lundi 18 juin 2018

Alexandre-François Desportes (1661-1743) - Nature morte aux fruits et au gibier, 1706



Alexandre-François Desportes  (1661–1743) 
Nature morte aux fruits et au gibier, 1706
MuMa,  Musée André Malraux, Le Havre 

Que voit on ? Sur une magnifique desserte à gibier en marbre, elle même partie d'une alcove en marbre : une coupe en porcelaine contenant des pêches entourées de raisin blanc et de prunes disséminées à même le marbre, à côté d'un lièvre pendu par les pattes dont le corps et la tête repose sur  un coin de l'entablement. Deux perdrix pendues par un ruban en haut de la desserte parachèvent la composition. 

Rappel biographique : Issu d’une famille modeste, Alexandre-François Desportes à ne pas confondre avec Nicolas Desportes ou Jean Desportes, deux autres peintres de nature mortes ayant vécu à la meme époque)  était destiné à être paysan mais, à la suite d’une longue période de convalescence, il s’initia au dessin et acquit peu à peu une grande maitrise de cette technique. Il devint l’élève de Nicasius Bernaerts d'origine flamande, alors membre de l’Académie royale et spécialisé dans la peinture animalière et de Frans Snydersil s’est largement imprégné de la tradition flamande. Au cours de ses premières années, il découvrit ainsi la peinture flamande dont il va subir l’influence tout au long de sa carrière.  A la mort de Bernaerts, Desportes ne se fia plus qu’à la nature. En 1695-1696, il fut nommé portraitiste à la cour de Pologne avant d’être rappelé en France où il abandonna le genre du portrait pour se consacrer presque exclusivement à la peinture animalière. Reçu à l’Académie royale en 1699, il participa à la décoration de la ménagerie de Versailles. Outre la peinture animalière, Alexandre-François Desportes se distingua aussi par ses natures mortes où il excella véritablement. On y perçoit l’approche réaliste flamande qui se traduit aussi bien dans les fonds de paysage que dans le rendu riche et méticuleux des matières alliée à une délicatesse alors réputée être très française.