lundi 31 août 2020

Paul Cézanne (1839-1906) - Le pain et les oeufs, 1895


 

Paul Cézanne (1839-1906)
Le pain et les oeufs, 1865
Cincinatti Art Museum 

Que voit on ?  Le fait est suffisamment remarquable  pour être souligné : cette nature morte est l'une des rares  compositions de Cézanne dont le fond soit d'un noir profond. Seuls le reflet des oignons sur le coin de l'entablement  et  une brillance blanche ajoutée d'une trait courbe du pinceau, permettent de faire la différence entre l'entablement et le fond. Le Cincinatti Art Museum  peut s'enorgueillir de posséder un des plus magnifiques chefs -d'œuvres de Cézanne dépeignant le repas type d'un ouvrier du 19e siècle, sans soute un ceux du Jas de Bouffan avec lequel le peintre passait beaucoup de temps.  Du  pain  (en quantité et enveloppé dans un linge de coton pour ne pas sécher sous le mistral) ; deux  œufs  durs d'une blancheur éclatante ; deux oignons. Dans le broc en tôle  grise que l'on aperçoit  à gauche de la composition de l'eau ou du vin... en tout cas une boisson  qui viendra rempli le verre a pied , beaucoup trop précieux et trop riche pour cette collation spartiate et qui est l'élément  le plus incongru de la toile...

Rappel biographique : Parmi les quelques 900  tableaux et 400 aquarelles que Paul Cézanne,  ce sont  les natures mortes qui arrivent en tête , et notamment les pommes qui arrivent en tête de ses premières « obsessions picturales ». Pour Cézanne, la nature morte est un motif comme un autre, équivalent à un corps humain ou à une montagne, mais qui se prête particulièrement bien à des recherches sur l'espace, la géométrie des volumes, le rapport entre couleurs et formes : « Quand la couleur, est à sa puissance, la forme est à sa plénitude » disait-il. 
Incomprises en leur temps, les natures mortes de Cézanne sont devenues depuis lors l'un des traits caractéristiques de son génie.

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dimanche 30 août 2020

Johann Wilhelm Preyer (1803-1889) - Vier weiße Trauben

 


Johann Wilhelm Preyer (1803-1889)
Vier weiße Trauben (Quatre grappes de raisins blancs)
Huile sur toile sur carton)
Collection privée

Que voit on ?  Rassemblées puis encollées sur un même carton  : quatre études pour des grappes de raisons qui passent en revue différents états de mûrissement des grains.   Une des études sans doute les plus fournies de ce peintre  méticuleux et précis qui préféraient les sujets isolés (prune, pomme, etc...) ...  qu'il décrit toujours avec une attention aux textures hors du commun, dans un environnement très minimaliste. C'est  sans doute ce qui donne à ses œuvres un aspect tellement moderne.

Rappel biographique : Le peintre allemand Johann Wilhelm Preyer est né dans une famille qui comptait plusieurs artistes dont Gustav et Louise, qui eurent un atelier commun dans la vieille ville d'Eschweiler. La fille de Johann Wilhelm, Emilie, peignit aussi des natures mortes et son fils, Paul, des scènes de genre et des portraits.
Johann Wilhelm Preyer a surtout peint des natures mortes d'après nature et toujours avec un traitement minutieux du détail (comme ci-dessus).
La plupart de ses tableaux, qui sont associés à l'école de peinture de Düsseldorf, se trouvent aux États-Unis, plusieurs à la National Galerie allemande et dans la Collection Ravené à Berlin.

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samedi 29 août 2020

Sören Emil Carlsen (1853-1932) - Roses Rouges


Sören Emil Carlsen (1853-1932)
Roses Rouges, 1895
Collection privée

Que voit on ? Ce que décrit le titre c.a.d un bouquet de roses rouges dans un vase vert avec quelques fleurs répandues à même l'entablement lui-même d'un vert un peu plus foncé que celui du vase mais plus clair que le vert du fond. Une petite sonate en vert et rouge en somme, qui se trouve être aussi  un sujet assez inhabituel pour ce peintre qui peignait   habituellement plutôt des natures mortes d'objets sans fleurs ni fruits.

Rappel biographique : Sören Emil Carlsen est un peintre impressionniste américain d'origine danoise. Rapidement qualifié de " Chardin américain " par la critique locale de son temps, il se spécialisa dans les natures mortes. Membre de la National Academy of Design, professeur de dessin respecté à Chicago, San Francisco, et New York, et bien que figurant dans plusieurs collections privées, il n'a jamais été classé parmi les grands peintres américains du 20e siècle, et pourtant...

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vendredi 28 août 2020

Jan Davidszoon de Heem (1606-1684) - Nature morte au verre Roemer, Crabes, Ecrevisses...






Jan Davidszoon de Heem (1606-1684)
Nature morte au  verre Roemer, Crabes, Ecrevisses et Fruits sur un entablement, avec  dans le fond un paysage
Collection privée 

Que voit on ? Sur un entablement de bois partiellement recouvert  d'un nappe verte : un gigantesque verre Roëmer rempli au quart  et  sur les parois duquel se reflètent  les cloisons et fenêtres de la pièce ; un plateau en argent contenant les crustacés décrits ans le titre, un citron entier, un couteau à l'extrémité duquel on devine un escargot ( !) ;  une pêche blanche ouverte en deux;  une noix entière ; quelques cerises et deux figues mûres réparties sur l'ensemble de la composition.
Un élément inhabituel pour cette époque occupe le fond  du tableau : un paysage dans le plus pur style hollandais et une étiquette collée à même le mur sur laquelle on peut lire le nom du peintre.   C'est la preuve s'il en était besoin que les règles de composition des  natures mortes au moment de l'Age d'or  hollandais, n'étaient pas aussi rigides et figées qu'on a bien voulu le dire et que ses plus grands représentants ne s'interdisaient aucune  fantaisie.

Rappel biographique : Le peintre hollandais Jan Davidszoon de Heem est un des membres d'une véritable dynastie de peintres, dont quelques uns spécialisés exclusivement dans les nature mortes. Ses premières œuvres sont dans le style de Balthasar van der Ast (1593/94-1657), son maître. Il travaille ensuite à Leyde et montre un style proche des toiles de Pieter Claesz (1595/97-1661) et de Willem Claeszoon Heda (1594-1680). En 1636 , il s'installe à Anvers dont il devient citoyen de la ville, ce qui signifie qu'il y a acquiert respectabilité pour son métier et fortune relative. Il est le fils du peintre David de Heem le vieux (1570 ?-1632 ?) et le père des peintres Cornelis de Heem (1631-1695) et Jan Jansz de Heem (1650-après 1695). On ne lui connait pas d'autres œuvres que des natures mortes, le plus souvent florales et dans la grande tradition de la Nature morte hollandaise. Celle-ci qui est composée uniquement de vieux livres aux reliures défectueuses ou inexistantes est une exception dans sa thématique habituelle, même si le message délivré est toujours le même : celui de la fragilité de l'existence humaine, de ses activités... et du savoir.

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jeudi 27 août 2020

Pekka Halonen (1865-1933) - Tomates


 

Pekka Halonen (1865-1933)
Tomates, 1913
Collection privée

Rappel biographique : Pekka Halonen est un peintre et un professeur finlandais. Son image d'artiste, est plus que tout autre artiste-peintre, associée à la Finnité. C'est un représentant éminent du style romantique national et du Carélianisme.
En 1890, Halonen étudie à Paris à l'Académie Julian puis avec Paul Gauguin, à l'Académie Vitti. Il revient en Finlande au printemps 1891 et peint son œuvre Niittomiehet (Les fFucheurs) qui lui permettra de percer  l'œuvre sera exposée à l'automne dans la première exposition d'artistes finlandais. Il revien t souveint vivre à Paris mais en Finlande, Akseli Gallen-Kallela,  appelle à son  retour  au sein de son peuple.  Et c'est c equ'il fait pour ne plus jamais quitté la Finlande. Sa dernière œuvre majeure est la peinture murale Tukinuitto de 1925, que le Conseil d'État lui commande pour son bureau international de la Société des Nations à Genève. La même année 1925, il reçoit le titre de professeur.
 
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mercredi 26 août 2020

Luis Egidio Melendez (1716-1780) - Bodegon con manzanas, queso y recipientes


 


Luis Egidio Melendez (1716-1780)
Bodegon con manzanas, queso y recipientes, 1772
Museo del Prado, Madrid

Que voit on ?   Une douzaine de pommes dont plupart porte les piqures des becs d'oiseaux ou des vers,  du pain du fromageet un peu de vin  non cité dans le titre. Cette nature morte a été peinte pour  figurer dnas le Cabinet d'Histoire Naturelle du Prince des Asturies (le futur Carlos IV) .

Rappel biographique : Le peintre espagnol d'origine napolitaine, Luis Egidio Melendez a fait carrière presque exclusivement à Madrid. Contemporain de Goya, il est considéré aujourd'hui comme l’un des meilleurs peintres de natures mortes du 18e siècle, réputation qu'il n'avait pas de son vivant qu'il a passé dans une misère noire. C'est son père, Francisco Meléndez et Louis Michel van Loo (dont il est l'assistant de 1742 à 1748) qui assurent sa formation de peintre.
Le futur Charles IV d'Espagne lui commanda une grande série de natures mortes (dont celle ci-dessus)  dont une partie importante est aujourd'hui conservée au musée du Prado à Madrid.
Ses toiles peintes dans de petits formats (jamais plus de 50 cm) dans la grande tradition de l'austérité espagnole, n'en foisonnent pas moins d'une minutie des détails. toujours peints avec une absolue perfection. La composition simple et le contraste clair-obscur, s’inscrivent dans la tradition des natures mortes baroques de Zurbaran et de Cotan. Comme eux, Meléndez étudia les effets de lumière, la texture et la couleur des fruits et des légumes, ainsi que celles des récipients en céramique, verre et cuivre ou pailles. À la différence des maîtres du 17e siècle, il présente le sujet plus près du spectateur, en légère plongée. Ce sont des objets disposés sur une table, ce qui donne à ses formes une certaine monumentalité. Le genre permet au spectateur d’étudier l’objet par lui-même. Les fonds sont neutres, et c'est un puissant éclairage qui mettent valeur les contours de l’objet. C’est ainsi qu’il représente le duvet des fruits, les transparences des peaux des raisins, les intérieurs brillants des pastèques et quelquefois les accidents présents à la surface des fruits (comme ici avec les figues vertes).
Chaque toile de Meléndez est minutieusement composée et fait l'objet d'un mise en scène précise afin de créer le plus grand réalisme possible. Les « grands thèmes » n’intéressèrent jamais Meléndez qui portent surtout son attention sur les choses de la vie quotidienne, sur l’observation et l’étude de la nature. Il fut souvent comparé à Chardin, jusqu'à être même parfois surnommé le « Chardin Espagnol » ce qui est assez stupide eut égard au caractère unique de son style et à tout ce qui différencie ces deux grands peintres.

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mardi 25 août 2020

Henri Matisse (1869-1954) - Nature morte aux Citrons 1914


 

Henri Matisse (1869-1954)
Nature morte aux Citrons, 1914
RISD Museum, Providence

Que voit-on ? Une des très nombreuses natures mortes sur le thème des citrons que Matisse réalisa aux cours de sa vie de peintre. Celle-ci très dépouillé et présente les citrons dans une coupe bleue sur fond bleu ;  seule la   technique d'application de la peinture (gratée de façon rugueuse sur le fond et étalée de façon très liquide sur la coupe) permet de discerner le fond de la coupe. 


Rappel Biographique : Henri Matisse, peint son premier tableau, Nature morte avec livres et chandelle en juin 1890, à l'âge de 21 ans Peu après, il se rend à Paris. En 1892, il rencontre Albert Marquet à l'École des Arts déco puis s'inscrit en 1895, à l'École des beaux-arts, dans l'atelier de Gustave Moreau. L'enseignement du maître encourage ses élèves à penser leur peinture, à la rêver, au-delà de la virtuosité technique. Matisse, comme ses condisciples, Georges Rouault, Léon Lehmann, Simon Bussy, Eugène Martel, Albert Huyot ou Henri Evenepoel, est stimulé par cette conception de la peinture et entend développer la sienne selon son individualité. Gustave Moreau, lors d'une correction, lui dit : « Vous allez simplifier la peinture. »
Cette prophétie peut être considérée comme le programme esthétique de l'œuvre d'Henri Matisse.
En 1896, Matisse expose pour la première fois au Salon des Cent et au Salon de la Société nationale des beaux-arts, dont il devient membre associé sur proposition de Pierre Puvis de Chavannes. Cette fonction lui permet notamment d'exposer sans passer par un jury. Il passe l'été à Belle-Île-en-Mer et rencontre l'Australien John Peter Russell, qui l'introduit auprès d'Auguste Rodin et Camille Pissarro. Il commence à s'intéresser à la peinture impressionniste qu'il découvre en 1897 au musée du Luxembourg. Il est alors un peintre classique de natures mortes réalistes aux textures amples. Pour gagner sa vie, Matisse et Marquet travaillent comme peintre décorateurs à la journée, pour les décorateurs de théâtre.
En voyage à Londres, sur les conseils de Pissarro, Matisse découvre la peinture de Joseph Mallord William Turner, puis il part s'installer en Corse où il habite dans la Villa Rocca. A Ajaccio, il peint une cinquantaine de toiles dont Le Mur rose qui représente l'arrière de l'hospice Eugénie vu depuis la Villa de la Rocca. Matisse s'inspire alors de Turner.
En 1899, il découvre le traité de Paul Signac, d’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme.
À partir de 1900, Matisse travaille la sculpture et le modelage, à l'Académie de la Grande Chaumière, sous la direction d'Antoine Bourdelle et fréquente également l'atelier d'Eugène Carrière. Il y fait la connaissance d'André Derain et de Jean Puy. Derain lui présente Maurice de Vlaminck. Il expose au Salon des indépendants (1901) et participe à la première édition du Salon d'automne (1903)

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lundi 24 août 2020

François-Emile Barraud (1899-1934) - Nature morte avec carafe de vin, pain et lunettes

 


François-Emile Barraud (1899-1934)
Nature morte avec carafe de vin, pain et lunettes, 1930
Collection privée

Que voit on  ? Ce que décrit le titre à quoi s'ajoute le traditionnel couteau destiné à souligner la perspective depuis l'époque des natures mortes d l'Age d'or hollandais. Il s'agit ici surtout de la description tion de deux aliments paysan de base et qui sont a la fois des aliments symboliques sacrés : le pain et le vin, symbolisant le corps du Christ  (le pain) et son  sang (le vin) versé, selon la formule pour  " la rémission des péchés des hommes ". On note  les jeux sur les transparences  et les reflets des verres (la carafe, le verre, les lunettes) où Barraud montre toute sa maestria technique.


Rappel biographique :
François-Emile Barraud, est un artiste peintre suisse, aussi dessinateur, graveur et sculpteur. Issu d'une fratrie de quatre enfants et d'un père graveur sur boîtiers de montres, François Barraud a œuvré à Paris dans les Années folles, multipliant natures mortes et portraits dans l'esprit pictural d'un Balthus. Il meurt de la tuberculose à l'âge de 34 ans, à Genève.
Ses frères, Aurèle, Aimé et Charles, sont également peintres.
Des expositions de son oeuvre ont eut lieu au Kunstmuseum de Winterthur, et au Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds en 2005.

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dimanche 23 août 2020

Konstantin Alexeevich Korovin (1861-1939) - Nature morte aux Fleurs et aux Fruits

 


Konstantin Alexeevich Korovin (1861-1939)
Nature morte  aux Fleurs et aux Fruits
Collection privée

Que voit on ? Devant une fenêtre  aux ferronneries ouvragées s'ouvrant sur un paysage citadin nocturne : un bouquet de fleurs bleues et rouges dans un vase blanc formant ainsi un ensemble bleu, blanc, rouge, qui peut laisser supposer que la scène a lieu à Paris, ville d'exil du peintre ; une coupe en porcelaine blanche à  remplie de raisins blancs et noirs et, au premier plan central un plateau en argent   présentant un  cuillère et un petit pot à lait dans le même métal précieux ; deux oranges   occupent le plateau et l'entablement recouvert d'une nappe blanche.

Rappel biographique : Prenant le contrepied des influences impressionnistes des peintres russes de son temps, Korovin préfère à leurs palettes ternes et à leurs coups de pinceau méticuleux, un style plus expéditif fait de larges coups de pinceaux et de couleurs vives.
En 1888 et en 1894, avec Valentin Serov,  il voyage dans le nord de la Russie et en Scandinavie. De ce voyage sont issus plusieurs grands paysages. En 1900, il décore le Pavillon russe de l'Exposition universelle de Paris et à cette occasion reçoit une Médaille d'or. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur par décret du 28 décembre 1900. A partir de 1901  il enseigne à  l'école de peinture, de sculpture et d'architecture  de Moscou avec son ami Serov et devient le décorateur attitré des théâtres impériaux et du Théâtre Bolchoï
Après la Révolution d'Octobre, il se dévoue activement à la conservation des œuvres d'art du patrimoine menacées par les événements et sauve de la destruction des tableaux de peintres emprisonnés, organise des ventes de toiles et des expositions en faveur de prisonniers politiques, tout en continuant à travailler pour le théâtre.En 1923, il émigre en France avec l'aide de Lounatcharski, commissaire du peuple à l'instruction, son activité principale restant le théâtre et le décor de théâtre.  Dès 1923, l'année de son installation définitive à Paris, la galerie Tretyakov organisa une importante exposition sur son travail.

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samedi 22 août 2020

Maurice de Vlaminck (1876-1958) - Fleurs d'été

 


Maurice de Vlaminck (1876-1958)
Fleurs d'été
Collection privée

Que voit on ? Sur un fond sombre et à l'intérieur d'un vase de forme oblongue et de couleur gris anthracite : un éclatant bouquet de couleurs et de formes vire-voltantes à travers lesquelles on peut deviner des roses et des marguerites. Pour le reste c'est plutôt un très étonnant bouquet de formes abstraites,  évocatrices de  formes florales. rien de cubiste ni de fauve dans ce Vlaminck là, dont le pinceau se rapproche tout à coup de celui des grands noms de l'abstraction lyrique et de l' 'expressionnisme abstrait comme  Wols,  Georges Mathieu ou Jackson Pollock...   Très inattendu tableau de Vlaminck...

Rappel biographique : Le peintre français Maurice de Vlaminck s'est illustré dans les courants Fauviste et Cubiste. Peintre de figures, portraits, nus, paysages, paysages animés, paysages urbains, intérieurs, natures mortes, fleurs et fruits, peintre à la gouache, aquarelliste, graveur, dessinateur et illustrateur, il fut aussi écrivain et publia vingt-six livres, romans, essais et recueil de poèmes. Ses natures mortes quelquefois très inspirées de celles de Cézanne sont des explosions de couleurs et de formes qui font assez souvent de lui, un peintre abstrait avant la lettre.


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vendredi 21 août 2020

Pieter van Boucle (1610-1673) - Nature morte aux poissons avec un chat



Pieter van Boucle (1610-1673)
Nature morte aux poissons avec un chat
Huile sur toile  (70 x 107.5 cm)
Collection particulière

Que voit-on ?   Les deux spécialités picturales de ce peintre franco-flamand très prolifique sont réunies dans ce tableau, à savoir la nature morte et la peinture d'animaux (vivants),  en l'occurrence ici un chat, très intéressé par les sardines encore frétillantes qui sont juste devant lui.
On note ici au-delà de la technique très maitrisée des reflets sur les écailles et sur les nacres, du sang   sur le couteau, au premier plan et en plein centre du tableau ! Ceci est assez inhabituel dans une nature morte, la présence du couteau servant surtout à souligner la direction de la perspective, mais rarement à ajouter une intention symbolique aussi forte que celle que le sang ajoute. La référence au temps qui passe (le demi citron) et à la mort (le sang sur le couteau) ne font pas tout à fait de cette toile une Vanité mais presque.

Rappel biographique :
Pieter van Boucle (ou Pieter van Bœcle) est un peintre d'origine flamande qui a travaillé durant une longue période à Paris où il est mort. Essentiellement consacré aux natures mortes, son œuvre associe la manière flamande (lumière frontale, opulence, surabondance) et la manière française (délicatesse du pinceau, jeu sur les nuances de couleurs) dans une recherche réaliste. Ses tableaux sont le plus souvent de grandes dimensions et présentent des tables garnies de fruits ou de gibier avec des signes de luxe. Leur attribution est parfois discutée : sa signature PVB (pas toujours présente d'ailleurs) a pu amener à des confusions avec Pieter van Boel ou Pieter Van den Bos par exemple.Certains de ses tableaux comportent des personnages (marchande de légumes, jeune garçon) mais on soupçonne l'intervention d'autres peintres dans ces œuvres. Les compositions assez monumentales de Pieter van Boucle sont aussi souvent animées par des animaux vivants (chat, singe, chien, Nature morte aux fruits, au gibier et à la chèvre) mais le thème des animaux est aussi exploité pour lui-même (Poulailler, Combat de coqs) et surtout sous l'aspect de gibier mort.
Ces toiles aux éléments accumulés (qui ne semblent pas toujours respecter le calendrier des productions : asperges et raisin réunis par exemple) renseignent sur l'alimentation de l'époque en donnant une impression de corne d'abondance. Cependant certaines de ses toiles peuvent être interprétées comme des vanités, par exemple le fruit croqué dans Pommes, poires, pêches, ou dans Perroquet, urnes et fruits sur un entablement en pierre, où l'urne renversée renvoie au thème baroque de la mort cachée dans les plaisirs de la vie. Le thème du panier renversé se retrouve dans plusieurs de ses toiles comme la présence du perroquet associé usuellement à l'idée de couple ou d'épouse, d'autant qu'il ne s'agit pas dans ce tableau d'un perroquet multicolore et flamboyant mais d'un perroquet blanc isolé.
 

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jeudi 20 août 2020

Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) - Nature morte avec un vase en marbre, un lièvre, des grenades sur un entablement de pierr



Jean-Baptiste Oudry (1686-1755)
Nature morte avec un vase en marbre, un lièvre, des grenades sur un entablement de pierre, 1736
Collection privée

Que voit on ? Exactement ce que décrit le titre avec beaucoup de précision. La composition est telle que le vase de marbre, enfoncé à mi-ombre sur l'entablement  de pierre  apparait comme la pièce maîtresse du tableau. La  composition se divise en deux zones de couleurs très distinctes :
- les beiges et blanc à gauche avec le vace, la pierre et la pièce de gibier non dépecée, appuyée contre le vase ;
- les oranges et rouges  à droite avec les deux grenades dont une a été éclatée pour mieux en laisser percevoir les graines.
Des tableaux d' Oudry de cette qualité là ont généralement tous été achetés par les grands musées à travers le monde ; le propriétaire privé de celui-ci, récemment acquis lors d'une vente publique,  peut donc savourer son bonheur de posséder un tel chef d'œuvre à domicile.

Rappel biographique : Le peintre et graveur français Jean-Baptiste Oudry est surtout célèbre pour ses peintures de chiens de chasse, ses natures mortes animalières et ses animaux exotiques. Fils de Jacques Oudry, maître peintre et marchand de tableaux sur le Pont Notre-Dame, et de sa femme, Nicole Papillon, qui appartenait à la famille du graveur Jean-Baptiste-Michel Papillon, Jean-Baptiste Oudry étudia tout d'abord à l'Ecole de la Maîtrise de Saint-Luc, dont son père était directeur.
Il fut placé ensuite chez le grand peintre du roi Nicolas de Largillière, dont il devint bientôt l'ami. Après avoir peint quelques sujets religieux et un portait du Tsar Pierre 1er, il rencontre le marquis de Beringhen, premier écuyer du roi. Cette rencontre est décisive car le marquis commande à Oudry de nombreux ouvrages pour le roi. Dès lors on octroie à Oudry un atelier dans la cour des princes aux Tuileries et un logement au Palais du Louvre où il forma un cabinet renommé.
Oudry suivait les chasses royales et faisait de fréquentes études dans la forêt de Compiègne.
L'intendant des finances, Fagon, le prit à son service et le chargea de rétablir la manufacture de Beauvais, tombée en décadence. Oudry s'adjoignit Boucher et Natoire pour exécuter la copie des tableaux. On lui confia également l'inspection de la manufacture des Gobelins, où l'on exécutait les tapisseries des chasses du roi d'après ses tableaux.
Jean-Baptiste Oudry a peint le portrait, l'histoire, les chasses, le paysage, les animaux, les fruits, les fleurs ; il a imité les bas-reliefs ; il a fait du pastel, de la décoration ; il aussi gravé à l'eau-forte. On lui doit deux conférences qui furent lues à l'Académie, « Sur la manière d'étudier la couleur en comparant les objets les uns avec les autres » et « Sur les soins que l'on doit apporter en peignant ». Oudry a laissé un grand nombre de dessins dont les plus connus sont les 275 dessins qui servirent à l'édition dite des Fermiers généraux des Fables de La Fontaine, gravées par Charles-Nicolas Cochin. Il est également l'auteur d'un Almanach de rébus paru en 1716.


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mercredi 19 août 2020

Georges Braque (1882-1963) - Vase d'anémones ( et fruits)


 


Georges Braque (1882-1963)
Vase d'anémones (et fruits), 1925
Huile sur toile , 50.3 x 61.2 cm.
Christies' Images, New York

Que voit on ? ce n'est pas une nature morte de Braque habituelle que l'on voit là. le style n'est aps le style cubiste bine connu de ce peintre ni  le style abstrait qui lui succédera. Pour qui s'en étonnerait , il faut rappeler que Braque, comme Picasso, traversa   lui aussi plusieurs  périodes... et assez curieusement toujours une peu avant les mêmes que Picasso traversait ! Mais trêve de persiflages, il s'agit ici d'une nature morte assez classique (si l'on excepte l'œil visible dans l'anémone centrale du bouquet!)  présentant un mélange de fleurs et de fruits (citrons et figues) sur une linge posé sur un entablement de bois assez rustique.  On note l'hyperréalisme de la description des veines du bois,  que l'on retrouvera souvent dans ces compositions cubistes ultérieures...
Sous l'influence évidente de  Matisse, et même de Chardin,  tout le génie de Braque est déjà contenu dans cette toile.

Rappel biographique :  le peintre français Georges Braque qui fut aussi sculpteur et graveur est le maître incontestable de la nature morte au 20e siècle, genre qu'il a profondément transformé et renouvelé tout au long de sa vie, s'inscrivant (consciemment ou inconsciemment) dans une démarche similaire à celle de Chardin au 18e siècle. Engagé dans le sillage du fauvisme, influencé par Matisse, Derain et Othon Friesz, il peint, à l'été 1906 les paysages de l'Estaque avec des maisons en forme de cubes (Maisons à L'Estaque) que Matisse qualifie de cubistes. A partir de 1909, il entre dans ce que les spécialistes appellent la période du " cubisme analytique ". Les paysages qui prédominaient jusqu'alors dans son œuvre vont céder la place aux natures mortes.
Ce sont principalement des natures mortes d'objets et/ou d'instruments de musiques (violons, guitare, pipe, journaux et magazines, objets divers de décorations intérieurs comme les nappes, les guéridons...) qu'il peint délaissant volontiers les thématiques habituelles du genre (fruits, légumes, pâtisseries, porcelaines).
A la Libération, Aimé Maeght devient son nouveau marchand parisien, et publie la première édition des Cahiers G. Braque. En 1948, lorsqu'il présente la série des Billards à la Biennale de Venise, il reçoit le Grand Prix pour l'ensemble de son œuvre. Suit une série d'expositions en particulier au MoMa de New York, qui parachève la reconnaissance internationale de son œuvre immense et


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mardi 18 août 2020

Fernand Léger (1881-1955) - Le Vase Jaune dans un Paysage


 


Fernand Léger (1881-1955)
Le Vase Jaune dans un Paysage, 1949
Collection privée

Que voit on  ? Ce que décrit le titre le paysage étant un paysage de campagne sur fond de montagnes. A ceux qui se demanderaient ce que ce vase accompagné d'un verre et d'une assiette font dans ce paysage désolé, on pourra objecter qu'il s'agit sans doute de la représentation d'un pique-nique ou d'un casse croûte dans la campagne.  Le vase jaune serait alors plutôt un broc mais chacun sait qu'il ne faut pas forcement chercher de logique dans les toiles de Léger.

Rappel Biographique : le peintre français Fernand Léger fut aussi créateur de cartons de tapisseries et de vitraux, décorateur, céramiste, sculpteur, dessinateur, illustrateur. Il a été l’un des premiers à exposer publiquement des travaux d’orientation cubiste. Cet amoureux du modernisme, du machinisme et de l'industrie, va peindre énormément de natures mortes tout au long de sa carrière. Déjà remis au goût du jour par les cubistes, "le genre traditionnel de la nature morte est réinterprété par Léger par le biais de sa théorie de l’objet. Tandis que les surréalistes l’intègrent à leurs œuvres pour sa charge symbolique, lui l’utilise comme point de départ d’une formulation plastique. La nature morte sert de prétexte à l’affirmation radicale de la valeur plastique de l’objet" (voir texte de référence :« Un nouveau réalisme, la couleur pure et l’objet », extrait d’une conférence au MoMA, New York, 1935).
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lundi 17 août 2020

Oskar Kokoschka (1886-1980) - Fleurs dans un vase, 1959

 


Oskar Kokoschka (1886-1980)  
Fleurs dans un vase, 1959 
huile sur toile 85 × 68 cm 
Fondation Oskar Kokoschka

De 1905 à 1909, Kokoschka suit les cours de la Kunstgewerbeschule de Vienne, où il est élève de Gustav Klimt, de Carl Otto Czeschka et condisciple d'Elsa Oeltjen-Kasimir.
En 1909, sa pièce de théâtre Mörder, Hoffnung der FrauenL'Assassin, espoir des femmes »), qui présente un violent combat entre hommes et femmes, est comprise comme un prototype de la mise en scène expressionniste. Cette pièce assoit sa réputation d'offenseur de la morale publique.
À partir de 1912, Kokoschka vit une grande passion avec Alma Mahler.
Cet amour et leurs échanges épistolaires passionnés lui inspirent différentes œuvres d'art, dont la peinture La Fiancée du vent, en 1913, et des tableaux les représentant tous deux amants. Après leur rupture, Kokoschka demande à Hermine Moos, une costumière de théâtre à Munich, de fabriquer une poupée de tissu grandeur nature représentant Alma. Il donne à Hermine des instructions très précises sur la fabrication de cet objet destiné à « abuser tous les sens », dans des lettres écrites de l'été 1918 au printemps 1919.
Sa peinture, à cette époque, évolue vite : il commence à travailler avec des brosses plus larges et applique de plus en plus de couleurs. En 1914, il se joint aux peintres de la Sécession viennoise à Berlin. En 1915, mobilisé pour les combats de la Première Guerre mondiale, il est gravement blessé lors d'un combat en Ukraine (balle dans la tête et coup de baïonnette dans le poumon).
 En 1917, il s'installe à Dresde, où il rencontre Adolf Loos, architecte et ami viennois. De 1919 à 1924, on lui confie une chaire à l'École des arts de Dresde. Ne souhaitant pas être débordé par l'académie, le peintre entreprend des voyages. Il revient à Vienne en 1933.
Après la mort de sa mère, il s'exile pour des raisons politiques en 1934, à Prague où il rencontre celle qui va devenir sa femme, Olga Palkovska ; le régime national-socialiste considère son art comme dégénéré. Après Prague, où il reste jusqu'en 1938, puis Londres (1938-1953), il s’établit en 1953 définitivement à Villeneuve, en Suisse, à l'extrémité orientale du lac Léman, il y passe les vingt-sept dernières années de sa vie. Il est enterré au cimetière de Clarens sur la commune de Montreux. La Fondation Kokoschka se situe au musée Jenisch de Vevey (Suisse). Sa veuve meurt en 2004.
Oskar Kokoschka est partie prenante des documenta 1 (1955), documenta 2 (1959) et documenta 3 en 1964 à Cassel.
Il inspire des générations de peintres, parmi lesquels Alkis Pierrakos, qu'il rencontre à plusieurs reprises à Londres en 1950, mais aussi Hans Bellmer.
 

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dimanche 16 août 2020

François Habert (actif entre 1643 et 1652) - Nature morte aux fleurs dans un vase en porcelaine chinoise Blanc) bleu avec un papillon Vulcain ouge sur un entablement de bois


 

François Habert (actif entre 1643 et 1652)
Nature morte aux fleurs dans un vase en porcelaine chinoise Blanc) bleu avec un papillon Vulcain  rouge sur un entablement de bois 
Collection particulière

Que voit-on ? Cette nature morte très estivale  se compose, d’un assortiment de fleurs blanches  (fleurs d’oranger et de fleurs de jasmin mêlées) et jaunes
Sur l'entablement  jonchent quelques fleurs fraîchement tombées du bouquet, symbolise le temps qui passe. Le paillon Vulcain rouge est  comme beaucoup d'insectes représentées dans les natures mortes, aussi le symbole  de la consomption (on disait alors  de la corruption mais ce mot a perdu ce sens) de toute chose.  

Rappel biographique : Peu de choses sont connues avec certitude sur la vie de ce peintre de fleurs et de fruits. Probablement d’origine flamande, il aurait fait son apprentissage dans l’atelier anversois de Jan Davidsz de Heem avant de s’installer à Paris où on le sait actif autour des années 1643-1652. Il fut sans doute  collaborateur de Picart qui, dans sa correspondance avec Matthjis Musson, mentionne ses affaires avec « Monsieur Habert » et, par conséquent, potentiellement marchand de tableaux.
Ses œuvres dévoilent une évolution stylistique sensible et une grande variété iconographique. Celle-ci témoigne non seulement de la proximité de François Habert avec le style sobre et élégant des peintres de la réalité, notamment de Sébastien Stoskopff, mais aussi d’une inspiration flamande. D’autres tableaux, en revanche, où bouquets de fleurs, paniers et de fruits, pans de rideaux et tapis, carafes, crustacés et animaux s’entremêlent, montrent clairement l’influence des compositions foisonnantes et tumultueuses de Pieter van Boucle et de Jean-Baptiste Monnoyer.

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samedi 15 août 2020

Paula Modersohn-Becker (1876-1907) - Nature Morte à la Boîte Bleue


 

Paula Modersohn-Becker  (1876-1907)
Nature Morte à la Boîte Bleue
MAM (Musée d'Art Moderne), Paris

Que voit on? Effectivement il y a bien une boite bleui dans ce tableaux, mais ce que l'on remarque surtout c'est l'orange et le verre vide qui trône sur son couvercle ouvragé. Tout le génie de coloriste de la peintre allemande explose dans l'agencement de ces couleurs sourdes magnifiquement équilibrées par leur complémentaire : l'orange vif

Rappel biographique : Paula Modersohn-Becker est une artiste peintre allemande qui est l’une des représentantes les plus précoces du mouvement expressionniste dans son pays. Originaire de Dresde, Paula Becker s'engage dans des études de peinture et rejoint les artistes indépendants réunis dans le village de Worpswede, qui prônent un retour à la nature et aux valeurs simples de la paysannerie. Elle y épouse le peintre Otto Modersohn. Le manque d'audace des peintres dits Worpswediens, toutefois, la pousse à s'ouvrir aux inspirations extérieures et à effectuer des séjours répétés à Paris, auprès de l'avant-garde artistique. Au cours des quatorze courtes années durant lesquelles elle exerce son art, elle réalise pas moins de 750 toiles, 13 estampes et environ un millier de dessins. Son style est le fruit d'influences multiples, aux confins de la tradition et de la modernité. Sa peinture présente des aspects mêlant l'impressionnisme de Cézanne, van Gogh ou Gauguin, le cubisme de Picasso, le fauvisme, l'art japonais ou encore l'art de la Renaissance allemande. La force expressive de son œuvre résume à elle seule les principaux aspects de l’art au début du 20e siècle.
Elle meurt prématurément а trente-et-un ans, des suites d'un accouchement.

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vendredi 14 août 2020

Giuseppe Arcimboldo (1527-1593) - Aqua

 


Giuseppe Arcimboldo (1527-1593)
Aqua
Kunsthistorisches Museum, Vienna

Que voit on ?   Selon sa technique bien connue, Arcimboldo a dressé un portrait de l'eau (Aqua)  qui est aussi une nature morte  où sont rassemblées  toutes les richesses naturelles que l'on pouvait trouver: dans l'eau (douce aussi bien, que salée) :  poissons, mollusques, crustacés, coquillages et leurs perles (oreilles), petit mammifère marin (nez), coraux (devant du chapeau) , vers marins et algues (cheveux), poulpes, anguilles... la liste est complète.

Rappel biographique : Le peintre italien Giuseppe Arcimboldo est issu d’une famille de peintres.
Il commence à se faire connaître à 24 ans en travaillant avec son père, artisan peintre à la cathédrale de Milan où il réalise alors des cartons de vitraux. Là, il se fait remarquer par Ferdinand de Bohème qui lui commande cinq blasons pour la cathédrale. En 1562, il est appelé à Prague au service de Ferdinand Ier du Saint-Empire pour être le portraitiste de la famille impériale. Peu après son arrivée à Prague Giuseppe Arcimboldo commence la première série des Quatre saisons et révèle ce style pictural surprenant : les « têtes composées » portraits caricaturaux (ghiribizzi) ou allégoriques formés d’une juxtaposition de fruits, légumes, végétaux, symbolisant les saisons ou les métiers. Cette œuvre suscite un engouement considérable à la cour. Il peindra d’autres séries des quatre saisons en 1572 et 1573. Si l'on considère Arcimboldo comme un novateur dans la systématisation de ses portraits, il faut se rappeler qu'à son époque il existe déjà une tradition, depuis l'antiquité, de masques bachiques ou hellénistiques, formés d'éléments pris dans la Nature. Plusieurs des artistes de la Renaissance artistique, dont Léonard de Vinci et Jérôme Bosch, s’étaient déjà intéressés aux faciès monstrueux, aux portraits déformés par des jeux de glace, ainsi qu’aux compositions à base d’éléments détournés.
Si Arcimboldo n'a pas eu d’élève, il a inspiré de nombreux copistes en son temps et le genre des têtes composées se perpétue aux 17e et 18e siècles. Il est repris au 19e siècle par les caricaturistes. Il est redécouvert au 20e siècle par les surréalistes, adeptes du jeu de mots visuel.

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jeudi 13 août 2020

ZinaïdaSerebriakova (1884-1967) - Nature morte au panier de pommes et miche

 

Zinaïda Serebriakova (1884-1967)
Nature morte au panier de pommes et miche, 1948
Tetriakov Gallery, Moscou

Que voit on ? Un panier en osier à anse tressée rempli d'une abondante récolte de pommes. Deux d'entre elles ont été posées sur un entablement verni dans lequel elles se reflètent.  Contre le panier d'osier, reposant encore sur le torchon blanc à liseré rouge dont on vient à peine de la dégager  : une miche de pain, dorée a point et  que l'on imagine à souhait, présentée comme un objets précieux (ce qu'elle est aux yeux de la peintre qui traversa  souvent des moments difficiles).
A droite de la composition : un cake aux fruits déjà largement entamé...   

Rappel Biographique : Zinaïda Serebriakova se trouvait dans la propriété familiale de Neskoutchnoïe, lorsqu'éclata la Révolution d'Octobre et sa vie se trouva brutalement transformée. Son mari Boris mourut en 1919 du typhus contracté dans les prisons bolchéviques. Ruinée après la confiscation des biens familiaux et sans argent avec quatre enfants et sa mère malade à charge, elle abandonna l'huile pour dessiner au fusain et au crayon. Elle refusa de dessiner dans le style futuriste en vogue ou de faire les portraits de commissaires politiques puissants. Elle trouva donc un emploi au musée archéologique de Kharkov où elle était chargée de reproduire les collections du musée. Elle décida finalement de déménager à Petrograd en décembre 1920 chez son grand-père. Son grand appartement avait été divisé en chambres communautaires (les kommunalka), mais heureusement avaient été attribuées à des artistes et acteurs de théâtre. Zinaïda en partageant cet appartement communautaire put dessiner leurs portraits et reprendre des forces morales.
Cependant la situation devenant de pire en pire et la ville souffrant de la faim (suites de la guerre civile entre les communistes et les armées blanches), elle se résolut à émigrer à Paris en 1924.
Arrivée à l'automne 1924 à Paris, où elle reçoit commande de grands panneaux. Zinaïda Serebriakova ne peut plus retourner en Russie, où sont restés ses enfants et sa mère (ses deux cadets la rejoindront plus tard). Elle profite de voyages en Afrique (sous passeport Nansen) grâce à l'invitation du baron Jean de Brouwer, son mécène belge, en 1928 et en 1930 et se rend au Maroc. Elle est fascinée par les paysages de l'Atlas et dessine des femmes arabes et des paysages aux couleurs vives. Elle séjourne avec son mari à Camaret en 1925 et 1926 et revient en Bretagne en 1934, cette fois-ci à Pont-l'Abbé, puis à Lesconil et à partir de 1937 à Concarneau.
À cette époque, elle peint un cycle de tableaux consacrés à la Bretagne et aux marins, représentant aussi de nombreux portraits de bigoudènes. Elle reçoit la nationalité française en 1947
Après la mort de Staline, elle arrive à reprendre contact par courrier avec ses proches restés en Russie et plus encore à l'époque de Khrouchtchev. Une grande exposition rétrospective de ses œuvres se tient en URSS en 1960, après 36 ans d'absence, organisée par sa fille Tatiana, décoratrice au théâtre d'art de Moscou. À partir de 1966, ses tableaux sont de plus en plus exposés en Union soviétique, surtout à Moscou, Léningrad et Kiev.

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2020 - Men Portraits
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mercredi 12 août 2020

Felix Vallotton (1865-1925) - Pois de senteur




Felix Vallotton (1865-1925)
Pois de senteur, 1924
Collection privée

Que voit on ? Une fleur rarement peinte isolée dans les,natures mortes  sans doute parce qu'elle est  trop fragile à conserver coupée. Valotton les dispose dans un pot cruche a anse en céramique vernissée et tire tout le partie de leurs magnifiques couleurs en les présentant sur une nappe à motif indien, aux coloris très vifs, bordés des noir.

Rappel biographique : Félix Vallotton, peintre d'origine suisse naturalisé français en 1900, est un artiste à cheval sur deux siècles, deux pays et plusieurs tendances esthétiques, des Nabis à la Neue Sachlichkeit (Nouvelle Objectivité). S'il est aujourd'hui moins connu en France qu'en Suisse, c'est pourtant à Paris, dans les années 1890, que ses gravures sur bois novatrices lui ont valu une renommée qui s'est rapidement étendue à l'Europe entière. Tout au long de sa vie le " Nabi étranger ", comme il était surnommé, s'est intéressé à une gamme étendue de sujets récurrents - intérieurs, toilettes, nus féminins, paysages, natures morte, rendus étranges par son style lisse et froid, aux couleurs raffinées, aux découpages et aux cadrages audacieux. Et bien qu'il ne fût pas toujours compris par la critique de son temps, Vallotton a su s'imposer comme une figure en vue de la scène artistique parisienne et trouver sa place dans le courant moderne, notamment en participant à de nombreuses manifestations internationales d'avant-garde devenues mythiques. C'est surtout à partir de 1910, que Félix Vallotton s’intéresse au genre de la nature morte et le transforme dans chacune de ces toiles.

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mardi 11 août 2020

Anne Vallayer-Coster (1744-1818) - La jatte blanche

 

Anne Vallayer-Coster (1744-1818)
La jatte blanche, 1810
Collection Privée

Que voit-on ?   Sur un entablement de bois uen soupière ouverte (la jatte blanche) avec une louche à l'intérieur prête à servir une bonne assiette de soupe.  A l'arrière plan, partiellement caché par la soupière : une carafe d'eau et une bouteille de vin. Au premier plan soigneusement protégé dans un linge blanc que l'on vient à peine de déplier,  un morceau de pain. Le pain, le vin et la soupe furent pendant très longtemps l'essentiel des repas français.

Rappel biographique : Peintre officielle de la reine de France Marie-Antoinette, Anne Vallayer-Coster fut aussi douée pour les natures mortes que Jean-Baptiste-Siméon Chardin.. Fille d’orfèvre de la cour, elle passa son enfance dans la manufacture de tapisserie des Gobelins où résident ses parents. Elève de Madeleine Basseporte et de Joseph Vernet, Anne Vallayer entra à l’Académie royale de peinture en 1770 qui comptaient alors 12 femmes. Inspirées par les natures mortes et les « vanités » des maîtres flamands du XVIIe siècle, ces compositions sont souvent riches de symbole, les fruits par exemple ont des valeurs symboliques, les cerises évoquent les fruits du Paradis, les pommes et les pêches le fruit défendu, les raisins la rédemption et l’intérieur de la noix la Croix du Christ. Son travail semble scruter et traduire « À l’infini » le monde visible de la beauté des choses et leur précarité,….Echappant, grâce a son talent aux purges révolutionnaires et traversant le Premier Empire avec grâce, elle poursuivit sa carrière de peintre avec succès jusqu’à sa mort  sous la Restauration.

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lundi 10 août 2020

Jan van Tongeren (1897-1991) - Still life with Chrysanthemum,





Jan van Tongeren (1897-1991) 
Still life with Chrysanthemum, 1932 
 Private collection

 Que voit on ? Un très beau travail sur les reflets  (sur les deux bouteilles en verre noire) dans la grande tradition des natures mortes de l'âge d'or hollandais, intelligemment mis au goût du 20e siècle.  

Rappel biographique : Jan Van Tongeren a été principalement inspiré par les mouvements picturaux autour de l'art déco eu du Bauhuas. On retrouve beaucoup de similitudes entre sa façon de peindre et celle de Tamara de Lempicka  mais avec une forte influence des peintres hollandais du XVIIe siècle.  Le mixage artistique entre les spécificités du XVIIe siècle hollandais et les trouvailles de l'Art Déco donne un style très personnel aux toiles de ce peintre.

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dimanche 9 août 2020

Paul Lelong (1799-1846) - Nature-morte aux instruments du peintre, pain et verre de vin


 

Paul Lelong (1799-1846)
Nature-morte aux instruments du peintre, pain  et verre de vin
Collection privée

Que voit on ? Exactement ce que décrit le peintre  dans son titre sauf... le pot de confiture de groseilles qui apparait à gauche de la composition. Gourmand, donc  il devait l'être cet architecte artiste à ces heures et qui reconduisait de toiles en toiles le même type de composition  !

Rappel Biographique : Paul Lelong, plus connu pour ses talents d'architecte que ses talents de peintre, fut élève de Châtillon à l'école des Beaux-Arts de Paris et participa au concours du Grand prix de Rome, en 1816. En 1827, il est l'architecte du Grand Bazar de l'Industrie Française ou Bazar de l'Industrie, à l'angle du boulevard Poissonnière et de la rue Montmartre. Paul Lelong est aussi chargé de faire le percement de la Rue de la Banque et de construire les bâtiments publics sur la rue : bâtiment du Timbre et de l'Enregistrement, caserne des Gardes de Paris, mairie du 2e arrondissement. Une rue parisienne  qui se trouve à proximité de ses édifices porte d'ailleurs son nom. Il est aussi l'auteur de l'Hôtel Talma (9 rue de la Tour-des-Dames), classé Monument Historique.
Ses peintures du dimanche et notamment ses natures mortes joliment faites, inconnues jusqu'à il y a très peu de temps, apparaissent depuis quelques années sur le marché notamment britannique et connaissent un certains succès.
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samedi 8 août 2020

Paul Cézanne (1839-1906) - Nature morte avec Bouteilles, Verre et Citrons


 

Paul Cézanne (1839-1906)
Nature morte avec Bouteilles, Verre et Citrons, c. 1867-69)
Huile sur toile , 35.5 x 25.4 cm.
Yale University Art Gallery, New Haven

Que voit on  ? Sur un entablement gris blanc  :  deux bouteilles dont une à la forme de gourde aplatie, (comme les gourdes des bergers) un verre à pied remplie au quart de son volume de vin rouge deux citrons et dans doute au premier plan un couteau courbe.

Rappel biographique : Parmi les quelques 900  tableaux et 400 aquarelles que Paul Cézanne,  ce sont  les natures mortes qui arrivent en tête , et notamment les pommes qui arrivent en tête de ses premières « obsessions picturales ». Pour Cézanne, la nature morte est un motif comme un autre, équivalent à un corps humain ou à une montagne, mais qui se prête particulièrement bien à des recherches sur l'espace, la géométrie des volumes, le rapport entre couleurs et formes : « Quand la couleur, est à sa puissance, la forme est à sa plénitude » disait-il. Incomprises en leur temps, les natures mortes de Cézanne sont devenues depuis lors l'un des traits caractéristiques de son génie.

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vendredi 7 août 2020

Carl Moll (1861-1945) - Speisezimmer


 


Carl Moll (1861-1945)
Speisezimmer
(Salle à manger)
Collection privée

 Que voit-on ?   Un intérieur autrichien baignant dans une lumière estivale qui présente une table de salle à manger  impeccablement décorée pour 8 convives avec au centre de la table un magnifique bouquet de fleurs 

Rappel biographique : Le peintre et directeur de galerie  autrichien Carl Molll a étudié à l'Académie des beaux-arts de Vienne. En 1897, il est un des cofondateurs  vec Gustav Klimt.de la Sezession, courant autrichien de l'Art nouveau. Disciple du peintre Emil Jakob Schindler, à qui il consacra une monographie, il joua un rôle important dans la promotion de la Sécession viennoise. Selon l'architecte Otto Wagner, il était « un peintre doué d'un solide sens des affaires ». Il fut l'amant, puis le mari d'Anna Sofie Schindler, la mère d'Alma Mahler. Sympathisant nazi, il se  suicida à l'arrivée de l'Armée Rouge en avril 1945.

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jeudi 6 août 2020

Marc Chagall (1887-1985) - Nature morte aux fleurs et fruits



Marc Chagall (1887-1985)
Nature morte aux fleurs et fruits, 1939
Gouache sur papier, 56,6 x 44,5 cm
Collection privée (via Sotheby's)

Que voit-on ?  Sur un entablement carré  qui laisse voir en perspective le sol au dessus duquel il est posé : un panier fait de fines lamelles de bois   et contenant quelques fruits et légumes ; un pot  à olives en céramique vernissée contenant un bouquet de bleuets ; une carafe bouchée contenant visiblement  de l'eau  que l'on imagine très fraîche.

Rappel biographique : Le peintre français d'origine biélorusse Marc Chagall est l'un des plus célèbres artistes installés en France au 20e siècle avec Pablo Picasso. Son œuvre, sans se rattacher à aucune école, présente des caractéristiques du surréalisme et du néo-primitivisme. Inspirée par la tradition juive, la vie des villages juif en Europe de l'Est et le folklore russe, elle élabore sa propre symbolique, autour de la vie intime de l'artiste. L'emploi de la couleur chez Chagall est très personnel. Dans ses illustrations de La Bible et Le Message biblique, notamment, on voit qu'une barbe peut être tour à tour violette, bleue ou verte. Il renverse les impressions chromatiques habituelles, et emploie la palette pour structurer l'espace de la toile davantage que pour traduire la réalité. " Mon cirque se joue dans le ciel, disait il, il se joue dans les nuages parmi les chaises, il se joue dans la fenêtre où se reflète la lumière " .

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mercredi 5 août 2020

Gustave Courbet (1819-1877) - Nature morte aux pommes, liqueur, noisettes et poires

 


Gustave Courbet (1819-1877)
Nature morte aux pommes, liqueur, noisettes et  poires, 1872
Collection privée

Que voit on ? Une des plus belles natures mortes que Courbet a peint et il  en a peint beaucoup. Ce qui est intéressant dans celle-ci, bien que le vernis n'ait pas très bien passé l'épreuve du temps, c'est le contraste entre les pommes très lumineuses de même que le verre de vin et le couteau  et les éléments de l'arrière plan présentées dans une pénombre très progressive allant de la bouteille de liqueur aux noisettes pour aboutir finalement aux deux poire à peine entrevues dans le fond de la composition. Sachant que ce fond de composition sombre était en réalité la première chose peinte par Courbet dont la technique consistait  à enduire sa toile d’un fond sombre, presque noir, à partir duquel il remontait vers la clarté.

Rappel biographique : Le peintre et sculpteur français, Gustave Courbet est principalement reconnu pour le réalisme de ses œuvres opposées aux critères de l'académisme et transgressant la hiérarchie des genres, comme Un enterrement à Ornans (1850), qui provoqua le scandale chez ses contemporains. Anticlérical, ami de Proudhon et proche des anarchistes, il fut l'un des élus de la Commune de Paris de 1871. Accusé d'avoir fait renverser la colonne Vendôme, il fut emprisonné et est condamné à la faire relever à ses propres frais. Réfugié en Suisse, il meurt avant d'avoir commencé à rembourser.
En 2013, un dossier plaidant pour le transfert de la dépouille de Gustave Courbet (conservée dans le cimetière d’Ornans depuis 1919) vers le Panthéon est déposé par le psychiatre Yves Sarfati auprès du président des Centre des monuments nationaux Philippe Bélaval. La proposition d’hommage posthume à l’artiste apparaît lors du colloque Transferts de Courbet à Besançon en 2011. Il est appuyé par une tribune de Thomas Schlesser dans le Quotidien de l’art du 25 septembre 2013 (numéro 250), où il est affirmé que « la République a une dette envers sa mémoire » ; puis par une tribune dans la rubrique « idées » du Monde d’Yves Sarfati et de Thomas Schlesser, où il est dit qu’ « en honorant Courbet, c'est l'engagement républicain et la justice, que l'on honorerait », qu’ « en honorant Courbet, c'est le monde d'aujourd'hui et celui des Beaux-arts, que l'on honorerait »...

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mardi 4 août 2020

Vincent van Gogh (1853-1890) - Glaïeuls






Vincent van Gogh (1853-1890)
Glaïeuls, 1886
Collection privée

 Que voit on ?  Bien que ses portraits et paysages soient ses œuvres les plus connues, Van Gogh a peint un nombre assez considérable de natures mortes. Un bouquet de glaïeuls blancs, jaunes et rouges dans un vase en céramique décorée. L'un deux git sur l'entablement....
Ici sa façon de peindre est à mi-chemin entre les œuvres de jeunesse et les œuvres Saint-Rémoises ou Arlésiennes. 

Rappel biographique : Le peintre franco-hollandais Vincent van Gogh a peint énormément de natures mortes dont les plus célèbres sont sans doute constituées par la série des sept tableaux "Les tournesols " qu'il peignit à Arles entre Août 1888 et Janvier 1889. D'autres natures mortes moins célèbres permettant de passer en revue à peu près tous les styles du peintre, ont été exécutées à diverses époques de sa vie. Van Gogh peignait sur des toiles souvent déjà apprêtées, qu'il pouvait réutiliser, soit en grattant l'œuvre précédente, soit en la recouvrant d'une nouvelle couche. Il employait certains pigments instables, entraînant une modification des couleurs sous l'effet de la lumière, dont la laque géranium qui perd sa teinte rouge avec le temps. Les couleurs originelles sont donc souvent perdues, entraînant des difficultés de restauration. Pour certains tableaux les restaurateurs ont décidé de ne pas « recoloriser » le tableau, mais se sont contenté de stopper les dégradations et de proposer un éclairage avec des filtres colorés pour restituer les teintes d'origine.
Pour les historiens de l’art, Van Gogh est un précurseur qui a ouvert à la peinture de nouvelles voies. Par exemple, Derain et Vlaminck sont directement rattachés à l'art de Van Gogh « par l'emploi de couleurs pures en larges touches ». Pour les amateurs d'art, il reste un maître à l’égal de Leonard de Vinci ou de Rembrandt avec une production très importante et une trajectoire artistique fulgurante en durée et par ses styles. Pour d'autres par contre, comme Salvador Dali, dont les avis à l'emporte pièce étaient connus, Van Gogh était " tout sauf un peintre ". Pour le grand public, l'œuvre de Van Gogh est aujourd'hui accessible dans les plus grands musées du monde.
Dans sa dernière lettre, trouvée dans sa poche le jour de son suicide, Vincent van Gogh écrit : « Eh bien vraiment nous ne pouvons faire parler que nos tableaux »

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lundi 3 août 2020

Nicholas Roerich (1874-1947) - Flowers in a vase

 

Nicholas Roerich (1874-1947)
Still life - Flowers in a vase. 1938
Private  collection

Que voit on  ? Un bouquet de fleurs jaunes dans un vase en verre transparent posé sur un entablement informe.  Roerich qui était un grand peintre de montagnes est moins connu pour ses nature mortes qui sont pourtant splendides et toujours  colorées comme pour hypnotiser le spectateur

Rappel biographique :   Le peintre Nicholas Roerich connu aussi sous le nom de Nikolai Konstantinovich Rerikh (Никола́й Константи́нович Ре́рих) est une figure très importante de la peinture de montagne au début du XXe siècle, mais pas seulement .... Il était aussi écrivain, archéologue, théosophe orthodoxe russe, perçu par beaucoup  en Russie comme un éclaireur, un philosophe et une personnalité politique.
Né à Saint-Pétersbourg, en Russie, il a vécu dans divers endroits du monde jusqu'à sa mort à Naggar, Himachal Pradesh, Inde.  Après la Révolution d'Octobre et la prise du pouvoir par la minorité  bolchevique de Lénine, Roerich se mit à douter de l'avenir politique de la Russie. Au début de 1918, il émigre avec sa famille en Finlande. Après quelques mois en Finlande et en Scandinavie, les Roerich déménagent à Londres. À l'automne 1920, les Roerich se rendent en Amérique et restent  aux États-Unis d'octobre 1920 à mai 1923. Après avoir quitté New York, les Roerich entame  la «Roerich Asian Expedition»  qui dura cinq ans qui, selon les propres mots de Roerich : « partait du Sikkim en passant par le Pendjab, le Cachemire, le Ladakh et les montagnes du Karakoram. , Khotan, Kashgar, Qara Shar, Urumchi, Irtych, les montagnes de l'Altaï, la région d'Oyrot en Mongolie, le Gobi central, le Kansu, Tsaidam et le Tibet " avec un détour par la Sibérie et  jusqu'à Moscou où il revient en 1926.
En 1929, Nicholas Roerich est présenté pour le Prix Nobel de la Paix par l'Université de Paris. Il sera présenté a deux autres reprises den 1932 et 1935, sans jamais l'obtenir pour autant. Qu'importe son travail pour la de paix aboutit à la création de la Pax Cultura, une sorte de  "Croix Rouge" de l'art et de la culture. Son action pour cette cause a également conduit les États-Unis et les vingt autres nations de l'Union panaméricaine à signer le Pacte Roerich le 15 avril 1935 à la Maison Blanche.
Le Pacte Roerich reste aujourd'hui encore l'un des premiers instruments internationaux de protection des biens culturels.
Pendant la Seconde Guerre mondiale,  Roerich séjounra en Inde où il peiignit des thèmes épiques héroïques et saints russes. Gandhi se souvenant  des  jours passés avec la famille de Roerich écrira : "Roerich  reste gravé  dans ma mémoire. C'était un homme aux  connaissances  très étendues et d'une très grande  expérience,; un homme au grand cœur, profondément influencé par tout ce qu'il observait. Au cours de la visite, des idées et des réflexions sur une coopération plus étroite entre l'Inde et l'URSS ont été exprimées ».
Actuellement, le Nicholas Roerich Museum de New York est une institution majeure pour le travail artistique de Roerich. De nombreuses sociétés Roerich continuent de promouvoir ses enseignements théosophiques dans le monde entier. Ses peintures peuvent être vues dans plusieurs musées dont le département Roerich du Musée national des arts orientaux de Moscou; le musée Roerich au Centre international des Roerich à Moscou; le Musée d'État russe à Saint-Pétersbourg, en Russie; une collection à la galerie Tretyakov à Moscou; une collection dans l'Art

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2020 - A Still Life Collection
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