jeudi 26 juillet 2018

Fairfield Porter (1907-1975) - Fruit and Dishes 1974


Fairfield Porter (1907-1975)
Fruit and Dishes, 1974
Private collection 

Que voit on ? Le nécessaire pour une collation plutôt diététique, fraiche et colorée. On remarque la vaisselle en céramique de Quimper que ce peintre appréciait particulièrement et que l'on retrouve dans beaucoup de ses natures mortes.
Tous les contenants sont vides. 

Rappel biographique : Fairfield Porter est un peintre et critique d'art américain. Fils de James Porter, architecte, et de  Ruth Furness Porter,  poétesse de  " littérature familiale ", il était le frère du photographe Eliot Porter. C’est en étudiant à Harvard, que Porter décida de se spécialiser dans les beaux-arts et de poursuivre,  après son déménagement à New York en 1928, ses études à l'Art Students League. Son passage à l’Art Students League le formate plus ou moins pour produire un travail réaliste. Il sera d’ailleurs beaucoup critiqué et à la fois vénéré pour s'être obstiné dans ce style réaliste dans un époque où  le mouvement de l'expressionniste abstrait bas son plein dans le monde. Les sujets des tableaux de Porter sont principalement des paysages, des intérieurs, quelques natures mortes et beaucoup de portraits. Portraits  de famille, portraits des amis et de collègues artistes, dont beaucoup étaient affiliés de l’école littéraire de New York, comme John Ashbery, Frank O'Hara ou James Schuyler. Un grand nombre de ses peintures ont été réalisées dans ou autour de sa maison estivale de famille à Great Spruce Head Island,dans le Maine et dans sa maison de famille citadine à New York. Sa vision picturale englobe à la fois une réelle fascination pour la nature et la capacité de révéler tout ce qu’il peut y avoir d’exceptionnel dans la vie ordinaire.  Très influencé par les peintres français Pierre Bonnard et Edouard Vuillard, il a même écrit   " Quand je peins, je pense que ce qui peut me satisfaire est d'exprimer au mieux ce que Renoir conseillait à Bonnard : «  Rendre tout plus beau » ".






mercredi 25 juillet 2018

Jacques-Emile Blanche (1861-1942) - Homard sur un plateau d'argent


Jacques Émile Blanche (1861-1942)
Homard sur un plateau d'argent 
Collection particulière 

Que voit on ?  Un homard fièrement dressé toutes  "griffes" dehors sur un plateau d'agent  en compagnie de quelques oeufs durs et de trois feuilles de salades. Triste fin pour cet élégant crustacé, mais fin plutôt espérée pour un bon repas de fête chez le genre humain !  Une saucière en argent et un linge blanc l'accompagne sur cette délicate desserte en bois précieux ornée de bronzes dorés dont un tiroir est ouvert sur un absence de contenu.

Rappel biographique : Le peintre, graveur et écrivain français Jacques-Emile Blanche a été élevé dans une atmosphère parisienne de grand raffinement et il n'est pas un seul de ces tableaux qui n'en portent la marque.  Très vite qualifié de peintre mondain eut égard à la société parisienne choisie  que recevait ses parents et dans laquelle il s 'inséra très vite, sous la protection bienveillante du comte Robert de Montesquiou, Jacques-Emile Blanche  peut être considéré comme un peintre autodidacte, exception faite de l'enseignement en pointillé qu'il reçut de la part d' Henri Gervex.
 ll fréquentait le salon de  Genevieve Bizet devenue ensuite Madame Strauss, bien connu du  Tout Paris littéraire et artistique de l'époque qui comptait, entre autres, parmi ses membres Edgar Degas et Marcel Proust, dont Jacques Emile Blanche le portrait le plus célèbre comme il le fit pour Audrey Bearsdley, Igor Stravinsky ou le Groupe des Six et Germaine Taillefer..
Il a peint  beaucoup de portraits de ses contemporains mais très peu de natures mortes  toutes d'une grande simplicité et d'un raffinement consommé !  

mardi 24 juillet 2018

Giorgio Morandi (1890-1964) - Natura morta 1919


Giorgio Morandi (1890-1964) 
Natura morta 1919   
Pinacoteca di Brera, Milano

Que voit on ? Les formes d'objets  représentés de façon obsessionnelle tout au long de sa vie et de son oeuvre par ce peintre italien :  bouteilles, cylindre, contenants de toutes formes... Ici la représentation est iencore plus diaphane et immatérielle qu'à l'habitude. Une splendeur.

Rappel biographique : Le peintre italien Giorgio Morandi, bien que qualifié de futuriste ne peut être identifié à aucun mouvement pictural du 20e siècle en particulier. Ayant peint de très nombreuses natures mortes, l’œuvre de Cézanne représente évidemment une influence majeure pour lui ; il lui emprunte la monumentalité des formes et les zones denses de couleurs. Mais simultanément, il développe une approche beaucoup plus intime de l’art.
Les natures mortes de Giorgio Morandi représentent des objets toujours ordonnés avec soin sur une table dans l'atelier, pour être observés et peints. Ces objets qu'il a lui même achetés chez des brocanteurs, qui lui ont été donnés par des amis ou qu'il a ramassés dans la rue, sont facilement identifiables de toile en toile ; ce sont des bouteilles, cubes, entonnoirs auxquels viennent se mêler, à l'occasion mais rarement, un coquillage ou un fruit. Le positionnement des objets dans le cadre est réalisé avec une attention particulière portée à la " géométrisation" de l'espace qui peut alors se lire en carrés et diagonales. Un lent travail de maturation est mis en œuvre par le dessin et la peinture par reprises successives, superpositions de couleurs faites d'une pâte ample avec des dégradés de gris d'une extrême sensibilité, qu'amplifie une sorte de délectation morose. Morandi avait la réputation de broyer lui-même ses couleurs.


lundi 23 juillet 2018

Paul Cézanne (1839-1906) - Nature Morte au Dessert


Paul Cézanne (1839 -1906) 
Nature Morte au Dessert, 1877 ou 1879  
Philadelphia Museum of Art

Que voit on ? Une composition assez sophistiquée mettant en scène  des pâtisseries, liqueurs et fruits posés sur un linge blanc recouvrant une  commode dont les précieux  bronzes ornementaux sont rendus avec précision par Cézanne comme des éléments a part entière de la nature morte. On remarque  aussi les details des motifs ciselés sut la  carafe à liqueur en cristal.  Le quotidien d'un intérieur bourgeois du 19e siècle.

Rappel historique : Au sein du groupe impressionniste, Camille Pissarro et Paul Cézanne forment une paire : si Monet et Sisley apparaissent comme des peintres attirés par l'eau, Cézanne et Pissarro s'attachèrent plutôt à la terre. Ils s'étaient connus en 1861 à Paris. Entre les deux hommes, l'entente allait être profonde et durable. A l'issue de la guerre franco-prussienne et de la Commune, Pissarro s'était installé en 1872 dans la région de Pontoise et d'Auvers-sur-Oise, où venait également travailler Cézanne, lui transmettant alors son aptitude à construire le paysage. En retour, certaines toiles de Cézanne se ressentent des conseils prodigués par Pissarro. (...) La confrontation des peintures des deux artistes propose une lecture nouvelle et enrichissante qui met en valeur cette "parenté" (...) sont ainsi rendus particulièrement sensibles les liens durables ayant uni Cézanne et Pissarro jusqu'à leurs ultimes rencontres du milieu des années 1880.
Pissaro dit : " Cézanne a subi mon influence à Pontoise et moi la sienne. Ce qu'il y a de curieux, c'est la parenté qu'il y a dans certains paysages d'Auvers, Pontoise et les miens. Parbleu, nous étions toujours ensemble! mais ce qu'il y a de certain, chacun gardait la seule chose qui compte,"sa sensation..." ce serait facile à démontrer..."
Cézanne dit : "J e sais que Pissarro) a une bonne opinion de moi, qui ai très bonne opinion de moi-même. Jusqu'à quarante ans, j'ai vécu en bohème, j'ai perdu ma vie. Ce n'est que plus tard, quand j'ai connu Pissarro, qui était infatiguable, que le goût du travail m'est venu."
En 1885, le dialogue entre Cézanne et Pissarro prenait fin en raison de l'éloignement l'un de l'autre : désormais solitaire dans sa création picturale jusqu'à sa mort, Cézanne se retirait en Provence, son pays natal, tandis qu'ayant rencontré Seurat et Signac, Pissarro adoptait temporairement la technique pointilliste.Cézanne et Pissarro allaient néanmoins, chacun, continuer à regarder l'évolution artistique suivie par l'autre, (...) leur brève rencontre en 1895 devant les Cathédrales de Monet exposées dans la galerie Durant-Ruel à Paris en apporte la preuve.

2018 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau, #AStillLifeCollection, #NaturesMortes 



dimanche 22 juillet 2018

François-Emile Barraud (1899-1934) - Nature morte aux citrons



François-Emile Barraud (1899-1934)
Nature morte aux citrons.
Collection particulière

 Que voit on ? Encore un style,  une manière de peindre différente pour cette nature mort aux citrons de ce peintre qui semble ne jamais vouloir utilisé deux fois la même touche. Grand réalisme ici et couleurs sombres pour ces citrons et leur branche fânée, posés dans un plat en céramique marocaine ou à même un plateau rectangulaire en bois. 

Rappel biographique :  Franзois-Emile Barraud, est un artiste peintre suisse, aussi dessinateur, graveur et sculpteur. Issu d'une fratrie de quatre enfants et d'un père graveur sur boîtiers de montres, François Barraud a œuvré à Paris dans les Années folles, multipliant natures mortes et portraits dans l'esprit pictural d'un Balthus. Il meurt de la tuberculose à l'âge de 34 ans, à Genève.
Ses frères, Aurèle, Aimé et Charles, sont également peintres.
 Des expositions de son oeuvre ont eut lieu  au Kunstmuseum de Winterthur, et au Musée des beaux-arts de La Chaux-de-Fonds en  2005.

samedi 21 juillet 2018

Vincent van Gogh (1853-1890) - Nature morte au chapeau de paille


Vincent van Gogh (1853-1890)
Nature morte au chapeau de paille, 1881
Kroller-Müller Museum, Otterlo

Que voit on ? Une nature morte au chapeau de paille et à la pipe sur un entablement de bois assez rustique comportant aussi une théière, un pot à sucre ou à confiture, une bouteille opaque, un linge blanc froissé,  une boîte d'allumette et un  pain de thé ou de tabac sec. Bien que réalisée neuf ans avant la mort de Van Gogh, cette toile est d'une facture extrêmement classique avec une technique de pâte très diluée.Vincent  van Gogh a alors 28 ans et il est revient vivre en Hollande dans la maison familiale après un court séjour en Belgique. C'est aussi l'année où son frère Theo est nommé gérant de la succursale de Goupil & Cie sur le boulevard Montmartre à Paris et où il  décide alors de subvenir aux besoins de son frèreVincent. 

Rappel biographique : Le peintre franco-hollandais Vincent van Gogh a peint énormément de natures mortes dont les plus célèbres sont sans doute constituées par la série des sept tableaux "Les tournesols " qu'il peignit à Arles entre août 1888 et janvier 1889. D'autres natures mortes moins célèbres  permettant de passer en revue à peu près tous les styles du peintre, ont été exécutées à diverses époques de sa vie et notamment avant 1880 où il peignit pas moins de 2000 toiles et dessins.
Van Gogh peignait sur des toiles souvent déjà apprêtées, qu'il pouvait réutiliser, soit en grattant l'œuvre précédente, soit en la recouvrant d'une nouvelle couche. Il employait  certains pigments instables, entraînant une modification des couleurs sous l'effet de la lumière, dont la laque géranium qui perd sa teinte rouge avec le temps. Les couleurs originelles sont donc souvent perdues, entraînant des difficultés de restauration. Pour certains tableaux les restaurateurs ont décidé de ne pas « recoloriser » le tableau, mais se contentent  de stopper les dégradations et de proposer un éclairage avec des filtres colorés pour restituer les teintes d'origine. Pour les historiens de l’art, Van Gogh est un précurseur qui a ouvert à la peinture de nouvelles voies. Par exemple, Derain et Vlaminck sont directement rattachés à l'art de Van Gogh « par l'emploi de couleurs pures en larges touches ». Pour les amateurs d'art, il reste un maître à l’égal de Leonard de Vinci ou de Rembrandt avec une production très importante et une trajectoire artistique fulgurante en durée et par ses styles.  Pour d'autres par contre comme Salvador Dali, dont les avis à l'emporte pièce étaient connus, Van Gogh était " tout sauf un peintre ". Pour le grand public, l'œuvre  de Van Gogh est aujourd'hui accessible dans les plus grands musées du monde.  Dans sa dernière lettre, trouvée dans sa poche le jour de son suicide, Vincent van Gogh  écrit : « Eh bien vraiment nous ne pouvons faire parler que nos tableaux »

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vendredi 20 juillet 2018

Filippo de Pisis (1896-1956) - I pesci marci



Filippo de Pisis (1896-1956)
I pesci marci, 1928
Private collection

 Que voit on ?  Le thème souvent traité par de nombreux peintres des poissons enveloppés dans le traditionnel papier-journal du poissonnier du marché. Ici ce sont quatre harengs.

Rappel biographique : Luigi Filippo Tibertelli dit Filippo de Pisis  est un poète et un peintre italien.
Né dans une famille fortunée de l'aristocratie italienne - la famille des marquis Tibertelli descendante d'un condottiere de Pise (d'où le nom qu'il choisit) établie à Ferrare au 16e siècle - il reçoit une éducation à domicile avec des précepteurs et des prêtres, en compagnie de sa sœur, à laquelle il demeure toute sa vie fort attaché. Il s'initie à la peinture avec un maître de  Ferrare, Odoardo Domenichini. Il s'intéresse aussi très tôt à la poésie métaphysique et se fait connaître avec la publication d'une première plaquette de poésie. Cela lui permet d'entrer en relation avec Giorgio de Chirico en 1915 qui exerce une forte influence sur ses premiers tableaux. Il fait également la connaissance du frère de Chirico, Alberto Savinio, et en 1917 de Carlo Carrа. Ce sont les premiers représentants de la peinture métaphysique. Mobilisés, ils sont alors en garnison à Ferrare. Le jeune Pisis les guide dans sa ville natale et le groupe se réunit dans sa demeure familiale. C'est ici que sont exposées les premières œuvres de Chirico. Il entre en correspondance avec Guillaume Apollinaire et Tristan Tzara.
En 1919, Pisis s'installe à Rome où, parallèlement à son métier de professeur de lycée, il commence à peindre, notamment des paysages urbains, des marines et des natures mortes. Le caractère très émotionnel de ses poésies se retrouve dans sa peinture. Il prend conscience de son homosexualité à cette époque et devient aussi ami avec Julius Evola ce qui lui permet de verser dans un certain ésotérisme et de le traduire dans son œuvre. Après avoir écrit de la prose et de la poésie recueillies dans I Canti de la Croara et Emporio en 1916, il commence à écrire en 1920 un essai intitulé La cittа dalle 100 meraviglie, publié à Rome en 1923.
En 1925, il vit à Paris à la recherche de nouvelles inspirations et y demeure jusqu'en 1939. Il est influencé par Manet, Corot, Matisse et le Fauvisme. Il fait une exposition personnelle en1926, à Paris à la Galerie Au Sacre du Printemps, avec une présentation de Chirico. Il écrit des articles pour L'Italia Letteraria et d'autres revues mineures. Il se lie avec le peintre Onofrio Martinelli, déjà rencontré à Rome. Entre 1927 et 1928, ils partagent même un appartement-atelier rue Bonaparte. Il fait alors partie du groupe des Italiens de Paris (italiani di Parigi) qui comprend Chirico, Savinio, Massimo Campigli, Mario Tozzi, Renato Paresce et Severo Pozzati, ainsi que le critique français d'origine polonaise Waldemar George. Ce dernier écrit la première monographie de Pisis en 1928 présentée à l'exposition Appels d'Italie de la Biennale de Venise de 1930. Durant sa période parisienne, l'artiste visite Londres, au cours de trois brefs séjours, et se lie d'amitié avec Vanessa Bell et Duncan Grant. En 1934, la Galerie des Quatre Temps organise une exposition « Les fleurs de Filippo de Pisis ». En mai 1936, il expose cinq tableaux à l'exposition du Jeu de Paume, « Art italien des XIX et XXe siècles ». En mars 1937, il participe à une exposition à la galerie Rive Gauche, intitulée « Epoque métaphysique » avec Max Jacob et Jean Cocteau, dont le catalogue est préfacé par Henri Sauguet.
Entre 1943 et 1949, il s'installe à Venise où il mène une vie dispendieuse et parfois extravagante. Il s'inspire de Guardi et des maîtres vénitiens du XVIIIe siècle. Il fait la connaissance du jeune peintre Silvan Gastone Ghigi (1928-1973) dont il devient le mentor. Il retourne à Paris entre 1947 et 1948 avec Silvan Gastone Ghigi. Filippo de Pisis est alors atteint des premiers symptômes d'athérosclérose. Souffrant depuis très longtemps de violents maux de tête, l'artiste doit être hospitalisé les trois dernières années de sa vie à la Villa Fiorita à Brugherio (au nord de Milan). Il continue pourtant à peindre sporadiquement et meurt en 1956.
Son œuvre peint a été montré deux fois à la Biennale de Venise, la première fois en 1948 avec une trentaine de ses tableaux, la dernière fois à titre posthume. Une grande rétrospective se tient dans sa ville natale en 1996 et une autre au Musée d'art moderne de Turin en 2005. Ses tableaux sont visibles à la Galerie nationale d'art moderne de Rome а côté de tableaux de Giorgio de Chirico, au Palazzo Romagnoli, où sont conservés deux toiles de la Collection Verzocchi (1949-1950), et au Musée de Grenoble où une de ses toiles est conservée ; elles sont essentiellement visibles pour le public au Musée Filippo de Pisis de Ferrare. La plupart de ses œuvres font partie de collections privées.
Une partie plus méconnue de son œuvre comprend des études de nus masculins, témoins poétiques de ses propres affinités sentimentales.

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2018 - A Still Life Collection
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jeudi 19 juillet 2018

Jan van de Velde III (1620-1662) - Still Life with Silver Tankard


Jan van de Velde III (1620-1662)
Still Life with Silver Tankard, 1634/1665
Portland Art Museum

Que voit on ? Une composition très classique  dont la piece centrale qui donne son nom à  l'oeuvre est une chope de bière en argent renversée et vide. Selon un lecteur assidu du blog, le type de pipe représenté ici est  une pipe en terre cuite d'un seul tenant, comme toutes celles représentées dans les des natures mortes et scènes de genre du XVIIe et XVIIIe. La blague à tabac en argent, ouverte, la mèche  incandescente pendant sur le rebord de la table laissent imaginer un usage imminent. Le verre précieux rempli d'un vin de belle couleur claire, le pain, le fromage et les noix,  les fruits dont un commence à se gâter, sont autant d'indication du style de vie et de l'âge (plutôt mûr) du propriétaire de ces objets, tous symboliques des plaisirs de la vie et du temps qui passe.

Rappel biographique : Jan Jansz. van de Velde III est né vers1620 à Haarlem aux Pays-Bas. Il étudie la peinture auprès de son père Jan van de Velde (II). Il se spécialise dans la peinture de natures mortes et son style est influencé par le peintre Willem Claesz Heda. Il est actif à Haarlem, ensuite à Amsterdam, à partir de 1642 l'année de son mariage, et enfin à Enkhuizen, l'année de sa mort.
Vers 1620, il est le professeur du calligraphiste Nicolaes Bodding van Laer, le jeune frère de Roeland et Pieter van Laer.

mercredi 18 juillet 2018

Gustave Van Woestijne (1881-1947) - Stilleven met druiven



Gustave Van Woestijne (1881-1947) 
Stilleven met druiven, 1937
Koninklijk Museum voor Schone Kunsten, Antwerpen

Que voit-on ?  Une rose dans un pot à eau et non dans le vase où l'on s' attendrait à la trouver, un bougeoir sans chandelle, un compotier dans lequel repose une grosse grappe de de raisins blanc.  Sur l'entablement blanc lui même dont on distingue l'angle supérieure, une grappe de raisons noir et deux fruits rouges qui peuvent être soit des tomates. Cette composition d'une mise en scène très classique jusque dans le jeu  des reflets, baigne cependant dans une lumière et une atmosphère diaphane et presque irréelle.

Rappel biographique : Ce peintre dessinateur et illustrateur belge a peint très peu de natures mortes.  Son frиre Karel propose de traiter son œuvre par tranches :  le groupe paysan, le groupe religieux et le groupe des expériences personnelles  dans lequel se range surtout les portraits et les quelques natures mortes qu'il a  realisé. Inventif, Gustave Van de Woestijne suggère à ses camarades des méthodes picturales délaissées, défend des points de vue inattendus mais féconds.  Lui-même a une façon de travailler assez étrange : alors que sur le reste de la toile rien n'est  pas encore ébauché, il y dessine et peint un détail qu'il achève avec la dernière minutie. C'est а partir de ce point central travaillé à l'extrême que l'œuvre se parachève, en quelque sorte par rayonnement.
Dans une interview[] datant de 1919, il déclara : « Chaque œuvre est un recommencement. Si deux toiles se ressemblent, cela devient du métier et non de l'art (...) Je n'aime pas les peintres qui se répètent. »


mardi 17 juillet 2018

De Scott Evans (1847-1898) - Homage to Parrot



De Scott Evans (1847-1898) 
Homage to Parrot
Private collection

 Que voit -on ? D'abord une des rares trompe l'oeil sous verre brisé de De Scott Evans qui soit réellement signé de ses initiales (en haut a gauche),  ce qui ne fut pas souvent  le cas  !et notamment pour ces célèbres trompes -l'oeil représentant des cacahuètes et des noix sous un verre brisé.
Pour ce perroquet, très fréquemment représenté dans les natures mortes des 17e et 18e siècle surtout en France, un petit mot écrit en français accompagne l'oiseau visiblement empaillé et auquel son maitre devait tenir beaucoup. En vrai maitre du trompe l'oeil qu'il est, De Scott Evans ne  permet pas au spectateur de déchiffrer tout le contenu du billet, puisqu'une partie du fragment de vitre qui le recouvre est  sale et en  opacifie la lecture !  Il en va de même pur le corps du perroquet lui même dont seule la tête est clairement visible le reste (les pattes surtout baignant dans une brume derriere la vitre poussiéreuse...

Rappel biographique : Le peintre américain De Scott Evans s'est illustré avec un égal talent dans des genres très différents du portrait mondain  de dame de la haute société américaine dont il flattait élégamment les anatomies à la nature morte en trompe-l'oeil. Élevé dans l'Indiana, il a réalisé une grande partie de sa carrière dans l'Ohio avant de venir s'installer à New-York City. Sa réputation posthume est largement basée sur un certain nombre de trompe-l'œil de natures mortes, à tel point que l'on pas hésité à lui attribuer des tableaux qu'il n'avait jamais peints. La marque absolue de la célébrité dans les Etats-Unis du 19e siècle ! L'affaire se corse lorsque l'on sait que De Scott Evans signait souvent ses tableaux sous un autre nom, de préférence


lundi 16 juillet 2018

Gustave Courbet (1819-1877) - Nature morte avec pommes, poires et raisins


Gustave Courbet (1819-1877)
Nature morte avec pommes, poires et raisins 
Portland Art Museum, USA 

Que voit on ? Des pommes (motif favori de Courbet à Sainte Pélagie), des poires (dont une centrale et gâtée) et des raisins, le tout posé soit dans un plat soit un linge blanc. Quelques épluchures aussi jonchent l'entablement.  Une nature très rare de Courbet qui en peint très peu en dehors de ces motifs de pommes. Couleurs admirables ...

Rappel biographique :   Le  peintre et sculpteur français, Gustave Courbet est principalement reconnu pour le réalisme de ses œuvres opposées aux critères de l'académisme et transgressant la hiérarchie des genres, comme Un enterrement à Ornans (1850), qui provoqua le scandale chez ses contemporains. Anticlérical, ami de Proudhon et proche des anarchistes, il fut l'un des élus de la Commune de Paris de 1871. Accusé d'avoir fait renverser la colonne Vendôme, il fut emprisonné et est condamné à la faire relever à ses propres frais. Réfugié en Suisse, il meurt avant d'avoir commencé à rembourser.
Gustave Courbet enduisait sa toile d’un fond sombre, presque noir, à partir duquel il remontait vers la clarté. Cette technique est, peut-être, en train de condamner les œuvres de Courbet. En effet, ce goudron tend, avec le temps, à remonter à travers la peinture et à assombrir dangereusement les tableaux.
Courbet a eut parfois recours à la photographie, en particulier dans la représentation du nu féminin : comme Eugène Delacroix avant lui, il utilise des clichés à la place des traditionnelles séances de pose assurées par des modèles vivants. Ainsi, la figure centrale des Baigneuses (1853) s'inspire d'un cliché du photographe Julien Vallou de Villeneuve. De même, l'Origine du monde, tableau  qui fit récemment encore parlé de lui pour avoir été censuré par Facebook, rappelle, par son cadrage serré, les stéréophotographies pornographiques d'Auguste Belloc.
En 2013, un dossier plaidant pour le transfert de la dépouille de Gustave Courbet (conservée dans le cimetière d’Ornans depuis 1919) vers le Panthéon est déposé par le psychiatre Yves Sarfati auprès du président des Centre des monuments nationaux Philippe Bélaval. La proposition d’hommage posthume à l’artiste apparaît lors du colloque Transferts de Courbet à Besançon en 2011. Il est appuyé par une tribune de Thomas Schlesser dans le Quotidien de l’art du 25 septembre 2013 (numéro 250), où il est affirmé que « la République a une dette envers sa mémoire » ; puis par une tribune dans la rubrique « idées » du Monde d’Yves Sarfati et de Thomas Schlesser, où il est dit qu’ « en honorant Courbet, c'est l'engagement républicain et la justice, que l'on honorerait », qu’ « en honorant Courbet, c'est le monde d'aujourd'hui et celui des Beaux-arts, que l'on honorerait » et qu’ « en honorant Courbet, c'est la Femme, avec un grand F, que l'on honorerait. » 


dimanche 15 juillet 2018

William-Michael Harnett (1848-1892) - My Gems

William-Michael Harnett (1848-1892) My Gems (Mes joyaux) ,1888 huile sur bois 45,7 x 35 cm  National Gallery of Art, Washington

William-Michael Harnett (1848-1892)
My Gems (Mes joyaux) ,1888
huile sur bois 45,7 x 35 cm 
National Gallery of Art, Washington

Que voit on ? Comme habituellement chez ce peintre de natures mortes en trompe l'oeil aux détails scrupuleusement rendus : une accumulation de symboles. On trouve : la partition de musique de l'air le plus célèbre de l'Orphée  et Euridyce de Gluck (Hélas ! quelle douleur!)  qui a séjourné à n'en pas douter dans un environnement humide ; un pichet de bière ;  une pipe en écume de mer, (élément récurent dans les compositions de Harnett);  des  livres. en l'occurrence des volumes reliés d'œuvres de Dante, de Shakespeare et du Tasse..Deux éléments illustrent en particulier le thème d'Orphée : la plume dans l'encrier et la flûte qui remplace la lyre allusion  au statut de poète et musicien célèbre d'Orphée et une lampe à huile en étain d'inspiration orientalisante, allusion aux enfers.  Pourquoi pas ?

Rappel biographique : Le peintre américano-irlandais William-Michael Harnett est connu pour ses natures mortes en trompes-l'oeil faites à partir d'objets du quotidien au sens large puisque l'on y trouve aussi bien des livres que des ustensiles de bureau, de cuisine, des attributs de chasse ou des instruments de musique folklorique. Il se situe, dans ce sens, dans la tradition des grands peintres de trompes l'oeil et de natures mortes hollandais du 17e siècle et de Peter Claesz en particulier. Beaucoup d'autres peintres américains se sont engouffrés dans cette tendance à la suite de William-Michael Harnett, comme Raphaelle Peale ou John Peto, mais Harnett en reste le représentant le plus spectaculaire. 
 
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2018 - A Still Life Collection
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samedi 14 juillet 2018

Robert Motherwell (1915-1991) - Ochre Still Life, with Blue Stripe,

https://astilllifecollection.blogspot.com/2018/07/robert-motherwell-1915-1991-ochre-still.html

Robert Motherwell  (1915-1991) 
Ochre Still Life, with Blue Stripe, 1966
RISD Museum, Providence.

 Que voit-on ? Une des rares, peut être même la seule nature morte intitulée comme telle, de ce peintre américain  nature morte abstraite donc  dans laquelle, de l'aveu du titre, l'ocre et la bande bleue sont le principales composantes. 

Rappel Biographique : Robert Motherwell est généralement associé aux débuts de l'expressionnisme abstrait, c'est-à-dire au premier grand mouvement artistique, aux États-Unis, qui soit émancipé de l'influence du Vieux Continent. Pourtant, Motherwell est sans doute le plus européen des membres de l'École de New York, ainsi nommée pour la distinguer de (et l'opposer à) celle de Paris. Dès 1938, le jeune homme se rend en Europe, qu'il parcourt de la France à l'Écosse, en passant par l'Italie, la Suisse, l'Allemagne, la Belgique et l'Angleterre. Sa première exposition personnelle est d'ailleurs organisée, l'année suivante, dans la galerie parisienne de Raymond Duncan.  Porteur malgré lui d'un certain esprit européen dans une Amérique des arts revendiquant sa pleine autonomie, Motherwell devient presque naturellement l'ambassadeur des surréalistes exilés à New York pendant la Seconde guerre mondiale. Il se lie aussi avec le peintre Roberto Matta, qu'il accompagne au Mexique durant six mois, en 1941. mais aussi avec André Breton, Max Ersnt, Marcel Duchamp, André Masson et Yves Tanguy.  Il faudra attendre  encore deux bonne années  pour que Motherwell côtoie régulièrement ses compatriotes Jackson Pollock,et William Baziotes Willem De Kooning et Hans Hofmann, qui sont les principaux champions de l'expressionnisme abstrait américain.  
En 1943, il réalise ses premiers collages à l’invitation de Peggy Guggenheim qui compte les exposer dans sa galerie aux côtés de ceux de Baziotes et Pollock. 
En 1945 il dirige la publication d’une collection de textes théoriques sur l’art moderne européen sous le titre de The Documents of Modern Art. En 1946, il participe à l’exposition « Fourteen Americans » organisé par le MOMA de New York.
En 1948, avec Baziotes, David Hare, Barnett Newman et le peintre Mark Rothko, il fonde l’école « Subjects of the Artists ». Il commence un tableau intitulée Elegy consacré à la République espagnole de 1936. Ce tableau ne sera achevé qu'en 1976.
De 1950 à 1958, Robert Motherwell donne des cours au Hunter College de New York. Il représente les États-Unis à la Biennale de Venise de 1950 et celle de São Paulo en 1961.

vendredi 13 juillet 2018

John Singer Sargent (1856-1925) - Candelabra with Roses


John Singer Sargent (1856-1925)
Candelabra with Roses, c 1885
Private collection

 Que voit- on ? Une nature morte à sujet très délicat, saisi presque dans un rêve, dans une atmosphère légèrement embuée et alors que l'on ne saura jamais si ces chandelles  (un peu courbées par la chaleur)  étaient éteintes ou allumées et pour qui sont ces roses rouges. Toujours la même étrangeté dans les (rares) natures mortes de Singer Sargent qui affectionnait d'ailleurs plutôt la peinture de poulpes ou de poissons comme thématique de nature mortes.

Rappel biographique : le peintre américain John Singer Sargent  à étudié à l'Ecole des beaux-arts de Paris et a passé une bonne partie de sa vie en Europe en France, en Italie et en Angleterre.  Il fut  un ami proche des grands artistes de l'époque, comme Claude Monet, Paul Helleu ou Gabriel Fauré et très lié avec le sulfureux Robert de Monstesquiou et le prince Edmond de Polignac, deux figures du Tout Paris homosexuel de cette époque. Au cours de sa carrière, il a peint environ 900 toiles et plus de 2 000 aquarelles, et réalisé d'innombrables croquis et dessins. Son œuvre documente ses voyages à travers le monde, de Venise au Tyrol, de Corfou au Moyen-Orient, de Paris à Londres et du Montana à la Floride. Principalement portraitiste mondain, il ne se limita cependant jamais à ce genre et aborda aussi les compositions à personnages, les compositions religieuses, les scènes de genre, les intérieurs, les paysages, les  marines, les compositions murales avec une égale maîtrise. Mais Sargent fut surtout célèbre pour son habileté dans les portraits d'un style sophistiqué, exécutés avec une indéniable virtuosité et une certaine audace théâtrale. Ainsi réalisa-t-il sur commande les portraits des personnages les plus riches et puissants d'Europe et des États-Unis, comme l'académicien Édouard Pailleron et son épouse, Auguste Rodin, John D. Rockefeller, Robert Louis Stevenson, ou encore les présidents Theodore Roosevelt et Woodrow Wilson. Ses portraits de femme sont parmi les plus célèbres du genre comme ceux de Dame Ethel Smyth, d'Almina Wertheimer, de la comédienne  Ellen Terry dans Lady Macbeth ou celui de Madame Pierre Gautreau (son portrait le plus controversé,   intitulé Madame X) aujourd'hui conservé au Metropolitan Museum of Art de New York et dont Sargent dira lui- même : « Je suppose que c'est la meilleure chose que j'ai faite ».  
À une époque où le monde artistique se tournait vers l'Impressionnisme, le Fauvisme et le Cubisme, Sargent pratiqua son interprétation personnelle du Réalisme, qui fasait brillamment référence à Velázquez, Van Dyck et Gainsborough. Sa facilité à paraphraser les maîtres, d'une manière contemporaine, lui amenèrent quantité de commande de portraits, réalisés avec une telle virtuosité  qu'isl lui valurent le surnom de « Van Dyck de son temps ».



jeudi 12 juillet 2018

Louise Bourgeois (1911-2010) - Still Life, 1963

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Louise Bourgeois (1911-2010) 
Still Life, 1963. (Wood, plaster, and paint)
Rhode Island School and Design  Museum, Providence 

Que voit on ? A priori  : une coupe posée sur une sorte de support creux pouvant figurer un  d'entablement fendu d'un large fossé central, entouré des deux grosses formes rondes pouvant elles mêmes figurer éventuellement des miches de pains ou  - connaissant cette sculpteur et son oeuvre - des seins. Dans la coupe en forme de receptacle ovale : des fruits aux formes abstraites à la fois pommes, poires et bananes aux formes péniennes, tous blanc à l'exception d 'une seul, noir, et d'autant plus visible.... Peut être aussi s'agi- il d'oeufs, figés dans leur développement...

Rappel biographique : Louise Joséphine Bourgeois est une sculpteur et plasticienne française, naturalisée américaine,  surtout connue pour ses sculptures et ses installations monumentales,  bien qu'elle ait aussi pratiqué la peinture et la gravure.  Les natures mortes ne sont pas a priori son sujet mais elle en a sculpté quelques unes dont celle-ci.  Elle explore des thèmes tels que l'univers domestique, la famille, le corps notamment les organes sexuels tout en abordant une approche qui se traduit comme une manifestation des subconscients et la réactivation de souvenirs de son enfance.
Louise Bourgeois bien que nйe en France a passé l'essentiel de sa carrière artistique à New York, où elle s'est installée en 1938 après avoir épousé l'historien d'art américain Robert Goldwater (1907-1973). Son travail d'artiste été reconnu assez tardivement.
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2018 - A Still Life Collection 
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mercredi 11 juillet 2018

Othon Friesz (1879-1949 ) - Nature morte au perroquet.


Othon Friesz (1879-1949)
 Nature morte au perroquet
 Collection privée

Rappel biographique :  Achille-Emile Othon Friesz, dit Othon Friesz, qui signait E. Orthon Friesz est un peintre et graveur français.  Othon Friesz est, avec Georges Braque et Raoul Dufy, l’élève de Charles Lhuillier à l’Ecole municipale des beaux-arts du Havre. Une bourse lui permet d’entrer à l’Ecole des beaux-arts de Paris dans l'atelier de Léon Bonnat en 1897, mais il préfère se former en fréquentant le musée du Louvre. D’abord influencé par les impressionnistes, puis par Vincent van Gogh et Paul Gauguin, quelques-unes de ses toiles sont exposées au Salon d'automne de 1905, avec des œuvres d'Henri Matisse, Albert Marquet et Henri Manguin. Les aplats de couleurs éclatantes et la nervosité du dessin donnent la sensation au spectateur de pénétrer dans une « cage aux fauves ». C’est le début du fauvisme, dont il va devenir l’un des représentants.
А l’été 1906, il effectue un séjour à Anvers avec Georges Braque, travaillant sur les mêmes sujets, puis, l’année suivante, à l’Estaque et La Ciotat, transposant sur leurs toiles la lumière du Midi. De retour à Paris, tandis que Braque élabore avec Pablo Picasso qu’il vient de rencontrer, les fondements du cubisme, Friesz poursuit un naturalisme influencé par Paul Cézanne et réalise des paysages, des natures mortes et des marines plus traditionnels, tout en conservant de sa période fauve l’énergie du trait et le goût affirmé pour la couleur et les contrastes forts.
En 1912, il ouvre son premier atelier en Normandie puis, de retour а Paris en 1919, il voyage dans le Jura et en Italie et commence а enseigner le dessin а l'Académie de la Grande Chaumière en 1921, et à l'atelier de peinture A de l'Académie scandinave. En 1937, il réalise la décoration du Palais de Chaillot avec Raoul Dufy. Outre ses peintures, il produit un grand nombre de dessins, de gravures et de lithographies.  De 1914 а son décès en 1949, il occupe un atelier au no 73 rue Notre-Dame-des-Champs à Paris. Othon Friesz est inhumé à Paris au cimetière du Montparnasse (27e division). Sa tombe est ornée de son portrait en médaillon en bronze par Paul Belmondo.

mardi 10 juillet 2018

Juan van der Hamen y Leon (1596-1631) - Cesta y cajas con dulces

https://astilllifecollection.blogspot.com/2018/07/juan-van-der-hamen-y-leon-1596-1631.html

Juan van der Hamen y Leon (1596-1631) 
Cesta y cajas con dulces
Museo Nacional del Prado, Madrid

Que voit on ? Il existe de multiples versions de ce thème qui  sont devenues toutes tellement célèbres qu'elles ont fini par identifier  ce modèle au nom de Van der Hamen et sont devenus typiques des  natures mortes espagnoles du 17e siècle.  Van der Hamen les a généralement peintes avant d'avoir 26 ans. Elles on exercé une influence décisive sur la petite production de natures mortes de Francisco de Zurbarán, ainsi que celle de nombreux autres peintres de l'époque.   La présentation dans un encadrement ou un un rebord notamment est devenue typique  de  la composition  des natures mortes espagnoles et permet d'en reconnaitre immédiatement la provenance.

Rappel biographique : le peintre espagnol Juan van der Hamen y Leon - dont un grand nombre de natures mortes ont été publiées dans ce blog -  est surtout connu pour être un maître de ce genre, bien qu'il ait peint aussi des motifs religieux, des paysages et des portraits. Influencé autant par Juan Sanchez Cotan que par la peinture flamande de Frans Snyders dans ses premières natures mortes, il opta finalement pour un naturalisme plus italien et introduisit beaucoup de fraîcheur dans ses compositions. Sa touche est d'une grande délicatesse et d'un absolue précision. Van der Hamen emprunte à Sánchez Cotán le style apparemment sobre de ses compositions mais aussi cette façon systématique de détacher les objets sur un fond sombre et de les éclairer d'une lumière puissante. Les arrangements en quinconces et les ombres portées renforcent l'impression de précision et révèlent que ces compositions sont finalement tout sauf simples ! A partir de 1626, Van der Hamen peint des natures mortes plus complexes que ses premières en plaçant les objets sur différents niveaux. Ce type de composition que l'on retrouve à Rome au début des années 1620  dans les œuvres de Tomasso Salini et d'Agostino Verrocchi, était déjà présent dans les natures mortes de l'Antiquité que l'on découvrira à Pompei et Herculanum au 18e siècle. Les natures mortes de Juan van der Hamen ont exercé une grande influence sur ses contemporains comme Francisco de Zurbarán et plus tard chez des peintres comme Antonio Ponce et Juan Arellano. Une des caractéristiques de la peinture de Van der Hamen, pour laquelle il était surtout connu de son vivant,  résidait dans la représentation des coûteuses et luxueuses verreries de Venise ou d'Allemagne. Très préoccupé par l'agencement harmonieux des objets et la représentation précise des textures et des lumières, Van der Hamen livre toujours des compositions très géométriques où les cercles et les sphères ont un rôle primordial. Contrastant avec cette sévérité géométrique, l'artiste dispose souvent ses objets sur les bords des structures ou sur des escaliers en pierre, en faisant ainsi varier leur distance à partir de la source lumineuse. Les objets représentés, fruits légumes, bois, terre cuite, et cristaux sont toujours magistralement rendus avec une science de la répartition des couleurs, des ombres, des reflets et des lumières qui en font un maître d'une sensibilité incomparable.

2018 - A Still Life Collection 
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lundi 9 juillet 2018

Henri Matisse (1869-1954) - La citrouille verte


Henri Matisse (1869-1954) 
La citrouille verte, 1916  
Rhode Island School and Design Museum

Que voit on ?  Ce que décrit le titre :  une citrouille verte, posée devant une fenêtre assez moderne, peut être celle d'un atelier ou d'une serre (les fenêtres faisant partie des thèmes préférés de Matisse) à travers laquelle on aperçoit un paysage qui partage à part égale la composition de ce tableau mi nature morte mi paysage.... Un mouvement à l'extérieur semble suggérer qu'il y a du vent. 
Un objet assez difficile à identifier trône près de la citrouille et attire l'attention sur un entablement qui s'avère être le rebord de la fenêtre (soulignée de traits noir). À l'intérieur Matisse, emploie une palette de rouges automnaux et de teintes vertes complémentaires, faisant varier la direction et la densité de ses coups de pinceau pour suggérer l'atmosphère, la distance et la masse.

Rappel Biographique : Le peintre français Henri Matisse, chef de file du Fauvisme et figure majeure de l'art du 20e siècle a peint tout au long de sa vie un très grand nombre de natures mortes dans des styles aussi différents que les périodes qu'il a traversées. Il aimait particulièrement ce genre à tel point qu'une de ses toutes premières peintures connues, actuellement conservée au Musée Malraux du Havre (France) est une nature morte, Nature morte au pichet peinte en 1896-97. Les animaux marins, les poissons et les mollusques dont les huitres, fréquents chez Matisse, sont toujours des signes de son évolution vers une peinture simplifiée et synthétique. Son maître, Gustave Moreau lui avait dit avec clairvoyance et d’un léger ton de reproche : « Vous allez simplifier la peinture… » ou encore, « Vous n’allez pas simplifier la peinture à ce point-là, la réduire à ça. La peinture n’existerait plus… ». Il a aussi beaucoup regardé les estampes d’Hiroshige ou d’Hokusaï, dont on retrouve souvent  l’influence chez lui dès lors qu'il s 'agit de peindre la mer et les poissons, mais pas seulement...

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dimanche 8 juillet 2018

Rodolphe-Théophile Bosshard (1889-1960) - Stilleben mit Stillleben mit Äpfeln




Rodolphe-Théophile Bosshard (1889- 1960)
Stillleben mit Äpfeln,  1940
Private collection

Que voit on  ?  Trois pommes qui ressemblent à des coeurs dont l'aorte aurait été sectionnée abruptement. Elles semblent être en voie de dessèchement ou de putréfaction... dans la grande tradition des natures mortes hollandaises du 17e siècle.  On remarque dans cette toile en particulier l'étonnante technique à l'huile (très diluée) de ce peintre qui peignait des huiles sur toile comme l'on peindrait des aquarelles ; qu'il s'agisse de couleurs vives ou sourdes (comme ici), le résultat est toujours étonnant.

Rappel biographique : Rodolphe-Théophile Bosshard  est un artiste-peintre suisse qui fut actif à Paris entre les deux guerres mondiales et se spécialisa plutôt dans les nus féminins. Considéré comme une figure majeure de la peinture suisse de la première moitié du 20e siècle, il s' installa à Montparnasse  seulement pendant quatre petites années mais pendant lesquelles il attira l'attention des critiques par une peinture originale et novatrice.  Il noua des amitiés avec  Chagall,  Zadkine, Derain ou Lurçat. Beaucoup de ses natures mortes ont des similitudes avec celles de Jean Fautrier qui est son exact contemporain.
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2018- A Still Life Collection 
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samedi 7 juillet 2018

Cornelis Norbertus Gijsbrechts (ca 1630 - c. 1675) - Autoportrait à la nature morte


Cornelis Norbertus Gijsbrechts (ca 1630 - c. 1675)
Autoportrait à la nature morte, 1663
 National Gallery of Prague 

Que voit-on ? Un autoportrait (puisque tel est le titre !) déguisé en nature morte reposant sur le chevalet qui la voir naître. Un trompe-l'œil dans le trompe-l'œil, célèbre entre tous pour cette toile  (sans doute la plus connue de Cornelis Gijsbrechts). L'autoportrait est le petit médaillon cloué par 4 clous de cuivre à même le bois du chevalet du peintre en haut à gauche de la composition. Reposant aussi sur ce chevalet qui est une simple planche de bois:  la palette du peintre (en bas à gauche), un chiffon à peintures (en bas à droite) et sur le rebord du chevalet reposant sur une boîte noire, soigneusement rangés, les pinceaux du peintre, sa pipe et sa blague à tabac. Quand à la nature morte , elle est bien là , au centre le composition, sur une toile dont on aperçoit l'envers et le coin droit du châssis. et elle représente un trompe l'œil l'entablement  en velours vert représenté semblant sortir du châssis.  Du coup raisins, pêches et melons semblent très anecdotiques.  On notera le  couteau couteau plaqué entre le chevalet et le châssis...

Rappel biographique  : Bien que les informations biographiques concernant ce très grand peintre soient  encore de nos jours, très parcellaire, on peut toutefois établir de façon certaine que c'est bien à Copenhague qu'il a fait une grande partie de sa carrière. Directeur d’une maison d’enchères, il y fit vendre un bon nombre de ses tableaux, marqués par son inimitable maîtrise du trompe-l’œil.
Franc-maitre de la guilde de Saint-Luc à Anvers en 1659, Cornelis Norbertus Gysbrechts fut peintre de la cour du roi de Danemark, Christian V, à Copenhague entre 1670 et 1672. 
La plupart des 22 toiles de Gijsbrechts a peintes à Copenhague étaient destinées à la Chambre du Roi. Le Cabinet Royal des Curiosités comprenait entre autres une «Chambre de Perspectives» qui présentait une sélection d'œuvres en trompe-l'œil, de boîtes à perspectives, d'anamorphoses et de peintures architecturales réalisées à partir de la perspective centrale. Ces oeuvres ludiques et pleines de surprises innovantes (notamment des images tridimensionnelles dans des boîtes à perspectives) avaient un aspect magique pour qui les regardaient en 1690.  On sait aujourd'hui que 15 parmi les  29 peintures de la Chambre de Perspectives furent  réalisées par Gijsbrechts.  C'est d'ailleurs encore, de nos jours, le Danemark qui conserve la plus importante collection d'œuvres de Goosbrechts au monde.
D'un point de vue stylistique, Gijsbrechts fut influencé par Jan Davidsz de Heem mais son approche des compositions va bien au-delà de cette influence et en fait a bien des égards un précurseur de biens des mouvements futurs.
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2018 - A Still Life Collection
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vendredi 6 juillet 2018

Georges Braque (1882-1963) - Verre, fruits et couteau

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Georges Braque (1882-1963)
Verre, fruits et couteau, 1935
Collection particulière 

Que voit on ? Les fruits sont en l'occurrence du raisin et des pêches posées dans une assiette de porcelaine blanche comme deux oeufs au plat, le tout posé sur une table dont l'entablement bien qu'épais semble en verre transparent qui laisse apparaitre et reflète à la fois le reste d'y décor, le fragment de nappe et les piètements chantournés de la table.

Rappel biographique : le peintre français Georges Braque qui fut aussi sculpteur et graveur est le maître incontestable de la nature morte au 20e siècle, genre qu'il a profondément transformé et renouvelé tout au long de sa vie, s'inscrivant  (consciemment  ou inconsciemment) dans une démarche similaire à celle de Chardin au 18e siècle. Engagé dans le sillage du fauvisme, influencé par Matisse, Derain et Othon Friesz, il peint, à l'été 1906 les paysages de l'Estaque avec des maisons en forme de cubes (Maisons à L'Estaque) que Matisse qualifie de cubistes.  A partir de 1909,  il entre dans ce que les spécialistes appellent la période du  " cubisme analytique ".  Les paysages qui prédominaient  jusqu'alors dans son œuvre vont céder la place aux natures mortes. 
Ce sont principalement des natures mortes d'objets et/ou d'instruments de musiques (violons, guitare, pipe, journaux et magazines, objets divers de décorations intérieurs comme les nappes, les guéridons...) qu'il peint délaissant volontiers les thématiques habituelles du genre (fruits, légumes, pâtisseries, porcelaines). Dès avant la Première Guerre Mondiale, sa peinture s'enrichit de combinaisons imprévues, avec une multiplication des facettes. Les formes sont géométrisées et simplifiées. Comme le remarque Bernard Zurcher, dans son ouvrage Braque vie et œuvre :   « Si l'on considère que la bataille du cubisme s'est jouée  sur le thème de la nature morte, Braque y était le mieux préparé ou plutôt il a été à même, en consolidant chacune des étapes de son évolution, d'aller plus sûrement à ce « signe qui suffit » tel que l'a nommé Matisse »
Entre 1919 et 1939, son style et ses recherches vont évoluer. De son passé cubiste, il conserve la simultanéité des points de vue et il opère une partition des objets et des plans qui les éloignent de tout réalisme. Guitare et nature morte sur la cheminée  1925, et Fruits sur une nappe et compotier, sont caractéristiques de cette évolution. Les objets semblent des accessoires de la composition," l'effort porte sur la couleur". Braque pousse l'usage du contraste encore beaucoup plus loin dans Nature morte à la clarinette,  avec des formes qualifiées de « naturalistes » . Avec Le Guéridon, 1928 et Le Grand guéridon, qu'il continue à travailler jusqu'en 1936-1939, Braque opère un long mûrissement des formes. Il retravaille même en 1945 le Guéridon rouge, commencé en 1939 en réduisant le motif ornemental. Le thème du guéridon revient souvent dans l'œuvre de 1911 à 1952 qui reçoit en 1937 le premier prix de la Fondation Carnegie  de Pittsburgh. 
Cloîtré dans son atelier pendant toute la durée de la Seconde guerre Mondiale, il refuse toute compromission avec les nazis et le régime de Vichy, malgré les nombreuses propositions qui lui sont faites. Braque se consacre au thème des Intérieurs avec un retour en force du noir qui donne une impression de dépouillement et de sévérité. Pendant cette période, Braque poursuit son sujet favori  le nature morte et particulier les natures mortes aux instruments de musique qui n'ont cessé d'apparaître dans ses tableaux depuis 1908 .  « L'instrument de musique, en tant qu'objet, a cette particularité qu'on peut l'animer en le touchant, voilà pourquoi j'ai toujours été attiré par les instruments de musique » .1942 est une année particulièrement féconde pour le peintre qui commence plusieurs toiles sur le thème de la musique, qu'il terminera plus tard comme L'Homme à la guitare (1942), 1942-1961. 
A cette époque là il réalise une nature morte à sujet animalier Deux poissons dans un plat avec une cruche, (1949-1941) qui inaugure une série de poissons sur fond noir Les Poissons noirs, 1942, et  plusieurs Vanités.  
A la Libération, après la guerre, Aimé Maeght devient son nouveau marchand parisien, et publie la première édition des Cahiers G. Braque. En 1948, lorsqu'il  présente la série des Billards à la Biennale de Venise,  il reçoit le Grand Prix pour l'ensemble de son œuvre. Suit une série d'expositions en particulier au MoMa de New York, qui parachève la reconnaissance internationale de son œuvre immense et essentielle.

2018 - A Still Life Collection 

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jeudi 5 juillet 2018

Paula-Modersohn-Becker (1876-1907) - Stillleben mit einer Schüssel Goldfisch





Paula-Modersohn-Becker (1876-1907)
Stillleben mit einer Schüssel Goldfisch, 1906,
(détrempe sur carton)
Heydt-Museum, Wuppertal

 Que voit on ? Ce que décrit le titre à quoi s'ajoute un bol qui contient trois oranges dont deux seules sont réellement visibles, une cruche en terre cuite d'où dépasse une fleur rose qui ressemble fort à un papillon posé sur le rebord du col et - au pied du bocal de poissons rouges - un oeuf et un deux zestes de citrons. Le tout est comme enfermé  dans un cocon blanc formé de serviettes et de linges pliés ...

Rappel biographique : Paula Modersohn-Becker est une artiste peintre allemande qui est l’une des représentantes les plus précoces du mouvement expressionniste dans son pays. Originaire de Dresde, Paula Becker s'engage dans des études de peinture et rejoint les artistes indépendants réunis dans le village de Worpswede, qui prônent un retour à la nature et aux valeurs simples de la paysannerie. Elle y épouse le peintre Otto Modersohn. Le manque d'audace des peintres worpswediens, toutefois, la pousse à s'ouvrir aux inspirations extérieures et à effectuer des séjours répétés à Paris, auprès de l'avant-garde artistique. Au cours des quatorze courtes années durant lesquelles elle exerce son art, elle réalise pas moins de 750 toiles, 13 estampes et environ un millier de dessins. Son style est le fruit d'influences multiples, aux confins de la tradition et de la modernité. Sa peinture présente des aspects mêlant l'impressionnisme de Cézanne, van Gogh ou Gauguin, le cubisme de Picasso, le fauvisme, l'art japonais ou encore l'art de la Renaissance allemande. La force expressive de son œuvre résume à elle seule les principaux aspects de l’art au début du 20e siècle.
Elle meurt prématurément а trente-et-un ans, des suites d'un accouchement.
L'œuvre de Paula Modersohn-Becker est essentiellement constituée de natures mortes, de paysages et de portraits d'adultes ou d'enfants évoquant la vie paysanne à Worpswede. Quant aux autoportraits, l'artiste en réalisa tout au long de sa vie. Contrairement aux règles académiques les plus élémentaires, les œuvres sont bien souvent d'un format très réduit : Paula, de ce fait,  peignait sur tout l'espace de toile disponible, et il n'est pas rare que le cadre du tableau dissimule une partie de la composition.
Jusqu'à l'exposition que lui consacre le  MAM (Musée d'art moderne de la ville de Paris) en 2016, elle restait assez peu connue au-delà des pays germanophones.

mercredi 4 juillet 2018

Gregorio Sciltian (1900-1985) - Natura morta con libri


Gregorio Sciltian (1900-1985)
Natura morta con libri
Private  collection

Rappel biographique :  Gregorio Sciltian est un peintre figuratif russe qui a fait la quasi-totalité de sa carrière en Italie. Il est surtout connu pour ses portraits et ses trompe-l'œil.
Enfant d'une riche famille arménienne, il étudia à l'Académie russe des beaux-arts à Saint-Petersbourg et fut influencé par Audrey Beardsley.
Ses premiers travaux, à Rostov, à seulement quinze ans, portent des traces de la nouvelle avant-garde dite  cubofuturiste.
En Italie, il participe à la deuxième Biennale de Rome en 1925. Le critique Roberto Longhi présente ses œuvres à la Maison des arts Bragaglia. Il souligne la particularité d'une peinture qui reprend la tradition du Caravage avec un réalisme d'une impressionnante fidélité photographique :  " Une perfection « lenticulaire » réalisée avec une matière picturale dense et une technique empruntée à la peinture antique. " 
A partir de ce moment là, le succès de Sciltian ne se dément plus quel que soit le genre pictural qu'il aborde.
Après avoir participé à la Biennale de Venise de 1926, Sciltian s'installa à Paris, où il expose au Salon des Indépendants. Lors d'une exposition personnelle à la Galerie de la Renaissance, une de ses œuvres fut achetée par le Musée du Luxembourg.
En 1928, il participa à l'Exposition de l'Art russe au Palais des beaux-arts de Bruxelles. Une de ses œuvres entra au Musée royal de Belgique. Le thème constant de sa peinture à cette époque est la nature morte traitée en trompe-l'œil.


Il a bénéficié  de plusieurs rétrospectives de son oeuvre de son vivant dont une à Milan en 1980 et la dernière au Musée Pouchkine à Moscou en 1983.

mardi 3 juillet 2018

Georges Valmier (1885-1937) - Nature morte avec bouteille 1923


Georges Valmier (1885 -1937) 
Nature morte avec bouteille, 1923


Que voit on ? C'est le Valmier précurseur du Cubiste que l'on voit ici mais avec une  volontarisme coloré  qui le rapproche beaucoup de Robert et Sonia Delaunay. Lui qui fut précurseur et inspirateur de tant de mouvements et de tant de grands peintres célèbres reste aujourd'hui curieusement  pratiquement inconnu. Une oeuvre comme celle-ci vient nous rappeler presque 100 ans apres avoir été composé le genie particulier de ce grand artiste. 

Rappel biographique : lLœuvre du peintre français Georges Valmier traverse les grands courants modernes de l'histoire de la peinture, de ses débuts impressionnistes au cubisme qu'il découvre à l'âge de  25 ans, et enfin à l'abstraction à partir de 1921, qui fut comme une réponse finale à ses recherches. Il réalisera des décors et des costumes pour le théâtre et pour les ballets, des maquettes pour des tissus, des tapis, des objets. Ses huiles n'excèdent pas les 300, Valmier étant mort à l'âge de 52 ans ; elles sont l'aboutissement de nombreuses gouaches préparatoires dont les multiples versions sont de véritables œuvres en elles-mêmes, qui témoignent d'une grande maîtrise, de sa gourmandise de couleurs et de son extrême inventivité des formes. Valmier fut également musicien.



lundi 2 juillet 2018

Milton Avery (1885-1965 ) - Pink tablecloth



Milton Avery (1885-1965)
Pink Tablecloth 
Private collection

Que voit-on ? Sur un entablement dont on aperçoit le piètement chantourné au bas du tableau ;  une nappe rose (qui donne son nom à la composition)  sur laquelle on trouve un citron coupé en deux, un pot à sucre, une cafetière bleue,  une poêle à frire vide, trois figues et une miche de pain. Les proportions ds objets ayant étant volontairement déformées par le peintre....

Rappel biographique :  Milton Clark Avery est un artiste peintre américain de figures, portraits, animaux, intérieurs, paysages et quelques rares natures mortes. S'il existe un lien entre le monde de la peinture traditionnelle américaine du début du 20e siècle et de celui de l'expressionnisme abstrait autour de 1945, c'est bien Milton Avery qui l'a créé. On ne lui connait aucune formation particulière, sinon en 1913 un cours de dessin d'après nature donné par Charles Noël Flagg à la Connecticut League of Art à Hartford. En 1925, il épouse Sally Michel, également peintre, dont on retrouve l'image dans les nombreux portraits exécutés par son époux. Sa première exposition personnelle a lieu en 1928, elle est suivie d'autres à partir de 1940.
Après la période Fauve de ses débuts, qui lui a permis de jouer avec de riches couleurs, il atténue sa palette et simplifie ses compositions qui tendent vers un dépouillement de plus en plus grand. Ses sujets restent simples tels que Rothko les définit. C'est dans un style presque Intimiste - Avery peignant son atelier, sa femme Sally, sa fille March, Central Park, les plages et montagnes où il passait l'été, des vaches, des poissons, des vols d'oiseaux, ses amis réunis dans son atelier...- qu'il peint des œuvres aux formes simplifiées, aux plans colorés, découpés, dans un espace à deux dimensions, évoquant l'art de Matisse. Toutefois, ses peintures ne sont jamais brillantes quoique très riches. Il maîtrise fort bien ses rapports de couleurs dont les contours peuvent être parfois fluides, créant une sorte d'osmose entre elles. L'art de Milton Avery rejoint ainsi, peu à peu l'abstraction expressionniste de Rothko et de Adolph Gottlieb. Ensemble, ils ont participé à de longues conversations hebdomadaires qui ont facilité la naissance de la peinture abstraite américaine d'après guerre et plus particulièrement de l'Ecole de New York.
Une grande rétrospective lui a été consacrée en 1952 au Baltimore Museum, puis à la Fondation Ford et au Whitney Museum en 1960. Une autre rétrospective posthume fut présentée à Lincoln puis à Little Rock en 1966, puis deux autres encore en 1983, à la Albright-Knox Art Gallery de Buffalo et au Minneapolis Institute of Arts.







dimanche 1 juillet 2018

Nicolas de Staël (1914-1955) - Bol blanc

https://astilllifecollection.blogspot.com/2018/07/nicolas-de-stael-1914-1955-bol-blanc.html

Nicolas de Stael (1914-1955)
Bol Blanc, 1953
Cincinatti Art Museum 

Que voit on ? Sur un fond orange le bol blanc décrit dans le titre  la composition comportant sur la droite une forme ronde mauve et une autre plus petite rouge qui pourraient figurer d'autres objets ou des  fruits. C'est surtout le génie de coloriste de Nicolas de Staël que l'on relève ici,  dans l'emploi de cette palette improbable (orange, marron, mauve rouge et blanc), comme dans l'ensemble des toiles présentées au printemps 2018 dans la très émouvante exposition  duCentre D'art de l'Hôtel de Caumont à Aix-en-Provence.

Rappel biographique : Le peintre français  d'origine russe Nicolas de Staël, né baron Nicolaï Vladimirovitch Staël von Holstein,  est issu d'une branche cadette de la famille de Staël-Holstein. Plus d'un demi siècle après sa mort, il reste l'un des peintres les plus marquants du 20e siècle posant un problème aux historiens de l'art qui ne savent pas dans quelle catégorie le classer,  ce qui doit le réjouir post mortem, lui qui détestait les catégories et les courants.
La réinvention de la figuration opérée par Staël a été mal comprise alors qu'elle anticipait d'une vingtaine d'année l'évolution générale de l'art. Il a « retrouvé le visible sans renoncer aux possibilités expressives et à la liberté d'action qui définissent la peinture contemporaine»  alors que Paris perd sa place de capitale des arts, dès les années 1960, sous l'effet du marché de l'art et de la surenchère : " on y est devenu incapable de discerner le pastiche de l'original " selon Umberto Eco.
Selon Marcelin Pleynet et Michel Seuphor : « ...il faut tenir compte de Nicolas de Staël, vu et revu souvent avec et travers l'avant-garde américaine de années cinquante. Ces nouveaux mouvements d'abstraction suivent le cheminement de Staël, délaissant la peinture gestuelle pour une peinture brossée, voir maçonnée ».
Peu exposé de son vivant, son œuvre a donné lieu à de nombreuses manifestations posthumes qui ont confirmé sa stature sur le plan international. " Staël fut le plus puissant créateur de sa génération dans l'École de Paris de l'après-guerre, sur laquelle il a exercé une forte influence Il a été le premier à dépasser l'antinomie  abstraction-figuration ".
Nicolas de Staël meurt à 41 ans en se jetant de la terrasse de l'immeuble où il avait son logement et un de ses ateliers à Antibes. L'ensemble de son oeuvre s'étend sur 15 années. Il a peint, à partir de 1952, plusieurs natures mortes dont quelques unes sont aujourd'hui conservées et exposées au Musée Picasso d'Antibes à quelques pas de son ancien atelier.


2018 - A Still Life Collection 

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