lundi 31 décembre 2018

Nicolas de Stael (1914-1955) - Table rose

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Nicolas de Stael (1914-1955)
Table rose, 1953
Collection privée

Que voit on ? L'effet d'un rayon de soleil sur une table. Huit ou neuf formes objets posés ur une nappe rosie par la lumière du soleil entrant par la fenêtre centrale (orange)...  Dans la partie de la table qui est à l'ombre, la couleur est bleue.  Parmi les objets posés sur la table, on peut deviner -  si tant est qu'il faille deviner quoi que ce soit dans l'abstraction voulue de Nicolas de Staël  - un vase, plusieurs tasses, une assiette ...

Rappel biographique : Le peintre français  d'origine russe Nicolas de Staël, né baron Nicolaï Vladimirovitch Staël von Holstein,  est issu d'une branche cadette de la famille de Staël-Holstein. Plus d'un demi siècle après sa mort, il reste l'un des peintres les plus marquants du 20e siècle posant un problème aux historiens de l'art qui ne savent pas dans quelle catégorie le classer,  ce qui doit le réjouir post mortem, lui qui détestait les catégories et les courants.
La réinvention de la figuration opérée par Staël a été mal comprise alors qu'elle anticipait d'une vingtaine d'année l'évolution générale de l'art. Il a « retrouvé le visible sans renoncer aux possibilités expressives et à la liberté d'action qui définissent la peinture contemporaine»  alors que Paris perd sa place de capitale des arts, dès les années 1960, sous l'effet du marché de l'art et de la surenchère : " on y est devenu incapable de discerner le pastiche de l'original " selon Umberto Eco.
Selon Marcelin Pleynet et Michel Seuphor : « ...il faut tenir compte de Nicolas de Staël, vu et revu souvent avec et travers l'avant-garde américaine de années cinquante. Ces nouveaux mouvements d'abstraction suivent le cheminement de Staël, délaissant la peinture gestuelle pour une peinture brossée, voir maçonnée ».
Peu exposé de son vivant, son œuvre a donné lieu à de nombreuses manifestations posthumes qui ont confirmé sa stature sur le plan international. " Staël fut le plus puissant créateur de sa génération dans l'École de Paris de l'après-guerre, sur laquelle il a exercé une forte influence Il a été le premier à dépasser l'antinomie  abstraction-figuration ".
Nicolas de Staël meurt à 41 ans en se jetant de la terrasse de l'immeuble où il avait son logement et un de ses ateliers à Antibes. L'ensemble de son oeuvre s'étend sur 15 années. Il a peint, à partir de 1952, plusieurs natures mortes dont quelques unes sont aujourd'hui conservées et exposées au Musée Picasso d'Antibes à quelques pas de son ancien atelier.

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dimanche 30 décembre 2018

Luis Egidio Melendez (1716-1780) -Bodegon con tomates y callabacines



Luis Egidio Melendez (1716-1780)
Bodegon con tomates y callabacines
Private  owner - Sotheby's New York, 27 janv. 2011, lot 197.

 Que voit on ?  Posés  à même un entablement de bois où l'on peut voir plusieurs entailles de couteau  et  dans un grand compotier en céramique vernissée : des tomates, des aubergines et des oignons.  C'est exactement ce que décrit  le titre à quoi s'ajoute ce qu'il ne décrit pas : un extraordinaire éloge de la rondeur et des formes ourlées qui ajoute à cette composition un contenu érotique évident !
Du point de vue scientifique, on  notera que la variété de tomates représentée, après avoir disparue pendant tout le 19 et le 20e siècle est réapparue  sur les étales il y a une quinzaine d'années, sous l'appellation générique de "tomates anciennes". Par contre, ce type 'e minuscule aubergine encore entourée des pétales de sa fleur ne se consomme plus du tout de cette façon, au point qu'elles ont  céder la place aux aubergines massives que nous connaissons. aujourd'hui..  de même pour cette variété d'oignons aux stries verticales très profondément marquées.

Rappel biographique :  Luis Egidio Melendez, peintre espagnol d'origine napolitaine, a fait carrière presque exclusivement à Madrid. Contemporain de Goya, il  est considéré aujourd'hui comme l’un des meilleurs peintres de natures mortes du 18e siècle, réputation qu'il n'avait pas de son vivant qu'il a passé dans une misère absolue. C'est son père, Francisco Meléndez et Louis-Michel van Loo (dont il est l'assistant de 1742 à 1748) qui assurent sa formation de peintre.
Le futur  Charles IV d'Espagne lui commanda une grande série de natures mortes, dont une partie importante est conservée au musée du Prado  à Madrid.
Ses toiles peintes dans de petits formats, dans la grande tradition de l'austérité espagnole, n'en foisonnent pas moins d'une minutie des détails. toujours peints avec une absolue perfection. La composition simple et le contraste clair-obscur, s’inscrivent dans la tradition des natures mortes baroques de Zurbaran et de CotanComme eux, Meléndez étudia les effets de lumière, la texture et la couleur des fruits et des légumes, ainsi que celles des récipients en céramique, verre et cuivre ou pailles. À la différence des maîtres du 17e siècle, il présente le sujet plus près du spectateur, en légère plongée. Ce sont des objets disposés sur une table, ce qui donne à ses formes une certaine monumentalité. Le genre permet au spectateur d’étudier l’objet par lui-même. Les fonds sont neutres, et c'est un puissant éclairage qui mettent valeur les contours de l’objet. C’est ainsi qu’il représente le duvet des fruits, les transparences des peaux des raisins, les intérieurs brillants des pastèques et quelquefois les  accidents  présents à la surface des  fruits (comme ici avec les figues vertes). 
Chaque toile de Meléndez est minutieusement composée et fait l'objet d'un mise en scène précise afin de créer  le plus grand réalisme possible. Les « grands thèmes » n’intéressèrent jamais Meléndez qui portent surtout son attention sur les choses de la vie quotidienne,  sur l’observation et l’étude de la nature. Il fut souvent comparé à Chardin, jusqu'à être même parfois surnommé  le « Chardin Espagnol » ce qui est assez stupide eut égard au caractère unique de son style et à tout ce qui différencie ces  deux grands peintres. 
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samedi 29 décembre 2018

Olle Hjortzberg (1872-1959) - Still life

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Olle Hjortzberg (1872-1959) 
Still life.
Private owner 

Rappel biographique : Gustaf Olof (Olle) Hjortzberg était un peintre et illustrateur suédois surtout connu pour ses  fresques murales dans les églises suédoises, un genre au renouveau duquel il a largement contribué. À partir de 1892, il étudie à l' Académie royale des arts de Suède. Après son mariage en 1898, il voyage avec sa femme à Paris et, en 1899, en Italie où il se rend à Florence et à Pérouse. Il s'est ensuite rendu en Syrie et en Palestine, où l'environnement oriental a influencé son art. En 1902, il visite Londres avant de retourner en Italie où il séjourne quelques temps à Rome où  il étudie les maîtres anciens avant de se rendre à Ravenne pour découvrir l'art byzantin.
En 1905, il rentre en Suède où il se consacre  presque exclusivement à l'art religieux (chrétien en particulier) concevant des vitraux pour l' église Katarina de Stockholm, puis décorant le plafond de l' église Klara avec des scènes de la vie du Christ.
Hjortzberg a également été un  illustrateur actif en contribuant à la Bible de Gustav V (publiée en 1925), en créant une affiche pour les Jeux olympiques de Stockholm (1912) et en concevant des timbres commémoratifs. Il a enseigné à l'Académie de 1911 à 1937 et a été directeur jusqu'en 1941.
Son oeuvre compte quelques natures mortes où il explore le thème de la transparence et de la diversité des textures.

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vendredi 28 décembre 2018

Ilya Ivanovich Mashkov (1881-1944) Nature morte aux Poissons



Ilya Ivanovich Mashkov(1881-1944)
Nature morte aux Poissons, 1910
National Art Gallery of Armenia, Erevan

 Que voit on ?  Des poissons qui sèchent au bout d'un fil et deux autres  belles pièces dont un esturgeon  prêt à être accommodé soit en brochettes de poissons (une spécialité arménienne) soit avec toutes sortes de légumes curieusement alignés "en rang d'oignons", selon l'expression consacrée, au premier plan de la composition !

Rappel biographique : Ilia Ivanovitch Machkov (Илья́ Ива́нович Машко́в) fut l'un des fondateurs en 1910, avec Robert Falk, Piotr Kontchalovski et Aristarkh Lentoulov, du groupe artistique moscovite du Valet de Carreau (1910-1913) . Machkov fut aussi un des créateurs de l'association « Mir Iskousstva » à partir de 1916. Il est une des figures majeures de l'Avant garde russe. 
Machkov aime par-dessus tout la couleur, toujours chaude, ardente et s'intéresse en même temps au dessin et à la simplification des formes. Les contours des sujets sont épais, les motifs sont décoratifs. Ses tableaux sont des portraits  et des beaucoup de natures mortes à sujets fort simples (des fruits, des pains...)  qui lui fournissent l'occasion de donner corps à  ses recherches abstraites dans le domaine de la couleur et de la forme. Les expositions du Valet de Carreau  lui fournissent l'opportunité de présenter les fruits des nouvelles expériences picturales. Les influences sont diverses : Primitivisme, expressionnisme, cubisme.... Devenu très influent, bien avant 1917, où il intéressait déjà les milieux artistiques conservateurs tsarites, il  ouvrit après la Révolution, à Moscou, un atelier où il enseigna lui-même la peinture. Parmi ses élèves figurent : Vera Rockline (qui peignit souvent des nus), Pavel Sokolov Skalia, l'Ukrainien Alexis Gritchenko.
Machkov meurt en 1944 dans sa datcha d'Abramtsevo non sans avoir reçu la distinction d' Artiste émérite de la République socialiste fédérative soviétique de Russie.

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jeudi 27 décembre 2018

Louyse Moillon (1610-1696) Nature morte de pêches sur un plat

Louyse Moillon (1610-1696) Nature morte de pêches sur un plat,  peintre française

Louyse Moillon (1610-1696)
Nature morte de pêches sur un plat
Collection Privée 

Que voit on ?  Posé sur un étui en bois : un plat en argent à larges bords, contenant une bonne douzaine de pêches, leurs branches et leurs feuillages. Certaines ont reçu des impacts en tombant au sol ou sous le bec de oiseaux...  D'autres, fardées d'une poudre bleuâtre, trahissant la moisissure,  commencent à pourrir, rappelant au spectateur qu'il faut se hâter de saisir la beauté avant qu'elle ne trépasse... On note le subtil reflet des fruits sur le rebord du plat en argent, attestant du talent  incomparable de Louyse Moillon. qui a peint de nombreuses natures mortes sur ce thème du plateau de pêches.

Rappel Biographique : Louyse Moillon, est l'une des rares femmes peintres du XVIIe siècle français dont l’œuvre est aujourd'hui bien identifiée, la signature et la datation de ses tableaux ayant permis qu'elle échappe à l'anonymat. Depuis la redécouverte de l'artiste en 1934 lors de l'exposition des Peintres de la réalité en France au XVIIe siècle au musée de l'Orangerie, la reconnaissance de son art est longtemps restée tributaire des préjugés envers les femmes peintres. La réhabilitation de l'artiste à la fin des années 1970 est liée à l'intérêt nouveau porté aux femmes peintres et, depuis 2009, à la publication du catalogue raisonné de son œuvre par Dominique Alsina. Répertoriant précisément 69 tableaux, il replace l'artiste dans le contexte de "La nature morte au Grand Siècle" au même rang que ses contemporains masculins, Jacques Linard (1597-1645), Nicolas Baudesson (1611-1680) ou Lubin Baugin (1612-1663). Equilibre et stabilité sont les fondements des compositions de Louyse Moillon, fidèles à un schéma répétitif centré sur des corbeilles ou des paniers de fruits, posés sur une table ou une margelle, dépeints en légère contre-plongée, dans un cadrage resserré et sur un fond sombre. Le réalisme minutieux de ses œuvres, une touche précise, des coloris pleins et le rendu du velouté ou de la transparence des fruits témoignent de la maîtrise du métier, hérité de l'art flamand et acquis en côtoyant la colonie des peintres hollandais de Saint-Germain. Après la mort, de son père, Nicolas, peintre lui aussi, alors qu'elle a seulement 9 ans, sa mère se remarie avec le peintre protestant de natures mortes, François Garnier, dont le titre de « bourgeois de Paris » laisse supposer une situation prospère. Il est aussi marchand de tableaux lié au milieu de Saint-Germain-des-Prés. La fillette qui a entamé sa formation auprès de son père défunt la poursuit avec son beau-père, dont on reconnait nettement l'influence dans ses œuvres.

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mercredi 26 décembre 2018

Antoni Clavé (1913 - 2005) - Nature morte et pichet


Antoni Clavé (1913 - 2005)
Nature morte et pichet
Collection Privée 

Que voit on  ? Sur un entablement noir, se détachant sur un fond bleu pâle : un pichet en céramique vernissée à motifs de décoration florale provençale assez proche des céramiques de Picasso,  posé à côté d'une corbeille de fruits contenant des poires, des raisins et des pêches. A même l'entablement : une poire, une pêche coupée en deux et deux mirabelles. L'ensemble est délibérément décliné dans une tonalité majoritairement bleue agrémentée de quelques touches de sa complémentaire le jaune.  

Rappel biographique  : Antoni Clavé est un peintre espagnol d'origine Catalane. Dès 1928,  il peint le portrait de sa grand-mère alors qu'il apprend à copier des toiles de Vélasquez pour l'entreprise de peinture en bâtiment dans laquelle il travaille. En 1931, il remporte le deuxième prix d'un concours d'affiche de la Caisse d'Epargne de Barcelone et, deux ans plus tard, il abandonne la peinture en bâtiment pour vivre de ses dessins, de travaux de décoration et d'affiches de cinéma. Il se fait rapidement un nom dans cette spécialité. Ses amis sont alors Emilio Grau Sala, Apelles Fenosa, Manolo. Clavé admire tout particulièrement les primitifs catalans.
Un an après le début de la guerre civile espagnole, Clavé est mobilisé sur le front républicain d'Aragon, comme  fantassin dessinateur. En janvier 1939, il est contraint de suivre la retraite de l'armée républicaine et il franchit la frontière française. Il est interné au camp des Haras à Perpignan dont il sort grâce à l'intervention d'un ami peintre perpignanais. Cette même année, il réalise sa première exposition chez Vivan, une pâtisserie-salon de thé de Perpignan.
Le 5 avril 1939, il quitte Perpignan pour Paris où il vit de travaux d'illustration pour l'édition tout en poursuivant la peinture dans un style alors influencé par Bonnard et Vuillard.  En 1941, il installe son premier atelier et il rencontre Pablo Picasso en 1944, qui est une révélation pour lui.
Le 9 juillet 1945, Il participe а la fondation du Casal de Catalunya de Paris.
А l'instar de Picasso, Antoni Clavé a été très inspiré par la corrida. Sur ce sujet, il a produit un grand nombre de lithographies, notamment pour le chorégraphe Boris Kochno. Ses décors de théâtre et de ballet connaissent  dès  un succès considérable.  Au début des années 1950, il travaille sans discontinuer pour le chorégraphe Roland Petit mais tout d'un coup en 1954, il décide d'arrêter la peinture décorative. А partir de ce moment, Clavé n'acceptera plus de nouvelles commandes pour le théâtre.
Il installe un  nouvel atelier au no 4 rue de Châtillon à Paris et y travaille avec acharnement.  А la fin des années 1950  dans un style inclassable, ni figuratif, ni abstrait mais qui flirte avec les deux à la fois, Clavé connait un succès considérable. Mais en 1963, il s'interroge ç nouveau  : il a cinquante ans, une œuvre considérable, est célèbre en France, aux Etats-Unis, au Japon et dans le monde entier, et cela loin de le rassurer, l'inquiète. Il décide alors de quitter Paris et la société qui y fait la mode notamment dans le monde du spectacle.
En 1965 il s'installe à Saint-Tropez qui est alors un petit port de pêche encore assez tranquille, même si pas tout a fait a l'écart des mouvements de la mode !  Il y construit un atelier et une maison au Cap Saint-Pierre qu'il décore avec un soin méticuleux, aidée de sa femme Madeleine.  C'est dans cet atelier qu'il composa ses plus grandes toiles.
En 1977, il expose ses premiers trompe-l'oeil. En 1978, le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris lui consacre une rétrospective et le tout jeune Centre Pompidou  expose ses autres œuvres « en marge de la peinture » . La Biennale de Venise de 1984, expose plus de cent  œuvres de Clavé au Pavillon espagnol !  Puis ce peintre qui est tout sauf mondain et que la consécration effraie définitivement, va déserter le monde de l'art et s'isoler jusqu'au son décès en 2005.
En 2007, une exposition César/Clavé a été présentée à Montélimar.  En 2013, pour le centenaire de sa naissance, la Fundaciyn Vila Casas а Barcelone  a organisé une rétrospective de son œuvre.
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mardi 25 décembre 2018

Andrew Wyeth (1917-2009) - Kettle Christina


Andrew Wyeth (1917-2009)
Kettle Christina, 1968 
Watercolor, Pencil, Paper 
Private collection.


Rappel biographique : Le peintre aquarelliste américain Andrew Newell Wyeth, classé parmi les peintres « régionalistes » et réalistes américains est issu d'une dynastie d'artistes dont son propre père  Newell Convers Wyeth (1882-1945), illustrateur connu qui fréquenta des célébrités de son temps comme Francis Scott Fitzgerald et Mary Pickford. Décidant de ne pas confronter son fils aux systèmes de l'éducation nationale ou privée, c'est lui même qui se charge de son éducation à la maison, l’initie à l’art, et tout particulièrement à l'art du paysage rural américain. À cette époque, il admire et est sensible à l'œuvre du peintre Winslow Homer. Plus tard, il apprend à maîtriser les techniques associées à l’aquarelle à base d'œuf, la tempera.
Andrew Wyeth commence à peindre dans des nuances de bruns et de gris seulement. Il s’inspire de son entourage pour réaliser ses tableaux. Ses sujets préférés sont la terre et les habitants de sa ville natale, ainsi que ses proches. Sa grande maîtrise picturale lui permet de montrer sa réflexion mélancolique sur le temps qui passe et la faillibilité humaine.
Son fils Jamie, né en1946, est également un peintre et portraitiste reconnu.

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lundi 24 décembre 2018

Henri Fantin-Latour (1836-1904) - Tasse et soucoupe blanche·

Henri Fantin-Latour (1836-1904),  Tasse et soucoupe blanche,·  Collection privée

Henri Fantin-Latour (1836-1904)
Tasse et soucoupe blanche
Collection privée 

Que voit on?  Un thème traité à plusieurs reprises par Fantin Latour,  celui de la tasse a café et notamment dans le tableau de la National Gallery Coupe de Champagne, Gobelet en argent  et Tasse à Café . Ici le peintre isole le sujet de la tasse à café et de lui donner une importance proche ce celle d'un portrait ! 

Rappel biographique : le peintre et lithographe français  Henri Fantin-Latour était plus connu  de son vivant pour ses portraits de femmes, ses portraits de groupes dont il rénova le style compassé et  pour ses peintures allégoriques que pour ses natures mortes, pourtant admirables.
Aujourd'hui c'est exactement le contraire  ! Membre du groupe dit « de 1863  », puis du Cénacle des Batignolles où l'Impressionnisme serait né, Fantin-Latour fait souvent figure de chaînon entre la peinture romantique et l'impressionnisme.  Ses natures mortes, fleurs ou fruits, ont souvent trouvé acquéreur grâce à son ami Whistler qui a attiré l'attention en Angleterre sur Fantin, à une époque où la peinture impressionniste française était peu appréciée dans ce pays.

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dimanche 23 décembre 2018

Ernst Ludwig Kirchner (1880-1938) - Nature morte au pichet


Ernst Ludwig Kirchner  (1880-1938)
Nature morte au pichet, 1912 
oil on canvas 
Von der Heydt -Museum Wuppertal.

Le peintre expressionniste allemand Ernst Ludwig Kirchner est l'un des fondateurs de l’association Die Brücke (le Pont), dont le programme est rédigé en 1906. Ces artistes ne se réclament d'aucune influence, même si Kirchner découvre le concept de « dessin rapide » chez d'autres peintres contemporains, et se réfère au Moyen Âge allemand, aux dessins de Rembrandt, à l'art japonais.
En 1911, Ernst Kirchner s'installe à Berlin. Il y peint de nombreuses scènes de rue et de la vie nocturne. Il y rencontre Erna Schilling, une danseuse de cabaret, qui devient son modèle puis sa compagne, jusqu'à sa mort. Il se délasse de la vie berlinoise en faisant de fréquents séjours à l'île de Fehmarn, découverte en 1908. Il y peint souvent des corps de baigneurs nus, insérés dans un ordre cosmique de vagues, de nuages et de végétation, s'opposant à l'univers de la grande ville.
En 1937, les nazis déclarent son art dégénéré et beaucoup de ses toiles sont détruites.
 Il se suicide en 1938.
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samedi 22 décembre 2018

Diego Rivera (1886-1957) - Still Life 1918


Diego Rivera (1886-1957) 
Still Life, 1918
Private collection 

Que voit on ? Un traitement qui flirte avec le cubisme sans encore l'aborder franchement, comme le fera plus tard ce peintre. C'est une nature morte d'objets, posés sur une table en bois dont on discerne très nettement les veines.  Sur la table : un pot à eau en porcelaine blanche, une cruche espagnole en terre cuite à deux embouts, une bouteille de vin à moitié pleine qui s'évase curieusement vers sa base, un verre vide qui s'évase curieusement vers le haut, un bol en céramique vernissé contenant des cerises et deux pêches, enfin un couteau sur le bord droit de la composition, dans la tradition des natures mortes de l'âge d'or hollandais.

Rappel biographique : Diego Rivera est un peintre mexicain. Bien qu'il ait tout au long de sa vie pratiqué la peinture de chevalet, Rivera est mondialement connu pour ses peintures murales, réalisées au Mexique, principalement à Mexico, et aux Etats-Unis. Ses peintures murales sont indissociables de ses convictions socialistes et de sa fascination pour le passé préhispanique du Mexique.
Il est aussi célèbre pour sa  relation tumultueuse avec l'artiste Frida Kahlo.

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vendredi 21 décembre 2018

Georges Bouche (1874-1941) - Les sardines



Georges Bouche (1874-1941)
Les sardines
Collection privée

Que voit on ? Deux sardines sans têtes et une avec tête,  posées sur un papier kraft de poissonnier gisant  à côté d'une salade... un retour de marché  très coloré pour ce peintre habituellement tenté par la monochromie.

Rappel biographique :  le peintre français, Georges Bouche commence à peindre dès l’âge de quatorze ans des petites toiles ;  il voue à ce moment là une admiration enthousiaste au peintre paysagiste lyonnais Louis-Hilaire Carrand (1821-1899) qu'il rencontre à la fin de sa vie, alors que celui-ci mène une existence misérable.  L'influence de ce très grand peintre proche de l'Ecole de Barbizon lui-même très influencé par Gustave Moreau se fera sentir de façon indélébile sur tout l'oeuvre de Georges Bouche.
D’abord élève d’architecture à l’Ecole des Beaux-Arts de Lyon, Bouche quitte sa ville natale et s’installe à Paris où il rencontre Pierre Laprade avec qui il se lie d’amitié et fonde un atelier commun. Les styles de l'un et l'autre sont pour un temps très entremêlés jusqu'au moment où, découvert par  le marchand Ambroise Vollard Laprade quitte l’atelier.
Georges Bouche épouse alors la peintre Emilie Charmy et continue à travailler seul, réagissant contre les facilités d’harmonies des Post-Impressionnistes et des Fauves, s’attachant à prouver que les excès de couleur risquent de tuer la lumière. A travers une pâte rugueuse, il obtient un effet de légèreté et de transparence inégalée dans le domaine de la peinture si ce n'est pas  Alberto Giacometti quelques années plus tard. En 1902, il expose pour la première fois et participe régulièrement au Salon d’automne, au Salon des indépendants et à la Nationale. Il est représenté à l’exposition des « Maîtres indépendants 1895-1937 » au Petit Palais de Paris.
Lorsqu’il rencontre le succès, Georges Bouche est au seuil de la mort. L’exposition de 1939 à Paris est la dernière de son vivant. Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, le peintre se retire dans sa propriété d’Auvergne où il décède peut de temps après. Son oeuvre  magnifique est depuis son décès demeurée dans un oubli aussi injuste qu'incompréhensible, car il s 'agit là d'un très grand peintre du 20e siècle.

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jeudi 20 décembre 2018

Théodule Augustin Ribot (1823-1891) - Nature morte avec oeufs, gousse d'ail et jarre en céramique


Théodule-Augustin Ribot (1823-1891)
Nature morte avec oeufs,  gousse d'ail et jarre en céramique
Huile sur toile
Collection Privée

Que voit on?  Ce que l'on pourrait prendre pour des pommes de terre sont, d'après le titre du tableau, des oeufs ...de forme peu régulière, ce que les étals des supermarchés et les exigences de la grande distribution contemporaine en matière de calibrage nous ont fait oublier mais qui fut et qui est encore dans les basses cours, une réalité ; les oeufs en effet ne sont pas forcement tous d'un oval  parfait...  Cette  " nature morte de cuisine ", un genre à part entière inauguré par Chardin,  en rend parfaitement compte avec la modestie et le talent très  particulier de ce peintre qui fut un grand peintre du quotidien et du monde paysan français.

Rappel biographique : Théodule Augustin  Ribot, à ne pas pas confondre avec son fils Gerrmain (1845-1893) lui même peintre reconnu, fut un aquafortiste, aquarelliste et peintre réaliste français.
Se destinant à la carrière artistique, apres des études d'ingénieur, il entra à l’école des arts et métiers de Châlons, lorsque la mort de son père, en 1840, le força à demander des ressources à l’industrie. Il en trouva pour assurer la subsistance de sa mère et  de ses sœurs, en devenant peintre de stores chez un décorateur puis peintre de bordures pour un fabricant de miroir ! En 1845,  il se rend à Paris  où il est employé comme commis d’atelier tout en étudiant dans l’atelier du peintre Auguste-Barthélemy Glaize et commence a rencontrer tous les peintres  parisiens de la bohême de son époque.
Après un séjour de trois ans en Algérie pour surveiller et diriger des constructions, il revient à Paris en 1851, et subsiste en exécutant des dessins industriels et des copies d’Antoine Watteau destinés aux États-Unis le jour, et en peignant "pour lui-même" la nuit.
Il figura au Salon à  partir de 1861,  avec six toiles d’intérieur de cuisine et de basse-cour qui le firent immédiatement connaître du grand public et devinrent un peu sa marque de fabrique.
Théodule Ribot, qui a aussi peint des scènes historiques, des compositions religieuses, des portraits et des scènes de genre. Il fut  l'ami de Fantin Latour, Eugène Boudin, Jules Bastien-Lepage, Pierre Puvis de Chavannes, Auguste Rodin et Claude Monet  qui alors qu'il était affaibli par la maladie en 1884  donnèrent un banquet en son honneur et lui offrirent une médaille gravée de l’inscription : « À Théodule Ribot, artiste indépendant ». Nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1878, il fut promu officier en 1887.
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mercredi 19 décembre 2018

Pierre-Auguste Renoir (1841-1919) - Citrons et orange



Pierre-Auguste Renoir (1841-1919) 
Citrons et orange, c. 1913. 
Oil on canvas, (23.5 x 31.6 cm). 
The Barnes Foundation

Que voit on ? Dans la touche particulière  de Renoir  ces agrumes et une de leur fleur saisis dans un sorte de brume picturale qui définira aussi pour certains le style impressionniste.

Rappel biographique 
: L'un des plus célèbres peintres français, 
Pierre-Auguste Renoir, membre éminent s'il en est du mouvement impressionniste a peint beaucoup de natures mortes, comme l'ensemble de ses collègues impressionnistes d'ailleurs qui ont participé au renouveau de ce genre vieux de plus de 3000 ans.  Au début de sa carrière, ses natures mortes s'inspirent beaucoup de celles de Courbet avant d'imposer le style unique que l'on connait. La dernière toile qu'il aurait voulut peindre serait une nature morte florale. Sur son lit de mort, Renoir aurait demandé une toile et des pinceaux pour peindre le bouquet de fleurs qui se trouvait sur le rebord de la fenêtre. En rendant pour la dernière fois ses pinceaux à l'infirmière il aurait déclaré : « Je crois que je commence à y comprendre quelque chose ».
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mardi 18 décembre 2018

Ben-Zion Weinman (1897-1987) - Bowl of Apples



Ben-Zion Weinman (1897-1987)
Bowl of Apples
Private collection

Que voit on  ?  Une aquarelle représentant dans des couleurs très vives un gros saladier  rempli de pommes,  posé sur le rebord d'une chaise peinte en vert.

Rappel biographique : Le peintre Ben-Zion (Benzion Weinman) faisait partie du groupe "The Ten", un groupe de jeunes artistes actif a partir des années 1940 aux Etats Unis.  Né en Ukraine, Weinman est arrivé aux États-Unis en 1920. Autodidacte, il s'est fait connaitre pour des gravures et aquarelles d'inspiration bibliques exécutées dans  un style figuratif où entrait une part d'abstraction.
Ben-Zion  reçu  d'ailleurs un prix du Congrès juif américain pour ces œuvres qui font aujourd'hui partie   des collections du Metropolitan Museum of Art et du MOMA de New York.
 Poète et écrivain, Ben-Zion a cessé d'utiliser la langue hébraïque au moment où la réalité de l'Holocauste devenait évidente : " Ecrire dans "le langage des martyrs" m' était devenu "impensable" dira-t-il.Il ne peignit pourtant  jamais directement les horreurs des années  40, mais se contenta de défendre une vision humaniste  de la société avec toujours un forte présence sacrée.
Ben-Sion  résumait  souvent son oeuvre en paraphrasant dans ses propres mots,  le roi David : "  C'est un son léger comme le plus fin des fils  qui m’accompagne dans les ténèbres de l’abîme. Que Dieu nous garde si ce fil devait se rompre ".

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lundi 17 décembre 2018

Constantin Gorbatov (1976-1945) - Still life by the window in Capri



Constantin Gorbatov (1976-1945)  
Still life by the window in Capri 
Private owner

 Que voit-on ? Un hommage ensoleillé et subtil au jeu des ombres et des lumières de l'Italie et à l'atmosphère magique de Capri. Cette nature morte met en scène à peu près toutes les sortes de  cucurbitacées que l'on peut trouver, de la citrouille à  la courge,  toujours appréciées des peintres pour la variété des couleurs et des textures qu'elles offrent. 

Rappel biographique : Constantin Ivanovitch Gorbatov (Константин Иванович Горбатов) est un peintre post-impressionniste russe.  En 1895, il entre  à l'École centrale de dessin technique du baron Stieglitz à Saint-Pétersbourg, puis il est admis en 1896 au département de construction de l'École polytechnique de Riga et continue d'étudier la peinture à l'atelier de John Clark.
En 1912, Gorbatov s'installe  à Rome en tant que pensionnaire de l'académie des arts. Il travaille d'abord dans la Ville éternelle, puis à l'invitation de Gorki, travaille chez lui à Capri. Il y rencontre des artistes russes dont Brodsky.  Sa carrière de peintre  russe commence alors sous les meilleurs augures, mais La révolution russe et la guerre civile qui s'ensuit mettent un terme à cette carrière. Il lui devient impossible de vendre ses tableaux. et c'est péniblement qu'il  parvient à quitter la Russie en 1922 avec sa femme Olga.
Il s'installe d'abord en Italie à Capri où il demeure jusqu'en 1926 tout en faisant des voyages en Europe. Il déménage finalement à Berlin en 1926 où vit une importante population d'exilés russes. Grâce à sa clientèle, il peut se permettre de voyager en Finlande, à Londres et même en Palestine et en Syrie (1934-1935). Tous les ans, il se rend en Italie.
Ses tableaux rencontrent un certain succès auprès de sa clientèle allemande et, en comparaison avec d'autres artistes russes émigrés, il peut vivre dans une certaine aisance. La galerie Abels de Cologne lui organise une exposition personnelle en mai 1931.
L'arrivée au pouvoir du parti national-socialiste impose une esthétique nouvelle et les travaux de Gorbatov sont rapidement considérés comme démodés. Lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate, il lui est interdit, en tant qu'émigré russe, de quitter le territoire allemand et il doit se rendre deux fois par semaine à la police locale pour signaler sa présence. À la fin de la guerre, les Gorbatov sont dans une situation de grande misère, ainsi que la plupart des Berlinois ; mais de plus il est malade. Il s'éteint à Berlin, le 24 mai 1945, peu après la chute du régime et la fin de la guerre.
Sa femme se suicide le 17 juin suivant.
Après leur mort, un officier soviétique à qui l'appartement des Gorbatov avait été attribué, transmet aux autorités du commandement de Berlin le testament de l'artiste ainsi que sa collection de tableaux qui s'y trouvait. Le testament de Gorbatov stipulait : « J'écris cette lettre dans un moment tragique, quand la mort menace tous ceux qui vivent à Berlin. Je demande qu'après la guerre tous mes tableaux soient transférés en l'état à l'académie des arts de Léningrad. »
Ses dernières volontés ont été respectées et ses tableaux sont aujourd'hui conservés à la demande de l'académie des arts au musée d'art régional de la Nouvelle-Jérusalem, près de Moscou.
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dimanche 16 décembre 2018

John Ruskin (1819 - 1900) - A Study of modern Danish Porcelain


John Ruskin (1819 - 1900)  
A Study of modern Danish Porcelain, c. 1871 
watercolour over graphite on wove paper 
Ashmolean Museum - University of Oxford 

Que voit on ? La splendeur unique, presque surréaliste de cette petite pièce d'un type de porcelaine danoise  appélée "Muselmalet " fabriquée par Royal Copenhagen, ses reflets, ses transparences...  Ruskin qui n'aimait rien tant que peindre des objets isolés, transforme cette aquarelle en ode à la vacuité.   

Rappel biographique : John Ruskin fut un écrivain, poète, peintre et critique d'art britannique.
Fils unique d'une riche famille, il fut éduqué à domicile, avec une insistance particulière sur l'art et la religion. Il poursuivit son éducation en dilettante, en tant qu'auditeur libre à Oxford. Malgré des problèmes de santé, il y obtint son MA en 1843. Surtout, il s'y lia d'amitié avec nombre d'intellectuels. Il fut publié dès son adolescence. Grâce а la fortune de sa famille, il put consacrer sa vie à l'écriture. Il devint rapidement célèbre dans les années 1840 grâce à son travail de critique dans Modern Painters (1843 à 1860) où il proposait une nouvelle façon d'appréhender l'art. Il écrivit ensuite The Seven Lamps of Architecture en 1849 et surtout The Stones of Venice en 1853. Il fit aussi passer ses idées par l'enseignement. Il participa à la création de l'University Museum, donna des cours de dessin au Working Men's College, un établissement de formation continue fondé par ses amis socialistes chrétiens. Il en donna aussi dans une école pour jeunes filles et par correspondance. En 1870, il devint le premier titulaire de la chaire Slade à Oxford.
Son mariage avec Effie Gray annulé pour non-consommation continue à alimenter de nos jours des légendes nombreuses et des suppositions sur l'homosexualité contrariée de Ruskin. Effie épousa très vite le peintre John Everett Millais, un membre du mouvement préraphaélite dont Ruskin fut le mécène et le soutien après s'être engagé pour Turner. Grâce aux cours de dessin qu'il reçut lors de son enfance, avec James Duffield Harding par exemple, John Ruskin fut un dessinateur de talent. Même s'il ne se considéra jamais comme un artiste en tant que tel ou exposa peu, il produisit quelques toiles et aquarelles. Il fut ainsi élu membre honoraire de la Royal Watercolour Society en 1873.

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samedi 15 décembre 2018

Alfred-Henry Maurer (1868-1932) - Still Life with Artichoke and Bread




Alfred-Henry Maurer (1868-1932)
 Still Life with Artichoke and Bread, 1929-30
 The Phillips Collection.

Rappel Biographique : Alfred Henry Maurer  était un peintre moderniste américain qui a  pu montrer son travail dans le cercle restreint des milieux avant-gardistes du début du 20e siècle. Très respecté et admiré aujourd'hui, son travail rencontra peu de succès critiques ou commerciaux de son vivant. Amis des membres les plus influents de la société artistique américaine de son temps (comme les Stein par exemple !)  il ne sut jamais gagner le coeur des galeristes que son radicalisme artistique effrayait sans doute.  Pris dans une relation de dependance financière er oedipienne tragique avec son père -  le lithographe célèbre Louis Maurer qui détestait par dessus tout le modernisme artistique - il étudia avec William Merritt Chase.
Jamais réellement reconnu comme artiste, il  se suicida à 64 ans.
Alfred Stiegltiz souhaita immédiatement organiser une exposition posthume de son travail dans sa galerie, An American Place , sans toutefois pouvoir réussir à le faire. 
Cinq ans après la mort de Maurer, le critique d'art Henry McBride,  examinant une exposition de son travail à la Hudson Walker Gallery de New York, écrivit:  " Maurer vivait exclusivement pour son art, ce en quoi il divergeait  fortement de beaucoup de peintres américians de son temps qui dès, qu'ils soulevaient un pinceau, pensaient aux résultats que cela aurait surle box-office (...) il a eu le courage de ses principes. "
Les œuvres de Maurer figurent aujourd'hui dans les collections du Carnegie Museum of Art  du Chicago Art Institute, du Whitney Museum of American Art, du Metropolitan Museum of Art, du Brooklyn Museum, du la Smithsonian Institution, de Reynolda House Museum, du Memorial Hall Museum de Philadelphie, de  la collection Phillips, du  musée d'art américain Crystal Bridges en Arkansas et de la Barnes Foundation... entre autres.

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vendredi 14 décembre 2018

Katsushika Hokusai - 葛飾 北斎 (1780-1849) - Two Fishes



Katsushika Hokusai - 葛飾 北斎  (1780-1849)
Two Fishes
Private owner

Que voit-on ? Le genre de la  Nature morte n'existant pas - dans le sens où on l'entend en Occident-  dans la peinture orientale, ce que décrit cette estampe est un  sujet d'animaux vivants dans la grande tradition de la peinture japonaise sous influence de la tradition chinoise.  Concernant ls poissons en particulier, il existe au Japon un art particulier,  le gyotaku (魚拓), que l'on peut traduire par ichtyogramme qui consiste spécifiquement à reproduire des empreintes de poissons sur différents supports comme le papier ou le tissu. Cette méthode était utilisée par les pêcheurs pour immortaliser leurs plus belles prises. Le procédé a été repris par des naturalistes japonais et américains jusqu'au 20e siècle, certains artistes sophistiquant la technique de l'ichtyogramme en fonction du support utilisé, allant jusqu'à repeindre les détails des écailles ou de l'œil sur l'empreinte.
Ceci dit, comme en Occident, le pioisson est chargé en Extrême Orient d'un symbole précis :  un poisson seul représente la richesse ; par paire, ils évoquent l'union, la félicité conjugale et la fertilité.

Rappel biographique : Connu sous le surnom de "Vieillard fou du dessin ", une signature qu'il employa lui même à partir de 1800,  le dessinateur et peintre japonais Katsushika Hokusai fut le grand spécialiste de l’ukiyo-e, graveur et auteur d'écrits populaires.  On sait aujourd'hui qu'il changea de signatures plusieurs fois au gré des styles assez variés qu'il adopta au cours de ces 88 années d'existence ; il faut un tableau d'une centaine de lignes pour recenser tous les noms et signatures qu'il employa ! 
Son œuvre  immense (près de 30 000 dessins) influença de nombreux artistes, en particulier Paul Gauguin, Vincent van Gogh, Claude Monet et Alfred Sisley, et le mouvement artistique appelé japonisme. Certains historiens d'art le voient comme le père du manga, mot qu'il a inventé et qui signifie à peu près  : « Esquisse spontanée ».
Sur sa pierre tombale il laissa cette épitaphe : « Oh ! La liberté, la belle liberté, quand on va aux champs d'été pour y laisser son corps périssable ! »


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jeudi 13 décembre 2018

Édouard Vuillard (1868-1940) - Nature morte à la carafe et aux pommes de terres


Édouard Vuillard  1868-1940)
Nature morte à la carafe et aux pommes de terres
Huile sur toile  (19, 3 x 24.7 cm)
Collection particulière

 Que voit on ? Une composition quasiment monochrome d'une grande intensité pour décrire, sans trop de détails cependant, le légume le plus commun  des cuisines : la pomme de terre. Si le sujet est habituel chez Van Gogh qui l'a peint plusieurs fois, il est plus surprenant chez Vuillard, qui l'entoure d'une carafe en étain  et d'une tombée de nappe que l'on pourrait aisément confondre avec un papier froissé.

Rappel biographique : Jean-Édouard Vuillard, connu pour  être le fondateur du mouvement Nabis, a peint aussi bien des portraits que des intérieurs, des natures mortes, des compositions murales et des décors de théâtre. Vuillard exposa pour la première fois au Salon des Indépendants en 1901 et au Salon dAutomne en 1903. C'est dans le années 1890 qu'il  fit la connaissance des frères Alexandre et Thadée Natanson, les fondateurs de la Revue Blanche, et en 1892, sous leur conseil, il fit ses premières décorations (fresques d'appartements) pour la maison de Madame Desmarais. Plus tard il reçut de nombreuses commandes semblables. En 1895 pour Alexandre Natanson, en 1898 pour Claude Anet, en 1908 pour Bernstein et en 1913 pour Bernheim et pour le Théâtre des Champs Elysées. Les dernières commandes qu'il reçut datent de 1937 (Palais de Chaillot à Paris, avec Bonnard) et de 1939 (Palais des Nations à Genève, avec Maurice Denis, Roussel et Roger Chastel).
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mercredi 12 décembre 2018

Juan Gris (1887‑1927) - Le livre


Juan Gris (1887‑1927)
Le livre (Nature morte avec un livre), 1911 
Huile sur toile  (55x 46cm)
Centre Pompidou, Paris (Donation Louise et Michel Leiris, 1984)

 Que voit on  ? Une Cette nature morte très proche pour neaps dire jumelle dans sa palette  de Bouteille et Cruche conservée au Kroller Muller Museum et déjà publiée dans  ce blog. Les deux natures morts datent de la même année  1911, combine les mêmes éléments quotidiens mais surtout s'expriment dans une gamme de couleurs très similaires. 
Dans la Notice du Centre Pompidou sur cette oeuvre, on peut lire  : 
" Installé au Bateau-Lavoir dès 1907, tout près de son compatriote Picasso, Juan Gris se trouve placé au cœur du laboratoire cubiste. Il ne commence pourtant à peindre qu’en 1911, avec une série de natures mortes où l’on retrouve, diversement combinés, les mêmes objets usuels : ici une cafetière bien parisienne, un bol et un livre, voisinant avec une gargoulette évoquant l’Espagne. Gris fait déjà circuler entre leurs formes simplifiées les échos et les rimes visuelles qui caractériseront ses travaux ultérieurs. Surtout, il manifeste dans Le Livre (cat. rais. n° 3, anc. coll. Marcoussis et Eluard) la subtilité de sa compréhension de l’œuvre de Cézanne – et les qualités toutes personnelles de « simplicité », de « modestie », de « probité », saluées par son marchand, Daniel-Henry Kahnweiler, dans le texte qu’il consacre en 1928 à son ami récemment disparu. 
Poursuivant son analyse des premières toiles, Kahnweiler souligne : « Chaque objet est décrit avec un soin minutieux ; sa forme est montrée par le clair-obscur, sa couleur est indiquée mais se trouve décolorée par la tonalité générale. Le fond […] s’articule avec les objets et les intervalles au moyen de répétitions de formes qui sont justifiées, au point de vue imitatif, comme ombres ou comme reflets. » (Juan Gris , Paris, 1990, op. cit. , p. 204).
L’amorce de facettes, les cernes brisés qui définissent chacun des quatre objets, la douceur des passages et la restriction des couleurs renvoient aux paysages proto-cubistes (fin 1907-début 1908) de Braque. Avec un décalage de quelques années, Gris commence lui aussi par affermir ses bases, et par se mettre, avec la même patiente humilité, à l’école de Cézanne.

Rappel Biographique : Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906.  Il fut proche du mouvement cubiste mais il occupa en même temps une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers  " éliminé de la carte "  selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso parce que plus vrai.  Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un José Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort.
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mardi 11 décembre 2018

Marie Egner (1840-1950) - Früchtestillleben mit Kanne


Marie Egner (1840-1950) 
Früchtestillleben mit Kanne, 1879 
Private collection 


Rappel biographique : L'artiste peintre autrichienne Marie Egner  est considérée comme un des figures les plus importantes de la  scène impressionniste autrichienne du début du 20 e siècle avec Olga Wisinger-Florian,  Broncia Koller et Tina Blau. 
 Marie Egner a d'abord étudié le dessin à Graz avec Hermann von Königsbrunn, puis à Düsseldorf ,avec  Carl Jungheim  avant de se rendre à Vienne en 1882 .  De 1900 à 1909, elle est membre du groupe d'artistes Acht Künstlerinnen à Vienne,. Elle dut abandonner sa propre école de peinture pour femmes en 1910 pour des raisons de santé. Après la Première Guerre mondiale, elle appartenait à l' Association des artistes plasticiens autrichiens (VBKÖ), À partir de 1930, elle perd la vue et s'e retire de la vie publique.

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lundi 10 décembre 2018

René Magritte (1898-1967) - Nature morte au buste en plâtre et fruits



René Magritte (1898-1967)
Nature morte au buste en plâtre et fruits, 1917 
huile sur carton, 1917
Collection privée 

 Que voit on ? On retrouve déjà dans cette composition de jeunesse (très conventionnelle) de Magritte ce qui fera le charme et l'humour de ses futures grandes compositions. Aucun rapport possible entre ce buste et ces deux fruits jaunes (mangues ? poires ? citrons ?  sauf à supposer que les seins du modèles aient soudainement migré sur la gauche de la toile ! La manière  picturale hésite entre le post impressionnisme et l'expressionnisme très éloigné de l'hyperréalisme de ces futures toiles ... c'est ce qui sans doute surprend le plus ici avec la précision descriptive du titre, que Magritte abandonnera très vite par la suite au profit de titres plus sibyllins.

Rappel Biographique :  René-François-Ghislain Magritte, est un peintre surréaliste belge.  La peinture de Magritte s’interroge sur sa propre nature, et sur l’action du peintre sur l’image. La peinture n’est jamais une représentation d’un objet réel, mais l’action de la pensée du peintre sur cet objet. Magritte réduisait la réalité à une pensée abstraite rendue en des formules que lui dictait son penchant pour le mystère : « je veille, dans la mesure du possible, à ne faire que des peintures qui suscitent le mystère avec la précision et l’enchantement nécessaire à la vie des idées », déclara-t-il. Son mode de représentation, qui apparaît volontairement neutre, académique, voire scolaire, met en évidence un puissant travail de déconstruction des rapports que les choses entretiennent dans la réalité. Magritte excelle dans la représentation des images mentales.  L’élément essentiel chez Magritte, c’est son dégoût inné de la peinture plastique, lyrique, picturale. Magritte souhaitait liquider tout ce qui était conventionnel. « L’art de la peinture ne peut vraiment se borner qu’à décrire une idée qui montre une certaine ressemblance avec le visible que nous offre le monde » déclara-t-il. La réalité ne doit certainement pas être approchée sous l’angle du symbole. 


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dimanche 9 décembre 2018

Raoul Dufy (1877-1953) - Nature morte au sucrier bleu


Raoul Dufy (1877-1953)
Nature morte au sucrier bleu, 1919 
Collection privée

 Que voit-on ? Sur une guéridon de bois clair tirant vers le jaune oranger :  deux tasses à cafés de couleurs grise et noire, une cafetière marron en porcelaine et le sucrier bleu qui donne son nom à la composition. A gauche du sucrier, un journal  roulé en cigare.. à moins que ce ne soit une grande serviette ! Sous le guéridon à gauche de la composition  : un ravissant petit tabouret en bambou avec assise en velours vert... 

Rappel biographique : le peintre  français Raoul Dufy était aussi dessinateur, graveur, illustrateur de livres, créateur de tissus, céramiste, créateur de tapisseries et de mobilier, décorateur d'intérieur, décorateur d'espaces publics et décorateur de théâtre. Raoul Dufy a produit  plus 3 000 toiles, 6 000 grandes aquarelles, 6 000 dessins et en a détruit presque autant.
- Plus d 'informations du Raoul Dufy 
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samedi 8 décembre 2018

Helene Schjerfbeck (1862-1946) - Still Life with Bread and Egg



Helene Schjerfbeck (1862-1946) 
Still Life with Bread and Egg, 1880
Private collection 

Que voit - on ? Une miche de pain doré et croustillante à l'envie et un oeuf dont la coquille noire vient de se casser en chutant au sol, comme l'atteste les projections de fragments qui se détachent minutieusement sur le fond noir. Un jeu entre le noir et le blanc omniprésent pour cet oeuf noir  dont la couleur est caractéristique des oeufs cuits dans de l'eau soufrée provenant d'un volcan ou des oeufs cuits lentement dans la cendre. 

Rappel biographique  :  l'artiste peintre finlandaise Helena Sofia (Helene) Schjerfbeck  fut une
enfant prodige, qui entra à 11 ans à l' école de dessin de l'association des arts d'Helsinki dont les cours lui furent payés par Adolf von Becker qui décela son talent. Elle y fait la connaissance d'Helena Westermarck.
En 1879, à 17 ans, Helene Schjerfbeck gagne le troisième prix d'un concours organisé par l'association des arts de Finlande. Fin 1880, grâce à une bourse, elle poursuit sa formation académique à Paris, dans les rares ateliers libres ouverts aux femmes, elle peint avec Helena Westermarck, puis elle suit les enseignements de Léon Bonnat dans  l'école de Mme Trélat de Vigny. En 1881, elle étudie à l'académie Colarossi à nouveau avec Helena Westermarck.
En 1889, son tableau Le Convalescent  gagne la médaille de bronze de l'exposition universelle de Paris .
Elle opte alors pour un naturalisme que sert une grande virtuosité technique lui valant un succès certain. Cette période est marquée par de nombreux voyages : Bretagne, Angleterre, Russie, Italie....
À la fin du 19e siècle, dans une Finlande luttant pour son indépendance, son refus du romantisme national dont Akseli Gallen-Kallela a pris la tête, la marginalise.
C'est désormais dans un isolement volontaire qu'elle élabore son propre langage, épurant son écriture sur la base du réalisme auquel elle reste fidèle. Cette ascèse picturale s'appuie sur une attention à son environnement, peignant son entourage, les ouvrières de l'usine locale ou plus tard les infirmières du sanatorium, des paysages et des natures mortes intimes qui sont comme autant de méditations faisant échos aux autoportraits où, à la fin de sa vie, elle traque les progrès de l'âge, de la maladie et l'approche de la mort.

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vendredi 7 décembre 2018

Jean Fautrier (1898-1964) Nature morte au poissons (2)


Jean Fautrier  (1898-1964)
Nature morte au poissons (2)
 Collection privée.

Que voit on ? Une nature morte d'un réalisme très inhabituel s 'agissant de Jean Fautrier, le chantre de linformel. La touche particulière du peintre est surtout sensible ici dans le rendu des citrons  enveloppés dans un papier journal d'où les mots "Femme", "Bijoux", "Divorce"  surgissent comme des  alarmes faisant échos au magnifique couple de dorades royales  jetés a meme l'entablement. Une composition où Fautrier laisse d'exprime son humour noir... on va dire !

Rappel biographique : le peintre, sculpteur et graveur  français Jean Léon Fautrier est, avec Jean Dubuffet, le plus important représentant du courant de  " l'Art Informel "  appelé aussi " Art Brut " ou   " Tachisme ". L’Art Informel regroupe à la fois le courant de l’abstraction lyrique avec ses techniques d’expressions essentiellement gestuelles, le matiérisme dont l’objet est de travailler les matières sur les surfaces de la toile, et par rapprochement, le spatialisme dont les recherches portent sur les dimensions de l’espace et du temps et sur la lumière. D’autres courants, comme le mouvement CoBrA, le Groupe Gutail’expressionnisme abstrait en Allemagnel’Action Painting de Jacskon Pollock aux Etats-Unis peuvent être rapprochés aussi de l'Art Informel.
Fautrier est aussi un pionnier de la technique des hautes pâtes.  Dès l'âge de 14 ans, il étudie l’art à la Royal Academy de Londres et  découvre les peintures de Turner qui l'impressionnent beaucoup. De retour en France, il est mobilisé en 1917. Gazé à Montdidier, il est définitivement réformé en 1921. Il expose dès 1921 des natures mortes et des portraits. En 1923, il rencontre Jeanne Castel, avec laquelle il vivra un certain temps. En 1924, première exposition personnelle et premières ventes ; l’année suivante, le marchand d’art Paul Guillaume lui achète quelques tableaux. C’est avec ce même Paul Guillaume que Fautrier passe un contrat d’exclusivité en 1927. Jusqu'en 1933 il se partage entre sculpture, peinture et gravures. Il réalise notamment des gravures pour l'édition illustrée de l'Enfer de Dante préparée par Gallimard, projet qui n'aboutira pas. Quelques unes de ses peintures sont exposées en 1945 à la Galerie Drouin, suscitant une vive admiration de l'intelligentsia parisienne. Le catalogue de l'exposition était préfacé par André Malraux. Dans les années qui suivent, Fautrier travaille à l'illustration de plusieurs ouvrages, parmi lesquels L'Alleluiah de Georges Bataille et enchaîne sur une série consacrée aux petits objets familiers. En 1950, il invente avec sa compagne,  Jeanine Aeply, un procédé complexe mêlant reproduction chalcographique et peinture, qui permet de tirer ses œuvres à plusieurs exemplaires, pour obtenir ce qu’ils appelleront des « originaux multiples ».
Jean Fautrier reste, au delà des modes et des mouvements, un très grand peintre français, injustement oublié dans ce début de 21e siècle.

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jeudi 6 décembre 2018

Mosaïques romaines - Memento Mori



Pompei 
Memento Mori
Pompei Officina Coriariorum  
Museo Archeologico di Napoli

 Que voit on ?  "N'oublies pas que tu vas mourir " (Memento Mori) l'essence même de la nature morte, magnifiquement resumé dans cette mosaïque d'une villa de  Pompei  enfouie sous la cendre volcanique pendant  plus d'un  millénaire...

Rappel historique : La mosaïque est l'art romain par excellence car ni la Grèce classique ni les Grecs d'Alexandrie n'avaient su lui donner la richesse du répertoire iconographique qu'elle a eue sous l'Empire romain et encore moins la répandre dans tout le bassin méditerranéen comme le fera Rome. La mosaïque polychrome est ti maitrisée par les Romains au IIe siècle av. J.-C. Grâce à l'activité de ses ateliers itinérants, toutes les provinces situées autour du mare nostrum, ont connu dès les débuts de l'expansion romaine cet art qui a trouvé un terrain d'élection dans les pays où la lumière est reine.
L'exposition, organisée en 2001 par l'Union Latine au musée archéologique de Madrid a mis l'accent sur l'art de la mosaïque tel qu'il est illustré dans les pays du bassin méditerranéen.
L'une de ses particularités majeures est l'abondance et l'extrême diversité des représentations  animales et végétales.
Les natures mortes antiques trouve selon Pline l'Ancien leur origine  dans la Grèce antique, lorsque  le peintre Piraikos (3e siècle avant JC), vendait déjà fort cher ses " Provisions de cuisine ", des tableaux de chevalets représentant des victuailles ou des instantanés d'échoppes de cordonniers et de barbiers. Dans la hiérarchie des genres picturaux d'alors, ces représentations de provisions de cuisine sont déjà considérées comme un genre mineur... et  elles le resteront pendant de longs siècles... au moins jusqu'à Chardin, si ce n'est jusqu'à Cézanne. Genre mineur donc, loin derrière les sujets religieux, les portraits et les paysages, mais genre que les commanditaires s'arrachent pourtant !
Le grec Piraikos reste le plus célèbre des peintres de ce genre. Hélas, aucun exemple n'est parvenu jusqu'à nous de ces peintures des menus objets du quotidien par Piraikos,  peinture que l'on nommait à cette époque Rhyparographie .
A la même époque, un autre peintre grec, Zeuxis rivalisait avec la nature au point que des oiseaux voulaient picorer les raisins qu'il peignait et qu'il passe être l'inventeur du réalisme et  de l'illusionnisme, pour ne pas dire du premier trompe-l'oeil. Il faut là encore faire confiance au récit de Pline l'Ancien, car aucun exemple de cet art ne nous est parvenu.
Les premières natures mortes connues du monde occidental sont des fresques et des mosaïques du 1er siècle de l'ère chrétienne, provenant de Campanie (Herculanum et Pompéi) ou de Rome. Elles sont exécutées dans un style réaliste et illusionniste : fruits veloutés, poissons et volailles posés sur une marche de pierre ou sur deux étagères d'un garde manger, généralement en trompe l'œil avec des ombres portées, ou quelquefois dans des coupes en verre avec des transparences subtiles.
Ces peintures évoquent le xenion antique, un cadeau fait de denrées qu'un hôte doit offrir à ses invités. Pourtant la nature morte de l'Antiquité possède une autre ambition que celle du seul plaisir mimétique. Comme le précise Charles Sterling : « Il est clair que les natures mortes hellénistiques et romaines qui représentaient des mets prêts à être consommés comportaient une allusion épicurienne ». On trouve ainsi assez fréquemment des mosaïques de natures mortes et des vanités dans les atriums d'été romains, où les convives invités aux repas étaient ainsi encouragés à cueillir le jour qui passe, Carpe diem selon la célèbre formule d'Epicure, à profiter de la vie tant qu'il était encore temps de le faire. Une déclinaison plus sophistiquée de la tradition égyptienne pharaonique qui voulait que l'on fît passer un cadavre devant les convives avant de commencer un repas pour leur rappeler l'impermanence de la vie !  Les natures mortes garderont tout au long des siècles jusqu'à nos jours,  cette signification épicurienne.
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Un blog de Francis Rousseau