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vendredi 2 mars 2018

Edouard Pignon (1905-1993) - Edouard Pignon (1905-1993) Nature morte aux poissons 1944


Edouard Pignon (1905-1993)
Nature morte aux poissons, 1944 

Que voit on ?  Posés sur un entablement rouge (LA couleur favorite de ce peintre)  qui semble être en Formica, un papier bleu qui contient trois poissons, des oignons, une tomate et un verre d'eau : tout le nécessaire pour réaliser des poissons en papillote.  

Rappel biographique  issu d'une famille de mineurs du Pas-de-Calais il fut lui-même galibot avant de devenir cimentier-plafonneur parce qu'il ne supportait pas l'absence de lumière au fond de la mine.
En 1926, il décide, contre l'avis de tous, de devenir peintre et part s'installer à Paris. Il exerce alors plusieurs métiers : manœuvre aux usines Citroën, pointeau, figurant dans la troupe de Raymond Rouleau, metteur en pages... Ces années sont celles de la formation, mais son université, ce sont les cours du soir de l'université ouvrière, une culture arrachée aux heures de sommeil et aux rythmes difficiles du labeur. Les matières abordées sont la littérature  la philosophie, l'économie politique, l'histoire, l'histoire de  l'art . Et pour peindre, en plus des soirées à l'école Germain Pilon, il profite des courts moments des heures de congé le samedi après-midi et le dimanche. En toile de fond, les réunions de l'Association des artistes et écrivains révolutionnaires. C'est la période intense et fructueuse des années trente, riche d'ardents débats, de responsabilités civiques et culturelles au milieu desquelles Pignon étudie et fait ses choix fondamentaux. Son engagement au Parti communiste en 1933 ainsi que sa rencontre avec Picasso en 1936 sont décisifs pour sa peinture, qu'il conçoit comme une « quête de la réalité ». À trente ans, quand il peint ses Meeting ou son premier Ouvrier mort, il se rattache au cubisme, utilisant les aplats de couleurs, les cernes épais et la règle d'or. Puis, très rapidement, il a la volonté de pénétrer au cœur des choses, de saisir, à leur naissance, ses émotions perceptives. Pour Édouard Pignon, la peinture est un moyen de connaissance. Il va peindre une toile qui va en créer une autre, chacune prenant la place de la dernière et créant aussi le besoin de celle qui va suivre. 
"Au début, on ne voit rien. On voit un ensemble de choses, mais on ne voit rien, ou plutôt, on voit comme tout le monde. Ce qu'il faut, c'est une longue observation méditative, crayon en main. Et au bout d'un certain temps on s'aperçoit que les choses commencent à avoir une autre vérité. La réalité apparaît beaucoup plus vraie. Cela demande beaucoup de temps" (La Quête de la réalité) 

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2018 - A Still Life Collection 

Un blog de Francis Rousseau 


dimanche 4 septembre 2016

Edouard Pignon (1905-1993)



Edouard Pignon (1905-1993)
Nature morte à la nappe rouge
Collection privée

Que voit-on ?  Une table de cuisine en bois (élément rémanent dans l'œuvre de Pignon) partiellement recouverte par une nappe rouge qui donne son nom au tableau.  Sous la nappe un tiroir semble légèrement ouvert. Sur la nappe plusieurs objets sans rapport les uns avec les autres, si ce n'est d'être des contenants : un mortier et son pilon, un cruche à eau vide, une cruche à eau contenant un bouquet de fleurs, une bouteille de vin rouge pleine. Hors de la nappe : un autre contenant difficilement identifiable : sucrier ? pot à lait ? cendrier ? boîte déformée?

Rappel biographique  issu d'une famille de mineurs du Pas-de-Calais il fut lui-même galibot avant de devenir cimentier-plafonneur parce qu'il ne supportait pas l'absence de lumière au fond de la mine.
En 1926, il décide, contre l'avis de tous, de devenir peintre et part s'installer à Paris. Il exerce alors plusieurs métiers : manœuvre aux usines Citroën, pointeau, figurant dans la troupe de Raymond Rouleau, metteur en pages... Ces années sont celles de la formation, mais son université, ce sont les cours du soir de l'université ouvrière, une culture arrachée aux heures de sommeil et aux rythmes difficiles du labeur. Les matières abordées sont la littérature  la philosophie, l'économie politique, l'histoire, l'histoire de  l'art . Et pour peindre, en plus des soirées à l'école Germain-Pilon, il profite des courts moments des heures de congé le samedi après-midi et le dimanche. En toile de fond, les réunions de l'Association des artistes et écrivains révolutionnaires. C'est la période intense et fructueuse des années trente, riche d'ardents débats, de responsabilités civiques et culturelles au milieu desquelles Pignon étudie et fait ses choix fondamentaux. Son engagement au Parti communiste en 1933 ainsi que sa rencontre avec Picasso en 1936 sont décisifs pour sa peinture , qu'il conçoit comme une « quête de la réalité ». À trente ans, quand il peint ses Meeting ou son premier Ouvrier mort, il se rattache au cubisme, utilisant les aplats de couleurs, les cernes épais et la règle d'or. Puis, très rapidement, il a la volonté de pénétrer au cœur des choses, de saisir, à leur naissance, ses émotions perceptives. Pour Édouard Pignon, la peinture est un moyen de connaissance. Il va peindre une toile qui va en créer une autre, chacune prenant la place de la dernière et créant aussi le besoin de celle qui va suivre. 
"Au début, on ne voit rien. On voit un ensemble de choses, mais on ne voit rien, ou plutôt, on voit comme tout le monde. Ce qu'il faut, c'est une longue observation méditative, crayon en main. Et au bout d'un certain temps on s'aperçoit que les choses commencent à avoir une autre vérité. La réalité apparaît beaucoup plus vraie. Cela demande beaucoup de temps" (La Quête de la réalité) 


mardi 17 novembre 2015

Edouard Pignon (1905-1993)




Edouard Pignon (1905-1993) 
Coupe de fruits et nature morte sur la table (1942)

Collection privée

Que voit-on ?  Une scène de cuisine avec une  table bleue dont le tiroir est ouvert, un chaise en paille  et dans le lointain, une fenêtre ouverte sur un paysage ensoleillé. Sur la table bleue de gauche à droite : un drapé rouge sur lequel repose un compotier mauve avec trois fruits, un vert (poire), un rouge (pomme), un jaune (citron), un autre fruit vert et rond pas très identifiable émergeant des plis du drapés rouge ; un vase bleu foncée qui ressemble  à un soliflore  sans fleur ou à un vase funéraire est posé au centre de la table et de la composition ; près de la chaise, un vert, une assiette conteant un fruit coupé et un couteau et un cuillère.  

Rappel biographique  Issu d'une famille de mineurs du Pas-de-Calais il fut lui-même galibot avant de devenir cimentier-plafonneur parce qu'il ne supportait pas l'absence de lumière au fond de la mine.
En 1926, il décide, contre l'avis de tous, de devenir peintre et part s'installer à Paris. Il exerce alors plusieurs métiers : manœuvre aux usines Citroën, pointeau, figurant dans la troupe de Raymond Rouleau, metteur en pages... Ces années sont celles de la formation, mais son université, ce sont les cours du soir de l'université ouvrière, une culture arrachée aux heures de sommeil et aux rythmes difficiles du labeur. Les matières abordées sont la littérature  la philosophie, l'économie politique, l'histoire, l'histoire de  l'art . Et pour peindre, en plus des soirées à l'école Germain-Pilon, il profite des courts moments des heures de congé le samedi après-midi et le dimanche. En toile de fond, les réunions de l'Association des artistes et écrivains révolutionnaires. C'est la période intense et fructueuse des années trente, riche d'ardents débats, de responsabilités civiques et culturelles au milieu desquelles Pignon étudie et fait ses choix fondamentaux. Son engagement au Parti communiste en 1933 ainsi que sa rencontre avec Picasso en 1936 sont décisifs pour sa peinture , qu'il conçoit comme une « quête de la réalité ». À trente ans, quand il peint ses Meeting ou son premier Ouvrier mort, il se rattache au cubisme, utilisant les aplats de couleurs, les cernes épais et la règle d'or. Puis, très rapidement, il a la volonté de pénétrer au cœur des choses, de saisir, à leur naissance, ses émotions perceptives. Pour Édouard Pignon, la peinture est un moyen de connaissance. Il va peindre une toile qui va en créer une autre, chacune prenant la place de la dernière et créant aussi le besoin de celle qui va suivre. 
"Au début, on ne voit rien. On voit un ensemble de choses, mais on ne voit rien, ou plutôt, on voit comme tout le monde. Ce qu'il faut, c'est une longue observation méditative, crayon en main. Et au bout d'un certain temps on s'aperçoit que les choses commencent à avoir une autre vérité. La réalité apparaît beaucoup plus vraie. Cela demande beaucoup de temps" (La Quête de la réalité)