lundi 30 avril 2018

Sōtarō Yasui (1888-1955)



Sōtarō Yasui (1888-1955) 
Still life with grapes

Rappel biographique : Sōtarō Yasui (安井 曾太郎) est un peintre japonais, connu pour le développement qu'il apporte au début du xxe siècle au portrait de style yō-ga (style occidental) dans la peinture japonaise. En 1907, à 19 ans, il se rend à Paris pour étudier à l'Académie Julian auprès de Jean-Paul Laurens. Durant ses sept années passées en France, il est fortement influencé par les style de Jean-François Millet, de Pierre-Auguste Renoir et de Paul Cézanne en particulier. Contraint de rentrer au Japon en 1915 après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, il fait ses débuts à l'exposition Nikakai où il présente quarante-quatre peintures qu'il a faites à Paris.  On y trouve quelques natures mortes  (dont cell- ci de 1913 ) qui ont laissé un souvenir moins impérissables que ces portraits   mais dont on apprécie le modernisme avant gardiste.

dimanche 29 avril 2018

Jacek Sienicki (1928 - 2000)

Jacek Sienicki (1928 - 2000)  Object, 1972


Jacek Sienicki (1928 - 2000) 
Object, 1972

Que voit on ? Bouteille, pot et divers contenants sur un fond neutre dont ils se détachent comme une ville imaginaire contingentée dans un brouillard éternel.

Rappel biographique : Jacek Sienicki est un peintre et enseignant polonais diplômé de la Haute Ecole d'Etude Artistiques de  Varsovie. Dans les années 1948-1954, il a étudié à l' Académie des Beaux-Arts de Varsovie dans l'atelier d' Artur Nacht-Samborski. Ses peintures ont été montrée pour la première fois  en 1955 à l' Exposition Nationale des Jeunes Arts Visuels  intitulée "Contre la Guerre - Contre le Fascisme". Puis il fut  enseignant  à l'Académie des Beaux-Arts de Varsovie de 1981 à 1992. Il fait partie des artistes les plus originaux de l'ere communiste en Pologne,  assez proche des mouvements  d'abstraction lyrique occidentaaux.
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samedi 28 avril 2018

Willem van Aelst (1625-1683) - Gibier et accessoires de chasse dans une niche


Willem van Aelst (1625-1683)
Gibier et accessoires de chasse dans une niche,  1664 
Musée national, Stockholm

Que voit on ?  L'archetype de la nature morte politiquement incorrecte avec armes et oiseaux morts à foison !!!  Mais ce blog a l'habitude de replacer dans son contexte et dans son époque les oeuvres qu'il présente et n'a de toute façon, aucunement l'intention de jauger à l'aune de l'écologie moderne la vie des chefs d'oeuvres passé.  
Ce somptueux tableau de chasse où figurent, sur la table à gibiers en marbre, une trompe en cuivre, une besace, un magnifique fusil ciselé et divers autres accessoires de chasse dont l'usage s'est perdu de nos jours, est une plus brillantes compositions de van Aels qui en a pourtant plusieurs à son actif. Il a pris soin de présenter celle-ci  (comme il le fit souvent) sur un fond noir destiné à relever les somptueuses couleurs du plumage des  trophées de chasses.  

Rappel biographique : le peintre néerlandais Willem van Aelst, né à Delft,  est essentiellement un peintre de natures mortes, de fleurs et de chasse qui appartient à ce que l'on appelle le " Siècle d'or ". Il est célèbre pour avoir introduit l’asymétrie dans la nature morte mais aussi pour la savante harmonie des coloris déployée dans toutes ses compositions. Au cours de sa vie, Willem van Aelst a vécu et travaillé en France, à Rome et à Florence où , en compagnie  dedeux autres Néerlandais, Matthias Withoos et Otto Marseus Van Schrieck, il est actif à la cour de Ferdinand II de Medicis. Le grand-duc de Toscane lui remettra une médaille d’or comme récompense de ses services. Ont été conservées de cette époque plusieurs natures mortes de fleurs et de chasse, visibles au Palazzo Pitti à Florence. En 1856 il rentre au Pays Bas et  se fixe à Amsterdam. Ses œuvres sont notamment conservées à la Mauritshuis de La Haye, à la National Gallery of Art de Washington  et au  Rijksmuseum d’Amsterdam. Ses tableaux sont parfois signés Guill.mo (Gullielmo,  forme italienne de son prénom).

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vendredi 27 avril 2018

Raoul Hynckes (1893-1973) - Poissons



Raoul Hynckes (1893-1973)
Poissons

Que voit on ? Des poissons, une nasse, une besace  et une ancre marine dans une grisaille hivernale que relève   l'éclat argenté des poissons.

Rappel biographique : Raoul Hynckes  était un peintre hollandais d'origine belge. 
Après ses études en Belgique de 1907 à 1912, à l'Académie des beaux-arts de Bruxelles et à celle de Malines, il se fixe en 1914 aux Pays-Bas. Jusqu'en 1924, il reste impressionniste, puis de 1924 à 1933, ses natures mortes le montrent influencé par le cubisme et, plus particulièrement, l'œuvre de Juan Gris (Nature morte aux verres, 1929, Amsterdam, Stedelijk Museum).
À partir de 1933, il va devenir l'un des principaux représentants, avec Carel Willink et Pyke Koch, du réalisme magique néerlandais, et va privilégier le genre de la nature morte à laquelle se trouve toujours associée une tête de mort. Ses compositions, exécutées avec un rendu scrupuleux, sont marquées à la fois par l'influence de la peinture métaphysique et la représentation du thème traditionnel de la vanité. Son art culmine avec le tableau Chaînes (1934, Rotterdam, Museum Boymans Van Beuningen), qui montre sur la crête d'un mur un récipient dans lequel sont contenus des crânes, et Ex Est (Nature morte à la tête de mort, 1940, Amsterdam, Stedelijk Museum), qui représente dans une trappe d'égout une tête de mort au milieu de détritus : cette composition exprime bien à la fois sa vision tragique du monde et la déchéance de l'humanité.
Raoul Hynckes est présent dans de nombreux musées néerlandais.

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jeudi 26 avril 2018

William Michael Harnett (1848 -1892) - Still Life with Three Castles Tobacco


William Michael Harnett (1848-1892) 
Still Life with Three Castles Tobacco, 1880
Private collection 

Que voit on ?  Une nature morte en trompe l'œil où le peintre se déchaine sur la peinture des différentes textures  présentes (le grès, le liège, le métal, le papier imprimé, le papier écrits, le bois, la bruyère., l'écume... un bel exercice sans doute réalisé,  à  des fins publicitaires,  à la fin du 19e siècle pour la marque de tabac Three Castles qui donne son titre à la nature morte. Ici pour les spécialistes  du genre, le fourneau de la pipe est en écume et le tuyau en merisier.

Rappel biographique : Le peintre américano-irlandais William-Michael Harnett est connu pour ses natures mortes en trompes-l'oeil faites à partir d'objets du quotidien au sens large puisque l'on y trouve aussi bien des livres que des ustensiles de bureau, de cuisine, des attributs de chasse ou des instruments de musique folklorique. Il se situe, dans ce sens, dans la tradition des grands peintres de trompes l'oeil et de natures mortes hollandais du 17e siècle et de Peter Claesz en particulier. Beaucoup d'autres peintres américains se sont engouffrés dans cette tendance à la suite de William-Michael Harnett, comme Raphaelle Peale ou John Peto, mais Harnett en reste le représentant le plus spectaculaire. 
 
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mercredi 25 avril 2018

Renato Guttuso (1911-1987) - Pomodori


Renato Guttuso (1911-1987)
Pomodori, 1961

 Que voit on ? Six tomates dont l'une semble posée sur une rivière d'argent 

Rappel biographique : Renato Guttuso est une figure extrêmement importante de la peinture italienne contemporaine, représentant du réalisme pendant les périodes fasciste et communiste de l'histoire italienne. Résistant, antifasciste, très tôt engagé aux côtés des communistes,  l'art de Guttuso transcende toute considération politique et bien que faisant constamment référence à une identité sicilienne, se situe aux antipodes du régionalisme.
Après ses études, dans ses premières toiles, sous l'influence de l'expressionnisme, apparurent de plus en plus souvent des motifs typiquement siciliens (comme les citronniers ou les oliviers) mais aussi une atmosphère de solitude mythique, insulaire, qui culmina en 1931 dans une exposition collective de six peintres siciliens accueillis par la critique comme « une révélation, une affirmation de l'identité sicilienne. » А Palerme, Guttuso s'installa dans un atelier sur le Corso Pisani et, avec l'artiste peintre Lia Pasqualino et les sculpteurs Barbera et Nino Franchina, il forma le Gruppo dei Quattro (groupe des Quatre).  Puis ce fut durant son long séjour de trois ans à Milan que murit l'« art social » de Guttuso, dont l'engagement politique se manifesta de plus en plus nettement dans les oeuvres de cette époque, Fucilazione in Campagna, qu'il dédia à Garcia Lorca, et les deux versions de la Fuga dall'Etna (1938-1939). Peu après, il emménagea а Rome, Via Margutta, où son caractère exubérant lui valut le surnom de « Sfrenato Guttuso », l'« Effréné ». Proche des artistes les plus représentatifs de son temps, l'oeuvre qui lui assura la célébrité sur fond de controverses avec l'Eglise catholique comme avec le Parti fasciste, fut La Crocifissione (1941), où le thème religieux sert de prétexte pour dénoncer les horreurs de la guerre.
Durant toute la période du conflit mondial, Guttuso travailla sans relâche, multipliant les natures mortes ponctuées d'humbles objets quotidiens, les vues du golfe de Palerme et une suite de dessins intitulés Massacri, diffusés clandestinement, qui dénonçaient les exactions de l'armée nazie.
En tant qu'opposant au fascisme, Guttuso rejoint le Parti communiste italien dès 1940 et participe à la Résistance des partisans italiens contre l'armée allemande à partir de 1943. Fidèle à ses convictions, il choisit les funérailles de Palmiro Togliatti pour sujet de l'un de ses tableaux, I funerali di Togliatti (1972), qui devait prendre valeur de manifeste politique. Dans une logique similaire, en 1971, il fit partie des 800 intellectuels qui signèrent dans l'hebdomadaire L'Espresso un document accusant de meurtre le commissaire Luigi Calabresi.
Enfin, Guttuso était un adversaire déclaré et engagé de la Mafia.
En 1972, l'URSS lui décerna le Prix Lénine pour la paix, équivalent soviétique du Nobel. En 1976, il fut élu au Sénat italien dans les rangs du PCI pour représenter la ville de Sciacca, située dans la province d'Agrigente. Seul depuis la mort de son épouse, Guttuso, selon le témoignage de Giulio Andreotti, se rapprocha du catholicisme, religion dont il avait partagé à sa façon les valeurs humanistes. Il légua de nombreuses œuvres à sa ville natale de Bagheria, aujourd'hui rassemblées au musée communal de la Villa Cattolica.

mardi 24 avril 2018

Raphaelle Peale (1774–1825)


Raphaelle Peale (1774–1825)
 Cheese with three crackers 1813
Private collection 

Que voit on ?  Posé sur une assiette en porcelaine blanche à bordure de liseré doré : un gros plan sur une pièce de fromage à pate cuite de type Cheddar ou plutôt Caerphilly cheese qui est volontiers  consommé avec des crackers, ici ronds et au nombre de trois dont un repose directement sur l'entablement ... Toujours très appétissant malgré sa centaine d'années !

Rappel biographique : le peintre américain Raphaelle Peale (qui n'est pas une femme malgré l'orthographe de son nom), est issu d'une dynastie de peintres américains dont le plus célèbre fut son père, le portraitiste Charles Willson Peale (1741-1827).
Raphaelle est surtout  connu pour avoir été le premier peintre professionnel de natures mortes installé aux Etats Unis et pour avoir, à ce titre, beaucoup influencé l'école américaine de la nature morte réaliste tout en travaillant comme taxidermiste dans l'atelier de naturalisation du musée d'animaux empaillés de son père.
 Intoxiqué par les produits utilisés dans la taxidermie (notamment le mercure et  l'arsenic) et devenu alcoolique, Raphaelle Peal eut une destinée tragique, alternant les séjours à l'hôpital. On retrouve sa vision de taxidermiste dans la peinture même de ces natures mortes, souvent envisagées sous un angle anatomique assez étrange et mélancolique, et traitant souvent de sujet unique. 
Il fut aussi très influencé par les maîtres hollandais du 17e siècle et par Cotan.




lundi 23 avril 2018

Pieter Gerritsz van Roestraten (1630-1700) - Still life with an elaborate silver and black lacquer casket...




Pieter Gerritsz van Roestraten (1630-1700)
Still life with an elaborate silver and black lacquer casket, a gilt cup and cover, a teapot, a letter, a medallion, nautilus cup and a watch all on a ledge

Que voit on ? La traduction du titre est assez explicite  :  " Nature morte avec un coffret en argent sculpté et laque noire,  tasse en or et son couvercle, théière,  lettre, médaille,  tasse nautile et montre, le tout sur un entablement ". Un seul objet a été omis : la serviette blanche dépliée sous le coffret.  Sinon : somptueux... comme d'habitude avec ce peintre  !

Rappel biographique : Le peintre hollandais Pieter Gerritsz van Roestraten a été actif dans le domaine des natures mortes et des scènes de genre pendant la période de ce qu'il est convenu d'appeler l'Age d'or néerlandais. Elève de Frans Hals dont il épousa la fille en 1654,  il vécut à Amsterdam avant de déménager à Londres en 1666. Dans cette ville, Roestraten acquit très rapidement la réputation d'être le meilleur peintre de natures mortes à sujet d'argenterie qui soit.  Sir Peter Lely lui  fit un véritable pont d'or pour qu'il abandonne la peinture des portraits qui était sa spécialité à son arrivée à Londres. Et c'est ce qu'il fit pour la somme alors importante de quarante à cinquante livres sterling par tableau.

dimanche 22 avril 2018

Anatoly Nikich (1918–1994) - Nature morte aux objets


Anatoly Nikich (1918–1994)
Nature morte aux objets
Galerie Tretiakov, Moscou

Que voit-on ? Des pots en terre renversés sur des papiers ou des dessins froissés ; quelques gousses d'ail posées devant un pauvre rideau bleu cachant un dessous de table. Sur la table : une feuille blanche et sur le mur contre lequel elle est posée des dessins : on reconnait Les joueurs de cartes de Cézanne...

 Rappel biographique :  Anatoly Nikich-Krilichevsky est un artiste russe de l'ère soviétique. Pur produit de l'art officiel soviétique, formé à l'Institut des Beaux-Arts de Moscou avec les professeurs  Boris Ioganson et Alexander Osmyorkin, il est diplômé de  Institut d'Art de Moscou de Surikov en 1942. Participant activement à ce que les russes appellent la Grande Guerre Patriotique de 1941-1945  et que nous appelons la Seconde guerre mondiale,  il devint membre de l'Union des artistes de l'URSS, de l'Union des artistes de Moscou et  artiste émérite de Russie. Anatoly Nikich-Krilichevsky a vécu et travaillé à Moscou. Ses œuvres sont conservées principalement aujourd'hui dans la galerie Tretiakov et dans les musées régionaux de Russie et des pays de l'ex-Union soviétique.

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samedi 21 avril 2018

Mosaïques romaines - Nature morte au chat


Pompei - Casa del Fauno
Natura morta con gatto, pernice, due anatre, uccelli, pesci e conchiglie
Museo Archeologico Nazionale, Napoli

Que voit-on ?  Sur l 'étagère ou" registre " supérieure : un chat, toutes griffes dehors, la patte fermement posée sur une perdrix qu'il n'est pas décidé à laisser s'échapper.
Sur l 'étagère  ou " registre " inférieure : une accumulation de victuailles vivantes composée  d'un couple de canards,  de quatre ortolans, d'une coquille Saint-Jacques et de divers crustacés dont une grosse crevette, une huître, une moule, un oursin et d'une demi douzaine de poissons fraichement pêchés et que l'on devine encore frétillants.  Un catalogue de tout ce que la mer et les airs ont à offrir au palais du gourmet antique!  En tout cas, quoi qu'il arrive à la perdrix,  le repas du chat est assuré... et celui de ses maîtres aussi !
Magnifiques coloris toujours d'une exceptionnelle vivacité plus de 2000 ans après sl composition.


Rappel historique : Pline l'Ancien raconte que dans la Grèce antique, le peintre Piraikos qui vivait au 3e siècle avant notre ère, vendait déjà fort cher ses " Provisions de cuisine ", des tableaux de chevalets représentant des victuailles ou des instantanés d'échoppes de cordonniers et de barbiers. Dans la hiérarchie des genres picturaux d'alors, ces représentations de provisions de cuisine sont déjà considérées comme un genre mineur... et  elles le resteront pendant de longs siècles... au moins jusqu'à Chardin, si ce n'est jusqu'à Cézanne. Genre mineur donc, loin derrière les sujets religieux, les portraits et les paysages, mais genre que les commanditaires s'arrachent pourtant !
Le grec Piraikos reste le plus célèbre des peintres de ce genre. Hélas, aucun exemple n'est parvenu jusqu'à nous de ces peintures des menus objets du quotidien par Piraikos,  peinture que l'on nommait à cette époque Rhyparographie .
A la même époque, un autre peintre grec, Zeuxis rivalisait avec la nature au point que des oiseaux voulaient picorer les raisins qu'il peignait et qu'il passe être l'inventeur du réalisme et  de l'illusionnisme  ne peinture, pour ne pas dire du premier trompe-l'oeil. Il faut là encore faire confiance au récit de Pline l'Ancien, car aucun exemple de cet art ne nous est parvenu.
Les premières natures mortes connues du monde occidental sont des fresques et des mosaïques du 1er siècle de l'ère chrétienne, provenant de Campanie (Herculanum et Pompéi) ou de Rome. Elles sont exécutées dans un style réaliste et illusionniste : fruits veloutés, poissons et volailles posés sur une marche de pierre ou sur deux étagères d'un garde manger, généralement en trompe l'œil avec des ombres portées, ou quelquefois dans des coupes en verre avec des transparences subtiles.
Ces peintures évoquent le xenion antique, un cadeau fait de denrées qu'un hôte doit offrir à ses invités. Pourtant la nature morte de l'Antiquité possède une autre ambition que celle du seul plaisir mimétique. Comme le précise Charles Sterling : « Il est clair que les natures mortes hellénistiques et romaines qui représentaient des mets prêts à être consommés comportaient une allusion épicurienne ». On trouve ainsi assez fréquemment des mosaïques de natures mortes et des vanités dans les atriums d'été romains, où les convives invités aux repas étaient ainsi encouragés à cueillir le jour qui passe, Carpe diem selon la célèbre formule d'Epicure, à profiter de la vie tant qu'il était encore temps de le faire. Une déclinaison plus sophistiquée de la tradition égyptienne pharaonique qui voulait que l'on fît passer un cadavre devant les convives avant de commencer un repas pour leur rappeler l'impermanence de la vie !  Les natures mortes garderont tout au long des siècles jusqu'à nos jours,  cette signification épicurienne.

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vendredi 20 avril 2018

Bartolomeo Bimbi (1648-1730) - Cunchiglie


Bartolomeo Bimbi (1648-1730) 
Cunchiglie
Palazzo della Provincia, Siena

 Que voit on  ? Une des plus somptueuse collections de coquillages qui se puisse être, réunie  pour l'occasion à la fois dans un simple panier (à droite de la composition) pour les petits coquillages et à même un magnifique tapis de Damas pour les plus gros exemplaires.  Décris avec une précision d' anatomiste, ces coquillages font figure d'exception dans l'oeuvre de Bimbi plutôt spécialisée dans les fleurs et les fruits. Nous somme ici face à un véritable cabinet de curiosité mural, les coquillages faisant directement référence aux explorations du monde et aux grandes découvertes de terres inexplorées menées à cette époque par les grandes puissances européennes.

Rappel biographique : Bartolomeo Bimbi fut un peintre italien de natures mortes qui a été actif à la fin du 17e et au début du 18e siècle. Il fut l'élève de Lorenzo Lippi et d'Onorio Marinari, et à Rome de Mario de'Fiori. Bimbi a, en partie, perpétué la tradition de Jacopo Ligozzi, mais fut initié à la peinture des fleurs par Agnolo Gori qui le présenta à Cosme III et au prince Ferdinand de Médicis. À partir de 1685, il exécuta pour ce dernier de nombreuses œuvres de tableaux d'animaux, de fleurs et de fruits, représentations d'après nature, d'une extrême précision scientifique. Pour cela il utilisait le savoir de spécialistes comme Redi, qui analysait les nouvelles espèces apportées à l'artiste pour être peintes et accrochées dans les villas médicéennes.
Les nombreuses commandes de ses clients encouragèrent la réalisation de grands tableaux de la faune pour la Villa Medicea dell'Ambrogiana, de la flore pour la Villa Medicea di Castello et des fruits pour le pavillon de chasse de la Topaia, sur les hauteurs de la résidence du Castello.
Aujourd'hui, la plupart de ses œuvres se trouvent dans le musée de la nature morte qui occupe le second et dernier étage de la Villa médicéenne de Poggio a Caiano. Elles témoignent d'une exceptionnelle « biodiversité » de la Toscane de jadis, et reproduisent avec précision, même les défauts dus aux maladies et aux parasites. Elles font l'objet de recherches historico-botaniques par le Conseil national de la recherche et de diverses universités qui souhaitent sauvegarder des espèces menacées d'extinction ou de récupérer des variétés horticoles disparues.

jeudi 19 avril 2018

Ben Nicholson (1894-1982)


Ben Nicholson (1894-1982)
Still-life 1947 
Aberdeen Art Gallery

Rappel biographique : Le peintre britannique Ben Nicholson est connu pour être un des promoteurs de l'abstraction dans son pays. d'abord influencé par les cubistes. Au tournant des années 1928-30, son travail va progressivement évoluer du cubisme vers une abstraction géométrique proche de celle de Mondrian qu'il rencontre à Paris. Lauréat du premier prix Guggenheim en 1956, ses œuvres sont exposées dans les collections de la Tate Gallery de Londres, entre autres.

mercredi 18 avril 2018

Bernard Lorjou (1908-1986) - Nature morte à la coupe de fruits


Bernard Lorjou (1908-1986) Nature morte à la coupe de fruits Collection privée



Bernard Lorjou (1908-1986)
Nature morte à la coupe de fruits
Collection privée

Rappel biographique :  Bernard Lorjou est un peintre français qui a bénéficié de son vivant d'une importante notoriété et qui a été totalement oublié depuis son décès. Tant mieux diront certains !  Ses excès langagiers et sa pensée souvent aigre lui garantissent un purgatoire qui durera longtemps ! Artiste autodidacte, il s'était  définit lui-même comme « la bête noire » des conservateurs de musées. et fut dans les années 1950, avec Bernard Buffet, Jean Carzou et Alfred Manessier l'un des peintres français les plus cités et les plus célèbres d'alors.
Dans les années 1920, alors qu'il fréquente les anarchistes du Libertaire, il découvre l'oeuvre d'Edouard Manet et veut devenir peintre. En 1925, il entre à l'atelier de dessin François Ducharne, où il devient maquettiste et dessinateur en soierie. Plus tard, ses créations dans ce domaine habillent des célébrités comme la duchesse de Windsor ou Marlène Dietrich. Puis, sans en avoir jamais suivi de cours de beaux arts pour apprendre son métier ou même d'histoire de l'art, il devient peintre et il fonde le mouvement anti-abstrait « L'Homme témoin de son temps ». La première exposition du groupe a lieu à Paris en 1948. La même année, il partage avec Bernard Buffet le Prix de la critique. Ce dernier participe à la seconde exposition de l'Homme témoin... en 1949. La troisième et dernière a lieu en novembre 1962 devant une assistance très clairsemée. En 1953, il rencontre Domenica Walter-Guillaume qui le met en relation avec le marchand d'art Georges Wildenstein, Edgar Faure, Arthur Honegger et d'autres personnalités très influentes dans ces années là.
Farouche adversaire de l'art abstrait, Lorjou le qualifia dans une lettre ouverte au Président de la République de façon pour le moins"  réactionnaire" « d'imbécile, apatride, vide, art de dégénéré… devenu par la volonté de votre ministre de la Culture, l'ART officiel français ».
Le ministre en question n'était autre qu'André Malraux qui n'apprécia que très moyennement !
Personnage irascible, fantasque et, il faut le dire,  peu sympathique, Lorjou fit circuler en 1977 une Pétition pour la défense de l'Art français et contre le Centre Pompidou qu'il n'hésita pas à qualifier ce qui allait devenir une Institution de l'art contemporain, de " Centre de Merde " parce qu'il représentait pour lui cet art officiel qu'il exécrait particulièrement.
Son style pictutral onirique figuratif est souvent considéré par la critique comme expressionniste tardif.

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mardi 17 avril 2018

Rafael Romero Barros (1832-1895)



Rafael Romero Barros (1832-1895)
Bodegón de naranjas
Museo de las bellas artes de Cordoba, España

Que voit on?  Une belle présentation d'oranges dans tous leurs états : en fleurs, sur l'arbre,  pelées, non pelées, en tranches, en zestes, débitées en quartier, réduites miel et en même en liqueur... Une veritable affiche publicitaire avant la lettre pour toutes les utilisations possibles de ce fruit du soleil.

Rappel biographique : Rafael Romero Barros est un peintre espagnol connu comme paysagiste et peintre de scènes de genre de la campagne espagnole. Il occupa aussi les postes de conservateur-restaurateur dans l'actuel musée des beaux-arts de Cordoue puis de conservateur dans l'actuel musée archéologique et ethnologique de la ville. Il fut aussi le professeur de nombreux peintres célèbres, dont son fils Julio Romero de Torres, largement plus connu que lui et avec lequel on le confond de temps en temps.
Rafael Romero Barros se rattache aux courants du néo-classicisme et du romantisme, mais sa peinture change au fil de sa vie et se rapproche peu à peu du réalisme. Les tableaux peints pendant les dernières années de sa vie révèlent un intérêt pour le naturalisme.  Ses tableaux comprennent principalement des paysages espagnols et des portraits de membres de la noblesse et de la haute bourgeoisie andalouse et aussi  quelques sujets religieux.  De nombreuses toiles de Rafael Romero Barros sont conservées au Musée des beaux-arts de Cordoue où il fit sa carrière.

lundi 16 avril 2018

Gregorio Sciltian (1900-1985) - Natura morta con noci


 Gregorio Sciltian (1900-1985)
Natura morta con noci

 Que voit on ? une noix... fermée, comme un cerveau qui cacherait tant de mystères et de possibilités. 

Rappel biographique :  Gregorio Sciltian est un peintre figuratif russe qui a fait la quasi-totalité de sa carrière en Italie. Il est surtout connu pour ses portraits et ses trompe-l'œil.
Enfant d'une riche famille arménienne, il étudia à l'Académie russe des beaux-arts à Saint-Petersbourg et fut influencé par Audrey Beardsley.
Ses premiers travaux, à Rostov, à seulement quinze ans, portent des traces de la nouvelle avant-garde dite  cubofuturiste.
En Italie, il participe à la deuxième Biennale de Rome en 1925. Le critique Roberto Longhi présente ses œuvres à la Maison des arts Bragaglia. Il souligne la particularité d'une peinture qui reprend la tradition du Caravage avec un réalisme d'une impressionnante fidélité photographique :  " Une perfection « lenticulaire » réalisée avec une matière picturale dense et une technique empruntée à la peinture antique. " 
A partir de ce moment là, le succès de Sciltian ne se dément plus quel que soit le genre pictural qu'il aborde.
Après avoir participé à la Biennale de Venise de 1926, Sciltian s'installa à Paris, où il expose au Salon des Indépendants. Lors d'une exposition personnelle à la Galerie de la Renaissance, une de ses œuvres fut achetée par le Musée du Luxembourg.
En 1928, il participa à l'Exposition de l'Art russe au Palais des beaux-arts de Bruxelles. Une de ses œuvres entra au Musée royal de Belgique. Le thème constant de sa peinture à cette époque est la nature morte traitée en trompe-l'œil.


Il a bénéficié  de plusieurs rétrospectives de son oeuvre de son vivant dont une à Milan en 1980 et la dernière au Musée Pouchkine à Moscou en 1983.

dimanche 15 avril 2018

Immanuel Ibsen (1887–1944) - Still-Life with Oranges

http://astilllifecollection.blogspot.com

Immanuel Ibsen (1887–1944) 
Still-Life with Oranges, 1937 
National Gallery of Denmark

 Biographie : Le peintre danois Immanuel Ibsen (1887-1944) dont il n'existe pas de biographie en français en ligne hormis celle-ci, est pourtant un peintre extrêmement important dans l'histoire de la peinture danoise du 20e siècle dont l' oeuvre a inspiré des artistes contemporains comme Asger Jorn, Erik Hoppe, Ejler Bille ou Jesper Christiansen.
La vie d'Immanuel Ibsen ne fut guère facile et il paya très cher sa première place dans le mouvement moderniste danois. Bien qu'icône des milieux artistes nordiques, surnommé volontiers le "peintre des peintres"  par ses contemporains, ses oeuvres  qu'il commença à peindre à partir de 1930, ne se vendirent quasiment pas de son vivant.  Pour assurer son quotidien, il exerça toute sa vie  durant le métier de peintre des carrosserie dans un garage où il travaillait tous les jours,  reléguant son activité artistique, la nuit à la lumière d'ampoules électriques.   Cette contrainte de lumière artificielle le força à un travail extrêmement précis et sophistiqué sur des couleurs qu'ils devaient imaginer plus que copier.  Il ne peignit pas les arbres, les paysages, la mer ou le  soleil de la nature, mais les minuscules formes qu'il voyait s'agiter dans le monde autour de lui, comme un aveugle peindrait les ombres qu'il percevrait. Et c'est l'usage de  ces couleurs imaginées que certains qualifieront de "couleurs silencieuses" ou de "couleurs mal assorties" qui précisément le rendront si célèbre après sa mort. 
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samedi 14 avril 2018

Alberto Morrocco (1917-1998)


Alberto Morrocco (1917-1998)
Still Life on Black Table, 1986
Private collection

Rappel Biographique : Alberto Morrocco était un artiste et enseignant écossais, surtout connu pour  ses scènes de plage et ses vues de Venise bien qu'il ait aussi peint de très beaux paysages d'Écosse, des natures mortes, des portraits et des intérieurs.
Il a étudié à l'école d'art de Gray sous la direction de Robert Sivell entre 1932 et 1938
Dans les années 1920 et 1930, Braque et Picasso ont  eu une immense influence sur son oeuvre, une influence qui se prolongera tout au long de sa vie. Prisonnier pendant la Seconde Guerre mondiale
Morrocco fut extraordinairement  productif et surtout à la fin de sa vie, produisant certains de ses oeuvres les plus fortes entre1982 à sa mort. Même tard dans sa vie et gravement malade, il s'engagerait à exposer 30 à  40 nouvelles œuvres en un an !

vendredi 13 avril 2018

Luis Egidio Melendez (1716-1780) - Bodegon con bremas, naranjas, ajo y utensilios de cocina

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Luis  Egidio Melendez (1716-1780) 
Bodegon con bremas, naranjas, ajo y utensilios de cocina, 1772

 Que voit-on ? Sur une entablement de bois encombrée d'ustensiles de cuisine en terre cuite vernissée  et en métal et en cuivre (le pilon), comme surgissant des flots d'un torchon blanc  que retiennent deux coings : deux magnifiques dorages argentées aux éclatants reflets,  tout juste sorties de l'onde.  Une splendeur dans le traitement des textures !

Rappel biographique : Le peintre espagnol d'origine napolitaine, Luis Egidio Melendez  a fait carrière presque exclusivement à Madrid. Contemporain de Goya, il  est considéré aujourd'hui comme l’un des meilleurs peintres de natures mortes du 18e siècle, réputation qu'il n'avait pas de son vivant qu'il a passé dans une misère noire. C'est son père, Francisco Meléndez et Louis Michel van Loo (dont il est l'assistant de 1742 à 1748) qui assurent sa formation de peintre.
Le futur  Charles IV d'Espagne lui commanda une grande série de natures mortes, dont une partie importante est conservée au musée du Prado  à Madrid.
Ses toiles peintes dans de petits formats, dans la grande tradition de l'austérité espagnole, n'en foisonnent pas moins d'une minutie des détails. toujours peints avec une absolue perfection. La composition simple et le contraste clair-obscur, s’inscrivent dans la tradition des natures mortes baroques de Zurbaran et de CotanComme eux, Meléndez étudia les effets de lumière, la texture et la couleur des fruits et des légumes, ainsi que celles des récipients en céramique, verre et cuivre ou pailles. À la différence des maîtres du 17e siècle, il présente le sujet plus près du spectateur, en légère plongée. Ce sont des objets disposés sur une table, ce qui donne à ses formes une certaine monumentalité. Le genre permet au spectateur d’étudier l’objet par lui-même. Les fonds sont neutres, et c'est un puissant éclairage qui mettent valeur les contours de l’objet. C’est ainsi qu’il représente le duvet des fruits, les transparences des peaux des raisins, les intérieurs brillants des pastèques et quelquefois les  accidents  présents à la surface des  fruits (comme ici avec les figues vertes). 
Chaque toile de Meléndez est minutieusement composée et fait l'objet d'un mise en scène précise afin de créer  le plus grand réalisme possible. Les « grands thèmes » n’intéressèrent jamais Meléndez qui portent surtout son attention sur les choses de la vie quotidienne,  sur l’observation et l’étude de la nature. Il fut souvent comparé à Chardin, jusqu'à être même parfois surnommé  le « Chardin Espagnol » ce qui est assez stupide eut égard au caractère unique de son style et à tout ce qui différencie ces  deux grands peintres. 

2017 - A Still Life Collection 








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jeudi 12 avril 2018

Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779) - Le bocal d'abricots

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Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779)
 Le bocal d'abricots, 1758
 Art Gallery of Ontario (AGO), Canada

 Que voit on ?  Sur cette nature morte ovale (ou devenue ovale ?) : le bocal d'abricots décrit dans le titre  occupe la place centrale, fermé par un couvercle de papier sulfurisé, noué par une ficelle.  Il est entouré à gauche de trois verres dont deux de vins et un de liqueur incolore (ou d'eau) ; à droite de deux tasses à café en porcelaine dont l'une contient une cuillère, d'un  petit paquet carré ficelé et noué et d'un tambourin à tapisserie. Devant le bocal : le couteau qui marque la perspective et trois morceaux de pain ou de gâteau dont un rond. Une scène que les occupants semblent avoir quitté à la hâte...  Ce Chardin de 57,2 cmx 50, 8cm (non encadré) est entré dans les collections de l'AGO en 1962.

Rappel biographique : Jean-Baptiste-Siméon Chardin est considéré comme l'un des plus grands peintres français et européens du 18e siècle. Célèbre pour ses scènes de genre et ses pastels, il est aussi reconnu pour ses natures mortes dont il reste le maître incontesté. D'après les frères Goncourt, c'est Coypel qui en faisant appel à Chardin pour peindre un fusil dans un tableau de chasse, lui aurait donné le goût pour les natures mortes. A partir du Salon de 1748, Chardin expose de moins en moins de scène de genre, il multiplie désormais les natures mortes. Ce retour à ce type de peinture va durer une vingtaine d'années. Il est difficile de donner des raisons à ce changement de cap. On sait que pendant cette période la vie de Chardin est en pleine mutation. Il se remarie, il reçoit une pension du roi. Il est désormais à l'abri du besoin. Ces deux tableaux de réception à l'Académie Royale de peinture sont tous deux des natures mortes, La Raie et Le Buffet qui se trouvent aujourd'hui au Musée du Louvre (salle 39). Chardin devient ainsi peintre académicien « dans le talent des animaux et des fruits », c'est-à-dire au niveau inférieur de la hiérarchie des genres alors reconnus. Et c'est sans aucun doute Chardin qui va lui donner ses lettres de noblesse et en faire un genre pictural égal, voire même supérieur à bien des égards, aux autres.
Les natures mortes qu'il peindra à partir de 1760 sont assez différentes des premières. Les sujets en sont très variés : gibier, fruits, bouquets de fleurs, pots, bocaux, verres...  Chardin semble s'intéresser davantage aux volumes et à la composition qu'à un vérisme soucieux du détail, ou aux effets de trompe-l'œil. Les couleurs sont moins empâtées. Il est plus attentif aux reflets, à la lumière : il travaille parfois à trois tableaux à la fois devant les mêmes objets, pour capter la lumière du matin, du milieu de journée et de l'après-midi. On peut souvent parler d'impressionnisme avant la lettre.
Chardin cherchait à reproduire la matière, ces fruits semblent aussi vrais que nature, Diderot s'extasiait devant ce réalisme dans son compte-rendu du Salon de 1759 : " Vous prendriez les bouteilles par le goulot si vous aviez soif ". ou encore en 1763, " C'est la nature même; les objets sont hors de la toile et d'une vérité à tromper les yeux. (...)
 Pour regarder les tableaux des autres, il semble que j'ai besoin de me faire les yeux ; pour voir ceux de Chardin, je n'ai qu'à regarder ce que la nature m'a donné et   m'en bien servir ".
" O Chardin ! ce n'est pas du blanc, du rouge, du noir que tu broies sur ta palette: c'est la substance même des objets, c'est l'air et la lumière que tu prends à la pointe de ton pinceau et que tu attaches sur la toile ".

2018 - A Still Life Collection 
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mercredi 11 avril 2018

Achille Laugé (1861-1944) - Fruits

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Achille Laugé (1861-1944) 
Fruits
Musée Petiet, Limoux

Que voit on ?
Se détachant d'un fond blanc, une constante de ce peintre quel que soit le sujet choisi : «  Quatre tons posés par petits points juxtaposés, le bleu, le jaune, le vert et le rouge, des pastels moins vibrants de couleurs... » ( Gerald Schurr)

Rappel biographique : Achille Laugé,  est un peintre et lithographe post-impressionniste français né dans une famille de paysans de l'Aude qui le destinait au métier de pharmacien.   De 1876 à 188, il  fréquente l'école des beaux-arts de Toulouse, en même temps qu'il fait un stage dans une pharmacie de cette ville. Il y fait la connaissance d'Antoine Bourdelle, Henri Martin et Henri Marre.
En 1882, il s'installe au no 13 rue Radziwill à Paris et il entre à l'École nationale supérieure des beaux-arts. Il y est successivement l'élève d'Alexandre Cabanel et de Jean-Paul Laurens jusqu'en 1886. Il y retrouve Bourdelle et rencontre Aristide Maillol qui a pu dire : « C'est Laugé qui m'a appris à mettre un homme debout ». Il entretient une relation amicale toute sa vie avec eux.
Laugé étant pauvre et Bourdelle aussi, ce dernier accepte avec reconnaissance de partager sa mansarde du no 24 rue Bonaparte à Paris. Il partage l'atelier de Maillol, au no 79 rue de Sèvres, et demeure dans la capitale jusqu'en 1888. Pendant cette période de formation, il subit l'influence de Georges Seurat, de Paul Signac et de Camille Pissarro.
Quand il revient dans sa famille, il ne pratique pas la technique apprise aux Beaux-Arts mais adopte la division du ton.
« Laugé aurait pu se contenter de faire partie de ces petits maîtres régionaux aux toiles pittoresques, attachantes parce que caractéristiques de leur terroir natal. Mais il n'est pas passé а côté du grand mouvement qui, dans la suite de l'impressionnisme, bouleverse la peinture à partir de la décennie 1880. L'emploi d'un nombre très restreint de couleurs pures et la touche divisée qui apparaissent dans l'essentiel de son oeuvre évoquent une communauté de recherche picturale avec le néo-impressionnisme. Son orientation vers une nouvelle manière de peindre, associée à une poésie qui lui est propre, fait de lui mieux que le félibre qui chante son Languedoc natal et lui donne la dimension d'un artiste national. »  (Nicole Tanburin)
Vers 1905, constatant l'insuccès de la technique qu'il pratique depuis près de vingt ans et pressé par le besoin, il adopte une manière moins stricte ; avec une pâte plus riche et une touche plus large, il peint avec plus de liberté.

2018 - A Still Life Collection 
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mardi 10 avril 2018

Raoul Hynckes (1893-1973) - De oliekan


Raoul Hynckes (1893-1973) 
De oliekan, 1971

Rappel biographique : Raoul Hynckes  était un peintre hollandais d'origine belge. 
Après ses études en Belgique de 1907 à 1912, à l'Académie des beaux-arts de Bruxelles et à celle de Malines, il se fixe en 1914 aux Pays-Bas. Jusqu'en 1924, il reste impressionniste, puis de 1924 à 1933, ses natures mortes le montrent influencé par le cubisme et, plus particulièrement, l'œuvre de Juan Gris (Nature morte aux verres, 1929, Amsterdam, Stedelijk Museum).
À partir de 1933, il va devenir l'un des principaux représentants, avec Carel Willink et Pyke Koch, du réalisme magique néerlandais, et va privilégier le genre de la nature morte à laquelle se trouve toujours associée une tête de mort. Ses compositions, exécutées avec un rendu scrupuleux, sont marquées à la fois par l'influence de la peinture métaphysique et la représentation du thème traditionnel de la vanité. Son art culmine avec le tableau Chaînes (1934, Rotterdam, Museum Boymans Van Beuningen), qui montre sur la crête d'un mur un récipient dans lequel sont contenus des crânes, et Ex Est (Nature morte à la tête de mort, 1940, Amsterdam, Stedelijk Museum), qui représente dans une trappe d'égout une tête de mort au milieu de détritus : cette composition exprime bien à la fois sa vision tragique du monde et la déchéance de l'humanité.
Raoul Hynckes est présent dans de nombreux musées néerlandais.

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lundi 9 avril 2018

Herman Berserik (1921-2002) - Kweeperen


Herman Berserik (1921-2002) 
Kweeperen, 1982
Private collection 

Que voit)on ? Deux coings sur fond de paysage, l'un des deux  ayant gardé son feuillage qui a terni pendant le murissement  du fruit. 

Rappel biographique : Hermanus  ou Herman Berserik (1921 - 2002) fut un peintre,  illustrateur, imprimeur, réalisateur de documentaire et décorateur de théâtre  néerlandais,  membre du Pulchri Studio à La Haye en 1963. Il a étudié l'art à la Royal Academy of Art de La Haye, avec  Willem Schrofer, Willem Jacob Rozendaal et Rein Draijer.
De 1951 à 1958, il fut membre du groupe Verve.  Entre 1958 et 1978, il  enseigna à l'Académie Royale des Beaux-Arts. Il a également été membre de la Fédération des artistes plasticiens professionnels à Amsterdam. 
Berserik a beaucoup travaillé sur  commande :  affiches,  petits tirages et  illustrations de publicité notamment pour   la compagnie Philips, le PTT (Poste royale néerlandaise) et la compagnie aérienne KLM. Il  a aussi réalisé  plus de 300 couvertures et illustrations de livres. 
En 1959, il réalise un film d'animation sur la construction des Delta Works, en commande des autorités de gestion de l'eau. Entre 1953 et 1976, il a conçoit des costumes et des scènes pour huit productions théâtrales différentes. Berserik a réalisé plus de 1500 peintures, portraits, natures mortes, villes et paysages marins. 
Il a également participé à des réalisations architecturales, en apposant des mosaïques, des bas reliefs et des peintures murales dans le quartier de La Haye où il a passé sa jeunesse. De 1952 jusqu'à sa mort, il a vécu dans une ancienne cabane de jardiniers (construite en 1806) du domaine "De Voorde" à Rijswijk.

dimanche 8 avril 2018

Olaf Rude (1886-1957) - Still life on a floral tablecloth

Olaf Rude (1886-1957) Still life on a floral tablecloth Private collection

Olaf Rude (1886-1957)
Still life on a floral tablecloth
Private collection 

Que voit on ?  sur une table recouverte d'une  nappe a motif de fleurs quatre objets  : un pot à eau blanc et bleu, un plat creux en céramique vernissée, un bol noir et blanc et un pot de fleurs contenant un bouquet de lilas.  Venant interrogé cette quiétude,  posé sur la rebord  droit de la table : un linge vert  dont les tâches et les marques de saleté composent à elle seules un tableau abstrait...

Rappel biographique : Olaf Rude(1886 -1957) est un peintre danois qui a étudié à Copenhague puis fréquente la Kunstnernes Frie Studieskoler, ayant notamment pour professeurs Johan Rohde et Kristian Zahrtmann.
En 1908, il fonde De Tretten, un groupe de jeunes artistes danois qui s'inspire du Salon des refusés pour monter sa propre exposition à Copenhague. En 1911, il se rend  à Paris et apprécie les travaux de Paul Cézanne. De retour au Danemark, il participe à la première exposition réalis"e par le mouvement Grшnningen en 1915. En 1919, il s'installe sur l'île de Bornholm et rejoint la Bornholm school of painters), un regroupement d'artistes dont le thème principal est l'île et ses paysages. Il côtoie également le collectif Fynboerne.
De 1953 et 1956, il enseigne à l'Académie royale des beaux-arts du Danemark.
Ces œuvres sont visibles dans plusieurs grands musées danois et notamment au ARoS Aarhus Kunstmuseum, au Statens Museum for Kunst, au Randers Museum of Art, au Funen's Art Museum, au Bornholm Art Museum, au Sorш Art Museum,  au Ribe Kunstmuseum ainsi que dans plusieurs collections privées à travers le monde. 
 
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samedi 7 avril 2018

Fairfield Porter (1907-1975) - Still life with casserole


Fairfield Porter (1907-1975) 
Still life with casserole 
Smithsonian American Art Museum 

 Que voit on ?  Sur une table ronde  en acajou partiellement recouverte d'un nappe : une fin de repas visiblement en tête a tête puisque sont encore présents sur la table  deux assiettes deux couverts et des verres. La casserole qui donne le titre au tableau est en fait la marmite que l'on aperçoit à l'extrême droite du cadre.  

Rappel biographique : Fairfield Porter était un peintre et critique d'art américain, frère du photographe Eliot Porter. C’est en étudiant à Harvard, que Porter décida de se spécialiser dans les beaux-arts et de poursuivre, après son déménagement à New York en 1928, ses études à l'Art Students League. Son passage à l’Art Students League le formate plus ou moins pour produire un travail réaliste. Il sera d’ailleurs beaucoup critiqué et à la fois vénéré pour s'être obstiné dans ce style réaliste à une époque où  l'expressionniste abstrait battait son plein dans le monde. Les sujets des tableaux de Porter sont principalement des paysages, des intérieurs, quelques natures mortes et beaucoup de portraits. Portraits de famille, portraits d'amis et de collègues artistes, dont beaucoup étaient affiliés à l’école littéraire de New York, comme John Ashbery, Frank O'Hara ou James Schuyler. Un grand nombre de ses peintures ont été réalisées dans ou autour de sa maison estivale de famille à Great Spruce Head Island, dans le Maine et dans sa maison de famille citadine à New York. Sa vision picturale englobe à la fois une réelle fascination pour la nature et la capacité de révéler tout ce qu’il peut y avoir d’exceptionnel dans la vie ordinaire.  Très influencé par les peintres français Pierre Bonnard et Edouard Vuillard, il a même écrit   " Quand je peins, je pense que ce qui peut me satisfaire est d'exprimer au mieux ce que Renoir conseillait à Bonnard : «  Rendre tout plus beau » ".

vendredi 6 avril 2018

Francesco Gimeno (1858-1927)


Francesco Gimeno (1858-1927) 
 Bodegon de Langosta y pescados

Que voit on ? ce que décrit le titre c'est a dire une langouste et des poissons dont un rouget de roche, et une tranche de bonite. Le citron coupé en deux  est ici plus décoratif et gustatif que symbolique de l'amertume de la vie... 

 Rappel biographique : Francisco Gimeno Arasa, également connu sous son nom catalan de  Francesc Gimeno i Arasa,  était un peintre espagnol. Artiste prolifique, il a abordé avec une grande facilité et un égal bonheur  le portrait, la peinture des coutumes et les scènes de genre, et quelques natures mortes.  Excellent peintre de marines il avaient une prédilection pour l'usage de couleurs vives 
Ses œuvres dont aujourd'hui visibles, entre autres, au Musée National d'Art de Catalogne (Barcelone ), au Musée National du Prado à Madrid , au Musée de Montserrat et au Musée de la Bibliothèque Victor Balaguer.

jeudi 5 avril 2018

Eliot Hodgkin (1905-1987) - Three quinces


Eliot Hodgkin (1905-1987)
 Three quinces

Rappel biographique : Le peintre britannique Eliot Hodgkin a réalisé de nombreuses natures mortes de plantes, de fruits, de légumes et d'autres objets inanimés avec une précision digne des grands illustrateurs botaniques des siècles passés. Cette grande précision et le luxe de détails de ces planches l'ont rendu grandement apprécié des botanistes et des scientifiques agissant dans le domaine environnemental. Hodgkin occupe une place réellement à part dans l'histoire de la nature morte au 20e siècle. La Royal Academy of Arts conserve, et aussi plusieurs dessins et tableaux de ce peintre dont l'oeuvre est hommage frontal, obstiné et très figuratif à l'environnement  dans un siècle qui a grandement participé à sa destruction. Après sa mort, plusieurs œuvres de sa collection furent vendues chez Christie's.

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mercredi 4 avril 2018

Miguel de Pret (1595-1644)


Miguel de Pret (1595-1644) 
Racimo de uvas cerralbo
 Museo Cerralbo, Madrid

Que voit-on ? Un seule et unique grappe de raisin blanc suspendue à un fil et décrite avec une précision et une poésie qui saisisse toujours le spectateur un demi millénaire après avoir été peinte. 

Rappel biographique : Miguel de Pret (1595 -1644) était un peintre d'origine flamande né à Anvers et actif à Madrid, spécialisé dans les natures mortes. Une seule et unique nature morte signée de sa main, actuellement conservée dans la collection Abello, à Madrid fut longtemps considérée comme faisant partie de sa production picturale ;  il s’agissait  de Bodegón con cesta de higos, cesta de ciruelas, melón y fruta colgando qui résume toutes les caractéristiques des natures mortes madrilènes de la première moitié du 17e siècle, avec un mise en scène très ordonnée de fruits et légumes et un éclairage généreux et direct qui met en évidence les objets sur un fond noir.  Un style qui rappelle à bien des égards celui de Juan Sanchez Cotan. L’apparition de la signature de Miguel de Pret, à l’occasion d’une radiographie d'une Grappe de raisin blanc du Musée Cerralbo, jusqu’alors attribuée à Juan Fernandez el Labrador, a conduit récemment les experts à reviser les attributions et à créditer Miguel de Pret de plusieurs oeuvres (dont celle présentée ci-dessus) jusqu’alors attribuées à Juan Fernandez el Labrador.  
Cinq oeuvres sont maintenant attribuées de façon certaine à Miguel de Pret. 



mardi 3 avril 2018

Virginia Admiral (1915-2000)


Virginia Admiral (1915-2000)
The red table (1944)
MOMA, New York

Rappel biographique : Virginia Holton Admiral connue aussi sous le nom de Virginia De Niro, fut une peintre et poétesse américaine.  Elle a étudié à l'Art Institute de Chicago sous la direction de Hans Hofmann et fait partie, durant son long séjour à Greenwich Village, du cercle du poète Robert Duncan dont elle fut l'amie intime ainsi que d'Anaïs Nin et de  Kenneth Patchen. Avec Duncan, elle  produisit un numéro du magazine Epitaph  resté célèbre...
Virginia Admiral rencontra le peintre Robert De Niro Senior alors qu'ils étaient tous deux étudiants pendant un cours de peinture de Hans Hofmann à Provincetown. Ils ont d'abord emménagé dans un loft à New York dans East 14th Street, avant de s'installer dans un appartement dans Bleecker Street  à Greenwich Village. Ils se marièrent en décembre 1942. En août 1943, Virginia donna naissance à leur fils, qui deviendra par la suite le célèbre acteur et réalisateur, Robert De Niro Jr.
Virginia  et Robert De Niro Sr. ont divorcé en 1945, mais sont restés très proches tout au long de leur vie et ils purent compter sur leur soutien mutuel jusqu'à la fin de leur existence.
En 1942, Admiral exposa au Springs Salon for Young Artist de  la galerie Art of This Century de Peggy Guggenheim à Manhattan. La même année, elle vendit une peinture au Museum of Modern Art de New York pour 100 $, étant la première de son groupe d'artistes à vendre ainsi une peinture au MOMA. C'est encore Peggy Guggengheim qui fut un de ses grands soutiens, qui organisa sa première  exposition solo dans sa galerie en 1946 avant d'inclure définitivement ses oeuvres dans la collection qu'elle présenta à la Biennale de Venise en 1947.
Les oeuvres de Virgina Admiral se trouvent aujourd'hui  dans les collections permanentes du Metropolitan Museum of Art, du MOMA et la Collection Peggy Guggenheim à Venise.



lundi 2 avril 2018

Paolo Porpora (1617-1673)



Paolo Porpora (1617-1673)
Nature morte avec une chouette et un ibis, 1684
Musée du Louvre Paris

Que voit on ? Il est vrai que si l'auteur de ce tableau n'avait pris le soin de le préciser dans son titre  qu'il s'agissait d'une nature morte,  la composition n'aurait pas grand chose de commun avec ce genre  au sens classique du terme... tous ces animaux vivants, ces grenouilles sautillantes, cette tortue incongrue, ces papillons voletants de ci de là et ces bécasses en villégiature ne sont pas du tout académiques... sans parler de la chouette et de l'ibis !  Heureusement il reste les fleurs et les champignons (un des autres éléments favoris de ce peintre qui en fut un grands spécialistes) pour justifier, si besoin était, le genre de cette composition étrange. Mais besoin n'est point, car le génie de Porpora n'a besoin d'aucune justification ! On notera au passage le détail de la collection de cailloux assemblés dans le lit de le rivière asséchée où l'ibis a eu la bonne idée de poser une patte !

Rappel biographique : Paolo Porpora est un peintre italien de la fin de la période baroque, se rattachant à l'Ecole napolitaine, spécialisé dans les natures mortes. Peu d'informations sur cet artiste assez mystérieux dont on sait cependant qu'il fut l'élève de Giacomo Recco, qui l'employa dans son atelier pour réaliser la partie florale de ses natures mortes.
Comme beaucoup de ses contemporains qui voulaient vivre de leur peinture, Paolo Porpora  fut contraint de peindre des natures mortes à  sujet de gibier ou de poissons, celles qui se vendaient le mieux à son époque.  Porpora ne se contenta cependant pas de ces sujets et s'aventura hors des frontières habituelles du genre en peignant des reptiles, des tortues, des champignons, des oiseaux vivants...
Ce qui rend l'appréciation de l'oeuvre de Porpora difficile n'est pas tant le manque de renseignements biographiques (sa biographie est parfaitement documentée) que le peu de toiles qui soient signées de sa main. En réalité il n'y a qu'une seule !!! C'est le biographe du peintre qui en fournissant du vivant même du peintre, la liste de ses sujets préférés  (« poissons, huîtres, escargots, bulots et coquillages et même des lézards, pigeons et autres créatures de cuisine... "), les lieux où ils ont été entreposés et les commanditaires qui ont permis aux experts d'attribuer les tableaux à Porpora.
On s'aperçoit que cet artiste était vite devenu un  expert reconnu de la représentation des formes de vie animale les plus insolites qu'il mettait presque toujours en scène dans des atmosphères de sous-bois directement inspirées des peintres du nord de l'Europe. C'est le cas du tableau de la collection du Musée Pignatelli de Naples et de ceux qui sont exposés au Musée National du Pays de Galles à Cardiff, ou encore des natures mortes du Musée de Capodimonte, de celles de la collection Chigi à Rome, mais de celles identifiées à Stockholm, à Valence ou même de celle du Louvre à Paris (qui présente des oiseaux vivants dans un sous-bois où poussent des champignons).  
Dans toutes ses peintures, Paolo Porpora s'applique  à décrire les animaux avec une exigence de naturaliste tout en soignant particulièrement le rendu lumineux des détails, faisant preuve d'une grande imagination et d'une délicatesse que les experts n'hésitent pas rapprocher d'une inspiration caravagesque. Les effets chromatiques y sont très appuyés et très caractéristiques de la peinture napolitaine de cette époque. Porpora privilégie la lumière contrastée et le clair-obscur typique  qui caractérise là encore beaucoup de peintres du nord de l'Europe. Dans les peintures de Paolo Porpora, les fleurs occupent presque tout l'espace disponible, anticipant le style baroque typique du siècle suivant. 


dimanche 1 avril 2018

Kishida Ryûsei (1891-1929)


Kishida Ryûsei (1891-1929) 
Courge et aubergines, 1926.

Rappel biographique :  Bien que presque inconnu en Occident, Ryūsei Kishida est considéré au Japon comme l’un des plus grands peintres du 20e siècle. Lié au mouvement Shirakaba (1910-1923), il symbolise, dans les manuels scolaires par exemple, la modernité de l’ère Taishō (1912-1926). Depuis les années 1940, plusieurs grands historiens de l’art japonais moderne ont travaillé sur son œuvre, mettant en évidence la spécificité de son réalisme et sa critique originale des avant-gardes.
En dépit du petit format de ses tableaux, il est l’un des artistes les plus cotés sur le marché nippon.
En 2000, sa toile Reiko un châle sur les épaules (1920) a été adjugée 360 millions de yens, établissant ainsi le record pour une œuvre moderne japonaise.
Parallèlement à la peinture, Ryūsei Kishida a beaucoup écrit tout au long de sa vie. De son vivant, il a publié trois livres de réflexions sur l’art, dont Les débuts de la peinture ukiyoe aux Editions Iwanami (1926). Son journal fournit par ailleurs un extraordinaire témoignage sur la vie des artistes et intellectuels de son époque. Ses œuvres complètes ont été rassemblées en 10 volumes  publiées aux Editions Iwanami (1979-80).