Olivier Debré (1920-1999)
Nature morte verte clair, 1957
Collection particulière
Rappel biographique : Le peintre français Olivier Debré est un
représentant majeur du courant de l’Abstraction lyrique. Fils du
professeur Robert Debré, le frère de Michel Debré (Premier ministre du
Général de Gaulle) et l'oncle de Bernard Debré et de Jean-Louis Debré,
il fut le seul artiste d'une famille qui compte surtout des hommes
politiques et des médecins. En juin 1937, il subit un choc en voyant,
exposé au Pavillon de l’Espagne de l’Exposition internationale à Paris,
le Guernica de Picasso. Georges Aubry, dont la galerie est située rue de
Seine à Paris, l'encourage en l'exposant le premier. Il est remarqué
par Dunoyer de Segonzac et Picasso qu'il rencontrera en 1941, ce dernier l’invitant dans son atelier rue des Grands-Augustins pendant l’hiver 1942-1943.
Durant la Seconde Guerre mondiale, son art est marqué par l'expression
graphique. Le dessin lui permet de traduire toute l'horreur de la guerre
: Le Mort de Dachau, Le Sourire sadique du Nazi, Le Mort et son âme. En 1946, il installe un atelier à Cachan, il y peint une toile de 8 m de long : La Vérité et la Justice poursuivant le crime.
En 1949, il présente sa première exposition personnelle à la galerie Bing, à Paris, marchand de Soutine et
de Modigliani. А l'automne, Olivier Debré installe un second atelier
rue de Saint Simon à Paris et fait la connaissance de ses grands aînés:
Hans Hartung, Gérard Schneider, Serge Poliakoff, Maria Elena Vieira da Silva. Il réalise ses premiers Signes-personnages.
Dans les années 1950, privilégiant la matière et les couleurs sourdes.
1953 correspond à une période charnière dans son œuvre où il délaisse les signes-personnages pour les signes-paysages.
C'est à cette époque qu'il prend conscience des possibilités multiples
offertes par la technique de la lithographie qu'il n'a jamais cessé de
pratiquer. En 1956, Michel Warren organise sa première exposition
individuelle à Paris. L'année suivante, la seconde exposition chez
Michel Warren le fait figurer « désormais en bonne place parmi les chefs de file de l'Ecole de Paris »,
écrit John Prossot dans Apollo dont la couverture reproduit le tableau
exposé. Après un voyage en Espagne, il expose, en 1959, а la Phillips
Gallery а Washington et rencontre Rothko.
Sa première exposition personnelle à Oslo se tient à la galerie Haaken
A.Christensen en 1966. Il voyagera et peindra en Norvège jusqu'à la fin
de sa vie. En 1967, il participe à l'exposition internationale de
Montréal avec une gigantesque peinture Signe d'homme, pour le pavillon français. En 1975-1976, il fait partie, avec Pierre Alechinsky, Hans Hartung, Roberto Matta, Zoran Music, Edouard Pignon et Pierre Soulages, de l'exposition itinérante en France Trente créateurs organisée par André Parinaud.
De 1980 а 1985, Olivier Debré est nommé professeur, chef d'atelier de
peinture murale а l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris.
La consécration du peintre est également marquée par l'inauguration
d'une salle Olivier Debré au Musée des beaux-arts de Tours en 1992. Le
17 mars 1999, quelques mois avant sa mort en juin, il est élu membre de
l'Institut de France, à l'Académie des beaux-arts, au fauteuil
précédemment occupé par le peintre Georges Cheyssac.
En 2015, le CCC - Centre de Création Contemporaine de Tours est devenu le "Centre de Création contemporaine Olivier Debré".
Il s'implante en 2016 dans un nouveau bâtiment actuellement en
construction sur le site du jardin François 1er. Le lieu ne sera pas un
musée consacré à Olivier Debré mais un centre d'art qui fera vivre
l’œuvre du peintre en la mettant en résonance avec la création
artistique contemporaine.
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