier contenant deux citrons, un pot en grès  recouvert d'une soucoupe. A l'arrière plan : un bock de bière et l'amorce d'une corbeille en osier. Contrairement à certaines natures mortes de la période cubiste, celle-ci est résolument classique y compris dans le thème très  épicurien du citron et du bock de bière, très souvent traité par les maîtres hollandais de l'âge d'or, la bière symbolisant alors les plaisirs de la vie et le citron son amertume.

 Rappel biographique : Le peintre français Roger de la Fresnaye, décédé à l'âge de 40 ans, est connu pour avoir jouer un rôle important dans l'histoire du cubisme français. Élève du peintre nabi Maurice Denis, dont l'influence est évidente sur ses œuvres de jeunesse, La Fresnaye s'essaye aussi à la sculpture en compagnie de Maillol. Si le paysage l'inspire (vues de Meudon), ce sont surtout les natures mortes qui lui permettent de poursuivre ses recherches dans le sens de l'abstraction (La Cafetière, Museum of Art, Toledo). Pendant la Première Guerre mondiale, sa santé s'altère gravement, et cela modifiera son orientation picturale : jusqu'à sa mort à Grasse, La Fresnaye se consacre essentiellement au dessin (Les Malades) et à des toiles de dimensions réduites qui s'éloignent de plus en plus du cubisme pour approcher d'une sorte de surréalisme (Les Palefreniers, Kunstmuseum, Berne). La pâte est moins transparente, plus sensuelle. Le classicisme de La Fresnaye a pris définitivement le pas sur son cubisme tempéré.

samedi 11 juin 2016

Pyotr Konchalovsky (1876-1956) - Nature morte - Pommes sur une table ronde

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Pyotr Konchalovsky (1876-1956)
Натюрморт - Яблоки на круглом столе в 1934 году.
Nature morte - Pommes sur une table ronde, 1934.
Fondation Pyotr Konchalovsky, Moscou

Que voit-on ?  Sur guéridon rond  d'époque fin XIXe siècle dont on aperçoit la ceinture en bois précieux et la bordure du plateau de marbre en bronze ajouré : un lit de verdure composé de grandes feuilles vertes fraiches sur lesquelles sont posée sen deux groupes distinct 8 pommes dont chacune présente un angle différent.

Rappel biographique : Le peintre russe Piotr Petrovitch Kontchalovski était  membre du mouvement artistique Valet de Carreau. (Jack od Diamonds group) Pendant cette période, il a principalement dessiné des natures mortes et des paysages. Ses peintures, comme celles des autres artistes du Valet de Carreau, étaient fortement influencées par  Cézanne. Plus tard, il commença à peindre des portraits qui furent considérés comme des exemples du style du réalisme socialiste soviétique.
Piotr Kontchalovski était un peintre très prolifique. Il  est connu pour avoir créé plus de 5000 œuvres dont beaucoup de natures mortes.

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vendredi 10 juin 2016

Pompei, Nature morte aux dattes, arachides et verre de vin cuit




Pompei
Nature morte aux dattes, arachides et verre de vin cuit
Musée de Naples

Que voit on ?  Présenté sur deux étages comme c'est l'habitude dans les natures mortes de l'antiquité, une ensemble de fruits secs pour une collation; A l'étage inférieur : un  fragment de coque d'arachide, une datte et une verre contenant du vin cuit.  A l'étage supérieur : un plateau rond en argent dans lequel  lil y a trois dattes et des arachides dans leurs coques. une nature morte minimaliste avant la lettre peinte a fresco il y a plus de 2000 ans sur un mur d'une villa de Pompei.

Rappel historique : Pline l'Ancien raconte que dans la Grèce antique, le peintre Piraikos qui vivait au 3e siècle avant notre ère, vendait déjà fort cher ses " Provisions de cuisine ", des tableaux de chevalets représentant des victuailles ou des instantanés d'échoppes de cordonniers et de barbiers. Dans la hiérarchie des genres picturaux d'alors, ces représentations de provisions de cuisine sont déjà considérées comme un genre mineur... et  elles le resteront pendant de longs siècles... au moins jusqu'à Chardin, si ce n'est jusqu'à Cézanne. Genre mineur donc, loin derrière les sujets religieux, les portraits et les paysages, mais genre que les commanditaires s'arrachent pourtant !
Le grec Piraikos reste le plus célèbre des peintres de ce genre. Hélas, aucun exemple n'est parvenu jusqu'à nous de ces peintures des menus objets du quotidien par Piraikos,  peinture que l'on nommait à cette époque Rhyparographie.
A la même époque, un autre peintre grec, Zeuxis rivalisait avec la nature au point que des oiseaux voulaient picorer les raisins qu'il peignait et qu'il passe être l'inventeur du réalisme et  de l'illusionnisme  ne peinture, pour ne pas dire du premier trompe-l'oeil. Il faut là encore faire confiance au récit de Pline l'Ancien, car aucun exemple de cet art ne nous est parvenu.
Les premières natures mortes connues du monde occidental sont des fresques et des mosaïques du 1er siècle de l'ère chrétienne, provenant de Campanie (Herculanum et Pompéi) ou de Rome. Elles sont exécutées dans un style réaliste et illusionniste : fruits veloutés, poissons et volailles posés sur une marche de pierre ou sur deux étagères d'un garde manger, généralement en trompe l'œil avec des ombres portées, ou quelquefois dans des coupes en verre avec des transparences subtiles.
Ces peintures évoquent le xenion antique, un cadeau fait de denrées qu'un hôte doit offrir à ses invités. Pourtant la nature morte de l'Antiquité possède une autre ambition que celle du seul plaisir mimétique. Comme le précise Charles Sterling : « Il est clair que les natures mortes hellénistiques et romaines qui représentaient des mets prêts à être consommés comportaient une allusion épicurienne ». On trouve ainsi assez fréquemment des mosaïques de natures mortes et des vanités dans les atriums d'été romains, où les convives invités aux repas étaient ainsi encouragés à cueillir le jour qui passe, Carpe diem selon la célèbre formule d'Epicure, à profiter de la vie tant qu'il était encore temps de le faire. Une déclinaison plus sophistiquée de la tradition égyptienne pharaonique qui voulait que l'on fît passer un cadavre devant les convives avant de commencer un repas pour leur rappeler l'impermanence de la vie !  Les natures mortes garderont tout au long des siècles jusqu'à nos jours,  cette signification épicurienne.

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jeudi 9 juin 2016

Pablo Picasso (1881-1973) - Nature morte au pichet



Pablo Picasso (1881-1973)
Nature morte au pichet (1938)
Collection particulière

Que voit on ?  Un pichet d'eau à anse, de couleur noire dont la forme et le dessin qu'il contient peuvent évoquer la forme d'un visage ;  une coupe de fruits contenant des oranges, un citron, une poire et de la verdure. Comme dans les natures mortes de l'âge d'or espagnol (celle de Cotan notamment) cette composition s'inscrit dans un cadre. Ici c'est celui d'un fenêtre dont la poignée ouvragée constitue même l'élément central de la composition.  Le thème de la  " nature morte au pichet " a été abordé de nombreuses fois par Picasso tout au long de sa vie et quelles que soient les périodes traversées. C'est un thème rémanent du cubisme à l'abstraction. En 1938 il n'en peignit pas moins de cinq sur ce thème ! 

Rappel biographique : le peintre espagnol Pablo Ruiz y Picasso qui a passé l'essentiel de sa vie en France, fut aussi dessinateur et sculpteurUtilisant tous les supports pour son travail, il est considéré comme le fondateur du cubisme avec Georges Braque auquel son nom est lié surtout dans le domaine des natures mortes. Il est considéré comme l'un des plus importants artistes du 20e siècle tant par ses apports techniques et formels que par ses prises de positions politiques et que par l'immensité de son production tous genre confondus, que l'on chiffre à près de 50 000 œuvres.
Les premiers collages et assemblages sont réalisés pendant l'hiver 1912, Nature morte à la chaise cannée (Paris, Musée Picasso), Guitare(s) en carton (Paris, Musée Picasso). A partir des années 20 ses natures mortes seront très proches, sur la même ligne de conception " cubiste analytique " que celles de George Braque, dont il devient un temps l'intime avant de s'en séparer définitivement.  Il y eut une connivence d'inspiration très rare entre ces deux peintres pendant une certaine période de leur vie et en particulier dans le domaine particulier du traitement de la nature morte. 
Picasso peint  beaucoup d'autres natures mortes après la Seconde guerre mondiale et hors de la période cubiste, mais ce n'est pas un genre qui tient une place aussi essentielle dans son oeuvre que dans l'oeuvre de Georges Braque.
Deux figures au bord de la mer est peint en janvier 1931, et en mars, Nature morte sur un guéridon. Cette année-là, voit également l'édition de deux livres majeurs : Les Métamorphoses d'Ovide (Lausanne, Skira) et Le Chef-d'œuvre inconnu de Balzac (Paris, Ambroise Vollard).
En 1932, Jeune fille devant le miroir est finie. Une rétrospective à la galerie Georges Petit, puis au Kunsthaus de Zurich, a lieu en juin. Picasso travaille à Boisgeloup aux têtes sculptées d'après Marie-Thérèse et à la série de dessins d'après La Crucifixion de Matthias Grünewald. De juin à septembre 1934, il fait des séries de corridas, peintes, dessinées et gravées. En août, il voyage en Espagne avec Olga et Paulo, et se rend aux corridas de Burgos et de Madrid. Il visite le Musée d'Art catalan de Barcelone. Il réalise une série de sculptures à texture moulée : Femme au feuillage et Femme à l'orange. Au printemps 1935, la galerie Pierre expose des papiers collés. Minotauromachie est gravée. Il se sépare d'Olga en juin, et le 5 septembre, naît Maya Picasso, sa fille avec Marie-Thérèse Walter. Le 25 mars 1936 voit le départ secret de Picasso avec Marie-Thérèse et Maya pour Juan-les-Pins. Il fait des gouaches et des dessins sur le thème du Minotaure. Cette même année, au début de la Guerre civile espagnole, il est nommé directeur du Musée du Prado à Madrid. C'est sans doute a cette époque qu'il rencontre les premières natures mortes inscrites dans un cadre du peintre de l'âge d'or,  Cotan.

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mercredi 8 juin 2016

Pierre Alechinsky (1927...)



Pierre Alechinsky (1927...)
Nature morte, 1973
Collection Privée

Que voit on ? C'est une des rare nature morte peinte par Alechinsky et qui soit intitulée comme telle. En noir et blanc cette composition présente  dans un cadre bien délimité à la façon de peintres espagnols de l'âge d'or comme Cotan, un ensemble de fruits et de feuillages dans un ordonnancement disparate

Rappel biographique Pierre Alechinsky est un peintre et graveur, qui réunit dans son œuvre expressionnisme et surréalisme.  Il est devenu  devient très rapidement l'un des acteurs majeurs du monde artistique belge de l'après-guerre. Il fonde avec Olivier Strebelle et Michel Olyff dans une maison communautaire, les Ateliers du Marais. Après sa rencontre avec le poète Christian Dotremont, l'un des fondateurs du groupe CoBrA (mouvement créé en 1948, regroupant des artistes issus de Copenhague, Bruxelles et Amsterdam, qui préconise un retour à un art plus provocant, agressif et audacieux), il adhçre en 1949 à ce mouvement d'avant-garde artistique, rejoignant Karel Appel, Constant, Jan Nieuwenhuys et Asger Jorn. Il participe aussitôt à la « Premiиre exposition internationale de CoBrA » au Stedelijk Museum.
Pendant la brève existence du groupe, il s'y implique très fortement, organisant des expositions, comme la « Deuxieme exposition internationale d'art expérimental CoBrA » au palais des beaux-arts de Bruxelles (1951), et contribuant à la réalisation de la revue « CoBrA ». Le rôle capital que joue pour lui le mouvement CoBrA tient autant aux personnes qu'aux idées défendues : spontanéité sans frein dans l'art, d'oщ rejet de l'abstraction pure et du « réalisme socialiste », refus de la spécialisation.
Aprиs la dissolution du groupe CoBrA, dont il perpétuera l'esprit (« CoBrA, c'est mon école », a-t-il dit), Pierre Alechinsky s'installe а Paris, oщ il va côtoyer les surréalistes. Il va compléter sa formation de graveur et s'initier à de nouvelles techniques à l'Atelier 17, dirigé par Stanley Hayter. C'est l'époque, а partir de 1952, oщ il se lie d'amitié avec Alberto Giacometti, Bram van Velde, Victor Brauner et où il commence une correspondance régulière avec le calligraphe japonais Shiryu Morita de Kyōto.
En 1965, André Breton, un an avant sa mort, invite Pierre Alechinsky а participer а la XIe Exposition internationale du Surréalisme, « L'Ecart Absolu ».
Pierre Alechinsky est depuis lors l'un des artistes contemporains les plus célébrés et exposés, de nomrbeuses commandes officielles lui ont été passées. 
De décembre 2007 à mars 2008, à l'occasion des quatre-vingts ans d'Alechinsky, les Musées royaux des beaux-arts de Belgique de Bruxelles lui rendent hommage аàtravers une exposition rétrospective de l'ensemble de la carrière de l'artiste et c'est à cette occasion qu'il déclara que  " l'Art actuel n'est qu'une question de relation ".
La galerie Lelong à Paris représente et expose régulièrement son œuvre  depuis 1979.

mardi 7 juin 2016

Juan van der Hamen y Leon (1596-1631) - Bodegon con flores

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Juan van der Hamen y Leon (1596-1631) 
Bodegon con flores 
Museo  nacional del Prado, Madrid

Que voit-on ?  Cette  nature est inscrite dans un cadre et sur fond noir à la façon des natures mortes de Cotan. Elle présente à peu près le même type de mise en scène d'objets issue des natures mortes de l'antiquité romaine, dont un seul cependant est suspendu.
Au premier plan sur le rebord du cadre : un plat de fèves, des cardons débités et présentés par l'arrière  et une brosse botte d'asperges sauvages dont trois débordent légèrement du cadre.  Le premier élément un peu étrange de cette présentation étant l'association du  pot de jasmin en fleurs placé juste derrière le plat de fèves !
Sur le côté droit du cadre : un ensemble de fleurs blanches (pivoines, roses et lys) présentées de façon à ne former qu'une seule branche un peu à la façon des guirlandes votives ou des décorations de mariae.
Sur le côté gauche du cadre : un petit vase en terre cuite contenant des iris dont un déborde du cadre et un branche de lilium dont les fleurs montent jusqu'au sommet du cadre , mais sans en déborder.
Au sommet du cadre enfin, suspendus par un anneau en plein centre : un petit panier en osier vu par dessous débordant de cerises   au sommet desquelles apparaissent deux pommes et trois oeillets.

Rappel biographique : le peintre espagnol Juan van der Hamen y Leon (1596-1631) est surtout connu pour ses natures mortes et ses bouquets de fleurs bien qu'il ait peint également des motifs religieux, des paysages et des portraits. Influencé autant par Juan Sanchez Cotan que par la peinture flamande de Frans Snyders dans ses premières natures mortes, il opta finalement pour un naturalisme plus italien et introduisit beaucoup de fraîcheur dans ses compositions. Sa touche est d'une grande délicatesse et d'un absolue précision. Van der Hamen emprunte à Sánchez Cotán le style apparemment sobre de ses compositions mais aussi cette façon systématique de détacher les objets sur un fond sombre et de les éclairer d'une  lumière puissante. Les arrangements en quinconces et les ombres portées renforcent l'impression de précision et révèlent que ces compositions sont finalement tout sauf simples ! A partir de 1626, Van der Hamen peint des natures mortes plus complexes que ses premières en plaçant les objets sur différents niveaux. Ce type de composition que l'on retrouve à Rome au début des années 1620  dans les œuvres de Tomasso Salini et d'Agostino Verrocchi, était déjà présent dans les natures mortes de l'Antiquité que l'on découvrira à Pompei et Herculanum au 18e siècle. Les natures mortes de Juan van der Hamen ont exercé une grande influence sur ses contemporains comme Francisco de Zurbarán et plus tard chez des peintres comme Antonio Ponce et Juan Arellano. Une des caractéristiques de la peinture de Van der Hamen, pour laquelle il était surtout connu de son vivant,  résidait dans la représentation des coûteuses et luxueuses verreries de Venise ou d'Allemagne. Très préoccupé par l'agencement harmonieux des objets et la représentation précise des textures et des lumières, Van der Hamen livre toujours des compositions très géométriques où les cercles et les sphères ont un rôle primordial (comme c'est le cas ici). Contrastant avec cette sévérité géométrique, l'artiste dispose souvent ses objets sur les bords des structures ou sur des escaliers en pierre, en faisant ainsi varier leur distance à partir de la source lumineuse. Les objets représentés, fruits légumes, bois, terre cuite, et  cristaux sont  toujours magistralement rendus avec une science de la répartition des couleurs, des ombres, des reflets et des lumières qui en font un maître d'une sensibilité incomparable.

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lundi 6 juin 2016

Juan Sanchez Cotan (1561-1621)



Juan Sanchez Cotan (1561-1621)
Nature morte au gibier, volaille, légumes et fruits, 1602
Collection Hernani, Museo Nacional del Prado, Madrid

Que voit-on ? La mise en place habituelle sur fond noir dans un cadre et débordant du cadre des éléments de la nature chez ce grand maître espagnol, certains éléments débordant toujours du cadre. Ici  : cardon blanc, navets et carottes blanches (les legumes souvent pris pour modèle par ce peintre pour leur richesse géométrique) et gibiers (6 ortolans) disposés sur une canne de bambou occupent le bas du tableau. Dans le haut suspendus à des fils apparaissent  : 3 citrons, 7 pommes, 2 oiseaux et 2 faisans contrastant avec la monochromie du bas du tableau.

Rappel biographique : Le peintre espagnol Juan Sánchez Cotán, disciple de Blas de Prado fut sans doute l'un des peintres qui bouleversa le plus le genre de la nature morte. Après avoir connu un succès rapide et important en peignant des portraits et des paysages,  il décide d'entrer comme un frère convers  dans l'un des ordres religieux les plus stricts qui soient à l'époque, à la Chartreuse de Grenade, institution pour laquelle il réalisa l'essentiel de ses peintures religieuses. Depuis 1935, une exposition à Madrid a permis de redécouvrir ses oeuvres oubliées depuis sa mort. Il est surtout célèbre  aujourd'hui pour ses natures mortes. Parmi les pièces exposées alors se trouvaient   Nature morte au chardon qui devait être considérée comme l'« une des pierres angulaires de l'histoire de la nature morte en Espagne». Les critiques ont donné à l’austérité des compositions de Cotan et  à leur sobriété, comme par la suite  à celles de Zurbarán, un sens mystique, tout en insistant sur la distance  que ces deux peintres ont pris avec les « natures mortes opulentes » de la  peinture flamande soulignant leur caractère « unique dans le contexte européen, établissant un parallèles avec la littérature espagnole ascétique du siècle d'or  »

dimanche 5 juin 2016

Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779) - Panier de pêches, raisin blanc et raisin rouge, rafraîchissoir et verre

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Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779)
Panier de pêches, raisin blanc et raisin rouge, rafraîchissoir et verre
MbaR, Musée des beaux-arts de Rennes

Que voit-on ?  Sur un entablement de pierre qui est sans doute une encoignure d'office, deux grappes de raisin dont l'une blanche et l'autre rouge et quatre pêches posée s en pyramide sur un plateau. A l'arrière de la composition sur la gauche un rafraîchissoir rempli d'eau glacée dans lequel un verre a été trempée  la tete dans l'eau. Comme à l'habitude chez Chardin, cette nature morte qui représente une scène quotidienne de la vie des cuisines  est prétexte a etude sur la différence des textures : texture brillante et translucide des raisins, texture mat et satinées de la peau des pêches, et double transparence des textures du verre et de l'eau.  Un chef d'œuvre peu connu du maître incontesté de la nature morte.

Rappel biographique : Célèbre pour ses scènes de genre et ses pastels, Chardin est aussi reconnu pour ses natures mortes dont il reste le maître incontesté. D'après les frères Goncourt, c'est Coypel qui en faisant appel à Chardin pour peindre un fusil dans un tableau de chasse, lui aurait donné le goût pour les natures mortes. Ces deux tableaux de réception à l'Académie Royale de peinture sont tous deux des natures mortes, La Raie et Le Buffet qui se trouvent aujourd'hui au Musée du Louvre. Chardin devient ainsi peintre académicien « dans le talent des animaux et des fruits », c'est-à-dire au niveau inférieur de la hiérarchie des genres alors reconnus. Et c'est sans aucun doute Chardin qui va lui donner ses lettres de noblesse et en faire un genre pictural égal, voire même supérieur à bien des égards, aux autres. Les natures mortes qu'il peindra plus tard (à partir de 1750-1760) sont assez différentes des premières. Les sujets en sont très variés : gibier, fruits, bouquets de fleurs, pots, bocaux, verres...  Chardin semble s'intéresser davantage aux volumes et à la composition qu'à un vérisme soucieux du détail, ou aux  effets de trompe-l'œil. Les couleurs sont moins empâtées. Il est plus attentif aux reflets, à la lumière : il travaille parfois à trois tableaux à la fois devant les mêmes objets, pour capter la lumière du matin, du milieu de journée et de l'après-midi. On peut souvent parler d'impressionnisme avant la lettre.

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