samedi 7 juillet 2018

Cornelis Norbertus Gijsbrechts (ca 1630 - c. 1675) - Autoportrait à la nature morte


Cornelis Norbertus Gijsbrechts (ca 1630 - c. 1675)
Autoportrait à la nature morte, 1663
 National Gallery of Prague 

Que voit-on ? Un autoportrait (puisque tel est le titre !) déguisé en nature morte reposant sur le chevalet qui la voir naître. Un trompe-l'oeil dans le trompe-l'oeil, célèbre entre tous pour cette toile  (sans doute la plus connue de Cornelis Gijsbrechts). L'autoportrait est le petit médaillon cloué par 4 clous de cuivre à même le bois du chevalet du peintre en haut à gauche de la composition. Reposant aussi sur ce chevalet qui est une simple planche de bois:  la palette du peintre (en bas à gauche), un chiffon à peintures (en bas à droite) et sur le rebord du chevalet reposant sur une boîte noire, soigneusement rangés, les pinceaux du peintre, sa pipe et sa blague à tabac. Quand à la nature morte , elle est bien là , au centre le composition, sur une toile dont on aperçoit l'envers et le coin droit du chassis. et elle représente un trompe l'oeil l'entablement  en velours vert représenté semblant sortir du chassis.  Du coup raisins, pêches et melons semblent très anecdotiques.  On notera le  couteau couteau plaqué entre le chevalet et le chassis...

Rappel biographique  : Bien que les informations biographiques concernant ce très grand peintre sont  encore de nos jours, très parcellaire, on peut toutefois établir de façon certaine que c'est bien à Copenhague qu'il a fait une grande partie de sa carrière. Directeur d’une maison d’enchères, il y fit vendre un bon nombre de ses tableaux, marqués par son inimitable maîtrise du trompe-l’oeil.
Franc-maitre de la guilde de Saint-Luc à Anvers en 1659, Cornelis Norbertus Gysbrechts fut peintre de la cour du roi de Danemark, Christian V, à Copenhague entre 1670 et 1672. 
La plupart des 22 toiles de Gijsbrechts a peintes à Copenhague étaient destinées à la Chambre du Roi. Le Cabinet Royal des Curiosités comprenait entre autres une «Chambre de Perspectives» qui présentait une sélection d'œuvres en trompe-l'œil, de boîtes à perspectives, d'anamorphoses et de peintures architecturales réalisées à partir de la perspective centrale. Ces oeuvres ludiques et pleines de surprises innovantes (notamment des images tridimensionnelles dans des boîtes à perspectives) avaient un aspect magique pour qui les regardaient en 1690.  On sait aujourd'hui que 15 parmi les  29 peintures de la Chambre de Perspectives furent  réalisées par Gijsbrechts.  C'est d'ailleurs encore, de nos jours, le Danemark qui conserve la plus importante collection d'oeuvres de Goosbrechts au monde.
D'un point de vue stylistique, Gijsbrechts fut influencé par Jan Davidsz de Heem mais son approche des compositions va bien au-delà de cette influence et en fait a bien des égards un précurseur de biens des mouvements futurs.

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