samedi 6 mai 2017

Maurice de Vlaminck (1876-1958) - Nature morte aux oranges


Maurice de Vlaminck (1876-1958)
 Nature morte aux oranges, 1907 
Collection privée

Que voit on ? Cette nature morte titré " aux oranges" a surtout la particularité de représenter une nombre important de cafetières (trois) et accessoirement deux oranges, un sucrier et une tasse à café ! Dans cette composition d'une grande luminosité, Vlaminck utilise les deux couleurs complémentaires (bleu et orange)  jusqu'à satiété à tel point que même les ombres portées des oranges sont bleues !

Rappel biographique : Le peintre français Maurice de Vlaminck s'est illustré dans les courants Fauviste et Cubiste. Peintre de figures, portraits, nus, paysages, paysages animés, paysages urbains, intérieurs, natures mortes, fleurs et fruits, peintre à la gouache, aquarelliste, graveur, dessinateur et illustrateur, il fut aussi écrivain et publia vingt-six livres, romans, essais et recueil de poèmes. Ses natures mortes quelquefois très inspirées de celles de Cézanne sont des explosions de couleurs et de formes qui font assez souvent de lui, un peintre abstrait avant la lettre.

vendredi 5 mai 2017

Man Ray (1890-1976) - Objets


Man Ray (1890-1976)
Objets, 1926
Collection Privée 

Que voit-on ? Posés sur une table en bois sombre dont on perçoit très nettement les détails du grain : une demie-coquille de noix encore pleine de son fruit et qui semble avoir la grosseur d'un astéroïde et un  briquet Zippo  dans le metal duquel se reflète le grain de la table en bois et qui est gravé au nom de l'artiste, reprenant ainsi la tradition ancestrale de la signature au cœur même de l'oeuvre. Une composition surréaliste par excellence... et d'excellence !

Rappel biographique :  Emmanuel Radinsky plus connu sous le pseudonyme de Man Ray fut un  peintre, photographe et réalisateur de cinéma, acteur du mouvement Dada à New York, puis du  surréalisme à Paris. Son pseudonyme emprunte trois lettres à son prénom et trois à son nom, et signifie littéralement homme rayon (de lumière), ce qui doit être entendu comme l'homme qui écrit avec la lumière, c'est-à-dire la signification du mot photographe
À Montparnasse, durant trente ans, Man Ray révolutionne l'art photographique. Les grands artistes de son temps posent sous son objectif, comme James JoyceGertrude Stein ou Jean Cocteau. Il contribue à valoriser l'œuvre d'Eugène Atget qu'il fait découvrir aux  surréalistes  En 1934, Meret Oppenheim pose pour Man Ray, cette série de photos de nus devient l'une de ses séries les plus célèbres. En 1940, après la défaite de la France, Man Ray s'embarque pour les Etats-Unis en compagnie de Salvador Dali, de sa femme Gala et du cinéaste René Clair.  Il a photographié peu de natures mortes. Quand Man Ray, photographe surréaliste, choisit en toute liberté le vocabulaire de sa nature morte, il n'en reste pas moins fidèle au souci générique de rendre la complexité subtile des formes et les effets de reflets.

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jeudi 4 mai 2017

Giorgio Morandi (1890-1964) - Nature morte aux bouteilles 1957


Giorgio Morandi (1890-1964)
Nature morte aux bouteilles, 1957
Collection privée 

Que voit on ? Sur un entablement gris-bleu reposant contre un mur un peu plus pâle, quatre bouteilles en céramique vernissée dont deux blanches et deux bleues, auxquelles s'ajoutent deux blocs de céramique issus des moulages en plâtre que ce peintre faisait lui même avant de réaliser une nature morte.  Cette nature morte très proche d'un paysage, pour ne pas dire d'un paysage de montagne (les bouteilles traitées comme des pics et le reste comme autant de falaises) est réalisée avec l'habituelle économie de moyens propre à Morandi.  Ici : à peine trois couleurs...

Rappel biographique : Le peintre italien Giorgio Morandi, bien que qualifié de futuriste ne peut être identifié à aucun mouvement pictural du 20e siècle en particulier. Ayant peint de très nombreuses natures mortes, l’œuvre de Cézanne représente évidemment une influence majeure pour lui ; il lui emprunte la monumentalité des formes et les zones denses de couleurs. Mais simultanément, il développe une approche beaucoup plus intime de l’art.
Les natures mortes de Giorgio Morandi représentent des objets toujours ordonnés avec soin sur une table dans l'atelier, pour être observés et peints. Ces objets qu'il a lui même achetés chez des brocanteurs, qui lui ont été donnés par des amis ou qu'il a ramassés dans la rue, sont facilement identifiables de toile en toile ; ce sont des bouteilles, cubes,  entonnoirs auxquels viennent se mêler, à l'occasion mais rarement, un coquillage ou un fruit. Le positionnement des objets dans le cadre est réalisé avec une attention particulière portée à la " géométrisation" de l'espace qui peut alors se lire en carrés et diagonales. Un lent travail de maturation est mis en œuvre par le dessin et la peinture par reprises successives, superpositions de couleurs faites d'une pâte ample avec des dégradés de gris d'une extrême sensibilité, qu'amplifie une sorte de délectation morose. Morandi avait la réputation de broyer lui-même ses couleurs.

mercredi 3 mai 2017

Georges Valmier (1885-1937) - Nature morte au compotier,


Georges Valmier (1885-1937)
Nature morte au compotier, 1925 
Collection privée

Que voit-on ?  Sur un entablement composé de plusieurs plans successifs de couleurs et de damiers, une nature morte cubiste au compotier contenant  deux pommes et une carafe de vin qui se dédouble étrangement comme amorçant un mouvement vers la droite. L'esthétique cubiste et... le cubisme esthétique dans toute leur splendeur !

Rappel biographique : l'œuvre du peintre français Georges Valmier traverse les grands courants modernes de l'histoire de la peinture, de ses débuts impressionnistes au cubisme qu'il découvre à l'âge de  25 ans, et enfin à l'abstraction à partir de 1921, qui fut comme une réponse finale à ses recherches. Il réalisera des décors et des costumes pour le théâtre et pour les ballets, des maquettes pour des tissus, des tapis, des objets. Ses huiles n'excèdent pas les 300, Valmier étant mort à l'âge de 52 ans ; elles sont l'aboutissement de nombreuses gouaches préparatoires dont les multiples versions sont de véritables œuvres en elles-mêmes, qui témoignent d'une grande maîtrise, de sa gourmandise de couleurs et de son extrême inventivité des formes. Valmier fut également musicien.

mardi 2 mai 2017

Edward Steichen (1879-1973)



Edward Steichen (1879-1973)
Three Apples, 1921
National Gallery of Art, Washington 

 Que voit on ? Trois pommes dont une très sombre et une piquée de vers. La prise de vue est réalisée en très gros plan et dans un cadrage qui ne cherche pas à couvrir l'intégralité des sujets, ce qui est d'un grand modernisme pour l'époque où elle a été faite.  

Rappel biographique : Edward Steichen est un photographe, peintre américain d'origine luxembourgeoise, qui fut aussi éditeur de magazine, galeriste et conservateur du MoMA de New York de 1947 à 1962), où il joua le rôle de trait d'union culturel entre les Etats-Unis et l'Europe. Après un bref apprentissage de lithographie à Milwaukee où il apprend à peindre et faire des photos, il expose ses premières photographies picturales au Salon de Philadelphie de 1899 où ils fait remarquer par Alfred Stieglitz comme  « l’incarnation même du nouvel Art photographique «. Désormais protégé et collaborateur de Stieglitz, il déménagé à  New York puis Paris où il réalise  deux tableaux et des photographies de peintres et de sculpteurs tels que  Auguste Rodin, Henri Matisse et John Marin. En 1905, il  encourage Stieglitz à ouvrir sa  propre galerie  à New York où il organise plusieurs expositions qualifiées de révolutionnaires qui présente l'art européen et américain moderne. Cette étroite amitié  entre Steichen et Stieglitz ne va pas résisté a l’épreuve de la Première Guerre mondiale où  Stieglitz  exprime ses sympathies pro-allemandes alors que Steichen rejoint l'US Army Signal Corps.
Après la guerre, Steichen déprimé, incertain de son avenir, se prend à douter de la valeur de ce qu’il a produit jusque là.  Pendant sa convalescence en France, il remarque les peintures naïves de son jardinier et reconnait qu’elles ont un  «charme curieux et une simplicité directe"  qui manque  cruellement à ses propres réalisations. Abandonnant la peinture, il décide de se concentrer sur la photographie et commence a apprendre de façon autodidacte les bases de la photographie et sur la façon de contrôler le contenu des négatifs (...)
Plus d'informations sur ce photographe 

lundi 1 mai 2017

Vincent van Gogh (1853-1890) - Les souliers


Vincent van Gogh (1853-1890) 
Les souliers
Collection privée 

Que voit-on ? Van Gogh a peint à de nombreuses reprises ce sujet des chaussures, sabots, bottines...(toujours très usées), sujet qui semblait le fascinait et qu'il traitait comme une nature morte. Dans cette composition, trois paires de chaussures sont représentées, des godillots qui ont beaucoup marché et dont la semelle retournée et trouée de l'un atteste de l'état avancée d'usure.

Rappel biographique : Le peintre franco-hollandaisVincent van Gogh a peint énormément de natures mortes dont les plus célèbres sont sans doute constituées par la série des sept tableaux "Les tournesols " qu'il peignit à Arles entre Août 1888 et Janvier 1889. D'autres natures mortes moins célèbres permettant de passer en revue a peu près tous les styles du peintre, ont été exécutées à diverses époques de sa vie. Van Gogh peignait sur des toiles souvent déjà apprêtées, qu'il pouvait réutiliser, soit en grattant l'œuvre précédente, soit en la recouvrant d'une nouvelle couche. Il employait certains pigments instables, entraînant une modification des couleurs sous l'effet de la lumière, dont la laque géranium qui perd sa teinte rouge avec le temps. Les couleurs originelles sont donc souvent perdues, entraînant des difficultés de restauration. Pour certains tableaux les restaurateurs ont décidé de ne pas « recoloriser » le tableau, mais se sont contenté de stopper les dégradations et de proposer un éclairage avec des filtres colorés pour restituer les teintes d'origine.
Pour les historiens de l’art, Van Gogh est un précurseur qui a ouvert à la peinture de nouvelles voies. Par exemple, Derain et Vlaminck sont directement rattachés à l'art de Van Gogh « par l'emploi de couleurs pures en larges touches ». Pour les amateurs d'art, il reste un maître à l’égal de Leonard de Vinci ou de Rembrandt avec une production très importante et une trajectoire artistique fulgurante en durée et par ses styles. Pour d'autres par contre comme Salvador Dali, dont les avis à l'emporte pièce étaient connus, Van Gogh était " tout sauf un peintre ". Pour le grand public, l'œuvre de Van Gogh est aujourd'hui accessible dans les plus grands musées du monde.
Dans sa dernière lettre, trouvée dans sa poche le jour de son suicide, Vincent van Gogh écrit : « Eh bien vraiment nous ne pouvons faire parler que nos tableaux »
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Francisco Barrera (1595-1658)


Francisco Barrera (1595-1658)
Mes de majo, 1645 
Slovak National Gallery, Bratislava

 Que voit on ? Une évocation de tout ce que le mois de Mai peut offrir dans le sud de l'Europe et notamment des citrons, des artichauts, des asperges, le tout en présence des deux chiens de la maison visiblement très intrigués par cette mise en scène de la profusion. 

 Rappel biographique :  Francisco Barrera  est un peintre baroque du siècle d'or espagnol. Il doit sa renommée à ses  natures mortes et scènes de genre typiques de l'Espagne du 17e siècle.
Francisco Barrera fut  un peintre célèbre et au succès indéniable, mais aujourd'hui son œuvre, confrontée à celle de ses contemporains, tels  Francisco de Zurbarán ou Juan van der Hamen, est reléguée au second plan. Il est également très connu pour avoir gagné un procès contre les finances royales, en 1640 ; il refusa alors  de payer à ces dernières ,une taxe de 1 % dont les peintres, au même titre que les artisans, étaient assujettis sur leurs ventes. Il était le peintre le plus taxé pour l'exercice de l'année 1637, avec une somme due de 800 réaux, quand Vélasquez et Carducho en devaient chacun 400. Au cours du procès, il convainquit les juges que le travail de l'artiste peintre est intellectuel et devait être, comme celui des auteurs, exempté d'un telle  taxe.

dimanche 30 avril 2017

Eliot Hodgkin (1905-1987) - Three Mangosteens



Eliot Hodgkin (1905-1987)
Three Mangosteens

 Que voit-on ? Exactement ce que décrit le tire avec la sobriété et l'efficacité habituelles chez ce peintre du fruit unique dont la démarche approche souvent celle du botaniste.

Rappel biographique : Le peintre britannique Eliot Hodgkin a réalisé de nombreuses natures mortes de plantes, de fruits, de légumes et d'autres objets inanimés avec une précision digne des grands illustrateurs botaniques des siècles passés. Cette grande précision et le luxe de détails de ces planches l'ont rendu grandement apprécié des botanistes et des scientifiques agissant dans le domaine environnemental. Hodgkin occupe une place réellement à part dans l'histoire de la nature morte au 20e siècle. La Royal Academy of Arts conserve, et aussi plusieurs dessins et tableaux de ce peintre dont l'oeuvre est hommage frontal, obstiné et très figuratif à l'environnement  dans un siècle qui a grandement participé à sa destruction. Après sa mort, plusieurs œuvres de sa collection furent vendues chez Christie's.

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samedi 29 avril 2017

Isaac Soreau (1604-1644)


Isaac Soreau (1604-1644)
Nature morte aux Fleurs et fruits
Musée du Petit Palais, Paris, France 

 Que voit on ?  Sur un entablement en bois, trois groupes de fruits présentés dans une porcelaine précieuse, une corbeille en osier et un plateau en argent. Quelques fruits épars sont répandus sur la table avec un verre contenant un brindille de jasmin et un oiseau mort.

Rappel biographique : Le peintre allemand Isaac Soreau, fut l'élève de Jacob van Hulsdonck et fortement influencé par son style, sa façon de peindre et sa palette harmonieuse. Certains historiens d'art pensent que Soreau a travaillé dans le très prospère atelier de van Hulsdonck à Anvers qui fournissait des natures mortes quasiment à la chaîne aux riches marchands de la ville. Dans ce prestigieux atelier, il aurait été en charge de la  peintures de fruits mais aussi de certains éléments de décors comme des contenants, paniers, vaisselles...  d'où la grande maîtrise qu'il acquis dans ce domaine en particulier dans le rendu des paniers en osier tressé.

vendredi 28 avril 2017

John Frederick Peto (1854-1907)


John Frederick  Peto (1854-1907) 
Fish House Door, 1905
The Dallas Museum of Art

 Que voit on ? Un trompe-l'oeil représentant la face intérieure d'une porte de cabane de pêcheur avec une lampe tempête, un harpon et une nasse à poissons. Le fer à cheval est un élément qui revient dans à peu près toute les natures mortes en trompe-l'oeil de ce peintre.  Dans cette cabane de pêcheur comme ailleurs, il est censé porter chance au propriétaire.

Rappel Biographique : John Frederick Peto, est un peintre américain spécialisé dans le trompe-l'oeil. Son oeuvre a longtemps été oubliée et ses peintures furent redécouvertes parmi des oeuvres de William Harnett avec lequel on l'a confondu pendant plusieurs décennies.

jeudi 27 avril 2017

Max Beckmann (1884-1950)


Max Beckmann (1884-1950)
Grande nature morte avec instruments de musique 

 Que voit on ? Sur un entablement de bois plusieurs instruments de musique (des instruments à vents principalement) posés autour d'un cornet qui ressemble étrangement à un chapeau de sorcière écrasant une figurine de poupée renversée. Deux fleurs dans le fond de la composition tempèrent la dureté de l'ensemble.

Rappel biographique : Le peintre allemand Max Beckmann était aussi graveur, sculpteur et écrivain  et appartenait au Mouvement Expressionniste et plus précisément à la tendance Neue Sachlichkeit (Nouvelle objectivité) de ce mouvement.  Il connut un immense succès en Allemagne jusqu'en 1933,  date à laquelle Hitler arriva au pouvoir et décide que la peinture moderne est dégénérée. Beckmann faisait partie de ces peintres dégénérés que les Nazis persécutèrent pour leur expression artistique.  Il dut démissionner de toutes ses fonctions pédagogiques officielles avant que 500 de ses oeuvres ne soient saisies dans les musées. Il quitta l'Allemagne le jour même où Hitler fit son discours sur l'art dégénéré à la radio. Beckmann se réfugia en Hollande pendant 10 ans, puis s'exila définitivement aux Etats-Unis, après la guerre. Le petit nombre de ses natures mortes qui sont parvenues jusqu'à nous sont toutes empreintes d'un symbolisme très puissant.

mercredi 26 avril 2017

Milton Avery (1885-1965) - Gladiolus






























Milton Avery (1885-1965)
Gladiolus
The Phillips Collection 

Que voit on ? Sur une petite table basse en verre détrempé, un grand et unique glaïeul rose (qui donne son nom tableau), trois pommes présentées dans un plat carré en céramique blanche, un gâteau au chocolat et une bougie de table.  Ces éléments sont les seuls tâches de couleur de cette toile à l'atmosphère très sourde.

Rappel biographique :  Milton Clark Avery est  un artiste peintre américain de figures, portraits, animaux, intérieurs, paysages et quelques rares natures mortes.   S'il existe un lien entre le monde de la peinture traditionnelle américaine du début du 20e siècle et de celui de l'expressionnisme abstrait autour de 1945, c'est bien Milton Avery qui l'a créé. On ne lui connait aucune formation particulière, sinon en 1913 un cours de dessin d'après nature donné par Charles Noël Flagg à la Connecticut League of Art à Hartford. En 1925, il épouse Sally Michel, également peintre, dont on retrouve l'image dans les nombreux portraits exécutés par son époux.  Sa première exposition personnelle a lieu en 1928, elle est suivie d'autres à partir de 1940. Une grande rétrospective lui est consacrée en 1952 au Baltimore Museum, puis à la Fondation Ford et au Whitney Museum en 1960. Une autre rétrospective posthume est présentée à Lincoln puis à Little Rock en 1966, puis deux autres encore en 1983, à la Albright-Knox Art Gallery de Buffalo et au Minneapolis Institute of Arts. Il reçoit le prix Atheneum de la Connecticut Academy of Fine Arts en 1929, et le prix Logan de l(Art Institute de Chicago.
Après la période Fauve de ses débuts, qui lui a permis de jouer avec de riches couleurs, il atténue sa palette et simplifie ses compositions qui tendent vers un dépouillement de plus en plus grand. Ses sujets restent simples tels que Rothko les définit. C'est dans un style presque Intimiste,( Avery peignant son atelier, sa femme Sally, sa fille March, Central Park, les plages et montagnes où il passait l'été, des vaches, des poissons, des vols d'oiseaux, ses amis réunis dans son atelier...), qu'il peint des œuvres aux formes simplifiées, aux plans colorés, découpés, dans un espace à deux dimensions, évoquant l'art de Matisse. Toutefois, ses peintures ne sont jamais brillantes quoique très riches et plus sourdes. Il maîtrise fort bien ses rapports de couleurs dont les contours peuvent être parfois fluide, créant une sorte d'osmose entre elles. L'art de Milton Avery rejoint ainsi, peu à peu l'abstraction expressionniste de Rothko et de Adolph Gottlieb. Ensemble, ils ont participé à de longues conversations hebdomadaires qui ont facilité la naissance de la peinture abstraite américaine d'après guerre et plus particulièrement de l'école dite de New York.

mardi 25 avril 2017

Marie Laurencin (1883-1956) - Nature morte au pot


Marie Laurencin (1883-1956)
Nature morte au pot
Collection privée

Que voit-on ?  Sur une table blanche posée contre un mur de même couleur, un pot en fer blanc de forme octogonale voisine avec un éventail déplié, une curieux fruit jaune coupé en deux. Le couteau, est à peine esquissé et son dessin se dissout à même l'entablement...

Rappel biographique : Marie Laurencin est une peintre française étroitement associée à la naissance de l'art moderne. Portraitiste, illustratrice et graveuse, elle fut également une épistolière  et a composé des poèmes en vers libres, indissociables, dans le cours de son processus de création, de l'expression picturale des scènes fantasmatiques qu'elle représente. Co-disciple de Braque, créature de Roché, muse d'Apollinaire, disciple de Matisse soutenue par Derain, amie de Picasso jusqu'à leur rupture et amante de Nicole Groult, Marie Laurencin a fait de son style un dépassement du fauvisme que du cubisme. Sa vie entière apparait comme une œuvre emblématique, tant du point de vue artistique que de la libération de la femme. Si sa gloire internationale de l'entre-deux-guerres a été ternie durant l'Occupation par ses mondanités déplacées et sa collaboration muette, sa vie comme sa peinture ont fasciné de nouveau, après une longue période de purgatoire. Très peu exposée en France, il faut attendre 2011 pour qu'une biographie explore sa part d'ombre et le printemps 2013 pour qu'une exposition parisienne la fasse redécouvrir au grand public. Antithèses des cauchemars de Goya, qui fut son seul idéal, ses aquarelles vives et glacis pastel répètent indéfiniment le mystère ambigu et hallucinant de « princesses » et de bêtes féeriques, de fleurs et d'adolescentes à la pâleur irréelle. En une réminiscence des fêtes galantes de Watteau, le trait fluide saisit l'instant extatique d'une pose dansante par leurs regards muets comme ceux d'un masque. Ses natures mortes, qui ne sont pas très nombreuses, sont toutes très fluides et pour certaines même presque diaphanes, entraînant les sujets qu’elle traite vers une abstraction douce assez étrange...

lundi 24 avril 2017

Juan Sanchez Cotan (1561-1621) - Bodegón con juego

Juan Sanchez Cotan (1561-1621) Bodegón con juego Art Insitute of Chicago, USA

Juan Sanchez Cotan (1561-1621)
Bodegón con juego
Art Insitute of Chicago, USA

Que voit on ? Dans la grande tradition des nature mortes antiques de Pompei (que Cotan ne pouvait pas connaitre) : des légumes (et leurs ombres portées) et du gibier présentés dans un cadre et pendu à des fils pour se plier à la rigueur de la composition voulu par le peintre.
Ce qui est intéressant c'est que cette composition reprend à l'identique, sur sa partie gauche, la composition de la toile de Cotan qui se trouve aujourd'hui au San Diego Art Museum  et qui a été publiée sur ce blog (la consulter ici). Bel exemple de réemploi où Cotan a copié sa propre toile et y a ajouté les quatre pièces de gibier suspendues sur la partie droite qui comblent le vide de la  composition du San Diego Art Museum !

Rappel biographique : Le peintre espagnol Juan Sánchez Cotán, disciple de Blas de Prado fut sans doute l'un des peintres qui bouleversa le plus le genre de la nature morte. Après avoir connu un succès rapide et important en peignant des portraits et des paysages,  il décide d'entrer comme un frère convers  dans l'un des ordres religieux les plus stricts qui soient à l'époque, à la Chartreuse de Grenade, institution pour laquelle il réalisa l'essentiel de ses peintures religieuses. Depuis 1935, une exposition à Madrid a permis de redécouvrir ses oeuvres oubliées depuis sa mort. Il est surtout célèbre  aujourd'hui pour ses natures mortes. Parmi les pièces exposées alors se trouvaient   Nature morte au chardon qui devait être considérée comme l'« une des pierres angulaires de l'histoire de la nature morte en Espagne». Les critiques ont donné à l’austérité des compositions de Cotan et  à leur sobriété, comme par la suite  à celles de Zurbarán, un sens mystique, tout en insistant sur la distance  que ces deux peintres ont pris avec les « natures mortes opulentes » de la  peinture flamande soulignant leur caractère « unique dans le contexte européen, établissant un parallèles avec la littérature espagnole ascétique du siècle d'or  »

dimanche 23 avril 2017

Pompei- nature morte aux grenades


Pompei  
Nature morte aux grenades
Musée archéologique de Naples.

Que voit on ? Posées sur un entablement de marbre devant un branche de feuillage dont le temps a épargné le bois et le vert des feuilles : deux grenades dont l'une (celle de droite) mûre et ouverte avec la même spontanéité et la même fraîcheur depuis 2100 ans ! Comme dans toutes les natures mortes retrouvées dans les villas de Pompei et d'Herculanum, ce qui est intéressant ici aussi, c'est la marque que le temps, les intempéries et les catastrophes naturelles ont imprimé à ces oeuvres d'art de l'Antiquité, offrant au spectateur une double lecture en les transformant - malgré elles - en chefs- d'oeuvres de l'art contemporain, futur et passé à la fois !  Mais n'est-ce pas la destinée idéale de toute oeuvre d'art ?

Rappel historique : Pline l'Ancien raconte que dans la Grèce antique, le peintre Piraikos qui vivait au 3e siècle avant notre ère, vendait déjà fort cher ses " Provisions de cuisine ", des tableaux de chevalets représentant des victuailles ou des instantanés d'échoppes de cordonniers et de barbiers. Dans la hiérarchie des genres picturaux d'alors, ces représentations de provisions de cuisine sont déjà considérées comme un genre mineur... et  elles le resteront pendant de longs siècles... au moins jusqu'à Chardin, si ce n'est jusqu'à Cézanne. Genre mineur donc, loin derrière les sujets religieux, les portraits et les paysages, mais genre que les commanditaires s'arrachent pourtant !
Le grec Piraikos reste le plus célèbre des peintres de ce genre. Hélas, aucun exemple n'est parvenu jusqu'à nous de ces peintures des menus objets du quotidien par Piraikos,  peinture que l'on nommait à cette époque Rhyparographie .
A la même époque, un autre peintre grec, Zeuxis rivalisait avec la nature au point que des oiseaux voulaient picorer les raisins qu'il peignait et qu'il passe être l'inventeur du réalisme et  de l'illusionnisme  ne peinture, pour ne pas dire du premier trompe-l'oeil. Il faut là encore faire confiance au récit de Pline l'Ancien, car aucun exemple de cet art ne nous est parvenu.
Les premières natures mortes connues du monde occidental sont des fresques et des mosaïques du 1er siècle de l'ère chrétienne, provenant de Campanie (Herculanum et Pompéi) ou de Rome. Elles sont exécutées dans un style réaliste et illusionniste : fruits veloutés, poissons et volailles posés sur une marche de pierre ou sur deux étagères d'un garde manger, généralement en trompe l'œil avec des ombres portées, ou quelquefois dans des coupes en verre avec des transparences subtiles.
Ces peintures évoquent le xenion antique, un cadeau fait de denrées qu'un hôte doit offrir à ses invités. Pourtant la nature morte de l'Antiquité possède une autre ambition que celle du seul plaisir mimétique. Comme le précise Charles Sterling : « Il est clair que les natures mortes hellénistiques et romaines qui représentaient des mets prêts à être consommés comportaient une allusion épicurienne ». On trouve ainsi assez fréquemment des mosaïques de natures mortes et des vanités dans les atriums d'été romains, où les convives invités aux repas étaient ainsi encouragés à cueillir le jour qui passe, Carpe diem selon la célèbre formule d'Epicure, à profiter de la vie tant qu'il était encore temps de le faire. Une déclinaison plus sophistiquée de la tradition égyptienne pharaonique qui voulait que l'on fît passer un cadavre devant les convives avant de commencer un repas pour leur rappeler l'impermanence de la vie !  Les natures mortes garderont tout au long des siècles jusqu'à nos jours,  cette signification épicurienne.

2017 - A Still Life Collection,
Un blog de Francis Rousseau, #AStillLifeCollection, #NaturesMortes,

samedi 22 avril 2017

Georg Baselitz (bn.1938)


Georg Baselitz (bn. 1938) 
The art of still life variation, 19 three horizontal stripes 
Private collection 

Que voit on ? deux pots et un vase dont les sommets et les bases sont volontairement décalés (déconstruits?) vers la gauche comme pour donner corps à une idée qu'un mouvement pourrait ainsi se créer au coeur de l'immobilité.

Rappel biographique :  Georg Baselitz est un peintre et graveur allemand. Né en Saxe où il étudie, ce n'est que plus tard qu'il vient vivre en Allemagne de l'Ouest. Sa carrière prend son élan à la fin des années 1980, après une intervention policière contre un de ses autoportraits (Die große Nacht im Eimer), où il se dépeint en jeune garçon se masturbant. Il est aujourd'hui professeur à l'université des arts de Berlin. Plusieurs de ses toiles présentent leurs sujets à l'envers provoquant chez le spectateur un effort d'attention. Baselitz déconstruit la matière pour en faire émerger la vie. L'association de pigments et du façonnage des matériaux, sélectionnés pour leur couleur, leur chaire et leurs possibilités esthétiques, amène l'artiste à détourner, é perturber les formes et les volumes. Influencé par le primitivisme et l'art tribal notamment, Baselitz fait résonner l'expressionnisme allemand, auquel il se refuse d'appartenir, avec les arts premiers. "Je pense que la sculpture est un chemin plus direct que la peinture pour arriver au même résultat parce que la sculpture est plus primitive, plus brutale et moins réservée comme la peinture l'est parfois." 
En 2007, une grande rétrospective  a été consacrée a son oeuvre à la Royal Academy of Arts à Londres.

vendredi 21 avril 2017

André Marchand (1907-1997) - Vie silencieuse

http://astilllifecollection.blogspot.com

André Marchand (1907-1997)
Vie silencieuse (1990)
 Collection privée 

 Que voit-on ? Sur un entablement blanc tâché d'ombres semblables à celles provoquées par une lumière violente que le vent laisserait passer à travers un feuillage : 2 bouteilles réfléchissant de nombreuses formes colorées, 4 oranges et 2 poires comme autant de notes musicales fragiles, de mots étayants une ode délicate dédiée à la couleur dans un univers où le vide (le silence, le blanc) a toujours tendance à triompher. Cette toile fait d'ailleurs explicitement référence, dans son titre, au silence et à la vie qui le peuple.... 

Rappel biographique : Dans les années 1930-1950, André Marchand est l’un des grands représentants de la « jeune peinture française ». A ses débuts il peint des toiles ou « humanisme » et « surréalisme » se côtoient. A partir de 1940, sa palette se colore vivement. Il aborde différents registres : les arlésiennes, les taureaux dans le Delta du Rhône, les flamands roses, les nus et natures mortes appelées les Vies silencieuses, terme qui traduit bien ce désir de s’affranchir des apparences et de souligner l’intériorité des êtres et des choses. Ce qui l’amenait à dire qu’il ressentait en lui le passage du vent dans les feuilles de l’arbre qu’il était en train de peindre. « C’est une peinture qui s’inscrit dans un courant novateur… dont les recherches et l’évolution marquent une avancée dans l’histoire de la peinture ».
Il séduit alors les plus grand marchands : Galerie Carré, Maeght, Pierre Matisse, Maurice Garnier. Son succès est aussi bien critique que public  mais son caractère exigeant surtout auprès des galeristes qui l'exposent, l'isole dans la solitude. On dit souvent qu'a cela s'est ajouté le fait que Marchand a été victime d’une blessure d’amour propre. Il envisageait en effet d’installer sa fondation au musée Réattu à Arles où il avait travaillé. Apprenant ce projet, Picasso offrit à ce musée 56 dessins ce qui rendait impossible d’y installer la fondation. Marchand en fut profondément blessé. Et pourtant, André Marchand s’était révélé lui aussi un dessinateur exceptionnel que Matisse admirait. À 90 ans, quelques mois avant sa mort, il manifestait une vitalité étonnante qui l’incitait, chaque matin, à assurer la mise en forme de sa main en reproduisant les remous du Rhône. Il  disait : « Un peintre fait toujours le même tableau et le jour de sa mort, il a l’impression qu’il n’est même pas commencé »

2017 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau

jeudi 20 avril 2017

Jean Fautrier (1898-1964) - Nature morte aux poires et aux raisins,



Jean Fautrier (1898-1964)
Nature morte aux poires et aux raisins, 1935
Collection Privée

Que voit on ?  Sur un fond tourmenté et indéfini, occupant le premier plan sur la  gauche de la toile ; une grosse grappe de gros raisins rouge.  Au centre de la composition : une coupe blanche dont le pied se perd derriere la grappe de raisins du premier plan. Dans la coupe deux poires qui semblent danser au-dessus d'une mer de raisins verts, débordants de la coupe.

Rappel biographique : le peintre, sculpteur et graveur français Jean Léon Fautrier est, avec Jean Dubuffet, le plus important représentant du courant de  " l'Art Informel "  appelé aussi " Art Brut " ou   " Tachisme " . L’Art Informel regroupe à la fois le courant de l’abstraction lyrique avec ses techniques d’expressions essentiellement gestuelles, le matiérisme dont l’objet est de travailler les matières sur les surfaces de la toile, et par rapprochement, le spatialisme dont les recherches portent sur les dimensions de l’espace et du temps et sur la lumière. D’autres courants, comme le mouvement CoBrA, le Groupe Gutail’expressionnisme abstrait en Allemagnel’Action Painting de Jacskon Pollock aux Etats-Unis peuvent être rapprochés aussi de l'Art Informel.
Fautrier est aussi un pionnier de la technique des hautes pâtes.  Dès l'âge de 14 ans, il étudie l’art à la Royal Academy de Londres et  découvre les peintures de Turner qui l'impressionnent beaucoup. De retour en France, il est mobilisé en 1917. Gazé à Montdidier, il est définitivement réformé en 1921. Il expose dès 1921 des natures mortes et des portraits. En 1923, il rencontre Jeanne Castel, avec laquelle il vivra un certain temps. En 1924, première exposition personnelle et premières ventes ; l’année suivante, le marchand d’art Paul Guillaume lui achète quelques tableaux. C’est avec ce même Paul Guillaume que Fautrier passe un contrat d’exclusivité en 1927. Jusqu'en 1933 il se partage entre sculpture, peinture et gravures. Il réalise notamment des gravures pour l'édition illustrée de l'Enfer de Dante préparée par Gallimard, projet qui n'aboutira pas. Quelques unes de ses peintures sont exposées en 1945 à la Galerie Drouin, suscitant une vive admiration de l'intelligentsia parisienne. Le catalogue de l'exposition était préfacé par André Malraux. Dans les années qui suivent, Fautrier travaille à l'illustration de plusieurs ouvrages, parmi lesquels L'Alleluiah de Georges Bataille et enchaîne sur une série consacrée aux petits objets familiers. En 1950, il invente avec sa compagne,  Jeanine Aeply, un procédé complexe mêlant reproduction chalcographique et peinture, qui permet de tirer ses œuvres à plusieurs exemplaires, pour obtenir ce qu’ils appelleront des « originaux multiples ».
Jean Fautrier reste, au delà des modes et des mouvements, un très grand peintre français, injustement oublié dans ce début de 21e siècle.

mercredi 19 avril 2017

Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779) - La fontaine en cuivre


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Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779) 
La fontaine en cuivre, 1733-34
Musée du Louvre, Paris.

Que voit on ?  La salle 39 du musée du Louvre a Paris est connue des amateurs d'art pour présenter une trentaine de tableaux de Chardin, le maître français de la nature morte au 18e siècle. Cette nature dite  " aux ustensiles " est présentée dans cette salle 39 en alternance avec d'autres oeuvres du peintre, portraits ou scènes de genre. Mal reproduite en photographie, les couleurs de cette magnifique composition sont souvent déformées dans des excès de rouges censés rendre la couleur du cuivre. Sur cette reproduction émanant du Musée du Louvre, on peut voir des coloris très proches de l'original, qui donnent toute la mesure de la savante opposition (et complémentarité) de rouges et verts voulus par Chardin. Quand au sujet, il représente des ustensiles de la vie quotidienne des cuisines au 18e siècle : une grande fontaine à eau potable qui est une cuve en cuivre fermée au sommet et perchée sur un trépieds de bois chantourné ; un baquet  en fer blanc destiné à recueillir l'eau ; une louche mesurée destinée prendre l'eau dans le baquet avant de le verser dans la cruche à eau en terre cuite vernissée verte qui finira sur une des tables de la maison.

Rappel biographique : Jean-Baptiste-Siméon Chardin est considéré comme l'un des plus grands peintres français et européens du 18e siècle. Célèbre pour ses scènes de genre et ses pastels, il est aussi reconnu pour ses natures mortes dont il reste le maître incontesté. D'après les frères Goncourt, c'est Coypel qui en faisant appel à Chardin pour peindre un fusil dans un tableau de chasse, lui aurait donné le goût pour les natures mortes. A partir du Salon de 1748, Chardin expose de moins en moins de scène de genre, il multiplie désormais les natures mortes. Ce retour à ce type de peinture va durer une vingtaine d'années. Il est difficile de donner des raisons à ce changement de cap. On sait que pendant cette période la vie de Chardin est en pleine mutation. Il se remarie, il reçoit une pension du roi. Il est désormais à l'abri du besoin. Ces deux tableaux de réception à l'Académie Royale de peinture sont tous deux des natures mortes, La Raie et Le Buffet qui se trouvent aujourd'hui au Musée du Louvre (salle 39) . Chardin devient ainsi peintre académicien « dans le talent des animaux et des fruits », c'est-à-dire au niveau inférieur de la hiérarchie des genres alors reconnus. Et c'est sans aucun doute Chardin qui va lui donner ses lettres de noblesse et en faire un genre pictural égal, voire même supérieur à bien des égards, aux autres.
Les natures mortes qu'il peindra à partir de 1760 sont assez différentes des premières. Les sujets en sont très variés : gibier, fruits, bouquets de fleurs, pots, bocaux, verres...  Chardin semble s'intéresser davantage aux volumes et à la composition qu'à un vérisme soucieux du détail, ou aux effets de trompe-l'œil. Les couleurs sont moins empâtées. Il est plus attentif aux reflets, à la lumière : il travaille parfois à trois tableaux à la fois devant les mêmes objets, pour capter la lumière du matin, du milieu de journée et de l'après-midi. On peut souvent parler d'impressionnisme avant la lettre.
Chardin cherchait à reproduire la matière, ces fruits semblent aussi vrais que nature, Diderot s'extasiait devant ce réalisme dans son compte-rendu du Salon de 1759 : " Vous prendriez les bouteilles par le goulot si vous aviez soif ". ou encore en 1763, " C'est la nature même; les objets sont hors de la toile et d'une vérité à tromper les yeux. (...)
 Pour regarder les tableaux des autres, il semble que j'ai besoin de me faire les yeux ; pour voir ceux de Chardin, je n'ai qu'à regarder ce que la nature m'a donné et   m'en bien servir ".
" O Chardin ! ce n'est pas du blanc, du rouge, du noir que tu broies sur ta palette: c'est la substance même des objets, c'est l'air et la lumière que tu prends à la pointe de ton pinceau et que tu attaches sur la toile ".

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mardi 18 avril 2017

Georges Braque (1882-1963) - Nature morte à la Palette

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Georges Braque (1882-1963)
Nature morte à la Palette, 1960
Collection privée.

Que voit-on ? Un intérieur lambrissé dans lequel sont présentées une table à quatre pieds chantournés et une chaise de peintre. La table est recouverte d'un nappe grise sur laquelle sont posés une plante verte dans un pot en terre cuite ; un verre encadré par deux objets difficiles à identifier ; une palette de peintre et ses pinceaux en équilibre sur le rebord de la table. Le tout dans un style tardif dans lequel le dessin est fortement présent avec une remarquable économie de couleurs (quatre en tout et pour tout dans cette composition).  

Rappel biographique : le peintre français Georges Braque qui fut aussi sculpteur et graveur est le maître incontestable de la nature morte au 20e siècle, genre qu'il a profondément transformé et renouvelé tout au long de sa vie, s'inscrivant  (consciemment  ou inconsciemment) dans une démarche similaire à celle de Chardin au 18e siècle. Engagé dans le sillage du fauvisme, influencé par MatisseDerain et Othon Friesz, il peint, à l'été 1906 les paysages de l'Estaque avec des maisons en forme de cubes (Maisons à L'Estaque) que Matisse qualifie de cubistes.  A partir de 1909,  il entre dans ce que les spécialistes appellent la période du  " cubisme analytique ".  Les paysages qui prédominaient  jusqu'alors dans son œuvre vont céder la place aux natures mortes. 
Ce sont principalement des natures mortes d'objets et/ou d'instruments de musiques (violons, guitare, pipe, journaux et magazines, objets divers de décorations intérieurs comme les nappes, les guéridons...) qu'il peint délaissant volontiers les thématiques habituelles du genre (fruits, légumes, pâtisseries, porcelaines). Dès avant la Première Guerre Mondiale, sa peinture s'enrichit de combinaisons imprévues, avec une multiplication des facettes. Les formes sont géométrisées et simplifiées. Comme le remarque Bernard Zurcher, dans son ouvrage Braque vie et œuvre :   « Si l'on considère que la bataille du cubisme s'est jouée  sur le thème de la nature morte, Braque y était le mieux préparé ou plutôt il a été à même, en consolidant chacune des étapes de son évolution, d'aller plus sûrement à ce « signe qui suffit » tel que l'a nommé Matisse »
Entre 1919 et 1939, son style et ses recherches vont évoluer. De son passé cubiste, il conserve la simultanéité des points de vue et il opère une partition des objets et des plans qui les éloignent de tout réalisme. Guitare et nature morte sur la cheminée  1925, et Fruits sur une nappe et compotier, sont caractéristiques de cette évolution. Les objets semblent des accessoires de la composition," l'effort porte sur la couleur". Braque pousse l'usage du contraste encore beaucoup plus loin dans Nature morte à la clarinette,  avec des formes qualifiées de « naturalistes » Avec Le Guéridon, 1928 et Le Grand guéridon, qu'il continue à travailler jusqu'en 1936-1939, Braque opère un long mûrissement des formes. Il retravaille même en 1945 le Guéridon rouge, commencé en 1939 en réduisant le motif ornemental. Le thème du guéridon revient souvent dans l'œuvre de 1911 à 1952 qui reçoit en 1937 le premier prix de la Fondation Carnegie  de Pittsburgh
Cloîtré dans son atelier pendant toute la durée de la Seconde guerre Mondiale, il refuse toute compromission avec les nazis et le régime de Vichy, malgré les nombreuses propositions qui lui sont faites. Braque se consacre au thème des Intérieurs avec un retour en force du noir qui donne une impression de dépouillement et de sévérité. Pendant cette période, Braque poursuit son sujet favori  le nature morte et particulier les natures mortes aux instruments de musique qui n'ont cessé d'apparaître dans ses tableaux depuis 1908 .  « L'instrument de musique, en tant qu'objet, a cette particularité qu'on peut l'animer en le touchant, voilà pourquoi j'ai toujours été attiré par les instruments de musique » .1942 est une année particulièrement féconde pour le peintre qui commence plusieurs toiles sur le thème de la musique, qu'il terminera plus tard comme L'Homme à la guitare (1942), 1942-1961. 
A cette époque là il réalise une nature morte à sujet animalier Deux poissons dans un plat avec une cruche, (1949-1941) qui inaugure une série de poissons sur fond noir Les Poissons noirs, 1942, et  plusieurs Vanités.  
A la Libération, après la guerre, Aimé Maeght devient son nouveau marchand parisien, et publie la première édition des Cahiers G. Braque. En 1948, lorsqu'il  présente la série des Billards à la Biennale de Venise il reçoit le Grand Prix pour l'ensemble de son œuvre. Suit une série d'expositions en particulier au MoMa de New York, qui parachève la reconnaissance internationale de son œuvre immense et essentielle.

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lundi 17 avril 2017

François Bonvin (1817-1887)


François Bonvin (1817-1887)
 Nature morte aux asperges (1867)
 Musée Kröller-Müller

Que voit-on ? Sur un entablement bois représentant un table de cuisine : une grosse botte d'asperges  liées par un lien en roseau et tout juste déballées d'un grand linge blanc.  Sur la table aussi : une bassine en cuivre prête à recevoir les asperges et quelques cerises griottes. A gauche de la composition, on  notera la confusion d'apparence volontairement entretenue par ce peintre,  entre le couteau (élément obligé des natures mortes) et une pointe d'asperge qui se serait détachée de la botte. 

Rappel biographique : Le peintre et graveur français François Bonvin est  considéré par beaucoup comme l'un des meilleurs peintres de genre et de nature morte du 19e siècle. Sa description des milieux modestes dont il est issu est accueillie favorablement par la critique et le marché de l 'art de son temps qui le rapproche souvent dans la thématique choisie par un Le Nain par exemple. François Bonvin fut d'abord influencé par les artistes flamands comme Pieter de Hooch, mais son style évolua assez rapidement pour devenir plus réaliste et ressembler finalement beaucoup à celui de Chardin. Cela ne signifie pas que Bonvin n'a pas sa propre personnalité qui s'exprime d'ailleurs beaucoup plus dans ses natures mortes que dans ses tableaux de genre. 

dimanche 16 avril 2017

Andy Warhol (1928-1987) & Jean-Michel Basquiat (1960-1988 )- Easter Eggs 1986


Andy Warhol (1928-1987) & Jean-Michel Basquiat (1960-1988) 
Easter Eggs, 1986 
Private collection, USA 

Que voit on ? Exactement ce que décrit le titre  : des œufs de Pâques, thème déjà traité à de nombreuses reprises par Andy Warhol, aussi bien sous forme de dessins, de peintures, que de  polaroids ou de papier peint. C'est une épreuve en noir et blanc de sa célèbre douzaine d'oeufs que Warhol proposa à Basquiat de grapher et sur laquelle ce dernier  imprima à la mine de charbon quatre formes ovoïdes, un ovale qui se transforme en coeur (à droite) et un coeur raturé et griffé (au milieu).  

Rappel biographique :  Jean Michel Basquiat
Rappel biographique:  Andy Warhol


samedi 15 avril 2017

Juan van der Hamen y Leon (1596-1631) - Still Life with fruits and Glassware

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Juan van der Hamen y Leon (1596-1631)
Still Life with fruits and Glassware
Museum of Fine Arts, Houston, USA

Que voit on  ? Sur la gauche de la composition, présentée sur deux niveaux et en quinconce, selon la méthode de son illustre ainé Juan Sanchez Cotan : une série de fruits très mûrs. En bas : un melon craquant à point et une grenade (dans le même état ! ) posés à même la pierre. En haut : dans une précieuse corbeille tressée en fil d'argent : un empilement de grenades. A droite : une composition d'une beauté à couper le souffle qui présente, dans une quinconce de la pierre et une pénombre savamment étudiée, une branche de prunier et ses fruits somptueux, à même la pierre, et un plateau d'argent contenant des raisins dorés encadrés par deux somptueuses carafes en cristal finement ciselées.  Un chef-d'oeuvre de l'âge d'or espagnol de la nature morte où triomphent non seulement la science de la composition mais la maitrise des textures.

Rappel biographique : le peintre espagnol Juan van der Hamen y Leon - dont un grand nombre de natures mortes ont été publiées dans ce blog -  est surtout connu pour être un maître de ce genre, bien qu'il ait peint aussi des motifs religieux, des paysages et des portraits. Influencé autant par Juan Sanchez Cotan que par la peinture flamande de Frans Snyders dans ses premières natures mortes, il opta finalement pour un naturalisme plus italien et introduisit beaucoup de fraîcheur dans ses compositions. Sa touche est d'une grande délicatesse et d'un absolue précision. Van der Hamen emprunte à Sánchez Cotán le style apparemment sobre de ses compositions mais aussi cette façon systématique de détacher les objets sur un fond sombre et de les éclairer d'une lumière puissante. Les arrangements en quinconces et les ombres portées renforcent l'impression de précision et révèlent que ces compositions sont finalement tout sauf simples ! A partir de 1626, Van der Hamen peint des natures mortes plus complexes que ses premières en plaçant les objets sur différents niveaux. Ce type de composition que l'on retrouve à Rome au début des années 1620  dans les œuvres de Tomasso Salini et d'Agostino Verrocchi, était déjà présent dans les natures mortes de l'Antiquité que l'on découvrira à Pompei et Herculanum au 18e siècle. Les natures mortes de Juan van der Hamen ont exercé une grande influence sur ses contemporains comme Francisco de Zurbarán et plus tard chez des peintres comme Antonio Ponce et Juan Arellano. Une des caractéristiques de la peinture de Van der Hamen, pour laquelle il était surtout connu de son vivant,  résidait dans la représentation des coûteuses et luxueuses verreries de Venise ou d'Allemagne. Très préoccupé par l'agencement harmonieux des objets et la représentation précise des textures et des lumières, Van der Hamen livre toujours des compositions très géométriques où les cercles et les sphères ont un rôle primordial. Contrastant avec cette sévérité géométrique, l'artiste dispose souvent ses objets sur les bords des structures ou sur des escaliers en pierre, en faisant ainsi varier leur distance à partir de la source lumineuse. Les objets représentés, fruits légumes, bois, terre cuite, et cristaux sont toujours magistralement rendus avec une science de la répartition des couleurs, des ombres, des reflets et des lumières qui en font un maître d'une sensibilité incomparable.

2017 - A Still Life Collection 
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vendredi 14 avril 2017

Kenneth Stubbs (1907-1967)


Kenneth Stubbs (1907-1967)
Abstract Still Life with Martini Glass, 1953
Private collection

Que voit on ? Sur un entablement bleu recouvert d'une nappe, deux compositions très distinctes dans lesquelles triomphe la forme triangulaire chère à ce peintre américain, plus cubiste qu'abstrait. A gauche : une composition inspirée des "classiques" avec verre triangulaire au premier plan et plateau de fruits où l'on reconnait nettement des pommes et des poires alignées comme de bons petits soldats devant un vase vide transparent. A droite : une composition plus géométrique et, pour le coup, véritablement abstraite où le triangle est roi, de l'équerre au calice en passant par l'enveloppe blanche. Cette application géométrique un peu datée  ne réussit cependant pas à masquer quel grand coloriste fut ce peintre !

Rappel biographique : le peintre américain  Kenneth Stubbs a été fortement influencé dès son adolescence et sa jeunesse par les cubistes français comme Juan Gris et surtout Georges Braque. Il s'intéressait beaucoup (jusqu'à l'obsession souvent) au principe du Nombre d'or et à la proportion idéale que ce dernier est censé permettre d'atteindre. Stubbs consacra beaucoup de son énergie à en explorer l'utilisation à travers les siècles chez les maîtres du passé avant de l'appliquer à ses propres compositions. Ses natures mortes sont remarquables aussi par une conception nouvelle du mouvement qu'elles appliquent au modèle cubiste, en alternant notamment lignes droites et couleurs.

jeudi 13 avril 2017

Henri Matisse (1869-1954) - Le bol de poissons rouges



Henri Matisse (1869-1954)-
Le bol de poissons rouges
Collection privée, USA

Que voit-on ? Le bocal de poissons rouges est un thème que Matisse a peint au moins une dizaine de fois tout au long de sa vie (un très bel exemple se trouve au Musée Pouchkine de Moscou). Dans ces diverses versions, le peintre a représenté le bocal soit, seul, posé devant une fenêtre, soit sur une table ou un guéridon en compagnie de quelques pommes ou poires. Ici, le bocal - qui a la particularité d'être en réalité un bol avec pied - est posé sur une commode peinte en blanc devant un mur recouvert d'un papier peint que le peintre a pris visiblement plaisir à reproduire. Sur la commode : un autre bocal contenant des fruits rouges au sirop et un journal dont on peut difficilement douter qu'il ne soit pas de mode. Une nature morte réalisée très tôt dans l'oeuvre de l'artiste et qui contient déjà beaucoup de ses développements futurs.

Rappel Biographique : Le peintre français Henri Matisse, chef de file du Fauvisme figure majeure du 20e siècle, a peint tout au long de sa vie, un très grand nombre de natures mortes dans des styles aussi différents que les périodes qu'il a traversées. Il aimait particulièrement ce genre à tel point qu'une de ses toutes premières peintures connues, actuellement conservée au Musée Malraux du Havre (France) est une nature morte, Nature morte au pichet peinte en 1896-97. Les animaux marins, les poissons et les mollusques dont les huitres, fréquents chez Matisse, sont toujours des  signes de son évolution vers une peinture simplifiée et synthétique. Son maître, Gustave Moreau lui avait dit avec clairvoyance et d’un léger ton de reproche : « Vous allez simplifier la peinture… » ou encore, « Vous n’allez pas simplifier la peinture à ce point-là, la réduire à ça. La peinture n’existerait plus… ». Il a aussi beaucoup regardé les estampes d’Hiroshige ou d’Hokusaï, dont on retrouve souvent  l’influence chez Matisse dès lors qu'il s 'agit de peindre la mer et les poissons.

mercredi 12 avril 2017

Henri Lebasque (1865-1937)


Henri Lebasque (1865-1937)
Nature morte aux fruits
Collection privée 

 Que voit on ? Sur un entablement de marbre blanc posé contre un mur de même couleur, un plat en argent de forme "rognon" contenant des raisins, des pommes et des poires. Une nature morte très classique  de ce grand peintre impressionniste français, assez célèbre de son vivant mais toujours demeuré parmi les moins connus de ce mouvement depuis sa mort.

Rappel biographique : Henri Lebasque est un peintre post-impressionniste français. Issu d'une famille modeste, Henri Lebasque s'inscrit à l'Académie Colarossi en 1886. Il collabore avec Ferdinand Humbert aux fresques du Panthéon à Paris pendant six ans à partir de 1888. Il expose au Salon de la Société des artistes français, au Salon des indépendants, et se lie avec Maximilien Luce et Paul Signac. Il expose au Salon de la Société nationale des beaux-arts et, en 1902, rencontre Camille Pissarro qui aura une grande influence sur lui. Il voyage à Londres où il découvre les œuvres de Turner.  L'État français lui achète Goûter sur l'herbe en 1903. Il collabore, en 1906,  avec Félix Vallotton et Georges Rouault à des essais de céramique chez André Metthey. Puis il réalise des décors pour les théâtres et différents lieux parisiens et, en 1917, sera engagé comme peintre aux armées avec Félix Vallotton. En 1922 il expose à la Galerie Eugène Druet. En 1924, il acquiert la villa « Beau site » qu'il habitera jusqu'en 1930. Henri Lebasque est promu officier de la Légion d'honneur en 1925 et, après la dissolution de la Galerie Georges Petit en 1927, il n'accepte plus de contrat avec aucun marchand d'art. Il achète sa maison de la rue des Danys au Cannet en 1930, où il fréquente Dunoyer de Segonzac et Pierre Bonnard qui s'y étaient fixés en 1925.
Il  meurt au Cannet où il est enterré.

mardi 11 avril 2017

Mela Muter (1886-1967) - Nature morte avec panier de raisins





Mela Muter (1886-1967) 
Nature morte avec panier de raisins,1930
Collection privée, France

 Que voit on ? Sur une chaise en paille de style provençale, un panier en osier tressé empli de raisins qui se déversent sur une édition du journal Le Provençal. 

Rappel biographique :  Mela Muter, pseudonyme de Maria Mélania Mutermilch, est une artiste-peintre française d'origine polonaiseEn 1901, après une année de cours à l'école de dessin pour femmes de J. Kotarbinski, elle arrive à Paris et s’inscrit à l'Académie Colarossi puis à l'Académie de la Grande Chaumière. Elle expose régulièrement au Salon d'automne, au Salon des Tuileries et au Salon des Femmes Artistes Modernes dans les années 30. Parmi les artistes que fréquente Mela Muter figurent entre autres la peintre australienne Bessie Davidson (cofondatrice du Salon des Tuileries), et Kees van Dongen avec lesquels elle expose. Elle fait des expositions remarquées chez Druet, Billiet et à La Renaissance. А l'étranger, elle fait une grande exposition à Barcelone à la galerie Dalman, en Allemagne à la galerie Tannhauser et à Washington au Carnegie Institute. Elle brosse le portrait de ses amis : ClemenceauRavelSatie, ainsi que de Rainer Maria Rilke, avec lequel elle a entretenu une liaison. Elle passa une partie de sa vie en Provence et notamment dans le petit village de Villeneuve-les-Avignon. Ses œuvres figurent dans les collections Bader, Paul Clemenceau et Arthur Fontaine.

lundi 10 avril 2017

Philippe Rousseau (1816-1887) - Nature morte aux huîtres et au verre de vin rouge


Philippe Rousseau (1816-1887)
Nature morte aux huîtres et au verre de vin rouge
Musée des beaux-arts de Valence, France

Que voit-on ?  Ce que décrit le titre : huit huîtres et un verre de vin rouge, sujet fréquemment traité par ce peintre et dont il existe aussi une version avec un verre de vin blanc.  Cette magnifique nature morte longtemps attribuée à Théodore Rousseau, le maître de l'Ecole de Barbizon, a une histoire particulière puisqu'elle fait partie des biens français saisis par les Nazis puis récupérés après la guerre, mais dont on a jamais retrouvé les propriétaires. Conservé dans une collection privée parisienne, ce tableau fut saisi par l'Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg, puis inscrit pendant l'été 1942 sur l'inventaire Unbekannt (UNB 12) avant d'être envoyé en Allemagne, à Neuschwanstein puis à Buxheim. Lors de la commission de choix des oeuvres de la récupération artistique spoliée du 29 mai 1951, il est attribué au Musée du Louvre par l'Office des Biens et Intérêts Privés. Puis il est déposé à Valence par arrêté du ministère de l'Education nationale du 10 novembre 1953 renouvelé le 29 mars 1957. Il y est actuellement conservé. 
 
Rappel biographique : Philippe Rousseau est un peintre français, élève d'Antoine-Jean Gros et de Jean-Victor Bertin à l'Ecole des beaux-arts de Paris. Il débute comme paysagiste, puis peint des natures mortes et des sujets animaliers. Il expose au Salon à partir de 1834.
Le succès lui vint à partir de 1840 avec ses illustrations des Fables de La Fontaine notamment.
Par la suite, l'afflux de commandes l’incitère à diversifier son propos. Ses natures mortes, deviennent plus ambitieuses  tout en restant  des pastiches des Hollandais du XVIIe siècle,   oscillant toutefois entre intimisme hérité de Chardin, grande fraicheur du traitement et pompe académique. Philippe Rousseau n’en reste pas moins un de ces peintres du XIXème qui a revalorisé le terme réducteur de Nature Morte. Il connut un réel succès en son temps avec des récompenses aux Salons, des commandes de la cour impériale française ou encore du Baron James de Rothschild (un de ses principaux mécènes) et l'admiration de Baudelaire.
En 1845, Charles Baudelaire écrit : « M. Philippe Rousseau dont chacun a souvent remarqué les tableaux pleins de couleurs et d'éclat, est dans un progrès sérieux. C'était un excellent peintre, il est vrai ; mais maintenant il regarde la nature avec plus d'attention, et s'applique а rendre les physionomies. J'ai vu dernièrement, chez Durand-Ruel, des canards de M. Rousseau qui étaient d'une beauté merveilleuse, et qui avaient bien les moeurs et les gestes des canards ».
Aujourd'hui particulièrement bien représenté dans les collections privées et publiques néerlandaises, Philippe Rousseau qui a enfin récupéré son statut de grand peintre, se trouve conservé au Musée Orsay à Paris, au Metropolitan de New-York, à Munich et dans beaucoup de musées des beaux-arts comme Lyon, Rouen, Compiègne, Lille... qui lui sont toujours restés fidèles.
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