mercredi 31 janvier 2018

Paul Cézanne (1839–1906)



Paul Cézanne (1839–1906) 
Nature morte à la théière, 1902-06  
National Museum of Wales 

Que voit on ?  Sur un entablement où l'on a jeté, sans vraiment vouloir l'ordonner, une pièce de tissus à fleurs : une assiette en porcelaine blanche contenant des oranges et sur le coin de table dégagé par le tissu :  un couteau, deux oranges et une théière, l'élément le plus surprenant de la composition par sa blancheur tranchant dans cette harmonie de jaunes et de rouges. 

Rappel biographique : Cézanne a peint environ 300 tableaux et parmi ses premières « obsessions picturales », ce sont les natures mortes qui arrivent en tête, et notamment les pommes. Pour Cézanne, la nature morte est un motif comme un autre, équivalent à un corps humain ou à une montagne, mais qui se prête particulièrement bien à des recherches sur l'espace, la géométrie des volumes, le rapport entre couleurs et formes : « Quand la couleur, est à sa puissance, la forme est à sa plénitude » disait-il. Incomprises en leur temps, les natures mortes de Cézanne sont devenues depuis lors l'un des traits caractéristiques de son génie. 

mardi 30 janvier 2018

Felice Casorati (1883-1963)


Felice Casorati (1883-1963)
Le uova sul libro,  1949
Musée d'Art Moderne et Contemporain, Bergame

 Que voit on ?  Posés sur un unique de livre fermé : six oeufs.

Rappel Biographique : Felice Casorati est un peintre italien du xxe siècle, souvent  apparenté au "réalisme magique",  appellation utilisée a partir de 1925 pour définir des productions artistiques perçus comme « magiques » ou « irrationnels »  qui surgissent dans un environnement défini comme « réaliste ». Un sorte de variation  très conceptualisée du surréalisme...
Felice Casorati nait dans une famille de mathématiciens et scientifiques renommés. Jeune homme, il se consacre à l'étude de la musique avec une telle intensité qu'il en aurait été victime d'une dépression nerveuse à l'âge de 18 ans ! Au cours d'une période de repos à Praglia sur les Colli Euganei, en 1902,  il commence à peindre ses premiers paysages.
En 1907, bien que  diplômé en droit de l'Université de Padoue, il  décide de se consacrer entièrement à la peinture. Portrait d'une dame, une portrait très  élégant de sa sœur Elvira, est accepté par le jury de la Biennale de Venise en 1907.   Le style symbolique et décoratif de la Sécession viennoise  influence désormais  de manière décisive tous ses travaux. Entre 1911 et 1915, il vient vivre  à Vérone et fonde, en 1914, le magazine La Voie Lactée, diffusant des illustrations art nouveau dans le style de Jan Toorop et  d'Aubrey Beardsley.  En 1917, il s'établit à Turin dont il devient rapidement une figure centrale du milieu intellectuel. Dans son atelier de la via Mazzini, il ouvre une école de peinture qui diffuse un enseignement très différent de celui des autres écoles d'art.
En 1931, il se marie avec une de ses étudiantes, Daphné Maugham,  la nièce de Somerset Maugham, qui étudia la peinture à Paris et à Londres et avant d'entrer dans l'atelier de Casorati à Turin en 1926.
En 1934, nait leur   fils Francesco, qui  suivra son père dans la même carrière de peintre.

lundi 29 janvier 2018

Patrick William Adam (1854-1930)


Patrick William Adam (1854-1930) 
The Morning room (1904)
Private collection 

Que voit on ?  un intérieur  donnant sur l'extérieur avec une table de petit déjeuner dressé devant une fenêtre ouvert sur un parc. Un genre dans lequel ce peintre devait devenir une des maîtres absolus, créant une mode de la peinture d'intérieur (avec nature morte incluse !) qui fit fureur au Royaume Uni au début du 20e siècle. 

Rappel biographique : Né à Edimbourg en Ecosse en 1854, Patrick William Adam a déclaré que l'idée de peindre lui est venue en observant " par les paysages émeraude luxuriants de sa patrie ". Fils d'un célèbre avocat, Patrick choisit une carrière dans les arts plutôt que dans le droit ou la politique. Après des études sous la direction de  G.P. Chalmers et W. McTaggart, il partit en voyage en Italie comme à peu près tous les jeunes artistes de son temps, mais aussi en Russie. Exposé à la RSA à l'âge de 18 ans,  il en devenant plus tard un membre  éminent en y exposant au total plus de 164 peintures là-bas. 
C'est par l 'art d'un portrait qu'il commence son métier de peintre avant de se spécialiser dans la peinture de paysage. En 1902, Adam déménagea dans une maison nommée Ardilea dans Dirleton Road, à North Berwick et y resta jusqu'à sa mort en 1929. C'est dans cette maison qu'il  peignit ce qui fut la marque de son oeuvre :  des scènes d'intérieurs intimistes où se mêlent nature morte et paysage.  La plupart de ses célèbres intérieurs ont  été peints entre 1904 et 1910. Ces intérieurs, toujours réalisés d'une touche légère et aérienne ne sont pas sans rappeler le style impressionniste de Berthe Morisot, de  Claude Monet et surtout  d'Henri Le Sidaner.  Ls sujets des intérieurs n'étant pas particulièrement courant à la RSA, les tableaux d'Adam se vendirent comme des petits pains !
 «Les exemples qu'il a envoya à la Royal Academy de Londres datent de ses premières oeuvres, et il est intéressant de noter comment  il créa véritablement une mode pour ce type d'oeuvre » (Patrick J. Ford, Peintures intérieures de Patrick W. Adam, RSA, 1920, p.4).
En 1913, un groupe d'artistes partageant les mêmes idées  sur l'esthétique qu'Adam  fondèrent avec  la Société des Huit  Parmi eux :  F.C.B. Cadell, Sir John Lavery et James Paterson. Leur but était d'organiser des expositions privées pour montrer eux-mêmes  leurs oeuvres en dehors du circuit habituels des galeries, des académies et des marchands.  Les intérieurs  très glamour que  Cadell peignit dans les Annes 1920 trouvent sans conteste leur inspiration dans les tableaux d'Adam.
Patrick Adam exposa à la Royal Academy de Londres ainsi qu'à  la RSA. 

dimanche 28 janvier 2018

Paolo Porpora (1617-1673)


Paolo Porpora (1617-1673) 
Nature morte avec un mulet, un chapon, une vive, deux coquillages et un médaillon
Collection Privée, Monaco 

Que voit-on ?  Exactement ce que décrit le titre, dans l'ordre d'apparition à l'image pour employer une formule cinématographique anachronique pour ce tableau datant du milieu du 17e siècle. La précision de la description se reconduit dans la précision de la peinture de chaque détail, le tout mis en scène sur un fond sombre qui souligne d'une façon imparable la moindre variation de coloris.

Rappel biographique : Paolo Porpora  est un peintre italien de la fin de la période baroque, se rattachant à l'Ecole napolitaine, spécialisé dans les natures mortes. Peu d'informations sur cet artiste assez mystérieux dont on sait cependant qu'il fut l'élève de Giacomo Recco, qui l'employa dans son atelier pour réaliser la partie florale de ses natures mortes.
Comme beaucoup de ses contemporains qui voulaient vivre de leur peinture, Paolo Porpora  fut contraint de peindre des natures mortes à  sujet de gibier ou de poissons, celles qui se vendaient le mieux à son époque.  Porpora ne se contenta cependant pas de ces sujets et s'aventura hors des frontières habituelles du genre en peignant des reptiles, des tortues, des champignons, des oiseaux vivants...
Ce qui rend l'appréciation de l'oeuvre de Porpora difficile n'est pas tant le manque de renseignements biographiques (sa biographie est parfaitement documentée) que le peu de toiles qui soient signées de sa main. En réalité il n'y a qu'une seule !!! C'est le biographe du peintre qui en fournissant du vivant même du peintre, la liste de ses sujets préférés  (« poissons, huîtres, escargots, bulots et coquillages et même des lézards, pigeons et autres créatures de cuisine... "), les lieux où ils ont été entreposés et les commanditaires qui ont permis aux experts d'attribuer les tableaux à Porpora.
On s'aperçoit que cet artiste était vite devenu un  expert reconnu de la représentation des formes de vie animale les plus insolites qu'il mettait presque toujours en scène dans des atmosphères de sous-bois directement inspirées des peintres du nord de l'Europe. C'est le cas du tableau de la collection du Musée Pignatelli de Naples et de ceux qui sont exposés au Musée National du Pays de Galles à Cardiff, ou encore des natures mortes du Musée de Capodimonte, de celles de la collection Chigi à Rome, mais de celles identifiées à Stockholm, à Valence ou même de celle du Louvre à Paris (qui présente des oiseaux vivants dans un sous-bois où poussent des champignons).  
Dans toutes ses peintures, Paolo Porpora s'applique  à décrire les animaux avec une exigence de naturaliste tout en soignant particulièrement le rendu lumineux des détails, faisant preuve d'une grande imagination et d'une délicatesse que les experts n'hésitent pas rapprocher d'une inspiration caravagesque. Les effets chromatiques y sont très appuyés et très caractéristiques de la peinture napolitaine de cette époque. Porpora privilégie la lumière contrastée et le clair-obscur typique  qui caractérise là encore beaucoup de peintres du nord de l'Europe. Dans les peintures de Paolo Porpora, les fleurs occupent presque tout l'espace disponible, anticipant le style baroque typique du siècle suivant. 

samedi 27 janvier 2018

Claes van Heussen (1598 – 1633) & Frans Hals (1580/83 -1666)


Claes van Heussen  (1598 – 1633)  & Frans Hals (1580/83 -1666)  
Fruit and Vegetable seller, 1630
Private collection 

Que voit on ?  Fruit and Vegetable seller que l'on peut traduire par La Marchande des quatre saisons est un parfait exemple de la collaboration qui existait entre les maitres de l'âge d'or pour  mener à bien une commande où plusieurs genre picturaux différents étaient présents (ici un portrait de femme et une nature morte).  Encore aujourd'hui dans une collection privée, cette nature morte  célèbre de Claes van Heussen est assez souvent  attribuée au seul génie du Frans Hals... qui certes en avait assez pour peindre la marchande et les fruits mais qui ne se serait jamais fourvoyé dans la facture et encore moins dans la signature d'une nature morte, genre mineur au 17e siècle. Le généreux étalage que l'on voit ici est donc bien entièrement dû au pinceau précis de Claes Van Heussen, alors que Frans Hals s'est concentré sur le portrait de la marchande, celle-ci  étant - dans le cas précis - peinte en premier lieu. On ne connait à ce jour aucune nature morte de Franz Hals. 

 Rappel biographique
Claes van Heussen  est généralement répertorié comme un peintre de nature morte hollandais dont le lieu de naissance est inconnu. Il doit sa célébrité à quelques belles mais très sombres natures mortes de fruits et à une série de Vanités, autant de peintures qu'il réalisées enmoins de 10 années entre 1625 et 1633. Il est enregistré à Haarlem en 1625 et en 1631 il déclare qu'il a 32 ans ; en 1633, l'existence de sa femme est mentionnée dans un document ...en tant que veuve.  Dans les  "minutes" de la ville de Haarlem au chapitre concernant  les membres de la Guilde de Saint-Luc, il est noté en date du 4 avril 1633,  que le chirurgien Jan Snijder et Pieter Jansz Saenredam déclarent aux maires de Haarlem que toutes les peintures qu'ils ont listéesappartiennent désormais à la succession de Claes van Heussen, au nom de sa veuve.  Cela atteste de l'appartenance de Claes van Heussen à la prestigieuse  Guilde Saint LucSa  nature morte la plus célèbre est celle de cette Marchande des quatre saisons, où apparait la jeune femme peinte par Frans Hals. 

Franz Hals est, avec Rembrandt et Vermeer,  l'un des plus importants peintre du siècle d’or. Bien que sans doute d'origine flamande, c'est dans la ville hollandaise de Haarlem qu'à partir de 1591, il fait carrière. Artiste majeur, considéré comme l'un des grands maîtres du portrait, il a également réalisé, surtout au début de sa carrière, plusieurs scènes de genre.
Ses tableaux se distinguent par leur expressivité. Les coups de pinceau détachés sont caractéristiques de sa manière qui introduit une vivacité de style nouvelle dans l'art néerlandais. 
En dehors des portraits, Hals est également l’auteur de quelques scènes de genre, représentant des fêtards, des musiciens, des enfants de pêcheur sur une plage, une marchande de légumes (ci-dessus), la « folle du village » de Haarlem (la « Malle Babbe »), et d’autres sujets du même type, qui semblent avant tout destinés à restituer des « impressions de la vie quotidienne ». Autres genres ?[modifier | modifier le code]
On peut se demander si Hals peignit jamais des paysages, des natures mortes, des scènes dites « historiques » ou des sujets religieux, le premier de tous les genre de son époque. De nombreux artistes néerlandais du 17e siècle faisaient le choix de se spécialiser dans un type d'œuvre déterminé, et il semblerait que Hals fut essentiellement un portraitiste et un peintre de genre. Le Musée d'art occidental et oriental d'Odessa (Ukraine) conserve toutefois des peintures attribuées à Frans Hals, datées de 1625, représentant des évangélistes. Le catalogue raisonné dressé au début du 20e siècle par l'historien de l'art Cornelis Hofstede de Groot recense en outre quatre tableaux à thème biblique (peut-être inauthentiques) : deux Fils prodigue, un Reniement de saint Pierre,  et une Sainte Marie Madeleine.

vendredi 26 janvier 2018

Jean Fautrier (1898-1964) - Le grand sanglier noir ou Le Sanglier Ecorché


Jean Fautrier (1898-1964) 
Le grand sanglier noir ou Le Sanglier Ecorché  1926.
Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris (MAM) , France

Aujourd'hui s'ouvre au Musée d'art Moderne de la Ville de Paris, la troisième rétrospective consacrée depuis au peintre français Jean Fautrier.  S'il vous plait, ne la manquez pas... 
Elle durera jusqu'au 20 mai 2018. 
Les deux précédentes ont eu lieu l'année de sa mort en 1964 et en 1989... 
Que voit on ?  La  référence historique est évidente : « Le Bœuf écorché » de Rembrandt, sans doute la nature morte la plus forte de l'Histoire de l'Art... mais aussi  référence à celle de Goya sur le même thème de l'animal écorché,  une vision que réactive Chaïm Soutine en 1920 mais qui n'a cependant jamais cessé d'être présente depuis les natures mortes de l'antiquité romaine. 
De cette toile très forte conservée au MAM, l'analyste artistique Jacques Tcharny a fort justement écrit : " Le ressenti du spectateur est irréfragable : (...) une panique primitive de ce que pourrait être le destin de l’humanité, une terreur irraisonnée d’un avenir irrémédiable. « L’angoisse de la bête », qui sera une des principales caractéristiques de l’art bi-dimensionnel d’après 1945, est déjà présente ici avec cette différence de taille : l’animal est mort. Mais son côté précurseur ne peut être ignoré.  Fautrier vient frapper à la porte de notre inconscient individuel comme à celui, collectif, des sociétés privilégiées de notre civilisation occidentale... Elle qui paraissait à l’abri des horreurs suprêmes vécues entre 1940 et1945. Sous cet angle, « Le Sanglier écorché » est, tout à la fois, constatation d’un état de fait : celui de la nullité des militaires de 1914, joyeux bouchers du haut-commandement et officiers ; et prémonitoire des catastrophes à venir."

Rappel biographique : le peintre, sculpteur et graveur  français Jean Léon Fautrier est, avec Jean Dubuffet, le plus important représentant du courant de  "l'Art Informel"  appelé aussi " Art Brut " ou   " Tachisme " . L’Art Informel regroupe à la fois le courant de  l’abstraction lyrique avec ses techniques d’expressions essentiellement gestuelles, le matiérisme dont l’objet est de travailler les matières sur les surfaces de la toile, et par rapprochement, le spatialisme dont les recherches portent sur les dimensions de l’espace et du temps et sur la lumière. D’autres courants, comme le mouvement CoBrA, le Groupe Gutai, l’expressionnisme abstrait en Allemagne, l’Action Painting de Jacskon Pollock aux Etats-Unis peuvent être rapprochés aussi de l'art Informel. Fautrier est aussi un pionnier de la technique des hautes pâtes.  Dès l'âge de 14 ans, il étudie l’art à la Royal Academy de Londres et  découvre  les peintures de Turner qui l'impressionnent beaucoup. De retour en France, il est mobilisé en 1917. Gazé à Montdidier, il est définitivement réformé en 1921. Il expose dès 1921 des natures mortes et des portraits. En 1923, il rencontre Jeanne Castel, avec laquelle il vivra un certain temps. En 1924, première exposition personnelle et premières ventes ; l’année suivante, le marchand d’art Paul Guillaume  lui achète quelques tableaux. C’est avec ce même Paul Guillaume que Fautrier passe un contrat d’exclusivité en 1927. Jusqu'en 1933  il se partage entre sculpture, peinture et gravures. Il réalise notamment des gravures pour l'édition illustrée de l'Enfer de Dante préparée par Gallimard, projet qui n'aboutira pas. Quelques unes de ses peintures sont exposées en 1945 à la Galerie Drouin, suscitant une vive admiration de l'intelligentsia parisienne. Le catalogue de l'exposition était préfacé par André Malraux. Dans les années qui suivent, Fautrier travaille à l'illustration de plusieurs ouvrages, parmi lesquels L'Alleluiah de Georges Bataille et enchaîne sur une série consacrée aux petits objets familiers. En  1950, il invente avec sa compagne,  Jeanine Aeply, un procédé complexe mêlant reproduction chalcographique et peinture, qui permet de tirer ses œuvres à plusieurs exemplaires, pour obtenir ce qu’ils appelleront des « originaux multiples ».

jeudi 25 janvier 2018

Franz Radziwill (1895-1983)


Franz Radziwill (1895-1983)  
Stilleben mit Krug und Pfeife.

Que voit on ? Une nature morte au pichet esquissée devant un paysage de campagne. Sur la table : une pipe et une bougie, toutes deux éteintes. 

Rappel biographique :  Franz Radziwill est un peintre allemand  dont la majeur partie de l' oeuvre est conservé aujourd'hui  MOMA à New York.  Il est resté célèbre pour s'être s' intéressé au groupe Die Brücke (Le Pont), une association d'artistes expressionnistes formé à Dresde en 1905. Die Brücke compta parmi ses premiers membres quatre étudiants en architecture issus du Jugendstil, influencés par Hermann Obrist :  Ernst Ludwig Kirchner (1880-1938), Erich Heckel (1883-1970), Fritz Bleyl (1880-1966), Karl Schmidt-Rottluff (1884-1976). En 1906 y adhèrent aussi Emil Nolde (1867-1956) et Max Pechstein (1881-1955) de même que Otto Mueller (1874-1930) en 1910. 
Le fauve Kees van Dongen se rapprocha également du groupe et fut ainsi l'intermédiaire entre le groupe allemand et ses amis français. Franz Radziwill rejoignit Die Brücke en 1920.  
En 1921, Rosa Schapire, historienne de l'art, et Wilhelm Niemeyer, professeur à l'école des arts et métiers de Hambourg, fondent le journal Die Kündung,  plus ou moins le porte parole avoué de Die Brücke à travers des conférences, des événements et des publications originales. 
Die Kündung fut ainsi le premier media à présenter des estampes originales de Franz Radziwill, Siegfried Schott, Lasar Segall .. ainsi que des illustrations gravées sur bois de poèmes dans lesquels un lettrage grossier et brut reflétait le ton extatique et le langage primitiviste des textes. En outre, la publication comprenait des nouvelles et des essais critiques sur l'art et la littérature, imprimés dans une grande variété de caractères et avec des initiales ornementales par Schmidt-Rottluff. L'utilisation expérimentale de la typographie par la revue la distinguait  des autres périodiques expressionnistes. 

mercredi 24 janvier 2018

François Bonvin (1817-1887)


 François Bonvin (1817-1887)
 Nature morte aux pommes et au pichet (1870) 

Que voit on ?  Un thème classique de la nature morte dont l'objet principal (le pichet) est surtout remarquable à travers un unique reflet cinglant dans les ténèbres tel un éclair de foudre. Quelques pommes rouges surgissant d'un clair-obscur dans la veine de Le Nain font le reste. Sur la gauche de la composition: une moitié de pomme apporte par sa blancheur éclatante le contrepoint lumineux au reflet du pichet. Une poire, tapie dans l'ombre, mais que l'on imagine délicieuse et généreuse est tenue volontairement à l'écart  de toute cette agitation lumineuse.
Chardin et Le Nain furent ici incontestablement les inspirateurs de Bonvin.

Rappel biographique : Le peintre et graveur français François Bonvin est  considéré par beaucoup comme l'un des meilleurs peintres de genre et de nature morte du 19e siècle. Sa description des milieux modestes dont il est issu est accueillie favorablement par la critique et le marché de  'art de son temps qui le rapproche souvent dans la thématique choisie par un Le Nain par exemple. François Bonvin fut d'abord influencé par les artistes flamands comme Pieter de Hooch, mais son style évolua assez rapidement pour devenir plus réaliste et ressembler finalement beaucoup à celui de Chardin. Cela ne signifie pas que Bonvin n'a pas sa propre personnalité qui s'exprime d'ailleurs beaucoup plus dans ses natures mortes que dans ses tableaux de genre. 

mardi 23 janvier 2018

Giorgio Morandi (1890-1964) - Natura Morta 1960


Giorgio Morandi (1890-1964)
Natura Morta 1960 

Que voit on ?  Le theme habituel de Morandi, les bouteilles peintes d'après les moulages en plâtre qu'il exécutait avant chaque peinture. Cette aquarelle et sa palette minimaliste de trois couleurs apportent à ce thème répété de façon obsessionnelle chez ce peintre, un aspect presque immatériel d'autant plus troublant à observer que la vie du peintre approche de son terme.  

Rappel biographique : Le peintre italien Giorgio Morandi, bien que qualifié de futuriste ne peut être identifié à aucun mouvement pictural du 20e siècle en particulier. Ayant peint de très nombreuses natures mortes, l’œuvre de Cézanne représente évidemment une influence majeure pour lui ; il lui emprunte la monumentalité des formes et les zones denses de couleurs. Mais simultanément, il développe une approche beaucoup plus intime de l’art.
Les natures mortes de Giorgio Morandi représentent des objets toujours ordonnés avec soin sur une table dans l'atelier, pour être observés et peints. Ces objets qu'il a lui même achetés chez des brocanteurs, qui lui ont été donnés par des amis ou qu'il a ramassés dans la rue, sont facilement identifiables de toile en toile ; ce sont des bouteilles, cubes,  entonnoirs auxquels viennent se mêler, à l'occasion mais rarement, un coquillage ou un fruit. Le positionnement des objets dans le cadre est réalisé avec une attention particulière portée à la " géométrisation" de l'espace qui peut alors se lire en carrés et diagonales. Un lent travail de maturation est mis en œuvre par le dessin et la peinture par reprises successives, superpositions de couleurs faites d'une pâte ample avec des dégradés de gris d'une extrême sensibilité, qu'amplifie une sorte de délectation morose. Morandi avait la réputation de broyer lui-même ses couleurs.

lundi 22 janvier 2018

Jean Fautrier (1898-1964) - Nature morte aux poires,


Jean Fautrier (1898-1964) 
Nature morte aux poires, vers 1927 
Kunstmuseum, Zurich
Que voit on ? Sur ce que Fautrier dessine intentionnellement comme un coin de table gris qui se perd dans le flou d'une autre grisaille : trois poires vertes, trois traces de vie éclairant la nuit. 
Rappel biographique : Le peintre, sculpteur et graveur français Jean-Léon Fautrier est, avec Jean Dubuffet, le plus important représentant du courant de  "l'Art Informel"  appelé aussi " Art Brut " ou   " Tachisme " . L’Art Informel regroupe à la fois le courant de l’abstraction lyrique avec ses techniques d’expressions essentiellement gestuelles, le matiérisme dont l’objet est de travailler les matières sur les surfaces de la toile, et par rapprochement, le spatialisme dont les recherches portent sur les dimensions de l’espace et du temps et sur la lumière. D’autres courants, comme le mouvement CoBrA, le Groupe Gutai, l’expressionnisme abstrait en Allemagne, l’Action Painting de Jacskon Pollock aux Etats-Unis peuvent être rapprochés aussi de l'art Informel. Fautrier est aussi un pionnier de la technique des hautes pâtes.  Dès l'âge de 14 ans, il étudie l’art à la Royal Academy de Londres et  découvre  les peintures de Turner qui l'impressionnent beaucoup. De retour en France, il est mobilisé en 1917. Gazé à Montdidier, il est définitivement réformé en 1921. Il expose dès 1921 des natures mortes et des portraits.
En 1923, il rencontre Jeanne Castel, avec laquelle il vivra un certain temps. En 1924, première exposition personnelle et premières ventes ; l’année suivante, le marchand d’art Paul Guillaume  lui achète quelques tableaux. C’est avec ce même Paul Guillaume que Fautrier passe un contrat d’exclusivité en 1927. Jusqu'en 1933  il se partage entre sculpture, peinture et gravures. Il réalise notamment des gravures pour l'édition illustrée de l'Enfer de Dante préparée par Gallimard, projet qui n'aboutira pas. Quelques unes de ses peintures sont exposées en 1945 à la Galerie Drouin, suscitant une vive admiration de l'intelligentsia parisienne. Le catalogue de l'exposition était préfacé par André Malraux. Dans les années qui suivent, Fautrier travaille à l'illustration de plusieurs ouvrages, parmi lesquels L'Alleluiah de Georges Bataille et enchaîne sur une série consacrée aux petits objets familiers. En  1950, il invente avec sa compagne,  Jeanine Aeply, un procédé complexe mêlant reproduction chalcographique et peinture, qui permet de tirer ses œuvres à plusieurs exemplaires, pour obtenir ce qu’ils appelleront des « originaux multiples ».

Jean Fautrier est un très grand peintre français, injustement oublié de ce début de 21e siècle auquel  le MAM (Musée d'art Moderne de la ville de Paris) consacre une rétrospective du 26 janvier au 20 Mai  2018. C'est la troisième seulement consacrée à ce grand peintre après celles de 1964 et de 1989.    

dimanche 21 janvier 2018

Mela Muter (1886-1967)


Mela Muter (1886-1967) 
Nature morte  avec dame-jeanne
Collection Privée

 Que voit-on ?  Une composition très  lumineuse et estivale où sur une table de cuisine recouverte de papier journaux gisent quelques raisins, des pommes du jardin et la fameuse dame-jeanne (ou tourie), un contenant  très familier en Provence, contenant dans lequel il ne reste d'ailleurs plus beaucoup de contenu. La légende dit que, lorsque la Reine Jeanne chassée de son royaume de Naples, vint se réfugier dans son comté de Provence en 1347, elle fut surprise en route par un violent orage. On lui indiqua alors pour asile le petit château d'une gentilhomme verrier dans le hameau de Saint-Paul la Galline Grasse. Après y avoir passé la nuit, la reine désira regarder le verrier fabriquer ses flacons. Un peu troublé par la présence royale, le verrier souffla si fort dans le mors de sa canne qu'il réalisa une bouteille énorme qui fit l'admiration de tous par sa contenance, d'une dizaine de litres au moins. Il décida d'en lancer la fabrication et de l'appeler la Reine-Jeanne, mais la souveraine qui craignait sans doute un peu de laisser son nom à une bonbonne, lui suggéra de lui donner modestement le  nom de « dame-jeanne ».

Rappel biographique :  Mela Muter, pseudonyme de Maria Mélania Mutermilch, est une artiste-peintre française d'origine polonaiseEn 1901, après une année de cours à l'école de dessin pour femmes de J. Kotarbinski, elle arrive à Paris et s’inscrit à l'Académie Colarossi puis à l'Académie de la Grande Chaumière. Elle expose régulièrement au Salon d'automne, au Salon des Tuileries et au Salon des Femmes Artistes Modernes dans les années 30. Parmi les artistes que fréquente Mela Muter figurent entre autres la peintre australienne Bessie Davidson (cofondatrice du Salon des Tuileries), et Kees van Dongen avec lesquels elle expose. Elle fait des expositions remarquées chez Druet, Billiet et à La Renaissance. А l'étranger, elle fait une grande exposition à Barcelone à la galerie Dalman, en Allemagne à la galerie Tannhauser et à Washington au Carnegie Institute. Elle brosse le portrait de ses amis : ClemenceauRavelSatie, ainsi que de Rainer Maria Rilke, avec lequel elle a entretenu une liaison. Elle passa une partie de sa vie en Provence et notamment dans le petit village de Villeneuve-les-Avignon. Ses œuvres figurent dans les collections Bader, Paul Clemenceau et Arthur Fontaine.

samedi 20 janvier 2018

Mikhaïl Chemiakine (né en 1943)



Mikhaïl Chemiakine (né en 1943)
Nature morte (1975)

 Que voit-on ?  Des éléments sans rapport apparents les uns avec les autres (ce qui est le propre d'une nature morte finalement)  gisant ici sur un fond  neutre et partageant en commun une certaine position d'abandon. 

Rappel biographique :   Chemiakine (Михаил Михайлович Шемякин) est un sculpteur, peintre, décorateur de théâtre russe, représentant de l’art "non-conformiste" de Saint-Pétersbourg.
Chemiakine nait dans une famille de tradition militaire si bien qu'il  reçoit l’une des premières médailles de l’Ordre du Drapeau rouge à l’âge de treize ans. Dans la foulée, il passe ses premières années en Allemagne de l’Est, où son père est cantonné. En 1957, lorsque sa famille retourne en Union Soviétique,  il étudie à l’école secondaire des arts affiliée à l’Académie russe des beaux-arts à Léningrad. En 1961, il est obligé de suivre un traitement psychiatrique pour le "guérir" de ses pensées non conformes aux normes soviétiques.
Trois ans plus tard, en 1964,  il obtient un poste au Musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg où il organise une exposition qui vaut au directeur d’être licencié et à tous les participants d’être forcés de démissionner ! En 1967, il coécrit, avec le philosophe Vladimir Ivanov, un traité nommé "Synthétisme métaphysique", dans lequel il expose ses principes artistiques. La même année, il crée le "Groupe d’artistes de Saint-Pétersbourg".
En 1971, il est forcé de s’exiler d’Union soviétique pour ne pas s’être conformé aux normes du réalisme socialiste soviétique.
Il s'installe en France, où il est accueilli dans le milieu des exilés russes par Marina Vlady et Vladimir Vyssotski. En 1977, il publie Apollon-77, un almanach d’art post-stalinien, de poésie et de photographie. En 1981, il déménage à New York.
Depuis 2007, Mihaïl Chemiakin vit en France. Très attaché à la ville de Loches (Indre-et-Loire), il y possède une propriété dans la cité médiévale près de la collégiale Saint-Ours.

vendredi 19 janvier 2018

Maerten-Boelema de Stomme (1611-1644),



Maerten-Boelema de Stomme  (1611-1644)  
Still-Life with a Bearded Man Crock and a Nautilus Shell Cup
Hallwyl Museum, Stockholm

Que voit on ? Bien que ce soient la baudruche en argent ciselé et la coupe Nautile qui retiennent l'attention du peintre dans le titre, et qui émergent du luxueux désordre (très ordonné) de cette somptueuse nature morte très caractéristique de l'âge d'or hollandais, l'attention du spectateur se porte, non pas sur le hareng grillé à point et à peine entamé dans son plat d'argent, ni sur les citrons coupés et recoupés en zestes dans tous les sens (ce qui symbolise une vie assez proche de son terme), ni même sur les quelques malheureuses coquilles de noix vides qui jonchent la table... ce ne sont pas non plus sur les merveilleux verres en cristal qui hantent le fond du tableau dans une lumière sépulcrale,...non ce qui retient l'attention du spectateur c'est cette grande nappe blanche éclatante dans une atmosphère très sombre et surtout les trois plis de la serviette non pas jetée au hasard mais soigneusement arrangée et calée pour rehausser le plat en argent où est présenté un pain non entamé, symbole de résurrection et de vie éternelle pour les croyants chrétiens.
Ici, chez ce très grand peintre de la vie et la mort qu'est Maerten Boelema de Stomme, c'est la vie qui est mise en lumière alors que la mort s'apprête à effectuer son passage prochain...

Rappel biographique : Le peintre Maerten Boelema de Stomme est un peintre néerlandais de l'époque de l'âge d'or de la nature morte hollandaise.C'est peu de dire qu'il en est même un des représentants les plus illustres.  Le surnom  de «le muet» (de stomme) qui lui fut donné se réfère au fait qu'il était sourd et muet. Il signait d'ailleurs ses oeuvres  'M.B. de Stomme'  '"M.B le Muet"). Maerten Boelema était un élève de Willem Claeszoon Heda (connu aussi comme) Willem Claesz qui fut un des grands maîtres hollandais du genre. Maerten Boelema mourut jeune, à l'âge de 33 ans. Extraordinaire histoire que celle de cet artiste qui  a peint toutes les natures mortes que nous connaissons de lui aujourd'hui - c'est à dire une vingtaine -  dans les deux dernières années de sa vie (1642-1644) ! Compte tenu de la perfection de son style, on peut imaginer ce qu'aurait été l'œuvre de ce peintre s'il avait pu vivre plus longtemps. Comme son maître Claesz, Maerten Boelema est un peintre qui maîtrise parfaitement les transparences et qui a beaucoup peint de nautiles.

2018 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau, #AStillLifeCollection, #NaturesMortes 

jeudi 18 janvier 2018

Marc Chagall (1887-1985) - Lunaria (Les monnaies du Pape)


Marc Chagall (1887-1985)
Lunaria (Les monnaies du Pape),1967
Collection privée

Que voit-on ? Dans une atmosphère d'une éblouissante blancheur : un bouquet de fleurs rouges et une corbeille de fruits (des poires ou des citrons)... mais Chagall veut retenir dans le titre de son tableau uniquement cet immense et immatériel bouquet de Lunaria, connu sous le nom vulgaire de Monnaie du Pape, assemblées dans le vase qui occupe la droite de la composition.

Rappel biographique : Le peintre français d'origine biélorusse Marc Chagall est l'un des plus célèbres artistes installés en France au 20e siècle avec Pablo Picasso. Son œuvre, sans se rattacher à aucune école, présente des caractéristiques du surréalisme et du néo-primitivisme. Inspirée par la tradition juive, la vie des villages juif en Europe de l'Est et le folklore russe, elle élabore sa propre symbolique, autour de la vie intime de l'artiste. L'emploi de la couleur chez Chagall est très personnel. Dans ses illustrations de La Bible et Le Message biblique, notamment, on voit qu'une barbe peut être tour à tour violette, bleue ou verte. Il renverse les impressions chromatiques habituelles, et emploie la palette pour structurer l'espace de la toile davantage que pour traduire la réalité.   " Mon cirque se joue dans le ciel, disait il,  il se joue dans les nuages parmi les chaises, il se joue dans la fenêtre où se reflète la lumière "  Il  a peint plusieurs natures mortes dont beaucoup ont déjà été publiées dans ce blog (cliquer sur son nom pour les consulter toutes) 

2018 - A Still Life Collection 
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mercredi 17 janvier 2018

Alberto Giacometti (1901-1966)





Alberto Giacometti (1901-1966)
Pommes dans l'atelier, 1950
Private collection

Que voit on ? Dans l'atelier du célèbre peintre et sculpteur traité en grisaille, posés sur un tabouret trois pommes rouges peintes dans leur couleur éclairent toute la toile d'une lumière presque surnaturelle sans pour autant gommer chaque détail de l'atelier : les toiles en devenir, une ou deux sculptures en sentinelles dans le lointain, les pieds de l'établi...  Il existe plusieurs versions de ces pommes sur un tabouret peintes exactement à la même époque. Ce blog en présentent deux réalisées dans le même cadrage mais avec des différences de lumière et de mise en scène assez sensible. 

Rappel biographique : Alberto Giacometti est un sculpteur et un peintre suisse dont les  peintures et dessins représentent un part importante de l'œuvre. Connu essentiellement pour ses portraits, il a peint également peint quelques paysages, des natures mortes avec une prédilection pour les pommes (et pas seulement dans sa jeunesse) et des tableaux abstraits (entre 1920 et 1930). L'atelier représenté ici est « la caverne-atelier »  dans lequel il a aménagé en décembre 1926 au n° 46, rue Hippolyte-Maindron dans 14e arrondissement de Paris. Malgré la petite taille et l'inconfort du lieu, il ne le quittera plus jamais. Son frère Diego, remarquable peintre de montagnes, l'y rejoint de façon permanente en 1930. Bien que l'essentiel de sa production soit fait à Paris, Alberto Giacometti retourne régulièrement en Suisse, où il travaille dans les ateliers de son père, à Maloja, hameau de Stampa.
C'est en 1946-1947 que s'affirme le nouveau style de Giacometti, caractérisé par de hautes figures filiformes. Sa production est stimulée par les relations qu'il renoue avec le marchand new-yorkais Pierre Matisse, qui accueille sa première exposition personnelle d'après-guerre en janvier 1948. 
En juin 1951 a lieu sa première exposition d'après-guerre à Paris, à la galerie Maeght, où son ami Louis Clayeux l'a convaincu d'entrer. Il y présente des œuvres déjà montrées à la galerie Matisse, et plusieurs œuvres nouvelles, toutes en plâtre, dont Le Chat et Le Chien.
Contrairement à une légende qui veut que Giacometti ait peint des natures mortes uniquement que dans sa jeunesse, les faits, têtus, prouvent le contraire puisque certaines d'entre elles passées récemment en vente chez Christie's sont  datées et signées de 1957 !  

mardi 16 janvier 2018

Maya Kopitseva (1924-2005)


Maya Kopitseva (1924-2005) 
Tea service on the green table cloth, 1958
Musée d'Etat Russe

Que voit on ?  Sur une nappe verte  qui occupe quasiment toute la superficie de la composition : un service à thé composé d'une théière en argent, d'une tasse et d'une sous-tasse assortie, d'une tasse et d'une sous-tasse dépareillée, d'un pot à lait et d'un citron qui claque dans le vert dominant. Une oeuvre très caractéristique du style académique soviétique de l 'Ecole de Leningrad mais qui a su garder, comme l'ensemble des oeuvres de cette peintre, un caractère profondément russe.

Rappel biographiqueLa peintre russe-soviétique Maya Kouzminitchna Kopitseva,  artiste émérite de la RSFSR, a vécu et travaillé à Leningrad (Saint-Pétersbourg). Elle est considérée comme l'une des principales représentantes de l'Ecole de peinture de Leningrad. Elle est devenue célèbre avec  ses natures mortes, ses portraits, ses scènes de genre et ses croquis sur le vif tiré des scènes  la vie quotidienne. Maya Kopitseva fut membre de l'Union des Artistes de Saint-Pétersbourg dès 1951.
Elle était mariée  au  célèbre peintre et pédagogue soviétique Anatoli Levitin, surnommé dans l 'ex URSS, l'Artiste du Peuple. En 2001, quelques années après la chute du régime soviétique,  Maya Kopitseva a reçu le titre honorifique d''artiste émérite de la Fédération de Russie.  Elle est morte à Saint-Pétersbourg en 2005. Ses peintures sont conservées au Musée d'Etat russe, dans plusieurs musées et collections privées en Russie, Italie, États-Unis,  Japon, Chine, France...

lundi 15 janvier 2018

Max Beckmann (1884-1950)



Max Beckmann (1884-1950) 
Still life with candles and mirror, 1930
Private collection 

Que voit-on ?  Posés sur un guéridon en demi-lune dont le fond est occupé par un miroir rectangulaire,  peints dans l'atmosphère assez sombre caractéristique de ce peintre, trois bougeoirs, chacun armé d'une chandelle. Deux chandelles sont allumées mais, malgré leur flamme ardente, semblent éteintes. Un bougeoir est renversé et sa flamme éteinte découvre une mèche en forme de point d'interrogation. Il y aussi une cruche en verre transparent à moitié remplie d'eau et empêchée de se refléter dans le miroir par un rideau rouge et un journal dont on voit uniquement le reflet dans le miroir, l'original se trouvant quelque part au-delà de la scène peinte.

Rappel biographique : Le peintre allemand Max Beckmann était aussi graveur, sculpteur et écrivain  et appartenait au Mouvement Expressionniste et plus précisément à la tendance Neue Sachlichkeit (Nouvelle objectivité) de ce mouvement.  Il connut un immense succès en Allemagne jusqu'en 1933,  date à laquelle Hitler arriva au pouvoir et décide que la peinture moderne est dégénérée. Beckmann faisait partie de ces peintres dégénérés que les Nazis persécutèrent pour leur expression artistique. Il dut démissionner de toutes ses fonctions pédagogiques officielles avant que 500 de ses oeuvres ne soient saisies dans les musées. Il quitta l'Allemagne le jour même où Hitler fit son discours sur l'art dégénéré à la radio. Beckmann se réfugia en Hollande pendant 10 ans, puis s'exila définitivement aux Etats-Unis, après la guerre. Le petit nombre de ses natures mortes qui sont parvenues jusqu'à nous sont toutes empreintes d'un symbolisme très puissant.

dimanche 14 janvier 2018

Kishida Ryûsei (1891-1929)


Kishida Ryûsei (1891-1929) 
Still Life (Teacup, Bowl and Three Apples), 1917 
 Osaka City Museum of Modern Art

Que voit-on ? Sur un entablement de bois sombre posé contre un mur lézardé, trois pommes vertes, une tasse en porcelaine ancienne ébréchée et un vase dans la même porcelaine, elle aussi ébréchée. L'ensemble des objets représentés est légèrement déformé dans le sens de la hauteur, créant ainsi une impression d'étirement. 

Rappel biographique : Ryūsei Kishida (岸田劉生), est un peintre japonais de l'ère Taishō et Showa, fils de Kishida Ginkō (岸田吟香). Bien qu’inconnu en Occident, Ryūsei Kishida est considéré au Japon comme l’un des plus grands peintres du xxe siècle. Lié au mouvement Shirakaba (1910-1923), il symbolise, dans les manuels scolaires par exemple, la modernité de l’ère Taishō (1912-1926). Depuis les années 1940, plusieurs grands historiens de l’art japonais moderne ont travaillé sur son œuvre, mettant en évidence la spécificité de son réalisme et sa critique originale des avant-gardes. En dépit du petit format de ses tableaux, il est l’un des artistes les plus cotés sur le marché nippon. En 2000, sa toile Reiko un châle sur les épaules (1920) a été adjugée 360 millions de yens, établissant le record pour une œuvre moderne japonaise.
Parallèlement à la peinture, Ryūsei Kishida a beaucoup écrit tout au long de sa vie. De son vivant, il a publié trois livres de réflexions sur l’art, dont Les débuts de la peinture ukiyoe aux éditions Iwanami (1926). Son journal fournit par ailleurs un extraordinaire témoignage sur la vie des artistes et intellectuels de l’époque. Ses œuvres complètes ont été rassemblées en 10 volumes aux éditions Iwanami (1979-80).




samedi 13 janvier 2018

Kenneth Stubbs (1907-1967)



Kenneth Stubbs (1907-1967)
Still Life with Pears, 1964

 Que voit-on ? Trois poires et une orange traitées dans un entrelacement de courbes et de couleurs à donner le vertige....

Rappel biographique : le peintre américain  Kenneth Stubbs a été fortement influencé dès son adolescence et sa jeunesse par les cubistes français comme Juan Gris et surtout Georges Braque. Il s'intéressait beaucoup (jusqu'à l'obsession souvent) au principe du Nombre d'or et à la proportion idéale que ce dernier est censé permettre d'atteindre. Stubbs consacra beaucoup de son énergie à en explorer l'utilisation à travers les siècles chez les maîtres du passé avant de l'appliquer à ses propres compositions. Ses natures mortes sont remarquables aussi par une conception nouvelle du mouvement qu'elles appliquent au modèle cubiste, en alternant notamment lignes droites et couleurs.

vendredi 12 janvier 2018

Paul Cézanne (1839-1906) - Nature morte avec carafe, cruche à lait, bol et orange



Paul Cézanne (1839-1906)
Nature morte avec carafe, cruche à lait, bol et orange, 1879-80
Collection privée

Que voit on ? Sur un entablement qui semble être de bois, répartis comme dans un paysage, de gauche à droite : une carafe d'eau en verre transparent ; une cruche à lait en étain ; un bol en céramique vernissée à motif de fleur ; une orange ; un drapé blanc qui est celui du serviette froissée ou d'une nappe que l'on n'a pas encore complètement dépliée.

Rappel biographique : Cézanne a peint environ 300 tableaux et parmi ses premières « obsessions picturales », ce sont les natures mortes qui arrivent en tête, et notamment les pommes. Pour Cézanne, la nature morte est un motif comme un autre, équivalent à un corps humain ou à une montagne, mais qui se prête particulièrement bien à des recherches sur l'espace, la géométrie des volumes, le rapport entre couleurs et formes : « Quand la couleur, est à sa puissance, la forme est à sa plénitude » disait-il. Incomprises en leur temps, les natures mortes de Cézanne sont devenues depuis lors l'un des traits caractéristiques de son génie. 

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Un blog de Francis Rousseau 

jeudi 11 janvier 2018

Fernando Botero (né en 1932)



Fernando Botero (né en 1932) 
Happy Birthday still life  
Private collection 

Que voit on ? Sur un entablement dressé et festonné pour une occasion festive : des fruits, des éclairs à la vanille nappés d'un glaçage appétissant, une banane en équilibre sur le bord de la table, un citron coupé et un couteau (antique symbole du temps qui passe et de l'amertume de la vie qui s'écoule), sept petites bouteilles de jus de fruits vides et... un gros gâteau blanc très rond dont l'intérieur est en chocolat comme en témoigne la tranche posée sur l'assiette !  Sur ce gros gâteau trône la figurine  endiablée d'une petite personne bien turbulente ! Au milieu des guirlandes de pâtes d'amandes et des fleurettes en sucre qui ornent le  glaçage, bien centrée sur la garniture, on peut lire l'inscription "Feliz Compleanas "qui signifie bien  "Joyeux anniversaire" en espagnol.  Ça tombe bien : c'est le mien !

Rappel biographique : Fernando Botero, né à Medellin est un aquarelliste et sculpteur colombien surtout connu pour ses personnages aux formes rondes et voluptueuses inspirées de l'art précolombien qu'il présente pour la première fois au public en 1958 au Salon des artistes colombiens (Salуn de Artistas Colombianos)  et qui lui valent de remporter le Premier prix, sa Nature morte à la mandoline, datant de 1957, constituant la première manifestation de son oeuvre inspirée de l'art précolombien et populaire. S'étant lui-même surnommé ironiquement « le plus colombien des artistes colombiens », il est l'un des rares peintres d'Amérique du Sud à connaître un  succès international de son vivant. Ses sujets de prédilection sont  les natures mortes, les nus féminins, les portraits de famille, les scènes de tauromachie ou celles de la vie quotidienne de la société colombienne. Botero introduit également des thèmes plus graves dans son œuvre, tels que la violence en Colombie ou les tortures subies par les prisonniers de la prison d'Abou Ghraib.
Lors de sa carrière, Fernando Botero fait souvent don des œuvres qu'il a réalisées. Le musée de Zea à Medellín ouvre une nouvelle salle portant le nom de salle Pedro Botero qui contient seize œuvres données par l'artiste colombien en souvenir de son fils décédé lors d'un accident de la route. En 1984, il fait don de plusieurs sculptures au musée d'Antioquia de Medellín et de dix-huit peintures au Musée national de Bogota. Il fait également un don issu de sa collection privée aux villes de Bogota et de Medellín en 2000. Cette collection comprenait plus de deux cents peintures, dessins et sculptures de Botero ainsi qu'une centaine d'œuvres de divers artistes tels que Picasso, Monet, Renoir, Matisse, Henry Moore, etc.
En 2012, Botero fait don au musée d'Antioquia des toiles et des dessins composant l'exposition « Via crucis : la passion du Christ », soit 27 peintures à l'huile et 34 dessins. Ce nouveau don fait au musée d'Antioquia permet à cet établissement d'être celui ayant le plus grand nombre d'œuvres de l'artiste avec un total de 187 œuvres, en comptant les toiles, les dessins et les sculptures.
Son épouse actuelle, Sophía Vári, est également peintre et sculpteur de statues monumentales.
Le couple Botero vit et travaille aujourd'hui à Paris (France), mais aussi à New York et à Pietrasanta, près de Lucques, en Toscane (Italie).

mercredi 10 janvier 2018

Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779) - Nature morte aux lapins de garenne

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Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779) 
Nature morte aux lapins de garenne 
Musée des Beaux arts d'Amiens, France 

 Que voit on ? Sur un entablement de pierre représentant une table à gibier : deux lapins de garenne   à peine sortis de la gibecière dans laquelle l'un deux se trouve encore pris presque entièrement. Chardin n'aimait pas particulièrement peindre des animaux morts, mais les commanditaires ne manquaient pas pour ce genre très apprécié des chasseurs et très à la mode au 18e siècle.
Comme ailleurs, Chardin excelle aussi dans cette peinture et l'on peut déceler encore dans les dépouilles de ces deux petits animaux sauvages, le mouvement de leurs pattes agiles qui, cette fois-ci,  ne leur aura pas permis d'échapper à leur prédateur le plus redoutable. Le choix de la palette est presque monochrome, utilisant toute les gammes de gris possibles.

Rappel biographique : Jean-Baptiste-Siméon Chardin est considéré comme l'un des plus grands peintres français et européens du 18e siècle. Célèbre pour ses scènes de genre et ses pastels, il est aussi reconnu pour ses natures mortes dont il reste le maître incontesté. D'après les frères Goncourt, c'est Coypel qui en faisant appel à Chardin pour peindre un fusil dans un tableau de chasse, lui aurait donné le goût pour les natures mortes. A partir du Salon de 1748, Chardin expose de moins en moins de scène de genre, il multiplie désormais les natures mortes. Ce retour à ce type de peinture va durer une vingtaine d'années. Il est difficile de donner des raisons à ce changement de cap. On sait que pendant cette période la vie de Chardin est en pleine mutation. Il se remarie, il reçoit une pension du roi. Il est désormais à l'abri du besoin. Ces deux tableaux de réception à l'Académie Royale de peinture sont tous deux des natures mortes, La Raie et Le Buffet qui se trouvent aujourd'hui au Musée du Louvre (salle 39). Chardin devient ainsi peintre académicien « dans le talent des animaux et des fruits », c'est-à-dire au niveau inférieur de la hiérarchie des genres alors reconnus. Et c'est sans aucun doute Chardin qui va lui donner ses lettres de noblesse et en faire un genre pictural égal, voire même supérieur à bien des égards, aux autres.
Les natures mortes qu'il peindra à partir de 1760 sont assez différentes des premières. Les sujets en sont très variés : gibier, fruits, bouquets de fleurs, pots, bocaux, verres...  Chardin semble s'intéresser davantage aux volumes et à la composition qu'à un vérisme soucieux du détail, ou aux effets de trompe-l'œil. Les couleurs sont moins empâtées. Il est plus attentif aux reflets, à la lumière : il travaille parfois à trois tableaux à la fois devant les mêmes objets, pour capter la lumière du matin, du milieu de journée et de l'après-midi. On peut souvent parler d'impressionnisme avant la lettre.
Chardin cherchait à reproduire la matière, ces fruits semblent aussi vrais que nature, Diderot s'extasiait devant ce réalisme dans son compte-rendu du Salon de 1759 : " Vous prendriez les bouteilles par le goulot si vous aviez soif ". ou encore en 1763, " C'est la nature même; les objets sont hors de la toile et d'une vérité à tromper les yeux. (...)
 Pour regarder les tableaux des autres, il semble que j'ai besoin de me faire les yeux ; pour voir ceux de Chardin, je n'ai qu'à regarder ce que la nature m'a donné et   m'en bien servir ".
" O Chardin ! ce n'est pas du blanc, du rouge, du noir que tu broies sur ta palette: c'est la substance même des objets, c'est l'air et la lumière que tu prends à la pointe de ton pinceau et que tu attaches sur la toile ".

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mardi 9 janvier 2018

Maria Blanchard (1881-1932)


Maria Blanchard (1881-1932)
Bodegón con caja de cerillas (1918)
Private collection 

Que voit on ? Une très belle nature nature morte cubiste de cette grande peintre espagnole, contemporaine de Braque et de Picasso....

Rappel biographique : La peintre espagnole María Gutierrez Cueto y Blanchard, plus connue sous le nom de Maria Blanchard, est handicapée dès sa naissance par une très lourde difformité physique, provoquée par une chute de sa mère enceinte. C'est un handicap dont elle souffrira jusqu'à sa mort.  En 1902 avec l'aide de sa famille, elle s'installe à Madrid pou suivre des études de peinture avec notamment Emilio Sala Francés (1850-1910), Fernando Alvarez de Sotomayor (1875-1960) et Manuel Benedito Vives (1875-1963). Après la mort de son père en 1904, sa mère et ses quatre frères la rejoignent à Madrid. En 1909, María Blanchard obtient une bourse pour poursuivre sa formation à Paris. Elle travaille alors auprès du peintre espagnol Hermen Anglada-Camarasa (1871-1959) et de Kees van Dongen. Rentrée à Madrid en 1913, elle partage un moment un atelier avec Diego Rivera, et fait en 1914 la connaissance de Jacques Lipchitz.
Professeur de dessin durant quelques mois à Salamanque, elle peint en 1916 ses premières compositions cubistes et décide cette même année de s'installer définitivement à Paris où elle se fait remarquer par la façon originale dont elle développe l’esthétique cubiste. Maria Blanchard donne en effet à la figure humaine une place inhabituelle dans le cubisme classique.  C'est alors qu'elle se lie d'un profonde amitié avec Juan Gris et André Lhote, faisant un moment partie des peintres soutenus par Léonce Rosenberg dans sa galerie L'Effort Moderne.  À partir de 1920, María Blanchard délaisse le cubisme revient à la figuration.  Avec le décès en 1925 du mécène belge Frank Flaush qui lui assure un contrat et  le décès en 1926 de Juan Gris, Maria Blanchard traverse de longues périodes de problèmes économiques, aggravés par la charge de sa sœur et de ses enfants.
En 1927, elle s'engage dans une crise mystique qui lui fait songer à entrer dans un couvent mais elle en est dissuadée par son confesseur.
Surtout intéressée par la représentation de la figure humaine, elle a cependant peint plusieurs natures mortes, souvent très proches de celles de Juan Gris dans leur composition mais radicalement opposées du point de vue de la palette de couleurs. Son oeuvre est aujourd'hui comme une des plus importantes de la premiere moitié du 20e siècle et elle est présente dans les collections des plus grands musées d'art moderne de la planète.

lundi 8 janvier 2018

Tomás Yepes (1595-1674)


Tomás Yepes (1595-1674)
Bodegon con dulces y frutos secos, c.1650
Colección Arango, Madrid

Que voit on ?  Sur une nappe bordée de dentelles précieuses comme seul Yepes sut les peindre :  deux corbeilles d'osier tressé remplies, l'une de gâteaux secs et l'autre de noisettes enrobés et de pralines, encadrant un plat d'argent contenant douze grandes crêpes assez épaisses, appelées aussi Matafan ou Matefaim.   

 Rappel Biographique  : Tomas Yepes est un peintre Valencien de la période baroque. C'est une personnalité mal connue, occupant une place à part dans l'histoire de la nature morte espagnole, car il peint dans une tradition des premières décennies du siècle avec des compositions d'une rigoureuse symétrie. Ses œuvres, datées à partir de 1642, comprennent des bouquets de fleurs, corbeilles de fruits, ustensiles de cuisine, dans une technique  dite "ténébriste" avec une gamme de tons foncés et des fonds souvent noirs. Son  style  est proche de celui de Juan Bautista de Espinosa.

dimanche 7 janvier 2018

Tamara de Lempicka (1898-1980) - Still Life with tangerines

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Tamara de Lempicka (1898-1980)
Still Life with tangerines, 1942
 Private collection, USA

 Que voit on ? Exactement ce que décrit le titre : des mandarines. Cinq sont contenues dans une coupe de céramique vernissée de couleur sombre et une est allée se blottir au creux des plis d'une grande serviette blanche à liseré brun qui accentue le contraste avec le fond assez sombre.

Rappel biographique : Tamara de Lempicka est une peintre polonaise représentative du mouvement Art déco. Fille de Boris Gorski, juif russe, et d'une mère polonaise, son enfance se passe dans un milieu aisé et cultivé entre Saint-Pétersbourg, Varsovie, Lausanne et Paris. En 1920, à l'Académie Ranson à Paris, elle reçoit l'enseignement de Maurice Denis et à l'Académie de la Grande Chaumière celui d'André Lhote. C'est là qu'elle forge petit à petit son style qui, dans une synthèse de l'art maniériste de la Renaissance et du néo-cubisme, va correspondre parfaitement à la mode de son temps. L'envol de sa carrière coïncide avec sa première exposition personnelle à Milan en 1925. En France, elle participe pleinement à la vie artistique et mondaine parisienne où elle rencontre André Gide, Suzy Solidor, de riches industriels, des princes russes émigrés, etc. En 1928, elle installe sa maison-atelier au no 7 de la rue Méchain, dans le 14e arrondissement, conçue par Robert Mallet-Stevens. A partir de 1929,  elle expose simultanément en Pologne (médaille de bronze à l'exposition internationale de Poznan), à Paris (dans quatre salons et à la galerie Colette Weil) et aux États-Unis (Carnegie Institute de Pittsburgh).
Tamara de Lempicka occupe une place à part dans l'art du 20e siècle : malgré une production modeste (à peine 150 tableaux dans sa meilleure période, qu'on situe entre 1925 et 1935), ses œuvres évoquent et reflètent le style et la mode des années folles de l'entre-deux-guerres. Avec une stylisation néo-cubiste, ses œuvres, principalement des portraits, se caractérisent par un modelé accentué, des couleurs vives mais dans une gamme restreinte, mises en valeur par des fonds gris ou noirs. La composition très resserrée s'inspire du cadrage cinématographique. Bien que la nature morte ne soit pas sa spécialité, elle en a peint une vingtaine.

2018 - A Still Life Collection 
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samedi 6 janvier 2018

Martiros Sergeyevich Saryan (1880-1972)- Egyptian masks



Martiros Sergeyevich Saryan (1880-1972)
Egyptian  masks, 1911

Que voit on ? Posés sur un entablement des fragments de fresque égyptienne (un poing, des dessins de motifs de poterie ou de tissus) et cinq masques dont trois évoquent clairement l'Egypte des pharaons et deux font une référence plus explicite à l'Afrique.  Le tout baignant dans cette lumière extraordinaire et cent fois célébrée qui baigne tous les tableaux de ce peintre.

Rappel biographique :  Martiros Sarian ou Saryan (en arménien Մարտիրոս Սարյան est un peintre arménien né en Russie. Il est considéré comme le père de la peinture moderne arménienne.
Lorsqu'il découvre l'Arménie en 1901,  il ressent une « passion presque charnelle » pour elle, et n'a « de cesse de la représenter par des toiles inondées de lumière et vibrantes de couleurs ».  Bien tres influencé par Gaughin, il fut le premier à réaliser la nécessité d'élaborer un style propre basé sur les anciennes traditions nationales.avec une palette « délibérément gaie, vive et colorée .
Il disait lui-même : « La couleur devrait chanter. Elle devrait exprimer la perception de l'essence de la vie qui réside en chaque être humain. En utilisant la couleur, j'augmente encore plus ce que je vois, afin que la lumière puisse être plus brillante dans mes oeuvres. »
En 1909, Sarian se tourne vers les changements réels qui affectent son temps. Il observe l'éloignement de l'homme et de la nature. Il choisit de peindre des motifs que la civilisation industrielle n'avait pas encore touchés et qui portent l'empreinte et l'enseignement d'une vie séculaire. Il devient ainsi passeur de mémoire des lieux et des jours. Il généralise à l'extrême la nature et il révèle l'expressivité des formes. Il construit l'art de sa composition sur un seul plan en répartissant régulièrement les grandes taches de couleur pure. Il s'inspire en cela du principe et de l'art de la miniature arménienne, ainsi que l'art de l'enluminure arménienne. Les couleurs de la palette de Sarian irradient la lumière. La combinaison harmonieuse et contrastée de trois ou quatre tons principaux permet au peintre d'obtenir expressivité, chaleur et surtout lumière. Cette lumière alliée à des couleurs suaves et chantantes qu'elle fait rayonner sont devenues des symboles de la patrie du peintre. Sa sagesse et son habileté ont pu le préserver des persécutions politiques dont son fils spirituel Minas Avétissian fut mortellement frappé. C'est pour cela que les historiens de la peinture arménienne ont toujours privilégié la peinture du jeune Sarian à celle plus académique du vieux peintre.
En 1960  Louis Aragon de lui  : « Comme cette lumière de Rome qui nous parvient à travers les siècles français par le pinceau de Nicolas Poussin, puis de Jean-Baptiste Corot, la lumière d'Arménie nous atteint grâce а Martiros Sarian. Lumière enfin dégagée des larmes qui brouillaient la voix des poètes de Naпri, lumière enfin heureuse sur les fruits, les hommes, les montagnes, elle est un trésor retrouvé, comme si les eaux du déluge s'étant retirées, la plaine d'Erevan n'était que la pure couleur de l'avenir. Si bien que les siècles, à côté de notre Cézanne et de notre Matisse, placeront Sarian à la première place, car il est un peintre du bonheur. »
En 1980, huit ans après son décès une grande exposition lui a été consacrée au Centre Pompidou à Paris.

vendredi 5 janvier 2018

William Michael Harnetts (1848-1892)



William Michael  Harnetts (1848-1892)
Music and Literature
Private collection 

Que voit on ? un trompe l'oeil représentant des instruments de musique, des livres et des partitions musicales, l'une dépliée et parsemée de tâches qui en accentue le réalisme et l'autre enroulée sous une couverture cartonnée d'une très beau bleu mais très endommagée. On voit aussi une lunette d'astronome amateur, un bougeoir et un encrier dans lequel trempe une plume d'oie, le tout composant une atmosphère savante et studieuse comme pouvait l'imaginer un honnête citoyen américain du 19e siècle. 

Rappel Biographique : Le peintre américano-irlandais William-Michael Harnett est connu pour ses natures mortes en trompes-l'oeil faites à partir d'objets du quotidien au sens large puisque l'on y trouve aussi bien des livres que des ustensiles de bureau, de cuisine, des attributs de chasse ou des instruments de musique folklorique. Il se situe, dans ce sens, dans la tradition des grands peintres de trompes l'oeil et de natures mortes hollandais du 17e siècle et de Pieter Claesz en particulier. Beaucoup d'autres peintres américains se sont engouffrés dans cette tendance à la suite de William-Michael Harnett, comme Raphaelle Peale ou John Peto, mais il en demeure le représentant le plus spectaculaire et le maître incontesté.

jeudi 4 janvier 2018

Sören Emil Carlsen (1853-1932) - Still Life with brass kettle

http://astilllifecollection.blogspot.com

Sören Emil Carlsen (1853-1932)
Still Life with Self Portrait Reflection,  1931
Private collection

 Que voit on ? Comme les maîtres de l'âge d'or de la nature morte, ce peintre des matières et des reflets s'est essayé à représenter son portrait pendant qu'il peignait cette nature morte. On peut le voir dans la bouilloire, à droite du reflet de la fenêtre.

Rappel biographique : Sören Emil Carlsen est un peintre impressionniste américain d'origine danoise. Rapidement qualifié de " Chardin américain " par la critique locale de son  temps, il se spécialisa dans les natures mortes. Membre de la National Academy of Design, professeur de dessin respecté à  Chicago, San Francisco et New York,  et bien que figurant dans plusieurs collections privées, il n'a jamais été classé parmi les grands peintres américains du 20e siècle et pourtant... il l'est bel et bien ! 

2018 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau