dimanche 14 octobre 2018

Pieter Boel (1622-1674) - Nature morte, Allégorie des vanités du monde

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Pieter Boel (1622-1674) 
Nature morte - Allégorie des vanités du monde, 1663
 Palais des Beaux Arts, Lille

Que voit on ? Une accumulation de biens précieux et de symboles de pouvoir.  Le très grand instrument posé contre la chaise est une trompette marine, un instrument doté d’une seule corde, sur laquelle on frottait un archer, très en vogue au 17e siècle dans les opéras baroques.
Le somptueux plat au centre du tableau décrit les amours tragiques de la déesse Vénus voyant partir son amant Adonis à la chasse au sanglier... dont il ne revint jamais. 
Selon la notice du Musée de Beaux arts de Lille où cette oeuvre impressionnante est conservée :  
" Le but de cette nature morte est de présenter au spectateur tous les attributs possibles de la richesse et des plaisirs terrestres. Le plaisir de la musique d’abord, à gauche, avec un groupe de cinq instruments. Le plaisir d’apprendre, avec cette mappemonde au centre et ces livres, posés sur le sol à droite de la composition. Le plaisir artistique, avec ce sublime plateau d’orfèvrerie et les instruments du peintre : la palette et le pinceau. On remarque aussi au sommet de cet amoncellement une couronne, un turban posé sur un manteau d’hermine, une mitre d’évêque, ainsi qu’une tiare papale. Autant de symboles du pouvoir des rois et de la religion sur terre. Deux détails cependant mettent en garde le spectateur contre la tentation d’être séduit par ces belles choses. Le premier se trouve au sommet de la pyramide formée par les objets. Il s’agit d’un crâne. Avec ses yeux creux, il semble observer ces signes de richesse. Il nous rappelle que la mort triomphe toujours, et que peu importent les fastes de la vie et nos occupations sur terre, devant la mort, nous sommes tous égaux.
À l’arrière-plan, un sarcophage en pierre porte l’inscription Vanitati S, soit « le sacrifice de la Vanité ». Voilà en somme le message de l’œuvre : quelles que soient vos richesses, il faut se défaire de la futilité et de la vanité des biens matériels, sous peine de se retrouver dans un sarcophage ! "

Rappel biographique : Pieter Boel, ou Pierre Bol est un peintre et graveur flamand connu principalement pour ses compositions religieuses, sujets allégoriques, animaux, natures mortes, fleurs et fruits.  Après une carrière  couronnée de succès a travers une bonne partie de l'Europe, il s'installe vers 1660 à Paris et succède à Nicaise Bernaerd, le Flamand (1608-1678), alors peintre du roi. Il travaille aux Gobelins pour Louis XIV. En collaboration avec Genoels dit Archimède (1640-1723), il réalise entre 1669 et 1671, quatre-vingt-une études d'animaux et d'oiseaux pour les compositions intitulées les Douze mois, dans les dessins de Charles Le Brun. Il s'inspira des oiseaux et mammifères de la ménagerie du château de Versailles. Ces oeuvres sont dispersées et le Louvre en conserve vingt. Cette collaboration se poursuit pour les commandes faites par le comte de Monterey, gouverneur général des Pays-Bas.

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Un blog de Francis Rousseau