mardi 31 mars 2015

Pierre-Antoine Lemoine (1605-1665)



Pierre-Antoine Lemoine (1605-1665)
Fruits sur un entablement (1650)
Collection Privée

Que voit-on ?  Sur un entablement de pierre sculptée: des pêches, des raisins et des feuillages de même et une petite porcelaine en arrière plan. Autant de textures diverses et remarquablement rendues, ce qui est la caractéristique de ce peintre.

Rappel biographique : le peintre français Pierre-Antoine Lemoine appartient à ce corpus de peintres du début du 17e siècle dont peu d'éléments nous sont parvenus mais qui semble avoir été très considéré en son temps : « Pierre Antoine Le Moine de Paris peignit les fruits avec beaucoup de finesse & de légèreté. » L'artiste fut pourtant totalement oublié jusqu'à la réapparition, sur le marché de l'art en 1992, de son morceau de réception à l'Académie Royale de Peinture et de sculpture. Également musicien, il bénéficia de recherches en archives par Michel Faré et Claudia Salvi,  laquelle a récemment remarqué que ce morceau de réception constituait « un évènement très important pour l'histoire de la nature morte en France  au 17e siècle »
« Vous estes prié d'assister au Convoy, Service et Enterrement de Monsieur le Moine, vivant Peintre du Roy en son Académie Royale de Peinture et Sculpture, ordinaire de la musique de la Chambre de Sa Majesté et de Monsieur ; décédé en sa maison, rue des Déchargeurs, qui se fera Jeudy, 20 Aoust 1665, à dix heures du matin, en l'église de St Germain l'Auxerrois, sa Paroisse, où il sera inhumé; les Dames s'y trouveront s'il leur plaist. »
Membre d'une maîtrise vieillissante, et malgré les avis défavorables de Charles Le Brun   et d'Eustache Lesueur,  Lemoine est admis à  l'Académie en 1654 et il en deviendra un membre important et remarqué puisque son " morceau de reception " sera offert en présent au cardinal de Mazarin. En 1657, il est chargé « d'orner le logis » du chancelier Pierre Séguier, ce qui parachève de le rendre célèbre.  Les œuvres de Lemoine (environ quatre toiles signées à ce jour), prouvent à elles-seules combien l'artiste avait la maitrise du réalisme des fruits, un sens de l'observation aiguisé et possédait l'art de la traduction des saveurs. À une remarquable qualité picturale parvenue jusqu'à nous, s'ajoute en effet, une certaine volupté des textures fruitières, dans une tradition française alors principalement représentée par Pierre Dupuis, et  un talent de coloriste enthousiasmant.

lundi 30 mars 2015

Jean-Baptiste Oudry (1686-1755)



Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) 
Nature morte avec singe chapardeur, fruits et fleurs (1724)
Art Institute Chicago

Que voit-on ? Dans un décor de jardin qui présente à la fois une nature morte florale (en haut du muret) et une nature morte de fruits (en bas du muret), un singe capucin plongeant  délicatement sa main dans la corbeille de fruits en argent qui contient, pêches, melon etraisins pour en extraire quelques grappes a cet univers de tentations succulentes !

Rappel biographique : Le peintre et graveur français Jean-Baptiste Oudry est surtout célèbre pour ses peintures de chiens de chasse, ses natures mortes animalières et ses animaux exotiques. Fils de Jacques Oudry, maître peintre et marchand de tableaux sur le pont Notre-Dame, et de sa femme Nicole Papillon, qui appartenait à la famille du graveur Jean-Baptiste-Michel Papillon, Jean-Baptiste Oudry étudia tout d'abord à l'école de la maîtrise de Saint-Luc, dont son père était directeur. Il fut placé ensuite chez le peintre  Nicolas de Largillière, dont il devint bientôt le commensal et l'ami. 
Après avoir peint quelques sujets religieux et un portait du tsar Pierre 1er, il rencontre le marquis de Beringhen, premier écuyer du roi. Cette rencontre est décisive car le marquis commande à Oudry de nombreux ouvrages pour le roi. Dès lors on octroie  à Oudry un atelier dans la cour des princes aux Tuileries et un logement au Palais du Louvre où il forma un cabinet renommé. 
Oudry suivait les chasses royales et faisait de fréquentes études dans la forêt de Compiègne.
L'intendant des finances,  Fagon, le prit a son service et le chargea  de rétablir la manufacture de Beauvais, tombée en décadence. Oudry s'adjoignit  Boucher et Natoire pour exécuter la copie des tableaux. On lui confia également l'inspection de la manufacture des Gobelins, où l'on exécutait les tapisseries des chasses du roi d'après ses tableaux.
Jean-Baptiste Oudry a peint le portrait, l'histoire, les chasses, le paysage, les animaux, les fruits, les fleurs ; il a imité les bas-reliefs ; il a fait du pastel, de la décoration ; il aussi gravé à l'eau-forte. On lui doit deux conférences qui furent lues à l'Académie, « Sur la manière d'étudier la couleur en comparant les objets les uns avec les autres » et « Sur les soins que l'on doit apporter en peignant ».  Oudry a laissé un grand nombre de dessins dont  les plus connus sont les 275 dessins qui servirent à l'édition dite des Fermiers généraux des Fables de La Fontaine, gravées par  Charles-Nicolas Cochin. Il est également l'auteur d'un Almanach de rébus paru en 1716.

dimanche 29 mars 2015

Meiffren Conte (1630-1705)


Meiffren Conte (1630-1705)
Nature morte avec Chandelier aux "Travaux d'Hercule" et deux Aiguières.
Château de Versailles (Salon de l'Abondance)

Le peintre français Meiffren Conte ou  Comte connu aussi sous le nom d'Ephren Leconte a commencé sa carrière a Marseille où il est né avant de partir compléter sa formation de peintre à Rome où il est fortement influencé par Francesco Noleti ou Francesco Ferivarino dit le Maltais.
Il travaille à  Paris et Aix-en-Provence avant de revenir s'installer a Marseille. Les natures mortes qui constituent l'essentiel de son oeuvre sont toujours mises en scène dans des décors très somptueux, très évocateur de l'Ecole Napolitaine bien que son goût immodéré pour la représentation de pièces d'orfèvrerie le rapproche souvent et l'a même fait confondre  (pour une de deux de ses toiles au moins) avec Jan Davidz de Heem.
La somptuosité de ces sujets le destinait  en priorité a figuré sur murs ou  les décors muraux des plus riches châteaux d'Europe au premier rang desquels le Château de Versailles où cette nature morte figure en bonne palace dans  le bien nommé Salon de l 'Abondance. 

samedi 28 mars 2015

Henri-Horace Roland de La Porte (1724-1793) - Nature morte à la vielle



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Henri-Horace Roland de La Porte (1724-1793)
Nature morte à la vielle (1760)
Musée des Beaux-arts de Bordeaux (France)

Que voit-on ? Sur une table en bois, apparaissent un instrument de musique ancien (la vielle à roue), mais aussi un bocal de pêches au sirop, une partition, deux dés et un cornet placés devant une boite en laque de Chine sur laquelle repose une assiette de raisins et de poires. Dans la pénombre de l’arrière-plan, une étagère murale porte des livres et des étoffes.  Cette nature morte célèbre les plaisirs de la vie : le goût du jeu (le cornet et les dés), les délices de la table (le bocal de pêches, les raisins et les poires) et la musique (la vielle). Mais derrière cette évidence, se dissimulent des allusions philosophiques sur la brièveté de la vie et la limite du savoir avec la partition froissée.
Sur cette dernière, la notation reviendrait peut-être au compositeur Jean-Marie Lemaire qui fut poignardé à son domicile parisien le 23 octobre 1764. D’après Olivier Le Bihan, cette éventuelle attribution donne à la nature morte la dimension symbolique d’un memento mori (« Souviens toi que tu mourras »).

Rappel biographique : Le peintre français Henri-Horace Roland de la Porte  fut un  élève de Jean Batiste OudrySpécialisé dans les natures mortes  animalières , natures mortes avec  fruits mais aussi  trompe l'oeil, De La Porte est reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture avec Vase de lapis, sphère et instruments de musique comme morceau de réception. Peignant de nombreuses natures mortes aux instruments de musique, il expose très fréquemment au Salon de 1761 à 1789. La proximité de son style avec celui de Chardin  a été souvent une source d’erreurs d’attribution comme précisément pour cette nature morte a la vielle encore quelquefois attribué aujourd'hui à Chardin.  Les deux peintres sont pourtant assez différents et leur touche n'a rien de commun. 
En 1765, Diderot écrit, excédé par ce rapprochement permanent entre De La Porte et Chardin  : 
« Dites à ceux qui passent devant Roland de La Porte sans s’arrêter, qu’ils n’ont pas le droit de regarder Chardin. Ce n’est pourtant ni la touche, ni la vigueur, ni la vérité, ni l’harmonie de Chardin ; c’est tout contre, c’est-à-dire à mille lieues et à mille ans. C’est cette petite distance imperceptible, qu’on sent et qu’on ne franchit point. Travaillez, étudiez, soignez, effacez, recommencez, peines perdues. La nature a dit : Tu iras là, jusque là, et pas plus loin que là. Il est plus aisé de passer du pont Notre Dame à Roland de La Porte, que de Roland de La Porte à Chardin. » 

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vendredi 27 mars 2015

Jan Davidsz de Heem (1606-1684) - Nature morte au citron pelé et pivoines


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Jan Davidszoon de Heem (1606-1684)
Nature morte au citron pelé et pivoines
 Musée du Louvre, Paris

Que voit on ? Le thème du citron pelé est très fréquemment traité dans l'oeuvre de Heem et en général en Hollande au 17e siècle.  Il symbolise  la fugacité et la brièveté de la vie. Mis en regard comme ici de fruits pulpeux et de somptueuses vaisselles, il indique au spectateur la prudence devant les richesses  trompeuses de ce monde....

Rappel biographique : Le peintre hollandais Jan Davidszoon de Heem est un des membres d'une véritable dynastie de   peintres, dont quelques uns spécialisés exclusivement dans les nature mortes.  Ses premières œuvres sont dans le style de Balthasar van der Ast (1593/94-1657), son maître. Il travaille ensuite à Leyde et montre un style proche des toiles de Pieter Claesz (1595/97-1661) et de Willem Claesz Heda (1594-1680). En 1636 , il s'installe à Anvers dont il  devient citoyen de la ville, ce qui signifie qu'il y a acquiert respectabilité pour son métier et fortune relative.  Il est le fils du peintre David de Heem le vieux (1570 ?-1632 ?) et le père des peintres Cornelis de Heem (1631-1695) et Jan Jansz de Heem (1650-après 1695). On ne lui connait pas d'autres oeuvres que des natures mortes, le plus souvent florales et dans la grande tradition de la Nature morte hollandaise. Celle-ci qui est composée uniquement de vieux livres aux reliures défectueuses ou inexistantes est une exception dans sa thématique habituelle, même si le message délivré est toujours le même : celui de la fragilité de l'existence humaine, de ses activités... et du savoir.

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jeudi 26 mars 2015

Maerten-Boelema de Stomme (1611-1644)


Maerten-Boelema de Stomme (1611-1644)
Nature morte au Nautile
The Hallwyl Museum, Stockholm

Que voit-on ?  Le sujet principal de cette nature morte est le nautile aux reflets bleutés, monté sur un pieds d'argent finement ciselé qui repose sur une table étroit recouverte d'une nappe assez rustre et sans aucun plis. Devant le nautile :  un plat en étain contenant un citron pelé (symbolisant l'amertume de la vie) dont le zeste pend hors de la table pour marquer la perspective.  Un couteau au somptueux manche de nacre montre la direction d'un Berkemeyer (verre au réceptacle très évasé et conique fabriqué en Allemagne depuis le 15e siècle)  qui gît, couché sur son flanc à l'arrière plan. Quelques noisettes dont certaines sont brisées viennent à peine rappeler qu'un repas très léger ou un simulacre de repas a eut lieu ici.

Rappel biographique : Le peintre hollandais Maerten Boelema de Stomme est un peintre néerlandais de l'époque de l'âge d'or de la nature morte hollandaise. Il en est même un des représentants les plus illustres.  Le surnom  de «le muet» (de stomme) qui lui fut donné se réfère au fait qu'il était sourd et muet. Il signait d'ailleurs ses oeuvres  'M.B. de Stomme'  '"M.B le Muet"). Maerten Boelema était un élève de  Willem Claeszoon Heda (connu aussi comme) Willem Claesz qui fut un des grands maîtres hollandais absolu du genre. Maerten Boelema mourut  jeune, à l'âge de 33 ans. Extraordinaire  histoire que celle de cet artiste qui  a peint toutes les natures mortes que nous connaissons de lui aujourd'hui - c'est à dire une vingtaine -  dans les deux dernières années de sa vie (1642-1644) ! Compte tenu de la perfection de son style, on peut imaginer ce qu'aurait été l'œuvre de ce peintre s'il avait pu vivre plus longtemps. Comme son maitre Claesz, Maerten Boelema est un peintre qui maîtrise parfaitement les transparences et qui a beaucoup peint de Nautiles.

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mercredi 25 mars 2015

François Bonvin (1817-1887)


François Bonvin (1817-1887)
Nature morte à la Bouilloire, Oeuf à la coque et Mouillettes (1883) 
Boijmans Van Beuningen Museum. Rotterdam

Rappel biographique : Le peintre  et graveur français François Bonvin est  considéré par beaucoup comme l'un des meilleurs peintres de genre et de nature morte du 19e siècle. Sa description des milieux modestes dont il est issu est accueillie favorablement par la critique et le marché de l 'art de son temps qui le rapproche souvent dans la thématique choisie par un Le Nain par exemple. François Bonvin fut d'abord influencé par les artistes flamands comme Pieter de Hooch, mais son style évolua assez rapidement pour devenir plus réaliste et ressembler finalement beaucoup à celui de Chardin. Cela ne signifie pas que Bonvin n'a pas sa propre personnalité  qui s'exprime d'ailleurs beaucoup plus dans ses natures mortes que dans ses tableaux de genre. 

mardi 24 mars 2015

Léon Bonvin (1834-1866)


Léon Bonvin (1834-1866) 
Nature morte au panier de pommes avec mousse, poire, noix et pain (1863) 
Walters Arts Museum  (Baltimore)


Le peintre français Léon Bonvin, né dans la banlieue parisienne dans un famille très modeste, eut des ambitions artistiques à un âge très précoce. En grande partie autodidacte, il fut encouragé par son demi-frère aîné François, reconnu parmi les peintres réalistes de Paris, qui lui fournit gratuitement de quoi peindre. Les premiers dessins de Léon Bonvin furent de petites esquisses au fusain représentant son environnement immédiat, des petits dessins  assez sombre.  Gagnant sa vie comme aubergiste, Léon Bonvin commence à peindre des sujets tirés de la nature, des champs de fleurs entourant de sa maison ou des intérieurs d' auberge.
Dans les années 1860, il se consacre exclusivement à l'aquarelle, et peint des paysages et aux  natures mortes  qu'il rend avec une luminosité remarquable qui ne laisse personne indifférent. François Bonvin son frère plus connu, l'a encouragé à étudier le réalisme et la précision du rendu des  maîtres hollandais et flamands. Après son mariage en 1861, la situation financière de Bonvin empire, son auberge perd de l'argent. C'est alors qu'il se rend à Paris pour essayer de vendre ses aquarelles. Il rencontre un  seul marchand d'art qui lui refuse assez sèchement et grossièrement ses toiles. Il a 32 ans.  Le lendemain de cette rencontre, on  le retrouve  pendu dans la forêt de Meudon. Une vente posthume de ses aquarelles a rapporté plus de 8000 francs de l'époque au profit de sa famille qui était dans la misère.
On mesure aujourd'hui la stupidité de ce marchand qui n'a pas su voir le grand talent de Léon Bonvin, talent de dessinateur, de coloriste mais aussi talent novateur dans le choix des sujets... il est un des premiers  en effet à avoir peint presque systématiquement en les rendant beaux, des déchets (ce que l'on appelait aux 18e  siècle "des restes ") mêlés aux sujets de ses natures mortes (pelures de fruits et de légumes, coques vides de fruits secs, feuilles délaissés de légumes vert, miettes de pain...)
Aujourd'hui, les quelques toiles et aquarelles que Léon Bonvin a peint dans sa trop courte carrière sont très présentes dans les collections nord américaines. 

lundi 23 mars 2015

Eugène-Louis Boudin (1824-1898) - Nature morte au potiron



Eugène-Louis Boudin (1824-1898) 
Nature morte au potiron  (1854-1857)
MuMa Le Havre ( France)

Ce que l'on voit et ce que l'on sait : Peinte dans sa jeunesse et ouvertement inspirée des natures mortes de Chardin, la Nature morte au potiron témoigne néanmoins déjà de l’extraordinaire maîtrise de Boudin, et même de sa hardiesse dans des détails comme le potiron, dont la chair orangée garde les traces du découpage irrégulier, et surtout dans la partie gauche comprenant la botte de poireaux et la motte de beurre jaune dans l’assiette. Tandis que le fond vibre de sa touche rapide et fluide si caractéristique, la peinture riche et colorée des légumes confère matérialité et luminosité à la nature morte. Le catalogue des natures mortes de Boudin comprend un nombre important de compositions mettant en scène légumes et fruits, gibier et poissons ou coquillages, parfois associés à des éléments de vaisselle, mais relativement moins de fleurs.

Rappel biographique : Le grand peintre français de paysages, de marines et de plages, Eugène-Louis  Boudin n'a pas peint énormément de natures mortes, mais il en a laissé tout de même un catalogue significatif. On peut comprendre que cet homme qui fut à l'origine de la peinture à l'extérieur de l'atelier, n'ait pas été très attiré par le genre de la nature morte qui est par essence un genre d'atelier.
Eugène-Louis Boudin est considéré comme l'un des précurseurs de l'impressionnisme. Peintre marin, expert en matière de rendu de tout ce qui est lié à la mer et à ses rivages, il peint notamment de nombreux tableaux décrivant la vie des pêcheurs sur les ports et les marchés,  ainsi que celle des familles bourgeoises du 19e siècle sur les plages de Normandie. S'il ne rencontre un succès public relatif qu'à l'approche de la soixantaine, son travail de peintre d’avant-garde est reconnu par les critiques et peintres impressionnistes dès les années 1870, les collectionneurs (Ivan Tourgueniev, Georges Feydeau, puis les Rothschild ou Cary Grant) se mettant dès lors à acheter ses tableaux de paysage mais c'est surtout à partir de 1929, année qui voit Jeanne Lanvin acheter une de ses toiles, que le succès et la reconnaissance lui sont définitivement assurés.
Au cours de sa vie, Eugène-Louis Boudi  a peint près de 4 500 tableaux et laissé autant de dessins, pastels et aquarelles. C'est le musée d'art moderne André-Malraux du Havre qui possède la plus grande collection de tableaux de Boudin, avec 224 peintures dont de nombreuses esquisses et études, toutes exposées. Une grande partie provient du « legs Boudin », comportant 60 toiles et 180 panneaux, reliquat de la vente aux enchères, le 21 mars 1899, des œuvres retrouvées dans son atelier à sa mort. Le Musée Eugène-Boudin de Honfleur possède en outre 93 œuvres de l'artiste. Ce musée a été créé en 1868 par Louis-Alexandre Dubourg, peintre honfleurais et ami de Boudin. Ce dernier enrichit les collections du musée en léguant à sa ville natale 53 de ses œuvres ainsi que 17 œuvres de ses amis (Ribot, Hamelin...).
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dimanche 22 mars 2015

Jean- Baptiste-Siméon Chardin (1699-1799 )- Nature morte avec raisins et grenades (1763)



Jean- Baptiste-Siméon Chardin (1699-1799) 
Nature morte avec raisins et grenades (1763)
Musée du Louvre. Paris

Que voit-on ?  De gauche à droite sur un entablement de pierre, dix éléments très serrés les uns contre les autres voir même imbriqués les uns dans les autres et qui sont : une grenade ouverte masquant une grenade fermée à l'arrière plan, une grappe de raisin blanc chasselat chevauchée par une grappe de raisin rouge muscat elle-même recouverte partiellement sur son extrémité par une autre grappe de raisin blanc débordant de l'entablement  (pour donner la profondeur). Les grappes de raisins blancs et rouges sont posées devant une cafetière en porcelaine et bronze doré à décors de fleurs et présentée par l'anse ; elles masquent toute l'assis de la cafetière. A coté de la cafetière sur un palan intermédiaire entre l'extrémité de la grappe de raisin rouge et la cafetière :  une poire et deux pommes (ou deux prunes?) sur lesquelles reposent un couteau dont seul le manche en ivoire dépasse de l'entablement (là aussi pour appuyer la perspective). Derrière les pommes (ou les prunes) deux verres à pied contenant du vin ou une liqueur légère, l'un presque plein et l'autre presque vide. La lumière vient de la gauche, ce qui  peut laisse supposer que le tableau a été peint le matin. 
Cette nature morte est le pendant de La Brioche présentée aussi sur ce blog.  

Rappel biographique :   Célèbre pour ses scènes de genre et ses pastels, Chardin est aussi reconnu pour ses natures mortes dont il reste le maître incontesté. D'après les frères Goncourt, c'est Coypel qui en faisant appel à Chardin pour peindre un fusil dans un tableau de chasse, lui aurait donné le goût pour les natures mortes. Ces deux tableaux de réception à l'Académie Royale de peinture sont tous deux des natures mortes, La Raie et Le Buffet qui se trouvent aujourd'hui au Musée du Louvre.  Chardin devient ainsi peintre académicien « dans le talent des animaux et des fruits », c'est-à-dire au niveau inférieur de la hiérarchie des genres alors reconnus. Et c'est sans aucun doute Chardin qui va lui donner ses lettres de noblesse et en faire un genre pictural égal, voire même supérieur à bien des égards, aux autres.
Les natures mortes qu'il peindra plus tard (à partir de 1760) sont assez différentes des premières. Les sujets en sont très variés : gibier, fruits, bouquets de fleurs, pots, bocaux, verres...  Chardin semble s'intéresser davantage aux volumes et à la composition qu'à un vérisme soucieux du détail, ou aux  effets de trompe-l'œil. Les couleurs sont moins empâtées. Il est plus attentif aux reflets, à la lumière : il travaille parfois à trois tableaux à la fois devant les mêmes objets, pour capter la lumière du matin, du milieu de journée et de l'après-midi. On peut souvent parler d'impressionnisme avant la lettre.


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samedi 21 mars 2015

Henri Matisse (1869-1954) - Nature morte aux Poissons rouges et Palettes



Henri Matisse (1869-1954)
Nature morte aux  Poissons rouges et Palettes (1914)
Succession Matisse

Les animaux marins et les poissons, fréquents chez Matisse, sont des signes notoires de son évolution vers une peinture simplifiée et synthétique. Son maître, Gustave Moreau lui avait dit avec clairvoyance et d’un léger ton de reproche : « Vous allez simplifier la peinture… » ou encore, «Vous n’allez pas simplifier la peinture à ce point-là, la réduire à ça. La peinture n’existerait plus… ». En effet, les poissons rouges de Matisse sont « simplifiés ». Pour les « synthétiser » il a regardé ceux des estampes japonaises d’Hiroshigé ou d’Hokusaï, même s’il n’en suit pas les sinuosités expressives que l’on retrouve chez nombre d’artistes de la tendance « art nouveau » ; il a vu  au Louvre les dauphins stylisés des vases grecs et a copié (pendant 6 ans) « La Raie » de Chardin, qu’il appelle « la grande nature morte au poisson » ; et surtout il les a observés directement. D’ailleurs il déclara qu’il fallait remplacer le séjour à l’Ecole des Beaux Arts par un long séjour au jardin zoologique.

Le poisson rouge, cet autre placide et silencieux, prétexte à la mobilité de l’œil et à la plasticité de l’espace, sert  les objectifs de condensation, d’identification, de méditation et de repos visuel que Matisse confère à sa peinture. En ce sens, Matisse, très sensible aux œuvres orientales, tapisseries, céramiques et enluminures, qu’il a vu entre 1893 et 1901 à Paris et à Munich, a une vision comparable à celle des artistes orientaux. Aussi n’est ce pas un hasard si le motif du bocal de poissons rouges apparaît dans les œuvres exécutées pendant ou après ses deux voyages au Maroc en 1912-1913. 
C’est une véritable série sur ce motif  du poisson rouge qu’il réalise entre le printemps et l’été 1912, citons : « Poissons rouges sur fond brun » (Copenhague), « Poissons rouges et sculpture » (New York), « Poissons rouges [avec fauteuil] » (Moscou). Apollinaire a constaté à cette époque qu’il y avait beaucoup de « cyprins » dans les salons de peinture ; il parle de sujet à la mode, d’obsession peut-être due aux expositions chinoises. Ceux de Matisse sont bien plus que ça, une métaphore de la peinture contrainte et libérée dans un bocal, un atelier ou un cerveau, un fait coloré qui oriente  le regard, souvent de manière centripète, et organise la toile pour « arriver à l’état de condensation des sensations qui fait le tableau » ; Matisse  aspire dans ces œuvres au rapprochement entre le végétal, l’animal et l’humain que selon lui la renaissance européenne a rendu très difficile.
Après le « Café marocain », la série se poursuit en 1914 et 1915 avec Intérieur, bocal de poissons rouges  et  cette Nature  morte aux  Poissons rouges et Palettes 

A propos de ce tableau, Matisse écrit à Camoin en octobre 1914 : « Je fais un tableau, c’est mon tableau des Poissons rouges, que je refais avec un personnage qui a la palette à la main et qui observe (harmonie brun-rouge) ». Il accompagne sa lettre d’un dessin où le personnage assis à droite contemple l’installation, l’arrangement  du bocal, de la plante et du fruit. A l’hiver dans l’œuvre finale le personnage a laissé place à un enchevêtrement de lignes et de stries qui rapprochent les plans, à l’image d’un rideau où d’une fenêtre bougée. La table et le récipient de l’œuvre précédente ont été remplacés par une zone brune où une palette rectangulaire et un doigt blancs pointent vers le bocal cylindrique neigeux. Cet ensemble rappelle l’extrémité d’un piano avec son pupitre et sa partition ; de même un lutrin se dessine dans les ferronneries qui encadrent de leurs accolades en cœur la sellette aux notes rouges. Dans le triangle métronome du ciel marin la barre d’appui devient une bôme et la toile donne de la voile. Au-dessus du fruit d’or une fois de plus une petite plante verte joint l’eau du bocal au bleu du ciel. Par le bleu blanc rouge brun, Matisse est parvenu à l’harmonie musicale qu’il recherchait et à une résonance de la guerre déclarée en août 1914.
Il y aura d’autres œuvres avec des poissons rouges avec des personnages méditatifs à leurs côtés en 1923 et 1929. 

Extraits de textes de Christian Lassalle / pebeo  

Ce blog a publié plusieurs natures mortes de ce peintre. Pour toutes les retrouver cliquez sur l'onglet libellé et retrouver le nom du peintre.

vendredi 20 mars 2015

Louisa Matthíasdóttir (1917-2000)



Louisa Matthíasdóttir (1917-2000)
Still life with Frying Pan and Red Cabbage (1979)

Tate Modern

La peintre américaine d'origine Islandaise  Louisa Matthíasdóttir fut élève de
Marcel Gromaire  à Paris avant de s'installer aux Etats-Unis en 1942 où elle suivit un temps l'enseignement de  Hans Hofmann.
Durant les trois dernières décennies de sa vie, Louisa Matthíasdóttir a principalement peint des paysages d'Islande, des autoportraits  et des natures mortes  dite "de table". Ses objets très stylisés et sa palette de couleur la classent parmi les peintres les plus emblématique d'Islande, car même si elle vécut aux Etats-Unis, une grande partie de sa vie, sa source d'inspiration fut bel et bien  toujours l'Islande.   Ses ouvres sont visibles dans les plus grandes collections publiques à travers le globe. 

jeudi 19 mars 2015

Justine Reyes (bn 1978)


Justine Reyes (bn 1978) 
Still life with Sugar Plums and containers


La photographe américaine Justine Reyes, vit et travaille a New York. Son travail depuis 2000 s'emploie à renouveler l'art de la nature morte en y introduisant des sujets très typiques de notre époque (ici deux containers à fruits en plastique) et en les mettant en scène dans un style hyper classique à mi-chemin entre celui des maîtres hollandais du 17e et des grands peintres américains de natures mortes des 18e et 19e siècle. Elle est diplômée en art de l'université de Syracuse et du San Francisco Art Institute et  ses ouvres sont déjà présentes dans de nombreuses prestigieuses collections. aux Etats-Unis.  

mercredi 18 mars 2015

Gustave Courbet (1819-1877) - Trois pommes rouges, à Sainte Pélagie, 1871



Gustave Courbet (1819-1877)
Trois pommes rouges... à Sainte Pélagie - 1871
Collection privée


Que voit on ? Un ensemble de pommes rouges et présentées, à même le sol,  sous différents angles. Cette  nature morte des années 1871-1872 est directement liés à la détention de Gustave Courbet à Ste Pélagie.  Sur cette nature morte, figure l'inscription Sainte Pelagie. Courbet clame ainsi, avec ostentation, sa captivité vécue comme une cruelle injustice. Il le fera également d'une manière officielle, en  la présentant  au Salon de 1872 . Le tableau sera refusé par un jury “ offusqué d'une audace aussi inconsciente ”.
Pendant sa détention Courbet 'attache à quelques fruits (des pommes le plus souvent) posés sur le rebord d’une fenêtre, au pied d'un arbre ou directement sur le  sol. Ces fruits devenant les métaphores de sa solitude, de sa tristesse. Pourquoi cet emprisonnement ?  Fidèle à son attitude de révolté, et après avoir refusé la Légion d'Honneur que lui offrait le gouvernement impérial, le peintre, depuis longtemps engagé politiquement, en vint à jouer un rôle dans la chute de l'Empire. Élu Président de la Fédération des artistes, tout en déployant une énergie remarquable pour préserver les richesses des Musées Nationaux pendant le Siège et pendant la Commune, il demande, dans une lettre au gouvernement provisoire, la destruction de la colonne de la place Vendôme, symbole de L'Empire. La colonne fut abattue quelques mois plus tard. Reconnu complice, Courbet fut condamné à six mois de prison et à cinq cents francs d'amende. Cette calomnie transforma la fin de sa vie en un long calvaire. Le 22 septembre 1871, il est incarcéré à la prison Sainte-Pélagie à Paris, cellule 4. Il reçoit les visites de sa sœur, Zoé Reverdy, qui lui apporte des fleurs et des fruits et le 2 novembre, on lui donne une palette et des pinceaux. N'ayant pas l'autorisation de recevoir des modèles vivants, Courbet renoue avec les natures mortes peintes dix ans auparavant.
Malade, et prisonnier sur paroles, il est hospitalisé à partir du 6 janvier 1872 à la clinique du Docteur Duval de Neuilly. Les lettres de Zoé Reverdy à Alfred Bruyas*, de janvier à mai 1872, nous apprennent que “ Gustave peint des fleurs et des fruits...”“ Gustave est enthousiasmé de ses tableaux de fruits...”, “ Gustave fait des tableaux de fruits en grand nombre...”. On peut juger ici de la beauté de ces oeuvres. Les soucis pécuniaires accompagnent sa détention, mais les amateurs et les marchands ne l'abandonnent pas. Il vend de nombreux tableaux à Durand-Ruel, dont cette Nature morte, pommes et poire.

Rappel biograhique :   Le  peintre et sculpteur français, Gustave Courbet est principalement reconnu pour le réalisme de ses œuvres opposées aux critères de l'académisme et transgressant la hiérarchie des genres, comme Un enterrement à Ornans (1850), qui provoqua le scandale chez ses contemporains. Anticlérical, ami de Proudhon et proche des anarchistes, il fut l'un des élus de la Commune de Paris de 1871. Accusé d'avoir fait renverser la colonne Vendôme, il fut emprisonné et est condamné à la faire relever à ses propres frais. Réfugié en Suisse, il meurt avant d'avoir commencé à rembourser.
Gustave Courbet enduisait sa toile d’un fond sombre, presque noir, à partir duquel il remontait vers la clarté. Cette technique est, peut-être, en train de condamner les œuvres de Courbet. En effet, ce goudron tend, avec le temps, à remonter à travers la peinture et à assombrir dangereusement les tableaux.
Courbet a eut parfois recours à la photographie, en particulier dans la représentation du nu féminin : comme Eugène Delacroix avant lui, il utilise des clichés à la place des traditionnelles séances de pose assurées par des modèles vivants. Ainsi, la figure centrale des Baigneuses (1853) s'inspire d'un cliché du photographe Julien Vallou de Villeneuve. De même, l'Origine du monde, tableau  qui fit récemment encore parlé de lui pour avoir été censuré par Facebook, rappelle, par son cadrage serré, les stéréophotographies pornographiques d'Auguste Belloc.
En 2013, un dossier plaidant pour le transfert de la dépouille de Gustave Courbet (conservée dans le cimetière d’Ornans depuis 1919) vers le Panthéon est déposé par le psychiatre Yves Sarfati auprès du président des Centre des monuments nationaux Philippe Bélaval. La proposition d’hommage posthume à l’artiste apparaît lors du colloque Transferts de Courbet à Besançon en 2011. Il est appuyé par une tribune de Thomas Schlesser dans le Quotidien de l’art du 25 septembre 2013 (numéro 250), où il est affirmé que « la République a une dette envers sa mémoire » ; puis par une tribune dans la rubrique « idées » du Monde.fr d’Yves Sarfati et de Thomas Schlesser, où il est dit qu’ « en honorant Courbet, c'est l'engagement républicain et la justice, que l'on honorerait », qu’ « en honorant Courbet, c'est le monde d'aujourd'hui et celui des Beaux-arts, que l'on honorerait » et qu’ « en honorant Courbet, c'est la Femme, avec un grand F, que l'on honorerait. » Parmi les membres du comité de soutien à la panthéonisation de l’artiste, on trouve : Nicolas Bourriaud, Annie Cohen-Solal, Georges Didi-Huberman, Xavier Douroux, Romain Goupil, Catherine Millet, Orlan, Alberto Sorbelli…
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mardi 17 mars 2015

Louis Hayet (1870-1962)



Louis Hayet (1870-1962)
Nature morte aux oranges (vers 1900)
Musée Pissarro (Pontoise)

Le peintre français Louis Hayet est classé dans le courant pointilliste des peintres post- impressionnistes; Issu d'une famille constamment au bord de la misère, le jeune Louis  timide et réservé est considéré  vite considéré par les instituteurs de l'Ecole de la République  d'alors comme intelligent et doué. Sa prédisposition pour la peinture apparaîtra dès l'âge de 12 ans. Durant une grand partie de sa jeunesse, il sillonnera les routes avec son père, marchand ambulant tout en dessinant et  peignant, ce qu'il voit. Il se lie ensuite au groupe néo-impressionniste, à Pissarro, à Signac, à Seurat. Ses peintures pointillistes sont d'excellente facture. En 1890,  pourtant, il revient à une manière plus classique et Paul Signac supprimera toute mention de Louis Hayet dans la seconde édition de « D'Eugène Delacroix au néo-impressionnisme »  considéré comme e manifeste du pointillisme.
Hayet consacrera la fin de sa carrière à des recherches scientifiques sur les pigments ou la couleur, sans jamais cesser de peindre. En vrai peintre de scènes de plein air et de paysages qu'il était, il a peint très peu de natures de mortes. Celle ci est même la seule qui subsiste dans les collections publiques. Un collège dans la ville du Val d'Oise  en France  a reçu pour nom celui du peintre.

lundi 16 mars 2015

Ottilie-Wilhelmine Roederstein (1859-1937)




Ottilie-Wilhelmine Roederstein (1859-1937), 
Stilleben mit Quitten (1929)


La peintre suisse  allemande  Ottilie-Wilhelmine Roederstein  est plus connue pour ses portraits que pour ses natures mortes. Elle en a peint  cependant quelques unes  avec une touche toujours très généreuse et poétique

dimanche 15 mars 2015

Karin Bergöö Larsson (1859-1928) - Stilleben med frukter och krus



Karin Bergöö Larsson (1859-1928)
Stilleben med frukter och krus 
Dallas Museum of Art.

La peintre et designer suédoise Karin Bergöö Larsson (1859-1928) commença a peindre dans une communauté d'artistes scandinaves où elle séjourna en France à Grez-sur-Loing. C'est là qu'elle rencontre son mari Car Larsonn avec lequel elle peindra plus tard et dessinera des meubles aussi bien que des tissus qui sont aujourd'hui célèbres. Elle a peint peu de natures mortes, le genre n'étant pas à priori  ce qu'elle préférait.

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samedi 14 mars 2015

Hans Anetsberger (1870-1942)



Hans Anetsberger (1870-1942)
Stilleben mit Bierhumpen (1895)

Le peintre allemand Hans Anetsnerger spécialisé dans les portraits et les paysages, obtint un prix de Rome en 1893 dans la foulée duquel il se lança dans la carrière d'illustrateur. Ses natures mortes sont assez rares et toutes exécutées dans des tonalités très acidulées.

vendredi 13 mars 2015

Léon Charles Huber (1858-1928)


Léon Charles  Huber (1858-1928)
Nature morte au homard et à la bouilloire


Léon Charles Huber, connu comme Léon Huber  est un goguettier, philanthrope et peintre français  et montmartrois qui fit de la peinture représentant des chats domestiques sa spécialité. Au nombre des œuvres qu'il expose, en 1899 le combat d'un matou contre un homard, une nichée de chats ; « Dans la Marmite »,  « La Famille Turbulente »,  « La Pêche improvisée » etc..., Bon vivant, il est membre de la goguette du Cornet dès février 1906. Il chante et comme Ingres joue du  violon  pour son plaisir.  Il Fait œuvre sociale en son atelier, à la porte duquel tous les matins s'aligne une queue de nécessiteux. Il les aide matériellement et moralement : leur offre la soupe et les écoute. Léon Huber aide aussi, y compris à l'occasion par un don financier, les jeunes artistes peintres débutants qu'il reçoit et conseille. Les reproductions de ses œuvres continuent à avoir du succès auprès des amis des chats et se vendent toujours dans le commerce.
Il a a peint de nature morte mais toute ont un rapport plus ou moins lointain avec le chats quand elle 'en contiennent pas. 

jeudi 12 mars 2015

Luis Egidio Melendez (1716-1780) - Bodegón con naranjas, orza de miel, cajas de dulce de membrillo y tarro de loza de Talavera de la Reina


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Luis Egidio Melendez (1716-1780)
Bodegón con naranjas, orza de miel, cajas de dulce de membrillo y tarro de loza de Talavera de la Reina (1765)
Kimbell Art Museum (Fort Worth- USA)

Que voit on ?  sur un entablement de bois,  au premier plan et prenant tout le cadre de gauche à droite, une dizaine de grosses oranges et leurs feuilles. Derrière les oranges :  deux pots de miel, l'un en céramique vernissée à dessin géométrique caractéristique des céramiques espagnoles et l'autre en terre cuite. Les deux pots de mile sont  fermés par une pièce de tissu enduit, noué avec une ficelle. A l 'arriere plan, quatre boites contenant d'après le titre,  des pâtes de coings, une douceur très appréciée e l'aristocratie espagnole d'alors.

Rappel historique : le peintre espagnol d'origine napolitaine, Luis Egidio Melendez  a fait carrière presque exclusivement à Madrid. Il  est considéré aujourd'hui comme l’un des meilleurs peintres de natures mortes du 18e siècle, réputation qu'il n'avait pas de son vivant qu'il a passé dans une misère noire. C'est son père, Francisco Meléndez et Louis Michel van Loo (dont il est l'assistant de 1742 à 1748) qui assurent sa formation de peintre. Le futur  Charles IV d'Espagne lui commanda une grande série de natures mortes, dont une partie importante est conservée au musée du Prado  à Madrid.
Ses toiles peintes dans de petits formats, dans la grande tradition de l'austérité espagnole, n'en foisonnent pas moins d'une minutie des détails. toujours peints avec une absolue perfection. La composition simple et le contraste clair-obscur, s’inscrivent dans la tradition des natures mortes baroques de Zurbaran et de CotanComme eux, Meléndez étudia les effets de lumière, la texture et la couleur des fruits et des légumes, ainsi que celles des récipients en céramique, verre et cuivre ou pailles. À la différence des maîtres du 17e siècle, il présente le sujet plus près du spectateur, en légère plongée. Ce sont des objets disposés sur une table, ce qui donne à ses formes une certaine monumentalité. Le genre permet au spectateur d’étudier l’objet par lui-même. Les fonds sont neutres, et c'est un puissant éclairage qui mettent valeur les contours de l’objet. C’est ainsi qu’il représente le duvet des fruits, les transparences des peaux des raisins, les intérieurs brillants des pastèques et quelquefois les  accidents  présents à la surface des  fruits (comme ici avec les figues vertes). 
Chaque toile de Meléndez est minutieusement composée et fait l'objet d'un mise en scène précise afin de créer  le plus grand réalisme possible. Les « grands thèmes » n’intéressèrent jamais Meléndez qui portent surtout son attention sur les choses de la vie  quotidienne,  sur  l’observation et l’étude de la nature. Il fut souvent comparé à Chardin, jusqu'à être même parfois surnommé  le « Chardin Espagnol » ce qui est assez stupide eut égard au caractère unique de son style et a tout ce qui différencie ces grands peintres. 

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mercredi 11 mars 2015

Irving Penn (1917-2009)



Irving Penn (1917-2009)
Still life with an apple
Condé Nast Vogue

Que voit-on  ? Sur un fond uniformément blanc,  un pomme rouge présentée par le sommet, et  en cours d'épluchage en laissant la pelure attachée au fruit. Ombre portée de la pelure sur l'entablement

Rappel biographique : Le photographe américain Irving Penn connu comme très grand photographe de mode est également connu pour les  nombreuses séries de photographies(en noir et blanc et en couleurs) de nature mortes qu'il réalise pour le magazine Vogue américain et sa société éditrice, Condé Nast. Sa première couverture pour le magazine Vogue, en 1940 est d'ailleurs une nature morte. Il est le frère du cinéaste Arthur Penn.

mardi 10 mars 2015

Juan Gris (1887-1927) - Verre de bière et cartes à jouer


Juan Gris (1887-1927)
Verre de bière et cartes à jouer, 1913
Columbus Art Museum

Que voit on ? Une nature morte très cubiste, très construite  où chaque element est clairement lisible dans une manière de composer qui inspirèrent beaucoup Braque et Picasso mais que Juan Gris délaissa très vite.  Entre 1900 et 1912 Juan Gris a beaucoup peint (au moins deux fois) le sujet  du verre de bière et des cartes a jouer. La rigueur de la construction et l'attachement à la forme se traduisent par la prégnance de la ligne. L'usage de couleurs soutenues distingue plus encore l'artiste des tons volontairement éteints de Braque et Picasso, qui s'étaient concentrés sur une nouvelle traduction de l'espace. Avec cette oeuvre, les Granville purent acquérir une oeuvre appartenant encore au cubisme "analytique". Les variations sur les godrons du verre sont un bel exemple de la fragmentation de la perception visuelle que les artistes cubistes adoptèrent pour rompre avec l'illusion - devenue historiquement et esthétiquement intenable - du point de vue de la fixité du regard adopté par la peinture occidentale depuis la Renaissance. L'animation - paradoxale pour une nature morte, mais signifiante dans un monde urbain où la machine et la vitesse ont fait irruption - est entretenue, à l'instar de Braque et Picasso, dans le jeu antagoniste des formes simples, ici entre les segments du verre et le disque qui synthétise la mousse de la bière. On remarque ici l'usage du blanc, pur, éclatant, sans rival dans son dénuement monacal.  

Rappel Biographique : Le peintre espagnol Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906, où il fut proche du mouvement cubiste mais occupa une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers  " éliminé de la carte "  selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso  parce que plus vrai.  Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort. Les œuvres des années de guerre 1916-1917 se distinguent par une sobriété, une austérité toutes particulières des couleurs sombres autant que des motifs : « C’est bien là cette ardeur castillane qui s’habille de noir, s’interdit tout éclat, et qui paraît de la froideur à un observateur superficiel », écrit Kahnweiler. Et Maurice Raynal de renchérir : « Toute l’Espagne est dans son œuvre : l’Espagne des tons livides, sulfureux et sombres du Greco, de Zurbaran, de Ribera, de Herrera. Rien ne servait davantage la notion du tableau-objet en soi que les choses les plus simples, les plus humbles et les plus maniables, auxquelles ils feront subir toutes les déformations possibles pour réaliser la plénitude de cet « objet ». 

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dimanche 8 mars 2015

Victor Teterin (1922-1991)


Victor Teterin (1922-1991)

Quince and teapot (1966)

Victor Kuzmich Teterin  est un peintre  peintre russe, aquarelliste et professeur d'art,  qui a vécu et a vit et travaillé à Leningrad,  où il est considéré l'un des plus brillants représentants  représentants de de l'école de Leningrad de peinture.  Il a peint des portraits, des paysages, des compositions de genre, queqleus nature mortes et a travaillé à l'huiles,  a Tempera, et aquarelles.

samedi 7 mars 2015

Ottilie-Wilhelmine Roederstein (1859-1937)




Ottilie-Wilhelmine Roederstein (1859-1937) 
Stillleben mit Äpfel auf einem Tisch

La peintre suisse  allemande  Ottilie-Wilhelmine Roederstein  est plus connue pour ses portraits que pour ses natures mortes. Elle en a peint  cependant quelques unes  avec une touche toujours très généreuse et poétique

vendredi 6 mars 2015

Felix Vallotton (1865-1925) - Nature morte aux pommes


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Felix Vallotton (1865-1925) 
Nature morte aux pommes (1910)


Ce que l'on voit : Les objets représentés correspondent à l’habitude de l’artiste de n’utiliser que les choses les plus simples de son environnement pour composer ce type d’œuvres. Contrairement aux conventions qui gouvernent le genre, Vallotton ne dispose pas les différents éléments sur une table, mais sur un simple tabouret de paille tressée couvert d’un drap blanc. La peinture, d’une sombre matité, est appliquée en fine couche, n’étaient-ce de légers empâtements sur les fruits. Pommes et bananes sont décrites avec un grand souci du détail réaliste, jusque dans les altérations qui affectent leur peau. A l’intérieur de l’assiette, les fruits sont rassemblés de manière très compacte ; dans cet ensemble coloré, l’air ne circule pas et deux des pommes rouges s’interpénètrent à tel point qu’elles forment une masse de couleur fort éloignée du réalisme qui caractérise la plupart des fruits assemblés dans ce plat. La pomme verte est traitée avec le même souci de simplification, réduite à une sphère au modelé peu affirmé. Ces trois fruits, assez uniformément colorés, ne présentent aucun détail qui permette de les qualifier de pommes. C’est par association d’idées avec celles qui les jouxtent et nous montrent leur cœur, l’attache de leur queue et avec les bananes si finement décrites que ces trois sphères colorées sont identifiées comme des fruits. L’ambiguïté demeure cependant sur le plan de la perception esthétique. Ce faisant, Vallotton parvient, à l’instar de son aîné Cézanne, à démystifier ces fruits, à les débarrasser de tout contenu symbolique pour affirmer seulement leurs qualités plastiques.

Rappel biographique : Félix Vallotton, peintre d'origine suisse naturalisé français en 1900, est un artiste à cheval sur deux siècles, deux pays et plusieurs tendances esthétiques, des Nabis à la Neue Sachlichkeit [Nouvelle Objectivité]. S'il est aujourd'hui moins connu en France qu'en Suisse, c'est pourtant à Paris, dans les années 1890, que ses gravures sur bois novatrices lui ont valu une renommée qui s'est rapidement étendue à l'Europe entière. Tout au long de sa vie le " Nabi étranger ", comme il était surnommé, s'est intéressé à une gamme étendue de sujets récurrents - intérieurs, toilettes, nus féminins, paysages, natures morte, rendus étranges par son style lisse et froid, aux couleurs raffinées, aux découpages et aux cadrages audacieux. Et bien qu'il ne fût pas toujours compris par la critique de son temps, Vallotton a su s'imposer comme une figure en vue de la scène artistique parisienne et trouver sa place dans le courant moderne, notamment en participant à de nombreuses manifestations internationales d'avant-garde devenues mythiques. C'est surtout à  partir de 1910, que Félix Vallotton s’intéresse au genre de la nature morte et le transforme dans chacune de ces toiles.

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jeudi 5 mars 2015

Paul LaCroix (1827-1869)



Paul LaCroix (1827-1869)

From the Garden (1865)

Plusieurs artistes portent le nom de Paul LaCroix à des époques différentes et jusqu'au 20e siècle avec le grand artiste artiste québécois Paul Lacroix.  Mais Le Paul Lacroix dont il s'agit ici est un peintre américain d'origine française très influencé par le style du peintre allemand Severin Roesen et qui a peint de nombreuses natures mortes. Peintre de l'abondance américaine, certaines de ses natures mortes croulent sous les fruits, les légumes et les fleur au point d'envahir la toile sur chaque cm2. D'autres sont mises en scène dans leur milieu naturel et mêlent volontiers fleurs et fruits et personnages. D'autres enfin, comme celle-ci, sont beaucoup plus intimistes et s'attachent au rendu de quelques fruits  ramassés dans le jardin, avec une poésie et une talent de coloriste rare. 


Paul Liegeois (entre 1650 et 1670)



Paul Liegeois (entre 1650 et 1670) 
Nature morte aux raisins

Paul Liégeois est un peintre de natures mortes français probablement d'origine flamande, actif à Paris au milieu du XVIIe siècle. Sa vie reste très mal connue. Il semble avoir joui d'un certain succès, et ses œuvres furent collectionnées par les amateurs de l'époque. Apprécié de Philippe de Champaigne et ami du peintre de natures mortes Jacques Bailly, il reçut également plusieurs commandes de magistrats fortunés, parmi lesquels Boyer de Forestat de Bandol, Simon Lenfant, et le marquis de Joyeuse-Garde.
Son œuvre marque la transition entre la veine réaliste qui anime l'art de la nature morte française de la première moitié du siècle (représentée par Louise Moillon, Lubin Baugin, Jacques Linard ou François Garnier), et la génération du règne de Louis XIV (Jean-Baptiste Monnoyer et Jean-Baptiste Belin de Fontenay), qui adopte quant à elle un goût pour les mises en page théâtrales, les compositions riches et décoratives. 
Liégeois excellait dans la représentation des fruits, et particulièrement dans les pêches et les raisins, dont il s'employait à rendre fidèlement la texture. Se détachant de ses contemporains, il refuse les compositions symétriques et sages au profit d'un désordre apparent dans la mise en scène, jouant sur les effets des matières lisses ou veloutés, distribuant les fruits dans un cadre rapproché, et donnant ainsi à ses toiles un effet théâtral, décoratif et spontané. Ses couleurs franches, sa palette froide et ses bleus acides le rapproche du travail du peintre Willem van Aelst, lui aussi actif à Paris à la même époque.

lundi 2 mars 2015

William-Henry Hunt (1790-1864) - Still Life with a Jug, a Cabbage in a Basket and a Gherkin



William-Henry Hunt (1790-1864) 
Still Life with a Jug, a Cabbage in a Basket and a Gherkin

Le peintre anglais William-Henry Hunt est surtout connu pour ses natures mortes sur aquarelles grâce auxquelles il fut admis à la Society of Painters in Water Colours en tant que membre  membre associé dès 1824 puis membre permanent) partir de 1827. Jusqu'à sa mort, il en sera l'un des contributeurs les plus prolifiques et multipliera les expositions de ses oeuvres toutes peintes .à Hastings. William-Henry Hunt Hunt a été l'un des créateurs de l'école anglaise de peinture à l'aquarelle. Ses sujets, en particulier ceux qu'il peint à la fin de sa vie, sont  toujours extrêmement simples, s'agissant souvent d'un ou deux fruits, souvent saisis dans leur environnement naturel, au pieds d'un arbre moussu ou abandonnés sur un sol rugueux. Cela permet à son talent de s'exercer   pleinement dans le contraste des couleurs et des textures toujours traités avec délicatesse, intelligence et humour. Ses œuvres parviennent à obtenir des textures étonnantes à partir de la technique de l'aquarelle, en employant toutes les ressources particulières de la peinture à l'eau et de son rendu sur différentes qualités de papiers. John Ruskin le considérait comme le meilleur peintre anglais de natures mortes qui ait jamais existé jusque là. Plusieurs exemples caractéristiques de l'œuvre de Hunt, comme Boy and Goat ou bien Brown Study and Plums ou Primroses and Birds' Nests sont  conservés dans les collections du Victoria and Albert Museum.

dimanche 1 mars 2015

Odilon Redon (1840-1916) - La Coquille


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Odilon Redon (1840-1916)
La Coquille (1912)
Musée d'Orsay (Paris) 

Que voit on ?  Dans un fond sombre comme s'il s'agissait d'un fond marin à forte dominante de teintes de terre, un coquillage précisément dessiné, présente au spectateur sa conque lumineuse  qu'aucune lumière extérieure ne vient cependant éclairer, comme si la coquillage portait en lui cette lumière ; à droite du tableau deux autres petits coquillages gisent sur le fond et dans l'ombre. La Coquille, exécutée au pastel en 1912, figure au nombre des plus célèbres toiles du peintre. Le symbole sexuel de cette oeuvre n'échappa  à personne.et l'oeuvre resta jusqu'en 1982, dans la collection de Mme Arï Redon, née Suzanne Dujardin. En 1984, elle fut acceptée par l'Etat à titre de legs de Mme Arï Redon en exécution des volontés de son mari, fils de l'artiste. En 1984 elle fut attribuée au musée du Louvre, à Paris.

Rappel biographique : le peintre français Odilon Redon  (né Bertrand-Jean Redon)  est un peintre rattaché au mouvement symboliste et coloriste de la fin du 19e siècle. Son art explore les aspects de la pensée, l'aspect sombre et ésotérique de l'âme humaine, empreinte des mécanismes du rêve. Il a peint assez peu de natures mortes

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