dimanche 31 mai 2015

Ottilie-Wilhelmine Roederstein (1859-1937)


Ottilie-Wilhelmine Roederstein (1859-1937)
Stillleben mit Äpfeln (1929)

La peintre suisse  allemande  Ottilie-Wilhelmine Roederstein  est plus connue pour ses portraits que pour ses natures mortes. Elle en a peint cependant quelques unes  avec une touche toujours très généreuse.

samedi 30 mai 2015

William-Michael Harnett (1848-1892)



William-Michael Harnett (1848-1892)
Still Life with Apples, Grapes and Almonds (1870)
Private collection

Que voit- on ?  Des fruits (raisins, pommes, amandes) et un verre de vin : une rareté chez Harnett qui n'a quasiment pas peint de  natures mortes comme celle ci composée uniquement de fruits.

Rappel Biographique : Le peintre américano-irlandais William-Michael Harnett est connu pour ses natures mortes en trompes-l'oeil faites à partir d'objets du quotidien au sens large puisque l'on y trouve aussi bien des livres que des ustensiles de bureau, de cuisine, des attributs de chasse ou des instruments de musique folklorique. Il se situe, dans ce sens, dans la tradition des grands peintres de trompes l'oeil et de natures mortes hollandais du 17e siècle et de Peter Claesz en particulier. Beaucoup d'autres peintres américains se sont engouffrés dans cette tendance à la suite de William-Michael Harnett, comme Raphaelle Peale ou John Peto, mais il en demeure le représentant le plus spectaculaire. 

vendredi 29 mai 2015

William-Henry Hunt (1790-1864) - Still Life with Greengages and Plums on a Mossy Bank



William-Henry Hunt (1790-1864) 
Still Life with Greengages and Plums on a Mossy Bank (1840)

Le peintre anglais William-Henry Hunt est surtout connu pour ses natures mortes sur aquarelles grâce auxquelles il fut admis à la Society of Painters in Water Colours en tant que membre  membre associé dès 1824 puis membre permanent) partir de 1827. Jusqu'à sa mort, il en sera l'un des contributeurs les plus prolifiques et multipliera les expositions de ses oeuvres toutes peintes .à Hastings. William-Henry Hunt Hunt a été l'un des créateurs de l'école anglaise de peinture à l'aquarelle. Ses sujets, en particulier ceux qu'il peint à la fin de sa vie, sont  toujours extrêmement simples, s'agissant souvent d'un ou deux fruits, souvent saisis dans leur environnement naturel, au pieds d'un arbre moussu ou abandonnés sur un sol rugueux. Cela permet à son talent de s'exercer   pleinement dans le contraste des couleurs et des textures toujours traités avec délicatesse, intelligence et humour. Ses œuvres parviennent à obtenir des textures étonnantes à partir de la technique de l'aquarelle, en employant toutes les ressources particulières de la peinture à l'eau et de son rendu sur différentes qualités de papiers. John Ruskin le considérait comme le meilleur peintre anglais de natures mortes qui ait jamais existé jusque là. Plusieurs exemples caractéristiques de l'œuvre de Hunt, comme Boy and Goat ou bien Brown Study and Plums ou Primroses and Birds' Nests sont  conservés dans les collections du Victoria and Albert Museum.


jeudi 28 mai 2015

Pablo Picasso (1881-1973) - Le dessert




Pablo Picasso (1881-1973)
Le dessert (1901)
Museu Picasso, Barcelona, Spain

Que voit-on ? Cette nature morte date de ce qu'il est convenu d'appeler la  période bleue (1901-1904), ce nom venant du fait que le bleu est la teinte dominante des toiles que Picasso peignit pendant ces années. Cette période débute avec le suicide de son ami catalan Carlos Casagemas et explique pourquoi nombre des toiles de cette époque sont marquées par les thèmes mélancoliques de la mort, de la vieillesse, et de la pauvreté.... Durant ces années, Picasso peint des pauvres, des mendiants, et des aveugles, sous forme de personnages souvent étirés et faméliques inspirés des tableaux du Greco qu'il étudie alors et qui l'influence fortement.  Picasso vit lui-même, alors, dans le dénuement. Bien que son père lui envoie des toiles et des tubes de peinture, par souci d'économie, il réalise plusieurs peintures sur le même tableau ou doit brûler une liasse de ses dessins pour se chauffer. Cette nature morte - transition entre sa période précédente, celle de ses débuts où le jeune Picasso est très influencé par le modernisme catalan et la période bleue, fait donc figure d'exception dans la production de cette époque, tant par son apparente gaieté que par l'abondance qu'elle propose. 

Rappel biographique :  le peintre espagnol Pablo Ruiz Picasso a commencé à peindre très tôt, au tournant du19e et du 20e siècle et n'a jamais cessé sa production, évaluée aujourd'hui a quelques 50.000 oeuvres.  Utilisant tous les supports pour son travail, il est considéré comme le fondateur du cubisme avec Georges Braque auquel son nom est lié surtout dans le domaine des natures mortes. Il est considéré comme l'un des plus importants artistes du 20e siècle tant par ses apports techniques et formels que par ses prises de positions politiques et que par l'immensité de sa production tous genres confondus.
Le premier tableau de la période bleue  fut la Mort de Casagemas, et les œuvres importantes sont : Dama en Éden Concert (1903), La Vida (1903), Las Dos hermanas (1904), La Celestina (1904).
Entre le 25 juin et le 14 juillet 1901, Picasso et Iturrino font une exposition à la galerie d'Ambroise Vollard, à Paris. Picasso fait la connaissance du poète Max Jacob. Pendant l'hiver, il peint Autoportrait bleu (Paris, Musée Picasso). Fin janvier 1902, il se rend à Barcelone. La galerie Berthe Weill, expose du 1er au 15 avril des œuvres de Lemaire et de Picasso. Il revient à Paris en octobre avec Sébastien Junyer. Et il montre pour la première fois ses toiles bleues du 15 novembre au 15 décembre dans une exposition de groupe chez Berthe Weill. En janvier 1903, Picasso est de nouveau à Barcelone. Au printemps, il commence la toile La Vie (Cleveland Museum of Fine Arts).
Les premiers collages et assemblages sont réalisés pendant l'hiver 1912, Nature morte à la chaise cannée (Paris, Musée Picasso), Guitare(s) en carton (Paris, Musée Picasso). A partir des années 20 ses natures mortes seront très proches, sur la même ligne de conception " cubiste analytique " que celles de George Braque, dont il devient un temps l'intime avant de s'en séparer définitivement.  Il y eut une connivence d'inspiration très rare entre ces deux peintres pendant une certaine période de leur vie et en particulier dans le domaine particulier du traitement de la nature morte. 
Picasso peint  beaucoup d'autres natures mortes après la Seconde guerre mondiale et hors de la période cubiste, mais ce n'est pas un genre qui tient une place aussi essentielle dans son oeuvre que dans l'oeuvre de Georges Braque.

2015 - A Still Life Collection 

Un blog de Francis Rousseau, #AStillLifeCollection, #NaturesMortes 

mercredi 27 mai 2015

Adolphe Bilordeaux (1807-1870)



Adolphe Bilordeaux (1807-1870) 
Nature morte à la Vénus de Milo (vers 1855) 
Tirage sur papier albuminé. BNF

Dessinateur  et lithographe français, Bilordeaux se spécialise dans les études destinées à l'enseignement du dessin. Au milieu des années 1850, il passe à la photographie, en conservant les mêmes sujets. Dans ses natures mortes photographiques, la référence aux beaux-arts et aux grands chefs-d'oeuvre de la sculpture est toujours lourdement appuyée, dans des compositions très chargées où s'accumulent marbres, porcelaines, bronze, ivoire, nacre, tapisseries et cadres, brocards et tissus précieux  dans une profusion digne d'un magasin d'antiquités du 19e siècle. 

Paul Gauguin (1848-1903) - Nature morte aux oranges


Paul Gauguin (1848-1903)
Nature morte aux oranges, vers 1880
Musée des Beaux-Arts  de Rennes (France)

Que voit-on ? Sur une table présentée de biais devant un mur recouvert de papier peint, de gauche à droite : un saladier en porcelaine blanche dans lequel sont placées cinq oranges. Devant le saladier sur la table, un couteau et trois autres oranges dont une a été coupée en deux et dont il reste un quartier, sans peau, prêt à être consommé. Sur la droite du cadre, une carafe en porcelaine, blanche et bleue, dans le goût  japonisant, qui doit contenir soit du saké soit un alcool d'orange. Cette toile est typique de la période impressionniste de Gauguin et très influencée par la style de Camille Pissaro qui initia Gauguin à la peinture.

Rappel biographique : le peintre français Paul Gauguin est un peintre post impressionniste, chef de file  bien connu de l'École de Pont-Aven et inspirateur des Nabis. Il est considéré comme l'un des peintres français majeurs du 19e siècle. En 1874, la connaissance qu'il fait de Camille Pissaro et  la première exposition du courant impressionniste, l'inclinent à devenir amateur d'art et à s'essayer alors à la peinture.  En 1882, il abandonne son emploi de courtier en bourse  pour se consacrer uniquement à sa nouvelle passion, la peinture. De janvier à novembre 1884, il s'établit à Rouen où Pissaro vivait également. Pendant ces 10 mois passés à Rouen, il réalise près de quarante tableaux, principalement des vues de la ville et de ses alentours et quelques natures mortes très classiques. Cela ne suffit pas pour vivre et il part avec sa femme et ses enfants dans la famille de celle-ci à Copenhague.
Ses affaires ne vont pas bien et il revient à Paris en 1885 pour peindre à plein temps, laissant femme et enfants au Danemark, n'ayant pas les moyens d'assurer leur subsistance. Il est déchiré par cette situation. Il expose avec les impressionnistes régulièrement de 1876 à 1886.
C'est en juillet 1886 que Paul Gauguin effectue un premier séjour en Bretagne. Il s'installe pour 3 mois à la pension Le Gloanec, à Pont-Aven où vit une colonie d'artistes. Il y rencontre le très jeune peintre (et écrivain) Emile Bernard  adepte du " Cloisonnisme ", une technique picturale cernant chaque plan de couleur d'une fine cloison, un peu à la manière de la technique du vitrail ou des estampes japonaises.
Influencé par Emile Bernard et par le courant symboliste, Paul Gauguin renonce à l'impressionnisme pour élaborer, une nouvelle théorie picturale, le " Synthétisme ". Sa recherche va alors dans le sens d'une simplification des formes, il élimine les détails pour ne garder que la forme essentielle, simplification obtenue par l'usage du cerne et de l'aplat de couleur.
Nabis et Synthétistes, inspirés également par Stéphane Mallarmé et les symbolistes littéraires, partageront pendant quelques temps des convictions communes sur la nécessité de libérer la peinture de sa sujétion au réel et de laisser davantage de place à l'idée ou à la symbolique. Maurice DenisPaul Sérusier, Édouard VuillardPierre BonnardOdilon Redon font partie de ce mouvement.
Gauguin retournera en Bretagne en 1889 et 1890, au Pouldu, tout proche de Pont-Aven, deux lieux où chaque été une importante colonie d'artistes tentera d'élaborer une nouvelle peinture. Il y loge à " la Buvette de la Plage " de Marie Henry, en compagnie des peintres Meyer de Haan, Sérusier et Filiger.
En 1891, ruiné, il s'embarque pour la Polynésie, grâce à une vente de ses œuvres dont le succès a été assuré par deux articles enthousiastes  d'Octave Mirbeau. Il s'installe à Tahiti où il espère pouvoir fuir la civilisation, tout ce qui est artificiel et conventionnel.  
Influencé par l'environnement tropical et la culture polynésienne, son œuvre gagne en force, il réalise des sculptures sur bois et peint ses plus beaux tableaux, notamment son œuvre majeure, aujourd'hui au Musée des Beaux arts de Boston  au titre explicite de D'où venons nous? Que sommes sommes, Où allons nous ? qu'il considère lui-même comme son testament pictural. En 1901, il va vivre a Atuona dans les îles Marquises. Il lui semble être au paradis. Il va vite déchanter en se rendant compte des abus des autorités et en essayant de se battre pour les indigènes. Malgré ce combat auprès des autorités, Gauguin reste peu apprécié des Polynésiens en général et des Marquisiens en particulier, qui ont l'impression d'avoir eu affaire à un homme qui s'est servi d'eux, de leur culture ancestrale et surtout des femmes, comme si cela lui était dû. Affaibli, fatigué de lutter, il meurt au printemps 1903. Il est enterré dans le cimetière d'Atuona. La tombe du chanteur Jacques Brel est juste à côté de la sienne.

mardi 26 mai 2015

André Derain (1880 -1954)




André Derain (1880 -1954)
 Nature morte aux oranges (1931)
 Centre Georges Pompidou, MNAM,  Paris

Que voit-on ?  Sur un grande table de cuisine en bois, de gauche à droite : une soucoupe en verre transparent contenant deux œufs, un plat rempli de fruits mais où dominent les oranges présentées en pyramides avec des pommes et des poires ; une cruche en céramique vernissée noire avec anse ; ce qui semble être une théière en porcelaine blanche ;  cadré en plein centre de la toile, une serviette blanche à peine dépliée et jetée sur la table en drapé dans les plis duquel sont prises une pomme rouge digne de Cézanne et une poire ; un grand  plat en étain ou argent, vide et mystérieux comme un hommage aux peintres hollandais de l'âge d'or de la nature morte, parachève la composition à droite.

Rappel biographique : Le peintre français André Derain est l'un des fondateurs du fauvismePeintre de figures, de portraits, de nus, de paysages, de marines, de natures mortes, il emploie diverses techniques :  huiles, gouaches, aquarelles, pastels. Il est également peintre de décors de théâtre, sculpteur, graveur et illustrateur.
Pendant l'occupation allemande de la France, Derain est courtisé par les Nazis comme symbole prestigieux de la culture française. Il accepte une invitation pour une visite officielle en Allemagne en 1941, avec, notamment, son ami Maurice de Vlaminck, Kees van Dongen ou le sculpteur  Paul Belmondo. Derain est traité de collaborateur et ostracisé après la Libération. Après la guerre, il renonce aux présentations publiques de ses œuvres et finit sa vie dans une solitude volontaire.
Son œuvre est parfois considérée comme un revirement vers la tradition après un engagement dans les avant-gardes mais elle témoigne fortement des préoccupations des artistes de son époque, dont beaucoup, à l'instar de Maurice De Vlaminck ou Félix Valotton suivent ce même itinéraire, qualifié par les historiens de l'art de « retour à l'ordre », auquel même Picasso n'échappe d'ailleurs pas  à la fin des années 1910., durant une courte période. L'œuvre de Derain est essentiellement picturale, mais il a également signé les décors et les costumes de nombreux ballets, illustré une trentaine de livres, il est également connu comme sculpteur. Une grande partie de son œuvre (80 peintures, 77 sculptures, des dessins, mais aussi des objets d'art primitif lui ayant appartenu), précédemment dans la collection Pierre et Denise Lévy, est présentée au musée d'art moderne de Troyes.

Ce blog a publié plusieurs natures mortes de ce peintre. Pour toutes les retrouver cliquez sur l'onglet libellé et retrouver le nom du peintre.

lundi 25 mai 2015

William J. McCloskey (1859-1941)




William-J.-Mac-Closkey (1859-1941)
Wrapped oranges on a tabletop 
Private collection

Que voit-on ?  Sur une table en bois verni, sept oranges de Californie dont 4 sont enveloppées dans leur papier de soie d'emballage. Le thème des oranges et des pommes sur une table a été très fréquemment utilisé par William McCloskey, lui fournissant à la fois l'opportunité d'une étude très détaillée de la texture des fruits mais aussi une étude tout aussi détaillée de la texture des objets les plus quotidiens comme le papier de soie servant, à partir du 19e siècle, aux  emballages de fruits pendant leur transport. William McCloskey excelle dans l'art de peindre les reflets sur le vernis et surtout dans l'art de rendre les plis complexes du papier de soie qui brise la monotonie sphérique des oranges ou au contraire la rehausse.

Rappel biographique : Le peintre américain William-J.-Mac-Closkey fut une figure déterminante de la scène de la nature morte Californienne au 19e et 20e siècle. Très peu connu en Europe, il est célèbre dans son pays pour ses peintures de fruits (oranges et pommes notamment) présentés dans leur emballage de livraison. Originaire de Philadelphie, il étudie la peinture à la Pennsylvania Academy of Fine Arts avec un maître du réalisme à la technique implacable, Thomas Eakins. Son attrait pour la nature morte s'explique par l'influence qu'exerça sur lui la famille Peale (et surtout Raphaelle Peale dont plusieurs toiles sont présentées sur ce site), véritable dynastie qui avait dominé le monde de l'art à Philadelphie au début du siècle. C'est à cette époque que William épouse Alberta Binford (1855–1911) elle-même artiste de renom. Malgré leurs succès en Californie, le couple McCloskeys déménagent à New-York au début de 1886 et c'est dans cette ville que William va connaitre un véritable triomphe en se spécialisant dans les natures mortes réalistes de fleurs et de fruits. Tout au long de leurs carrières très  distinctes, les McCloskeys vont être extrêmement mobiles, n'hésitant jamais à voyager à travers les Etats-Unis aussi bien qu'en Europe, pour satisfaire des commandes de portraits ou pour exposer et promouvoir leur travail. Ainsi, ils ont vécu et travaillé à San Francisco, Londres, Paris, Salt Lake City, Los Angeles en plus de leur long séjour à New York. Dans la dernière partie de leur carrière, vers le milieu des années 1920, le style très réaliste du couple Mac-Closkey ne fait plus recette. William, aussi bien que sa femme tombent dans l'oubli jusqu'à ce qu'en 1996,  une grande rétrospective leur soit consacrée au Bowers Museum of Cultural Art in Santa Ana en  Californie, faisant réapparaitre au grand jour (et sur le marché de l'art américain) bon nombre de leurs œuvres.  Les tableaux d'oranges enveloppées dans du papier de soie de William (car il en a peint plusieurs) sont aujourd'hui les plus connus. Alberta, elle, a peint  plutôt d'autres fruits et quelques fleurs...

dimanche 24 mai 2015

Raphaelle Peale (1774–1825)



Raphaelle Peale (1774–1825)
StillLife Strawberries, Nuts & c. (1822)
National Gallery of Art - Washington DC

Que voit-on ?  Dans cette composition très précisément structurée, on voit  des fraises prêtes à être dégustées avec du sucre et de la crème, des noisettes, des amandes, des raisins secs et une orange. Comme dans les natures mortes hollandaises du 17e siècle, par lesquelles il est très influencé, Peale  importe dans celle-ci des objets précieux, en l'occurrence des objets en porcelaine spécialement conçus pour le goût américain dans le genre des Porcelaine de Paris, symbolisant la prospérité du jeune Etat américain. La grande urne en verre qui contient les fraises est une allusion aux expériences agricoles faites par le père de Peale dans sa ferme de Belfield, où  il " forçait "  la croissance des fruits en utilisant des serres chauffées.

Rappel biographique : le peintre américain Raphaelle Peale (qui n'est pas une femme malgré l'orthographe de son nom), est issu d'une dynastie de peintres américains dont le plus célèbre fut son père, le portraitiste Charles Willson Peale (1741-1827).
Raphaelle est surtout  connu pour avoir été le premier peintre professionnel de natures mortes installé aux Etats Unis et pour avoir, à ce titre, beaucoup influencé l'école américaine de la nature morte réaliste tout en travaillant comme taxidermiste dans l'atelier de naturalisation du musée d'animaux empaillés de son père.
 Intoxiqué par les produits utilisés dans la taxidermie (notamment le mercure et  l'arsenic) et devenu alcoolique, Raphaelle Peal eut une destinée tragique, alternant les séjours à l'hôpital. On retrouve sa vision de taxidermiste dans la peinture même de ces natures mortes, souvent envisagées sous un angle anatomique assez étrange et mélancolique, et traitant souvent de sujet unique. 
Il fut aussi très influencé par les maîtres hollandais du 17e siècle et par Cotan.

samedi 23 mai 2015

Pieter Gerritsz van Roestraten (1630-1700) - Still life with Tulip and teapot



Pieter Gerritsz van Roestraten (1630-1700)
Still life with Tulip and teapot
Victoria and Albert Museum- London


Rappel biographique : Le peintre hollandais Pieter Gerritsz van Roestraten a été actif dans le domaine des natures mortes et des scènes de genre pendant la période de ce qu'il est convenu d'appeler l'Age d'or néerlandais. Elève de Frans Hals dont il épousa la fille en 1654,  il vécut à Amsterdam avant de déménager à Londres en 1666. Dans cette ville, Roestraten acquit très rapidement la réputation d'être le meilleur peintre de natures mortes à sujet d'argenterie qui soit.  Sir Peter Lely lui  fit un véritable pont d'or pour qu'il abandonne la peinture des portraits qui était sa spécialité à son arrivée à Londres. Et c'est ce qu'il fit pour la somme alors importante de quarante à cinquante livres sterling par tableau.

vendredi 22 mai 2015

Richard La Barre Goodwin (1840-1910)



Richard La Barre Goodwin (1840-1910) 
A Basket of Cherries 

Private coll.


Le peintre américain  Richard La Barre Goodwin  ou Richard La Barre  est connu  pour ses paysages et portraits mais aussi  pour ses natures mortes où il excellait dans el rendu des textures et des transparences.

jeudi 21 mai 2015

Pierre Bonnard (1867-1947)



Pierre Bonnard (1867-1947)
Le dessert (1940)
Fondation Beyeler. Basel

Que voit-on ? Ce tableau représente une table chargée de fruits. C’est en même temps une étude sur les rapports entre jaune, rouge et bleu éclatants, dans différentes gradations. On a l’impression qu’à travers la couleur, Bonnard cherche également à s’adresser au goût et à l’odorat. Ses toiles débordent de couleur, dont l’importance semble dépasser celle du sujet.
(Notice de la fondation Beyeler) 

Rappel biographique : le peintre français Pierre Bonnard est connu pour ses peintures de personnages, ses nus, ses portraits, ses paysages animés, ses intérieurs et ses natures mortes de fleurs et fruits. Bonnard est un artiste postimpressionnistemembre du groupe des Nabis, par lesquels il fut surnommé le Nabi japonard.
Une fois devenu célèbre, Pierre Bonnard fut connu pour ne pouvoir s’empêcher de retoucher ses toiles une fois celle-ci achetées et exposées dans un musée. Ses amis appelaient ça « bonnarder » ou « bonnardiser ». Un journaliste relate  cette attitude devenue visiblement coutumière. « Au  musée de Grenoble et au Musée du Luxembourg,  il lui arriva de guetter le passage d'un gardien d'une salle à l'autre, de sortir d'une poche une minuscule boîte garnie de deux ou trois tubes et, d'un bout de pinceau, d'améliorer furtivement de quelques touches un détail qui le préoccupait. Et, son coup fait, de disparaître, radieux, comme un collégien après une inscription vengeresse au tableau noir. »

mercredi 20 mai 2015

Max Weber (1881-1961) - Still life with two tables

http://astilllifecollection.blogspot.com


Max Weber (1881-1961)
Still life with two tables (1934)

Le peintre, graveur et sculpteur américain d'origine russe, Max Weber, arrive aux États-Unis en 1891  avec sa famille qui et s'installe à New York. Il étudie  au Pratt Institute de Brooklyn auprès d'Arthur Wesley Dow. En 1905, il part pour Paris. Il suit des cours à l'académie Julian et auprès d'Henri Matisse. Pendant son séjour parisien, il fréquente le salon de Leo et Gertrude Stein, et se lie d'amitié avec le Douanier Rousseau et Picasso. Il découvre les nouveaux courants de la peinture européenne, le fauvisme et le cubisme en particulier, qu'il va contribuer à introduire aux États-Unis. 
De retour à New York en 1909, il fréquente les milieux avant-gardistes et expose à la galerie 291 d'Alfred Stieglitz. Max Weber peint la plupart de ses œuvres les plus connues entre 1909 et 1917, comme The Geranium (1911), d'inspiration fauviste, et Chinese Restaurant (1915), où il reprend les procédés du cubisme synthétique. Pendant cette période, il s'inspire de la ville, privilégiant des thèmes comme les gratte-ciel ou les intérieurs urbains. Dans ses études, il traduit le dynamisme de la ville américaine par la fragmentation des objets en mouvement.
Après 1917, Weber revient à la figuration, mais continue à être fasciné par l'exploration de la forme et de la couleur. Nombre de peintures réalisées pendant les vingt dernières années de sa carrière s'inspirent de la culture juive, notamment de thèmes hassidiques. À l'instar d'autres artistes émigrés, Il milite dans des mouvements socialistes pendant les années 1930 et devient en 1937 président national du Congrès des artistes américains, un groupe d'artistes antifascistes. Il enseigne à l'Art Students League de New York, où le jeune Mark Rothko suivra ses cours de peinture.
 Max Weber a laissé des écrits, dont Essays on Art (1916) et Primitives (1926).
 Il a peint plusieurs natures mortes très influencé par la touche de Cézanne.

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2015 - A Still Life Collection 

Un blog de Francis Rousseau 

mardi 19 mai 2015

Piotr Filipovich Alberti (1913-1994)




Piotr Filipovich Alberti (1913-1994)
Still Life with Watermelon (1992)


Le peintre russe Piotr Filipovich Alberti (1913-1994) est l'un des plus éminents représentant de L'Ecole de Peinture de Lenignrad, école officielle soviétique où se développa la peinture académique soviétique pendant toute une partie du 20e siècle. Son style se caractérise surtout par l'emploi de couleurs très vives et l'usage de différentes de textures imbriquées dans la meme toile.  Il commence a aborder les natures mortes après les 50 années et la chute de Staline, mais c'est surtout dans les Années 70 qu'il va beaucoup illustrer le genre avec des toiles comme Nature morte au melon (1977)  ou cette Nature morte a la pastèque qui reste une de ses plus spectaculaires  compositions.   

lundi 18 mai 2015

Paul Klee (1879-1940) - Fruits on red



Paul Klee (1879-1940)
Fruits on red (1930)

Le peintre allemand Pual Klee, a peint très peu  de nature de mortes, celle-ci est même la seule que l'on connaisse de lui, aussi clairement intitulée comme telle. Le cheminement peu commun  et inclassable que suit son œuvre a posé bien des questions aux critiques d'art de la première moitié du  20e siècle.  Constructiviste au temps du Bauhaus, elle devient graduellement plus intuitive voir abstraite en tout can plus spirituelle. selon la définition du peintre Antoni Tapies qui écrivait  de lui  : « Klee est en occident un de ces privilégiés qui ont su donner au monde de l'art la nouvelle orientation spirituelle qui manque aujourd'hui où les religions semblent faire faillite. On pourrait voir en lui le parfait représentant de ce que Mircea Eliade  appelle l'unique création du monde moderne occidental. »
Voici l'épitaphe qu'il voulait que l'on grave sur sa tombe  :
Ici repose le peintre Paul Klee, né le 18 décembre 1879, mort le 29 juin 1940.
Ici-bas je ne suis guère saisissable car j'habite aussi bien chez les morts que chez ceux qui ne sont pas nés encore, un peu plus proche de la création que de coutume, bien loin d'en être jamais assez proche. 

Pierre Bonnard (1867-1947)



Pierre Bonnard (1867-1947)
Nature morte à la nappe blanche
Colection privée

Que voit-on?  La nappe blanche qui donne son nom à la nature morte occupe l'intégralité du cadre et déploie toutes les nuances possibles du blanc. Cette nappe posée sur une table que l'on ne voit pas, contient 8 éléments dont certains sont  a peine identifiable. De gauche à droite : une assiette contenant de gros fruits rouges qui peuvent indifféremment des tomates, des pommes ou des grenades (les trois fruits les plus souvent peints dans les natures mortes classiques) ; une petite serviette pliée   posée légèrement sous l'assiette ;  un couteau posé à droite de l'assiette et établissant, au-delà de la pliure très visible de la nappe, une jonction avec une autre assiette située exactement au centre de la composition et contenant deux fruits qui pourraient être des figues ; une amorce de vase bleu ferme la composition en haut à côté duquel est posé ce qui semble être un autre serviette ou un bord replié de la nappe.  La droite du tableau est occupée de haut en bas pas une amorce de tasse ou de petit vase  et par ce qui semble être une boîte en fer contenant des gâteaux  dont le dessin s'achève, comme tous les objets situés en haut,  hors cadre. Quatre objets s'achèvent hors cadre dans ce tableau : la serviette en haut à gauche,   le vase bleu, la tasse et la boite de gâteaux. Quatre sont plein cadres:   les deux assiettes de fruits, une petite serviette et le couteau.

Rappel biographique : Le peintre français Pierre Bonnard est connu pour ses peintures de personnages, ses nus, ses portraits, ses paysages animés, ses intérieurs et ses natures mortes de fleurs et fruits. Bonnard est un artiste postimpressionnistemembre du groupe  artistique des nabis, composé, entre autres, d'Édouard Vuillard, Maurice Denis et Félix Vallotton. Il est fortement influencé par les idées de Paul Gauguin et par la vogue du  japonisme .
En réaction à  l'impressionnisme, les Nabis veulent libérer leur peinture des exigences du réalisme : « Ensemble, nous avons méprisé l'école et les écoles, les rapins, leurs traditions, leurs farces et leurs bals inutilement nudistes. Ensemble nous nous sommes sérieusement amusés ». Les artistes nabis cherchent des voies plus spirituelles au contact de philosophies et de doctrines nouvelles teintées d'Orient, d'orphisme, d'ésotérisme, et de théosophie. Ils s'appliquent à retrouver le caractère « sacré » de la peinture et à provoquer un nouvel élan spirituel par le seul  moyen de l'art.


dimanche 17 mai 2015

Raoul Dufy (1877-1953)



Raoul Dufy (1877-1953) 
Nature morte au verre et à la carafe
Collection Privée

Que voit-on ?  La nature morte au premier plan masque dévoile tout de suite  à l'arrière plan.un paysage de jardin et de maison de campagne  C'est donc un déjeune d'été dans le jardin  d'une maison de campagne qui est décrit là avec sur nappe de gauche a droite :  un huiler, une miche de pain, déjà entamé,  une fourchette  solitaire, un compotier rempli de pommes  et de pêches roses, un verre de vin  presque vide et une carafe de vin presque pleine.  Le bonheur !

Rappel biographique : le peintre  français Raoul Dufy était aussi dessinateur, graveur, illustrateur de livres, créateur de tissus, céramiste, créateur de tapisseries et de mobilier, décorateur d'intérieur, décorateur d'espaces publics et décorateur de théâtre. Raoul Dufy a produit  plus 3 000 toiles, 6 000 grandes aquarelles, 6 000 dessins et en a détruit presque autant. Ses natures mortes ne constituent pas l'essentiel de sa production très largement consacrée aux paysages, aux évènements de son temps, aux portraits de femme et surtout... à la musique et aux concerts qu'il est presque parvenu à faire entendre à travers ses toiles. Dessinateur hors pair - certains l'aurait même vu dessiner avec ses deux mains à la fois - c'était aussi un merveilleux coloriste, un coloriste du bonheur et de la magie, tant il est vrai que la joie de vivre et l'ode constante à  la vie soutiennent chaque tableau, chaque gouache, chaque dessin. Dufy promène un regard émerveillé sur le monde et nous invite à une fête qui n’a rien de superficiel ou  de mondain, comme on l'a dit un peu trop hâtivement. « Si je pouvais exprimer toute la joie qui est en moi ! » disait-il. Il y est largement parvenu, et peu d’œuvres sont une telle invitation à cheminer vers le bonheur... au point qu'elles pourraient presque nous faire croire qu'il existe ! 

samedi 16 mai 2015

Pierre Tal-Coat (1905-1985) - Nature morte aux verres et aux pichets



Pierre Tal-Coat (1905-1985) 
Nature morte aux verres et aux pichets
Collection privée

Que voit-on ? Une série de verres dont un renversé (comme dans les natures mortes du 17e siècle),  qui laisse penser  à un hommage au grand peintre de verreries que fut  Sébastien Stoskopff (1597-1657) à  la période l'âge d'or de la nature morte. dans les pays de Nord de l'Europe.  Ici chaque objet est peint en étant surligné au trait blanc sur un fond marron, dans un style qui faire penser à la technique de  de Raoul Dufy.

Rappel biographique : Le peintre, graveur et illustrateur français Pierre Tal Coat (pseudonyme de Pierre Jacob pour éviter l'homonymie avec Max Jacob quimpérois comme lui), apparenté au mouvement de l'École de Paris a peint une série importante de natures mortes, toutes réalisées en 1942, en pleine guerre, alors qu'il se trouvait réfugié  à Aix-en-Provence. De toutes ces peintures très dépouillées et exécutées avec une grande économie de moyens, il se dégage une grande force.

vendredi 15 mai 2015

Ottilie Wilhelmine Roederstein (1859-1937)



Ottilie Wilhelmine Roederstein (1859-1937)
Stilleben mit Vasen Messer und Zitrone (1923) 
Marburg


La peintre suisse  allemande  Ottilie-Wilhelmine Roederstein  est plus connue pour ses portraits  que pour ses natures mortes. Elle en a peint  cependant quelques unes  avec une touche toujours très généreuse.

jeudi 14 mai 2015

Nils Schillmark (1745-1804) - Nature morte avec bol à punch




Nils Schillmark (1745-1804)
Nature morte avec Bol à punch
Ateneum Helsinki, Finlande

Le peintre finlandais d'origine suédoise Nils Schillmark, né de parents inconnus, a d'abord étudié en Suède et a ensuite déménagé à Suomenlinna, en Finlande. Il peint des portraits, des natures mortes et des paysages, en particulier des paysages fluviaux. Avec Isak Wacklin, Schillmark fut une des premiers peintres finlandais de paysages. Son style, d'une grande finesse, d'une grande précision, et d'une élégance hors pair est très typique de celui de la peinture scandinave des 18e et 19e siècle.
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2015 - A Still Life Collection
Un blog de Francis Rousseau

mercredi 13 mai 2015

Léon-Bonvin (1834-1866)



Léon-Bonvin (1834-1866)
Nature morte avec panier d'oranges, plat de raisins et de fruits secs et verre d'eau sur entablement de pierre (1863)
Walters Art Museum (Baltimore)


Rappel biograhique : Le peintre français Léon Bonvin, né dans la banlieue parisienne dans un famille très modeste, eut des ambitions artistiques à un âge très précoce. En grande partie autodidacte, il fut encouragé par son demi-frère aîné François, reconnu parmi les peintres réalistes de Paris, qui lui fournit gratuitement de quoi peindre. Les premiers dessins de Léon Bonvin furent de petites esquisses au fusain représentant son environnement immédiat, des petits dessins  assez sombre.  Gagnant sa vie comme aubergiste, Léon Bonvin commence à peindre des sujets tirés de la nature, des champs de fleurs entourant de sa maison ou des intérieurs d' auberge.
Dans les années 1860, il se consacre exclusivement à l'aquarelle, et peint des paysages et aux  natures mortes  qu'il rend avec une luminosité remarquable qui ne laisse personne indifférent. François Bonvin son frère plus connu, l'a encouragé à étudier le réalisme et la précision du rendu des  maîtres hollandais et flamands. Après son mariage en 1861, la situation financière de Bonvin empire, son auberge perd de l'argent. C'est alors qu'il se rend à Paris pour essayer de vendre ses aquarelles. Il rencontre un  seul marchand d'art qui lui refuse assez sèchement et grossièrement ses toiles. Il a 32 ans.  Le lendemain de cette rencontre, on  le retrouve  pendu dans la forêt de Meudon. Une vente posthume de ses aquarelles a rapporté plus de 8000 francs de l'époque au profit de sa famille qui était dans la misère.
On mesure aujourd'hui la stupidité de ce marchand qui n'a pas su voir le grand talent de Léon Bonvin, talent de dessinateur, de coloriste mais aussi talent novateur dans le choix des sujets... il est un des premiers  en effet à avoir peint presque systématiquement en les rendant beaux, des déchets(ce que l'on appelait aux 18e  siècle "des restes ") mêlés aux sujets de ses natures mortes (pelure de fruits et de légumes, coques vides de fruits secs, feuilles délaissés de légumes vert, miettes de pain...)
Aujourd'hui, les quelques toiles et aquarelles que Léon Bonvin a peint dans sa trop courte carrière sont très présentes dans les collections nord américaines.


mardi 12 mai 2015

Pierre-Antoine Lemoine (1605-1665)



Pierre-Antoine Lemoine (1605-1665)
Nature morte aux raisins,  plat de pêches et potiche chinoise sur un entablement de pierre.
Collection privée

Que voit-on ?  Sur un entablement de marbre fendu posée sur un plateau d'argent en équilibre symbolisant l'instabilité de biens terrestres, deux pêches et un melon caractérisant les qualités de coeur et la douceur de vivre.  Encadrant une potiche en porcelaine de Chine représentée avec un luxe de détail,  digne des meilleurs trompe-l'oeil, des grappes de raisins accrochés à leurs feuillages dont la texture est remarquablement rendue, ce qui est la caractéristique de ce peintre.  Sur le bord de l'entablement et projetant sur lui une ombre : une figue noire ouverte d'un troublante sensualité, dont la position instable en porte à faux sur les fruits et le vide vient rappelant la fragilité des plaisirs de la chair.

Rappel biographique : le peintre français Pierre-Antoine Lemoine appartient à ce corpus de peintres du début du 17e siècle dont peu d'éléments nous sont parvenus mais qui semble avoir été très considéré en son temps : « Pierre Antoine Le Moine de Paris peignit les fruits avec beaucoup de finesse & de légèreté. » L'artiste fut pourtant totalement oublié jusqu'à la réapparition, sur le marché de l'art en 1992, de son morceau de réception à l'Académie Royale de Peinture et de sculpture. Également musicien, il bénéficia de recherches en archives par Michel Faré et Claudia Salvi,  laquelle a récemment remarqué que ce morceau de réception constituait « un évènement très important pour l'histoire de la nature morte en France  au 17e siècle »
« Vous estes prié d'assister au Convoy, Service et Enterrement de Monsieur le Moine, vivant Peintre du Roy en son Académie Royale de Peinture et Sculpture, ordinaire de la musique de la Chambre de Sa Majesté et de Monsieur ; décédé en sa maison, rue des Déchargeurs, qui se fera Jeudy, 20 Aoust 1665, à dix heures du matin, en l'église de St Germain l'Auxerrois, sa Paroisse, où il sera inhumé; les Dames s'y trouveront s'il leur plaist. »
Membre d'une maîtrise vieillissante, et malgré les avis défavorables de Charles Le Brun   et d'Eustache Lesueur,  Lemoine est admis à  l'Académie en 1654 et il en deviendra un membre important et remarqué puisque son " morceau de reception " sera offert en présent au cardinal de Mazarin. En 1657, il est chargé « d'orner le logis » du chancelier Pierre Séguier, ce qui parachève de le rendre célèbre.  Les œuvres de Lemoine (environ quatre toiles signées à ce jour), prouvent à elles-seules combien l'artiste avait la maitrise du réalisme des fruits, un sens de l'observation aiguisé et possédait l'art de la traduction des saveurs. À une remarquable qualité picturale parvenue jusqu'à nous, s'ajoute en effet, une certaine volupté des textures fruitières, dans une tradition française alors principalement représentée par Pierre Dupuis, et  un talent de coloriste enthousiasmant.

lundi 11 mai 2015

Justine Reyes (bn1978)




Justine  Reyes (bn1978)
Still Life

La photographe américaine Justine Reyes, vit et travaille a New York. Son travail depuis 2000 s'emploie à renouveler l'art de la nature morte en y introduisant des sujets très typiques de notre époque (ici un sachet de thé lyophilisé et son emballage en papier) et en les mettant en scène dans un style hyper classique à mi-chemin entre celui des maîtres hollandais du 17e et des grands peintres américains de natures mortes des 18e et 19e siècle. Elle est diplômée en art de l'université de Syracuse et du San Francisco Art Institute et  ses ouvres sont déjà présentes dans de nombreuses prestigieuses collections. aux Etats-Unis.  

dimanche 10 mai 2015

Juan Bautista de Espinosa (1590–1641)



Juan Bautista de Espinosa (1590–1641) 
Bodegon de fruitas


Le peintre espagnol Juan Bautista de Espinosa (1590–1641) souvent confondu avec son homonyme Juan de Espinosa (actif entre 1628 et 1659) a longtemps travailler en Hollande avant de s'installer en Espagne. Son style se ressent de cette influence flamande et particulier dans les natures mortes qui'l a peint et qui appartiennent à la période du baroque hispano-flamand. Dans celle ci la texture cristalline et les transparences des grains de raisins surdimensionnés,  contraste avec celle, rugueuse ,du tapis de table. brodé et de la porcelaine à peine visible.




samedi 9 mai 2015

Jacques Linard (1597-1645)




Jacques Linard (1597-1645)
Les 5 sens et les 4 éléments (1627)
Musée du Louvre. Paris.

Que voit-on ? Jacques Linard paraît le plus ancien à avoir traité les thèmes des cinq sens et des quatre éléments. Dans celle ci figurant les 4 éléments : le brasero représente le Feu ; la toupie en plume de faisan d'oiseau posée sur le rebords de la fenêtre, presque prête à s'envoler  pour l’Air ; les racines de tubercule pour  la Terre et le hanap en étain pour l’Eau. Figurant les cinq sens : les fruits pourraient figurer  le Toucher, la mandoline, le pipeau et la partition de musique pour l’Ouïe, le miroir la Vue, la verre de vin, le Goût et le bouquet de fleurs  l’Odorat ....ou l'inverse. car Linard, non sans malice, s'amuse à brouiller les pistes de ces nature mortes devinettes en introduisant souvent des éléments perturbateurs. Dans ce tableau du Louvre -  car il en existe d'autres portant le meme titre (au Musée de Strasbourg par exemple) mais avec des objets très différents,- les éléments perturbateurs sont le  clyster,   la boîte ronde en copeaux de bois remplis de ce que l'on suppose être des confiseries  ou des plumes  et les cartes à jouer dans le tiroir entr'ouvert !!!

Rappel biographique : le peintre français Jacques Linard, issu d 'une famille de peintre (son père Jehan Linard était un peintre connu)  fut actif à Paris dès le début des années 1620.  Sa sœur épousa Claude Baudesson, et donna naissance au futur grand peintre de natures mortes Nicolas Baudesson. Moins d'une cinquantaine d'œuvres  de Jacques Linard  sont parvenues jusqu'à nous aujourd'hui. Ce sont  en très grande majorité des natures mortes. De tous les peintres  dit " de la réalité ".Ses natures mortes mettant en scène des coquillages et des coraux sont parmi ses plus célèbres.

Ce blog a publié plusieurs natures mortes de ce peintre.  Pour toutes les retrouver cliquez sur l'onglet libellé et retrouver le nom du peintre.

vendredi 8 mai 2015

Juriaen van Streeck (1632-1687)



Juriaen van Streeck (1632-1687)
Nature morte avec Vanité

Le peintre néerlandais  Juriaen van Streeck appartient à la période de l'âge d'or de la nature morte hollandaise. On a per de renseignements sur lui ; on ignore même sa date exacte de naissance que
l'on suppose être 1632. L'existence de Van Streeck n'est clairement documentée qu'a partir de 1653 à à Amsterdam  où il semble avoir été actif toute sa vie.... ou en tout cas jusqu'en 1680, où il abandonne la peinture pour devenir aubergiste.  Bien qu'il soit connu aujourd'hui principalement comme un peintre de natures mortes, Van Streeck a peint plusieurs portraits qui sont répertoriés dans les achats d'éminents citoyens d'Amsterdam. Aucun de ces portraits n'est parvenu jusqu'à nous, (à la notable exception de celui d'un jeune homme noir contenu dans Nature morte aux pêches et citrons publiée sur ce blog le 16 Juin 2014) mais la liste des citoyens qui les avaient acquis est suffisamment prestigieuse pour témoigner de sa notoriété de son vivant.
Ses natures mortes comportent toutes sortes d'objets, qui n'ont pas forcément une signification symbolique mais sont plutôt prétexte à étudier, à capter le jeu des ombres et des lumières sur les matières. Il n'en va pas pas tout à fait de même pour celle-ci, très inspirée des natures somptueuses d'un autre maître hollandais de l'âge d'or, Willem Kalf. La symbolique de cette vanité qui fustige l'orgueil  et la pompe martiale ne peut échapper à personne.  C'est aussi une extraordinaire étude de textures opposant en contraste plumes d'autruche, métal précieux, os et papier.

jeudi 7 mai 2015

Nikolaï Astrup (1880-1928)




Nikolaï Astrup (1880-1928)
Sketch for a still  life


Le peintre norvégien  Nicholai Astrup ( est sans doute le plus réputé des peintres du 20e siècle dans son pays.  Faisant partie du mouvement néo romantique, les peintures d'Astrup se situent souvent très influencés entre  l'expressionnisme et la peinture naïve (il rencontra d'ailleurs a plusieurs reprises Henri Rousseau dont il connaissait l'oeuvre, de même que Maurice Denis et Paul Gaughin). Ses œuvres, caractérisées par des couleurs vives et claires, représentent les scènes et les paysages des environs de la ville où il vivait. De son vivant, l'artiste vendait ses œuvres comme moyen de subsistance. Il peignit très peu de natures mortes. Sans doute celle-ci a-t-elle été peint  pour honorer une commande précise  car Nikolai Astrup est un peintre qui vécut toute sa vie des ventes de ses tableaux.

mardi 5 mai 2015

Brian Ballard Rua (b.1943)





Brian Ballard Rua (b.1943) 
Mortar, Pestle and lemons (2002)

Le coloriste irlandais, peintre de genre et de paysage,  Brian Ballard  Rua est né à Belfast en 1943, où il a étudié le dessin et la peinture à lCollege of Art (1961-1964) de cette ville  puis au Liverpool College of Art (de 1964 à 1965).  En 1970, il remporte le Prix Carroll au Salon irlandais de l'art vivant. Les peintures de Ballard sont connues pour leurs couleurs riches et leur pâte énergique. Il arrive souvent que Ballard de reprenne la même scène à plusieurs reprises pour saisir des humeurs différentes. Il est déjà considéré comme un virtuose de l'ombre et la lumière et d'ombre, développant une palette de pigments très personnelle avec un bleu nuit très évocateur. 

lundi 4 mai 2015

Karel Appel (1921-2006)



Karel Appel (1921-2006)

Birds Waiting as Still Life (1971)


Le peintre, sculpteur et poète  hollandais ,Christian Karel Appel a commencé à peindre à l'âge de 14 ans.   En 1948, il fut l'un des fondateurs du mouvement d'avant garde CoBr(pour : Copenhagen, Bruxelles, Amsterdam) qui voulut privilégier les thèmes et une esthétique d'inspiration nordique. Appel n'a pas peint beaucoup de natures mortes, celle-ci fait même figure d'exception en étant la seule titrée comme telle.  

dimanche 3 mai 2015

Jean-Michel Basquiat (1960-1988)



Jean-Michel Basquiat (1960-1988)
Still life with cookies n'cream

 Rappel biographique : le peintre américain d'origine haïtienne et portoricaine Jean-Michel Basquiat, devient très tôt un peintre très populaire dans les milieux de l'avant garde comme pionnier de la mouvance  underground. Son style est original, spontané, naïf, énergique et parfois violent.
En 1983, il rencontre Andy Warhol. Petit à petit, ils s'attachent très fortement l'un à l'autre  et  deviennent bons amis. Au point de créer ensemble plus d'une centaine de toiles. Basquiat représente d'ailleurs son ami  Warhol sous la forme d'une banane, Brown Spots (Portraits of Andy Warhol as a Banana)
Basquiat a peint très peu de natures mortes revendiquées comme telles. Celles qu'il a peintes l'ont toutes été entre 1982 et1 988  mêlant à la fois, surface dense avec des écritures en graffiti, collages, représentations sans relations apparentes les unes avec les autres ,mais plus figuratives que ce qu'il avait peint jusque là, dans un style différent avec des sources, des symboles et un contenu contrastant avec ses autres peintures.

samedi 2 mai 2015

Le Corbusier (1887-1965)


Le Corbusier (1887-1965) 
Nature morte au syphon

L'architecte et urbaniste français d'origine suisse, Charles-Édouard Jeanneret-Gris plus connu sous le pseudonyme de  Le Corbusier fut aussi peintre, sculpteur, décorateur et hommes de lettres, reléguant très loin dans les nimbes la sempiternelle incompatibilité  entre architecte et artiste ! Dans le domaine de l'architecture il est l'un des principaux représentants du mouvement moderne avec  Ludwig Mies van der Rohe, Walter Gropius, Alvar Aalto...
En même temps que sa pratique architecturale, Le Corbusier n'a de cesse de nourrir sa réflexion par une pratique régulière des arts plastiques. Son premier « voyage d'Orient » le fait passer par Vienne où il rencontre entre autres Gustav Klimt. Sa collaboration avec Amédée Ozenfant est féconde (l'esprit nouveau, le purisme, etc.) de même que celle qu'il entama avec Fernand Léger,  Pablo Picasso et Georges Braque. Après 1917, il ne cesse jamais de peindre. Malgré une trentaine d'années de mise entre parenthèses de son activité picturale en France (1923-1953),  il participe à de nombreuses expositions à l'étranger. Dès 1940, il se lance dans la peinture murale.
Le dessinateur instaure des partenariats en ce qui concerne la sculpture après 1947 et les tapisseries à partir de 1948.  Après 1950, il s'intéresse aux collages. Dans l'atelier de Jean Martin, à partir de 1953, il grave des émaux sur tôle d'acier. La diffusion de ses lithographies est immense. Sa production  de dessins, d'aquarelles et de toiles est gigantesque.   Quelques natures mortes parsèment cette oeuvre considérable, dont certaines ont servi de cartons pour des tapisseries réalisées dans lea ateliers d'Aubusson. 
 Cette Nature au syphon cache mal tout ce qu'elle doit aux influences conjuguées d'Amédée Ozenfant et de Fernand Léger !  

vendredi 1 mai 2015

Georges Braque (1882-1963) - Nature morte au vase devant la fenêtre


http://astilllifecollection.blogspot.com

Georges Braque (1882-1963)
Nature morte au vase devant la fenêtre

Que voit-on ?  Le thème du vase devant la fenêtre est un thème récurant dans les natures mortes de Braque puisqu'ill 'a peint au moins une dizaine de fois tout au long de sa vie et dans différents styles. Dans cette nature morte très fournie en éléments de décors muraux, les objets avec lesquels ils se fondent souvent, s'inscrivent au trait blanc. De gauche à droite : le vase empli de feuillage vert, reposant sur un napperon en dentelles devant la fenêtre,  un guéridon sur lequel est posée une guitare un tabouret en bois sur lequel est posé une plante verte de type palmier nain, et a droite un chevalet sur lequel repose une toile  rose et marron et une autre toile  à fond bleu posée au sol.  A travers la fenêtre  : un ciel gris bleu empli de nuages et barré par deux fils électriques qui s'entrecroisent à l'extérieur.


Rappel biographique : le peintre Français Georges Braque qui fut aussi sculpteur et graveur est le maître incontestable de la nature morte au 20e siècle, genre qu'il a profondément transformé et renouvelé tout au long de sa vie, s'inscrivant  (consciemment  ou inconsciemment) dans une démarche similaire à celle de Chardin au 18e siècle. Engagé dans le sillage du fauvisme, influencé par Matisse, Derain et Ohon Friesz, il peint, à l'été 1906 les paysages de l'Estaque avec des maisons en forme de cubes (Maisons à L'Estaque) que Matisse qualifie de cubistes.  A partir de 1909,  il entre dans ce que les spécialistes appellent la période du  " cubisme analytique ".  Les paysages qui prédominaient  jusqu'alors dans son œuvre vont céder la place aux natures mortes. 
Ce sont principalement des natures mortes d'objets et/ou d'instruments de musiques (violons, guitare, pipe, journaux et magazines, objets divers de décorations intérieurs comme les nappes, les guéridons...) qu'il peint délaissant volontiers les thématiques habituelles du genre (fruits, légumes, pâtisseries, porcelaines).   Dès avant la Première Guerre Mondiale, sa peinture s'enrichit de combinaisons imprévues, avec une multiplication des facettes. Les formes sont géométrisées et simplifiées. Comme le remarque Bernard Zurcher, dans son ouvrage Braque vie et œuvre :   « Si l'on considère que la bataille du cubisme s'est jouée  sur le thème de la nature morte, Braque y était le mieux préparé ou plutôt il a été à même, en consolidant chacune des étapes de son évolution, d'aller plus sûrement à ce « signe qui suffit » tel que l'a nommé Matisse »
Entre 1919 et 1939, son style et ses recherches vont évoluer. De son passé cubiste, il conserve la simultanéité des points de vue et il opère une partition des objets et des plans qui les éloignent de tout réalisme. Guitare et nature morte sur la cheminée  1925, et Fruits sur une nappe et compotier, sont caractéristiques de cette évolution. Les objets semblent des accessoires de la composition," l'effort porte sur la couleur". Braque pousse l'usage du contraste encore beaucoup plus loin dans Nature morte à la clarinette,  avec des formes qualifiées de « naturalistes » Avec Le Guéridon, 1928 et Le Grand guéridon, qu'il continue à travailler jusqu'en 1936-1939, Braque opère un long mûrissement des formes. Il retravaille même en 1945 le Guéridon rouge, commencé en 1939 en réduisant le motif ornemental. Le thème du guéridon revient souvent dans l'œuvre de 1911 à 1952 qui reçoit en 1937 le premier prix de la Fondation Carnegie  de Pittsburgh
Cloîtré dans son atelier pendant toute la durée de la Seconde guerre Mondiale, il refuse toute compromission avec les nazis et le régime de Vichy, malgré les nombreuses propositions qui lui sont faites.  Braque se consacre au thème des Intérieurs avec un retour en force du noir qui donne une impression de dépouillement et de sévérité. Pendant cette période, Braque poursuit son sujet favori  le nature morte et particulier les natures mortes aux instruments de musique qui n'ont cessé d'apparaître dans ses tableaux depuis 1908 .  « L'instrument de musique, en tant qu'objet, a cette particularité qu'on peut l'animer en le touchant, voilà pourquoi j'ai toujours été attiré par les instruments de musique » .1942 est une année particulièrement féconde pour le peintre qui commence plusieurs toiles sur le thème de la musique, qu'il terminera plus tard comme L'Homme à la guitare (1942), 1942-1961. 
A cette époque là il réalise une nature morte à sujet animalier Deux poissons dans un plat avec une cruche, (1949-1941) qui inaugure une série de poissons sur fond noir Les Poissons noirs, 1942, et  plusieurs Vanités.  
A la Libération, après la guerre, Aimé Maeght devient son nouveau marchand parisien, et publie la première édition des Cahiers G. Braque. En 1948, lorsqu'il  présente la série des Billards à la Biennale de Venise il reçoit le Grand Prix pour l'ensemble de son œuvre. Suit une série d'expositions en particulier au MoMa de New York, qui parachève la reconnaissance internationale de son œuvre immense et essentielle.

2015 - A Still Life Collection 

Un blog de Francis Rousseau