jeudi 31 mai 2018

Bartolomeo Bimbi (1648-1730) - Ciliege


Bartolomeo Bimbi (1648-1730) 
Ciliege, 1699
Private collection 

Que voit on ? Une avalanche (car le mot profusion serait trop faible!) de cerises de diverses variétés dans tous leurs états de mûrissements. une opportunité supplémentaire pour noter que la biodiversité fruitière  au 17e siècle était beaucoup plus importante qu'elle ne l'est de nos jours...  L'industrialisation des cultures fruitières a eu raison de la plupart de ces belles variétés de cerises.

Rappel biographique : Bartolomeo Bimbi fut un peintre italien de natures mortes qui a été actif à la fin du 17e et au début du 18e siècle. Il fut l'élève de Lorenzo Lippi et d'Onorio Marinari, et à Rome de Mario de'Fiori. Bimbi a, en partie, perpétué la tradition de Jacopo Ligozzi, mais fut initié à la peinture des fleurs par Agnolo Gori qui le présenta à Cosme III et au prince Ferdinand de Médicis. À partir de 1685, il exécuta pour ce dernier de nombreuses œuvres de tableaux d'animaux, de fleurs et de fruits, représentations d'après nature, d'une extrême précision scientifique. Pour cela il utilisait le savoir de spécialistes comme Redi, qui analysait les nouvelles espèces apportées à l'artiste pour être peintes et accrochées dans les villas médicéennes.
Les nombreuses commandes de ses clients encouragèrent la réalisation de grands tableaux de la faune pour la Villa Medicea dell'Ambrogiana, de la flore pour la Villa Medicea di Castello et des fruits pour le pavillon de chasse de la Topaia, sur les hauteurs de la résidence du Castello.
Aujourd'hui, la plupart de ses œuvres se trouvent dans le musée de la nature morte qui occupe le second et dernier étage de la Villa médicéenne de Poggio a Caiano. Elles témoignent d'une exceptionnelle « biodiversité » de la Toscane de jadis, et reproduisent avec précision, même les défauts dus aux maladies et aux parasites. Elles font l'objet de recherches historico-botaniques par le Conseil national de la recherche et de diverses universités qui souhaitent sauvegarder des espèces menacées d'extinction ou de récupérer des variétés horticoles disparues.

mercredi 30 mai 2018

Alice Néel (1900-1984)


Alice Néel (1900-1984)  
Still-life spring lake, 1969

 Que voit-on ? Posés sur une table de cuisine, devant une chaise et un réfrigérateur quelques oignons (8) et une jarre en grès.  Par la porte entre-baillée de la cuisine, on aperçoit une chaise d'un style plus sophistiqué laissant imaginer qu'il s'agit là de la salle à manger.

Rappel Biographique : Alice Néel est une artiste  américaine, particulièrement connue pour ses portraits, sans fard, qui ne cède à la tentation d'aucun des mouvements picturaux qu'elle a pu traverser dans sa vie (l'impressionnisme lors de sa formation, le surréalisme dans l'entre-deux-guerres, etc.), et qui se démarque aussi des canons habituels de la représentation de la féminité. Elle a peint peu de natures mortes mais toutes sont très fortes et bouleversent aussi les règles établies du genre.
Les peintures d'Alice Néel sont remarquables par leur utilisation de la ligne et de la couleur, leur perspicacité psychologique et leur intensité émotionnelle. Elle a été  qualifiée comme  l’ « une des plus grands portraitistes du 20e siècle » par Barry Walker, conservatrice d'art moderne et contemporain au musée des beaux-arts de Houston, organisatrice d'une rétrospective de l'artiste en 2010.

mardi 29 mai 2018

Emilie Preyer (1849-1930)


Emilie Preyer (1849-1930)  
Plums, Apricots, grapes and chestnuts 
Private collection

Que voit on ? Une réelle perfection dans le rendu des textures et des couleurs des fruits dont on peut presque ici sentir le parfum et anticiper la saveur.  On comprend que l'insecte soit attiré par le suce émanant d'une des pruneau sur le marbre blanc impeccablement lisse de l'entablement...

Rappel biographique : Emilie Preyer est une peintre allemande de natures mortes. Elle apprend la peinture auprès de son père Johann Wilhelm Preyer, lui-même peintre de natures mortes, dans la grande tradition nordique de la pratique familiale de ce genre pictural.  Les femmes n'étant pas acceptées dans les écoles des beaux-arts de l'Allemagne du 19e siècle, elle entre comme élève libre à l'Académie des beaux-arts de Dusseldorf avant d'exposer à Berlin, Dresde et Dusseldorf.
Dans ses natures mortes de fruits, elle opte volontiers pour  une lumière venant de côté, créant des ombres portée  et mettant l'accent sur le volume de petits objets ou le drapé des nappes. Elle acquiert une notoriété internationale dans le sillage de son père. Le MET de New York et la Picture Gallery de Philadelphie achètent ses tableaux ainsi que quelques importants collectionneurs privés américains et anglais.



lundi 28 mai 2018

Albert de Belleroche (1864-1944)


Albert de Belleroche (1864-1944) 
Vase bleu sur fond gris, 1885
Collection privée

Que voit on ? On appréciera le contraste subtil des textures : le brillant de la porcelaine du vase et la matité du mur de meme que du meuble qui soutient le vase.  Il s'agit ici d'une deuxième version  d'un sujet aussi au vase bleu déjà traité en 1880 et publié dans ce blog 

Rappel biographique : Albert Gustavus de Belleroche est un peintre britannique de lointaine ascendance française qui a été formé et a vécu une grande partie de sa vie en France. Il est le descendant d’une famille de la vieille noblesse protestante française, qui a fui la France en 1685 après la révocation de l'Edit de Nantes, pour s'installer en Angleterre.
En 1867, à la mort du père, le marquis Edward Charles de Belleroche, la famille déménage à Paris. Sa mère Alice (né ou van den Bergh, originaire de Bruxelles) se remarie en mars 1871 avec l'impécunieux William Harry Vane Milbank (1848-1892), beaucoup plus jeune qu'elle et petit-neveu du duc de Cleveland. Elle tient un salon dans son appartement de l'avenue Montaigne où elle reçoit notamment le Prince de Galles. Elle se fait portraiturer par Edouard Dubufe en 1874. Son mari commande en 1877 à Carolus-Duran (1837-1917) un portrait de sa femme. Au cours de la visite du peintre, on lui montre les dessins du jeune Albert qui a treize ans et le maître l'invite à étudier plus tard dans son atelier où ont étudié John Singer Sargent et Maximilien Luce. C'est chose faite en 1882. Carolus-Duran vénère le style de Vélasquez. Belleroche finit par quitter l'atelier trop académique de Carolus-Duran. Il fait la connaissance à Montmartre  de Renoir, Degas, Toulouse-Lautrec et peint même Mata-Hari. Belleroche a peint un portrait de Toulouse-Lautrec en 1882, lorsque celui-ci étudiait а l'atelier de Fernand Cormon, et a partagé avec lui la même passion pour Lili Grenier, leur modèle favori et qui devient sa maîtresse pendant dix ans.
Il est ami depuis 1882 avec Sargent (qui a fait plusieurs portraits de lui) et s'inspire de sa technique au pastel. En 1903, Belleroche expose avec les derniers Impressionnistes au Salon d'Automne. En 1904, une salle entière lui est dédiée. Renoir l’appelait « le peintre des femmes décoiffées. »
Une grande exposition lui a été consacrée à Londres en 2007. Sa famille a légué une partie de ses œuvres au musée Brangwyn-Belleroche d'Orange.


dimanche 27 mai 2018

Antonín Procházka (1882-1945)


Antonín Procházka (1882-1945)
Still Life with Fruit Bowl

Antonin Prochбzka était un peintre, graphiste et illustrateur tchèque qui a suivit ses études à l'Ecole des Arts Appliqués et à l'Académie des Beaux-Arts de Prague.  Il fut membre de la Mбnes Fine Artists Association (1907-1911 et  de 1923- à 1929).
A partir de 1924  il a vécu à Brno,  où il enseignait au lycée de jeunes filles.
 En 1946, il a été nommé à titre posthume un artiste national.  A Brno-Pisбrky  une rue porte son nom.
Son travail à l'origine expressionniste et fortement influencé par Edvard Munch se porta  progressivement vers le  cubisme. Après 1925, il quitte le cubisme et propose sa propre version du néo-classicisme comme on  peut le voir dans cette nature morte. Entre 1904 et 1945, il créa plus de 140 peintures, souvent très monumentales comme son Prometheus apporte le feu à l'humanité (1938) élaboré pour la Faculté de droit de Brno.
Il a également créé un certain nombre de sculptures plus petites, des statues et quelques bronzes d''hommes politiques de son pays. 

samedi 26 mai 2018

Emile Bernard (1868-1941)



Emile Bernard (1868-1941)
Pots de grès et pommes 1887
Musée d'Orsay, Paris

Que voit on ? Sur un entablement  de granit deux pots en grès dont un a la forme d'une grosse lampe à huile et deux pommes l'une jaune et l'autre rouge. Deux petits fruits  pas très facilement identifiables occupent la droite de la composition comme des points de suspension dans une phrase.
A propos de cette toile la notice d'oeuvre du Musée d'Orsay précise :
" Par la composition, le choix des fruits et des objets représentés, Bernard manifeste dans cette toile son admiration pour Cézanne dont il voit des oeuvres dans la boutique du père Tanguy. Mais Pots de grès et pommes rend également compte des recherches propres à l'artiste pour simplifier et cloisonner strictement les différents plans colorés qu'il cerne d'un trait noir. La profondeur est suggérée par les ombres et la succession de trois bandes horizontales colorées, au centre desquelles se détachent fruits et pots modelés par la couleur et la matière.
C'est sans doute ce tableau peint à Asnières et diverses études que Van Gogh voit avant son départ pour Arles. Tandis qu'il entreprend lui-même une nature morte, en août 1888, Van Gogh écrit à Bernard qu'il reste impressionné par "je ne sais quoi de volontaire, de très sage, je ne sais quoi de fixe et de ferme et sûr de soi". Il ajoute même "Mon cher, tu n'as jamais été aussi près de Rembrandt".
Quelques mois après avoir peint ces Pots de grès et pommes, Bernard rencontre Gauguin à Pont-Aven. La collaboration entre les deux hommes se révèle déterminante pour la mise au point des techniques synthétistes et cloisonnistes. Bernard participe en 1889 à l'exposition organisée par Gauguin et ses amis au Café Volpini, au sein de l'Exposition universelle, révélant l'esthétique nouvelle prônée par le groupe de Pont-Aven. " 

Rappel biographique  : Le peintre et écrivain français Émile Bernard, est un peintre associé à l'école de Pont-Aven,  Ses œuvres les plus radicales ont été réalisées dans ses années de jeunesse (1887-1892) où il participe aux innovations stylistiques de la fin du 19e siècle : il inaugure le cloisonnisme avec Louis Anquetin et Paul Gauguin. Ses recherches sur la  simplification de la forme le conduisent vers le synthétisme puis le symbolisme.  En 1893, il part habiter en Egypte où il vivra plus de 10 ans.  Il n'a pas peint énormément de natures mortes qui n'étaient pas son sujet de prédilection.  

vendredi 25 mai 2018

Alexey Brodovitch (1898-1971)



Alexey Brodovitch (1898-1971) 
Nature morte aux poissons, 1954
Collection privée

Que voit on ? Huit poissons groupés par quatre, en haut et en bas de la toile, qui, encore bondissant ,se sont échappés d'un panier tressé occupant le centre de la composition où il devraient tous tenir.  Une nature morte extrêmement graphique mais qui est aussi un hommage à la vie qui s'échappe tout juste de ces poissons  très stylisés qui semblent pourtant avoir été si fraichement pêchés.

Rappel biographique : Alexey Brodovitch (Алексей Чеславович Бродович) fut un photographe, enseignant et designer russo américain, connu surtout pour avoir été directeur artistique du magazine Harper's Bazaar de 1934 à 1958, aux côtés de Carmel Snow et Diana Vreeland. Son nom est régulièrement associé à celui de Richard Avedon auquel il passa de nombreuses commandes.
Né en Russie, âgé de 20 ans,  il fuit la révolution bolchévique et arrive à Paris en 1918 ; il commence à travailler immédiatement à la fois comme maquettiste de livres et de magazines, comme dessinateur d'affiches, de tissus, ou comme peintre de décors pour les Ballets russes.
Au début des années 1930, alors directeur de la publicité aux magasins Les Trois Quartiers, il fait la connaissance de Maurice Tabard qui l'incline à partir faire carrière aux États-Unis.
En 1934, il devient le directeur artistique du magazine Harper's Bazaar auquel il fera atteindre le prestige que l'on sait en y restant pendant 24 ans ! Il  y renouvelle  totalement la photographie de mode, le graphisme du magazine, engage de jeunes photographes (Richard Avedon, Irving Pen...), allège la maquette en privilégiant l'usage des espaces blancs, réorganise le déroulé du magazine, opte pour un renouveau de la typographie.... Il reste aujourd'hui célèbre pour l'usage systématique de la photographie publiée sur une double page qu'il introduit dans les magazines de mode.
Après son départ du magazine en 1958, il enseigne à la New School for Social Research de New York -  où Diane Arbus fut une de ses élèves -  jusqu'en 1967.
En 1968, il prend sa retraite en France dans la petite ville de Le Thor dans le Vaucluse jusqu'à sa mort en 1971. En 1982, une exposition consacrée à Alexey Brodovitch a été organisée au Grand Palais à Paris.

jeudi 24 mai 2018

Albert Schnyder (1898-1989)


Albert Schnyder (1898-1989) 
Stilleben mit Spielkarten, 1946 
Collection privée

Que voit on ? Posée sur une petite table de bois, une chandelle à graduations horaires à l'unique bougie éteinte et sous laquelle repose une pipe, elle aussi éteinte.  Groupés autour d'une bouteille de vin italien, d'un verre et d'un livre : des cartes a jouer qui donnent leur nom à cette nature morte qui a tout de l'évocation du chagrin d'amour ou de la perte d'un être cher.  

Rappel biographique : Albert Schnyder est un peintre suisse qui fit son apprentissage de lithographe à Berne (1914-1918),  puis  suivit l'Ecole des arts appliqués de Bвle (1918-1921). Au cours de séjours d'études à Munich, Berlin et Paris, Albert Schnyder découvre la peinture cubiste et expressionniste. Ses œuvres de jeunesse sont influencées par l'art naïf et le cubisme. Revenu dans sa ville natale en 1924, il se met à peindre des paysages jurassiens, en créant un style figuratif caractéristique. En dehors des paysages, ses motifs de prédilection sont des personnes de son entourage. Schnyder représenta la Suisse à la Biennale de Venise de 1948. 
Ce peintre a laissé 1132 huiles sur toile  1 132 huiles, près de 300 gouaches et aquarelles et 360 dessins. Sa production appartient aujourd’hui а des collectionneurs privés et aux principaux musées suisses.

mercredi 23 mai 2018

Pierre Bonnard (1867-1947)


Pierre Bonnard (1867-1947)
Nature morte avec bouteille de vin rouge, 1942
Collection particulière

 Que voit-on ? Sur une grande table de salle à manger partiellement recouverte d'une nappe blanche, divers contenant dont une assiette de fruits (pommes ? poires ?) , une corbeille (raisins?),  un pot (confiture?) , des assiettes vides, et deux bouteilles :  l'une à moitié remplie d'eau et l'autre de vin  sachant que c'est cette dernière que Bonnard a choisi pour le titre de cette nature morte à la fois intimiste et intrigante, composée comme un paysage de campagne...

Rappel biographique : le peintre français Pierre Bonnard est connu pour ses peintures de personnages, ses nus, ses portraits, ses paysages animés, ses intérieurs et ses natures mortes de fleurs et fruits. Bonnard est un artiste post-impressionniste, membre du groupe des Nabis, par lesquels il fut surnommé le Nabi japonard. En réaction à l'impressionnisme, les Nabis veulent libérer leur peinture des exigences du réalisme : « Ensemble, nous avons méprisé l'école et les écoles, les rapins, leurs traditions, leurs farces et leurs bals inutilement nudistes. Ensemble nous nous sommes sérieusement amusés ». Les artistes nabis cherchent des voies plus spirituelles au contact de philosophies et de doctrines nouvelles teintées d'Orient, d'orphisme, d'ésotérisme, et de théosophie. Ils s'appliquent à retrouver le caractère « sacré » de la peinture et à provoquer un nouvel élan spirituel par le seul moyen de l'art.
Une fois devenu célèbre, Pierre Bonnard fut connu pour ne pouvoir s’empêcher de retoucher ses toiles une fois celles-ci achetées et exposées dans un musée. Ses amis appelaient ça « bonnarder » ou « bonnardiser ». Un journaliste relate cette attitude devenue visiblement coutumière. « Au  musée de Grenoble et au Musée du Luxembourg, il  arriva à Bonnard de guetter le passage d'un gardien d'une salle à l'autre, de sortir d'une poche une minuscule boîte garnie de deux ou trois tubes et, d'un bout de pinceau, d'améliorer furtivement de quelques touches un détail qui le préoccupait. Et, son coup fait, de disparaître, radieux, comme un collégien après une inscription vengeresse au tableau noir. »

mardi 22 mai 2018

Jean-Baptiste Olive (1848-1936)


Jean-Baptiste Olive (1848-1936) 
Nature morte aux fraises et à la coupe de vermeil 
sur un entablement à-l'indienne, 1886

 Que voit on ? Ce que décrit le titre avec une précision minutieuse....mais ce que ne décrit pas le titre, c'est la somptuosité des coloris,  l'impression subtile de l'indienne ou les motifs en arabesques de la porcelaine de l'assiette qui contient les fraises ...encore moins la voluptueuses texture du sucre dans son contenant en cristal de roche.   Un somptueux Olive de plus !  

Rappel biographique : Jean-Baptiste Olive  est un peintre français d'origine provençale à distinguer  de son homonyme Henri Olive-Tamari dit Olive des Martigues.
Jean-Baptiste Olive laissa perplexes aussi bien les critiques et les galeristes de son temps que ses amis et mécènes, fascinés par le contraste entre sa peinture éblouissante de clarté et sa personnalité complexe et introvertie à l'extrême... pour ne pas dire asociale !  Il a su cependant se faire une place d’honneur dans la vie et le cœur des personnes rencontrées au cours de sa carrière et de nombreux mécènes l’ont soutenu. En 1948, dix ans après sa disparition, le musée Cantini à Marseille lui consacra l’exposition du centenaire de sa naissance en présentant 82 œuvres,  il a peint quelques natures mortes, toutes somptueuses.

lundi 21 mai 2018

Herman Maril (1908–1986)


Herman Maril (1908–1986) 
Studio Corner, 1977
Smithsonian Institution, Washington D.C.

Que voit on  ?  Un coin d'atelier comme décrit dans le titre, sujet de beaucoup de natures mortes depuis la Rome antique en passant par Chardin et qui trouve un prolongement bienvenu dans la modernité et l 'économie de moyens de ce peintre de la simplicité ... dont l'atelier jouissait visiblement d 'une bonne aération !  

Rappel biographique : Herman Maril est un peintre américain qui fut professeur émérite de peinture à l'université du Maryland. Maril était un peintre moderniste qui réduisait les figures et les objets à leur essence. Ses sujets vont de paysages urbains à des  paysages marins côtiers et comprennent quelques natures mortes.  L'artiste et critique Olin Dows a écrit à propos de cet artiste : « La peinture de Herman Maril est réservée, et, comme la plupart des bonnes peintures, elle est simple, elle s'intéresse à l'essentiel. Chaque élément  est magnifiquement conçu et organisé, et revêtu d'une certaine poésie ". Les oeuvres de Maril sont conservées dans les collections de la Smithsonian Institution et de la Phillips Collection, à Washington DC, ainsi que dans de nombreux musées nationaux et internationaux, dont le Museum of Modern Art de New York. Une importante rétrospective de ses peintures a été réalisée au Baltimore Museum of Art au milieu des années 1960 et une deuxième grande rétrospective a eut lieu en 2008. 

dimanche 20 mai 2018

François-Emile Barraud (1899-1934) - Nature morte 1929


François-Emile Barraud (1899-1934) 
Nature morte, 1929
Collection privée 

Que voit on ?  Une grappe de raisins posée sur un livre ouvert dont seul un fragment du titre est lisible  : "Offrande"  et une date en chiffres romains : "MDC.LXXXL" (1585). A côté du livre une poire verte est posée entre un linge froissé et une autre livre ouvert, plus petit qui apparait sous le grand.

Rappel biographique :  François-Emile Barraud,  est un artiste peintre suisse, aussi dessinateur, graveur et sculpteur. Issu d'une fratrie de quatre enfants et d'un père graveur sur boîtiers de montres, François Barraud a œuvré à Paris dans les Années folles, multipliant natures mortes et portraits dans l'esprit pictural d'un Balthus. Il meurt de la tuberculose à l'âge de 34 ans, à Genève.
Ses frères, Aurèle, Aimé et Charles, sont également peintres.
 Des expositions de son oeuvre ont eut lieu  au Kunstmuseum de Winterthur, et au Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds en  2005.

samedi 19 mai 2018

Henri Fantin-Latour (1836-1906) - Nature morte avec fleurs, fruits, quartiers de grenades...


Henri Fantin-Latour (1836-1906)
Nature morte avec fleurs, fruits, quartiers de grenades et d'oranges et carafe
Hermitage Museum, St Petersburg, Russia 

 Que voit on ? Ce que décrit le titre peint avec une touche digne de Chardin et qui est bien celle, unique et somptueuse, du si poétique Fantin-Latour. On peut s'attarder sur le magnifique plateau japonais de laque rouge sur lequel sont présentés les quartiers d'orange et de grenade...

Rappel biographique : Le peintre et lithographe français Henri Fantin-Latour était plus connu de son vivant pour ses portraits de femmes, ses portraits de groupes dont il rénova le style compassé et pour ses peintures allégoriques que pour ses natures mortes, pourtant admirables. Aujourd'hui c'est exactement le contraire  ! Membre du groupe dit « de 1863  », puis du Cénacle des Batignolles où l'Impressionnisme serait né, Fantin-Latour fait souvent figure de chaînon entre la peinture romantique et l'impressionnismeSes natures mortes, fleurs ou fruits, ont souvent trouvé acquéreur grâce à son ami Whistler qui a attiré en l'attention en Angleterre sur Fantin, à une époque où la peinture impressionniste française était peu appréciée dans ce pays.

2018 - A Still Life Collection
Un blog de Francis Rousseau, #AStillLifeCollection, #NaturesMortes 

vendredi 18 mai 2018

Eugène-Louis Boudin (1824-1898) - Nature morte au homard



Eugène-Louis Boudin (1824-1898)
Nature morte au homard, ca. 1853-1856
Archives Durand-Ruel
MuMA Le Havre

Que voit-on  ?  Un homard, comme décrit dans le titre,  posé sur une table de salle à manger, dans un plat d'étain et à côté d'un pichet en étain brillant comme il était d'usage que soient présentés les étains au 19e siècle. Un linge froissé dessine un relief sous l'étain et les pinces du homard.

Rappel biographique : Le grand peintre français de paysages, de marines et de plages, Eugène-Louis  Boudin n'a pas peint énormément de natures mortes, mais il en a laissé tout de même un catalogue significatif (cf. celles déjà publiées dans ce blog). On peut comprendre que cet homme qui fut à l'origine de la peinture à l'extérieur de l'atelier, n'ait pas été très attiré par le genre de la nature morte qui est par essence un genre d'atelier.
Eugène-Louis Boudin est considéré comme l'un des précurseurs de l'impressionnisme. Peintre marin, expert en matière de rendu de tout ce qui est lié à la mer et à ses rivages, il peint notamment de nombreux tableaux décrivant la vie des pêcheurs sur les ports et les marchés,  ainsi que celle des familles bourgeoises du 19e siècle sur les plages de Normandie. S'il ne rencontre un succès public relatif qu'à l'approche de la soixantaine, son travail de peintre d’avant-garde est reconnu par les critiques et peintres impressionnistes dès les années 1870, les collectionneurs (Ivan Tourgueniev, Georges Feydeau, puis les Rothschild ou Cary Grant) se mettant dès lors à acheter ses tableaux de paysage mais c'est surtout à partir de 1929, année qui voit Jeanne Lanvin acheter une de ses toiles, que le succès et la reconnaissance lui sont définitivement assurés.
Au cours de sa vie, Eugène-Louis Boudin  a peint près de 4 500 tableaux et laissé autant de dessins, pastels et aquarelles. C'est le musée d'art moderne André-Malraux du Havre qui possède la plus grande collection de tableaux de Boudin, avec 224 peintures dont de nombreuses esquisses et études, toutes exposées. Une grande partie provient du « legs Boudin », comportant 60 toiles et 180 panneaux, reliquat de la vente aux enchères, le 21 mars 1899, des œuvres retrouvées dans son atelier à sa mort. Le Musée Eugène-Boudin de Honfleur possède en outre 93 œuvres de l'artiste. Ce musée a été créé en 1868 par Louis-Alexandre Dubourg, peintre honfleurais et ami de Boudin. Ce dernier enrichit les collections du musée en léguant à sa ville natale 53 de ses œuvres ainsi que 17 œuvres de ses amis (Ribot, Hamelin...).

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2018 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau 

jeudi 17 mai 2018

Henri Le Sidaner (1862-1939)



Henri Le Sidaner (1862-1939)
A Gerberoy sous les lampions
Musée de Cambrai

Que voit on ? Les thèmes habituels de ce grand peintre toujours hélas aussi peu célébré de nos jours : la table dans le jardin de sa maison de Gerberoy, les repas légers, les coupes de champagne,  le châle déposé sur une chaise qui souligne  la trace d'une absente temporaire...   Et ici les lampions, au crépuscule entre chiens et loups...  L 'univers Proustien de ces paysages avec nature morte obligée que l'on ne se lasse pas de découvrir.

Rappel biographique : Le peintre français post impressionniste Henri Le Sidaner  fut ami de Claude Monnet et élève aux Beaux Arts de Paris de Cabanel qu'il soutint toute sa vie. C'est  à partir de l'année 1900 qu'il se consacre à une peinture intimiste dont il exclut systématiquement toute figure humaine : jardins déserts, tables servies pour d'hypothétiques hôtes et présentant de magnifiques natures mortes (qui disent rarement leur nom,) campagnes solitaires expriment une vision silencieuse et paisible, nimbée de mystère. Son succès ne se démentira pas de son vivant. Dans la recherche de l'instant intime, de « l'arrêt sur image », les toiles que Le Sidaner peint à  Gerberoy où il habite à partir de 1900,  dépeignent une incomparable douceur de vivre en même temps qu'elles déclinent selon l'heure et la saison des accords chromatiques variés. A partir de l'été 1903  c'est le début des motifs d'intérieur à la fenêtre ouverte et des tables de jardin, des crépuscules... À l'aide d'un soigneux arrangement de nature morte, le peintre décline harmonieusement la sensation du « temps qui s'arrête ». C'est ce qui lui a souvent valu d'être comparé à Marcel Proust dans le domaine de la littérature.

mercredi 16 mai 2018

Kishida Ryûsei (1891-1929)


Kishida Ryûsei (1891-1929)
Three apples, 1917
Private collection

Que voit on ? Ce que le titre décrit : trois pommes posées sur un entablement ciré qui les reflète  subtilement. Chacune des pommes présente des accidents, traces de chocs ou de vers, piqûres de becs d'oiseaux... Autant d'imperfections qui viennent tempérer l'ordonnancement parfait des trois fruits à equidistance les uns des autres. Le rideau bleu plissé, en soie qui tient lieu de fond de toile et sur lequel le peintre a posé sa belle signature datée, calligraphiée dans l'alphabet occidental, loin de  fermer l'horizon l'ouvre sur une douceur poétique inattendue ...et nécessaire.

Rappel biographique :
  Bien que presque inconnu en Occident, Ryūsei Kishida est considéré au Japon comme l’un des plus grands peintres du 20e siècle. Lié au mouvement Shirakaba (1910-1923), il symbolise, dans les manuels scolaires par exemple, la modernité de l’ère Taishō (1912-1926). Depuis les années 1940, plusieurs grands historiens de l’art japonais moderne ont travaillé sur son œuvre, mettant en évidence la spécificité de son réalisme et sa critique originale des avant-gardes.
En dépit du petit format de ses tableaux, il est l’un des artistes les plus cotés sur le marché nippon.
Parallèlement à la peinture, Ryūsei Kishida a beaucoup écrit tout au long de sa vie. De son vivant, il a publié trois livres de réflexions sur l’art, dont Les débuts de la peinture ukiyoe aux Editions Iwanami (1926). Son journal fournit par ailleurs un extraordinaire témoignage sur la vie des artistes et intellectuels de son époque. Ses œuvres complètes ont été rassemblées en 10 volumes  publiées aux Editions Iwanami (1979-80).


mardi 15 mai 2018

Claude Monet (1840-1926) - Le quartier de viande





Claude Monet (1840-1926)
Nature morte :  Le  quartier de viande, 1864
Musée d'Orsay, Paris

Que voit on  ? Pas très végétarien ce Monet là et pas du tout politiquement correct... mais il appartient à un époque où un bon quartier de viande se devait de figurer en bonne place sur l'étale du boucher ou sur la table de l'office. Ainsi Monet, qui a peint admirablement les fruits et les fleurs, ne dédaignait-il  pas en " bon vivant"  qu'il était, comme Manet, Renoir ou Caillebotte ,le jambon, le quartier de viande ou même la tête de veau ravigotte !

Rappel biographique : le peintre français Claude Monet, l'un des fondateurs de l'impressionnisme, est surtout connu pour ses paysages et ses portraits.  " La couleur, disait-il " est mon obsession quotidienne, ma joie et mon tourment ".   Claude Monet est l’un des fondateurs de l'impressionnisme. En 1859, il part à Paris tenter sa chance sur le conseil d'Eugène Boudin. Après des cours à l'académie Suisse puis chez Charles Gleyre et la rencontre de Johan Barthold Jongkind, le tout entrecoupé par le service militaire en Algérie, Monet se fait remarquer pour ses peintures de la baie d'Honfleur. En 1866, il connait le succès au Salon de la peinture. Toute cette période est cependant marquée par une grande précarité. Il fuit ensuite la  guerre de 1870  à Londres puis aux Pays-Bas. Dans la capitale anglaise, il fait la rencontre du marchand d'art Paul Durand-Ruel qui lui assurera sa principale source de revenu pendant le reste de sa carrière. Revenu en France, la première exposition des futurs impressionnistes a lieu en 1874. À partir de 1890, Monet se consacre à des séries de peintures, c'est-à-dire qu'il peint le même motif à différentes heures de la journée, à diverses saisons. Il peint alors parfois des dizaines de toiles en parallèle, changeant en fonction de l'effet présent. La fin de sa vie est marquée  par une maladie, la  cataracte, qui affecte son travail.
Monet peint devant le modèle sur l'intégralité de sa toile dès les premières ébauches, il retouche ensuite de nombreuses fois jusqu'à ce que le résultat le satisfasse. Contrairement à ce qu'il affirme, il termine la plupart de ses toiles en atelier, prenant modèle sur les premières peintures d'une série pour peindre les autres. D'un caractère parfois difficile, prompt à la colère comme au découragement, Claude Monet était un grand travailleur qui n'hésitait pas à défier la météo pour pratiquer sa passion. Monet résume sa vie ainsi de la meilleure manière : « Qu'y a-t-il à dire de moi ? Que peut-il y avoir à dire, je vous le demande, d'un homme que rien au monde n'intéresse que sa peinture - et aussi son jardin et ses fleurs ».
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lundi 14 mai 2018

Charles Camoin (1879-1965)




Charles Camoin (1879-1965)
Nature morte au bol bleu
Collection privée

Que voit-on ? On est toujours fasciné chez Camouin par les couleurs merveilleuses, la joie et l'optimisme qui se dégagent de ses natures mortes, quel que soit le sujet, envers et contre tout...

Rappel biographique : Le peintre français né à Marseille Charles Camouin est connu pour sa participation au fauvisme. Elève de Gustave Moreau aux Beaux arts de Paris,  il reçoit  pendant quelques mois l’enseignement du maître. C’est dans l'Atelier de Gustave Moreau que Camouin rencontre et se lie d'amitié avec Matisse, Marquet et Manguin,  élèves de Moreau depuis déjà quelques années. « Moreau déjà très malade ne me corrigea que deux ou trois fois avant de mourir. Ce que je sais de lui, c'est surtout par Matisse et Marquet que je l'ai appris » écrit Camoin.
Pendant son service militaire qu'il rencontre Cézanne. Alors que son régiment est à Aix-en-Provence en octobre 1901, le jeune soldat Camouin ose se rendre un soir chez Cézanne, et sonner à la porte du 23, rue Boulégon. Le vieux maître est connu pour son caractère difficile, mais il se prend de sympathie pour celui qu’il appelle le vaillant marseillais, Carlo Camoin. Les deux peintres échangent une correspondance régulière et Camoin rend plusieurs fois visite à Cézanne par la suite. Il montre au maître sa production, que celui-ci apprécie et encourage, et a le privilège de l’accompagner « au motif ». Cézanne envoie au jeune Camoin des lettres paternelles et affectueuses dans lesquelles il lui délivre des conseils sur la manière d’aborder la peinture, notamment de se méfier de la mortification théorique, de considérer les maîtres du passé sans les pasticher, mais aussi, de se fier à ses « sensations » au contact de la nature.
Camouin qui était surtout un peintre de paysages et de lumières a laissé toutefois quelques natures mortes remarquables dans lesquelles ses talents de coloriste explosent littéralement. C'est le cas de cette nature morte au sujet très provençal (la gargoulette et le panier d'asperges) dans laquelle transparait le soleil du midi.


dimanche 13 mai 2018

Paul Serusier (1864-1927)


Paul Serusier (1864-1927)
Nature morte aux oignons

 Que voit-on ? Des oignons jaunes dont certains sont liés en bottes et d 'autres répandus indépendamment, éclairés par un soleil rasant qui les rend oranges tout comme le bol qui les sépare et qui est posé sur un linge bleu, couleur complémentaire de l'orange.

Rappel biographique : Le peintre français Paul Sérusier est né à Paris, entre à l’Académie Julian en 1888 et devient "massier" des petits ateliers que fréquentaient alors Maurice Denis, Paul Ranson et Pierre Bonnard. En octobre 1888,  on le retrouve à Pont-Aven où il fait la connaissance de Gauguin qui l’initie à sa nouvelle esthétique. Sérusier fonde alors la confrérie des Nabis. Son tableau le plus célèbre est Le Talisman, l'Aven au Bois d'Amour peint en 1888 et  onservé au Musée d'Orsay à Paris. Très peu de natures mortes dans son oeuvre mais toujours très représentatives de l'esthétique Nabis et de son postulat de " recherche de d'authenticité et de retour aux sources ".


samedi 12 mai 2018

Pablo Picasso (1881-1973) - Nature morte aux oignons


Pablo Picasso (1881-1973)
Nature morte aux oignons, 1908
 Collection privée

 Que voit-on ? Il s'agit de cébettes plutôt que d'oignons, présentées en botte coincée entre un moule à gâteaux et un demi citron vert coupé.... un étrange voisinage d'éléments pour une composition qui hésite entre pointillisme, cubisme et réalisme mais où l'on peut déjà deviner ce que sera le futur talent de Picasso, peintre de nature morte.  Quand il réalise cette toile, Picasso a 27ans et un grand nombre de peintres confirmés ont déjà produit des natures mortes autour du thème des oignons... de Van Gogh a Paul Sérusier.

Rappel biographique : le peintre espagnol Pablo Ruiz Picasso qui a passé l'essentiel de sa vie en France, est l'auteur d'un oeuvre immense, tous genres confondus, que l'on chiffre à près de 50 000 pièces. Les premiers collages et assemblages sont réalisés pendant l'hiver 1912, Nature morte à la chaise cannée (Paris, Musée Picasso), Guitare(s) en carton (Paris, Musée Picasso). A partir des années 20 ses natures mortes seront très proches, sur la même ligne de conception " cubiste analytique " que celles de George Braque, dont il devient un temps l'intime avant de s'en séparer définitivement.  Il y eut une connivence d'inspiration très rare entre ces deux peintres pendant une certaine période de leur vie et en particulier dans le domaine du traitement de la nature morte. 
Picasso a peint énormément d'autres natures mortes après la Seconde guerre mondiale et hors de la période cubiste, mais malgré leur impressionnante quantité, rapportées à la masse énorme de sa production, elles ne constituent pas un genre qui tient autant de place dans son oeuvre que dans l'oeuvre de Georges Braque.

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vendredi 11 mai 2018

Milton Avery (1885-1965) - Fantastic Fish


Milton Avery (1885-1965) 
Fantastic Fish, 1948
Schwartz  & Wahajat

 Que voit-on ?  Une série de poissons extraordinaires et sans doute tropicaux encadrant un énorme poisson bleu à pois blancs,  tous entièrement sortis de l'imagination du peintre...  Cette nature morte aux poissons vient enrichir la collection déjà importante des natures mortes de Milton Avery publiées dans ce blog !

Rappel biographique :  Milton Clark Avery est un artiste peintre américain de figures, portraits, animaux, intérieurs, paysages et quelques rares natures mortes. S'il existe un lien entre le monde de la peinture traditionnelle américaine du début du 20e siècle et de celui de l'expressionnisme abstrait autour de 1945, c'est bien Milton Avery qui l'a créé. On ne lui connait aucune formation particulière, sinon en 1913 un cours de dessin d'après nature donné par Charles Noël Flagg à la Connecticut League of Art à Hartford. En 1925, il épouse Sally Michel, également peintre, dont on retrouve l'image dans les nombreux portraits exécutés par son époux. Sa première exposition personnelle a lieu en 1928, elle est suivie d'autres à partir de 1940.
Après la période Fauve de ses débuts, qui lui a permis de jouer avec de riches couleurs, il atténue sa palette et simplifie ses compositions qui tendent vers un dépouillement de plus en plus grand. Ses sujets restent simples tels que Rothko les définit. C'est dans un style presque Intimiste - Avery peignant son atelier, sa femme Sally, sa fille March, Central Park, les plages et montagnes où il passait l'été, des vaches, des poissons, des vols d'oiseaux, ses amis réunis dans son atelier...- qu'il peint des œuvres aux formes simplifiées, aux plans colorés, découpés, dans un espace à deux dimensions, évoquant l'art de Matisse. Toutefois, ses peintures ne sont jamais brillantes quoique très riches. Il maîtrise fort bien ses rapports de couleurs dont les contours peuvent être parfois fluides, créant une sorte d'osmose entre elles. L'art de Milton Avery rejoint ainsi, peu à peu l'abstraction expressionniste de Rothko et de Adolph Gottlieb. Ensemble, ils ont participé à de longues conversations hebdomadaires qui ont facilité la naissance de la peinture abstraite américaine d'après guerre et plus particulièrement de l'Ecole de New York.
Une grande rétrospective lui a été consacrée en 1952 au Baltimore Museum, puis à la Fondation Ford et au Whitney Museum en 1960. Une autre rétrospective posthume fut présentée à Lincoln puis à Little Rock en 1966, puis deux autres encore en 1983, à la Albright-Knox Art Gallery de Buffalo et au Minneapolis Institute of Arts. 


jeudi 10 mai 2018

Norbert Schwontkowski (1949-2013)


Norbert Schwontkowski (1949-2013) 
Pokal Regal, 2005
Private collection 

Que voit-on ? Une nature morte composée uniquement de verreries comme on les aimait dans la Rome Antique et comme  on peut en trouver encore au Musée de Naples en provenance des murs des maisons de Pompei. Mais celle ci, bien qu'elle ait la patine et la composition de l'antique ne l'est pas ; elle a été peinte au début du 21e siècle, en 2005, non sans un certain humour et avec une grande maîtrise du sujet par ce peintre singulier qu'est Norbert Schwontkowski, récemment disparu au faît de sa gloire. 

Rappel biographique : Norbert Schwontkowski défie les catégorisations artistiques avec un travail qui oscille sans arrêt entre l'abstraction,  la représentation réaliste et le dessin animé.  Exactement comme le célèbre Giorgio Morandi, il crée lui-même ses propres pigments, qu'il écrase à la main avant de les  mélanger à divers matériaux, pour leur donner toutes sortes de textures. A ces pigments fabriqués comme ceux des peintres de l'Antiquité et de la Renaissance, Schwontkowski ajoute des oxydes métalliques pour créer des surfaces chatoyantes qui continuent à évoluer au fil des années. Sa palette de tons de terre pâle, de noirs et de gris installe une atmosphère sourde et tamisée  sur des surfaces soigneusement travaillées où une exceptionnelle économie du geste pictural  fait le reste. Le travail de Schwontkowski est souvent décrit comme ludique sans pour autant être naïf avec une mélancolie sous jacente omniprésente.
Norbert Schwontkowski est né en 1949 à Brême (Allemagne). Il a fréquenté la Hochschule für Gestaltung de cette même ville ; il  est ensuite devenu professeur de peinture à la Hochschule für Bildende Künst de Hambourg. Dès la fin des années 1970, il  a exposé régulièrement dans les  plus grandes galeries et les institutions publiques à travers l'Europe.
Ses oeuvres ont été présentées à la Biennale de Berlin 2005, avant d'entrer dans les collections du Solomon R. Guggenheim Museum à New York et du Museum of Fine Arts de Boston.
Il est décédé en 2013 à Brême, en Allemagne.

mercredi 9 mai 2018

Nicolas Issaiev (1891-1977)



Nicolas Issaiev (1891-1977) 
Nature morte aux oranges sanguines 
Collection privée.

Que voit-on ? Sur un guéridon dont la rondeur est rompue par les dessins géométriques d'une nappe bleue très architecturée :  un compotier contenant des oranges coupées, un grand verre à pied à moitié rempli de vin et quelques quartiers d'oranges éparpillés sur la nappe. Le rouge orangé des fruits trouve dans la tonalité résolument bleue de toute cette composition son complément naturel.

Rappel biographique : Nicolas Issaiev est un artiste français né près d'Odessa en 1891. Peintre, graphiste et décorateur de théâtre, Issaiev a étudié à Odessa et Kharkiv dans les studios de V. Shuchajev et A. Yakovlev et à l'Académie Ranson à Paris. Il était dans l'armée pendant la Première Guerre mondiale avant d' immigrer en 1919 à Belgrade où il travailla au Théâtre national comme décorateur. En 1925 il s'installe à Paris où il se fait connaître du milieu artistique du Montparnasse en peignant des paysages, des natures mortes et quelques portraits.  Il ne sera cependant jamais intégré parmi les peintres célèbres de Montparnasse comme Soutine et Foujita et encore moins parmi les peintres de l'Ecole de Paris dont il faisait pourtant bel et bien partie. Le seul mouvement et groupe auquel il parvient à s'intégrer fut l'assez obscur groupe tcheco-belge Circle (Krug) Group avec lequel il exposa de nombreuses fois, aussi bien à Bruxelles, Paris que Belgrade. En 1940-1945, il s'installa dans le sud de la France pour y vivre seul. Après la Seconde Guerre mondiale, il fit de fréquents séjours en Suisse, Italie et Espagne. Entre 1945 et 1950, Issaiev réalisa de nombreuses  illustrations pour des ouvrages d'éditions d'art notamment sur les publications de Pierre de Ronsard, Edgar Allan Poe et Nikolay Gogol. Dans les années 1950 et 1960, il exposa à Paris dans les galeries La Boétie et A. Weil de même qu'à la galerie P. Bernet à New York.  Il participa avec plusieurs de ses toiles à la grande exposition qui eut lieu à Paris en 1961 puis en Russie en 1974 sous le titre Les Artistes russes de l'École de Paris, trouvant ainsi trois ans avant son décès un début de reconnaissance.

mardi 8 mai 2018

Louyse Moillon (1610-1696)


Louyse Moillon (1610-1696) 
Nature morte aux Fruits en Corbeilles, 1640 
Muskegon Art Museum,  Grand Rapids, USA 

 Que voit-on ?  Posées sur une table en bois d'une grande simplicité : deux corbeilles de fruits, l'une contenant des framboises est l'autre des prunes, prétexte à une exercice de grande virtuosité sur les textures et les couleurs.

Rappel biographique : Née dans une famille protestante d’artistes parisiens, la peintre française Louyse Moillon se révéla comme une des femmes peintres de natures mortes les plus marquantes de son époque. Après la mort, de son père, Nicolas, peintre lui aussi, alors qu'elle a seulement 9 ans, sa mère se remarie avec le peintre protestant de natures mortes, François Garnier, dont le titre de « bourgeois de Paris » laisse supposer une situation prospère. Il est aussi marchand de tableaux lié au milieu de Saint-Germain-des-Prés. La fillette qui a entamé sa formation auprès de son père défunt la poursuit avec son beau-père. A la mort de sa mère, en 1630, Louise a déjà peint de nombreuses natures mortes, corbeilles et plats de fruits, étalages de légumes, vases de fleurs qui peuvent parfois être accompagnés de figures humaines (La marchande de fruits et de légumes, 1630, Musée du Louvre Paris). On dénombre aujourd’hui une quarantaine de tableaux de sa main, peints essentiellement entre1630 et 1640, où l’artiste se confirme comme une des femmes peintres parmi les plus célèbres de cette époque. Son style d'un grand classicisme et d'une incomparable précision privilégie le traitement précis des textures mais aussi et surtout, affirme d'immenses qualités de coloriste et une grande poésie dans la mise en scène des sujets tout en respectant les règles strictes de l'étale sur un entablement.



lundi 7 mai 2018

Jane Freilicher (1924-2014)


Jane Freilicher (1924- 2014)
Pierrot and Peonies, 2007, 
Parrish Art Museum, Water Mill   N.Y

Que voit on ?  Posés sur une table devant un paysage de sable et de mer dans le lointain, typique de Long Island : un cadre représentant un Pierrot sur le modèle de celui de Watteau et un bouquet de pivoines posé sur un carnet.

Rappel biographique : Jane Freilicher, est une artiste-peintre américaine assimilée à la fois aux mouvements " figuratif " et  " expressionniste abstrait ". A l'âge de 17 ans,  elle termina ses études scolaires et fit la rencontre du pianiste de jazz Jack Freilicher qu'elle épousa en  1941 avant que le mariage ne soit annulé en 1946. Elle fait ensuite la rencontre du peintre Hans Hofmann, auprès de qui elle étudie l'art à partir de 1947, mais aussi de Larry Rivers avec lequel elle se lie d'amitié. En 1952, elle rencontre Joe Hazan, ancien businessman et danseur, devenu artiste-peintre. qu'elle épouse  en 1957 ;  Jane travaille dans la 5e Avenue à Manhattan où elle et son mari se sont établis. Le couple devient propriétaire d'une maison d'été qu'il fait bâtir à Long Island.
Dans les années 1950, Jane est membre d'un cercle informel d'artistes, peintres et écrivains, connu sous le nom de   "École de New York". Influencée par Hofmann, elle réalise d'abord des toiles expressionnistes abstraites. Puis, séduite par le style de Pierre Bonnard, elle s'oriente vers les paysages et les natures mortes. Son domaine de prédilection devient les scènes pastorales en milieu urbain. Elle s'inspire de la vie à Long Island. Ses œuvres sont présentées à la Tibor de Nagy Gallery de New York à partir de 1952. En 2013, une exposition Jane Freilicher: Painter Among Poets y est présentée. L'exposition déménage à Chicago en 2014 où elle est présentée à la Poetry Foundation, association de promotion de la poésie et de la culture.


dimanche 6 mai 2018

Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779) - Deux lièvres et perdrix grise

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Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779)
Nature morte aux deux lièvres, perdrix grise, besace et flasque à poudre 
National Gallery of Ireland

Que voit on ? Tous les éléments que  décrit avec précision le titre, noués par un ruban bleu pendu à un clou planté dans un mur au-dessus d'une rampe de pierre. La subtilité du rendu des fourrures des lièvres et du plumage de la perdrix grise, la matière presque palpable de la pierre pourraient faire oublier un tout petit détail qui fait cependant toute la grâce miraculeuse de cette nature morte au gibier :  les branches d'une plante grimpante (chèvrefeuille ou clématite ?) peintes à gauche de la composition et dont les ombres se projettent sur le mur de fond avec une finesse et une précision si inédites que l'on croirait ce mur fait de papier peint fleuri.

Rappel biographique : Jean-Baptiste-Siméon Chardin est considéré comme l'un des plus grands peintres français et européens du 18e siècle. Célèbre pour ses scènes de genre et ses pastels, il est aussi reconnu pour ses natures mortes dont il reste le maître incontesté. D'après les frères Goncourt, c'est Coypel qui en faisant appel à Chardin pour peindre un fusil dans un tableau de chasse, lui aurait donné le goût pour les natures mortes. A partir du Salon de 1748, Chardin expose de moins en moins de scène de genre, il multiplie désormais les natures mortes. Ce retour à ce type de peinture va durer une vingtaine d'années. Il est difficile de donner des raisons à ce changement de cap. On sait que pendant cette période la vie de Chardin est en pleine mutation. Il se remarie, il reçoit une pension du roi. Il est désormais à l'abri du besoin. Ces deux tableaux de réception à l'Académie Royale de peinture sont tous deux des natures mortes, La Raie et Le Buffet qui se trouvent aujourd'hui au Musée du Louvre (salle 39). Chardin devient ainsi peintre académicien « dans le talent des animaux et des fruits », c'est-à-dire au niveau inférieur de la hiérarchie des genres alors reconnus. Et c'est sans aucun doute Chardin qui va lui donner ses lettres de noblesse et en faire un genre pictural égal, voire même supérieur à bien des égards, aux autres.
Les natures mortes qu'il peindra à partir de 1760 sont assez différentes des premières. Les sujets en sont très variés : gibier, fruits, bouquets de fleurs, pots, bocaux, verres...  Chardin semble s'intéresser davantage aux volumes et à la composition qu'à un vérisme soucieux du détail, ou aux effets de trompe-l'œil. Les couleurs sont moins empâtées. Il est plus attentif aux reflets, à la lumière : il travaille parfois à trois tableaux à la fois devant les mêmes objets, pour capter la lumière du matin, du milieu de journée et de l'après-midi. On peut souvent parler d'impressionnisme avant la lettre.
Chardin cherchait à reproduire la matière, ces fruits semblent aussi vrais que nature, Diderot s'extasiait devant ce réalisme dans son compte-rendu du Salon de 1759 : " Vous prendriez les bouteilles par le goulot si vous aviez soif ". ou encore en 1763, " C'est la nature même; les objets sont hors de la toile et d'une vérité à tromper les yeux. (...)
 Pour regarder les tableaux des autres, il semble que j'ai besoin de me faire les yeux ; pour voir ceux de Chardin, je n'ai qu'à regarder ce que la nature m'a donné et   m'en bien servir ".
" O Chardin ! ce n'est pas du blanc, du rouge, du noir que tu broies sur ta palette: c'est la substance même des objets, c'est l'air et la lumière que tu prends à la pointe de ton pinceau et que tu attaches sur la toile ".

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samedi 5 mai 2018

Charles Demuth (1883-1935)



Charles Demuth (1883-1935)
Nature morte à l'aubergine
(aquarelle)

Rappel biographique : Charles Demuth est un peintre et photographe américain, principal représentant, avec Charles Sheeler, du mouvement précisionniste ou cubo-réaliste. Il s'intéresse essentiellement à la représentation cubiste de sujets urbains et industriels. Son style est caractérisé par des formes simplifiées et écrasées, traversées par des lignes de force qui rythment la composition.
Charles Demuth a longtemps vécu avec sa mère à Lancaster, en Pennsylvanie, dans la maison qui est aujourd'hui le Demuth Museum.
Diplômé de la Franklin & Marshall Academy en 1901, il étudie ensuite à la Drexel University en 1903 et 1904 puis à la Pennsylvania Academy of Fine Arts de Philadelphie dont il est diplômé en 1910. Il y est l'élève de William Merritt Chase et y rencontre William Carlos Williams avec qui il restera ami toute sa vie. Entre 1907 et 1913, il effectue plusieurs séjours à Paris où il étudie à l'Académie Colarossi et à l'Académie Julian. Il y découvre le cubisme et y rencontre Marsden Hartley qui l'introduira auprès d'Alfred Stieglitz. En 1912, il rencontre Robert Locher, lui aussi de Lancaster, avec qui il reste jusqu'à la fin de sa vie.
Vers 1915, il rejoint le groupe avant-gardiste d'Alfred Stieglitz et expose dans sa galerie, le 291. Il réalise de nombreuses illustrations de livres puis se tourne vers l'aquarelle. Dans les années 1920, sa série de portraits, collages d'objets, de lettres et de chiffres, annonce les réalisations à venir du pop art. De santé fragile, Charles Demuth boite depuis l'âge de cinq ans et se déplace avec une canne. Il meurt de complications diabétiques à 51 ans.

vendredi 4 mai 2018

François-Emile Barraud (1899-1934) - Les Rougets, poissons d’avril

François-Emile

François-Emile Barraud (1899-1934)
 Les Rougets, poissons d’avril, 1932
Collection particulière 

Rappel biographique :  Franзois-Emile Barraud,  est un artiste peintre suisse, aussi dessinateur, graveur et sculpteur. Issu d'une fratrie de quatre enfants et d'un père graveur sur boîtiers de montres, François Barraud a œuvré à Paris dans les Années folles, multipliant natures mortes et portraits dans l'esprit pictural d'un Balthus. Il meurt de la tuberculose à l'âge de 34 ans, à Genève.
Ses frères, Aurèle, Aimé et Charles, sont également peintres.
 Des expositions de son oeuvre ont eut lieu  au Kunstmuseum de Winterthur, et au Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds en  2005.

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jeudi 3 mai 2018

Filippo de Pisis (1896-1956) - Natura morta col martin pescatore


Filippo de Pisis (1896-1956) 
 Natura morta col martin pescatore, 1925

Que voit-on ? Sur un entablement recouvert d'une feuille de papier kraft, disposés devant un petit tableau qui représente une marine et un éventail rond d'inspiration chinoise : un étui à cigarettes dont une cigarette a été extraite, un pot à tabac en argent ciselé et un Martin pêcheur mort dont le beau plumage bleu est déployé.

Rappel biographique : Luigi Filippo Tibertelli dit Filippo de Pisis est un poète et un peintre italien.
Né dans une famille fortunée de l'aristocratie italienne - la famille des marquis Tibertelli descendante d'un condottiere de Pise (d'où le nom qu'il choisit) établie à Ferrare au 16e siècle - il reçoit une éducation à domicile avec des précepteurs et des prêtres, en compagnie de sa sœur, à laquelle il demeure toute sa vie fort attaché. Il s'initie à la peinture avec un maître de  Ferrare, Odoardo Domenichini. Il s'intéresse aussi très tôt à la poésie métaphysique et se fait connaître avec la publication d'une première plaquette de poésie. Cela lui permet d'entrer en relation avec Giorgio de Chirico en 1915 qui exerce une forte influence sur ses premiers tableaux. Il fait également la connaissance du frère de Chirico, Alberto Savinio, et en 1917 de Carlo Carrа. Ce sont les premiers représentants de la peinture métaphysique. Mobilisés, ils sont alors en garnison à Ferrare. Le jeune Pisis les guide dans sa ville natale et le groupe se réunit dans sa demeure familiale. C'est ici que sont exposées les premières œuvres de Chirico. Il entre en correspondance avec Guillaume Apollinaire et Tristan Tzara.
En 1919, Pisis s'installe à Rome où, parallèlement à son métier de professeur de lycée, il commence à peindre, notamment des paysages urbains, des marines et des natures mortes. Le caractère très émotionnel de ses poésies se retrouve dans sa peinture. Il prend conscience de son homosexualité à cette époque et devient aussi ami avec Julius Evola ce qui lui permet de verser dans un certain ésotérisme et de le traduire dans son œuvre. Après avoir écrit de la prose et de la poésie recueillies dans I Canti de la Croara et Emporio en 1916, il commence à écrire en 1920 un essai intitulé La cittа dalle 100 meraviglie, publié à Rome en 1923.
En 1925, il vit à Paris à la recherche de nouvelles inspirations et y demeure jusqu'en 1939. Il est influencé par Manet, Corot, Matisse et le Fauvisme. Il fait une exposition personnelle en1926, à Paris à la Galerie Au Sacre du Printemps, avec une présentation de Chirico. Il écrit des articles pour L'Italia Letteraria et d'autres revues mineures. Il se lie avec le peintre Onofrio Martinelli, déjà rencontré à Rome. Entre 1927 et 1928, ils partagent même un appartement-atelier rue Bonaparte. Il fait alors partie du groupe des Italiens de Paris (italiani di Parigi) qui comprend Chirico, Savinio, Massimo Campigli, Mario Tozzi, Renato Paresce et Severo Pozzati, ainsi que le critique français d'origine polonaise Waldemar George. Ce dernier écrit la première monographie de Pisis en 1928 présentée à l'exposition Appels d'Italie de la Biennale de Venise de 1930. Durant sa période parisienne, l'artiste visite Londres, au cours de trois brefs séjours, et se lie d'amitié avec Vanessa Bell et Duncan Grant. En 1934, la Galerie des Quatre Temps organise une exposition « Les fleurs de Filippo de Pisis ». En mai 1936, il expose cinq tableaux à l'exposition du Jeu de Paume, « Art italien des XIX et XXe siècles ». En mars 1937, il participe à une exposition à la galerie Rive Gauche, intitulée « Epoque métaphysique » avec Max Jacob et Jean Cocteau, dont le catalogue est préfacé par Henri Sauguet.
Entre 1943 et 1949, il s'installe à Venise où il mène une vie dispendieuse et parfois extravagante. Il s'inspire de Guardi et des maîtres vénitiens du XVIIIe siècle. Il fait la connaissance du jeune peintre Silvan Gastone Ghigi (1928-1973) dont il devient le mentor. Il retourne à Paris entre 1947 et 1948 avec Silvan Gastone Ghigi. Filippo de Pisis est alors atteint des premiers symptômes d'athérosclérose. Souffrant depuis très longtemps de violents maux de tête, l'artiste doit être hospitalisé les trois dernières années de sa vie à la Villa Fiorita à Brugherio (au nord de Milan). Il continue pourtant à peindre sporadiquement et meurt en 1956.
Son œuvre peint a été montré deux fois à la Biennale de Venise, la première fois en 1948 avec une trentaine de ses tableaux, la dernière fois à titre posthume. Une grande rétrospective se tient dans sa ville natale en 1996 et une autre au Musée d'art moderne de Turin en 2005. Ses tableaux sont visibles à la Galerie nationale d'art moderne de Rome а côté de tableaux de Giorgio de Chirico, au Palazzo Romagnoli, où sont conservés deux toiles de la Collection Verzocchi (1949-1950), et au Musée de Grenoble où une de ses toiles est conservée ; elles sont essentiellement visibles pour le public au Musée Filippo de Pisis de Ferrare. La plupart de ses œuvres font partie de collections privées.
Une partie plus méconnue de son œuvre comprend des études de nus masculins, témoins poétiques de ses propres affinités sentimentales.

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mercredi 2 mai 2018

Roger Fenton (1819-1869)


Roger Fenton (1819-1869)
Still Life 1860
Tirage sur papier albuminé

Rappel biographique : Le photographe anglais Roger Fenton fut un pionnier de la photographie comme photographe de guerre, notamment puisqu'il fut le premier à  photographier la Guerre de Crimée (1853-1856). Il fonda en 1853 la Royal Photographic Society et en 1854 commença à faire des portraits pour la famille royale anglaise. Il est toujours secrétaire honoraire de la Royal Photographic Society lorsqu'il obtient le titre et la mission de photographe officiel de la Guerre de Crimée. À son retour en Angleterre, ses images sont célèbres et il est reçu par la Reine Victoria. Ses photos sont exposées à Londres et à Paris et des gravures sur bois réalisées dont  les plus remarquables sont publiées dans Illustrated London News.
Jusqu'en 1862, il poursuit une carrière de photographe de paysages et d'architecture et aussi de natures mortes, genre pour lequel il fut  aussi - dans le domaine de la photographie - un pionnier. 

mardi 1 mai 2018

Sebastian Stoskopff (1597-1657)


Sebastian Stoskopff (1597-1657)
Nature morte avec coquillages et statuette 

Rappel biographique : le peintre alsacien Sébastien Stoskopff a été formé par Frédéric Brentel puis par Daniel Soreau. Sébastien Stoskopff vit à Paris entre 1621 et 1641 environ et voyage en Italie vers 1629.  Très apprécié à son époque, il est considéré comme l'un des maîtres européens de la nature morte très à l'aise dans le traitement des textures opposées comme le verre et l'osier d'un côté, ou le verre et l'étain etc...  L'œuvre de Sebastian Stoskopff a été redécouverte très tardivement, au milieu du 20e siècle, dans les années 1930, ce qui signifie qu'elle est restée dans l'ombre pendant plus de 3 siècles !   Il reste de l’œuvre de Stoskopff entre 60 et 69 tableaux, selon les critiques. 10 d’entre eux sont datés et 26 à 29 sont signés de la main du maître. Toutes les œuvres signées sont des natures mortes. Mais des correspondances attestent que Stoskopff était aussi portraitiste, et qu’il a notamment exécuté un double portrait du comte Jean de Nassau-Idstein et de son épouse Anna. Pour la plupart, les œuvres de l’artiste ont pour thème la représentation d’objets quotidiens, très souvent dans le domaine de la cuisine ou de la nourriture.
En 1640, lorsqu'il revient à Strasbourg, les peintres locaux jalousent cet artiste apprécié, célibataire de surcroît. On lui interdit de porter le titre de maître peintre. Qu'importe! Son insolence et la beauté de ses oeuvres le rendent intouchable et la protection de Jean de Nassau fait le reste. Avec de l'huile et quelques pigments, il s'attaque au clair-obscur. Dans la Corbeille de verres vénitiens, son chef-d'oeuvre, les très fines lignes blanches et les légers reflets d'un verre brisé procurent la même émotion qu'un tableau religieux.
Sébastien Stoskopff meurt assassiné chez Jean de Nassau au terme d'une messe noire où il aurait abusé de drogue et d'alcool. L'organisateur du sabbat finira brûlé sur le bûcher pour sorcellerie. La vie de Stoskopff reste donc un mystère.