jeudi 31 mars 2016

Amédée Ozenfant (1886-1966) - Nature morte avec verre et pipe

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Amédée Ozenfant (1886-1966)
Nature morte avec verre et pipe  (1919)
Philadelphia Museum of Art

Que voit-on ?  Sur un entablement de couleur blanche qui présente un décrochement pouvant l'apparenter à un livre,  l'esquisse minimaliste d'un verre en un cercle et une courbe et le dessin plus élaborée d'une pipe.  L'entablement surplombe une surface de couleur bordeaux. L'ensemble d'un grand dépouillement s'exprime dans un camaïeu monochrome de couleur rouge foncé.

Rappel biographique : L'artiste et architecte français Amédée Ozenfant est connu pour avoir fondé - en pleine Première Guerre mondiale -  avec Max Jacob et Guillaume Apollinaire la revue L'Élan pour établir une liaison entre les artistes et le front (1915-1917). En 1917, il rencontre Charles-Édouard Jeanneret, (qui sera célèbre  sous le nom de Le Corbusier). Ils publient ensemble, en 1918, Après le cubisme, ouvrage qui décrit sous le nom de purisme l'héritage qu'ils comptent donner au cubisme, dévoyé à leurs yeux dès avant la guerre. 
De 1920 à 1925, leurs idées sont exprimées dans leur revue, L'Esprit nouveau
La peinture puriste d'Ozenfant, point de départ de celle de Le Corbusier, donne la primauté à la construction de la toile, à la représentation « standard » des objets, elle use de couleurs neutres et atténuées. Ozenfant identifie la création picturale à la création mécanique et réduit les formes à des schémas sans modelé. Il tente d'appliquer ses idées à la peinture murale et publie un nouveau livre en 1928, Art. Il travaille de 1931 à 1938 à une immense composition, Vie (Musée national d'art moderne, Paris), enchevêtrement de corps humains qui contraste avec la retenue des natures mortes puristes. Il s'installe à New York en 1938 et y fonde l'Ozenfant School of Fine Arts. Son activité pédagogique se poursuit à Cannes de 1955 jusqu'à sa mort. À la fin de sa vie, Ozenfant modifiera son style et fera, dans sa peinture, une plus large place à la vibration atmosphérique et à la matière.
 (Michel FRIZOT, « OZENFANT AMÉDÉE - (1886-1966)  », Encyclopædia Universalis , consulté le 6 octobre 2015) 

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mercredi 30 mars 2016

Bror Oscar Eugen Börjeson (1903-1999) - Stilleben




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Bror Oscar Eugen Börjeson (1903-1999)
Stilleben
Private collection

Que voit-on ? Un pot à eau en porcelaine blanche et deux citrons séparés par une pli de la nappe traitée dans une tonalité intermédiaire entre celle des citrons et du pot à eau. Cette atmosphère monochromique  s'exprime à travers un angle de vue de l'ensemble assez inhabituel : en plongée.

Rappel biographique : L'artiste plasticien suédois Bror Oscar Eugen Börjeson fut un pupil de la nation, né de mère inconnue et dont la légende veut que le père ait été le Prince Eugène  en personne. Placé dans une famille d'accueil sur Gotland, il y a fait ses études primaires et secondaires puis part pour Stockholm où il  étudie à l'Académie des Arts.
Il a commencé sa carrière de peintre comme portraitiste de la bonne société finlandaise mais également suédoise. Il est cependant  principalement connu en Suède pour ses paysages et notamment ses peintures de Grèce où il fit de nombreux voyages.
Il a peint assez peu de natures mortes mais toutes dans une pâte très vigoureuse et avec une technique très sûre qui lui a permis d'atteindre une précision remarquable du rendu. Même si on peut le classer parmi les peintres expressionnistes scandinaves, Bror Oscar Eugen Börjeson n'a jamais voulu appartenir à aucun des mouvements de la peinture au 20e siècle et a toujours opté pour un grand classicisme qu'il arrangeait à sa manière et dont toute mièvrerie est définitivement absente.

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mardi 29 mars 2016

Auguste Herbin (1882-1960) - Nature Morte au melon et au chou rouge



Auguste Herbin (1882-1960)
Nature Morte au melon et au chou rouge (1920).
Detroit Institute of Art

Que voit-on ? Avant même le sujet de la nature qui mêle de façon assez incongru, melon et chou rouge, c'est une étude sur les couleurs :  orange, rouge et vert qu'Herbin a voulu proposé dans cette nature morte aux formes épurées.  Les ombres projetées sur l'entablement insistent sur l'éclairage venu de la fenêtre et de l'extérieur.

Rappel biographique : Le peintre français Auguste Herbin est une grande figure de l'art abstrait. Dans le premier quart du 20e siècle, alors que naissaient les mouvements De Stijl aux Pays-Bas, du Constructivisme en Russie et du Bauhaus en Allemagne, Herbin a été l’un des fondateurs de l’abstraction en France. Après la Première Guerre mondiale, il devient l’un des principaux protagonistes des deux grands mouvements Abstraction-Création et Réalités Nouvelles.
" Toute l'action de la peinture réside dans le rapport des couleurs entre elles, dans le rapport des formes entre elles et dans le rapport entre les formes et les couleurs ". écrira-t-il  Ses natures mortes presque datant  toutes de sa période cubiste sont très influencées par Juan Gris et  Pablo Picasso. Herbin produit ses premières toiles abstraites en 1917. Il est remarqué par Léonce Rosenberg qui lui achète plusieurs toiles et le prend sous contrat à la Galerie de L'Effort Moderne où il expose à plusieurs reprises. En 1919  Herbin décide d'abandonner le cubisme, pour lui dépassé ; il écrit à Gleizes « L'art ne peut être que monumental. » Il réalise alors sa série d'« objets monumentaux ». Ses peintures sur bois géométriques en relief remettent en question le statut de la peinture de chevalet. Cependant elles sont très mal accueillies, y compris par les critiques favorables au cubisme. Herbin se retire.  Entre 1922 et 1925, Herbin revient  à un style figuratif, sur les conseils de Rosenberg.  Il désavouera plus tard les paysages, les natures mortes et les scènes de genre de cette époque, telles que Les joueurs de boules (1923, Musée National d'Art Moderne, Paris), dans lesquelles il représente les objets sous forme de volumes simplifiés.
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lundi 28 mars 2016

Antoine Vollon (1833-1900) - Nature morte avec oeufs, poêlon et pichet

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Antoine Vollon (1833-1900)
Nature morte avec oeufs, poêlon et pichet
Philadelphia Museum of Art

Que voit-on ?  Une composition aux couleurs presque monochrome d'une luminosité et d'une intensité saisissante. Se détachant nettement sur un fond noir une composition a base de céramique vernissée beige et jaune, dont un un pichet  blanc à gauche et un pôelon en céramique à droite. Les éléments centraux de cette toile sont cependant 4 oeufs à la blancheur éclatante qui ne sont pas sans rappeler ceux que Vollon peignit dans sa célèbre " motte de beurre " et qui étaient destinés à relever la couleur du beurre par leur blancheur immaculée.

Rappel biographique : le peintre français Antoine Vollon est considéré comme appartenant au mouvement réaliste, bien que son style s'adapte toujours en fonction du sujet traité. Artiste productif, fougueux et extrêmement doué, Antoine Vollon affichait une préférence marquée pour les effets de lumière. Il a peint des ports, des marines aux grands cieux tourmentés et des pêcheurs mais c'est surtout comme peintre de natures mortes qu'il aimait se présenter lui-même.
Il débute sa carrière à Lyon, où il apprend la gravure sur métaux et fréquente l 'Ecole des beaux-arts de la ville où il est l'élève de Théodule Ribot. Il développe rapidement une attention particulière surtout pour les natures mortes qui relèvent d’un défi technique et artistique. Ce défi couvre un champs très large qui va de la représentation d'une motte de beurre, à la peinture de fruits et de fleurs isolés (poires, prunes, cerises, pêches, tomates, courges, violettes...) en passant par le rendu des reflets du métal des ustensiles de cuisines jusqu'à la représentation des matières vivantes quotidiennes de la cuisine (plateau d'huîtres, œufs, carcasse de cochon pendu et vidé, poissons de mer en attente de cuisson...).   Ses œuvres sont aujourd’hui conservées dans les musées du monde entier (Amsterdam, Londres) et principalement aux Etats-Unis où Vollon est beaucoup plus connu qu'en Europe (Washington, New York, Boston, Philadelphie…). En France, le musée d'Orsay à Paris conserve une de ses toiles (Autoportrait), de même que les musées de Lyon (sa ville natale), Amiens et Rouen. Le musée des beaux arts de Dieppe quant a lui conserve deux toiles : Femmes du Pollet à Dieppe et Poissons de mer.
Alexandre Dumas fils était le grand collectionneur  français de l'œuvre de Vollon, ainsi que de riches américains, comme Henry Frick ou le peintre William Merritt Chase qui l'admirait beaucoup et s'inspira, dans la plupart de ses propres natures mortes de celles d'Antoine Vollon. 

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dimanche 27 mars 2016

Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779), Nature morte avec oeufs, fromage et pichet

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Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779)
Nature morte avec oeufs, fromage et pichet
Philadelphia Museum of Art

Que voit-on ?   Sur un entablement de pierre rustique, une composition d'office d'une émouvante modestie où sont représentées, au centre, trois oeufs encadrés à gauche par une pichet en terre cuite vernissé et à droite par une fromage entouré de l'écorce de bois qui le maintient pendant son affinage. Quelques épis de blé sont répandus entre le fromage et les oeufs dont un déborde de l'entablement pour accentuer la perspective.  A l'extrême gauche quelques feuilles de noisetier à côté du pichet signale la signature du peintre juste au-dessous,  sur l'entablement. Comme souvent dans les natures mortes de Chardin de cette époque, la palette tire vers une monochromie  qui accentue encore la modestie du propos. Cette vingtième nature morte de Chardin publiée sur ce blog, est incontestablement un chef-d'œuvre.

Rappel biographique : Célèbre pour ses scènes de genre et ses pastels, Chardin est aussi reconnu pour ses natures mortes dont il reste le maître incontesté. D'après les frères Goncourt, c'est Coypel qui en faisant appel à Chardin pour peindre un fusil dans un tableau de chasse, lui aurait donné le goût pour les natures mortes. Ces deux tableaux de réception à l'Académie Royale de peinture sont tous deux des natures mortes, La Raie et Le Buffet qui se trouvent aujourd'hui au Musée du Louvre. Chardin devient ainsi peintre académicien « dans le talent des animaux et des fruits », c'est-à-dire au niveau inférieur de la hiérarchie des genres alors reconnus. Et c'est sans aucun doute Chardin qui va lui donner ses lettres de noblesse et en faire un genre pictural égal, voire même supérieur à bien des égards, aux autres. Les natures mortes qu'il peindra plus tard (à partir de 1750-1760) sont assez différentes des premières. Les sujets en sont très variés : gibier, fruits, bouquets de fleurs, pots, bocaux, verres...  Chardin semble s'intéresser davantage aux volumes et à la composition qu'à un vérisme soucieux du détail, ou aux  effets de trompe-l'œil. Les couleurs sont moins empâtées. Il est plus attentif aux reflets, à la lumière : il travaille parfois à trois tableaux à la fois devant les mêmes objets, pour capter la lumière du matin, du milieu de journée et de l'après-midi. On peut souvent parler d'impressionnisme avant la lettre.

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samedi 26 mars 2016

Tomás Yepes (1595-1674)



Tomás Yepes (1595-1674)
Fruteros de Delft y dos Flores, 1642
Museo de Bellas Artes de Valencia

Que voit on ? Sur une nappe blanche comportant trois plis et une chute en dentelle d'une grande finesse, disposé avec symétrie parfaite autour d'une gigantesque saladier de porcelaine de Delft contenant des pommes, des poires, des pêches et des prunes,deux pots de jasmin en fleurs. Sur la nappe de part et d'autre du saladier une branche d'olivier et des figues noires, rehaussant un jeu de noir et de blanc peu fréquent à cette époque. Au moins deux autres tableaux de porcelaines avec fruits disposées avec la même symétrie sur cette même nappe en dentelle ont été peintes par Yespes la même année.

Rappel biographique : Le  peintre espagnol originaire de Valencia, Tomás Yepes est une personnalité mal connue qui occupe une place à part dans l'histoire de la nature morte espagnole, peignant dans le style traditionnel des premières décennies du siècle, des compositions d'une symétrie impeccable et rigoureuse. Ses œuvres  datées à partir de 1642 comprennent des bouquets de fleurs, des corbeilles de fruits,  des ustensiles de cuisine dans une technique  "ténébriste " et une gamme de tons foncés, dont le style proche de celui d'Espinosa.

vendredi 25 mars 2016

Jacob van Hulsdonck (1582-1647)




Jacob van Hulsdonck (1582-1647)
Nature morte de Table dressée (1615)
Rijksmuseum Twenthe, Enschede

Que voit-on ?  Sur une table recouverte d'une nappe aux plis impeccables : une collation ou un petit dejeuner de maigre dont le poisson est présentée comme a l'accoutumé en Hollande sur un plat en céramique vernissée rouge vif. Ce poisson occupe la place centrale, signe que ce tableau a peut être été réalisé pour la semaine sainte. Il est  encadré par du pain du fromage du beurre. Une  boîte fermée  en écorce d'arbre (bouleau ou liège) contenant des épices ou du thé s'isole à l'arrière plan. La diversité des matériaux constituant la vaisselle (porcelaine, céramique, argent, étain) permet un remarquable étude des contrastes, menée avec la précision réaliste coutumière à ce grand maitre de l'âge d'or de la nature morte hollandaise.

Rappel biographique : Le peintre flamand Jacob van Hulsdonck, contemporain de  Rubens, se forme a la nature morte à rejoint à Middlegourg auprès d'Ambrosius Bosschaert, célèbre pour ses natures mortes à sujets floraux. De retour à Anvers, il entre dans la guilde des peintres en  1608 et connaît, à la tête d'un atelier, une brillante carrière jusqu'à sa mort. Il a réalisé des natures mortes de fleurs, de fruits et de déjeuner.  Il glisse souvent dans ses natures mortes des éléments symboliques et/ou mystérieux.

jeudi 24 mars 2016

Henri Matisse (1869-1954) -Intérieur rouge, nature morte sur la table




Henri Matisse (1869-1954)
Intérieur rouge, nature morte sur la table (1947)
Musée Matisse, Nice

Que voit-on ? Ce tableau  souvent confondu avec la célèbre Desserte rouge peint en 1908 (déjà publié sur ce blog), s'en inspire indéniablement près de quarante années plus tard !    Il en diffère aussi par plusieurs points dont le premier est le cadrage en hauteur. Il ne s'agit las ici d'une scène d'intérieur comme La desserte rouge ; il n'y a ici aucun de personnages dans le cadre et la  priorité est donné a la nature morte sur la table contenu dans le titre et qui représente 7 pommes rouges  posées sur une table de jardin bleu. Au fond de la piece une porte ouverte sur une jardin méditerranéen tout en palmes et en couleurs vives. Le seul point commun  entre ce tableau et la desserte rouge est ... le rouge, ce rouge si vif de Matisse unique,  omniprésent et envahissant. Le tableau évoque l’harmonie et la gaieté. Pourtant à cette période il souffre d’infirmités et d’insomnies. Il a 77 ans et ses forces limitées le rendent d’humeur changeante Le profil de Caroline Joublaud, mère de sa fille Marguerite, évoque le rôle de la femme en tant que compagne et modèle dans la vie de l’artiste.

Rappel biographique : le peintre français Henri Matisse, chef de file du Fauvisme figure majeure du 20e siècle, a peint tout au long de sa vie, un très grand nombre de natures mortes dans des styles aussi différents que les périodes qu'il a traversées.  Il aimait particulièrement ce genre à tel point qu'une de ses toutes premières peintures connues, actuellement conservée au Musée Malraux du Havre (France) est une nature morte, Nature morte au pichet peinte en 1896-97.


mercredi 23 mars 2016

Richard Diebenkorn (1922-1993) - Untitled (Tomato and knife)



Richard Diebenkorn (1922-1993)
Untitled (Tomato and knife), 1963
Santa Cruz Island Foundation, California

Que voit-on ? Au centre d'un entablement  blanc dont on aperçoit le coin supérieur : une tomate tranchée deux par un couteau resté dans le fruit.

Rappel biographique : Richard Diebenkorn est un peintre américain du 20e siècle dont le style navigue de l’abstrait au figuratif en fonction des périodes qu’il a traversées. Après une première exposition au California Palace of the Legion of Honor à San Francisco en 1948, ses débuts sont associés à l'expressionnisme abstrait et à l'école de San Francisco, mouvement figuratif des années 1950-1960.  De 1955 à 1966,  il vit à Berkeley (Californie), change de style et devient un peintre figuratif important, dans un genre qui réunit  à la fois la manière de Henri Matisse qu’il admire et l'expressionnisme abstrait. Diebenkorn, Elmer Bischoff, Henry Villierme, David Park, James Weeks participent ensemble à une renaissance de la peinture figurative, qu'on appelle l'École de San Francisco (Bay Area Figurative Movement). En 1967, Diebenkorn s'installe à Santa Monica et devient professeur à l'UCLA. Il installe son atelier dans le même immeuble que son vieil ami Sam Francis. Pendant l'hiver 1966-1967, il revient une nouvelle fois à l'abstraction, cette fois avec une vision très personnelle, un style géométrique qui se démarque clairement de ses débuts de la période expressionniste abstraite. La série Ocean Park, qu’il commence en 1967 se poursuit pendant les  dix-huit années suivantes. Elle est devenue la partie de son œuvre la plus célèbre aujourd’hui. Elle se compose d'environ 135 peintures. Basées sur le paysage vu depuis la fenêtre de son atelier, ses compositions abstraites à grande échelle sont nommées d'après une communauté de Santa Monica où il a eu un temps son atelier. A la même époque, il peint aussi ce qu’il appelle des found still life,  c’est a dire des toiles d’après ce qu’il trouve sur sa table san rien retoucher à l’arrangement qu’il voit (c'est le cas du tableau présenté ici).
La première rétrospective importante de son oeuvre a eu lieu à la Albright–Knox Art Gallery а Buffalo en 1976 et 1977.  En 1989, John Elderfield, conservateur au MOMA (New York) organise une exposition d’oeuvres de Diebenkorn sur papier, qui constitue d’ailleurs la partie la plus prolifique de sa production. En 2012, l'exposition Richard Diebenkorn : The Ocean Park Series, organisée par Sarah C. Bancroft, a lieu simultanément à la Corcoran Gallery of Art,  à l'Orange County Museum of Art et au Forth Worth Museum of Modern Arts de Washington.

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mardi 22 mars 2016

Raymond Rochette (1906-1993)



Raymond Rochette (1906-1993)
Le cageot de cerises
Collection privée

Que voit-on ?  Un cageot en bois rempli de cerises qui repose sur un entablement,  retenant sous un de ses coins, un petit napperon blanc sur lequel un branche de cerisiers avec ses feuilles et quelques fruits est posée.

Rappel Biographique : l'artiste peintre français Raymond Rochette est né aux frontières de la forêt morvandelle et de l’usine métallurgique du Creusot. Malgré ses nombreux échanges avec des peintres parisiens et de province, malgré ses nombreuses lectures artistiques, ses voyages à Paris, en Italie, au Maroc, il reste en dehors des écoles et des tendances tout en réussissant à être un peintre témoin de son temps. Avant la guerre, ses sources essentielles d’inspiration sont les scènes de vie dans le Morvan, les vues du Creusot et de nombreux portraits. Pendant la guerre, les difficultés pour trouver du matériel le conduisent à réaliser une peinture très lisse, et une cinquantaine de tableaux de cette époque sont peints recto/verso.
Son obsession reste cette envie de représenter la vie dans les ateliers. d'usine. En 1949, 13 ans après sa première demande, il obtient l’autorisation de venir peindre à l'usine : « J’aime les machines comme on peut aimer les fontaines de Provence ; les ateliers me font penser aux nefs des cathédrales, et leurs lueurs aux fêtes nocturnes sur le grand canal. Les danseurs de l’opéra n’ont pas de gestes plus beaux que ceux des ouvriers, Claude Lorrain peignant ses palais n’avait pas de plus pure joie que celle que j’éprouve en dessinant les ateliers, le foisonnement des titanesques assemblages métalliques me donne la joie du Piranèse, mais c’est la joie de Le Nain que je goûte en en glorifiant soudeurs, meuleurs, lamineurs qui deviennent dans mes tableaux les magiciens d’une flamboyante forêt, celle de la métallurgie lourde. » 
En 1962, il apprend la construction de l’immense usine de Dunkerque et passe ses congés d’été à en peindre l’évolution. Très intéressé aussi par la mine, il descendra à plusieurs reprises au fond et en rapportera des paysages et des portraits de mineurs saisissants.
Malgré cette soif de peindre le milieu industriel, tous les sujets, même les plus communs, lui donnent le désir le les peindre ; il est un peintre de l’actualité, du quotidien, fixant dans tous les aspects de son environnement le temps qui passe.
Pendant 70 ans, Raymond Rochette n’a cessé de peindre : un paysage, un visage, un fruit, des objets simples, tout fascinait son regard. Il décède en 1993 dans sa maison natale.
Depuis 2006, centenaire de sa naissance, de nombreuses expositions ont eu lieu en Bourgogne,  à Paris, Dijon mais aussi  au Luxembourg et en Allemagne (au Rheinisches Industriemuseeum d'Oberhausen), au siège social d'Arcelor Mittal Paris.

lundi 21 mars 2016

Paul Serusier (1864-1927)



Paul Serusier (1864-1927)
Nature morte au poires (1927)
Musée des Beaux-Arts de Rennes

Que voit on? Sur un torchon à carreau rouge et blanc, 5 poires jaunes, de ce jaune omniprésent dans l'oeuvre de ce peintre,  tombées d'une coupelle en céramique vernissée bleu. Dans le fond quelques pommes vertes apportent un complément de couleur.

Rappel Biographique : Le peintre français Paul Sérusier est né à Paris, entre à l’Académie Julian en 1888 et devient massier des petits ateliers que fréquentaient alors Denis, Ranson et Bonnard. En octobre 1888,  on le retrouve à Pont-Aven où il fait la connaissance de Gauguin qui l’initie à sa nouvelle esthétique. Sérusier fonde alors la confrérie des Nabis. Son tableau le plus célèbre est Le Talisman, l'Aven au Bois d'Amour peint en 1888 et  conservé au Musée d'Orsay à Paris.  Très peu de natures mortes dans son oeuvre mais toujours très représentatives de l'esthétique Nabis et de son postulat de" recherche de d'authenticité et de retour aux sources " 

samedi 19 mars 2016

Pompei - Nature morte à la volaille et aux grenades



Pompei
Nature morte à la volaille et aux grenades
Musée de Naples.

Que voit on ? Posé sur une pierre, et sur deux plans différents,  deux grenades accompagnent une volaille pendue par le bec à un anneau. Une composition qui, au delà de son aspect esthétique d'une force peu commune,  atteste du goêt des romains pour les recettes sucré calé et pour l'association gras et amer ...

Rappel historique : Pline l'Ancien raconte que dans la Grèce antique, le peintre Piraikos qui vivait au 3e siècle avant notre ère, vendait déjà fort cher ses " Provisions de cuisine ", des tableaux de chevalets représentant des victuailles ou des instantanés d'échoppes de cordonniers et de barbiers. Dans la hiérarchie des genres picturaux d'alors, ces représentations de provisions de cuisine sont déjà considérées comme un genre mineur... et  elles le resteront pendant de longs siècles... au moins jusqu'à Chardin, si ce n'est jusqu'à Cézanne. Genre mineur donc, loin derrière les sujets religieux, les portraits et les paysages, mais genre que les commanditaires s'arrachent pourtant !
Le grec Piraikos reste le plus célèbre des peintres de ce genre. Hélas, aucun exemple n'est parvenu jusqu'à nous de ces peintures des menus objets du quotidien par Piraikos,  peinture que l'on nommait à cette époque Rhyparographie .
A la même époque, un autre peintre grec, Zeuxis rivalisait avec la nature au point que des oiseaux voulaient picorer les raisins qu'il peignait et qu'il passe être l'inventeur du réalisme et  de l'illusionnisme  ne peinture, pour ne pas dire du premier trompe-l'oeil. Il faut là encore faire confiance au récit de Pline l'Ancien, car aucun exemple de cet art ne nous est parvenu.
Les premières natures mortes connues du monde occidental sont des fresques et des mosaïques du 1er siècle de l'ère chrétienne, provenant de Campanie (Herculanum et Pompéi) ou de Rome. Elles sont exécutées dans un style réaliste et illusionniste : fruits veloutés, poissons et volailles posés sur une marche de pierre ou sur deux étagères d'un garde manger, généralement en trompe l'œil avec des ombres portées, ou quelquefois dans des coupes en verre avec des transparences subtiles.
Ces peintures évoquent le xenion antique, un cadeau fait de denrées qu'un hôte doit offrir à ses invités. Pourtant la nature morte de l'Antiquité possède une autre ambition que celle du seul plaisir mimétique. Comme le précise Charles Sterling : « Il est clair que les natures mortes hellénistiques et romaines qui représentaient des mets prêts à être consommés comportaient une allusion épicurienne ». On trouve ainsi assez fréquemment des mosaïques de natures mortes et des vanités dans les atriums d'été romains, où les convives invités aux repas étaient ainsi encouragés à cueillir le jour qui passe, Carpe diem selon la célèbre formule d'Epicure, à profiter de la vie tant qu'il était encore temps de le faire. Une déclinaison plus sophistiquée de la tradition égyptienne pharaonique qui voulait que l'on fît passer un cadavre devant les convives avant de commencer un repas pour leur rappeler l'impermanence de la vie !  Les natures mortes garderont tout au long des siècles jusqu'à nos jours,  cette signification épicurienne.

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Raphaelle Peale (1774–1825)




Raphaelle Peale (1774–1825)
StillLife With Orange And A Book
Private Collection, USA

Que voit on ? Une nature morte assez minimaliste (à la façon de l'espagnol Cotan que Peale admirait)  et à la composition étrange qui présente, sur un entablement de pierre neuf, un livre relié surmonté d'une moitié d'orange dont le zeste découpé d'un seul tenant est encore accroché à la moitié de fruit restante, entoure le livre. plus qu'un contenu symbolique, un contenu ludique.

Rappel biographique : le peintre américain Raphaelle Peale (qui n'est pas une femme malgré l'orthographe de son nom), est issu d'une dynastie de peintres américains dont le plus célèbre fut son père, le portraitiste Charles Willson Peale (1741-1827).
Raphaelle est surtout  connu pour avoir été le premier peintre professionnel de natures mortes installé aux Etats Unis et pour avoir, à ce titre, beaucoup influencé l'école américaine de la nature morte réaliste tout en travaillant comme taxidermiste dans l'atelier de naturalisation du musée d'animaux empaillés de son père.
 Intoxiqué par les produits utilisés dans la taxidermie (notamment le mercure et  l'arsenic) et devenu alcoolique, Raphaelle Peal eut une destinée tragique, alternant les séjours à l'hôpital. On retrouve sa vision de taxidermiste dans la peinture même de ces natures mortes, souvent envisagées sous un angle anatomique assez étrange et mélancolique, et traitant souvent de sujet unique. 
Il fut aussi très influencé par les maîtres hollandais du 17e siècle et par Cotan.

vendredi 18 mars 2016

Niklaus Stoecklin (1896-1982)



Niklaus Stoecklin (1896-1982)
E gùete
Private collection

Que voit-on ? Sur un fond bleu  une cassolette en cuivre dans laquelle cuisent trois oeufs au plat. Une carte de visite les accompagne avec l' inscription  " e gùete". Le mystère des oeufs au plat s'épaissit !!!

Rappel biographique : Nicklaus Stoecklin  est un peintre et graphiste suisse du  20 siècle. Après avoir fréquenté les cours de Robert Engels à l'École des beaux-arts de Munich (1914), puis avoir appris l'art de la lithographie avec Burkhard Mangold (1915-1918), il travaille dans l'atelier de son oncle, où il réalise ses premières affiches. Sa grande virtuosité en ce domaine lui permet de reproduire la réalité avec un souci qui confine à la précision photographique ou, au contraire, de se complaire dans une stylisation poussée à l'extrême. Les thèmes choisis sont ceux issus de la société de consommation, comme les produits de la technologie moderne et les pratiques culturelles (sport, expositions, tourisme). La composition est construite très rigoureusement et obéit à un ordre qui baigne l'ensemble d'une atmosphère hermétique comme dans Automobilpost in den schweizer Alpen, 1925. Chaque réalisation est abordée avec une exigence, une précision et un style proches de l'esthétique de la Nouvelle Objectivité, à laquelle l'artiste est maintes fois associé par le biais d'expositions auxquelles il prend part : en 1925 à la Städtische Kunsthalle de Mannheim, en 1979 au Kunstmuseum de Winterthur. Les tableaux qu'il réalise par ailleurs révèlent un réalisme poussé jusqu'à une stylisation exacerbée. Les thèmes en sont des paysages (Lago Maggiore, 1916, Bâle, K. M.), des vues urbaines (Sperrstrasse, 1918), des natures mortes (Stilleben mit Brioches, 1937) ou des scènes du quotidien (Atelierfenster im Johanniterhaus, 1928). Le monde de Stoecklin est fait d'éléments sensibles ou triviaux que contrebalance toujours une vision géométrique. Son œuvre a fait l'objet de présentations à la Kunsthalle de Bâle en 1928 et au Deutsches Plakat Museum d'Essen en 1987.

jeudi 17 mars 2016

Pablo Picasso (1881-1973) - Nature morte aux citrons et à la cruche




Pablo Picasso (1881-1973)
Nature morte aux citrons  et à la cruche (1936)
Lithographie

Que voit on ? sur une guéridon recouvert d'un linge rouge un compotier blanc contenant trois citrons et un broc d'eau en céramique vernissé à décor de fleurs, un peu que ce peintre fabriquera lui-même plus tard pour les potiers de Vallauris.


Rappel biographique : le peintre espagnol Pablo Ruiz Picasso qui a passé l'essentiel de sa vie en France, fut aussi  dessinateur et sculpteurUtilisant tous les supports pour son travail, il est considéré comme le fondateur du cubisme avec Georges Braque auquel son nom est lié surtout dans le domaine des natures mortes. Il est considéré comme l'un des plus importants artistes du 20e siècle tant par ses apports techniques et formels que par ses prises de positions politiques et que par l'immensité de son production tous genre confondus, que l'on chiffre à près de 50 000 œuvres.
Les premiers collages et assemblages sont réalisés pendant l'hiver 1912, Nature morte à la chaise cannée (Paris, Musée Picasso), Guitare(s) en carton (Paris, Musée Picasso). A partir des années 20 ses natures mortes seront très proches, sur la même ligne de conception " cubiste analytique " que celles de George Braque, dont il devient un temps l'intime avant de s'en séparer définitivement.  Il y eut une connivence d'inspiration très rare entre ces deux peintres pendant une certaine période de leur vie et en particulier dans le domaine particulier du traitement de la nature morte. 
Picasso peint  beaucoup d'autres natures mortes après la Seconde guerre mondiale et hors de la période cubiste, mais ce n'est pas un genre qui tient une place aussi essentielle dans son oeuvre que dans l'oeuvre de Georges Braque.
Deux figures au bord de la mer est peint en janvier 1931, et en mars, Nature morte sur un guéridon. Cette année-là, voit également l'édition de deux livres majeurs : Les Métamorphoses d'Ovide (Lausanne, Skira) et Le Chef-d'œuvre inconnu de Balzac (Paris, Ambroise Vollard).
En 1932, Jeune fille devant le miroir est finie. Une rétrospective à la galerie Georges Petit, puis au Kunsthaus de Zurich, a lieu en juin. Picasso travaille à Boisgeloup aux têtes sculptées d'après Marie-Thérèse et à la série de dessins d'après La Crucifixion de Matthias Grünewald. De juin à septembre 1934, il fait des séries de corridas, peintes, dessinées et gravées. En août, il voyage en Espagne avec Olga et Paulo, et se rend aux corridas de Burgos et de Madrid. Il visite le Musée d'Art catalan de Barcelone. Il réalise une série de sculptures à texture moulée : Femme au feuillage et Femme à l'orange. Au printemps 1935, la galerie Pierre expose des papiers collés. Minotauromachie est gravée. Il se sépare d'Olga en juin, et le 5 septembre, naît Maya Picasso, sa fille avec Marie-Thérèse Walter. Le 25 mars 1936 voit le départ secret de Picasso avec Marie-Thérèse et Maya pour Juan-les-Pins. Il fait des gouaches et des dessins sur le thème du Minotaure. Cette même année, au début de la Guerre civile espagnole, il est nommé directeur du Musée du Prado à Madrid.

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mercredi 16 mars 2016

Lucian Freud (1922-2011) - Box of apples in Wales


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Lucian Freud (1922-2011)
Box of apples in Wales (1939)
Private collection

Que voit-on ? Dans un paysage  présenté par le peintre comme se situant au Pays de Galle : en caisse surdimensionnée  contenant des pommes vertes dont deux sont tombées au sol.  Cette caisse de pommes venue de nulle part  prend des allures de gigantesque cercueil... peut être celui dans lequel le 20e siècle a commencé à ensevelir la nature à coup d'agriculture industrielle et de surconsommation...  Dans ce cas le message plusieurs fois millénaire contenu dans chaque nature morte glisserait de l'épicurisme habituelle à une sorte de nouvelle  conscience  "écologique".

Rappel biographique : Petit fils de Sigmund Freud,  l'inventeur de la psychanalyse, le peintre britannique Lucian Freud est considéré comme un des peintres figuratifs les plus importants du 20e siècle. C'est aussi l'un des plus exemplaires grâce à un style à la fois réaliste, acéré et presque caricatural. Surtout connu pour ses portraits, dont celui de la reine Elizabeth II, il a peint aussi quelques nature mortes en soulevant le défi d'être à la fois d'un absolu modernisme et d'un grand classicisme.

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mardi 15 mars 2016

Juan Sanchez Cotan (1560-1627)



Juan Sanchez Cotan (1560-1627)
 Quince, Cabbage, Melon and Cucumber !1602)
San Diego Museum of Arts

Que voit on? Exactement ce que décrits le titre et dans l'ordre énoncé. La composition est en étage et l'alignement de ces formes a quelque chose de mathématique et de presque abstrait qui souligne la modernité de cette immense maître espagnol du 16e siècle.

Rappel biographique : Le peintre espagnol Juan Sánchez Cotán, disciple de Blas de Prado fut sans doute l'un des peintres qui bouleversa le plus le genre de la nature morte. Après avoir connu un succès rapide et important en peignant des portraits et des paysages,  il décide d'entrer comme un frère convers  dans l'un des ordres religieux les plus stricts qui soient à l'époque, à la Chartreuse de Grenade, institution pour laquelle il réalisa l'essentiel de ses peintures religieuses. Depuis 1935, une exposition à Madrid a permis de redécouvrir ses oeuvres oubliées depuis sa mort. Il est surtout célèbre  aujourd'hui pour ses natures mortes. Parmi les pièces exposées alors se trouvaient   Nature morte au chardon qui devait être considérée comme l'« une des pierres angulaires de l'histoire de la nature morte en Espagne». Les critiques ont donné à l’austérité des compositions de Cotan et  à leur sobriété, comme par la suite  à celles de Zurbarán, un sens mystique, tout en insistant sur la distance  que ces deux peintres ont pris avec les « natures mortes opulentes » de la  peinture flamande soulignant leur caractère « unique dans le contexte européen, établissant un parallèles avec la littérature espagnole ascétique du siècle d'or  »

lundi 14 mars 2016

Juan de Espinosa (1628 et 1659)



Juan  de Espinosa (actif entre 1628 et 1659)
Manzanas Higos Y Ciruelas
Museo del Prado, Madrid

Que voit-on ? Sur un entablement de pierre grise et sur un fond noir : une explosion de couleurs et de textures de fruits de saisons accompagné d'un movement presque dansant des feuilles du prunier et des deux figues à gauche du tableau. Une représentation magistrale de la joie et de la vie, rendues avec une économie de moyen absolue.

Rappel biographique : le peintre espagnol Juan de Espinosa  (actif entre 1628 et 1659) souvent confondu avec son homonyme Juan Bautista de Espinosa (1590–1641). Peintre baroque espagnol, il illustre parfaitement l'héritage hispano-flamand dont il parvient à se dégager dans des compositions plus sobres que celles de ses prédécesseurs, renouant avec la caractéristique dépouilleé du style espagnol hérité de Zurbaran et de Cotan.


dimanche 13 mars 2016

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Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779)
Pot en étain, panier de pêches, prunes et noix (1750)
Staatliche Kunsthalle, Karlsruhe.

Que voit-on ? Dans la conception de Chardin, le premier acte de l’artiste était la mise en scène de la lumière, de façon à obtenir un cône d’éclairage, de lumière du jour, provenant d’en haut à gauche et descendant vers la droite, pour aboutir sur une dalle de pierre, comme c'est le cas dans cette nature morte. Tandis que l’arrière-plan à gauche reste ainsi dans l’ombre, la partie droite reçoit un éclairage indirect et diffus, réfléchi par cette dalle, ce qui permet de distinguer parfois un mur ou une niche. Mais ce mur de fond, Chardin fait en sorte que nous ne puissions pas en évaluer la distance exacte.
Dans le cône lumineux lui-même, il dispose à l’évidence les objets de manière à ce que chacun d’eux soit touché par la lumière et la reflète dans son propre alentour. Ici  les différences évidentes des matières et des reflets métalliques pour le pot en étain et satinés pour les peaux des fruits, créent une sorte de halo diffus qui baigne toute la toile. C’est peut-être ce phénomène de halo que Diderot évoquait  quand il écrivait  a propos des toiles présentées au Salon de 1763 : « D’autres fois, on dirait que c’est une vapeur qu’on a soufflée sur la toile. »
Le cône de lumière de Chardin est aussi limité vers l’avant de la scène. Les côtés en bas des tableaux se perdent progressivement dans l’ombre. De ce fait, le groupe des petits objets se manifeste comme une île lumineuse dans un espace profond, où l’ombre n’est ja-mais noire, mais toujours pleine d’une douce luminosité dorée c'est le cas ici du groupe formé par les noix à gauche. C'est ce que Diderot qualifiait d' «air circulant autour de ces objets! »

Rappel biographique : Célèbre pour ses scènes de genre et ses pastels, Chardin est aussi reconnu pour ses natures mortes dont il reste le maître incontesté. D'après les frères Goncourt, c'est Coypel qui en faisant appel à Chardin pour peindre un fusil dans un tableau de chasse, lui aurait donné le goût pour les natures mortes. Ces deux tableaux de réception à l'Académie Royale de peinture sont tous deux des natures mortes, La Raie et Le Buffet qui se trouvent aujourd'hui au Musée du Louvre. Chardin devient ainsi peintre académicien « dans le talent des animaux et des fruits », c'est-à-dire au niveau inférieur de la hiérarchie des genres alors reconnus. Et c'est sans aucun doute Chardin qui va lui donner ses lettres de noblesse et en faire un genre pictural égal, voire même supérieur à bien des égards, aux autres. Les natures mortes qu'il peindra plus tard (à partir de 1750-1760) sont assez différentes des premières. Les sujets en sont très variés : gibier, fruits, bouquets de fleurs, pots, bocaux, verres...  Chardin semble s'intéresser davantage aux volumes et à la composition qu'à un vérisme soucieux du détail, ou aux  effets de trompe-l'œil. Les couleurs sont moins empâtées. Il est plus attentif aux reflets, à la lumière : il travaille parfois à trois tableaux à la fois devant les mêmes objets, pour capter la lumière du matin, du milieu de journée et de l'après-midi. On peut souvent parler d'impressionnisme avant la lettre.

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samedi 12 mars 2016

Odilon Redon (1840-1916) - Nature morte 1901

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Odilon Redon (1840-1916)
Nature morte, 1901
Ordrupgaard museum, Copenhague

Que voit-on ? Sur une table recouverte d'une nappe blanche de cuisine, six objets : un plat de porcelaine bleu sur lequel sont posés une cruche à eau en céramique d'un bleu intense et deux poivrons (un jaune et un rouge) ; à même la nappe un poivron orange et un citron. Le fond du tableau est rouge-orange. Une véritable fête des couleurs complémentaires et une belle leçon de coloriste.

Rappel biographique : le peintre français Odilon Redon (né Bertrand Jean Redon) est un peintre rattaché au mouvement symboliste et coloriste de la fin du 19e siècle. Son art explore les aspects de la pensée, l'aspect sombre et ésotérique de l'âme humaine, empreinte des mécanismes du rêve. Il a peint assez peu de natures mortes, La Coquille, exécutée au pastel en 1912 et présentée aussi sur ce blog, figure au nombre de ses plus célèbres toiles. 

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vendredi 11 mars 2016

Michael Somoroff (bn 1957)



Michael Somoroff (bn 1957)
Noble Notoriety (2015)
Private Collection, New York

Né à New York en 1957, Michael Somoroff est le fils du célèbre photographe publicitaire Ben Somoroff. Il a étudié la photographie à la New School for Social Research, complété par apprentissage dans l'atelier de son père en tant qu'assistant (plateau et chambre noire). En 1978, à l'âge de vingt et un, il ouvre son propre studio de photographie et commence à travailler pour pratiquement tous les grands magazines à New-York et en Europe.
Etudiant auprès du légendaire directeur artistique Alexey Brodovitch, Michael a du dès sa jeunesse répondre à cette injonction majeure de Brodovitch qui demandait de faire des images inattendues et  de repousser les limites des façons classiques de voir: « Montrez-moi quelque chose que je n'ai pas vu avant." disait Brodovitch.  En 1980, Somoroff travaille à Londres, Paris, Milan et Hambourg, où il devient un collaborateur régulier de Vogue, Harpers Bazaar, Stern et Life.
Dans ses recherches sur l'avant-garde française, il revisite les thèmes qui ont motivé la vie de bohème à Paris.  La philosophie existentielle, la religion, la théorie du langage, la psychologie et la dé-construction postmoderne demeurent des préoccupations essentielles pour Somoroff. Son projet s'inscrit dans une pratique de l'art comme extension de la philosophie. Somoroff est présent dans de nombreuses collections importantes : MOMA, New York ;  Musée des Beaux-Arts, Houston, Texas ; Smithsonian Institution, Washington, DC.  En 2006 Somoroff a créé une grande sculpture en plein air Illumination I pour la chapelle Rothko à Houston, Texas. Il a été le premier artiste invité à exposer à la chapelle Rothko, et le seul artiste depuis Barnett Newman qui ait fait une installation sur le terrain.

jeudi 10 mars 2016

Marsden Hartley (1877-1943



Marsden Hartley (1877-1943)
Garlic
Private Collection

Que voit- on ? Sur un fond rose p une gousse d'ail tombé d'un paquet qui en contient une bonne douzaine.  Très peu de couleurs utilisées pour cette nature morte, le rose et le blanc couleurs de l'ail frais, dominant la composition.

Rappel biographique : Le peintre américain Marsden Hartley (1877-1943) a séjourné à Paris dès 1912, période à la laquelle il a fait partie du cercle de Gertrude Stein. L'année suivante il rencontre à Berlin, Vassily Kandinsky par lequel il est très impressionné au point de commencer à peindre une série de peintures abstraites, avec des formes aux contours très nets et des couleurs vives  C'est a cette époque aussi qu'il entame une histoire d'amour avec un officier allemand qui sera tué au combat pendant la Première Guerre mondiale et le laissera inconsolable.  Il enchaînera ensuite les aller-retour entre l'Europe et les Etats-Unis avant de se fixer en 1937 dans le Maine après avoir déclaré qu'il voulait devenir «le peintre du Maine» et dépeindre la vie américaine à un niveau local. Hartley se rapproche alors du  mouvement régionaliste,  un groupe d'artistes actif du début au milieu du 20ème siècle et  qui a tenté de représenter un" art américain différent ". Il a continué à peindre dans le Maine, jusqu'à son décès en 1943. Hartley a trouvé un expressionnisme original et très personnel qui donne toute sa mesure non pas tant dans ses natures mortes (assez rares) que dans les peintures des paysages austères et tourmentés du Maine qu'il a  merveilleusement peint.




mercredi 9 mars 2016

Marius Borgeaud (1861-1924)



Marius Borgeaud (1861-1924)
Nature morte aux pelotes de fil (1911)
Collection privée

Que voit-on ?  Sur une table à la surface brillante et réfléchissante, contre le mur une boîte présentoir en carton blanc, posée sur la tranche et révélant deux étages de pelotes de fils. Sur l'étage inférieur : 5 pelotes présentées sur le côté, serrées les unes contre les autres. Sur l'étage supérieur,:  trois pelotes dont deux présentése par la face percée. Les deux autres pelotes qui constituent cette rangée sont sont posées sur la table. l'une est noire et presque invisible et l'autre orange révèle sa présence.

Rappel biographique : le peintre suisse Marius Borgeaud est connu pour être un des chefs de file européen d'un mouvement pictural contemporain de l'impressionnisme et très célèbre aux Etats-Unis : le luminisme.  Arrivé à la peinture vers l'âge de 40 ans, il fréquente des artistes plus jeunes que lui d’une génération comme Francis PicabiaPaul de CastroMaurice AsselinÉdouard Morerod qui deviendront ses amis. Puis il part s'installer en Bretagne, à Rochefort-en-Terre (Morbihan)  localité dans laquelle naissent deux de ses séries les plus connues, effectuées dans la mairie et dans la pharmacie du village.  Elles lui valent un grand succès au Salon des Indépendants et lancent pour ainsi dire sa carrière. Borgeaud a peint peu de natures natures isolées (à peine 5 et toujours sur de sujets très surprenants) mais dans presque chacune de ces oeuvres, il est possible de trouver une naitre morte dans un coin de pièce ou devant un fenêtre. 




mardi 8 mars 2016

Eugène Villain (1821-1897)



Eugène Villain (1821-1897)
Nature morte au Brie de Meaux
Musée d'Orsay,  Paris

Le peintre français  Eugène Marie-François Villain fut élevé dans un milieu artistique d'imprimeurs et de peintres et devint très jeune l'élève de Léon Cognet. Selon Frederic Henriet dans son ouvrage Les Peintres Contemporains  (1882, A. Levy),  "Eugène Villain n'a jamais connu  ni le luxe ni les privations ". Membres des Buveurs d'eau, son  père sous ses airs bourru régala plus d'une fois d'un bol de soupe chaude et d'un verre de vin, les poètes faméliques et les artistes pauvres de la Bohême parisienne que son fils fréquentait et amenait à la maison. Il se rendait souvent le soir à L'Atelier Suisse où il fit la connaissance de François Bonvin qui habitait Vaugirard comme lui, et dont le style inspiré par les peintres hollandais et Chardin était proche du sien.  Régulièrement présent dans les Salons de 1844 a 1887, il y exposa des scènes de genre et des paysages avant de trouver dans la nature morte son genre de prédilection. Il n'obtint jamais ni médailles ni commandes publiques mais eut de fidèles collectionneurs comme l'imprimeur Jules Claye ou le directeur de théâtre Henri Larochelle et sa femme qui lui commandèrent pour leur villa des panneaux décoratifs.
Deux de ses natures mortes sont conservées au Musée d'Orsay à Paris, celle-ci qui représente un de ses sujets périphériques qu'il affectionnait,  en l'occurrence un morceau de brie de Meaux, " fait à souhait " et trônant en majesté au centre le composition.  L'autre, dans le même esprit et reproduite dans ce blog,  représente des biscuits à la cuillère. Il existe aussi une Nature morte au poulet où la carcasse déplumée du volatile semble avoir été jetée au centre du tableau en attente de cuisson ! On peut apprécier d'autant plus chez ce peintre de la bohême parisienne, cette aimable désinvolture dans le choix des sujets qu'elle est toujours servie par une belle façon de peindre où circule l'hommage permanent à Chardin. 

lundi 7 mars 2016

Émile Bernard (1868-1941) - Nature morte à la banane




Émile Bernard (1868-1941)
Nature morte à la banane (1894)
Collection privée

Que voit on ? Dans un coupelle bleue a coté d'une vase contenant une rose blanche, une banane posée en travers sur deux fruits verts (mangues?) devant deux oranges.  C'est la coupelle bleue qui occupe la majeure partie du cadre  se transformant en une sorte de réceptacle gigantesque, symbolisant   un placenta démesuré.

Rappel biographique  : Le peintre et écrivain français Émile Bernard, est un peintre associé à l'école de Pont-Aven,  Ses œuvres les plus radicales ont été réalisées dans ses années de jeunesse (1887-1892) où il participe aux innovations stylistiques de la fin du 19e siècle : il inaugure le cloisonnisme avec Louis Anquetin et Paul Gauguin. Ses recherches sur la  simplification de la forme le conduisent vers le synthétisme puis le symbolisme.  En 1893, il part habiter en Egypte où il vivra plus de 10 ans.  Il n'a pas peint énormément de natures mortes qui n'étaient pas son sujet de prédilection.  

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dimanche 6 mars 2016

Jacob Foppens van Es (1596-1666) - Still Life with an orange, a glass of wine and ham



Jacob Foppens van Es (ca.,1596-1666)
Still Life with an orange, a glass of wine and ham
Private collection

Que voit-on ? Une nature morte d'une grande sobriété, inspirée par les maitres espagnols comme souvent chez ce maître Hollandais. Elle présente pas plus de 6 objets sur un entablement de bois : une orange ; un verre de vin blanc ; quatre lamelles de jambon en copeaux, disposées sur un plat d'argent dans lequel elles se reflètent, plat qui projette son ombre sur un couteau dont le manche en ivoire dépasse de l'entablement pour marquer la perspective. Dans la fond de la toile : une tranche de pain grillée et un pot en céramique vernissée, fermé pouvant contenir soit de la crème fraiche ou du beurre soit de la confiture.

Rappel biographique : Jacob Foppens van Es est un peintre né à Anvers dans les Pays-Bas espagnols, spécialisé dans les peintures de repas et les natures mortes, comme bon nombre de peintres flamands de cette époque. Seules huit natures mortes de van Es sont parvenues jusqu'à nos jours, bien qu'il en ait peint sans doute beaucoup plus.

samedi 5 mars 2016

Gustave Courbet (1819-1877) - Nature morte aux pommes et poires




Gustave Courbet (1819-1877) 
Nature morte aux pommes et poires  (1871)
Collection privée

Que voit on ? Un ensemble de pommes et de poires encore vertes  et présentées, à même le sol,  sous différents angles.  Certaines  natures mortes des années 1871-1872 sont directement liés à la détention de Gustave Courbet à Ste Pélagie.  Pendant sa détention Courbet 'attache à quelques fruits (des pommes le plus souvent) posés sur le rebord d’une fenêtre, au pied d'un arbre ou directement sur le  sol. Ces fruits devenant les métaphores de sa solitude, de sa tristesse. Pourquoi cet emprisonnement ?  Fidèle à son attitude de révolté, et après avoir refusé la Légion d'Honneur que lui offrait le gouvernement impérial, le peintre, depuis longtemps engagé politiquement, en vint à jouer un rôle dans la chute de l'Empire. Élu Président de la Fédération des artistes, tout en déployant une énergie remarquable pour préserver les richesses des Musées Nationaux pendant le Siège et pendant la Commune, il demande, dans une lettre au gouvernement provisoire, la destruction de la colonne de la place Vendôme, symbole de L'Empire. La colonne fut abattue quelques mois plus tard. Reconnu complice, Courbet fut condamné à six mois de prison et à cinq cents francs d'amende. Cette calomnie transforma la fin de sa vie en un long calvaire. Le 22 septembre 1871, il est incarcéré à la prison Sainte-Pélagie à Paris, cellule 4. Il reçoit les visites de sa sœur, Zoé Reverdy, qui lui apporte des fleurs et des fruits et le 2 novembre, on lui donne une palette et des pinceaux. N'ayant pas l'autorisation de recevoir des modèles vivants, Courbet renoue avec les natures mortes peintes dix ans auparavant.
Malade, et prisonnier sur paroles, il est hospitalisé à partir du 6 janvier 1872 à la clinique du Docteur Duval de Neuilly. Les lettres de Zoé Reverdy à Alfred Bruyas*, de janvier à mai 1872, nous apprennent que “ Gustave peint des fleurs et des fruits...”, “ Gustave est enthousiasmé de ses tableaux de fruits...”, “ Gustave fait des tableaux de fruits en grand nombre...”. On peut juger ici de la beauté de ces oeuvres. Les soucis pécuniaires accompagnent sa détention, mais les amateurs et les marchands ne l'abandonnent pas. Il vend de nombreux tableaux à Durand-Ruel, dont cette Nature morte, pommes et poire.


Rappel biographique :   Le  peintre et sculpteur français, Gustave Courbet est principalement reconnu pour le réalisme de ses œuvres opposées aux critères de l'académisme et transgressant la hiérarchie des genres, comme Un enterrement à Ornans (1850), qui provoqua le scandale chez ses contemporains. Anticlérical, ami de Proudhon et proche des anarchistes, il fut l'un des élus de la Commune de Paris de 1871. Accusé d'avoir fait renverser la colonne Vendôme, il fut emprisonné et est condamné à la faire relever à ses propres frais. Réfugié en Suisse, il meurt avant d'avoir commencé à rembourser.
Gustave Courbet enduisait sa toile d’un fond sombre, presque noir, à partir duquel il remontait vers la clarté. Cette technique est, peut-être, en train de condamner les œuvres de Courbet. En effet, ce goudron tend, avec le temps, à remonter à travers la peinture et à assombrir dangereusement les tableaux.
Courbet a eut parfois recours à la photographie, en particulier dans la représentation du nu féminin : comme Eugène Delacroix avant lui, il utilise des clichés à la place des traditionnelles séances de pose assurées par des modèles vivants. Ainsi, la figure centrale des Baigneuses (1853) s'inspire d'un cliché du photographe Julien Vallou de Villeneuve. De même, l'Origine du monde, tableau  qui fit récemment encore parlé de lui pour avoir été censuré par Facebook, rappelle, par son cadrage serré, les stéréophotographies pornographiques d'Auguste Belloc.
En 2013, un dossier plaidant pour le transfert de la dépouille de Gustave Courbet (conservée dans le cimetière d’Ornans depuis 1919) vers le Panthéon est déposé par le psychiatre Yves Sarfati auprès du président des Centre des monuments nationaux Philippe Bélaval. La proposition d’hommage posthume à l’artiste apparaît lors du colloque Transferts de Courbet à Besançon en 2011. Il est appuyé par une tribune de Thomas Schlesser dans le Quotidien de l’art du 25 septembre 2013 (numéro 250), où il est affirmé que « la République a une dette envers sa mémoire » ; puis par une tribune dans la rubrique « idées » du Monde.fr d’Yves Sarfati et de Thomas Schlesser, où il est dit qu’ « en honorant Courbet, c'est l'engagement républicain et la justice, que l'on honorerait », qu’ « en honorant Courbet, c'est le monde d'aujourd'hui et celui des Beaux-arts, que l'on honorerait » et qu’ « en honorant Courbet, c'est la Femme, avec un grand F, que l'on honorerait. » Parmi les membres du comité de soutien à la panthéonisation de l’artiste, on trouve : Nicolas Bourriaud, Annie Cohen-Solal, Georges Didi-Huberman, Xavier Douroux, Romain Goupil, Catherine Millet, Orlan, Alberto Sorbelli…

vendredi 4 mars 2016

Edward Steichen (1879-1973)



Edward Steichen (1879-1973)
An Apple, A Boulder, A Mountain, 1921
National Gallery of Art Washington


Que voit on ? En l’occurrence l'une des natures mortes les plus célèbres d'Edward Steichen, exécutée pour marquer un changement radical  - une rupture même - dans l’exercice de son art de photographe. Abandonnant le style pictural de ses premières photographies, Steichen appréhende cette pomme avec une lucidité inédite jusque là  pour lui. En renversant la pomme, comme Paul Cézanne (et Gustave Courbet) l’avait fait déjà fait avant lui, il amplifie à la fois ses qualités formelles et tactiles et démontre comment un petit objet, présenté sous une lumière nouvelle, peut aussi représenter la monumentalité d'un objet beaucoup plus grand.  De la pomme à la montagne ! Ce gros plan d'une forme très connue et repérable apr tout le monde relie cette photographie à des œuvres d'autres artistes modernes américains des années 1920, comme Georgia O'Keeffe, Stieglitz et Edward Weston.
Techniquement, il s’agit ici d’un tirage photographique au platine, exceptionnellement rare.

Rappel biographique : Edward Steichen est un photographe, peintre américain d'origine luxembourgeoise, qui fut aussi éditeur de magazine, galeriste et conservateur du MoMA de New York de 1947 à 1962), où il joua le rôle de trait d'union culturel entre les Etats-Unis et l'Europe. Après un bref apprentissage de lithographie à Milwaukee où il apprend à peindre et faire des photos, il expose ses premières photographies picturales au Salon de Philadelphie de 1899 où ils fait remarquer par Alfred Stieglitz comme  « l’incarnation même du nouvel Art photographique «. Désormais protégé et collaborateur de Stieglitz, il déménagé à  New York puis Paris où il réalise  deux tableaux et des photographies de peintres et de sculpteurs tels que  Auguste Rodin, Henri Matisse et John Marin. En 1905, il  encourage Stieglitz à ouvrir sa  propre galerie  à New York où il organise plusieurs expositions qualifiées de révolutionnaires qui présente l'art européen et américain moderne. Cette étroite amitié  entre Steichen et Stieglitz ne va pas résisté a l’épreuve de la Première Guerre mondiale où  Stieglitz  exprime ses sympathies pro-allemandes alors que Steichen rejoint l'US Army Signal Corps.
Après la guerre, Steichen déprimé, incertain de son avenir,se prend à douter  de la valeur de  ce qu’il a produit jusque là.  Pendant sa convalescence en France, il remarque les peintures naïves de son jardinier et reconnait qu’elles ont un  «charme curieux et une simplicité directe"  qui manque  cruellement à ses propres réalisations. Abandonnant la peinture, il décide de se concentrer sur la photographie et commence a apprendre de façon autodidacte les bases de la photographie et sur la façon de contrôler le contenu des négatifs.
Après avoir passé des mois à photographier une tasse et une soucoupe, à apprendre la lumière et la texture, il  aborde la question du volume. Il décide d'utiliser une lumière très faible et des expositions exceptionnellement longues avant de  découvrir que cette technique a un impact esthétique évident sur ses oeuvres. Il écrira : «pour la première fois dans une photographie, on pouvait à la fois identifier le volume et la form,"  Il a ensuite expérimenté de nombreux  procédés de fabrication pour ses impressions, avant de choisir les tirages au  platine ou le papier de palladium seules a meme de lui fournir la gamme très étendus de de tons subtils et de douceur lui permettant de mieux rendre l’appréciation des volumes.
Au début des années 1920, l'éditeur américain Condé Nast le choisit pour devenir le photographe en chef des publications du groupe, imposant ses exigences en matière de photographie : « La distinction, l'élégance et le chic2 ». Il travaille particulièrement pour Vanity Fair et pour Vogue, magazines pour lesquels il réalise notamment de nombreux portraits de célébrités, démontrant une grande capacité à mettre en valeur ses sujets. Il travaillera également étroitement avec Carmel Snow d'Harper's Bazaar.
Il photographie Gloria Swanson en 19243, puis l'une de ses photographies de l'actrice Greta Garbo, datant de 1928, parue en couverture du magazine Life le 10 janvier 19554, est considéré comme l'un des portraits inoubliables de l'actrice.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est directeur de l'Institut photographique naval (Naval Photographic Institute). Son film documentaire, The Fighting Lady, remporte en 1945 l'Oscar du meilleur documentaire. À partir de 1947 et jusqu'en 1962, Steichen est le directeur du département de la photographie du MoMA, le musée d'art moderne de New York.
En 1970, l'année de leur création, les Rencontres internationales de la photographie d'Arles présentent son œuvre lors d'une soirée de projection au Théâtre antique, intitulée « Edward Steichen, photographe » et présentée par Martin Boschet

mercredi 2 mars 2016

Théodule-Augustin Ribot (1823-1891)



Théodule-Augustin Ribot (1823-1891)
 Nature morte à la courge, cerises et figues et jarre
 Musée des beaux arts de Bilbao

Que voit-on ?  Exactement ce que décrit le titre sur une fond gris qui se différencie à peine de celui de la table sur laquelle sont posés les objets.  La courge, dont une tranche a été extraite, est posée sur un plat d'argent accentuant les différences de traitement de textures.

Rappel biographique : le peintre français Théodule Ribot se rend à Paris en 1845, où il fréquente les cercles artistes de la ville. Très peu connu, il survit en peignant des copies de toiles de Watteau pour de riches clients américains. En 1861, il débute au Salon avec quatre toiles qui le font connaître du grand public. Il reçoit une médaille de troisième classe en 1864 et 1865. Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1878. Il déménage à Colombes, mais tombe malade et abandonne peu à peu la peinture. En 1884, alors qu'il est  très affaibli, ses amis Fantin-Latour,  Eugène Boudin, Pierre Puvis de Chavannes, Auguste Rodin et Claude Monnet donnent un banquet en son honneur et lui offrent une médaille gravée de l'inscription : « À Théodule Ribot, artiste indépendant ».
Théodule Ribot a peint principalement des scènes historiques, des compositions religieuses, des portraits, des scènes de genre et quelques natures mortes. Il était amicalement très lié à Henri Fantin- Latour et à François Bonvin.



mardi 1 mars 2016

Jeffrey Harris (bn.1963)



Jeffrey Harris (bn. 1963)
Still Life No2 (2015)
Private collection

Que voit on ?  Sur un entablement simple et dessiné de profil : un fruit ou un légume présenté comme un objet, une pierre, et ce qui semble être une petite branche en lévitation. Au dessus de la branche, une forme conique comme un étrange vaisseau qui crache de la fumée noire.  Est-ce cet objet qui maintient la branche ne lévitation ? A droite : un tuyau d’ou jaillit un liquide et une forme rouge qui semble sourire. S'agit-il d’un mécanisme dont chaque élément est interdépendant ?  Dans cette nature morte qui n’est pas morte du tout, Jeffrey Harris laisse au spectateur le soin d’interpréter ce qui pourrait bien être un rébus.

Rappel biographique : Jeffrey Harris est un artiste américain né 1963 en Caroline du Nord, États-Unis.  Il a poursuivi ses études à Parsons School of Design et à l’Art Student League de New York. Jeffrey Harris conçoit également des objets d'art, assez souvent utilitaires comme des tables et des lampes, mais aussi purement sculpturaux. Il a une fascination pour les objets et leurs interactions. Ses peintures incorporent souvent des objets (à la fois utiles et imaginaires) qui sont disposées de façon semi-abstraite pour raconter une histoire. Ses peintures optent  pour une dessin d’une grande simplicité, presque minimaliste, exprimé avec une exigence graphique certaine. Il utilise une palette de couleurs très limitée - toujours en noir et blanc auxquels s’ajoutent éventuellement une ou deux couleurs primaires. Ses sujets les plus fréquemment représentés sont des tables, des fruits et des légumes aux formes étranges, des pierres, des navires et des tuyaux. Il utilise souvent des lignes en pointillés pour représenter le liquide et le mouvement. du liquide.  Résolument abstraite, certaines peintures de Jeffrey Harris ne sont pas sans évoquer le style de Fernand Léger et Joan Miro.