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dimanche 22 mars 2026

Henri Matisse (1869-1954) - Citrons et poire dans un plat en étain



Henri Matisse (1869-1954), Citrons et poire dans une plat en étain  1926  Art Institute of Chicago

 

Henri Matisse (1869-1954),
Citrons et poire dans un plat en étain,  1926 
Art Institute of Chicago 

 Que voit-on ? Ce que le titre décrit posé sur un entablement de cuisine rose saumoné devant un mur recouvert d'un papier peint au motif de feuilles stylisées que l'on retrouvera fréquemment chez Matisse dans la suite de son travail. 

 Rappel biographique : Henri Matisse, peint son premier tableau, Nature morte avec livres et chandelle en juin 1890, à l'âge de 21 ans Peu après, il se rend à Paris. En 1892, il rencontre Albert Marquet à l'École des Arts déco puis s'inscrit en 1895, à l'École des beaux-arts, dans l'atelier de Gustave Moreau. L'enseignement du maître encourage ses élèves à penser leur peinture, à la rêver, au-delà de la virtuosité technique. Matisse, comme ses condisciples, Georges Rouault, Léon Lehmann, Simon Bussy, Eugène Martel, Albert Huyot ou Henri Evenepoel, est stimulé par cette conception de la peinture et entend développer la sienne selon son individualité. Gustave Moreau, lors d'une correction d'un de ses premiers dessins, lui dit : « Vous allez simplifier la peinture. » Cette prophétie artistique peut être considérée comme le programme esthétique de l'œuvre d'Henri Matisse. En 1896, Matisse expose pour la première fois au Salon des Cent et au Salon de la Société nationale des beaux-arts, dont il devient membre associé sur proposition de Pierre Puvis de Chavannes. Cette fonction lui permet notamment d'exposer sans passer par un jury. Il passe l'été à Belle-Île-en-Mer et rencontre l'Australien John Peter Russell, qui l'introduit auprès d'Auguste Rodin et Camille Pissarro. Il commence à s'intéresser à la peinture impressionniste qu'il découvre en 1897 au musée du Luxembourg. Il est alors un peintre classique de natures mortes réalistes aux textures amples. Pour gagner sa vie, Matisse et Marquet travaillent comme peintre décorateurs à la journée, pour les décorateurs de théâtre. En voyage à Londres, sur les conseils de Pissarro, Matisse découvre la peinture de Joseph Mallord William Turner, puis il part s'installer en Corse où il habite dans la Villa Rocca. A Ajaccio, il peint une cinquantaine de toiles dont Le Mur rose qui représente l'arrière de l'hospice Eugénie vu depuis la Villa de la Rocca. Matisse s'inspire alors de Turner. En 1899, il découvre le traité de Paul Signac, d’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme. À partir de 1900, Matisse travaille la sculpture et le modelage, à l'Académie de la Grande Chaumière, sous la direction d'Antoine Bourdelle et fréquente également l'atelier d'Eugène Carrière. Il y fait la connaissance d'André Derain et de Jean Puy. Derain lui présente Maurice de Vlaminck. Il expose au Salon des indépendants (1901) et participe à la première édition du Salon d'automne (1903)

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2026 - Une collection de Natures Mortes
Un blog de Francis Rousseau





dimanche 1 février 2026

Milton Avery (1885-1965) - Carrots and Fancy Vase


Milton Avery (1885-1965), Carrots and Fancy Vase, c.1929-  Oil on canvas laid on board, 45.7 x 76.2 cm. Collection Privée



Milton Avery (1885-1965),
Carrots and Fancy Vase, c.1929- 
Oil on canvas laid on board, 45.7 x 76.2 cm.
Collection Privée 

Milton Clark Avery est un artiste peintre américain de figures, portraits, animaux, intérieurs, paysages et quelques rares natures mortes. S'il existe un lien entre le monde de la peinture traditionnelle américaine du début du 20e siècle et de celui de l'expressionnisme abstrait autour de 1945, c'est bien Milton Avery qui l'a créé. On ne lui connait aucune formation particulière, sinon en 1913 un cours de dessin d'après nature donné par Charles Noël Flagg à la Connecticut League of Art à Hartford. En 1925, il épouse Sally Michel, également peintre, dont on retrouve l'image dans les nombreux portraits exécutés par son époux. Sa première exposition personnelle a lieu en 1928, elle est suivie d'autres à partir de 1940.
Après la période Fauve de ses débuts, qui lui a permis de jouer avec de riches couleurs, il atténue sa palette et simplifie ses compositions qui tendent vers un dépouillement de plus en plus grand. Ses sujets restent simples tels que Rothko les définit. C'est dans un style presque Intimiste - Avery peignant son atelier, sa femme Sally, sa fille March, Central Park, les plages et montagnes où il passait l'été, des vaches, des poissons, des vols d'oiseaux, ses amis réunis dans son atelier...- qu'il peint des œuvres aux formes simplifiées, aux plans colorés, découpés, dans un espace à deux dimensions, évoquant l'art de Matisse. Toutefois, ses peintures ne sont jamais brillantes quoique très riches. Il maîtrise fort bien ses rapports de couleurs dont les contours peuvent être parfois fluides, créant une sorte d'osmose entre elles. L'art de Milton Avery rejoint ainsi, peu à peu l'abstraction expressionniste de Rothko et de Adolph Gottlieb. Ensemble, ils ont participé à de longues conversations hebdomadaires qui ont facilité la naissance de la peinture abstraite américaine d'après guerre et plus particulièrement de l'Ecole de New York.
Une grande rétrospective lui a été consacrée en 1952 au Baltimore Museum, puis à la Fondation Ford et au Whitney Museum en 1960. Une autre rétrospective posthume fut présentée à Lincoln puis à Little Rock en 1966, puis deux autres encore en 1983, à la Albright-Knox Art Gallery de Buffalo et au Minneapolis Institute of Arts.

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2026 -  15e année -  Une collection de Natures Mortes 
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dimanche 28 décembre 2025

John Stewart (1919-2017 ) - The Quince Luberon


John Stewart (1919-2017)  The Quince Luberon 2001  Collection privée


John Stewart (1919-2017) 
The Quince Luberon 2001 
Collection privée 

 

Rappel biographique : John Stewart est né à Londres en 1919 puis a été élevé à Paris. En 1951, sa rencontre avec Henri Cartier-Bresson, lors de l’inauguration de la Chapelle de Matisse à Vence marque  «l’instant décisif» de sa vie de photographe. Il se remettait alors de six années de guerre dans l’armée britannique, dont trois ans et demi dans des camps de prisonniers japonais en Thaïlande sur la Rivière Kwai.  II devait sa survie à l’apprentissage de la langue japonaise, qui lui permit d'acquérir le statut de prisonnier-interprète, moins pénible que celui de manœuvre. Son endurance morale, sa résilience, même se résume dans ce conseil :  " Quoique qu’il se passe, ne jamais perdre l’émerveillement d’être en vie et toujours rester en mesure de se dire, aujourd’hui j’ai vu ou senti ceci, que je n’aurais jamais pu connaître auparavant ".  Avant le milieu des années 50, fort de sa passion pour la photographie, il part s'installer à New York où il devient rapidement, aux côtés de Richard Avedon et d’Irving Penn, l’un des collaborateurs d’Alexey Brodovitch pour le prestigieux magazine de mode Harper’s Bazaar. Puis c'est la revue Fortune qui fait appel à lui et lui permet de photographier des personnalités aussi diverses qu'Andy Warhol ou Muhammnad Ali. Dans les années 50 toujours, à la demande de Diana Vreeland et d’Alex Liberman,  il travaille plusieurs années pour un autre grand magazine de mode, celui de de Condé Nast cette fois ci, Vogue, dont c'est véritablement dans ces années là, la période d'or.
Une deuxième aventure asiatique s'offre à lui quand on lui propose le poste de conseiller technique pour le film Le Pont sur la Rivière Kwai tourné au Sri Lanka. C’était le début de nombreux voyages en Asie – une année entière au Ladakh, la remontée de la Rivière Kwai et l’entrée en Birmanie avec les « guerilleros », deux mois dans une province du Tibet interdite aux étrangers, et en 1996 l’établissement d’une organisation caritative (ONG) avec Michèle Claudel au Cambodge.
En 1976, après 20 années de photographie de reportage, de mode et de publicité aux Etats-Unis et en France, John Stewart change de braquet et décide de développer un travail plus personnel.
De retour en France, tournant résolument le dos à la photographie en couleur qui fit sa réputation dans les magazines, il se passionne pour la nature morte et devient un maître du noir et blanc et des tirages d’art avec l’aide de la famille Fresson, dont la technique de tirage au charbon contribue largement au rendu unique de ses natures mortes. Le tirage au Charbon a été élaboré en 1890 par Michel Fresson. qui  utilisait, comme pigment, le pied de vigne calciné plutôt que les sels d’argent, base de toute la photographie jusqu’à l’arrivée du numérique.  Sa pratique requiert un long travail (trois jours pour sortir un tirage 60x80 cm), et une étroite collaboration entre le photographe et  le tireur pour arriver à un résultat d’une résonance et d’une richesse caractéristiques du “charbon”. Ces tirages qui ne sont pas sensibles aux rayons ultra-violets et qui sont stables en dépit de leur exposition au soleil, dépendent en revanche énormément du “coup de main” et des conditions météorologiques, si bien il est impossible d’obtenir une constance absolue. C'est ce qui rend chacun de ces tirages unique. A partir de ce moment là, pour John Stewart, les expositions se succèdent rapidement : la première à NewYork, la deuxième à la Bibliothèque Nationale de France à Paris, en 1976,  puis son travail est montré à Genève, Shanghai, Hong Kong, Londres...  Le Metropolitan Museum de New York à été le premier musée à lui acheter des tirages. Les oeuvres de John Stewart sont désormais exposées dans plus de 60 musées et galeries dans le monde. En 2004, Jan Krugier a présenté ses images à la FIAC et la Galerie Acte 2 a organisé une rétrospective de son œuvre en 2008. Il a également été exposé en 2009 à la Galerie Pia Pierre à Shanghaï, à la Galerie Binôme, au Art Fair de San Francisco, à Art Basel Miami et à Genève en 2010. La même année, la Gallery Tristan Hoare de Londres lui a organisé une rétrospective. Il a également exposé en 2014 à la Galerie Anne Clergue à Arles une série de " Véroniques" qui sont une référence directe à l'œuvre de Zurbaran.
 
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2025 - Une collection de Natures Mortes 
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samedi 6 décembre 2025

Pierre Bonccompain (n" en 1938) - Mimosa sur nappe jaune



Pierre Bonccompain (né en 1938) Mimosa sur nappe jaune 2024 Huile sur papier marouflé sur toile. 116 x 89cm Kwai Fung Gallery, Hong Hong, Chine

 

Pierre Bonccompain (né en 1938)
Mimosa sur nappe jaune 2024
Huile sur papier marouflé sur toile. 116 x 89cm
Kwai Fung Gallery, Hong Hong, Chine

Rappel biographique : Pierre Boncompain,  est un artiste peintre français né à Valence (Drôme. Après des études classiques au collège Saint Joseph d'Avignon où son premier acte d'artiste est de peindre à fresque le local des scouts, il s'installe à Paris, suit les cours de l'Académie Charpentier et entre major de sa promotion à l'Ecole nationale des arts décoratifs (1958)
Il rejoint l'atelier de Raymond Legueult à l'école nationale des Beaux-Arts.
Le critique d'art Georges Besson des Lettres françaises, ami de Bonnard et Matisse le remarque au salon de la jeune peinture du Musée d'Art Moderne et lui ouvre les portes de la galerie Guiot qui présente ses premières expositions. En 1977, il est envoyé en mission culturelle en Inde par le Ministère des Affaires Étrangères. De ce séjour il rapporte les batiks qui figureront dans ses natures-mortes. Il expose régulièrement en France et à l'étranger : Japon, Chine, États-Unis.
En 2000, il réalise une peinture murale à la Foundation Johnson and Johnson, Ground's for Sculpture à Hamilton, New Jersey.
En 2002, le Musée des beaux-arts de Shanghai lui consacre une rétrospective. Il pratique indifféremment la peinture à l'huile et le pastel, illustre des ouvrages de bibliophilie, réalise un œuvre gravé d'environ trois cents lithographies, une trentaine de tapisseries tissées par l'Atelier 3 et une œuvre de céramiste à l'Atelier Sassi-Milici à Vallauris.
Il est citoyen d'honneur de la ville de Kobe (Japon).
En 2018 Pierre Boncompain fait donation à Montélimar-agglomération d'une centaine d'œuvres issues de son travail et de sa collection personnelle de dessins et de gravures. Cette donation fait l'objet d'une exposition de Renoir à Picasso, du 18 mai au 31 décembre 2018 au Musée d'art contemporain Saint-Martin et au Château des Adhémar, à Montélimar.

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2025 - Une Collection de Natures Mortes 
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samedi 11 octobre 2025

Francis Cadell (1883-1937) - The Blue Fan


Francis Cadell (1883-1937) The BlueFan, 1922 National Gallery of Scotand

Francis Cadell (1883-1937)
The Blue Fan, 1922
National Gallery of Scotand 

Que voit on ? Cette nature est le pendant du Grey Fan publié dans ce blog  en 2021

Rappel biographique : Francis Cadell (de son nom complet Francis Campbell Boileau Cadell) est un peintre coloriste écossais, célèbre pour ses représentations d'intérieurs écossais élégants ainsi que pour ses paysages de l’оle de Iona et pour ses portraits d' hommes.
Encouragé par le peintre Arthur Melville à partir dès l'âge de 16 ans, il part étudier à Paris à l'Académie Julian où il entre rapidement en contact avec l'avant-garde française et découvre Matisse. Ce dernier exerça sur lui une influence durable, bien qu’il se soit aussi intéressé à la technique de James Abbott McNeill Whistler et d’Édouard Manet. Après son retour en Écosse, il a régulièrement exposé à Édimbourg et à Glasgow — notamment au Royal Glasgow Institute of the Fine Arts — ainsi qu'à Londres. Cadell était un peintre gaucher. Lorsqu’il était étudiant à l'Académie royale écossaise, le président avait tenté de l'empêcher de peindre avec sa main gauche sous prétexte qu' « aucun artiste gaucher n'est devenu génial ». Cadell répliqua « Monsieur et n'y a-t-il pas la grande peinture de Michel-Ange ? » Le président ne répondit pas et quitta la salle. Un camarade demanda alors à Cadell comment il savait que Michel-Ange était gaucher. Et Cadell d' avouer « Je ne savais pas, mais le président non plus  !».
Entre octobre 2011 à mars 2012, la Galerie nationale écossaise d'art moderne a réalisé une rétrospective majeure du travail de Cadell, la première depuis celle tenue à la Galerie nationale d'Écosse en 1942.

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2025 - A Still Life Collection
Un blog de Francis Rousseau
  

vendredi 4 juillet 2025

Milton Avery (1885-1965) - Still Life with Frogs

Milton Avery (1885-1965) Still Life with Frogs, 1949


Milton Avery (1885-1965)
Still Life with Frogs, 1949

Milton Clark Avery est un artiste peintre américain de figures, portraits, animaux, intérieurs, paysages et quelques rares natures mortes. S'il existe un lien entre le monde de la peinture traditionnelle américaine du début du 20e siècle et de celui de l'expressionnisme abstrait autour de 1945, c'est bien Milton Avery qui l'a créé. On ne lui connait aucune formation particulière, sinon en 1913 un cours de dessin d'après nature donné par Charles Noël Flagg à la Connecticut League of Art à Hartford. En 1925, il épouse Sally Michel, également peintre, dont on retrouve l'image dans les nombreux portraits exécutés par son époux. Sa première exposition personnelle a lieu en 1928, elle est suivie d'autres à partir de 1940.
Après la période Fauve de ses débuts, qui lui a permis de jouer avec de riches couleurs, il atténue sa palette et simplifie ses compositions qui tendent vers un dépouillement de plus en plus grand. Ses sujets restent simples tels que Rothko les définit. C'est dans un style presque Intimiste - Avery peignant son atelier, sa femme Sally, sa fille March, Central Park, les plages et montagnes où il passait l'été, des vaches, des poissons, des vols d'oiseaux, ses amis réunis dans son atelier...- qu'il peint des œuvres aux formes simplifiées, aux plans colorés, découpés, dans un espace à deux dimensions, évoquant l'art de Matisse. Toutefois, ses peintures ne sont jamais brillantes quoique très riches. Il maîtrise fort bien ses rapports de couleurs dont les contours peuvent être parfois fluides, créant une sorte d'osmose entre elles. L'art de Milton Avery rejoint ainsi, peu à peu l'abstraction expressionniste de Rothko et de Adolph Gottlieb. Ensemble, ils ont participé à de longues conversations hebdomadaires qui ont facilité la naissance de la peinture abstraite américaine d'après guerre et plus particulièrement de l'Ecole de New York.
Une grande rétrospective lui a été consacrée en 1952 au Baltimore Museum, puis à la Fondation Ford et au Whitney Museum en 1960. Une autre rétrospective posthume fut présentée à Lincoln puis à Little Rock en 1966, puis deux autres encore en 1983, à la Albright-Knox Art Gallery de Buffalo et au Minneapolis Institute of Arts.
 
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mardi 15 avril 2025

Henri Matisse (1869-1954) - Anémones au miroir noir

Henri Matisse (1869-1954) Anémones au miroir noir, 1919



Henri Matisse (1869-1954)
Anémones au miroir noir, 1919

 Rappel biographique : Henri Matisse, peint son premier tableau, Nature morte avec livres et chandelle en juin 1890, à l'âge de 21 ans Peu après, il se rend à Paris. En 1892, il rencontre Albert Marquet à l'École des Arts déco puis s'inscrit en 1895, à l'École des beaux-arts, dans l'atelier de Gustave Moreau. L'enseignement du maître encourage ses élèves à penser leur peinture, à la rêver, au-delà de la virtuosité technique. Matisse, comme ses condisciples, Georges Rouault, Léon Lehmann, Simon Bussy, Eugène Martel, Albert Huyot ou Henri Evenepoel, est stimulé par cette conception de la peinture et entend développer la sienne selon son individualité. Gustave Moreau, lors d'une correction d'un de ses premiers dessins, lui dit : « Vous allez simplifier la peinture. » Cette prophétie artistique peut être considérée comme le programme esthétique de l'œuvre d'Henri Matisse. En 1896, Matisse expose pour la première fois au Salon des Cent et au Salon de la Société nationale des beaux-arts, dont il devient membre associé sur proposition de Pierre Puvis de Chavannes. Cette fonction lui permet notamment d'exposer sans passer par un jury. Il passe l'été à Belle-Île-en-Mer et rencontre l'Australien John Peter Russell, qui l'introduit auprès d'Auguste Rodin et Camille Pissarro. Il commence à s'intéresser à la peinture impressionniste qu'il découvre en 1897 au musée du Luxembourg. Il est alors un peintre classique de natures mortes réalistes aux textures amples. Pour gagner sa vie, Matisse et Marquet travaillent comme peintre décorateurs à la journée, pour les décorateurs de théâtre. En voyage à Londres, sur les conseils de Pissarro, Matisse découvre la peinture de Joseph Mallord William Turner, puis il part s'installer en Corse où il habite dans la Villa Rocca. A Ajaccio, il peint une cinquantaine de toiles dont Le Mur rose qui représente l'arrière de l'hospice Eugénie vu depuis la Villa de la Rocca. Matisse s'inspire alors de Turner. En 1899, il découvre le traité de Paul Signac, d’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme. À partir de 1900, Matisse travaille la sculpture et le modelage, à l'Académie de la Grande Chaumière, sous la direction d'Antoine Bourdelle et fréquente également l'atelier d'Eugène Carrière. Il y fait la connaissance d'André Derain et de Jean Puy. Derain lui présente Maurice de Vlaminck. Il expose au Salon des indépendants (1901) et participe à la première édition du Salon d'automne (1903)

 

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2025 - Une collection de Natures Mortes
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lundi 18 novembre 2024

Edward Steichen (1879-1973) - Avocado



Edward Steichen (1879-1973) Avocado (New York, 1930) Gelatin silver print, 26.9 x 33.4 cm. The Boston Museum of Fine Arts



Edward Steichen (1879-1973)
Avocado (New York, 1930)
Gelatin silver print, 26.9 x 33.4 cm.
The Boston Museum of Fine Arts 

 

 Que voit on ? Un avocat au bord d' un plat ne céramique qui n'est cependant très différent de celui qu'il photographia ICI et que nous avons publié en 2019.

Rappel biographique :
Edward Steichen est un photographe, peintre américain d'origine luxembourgeoise, qui fut aussi éditeur de magazine, galeriste et conservateur du MoMA de New York de 1947 à 1962), où il joua le rôle de trait d'union culturel entre les Etats-Unis et l'Europe. Après un bref apprentissage de lithographie à Milwaukee où il apprend à peindre et faire des photos, il expose ses premières photographies picturales au Salon de Philadelphie de 1899 où ils fait remarquer par Alfred Stieglitz comme « l’incarnation même du nouvel Art photographique «. Désormais protégé et collaborateur de Stieglitz, il déménagé à New York puis Paris où il réalise deux tableaux et des photographies de peintres et de sculpteurs tels que Auguste Rodin, Henri Matisse et John Marin. En 1905, il encourage Stieglitz à ouvrir sa propre galerie à New York où il organise plusieurs expositions qualifiées de révolutionnaires qui présente l'art européen et américain moderne. Cette étroite amitié entre Steichen et Stieglitz ne va pas résisté a l’épreuve de la Première Guerre mondiale où Stieglitz exprime ses sympathies pro-allemandes alors que Steichen rejoint l'US Army Signal Corps.
Après la guerre, Steichen déprimé, incertain de son avenir,se prend à douter de la valeur de ce qu’il a produit jusque là. Pendant sa convalescence en France, il remarque les peintures naïves de son jardinier et reconnait qu’elles ont un «charme curieux et une simplicité directe" qui manque cruellement à ses propres réalisations. Abandonnant la peinture, il décide de se concentrer sur la photographie et commence a apprendre de façon autodidacte les bases de la photographie et sur la façon de contrôler le contenu des négatifs.
Après avoir passé des mois à photographier une tasse et une soucoupe, à apprendre la lumière et la texture, il aborde la question du volume. Il décide d'utiliser une lumière très faible et des expositions exceptionnellement longues avant de découvrir que cette technique a un impact esthétique évident sur ses oeuvres. Il écrira : «pour la première fois dans une photographie, on pouvait à la fois identifier le volume et la form," Il a ensuite expérimenté de nombreux procédés de fabrication pour ses impressions, avant de choisir les tirages au platine ou le papier de palladium seules a meme de lui fournir la gamme très étendus de de tons subtils et de douceur lui permettant de mieux rendre l’appréciation des volumes.
Au début des années 1920, l'éditeur américain Condé Nast le choisit pour devenir le photographe en chef des publications du groupe, imposant ses exigences en matière de photographie : « La distinction, l'élégance et le chic2 ». Il travaille particulièrement pour Vanity Fair et pour Vogue, magazines pour lesquels il réalise notamment de nombreux portraits de célébrités, démontrant une grande capacité à mettre en valeur ses sujets. Il travaillera également étroitement avec Carmel Snow d'Harper's Bazaar.
Il photographie Gloria Swanson en 19243, puis l'une de ses photographies de l'actrice Greta Garbo, datant de 1928, parue en couverture du magazine Life le 10 janvier 19554, est considéré comme l'un des portraits inoubliables de l'actrice.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est directeur de l'Institut photographique naval (Naval Photographic Institute). Son film documentaire, The Fighting Lady, remporte en 1945 l'Oscar du meilleur documentaire. À partir de 1947 et jusqu'en 1962, Steichen est le directeur du département de la photographie du MoMA, le musée d'art moderne de New York.
En 1970, l'année de leur création, les Rencontres internationales de la photographie d'Arles présentent son œuvre lors d'une soirée de projection au Théâtre antique, intitulée « Edward Steichen, photographe » et présentée par Martin Boschet.


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2024 - A Still Life Collection
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dimanche 28 juillet 2024

Georges Braque (1882-1963)  - La Table de Jardin

Georges Braque (1882-1963) La Table de Jardin, 1952 Collection of Mr. and Mrs. Paul Mellon NGA



Georges Braque (1882-1963)
La Table de Jardin, 1952
Collection of Mr. and Mrs. Paul Mellon NGA

Que voit on ?  L'ombre et la lumière sous les frondaisons du jardin.

Rappel biographique : le peintre français Georges Braque qui fut aussi sculpteur et graveur est le maître incontestable de la nature morte au 20e siècle, genre qu'il a profondément transformé et renouvelé tout au long de sa vie, s'inscrivant (consciemment ou inconsciemment) dans une démarche similaire à celle de Chardin au 18e siècle. Engagé dans le sillage du fauvisme, influencé par Matisse, Derain et Othon Friesz, il peint, à l'été 1906 les paysages de l'Estaque avec des maisons en forme de cubes (Maisons à L'Estaque) que Matisse qualifie de cubistes. A partir de 1909, il entre dans ce que les spécialistes appellent la période du " cubisme analytique ". Les paysages qui prédominaient jusqu'alors dans son œuvre vont céder la place aux natures mortes.
Ce sont principalement des natures mortes d'objets et/ou d'instruments de musiques (violons, guitare, pipe, journaux et magazines, objets divers de décorations intérieurs comme les nappes, les guéridons...) qu'il peint délaissant volontiers les thématiques habituelles du genre (fruits, légumes, pâtisseries, porcelaines). Dès avant la Première Guerre mondiale, sa peinture s'enrichit de combinaisons imprévues, avec une multiplication des facettes. Les formes sont géométrisées et simplifiées. Comme le remarque Bernard Zurcher, dans son ouvrage Braque vie et œuvre : « Si l'on considère que la bataille du cubisme s'est jouée sur le thème de la nature morte, Braque y était le mieux préparé ou plutôt il a été à même, en consolidant chacune des étapes de son évolution, d'aller plus sûrement à ce « signe qui suffit » tel que l'a nommé Matisse »
Entre 1919 et 1939, son style et ses recherches vont évoluer. De son passé cubiste, il conserve la simultanéité des points de vue et il opère une partition des objets et des plans qui les éloignent de tout réalisme. Guitare et nature morte sur la cheminée 1925, et Fruits sur une nappe et compotier, sont caractéristiques de cette évolution. Les objets semblent des accessoires de la composition," l'effort porte sur la couleur". Braque pousse l'usage du contraste encore beaucoup plus loin dans Nature morte à la clarinette, avec des formes qualifiées de « naturalistes » . Avec Le Guéridon, 1928 et Le Grand guéridon, qu'il continue à travailler jusqu'en 1936-1939, Braque opère un long mûrissement des formes. Il retravaille même en 1945 Le Guéridon rouge, commencé en 1939 en réduisant le motif ornemental. Le thème du guéridon revient souvent dans l'œuvre de 1911 à 1952 qui reçoit en 1937 le premier prix de la Fondation Carnegie de Pittsburgh.
Cloîtré dans son atelier pendant toute la durée de la Seconde guerre Mondiale, il refuse toute compromission avec les nazis et le régime de Vichy, malgré les nombreuses propositions qui lui sont faites. Braque se consacre au thème des Intérieurs avec un retour en force du noir qui donne une impression de dépouillement et de sévérité. Pendant cette période, Braque poursuit son sujet favori le nature morte et particulier les natures mortes aux instruments de musique qui n'ont cessé d'apparaître dans ses tableaux depuis 1908 . « L'instrument de musique, en tant qu'objet, a cette particularité qu'on peut l'animer en le touchant, voilà pourquoi j'ai toujours été attiré par les instruments de musique » .
1942 est une année particulièrement féconde pour le peintre qui commence plusieurs toiles sur le thème de la musique, qu'il terminera plus tard comme L'Homme à la guitare (1942), 1942-1961.
A cette époque là il réalise une nature morte à sujet animalier Deux poissons dans un plat avec une cruche, (1949-1941) qui inaugure une série de poissons sur fond noir Les Poissons noirs, 1942, et plusieurs Vanités.
A la Libération, Aimé Maeght devient son nouveau marchand parisien, et publie la première édition des Cahiers G. Braque. En 1948, lorsqu'il présente la série des Billards à la Biennale de Venise, il reçoit le Grand Prix pour l'ensemble de son œuvre. Suit une série d'expositions en particulier au MoMa de New York, qui parachève la reconnaissance internationale de son œuvre immense et essentielle.
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2024 - Une collection de Natures mortes
Un blog de Francis Rousseau

dimanche 23 juin 2024

Georges Braque (1882-1963) - Nature morte à la pipe

Georges Braque Nature morte à la pipe 1942



Georges Braque (1882-1963)
Nature morte à la pipe, 1942
Collection privée

Rappel biographique : le peintre français Georges Braque qui fut aussi sculpteur et graveur est le maître incontestable de la nature morte au 20e siècle, genre qu'il a profondément transformé et renouvelé tout au long de sa vie, s'inscrivant (consciemment ou inconsciemment) dans une démarche similaire à celle de Chardin au 18e siècle. Engagé dans le sillage du fauvisme, influencé par Matisse, Derain et Othon Friesz, il peint, à l'été 1906 les paysages de l'Estaque avec des maisons en forme de cubes (Maisons à L'Estaque) que Matisse qualifie de cubistes. A partir de 1909, il entre dans ce que les spécialistes appellent la période du " cubisme analytique ". Les paysages qui prédominaient jusqu'alors dans son œuvre vont céder la place aux natures mortes.
Ce sont principalement des natures mortes d'objets et/ou d'instruments de musiques (violons, guitare, pipe, journaux et magazines, objets divers de décorations intérieurs comme les nappes, les guéridons...) qu'il peint délaissant volontiers les thématiques habituelles du genre (fruits, légumes, pâtisseries, porcelaines). Dès avant la Première Guerre mondiale, sa peinture s'enrichit de combinaisons imprévues, avec une multiplication des facettes. Les formes sont géométrisées et simplifiées. Comme le remarque Bernard Zurcher, dans son ouvrage Braque vie et œuvre : « Si l'on considère que la bataille du cubisme s'est jouée sur le thème de la nature morte, Braque y était le mieux préparé ou plutôt il a été à même, en consolidant chacune des étapes de son évolution, d'aller plus sûrement à ce « signe qui suffit » tel que l'a nommé Matisse »
Entre 1919 et 1939, son style et ses recherches vont évoluer. De son passé cubiste, il conserve la simultanéité des points de vue et il opère une partition des objets et des plans qui les éloignent de tout réalisme. Guitare et nature morte sur la cheminée 1925, et Fruits sur une nappe et compotier, sont caractéristiques de cette évolution. Les objets semblent des accessoires de la composition," l'effort porte sur la couleur". Braque pousse l'usage du contraste encore beaucoup plus loin dans Nature morte à la clarinette, avec des formes qualifiées de « naturalistes » . Avec Le Guéridon, 1928 et Le Grand guéridon, qu'il continue à travailler jusqu'en 1936-1939, Braque opère un long mûrissement des formes. Il retravaille même en 1945 Le Guéridon rouge, commencé en 1939 en réduisant le motif ornemental. Le thème du guéridon revient souvent dans l'œuvre de 1911 à 1952 qui reçoit en 1937 le premier prix de la Fondation Carnegie de Pittsburgh.
Cloîtré dans son atelier pendant toute la durée de la Seconde guerre Mondiale, il refuse toute compromission avec les nazis et le régime de Vichy, malgré les nombreuses propositions qui lui sont faites. Braque se consacre au thème des Intérieurs avec un retour en force du noir qui donne une impression de dépouillement et de sévérité. Pendant cette période, Braque poursuit son sujet favori le nature morte et particulier les natures mortes aux instruments de musique qui n'ont cessé d'apparaître dans ses tableaux depuis 1908 . « L'instrument de musique, en tant qu'objet, a cette particularité qu'on peut l'animer en le touchant, voilà pourquoi j'ai toujours été attiré par les instruments de musique » .
1942 est une année particulièrement féconde pour le peintre qui commence plusieurs toiles sur le thème de la musique, qu'il terminera plus tard comme L'Homme à la guitare (1942), 1942-1961.
A cette époque là il réalise une nature morte à sujet animalier Deux poissons dans un plat avec une cruche, (1949-1941) qui inaugure une série de poissons sur fond noir Les Poissons noirs, 1942, et plusieurs Vanités.
A la Libération, Aimé Maeght devient son nouveau marchand parisien, et publie la première édition des Cahiers G. Braque. En 1948, lorsqu'il présente la série des Billards à la Biennale de Venise, il reçoit le Grand Prix pour l'ensemble de son œuvre. Suit une série d'expositions en particulier au MoMa de New York, qui parachève la reconnaissance internationale de son œuvre immense et essentielle.
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dimanche 10 mars 2024

Henri Matisse (1869-1954) - La Bouteille de Schiedam


Henri Matisse (1869-1954), La Bouteille de Schiedam, 1896. Collection Morozov


Henri Matisse (1869-1954),
La Bouteille de Schiedam, 1896.
Collection Morozov

Que voit on? Une des premières toiles de Matisse, peinte à l'âge de 27ans. Elle représente une bouteille à peine visible d'eau-de-vie à base de genièvre originellement fabriquée à Schiedam,  une ville hollandaise. La facture de cette nature morte est on ne peut plus classique. 

 Rappel biographique : Henri Matisse, peint son premier tableau, Nature morte avec livres et chandelle en juin 1890, à l'âge de 21 ans Peu après, il se rend à Paris. En 1892, il rencontre Albert Marquet à l'École des Arts déco puis s'inscrit en 1895, à l'École des beaux-arts, dans l'atelier de Gustave Moreau. L'enseignement du maître encourage ses élèves à penser leur peinture, à la rêver, au-delà de la virtuosité technique. Matisse, comme ses condisciples, Georges Rouault, Léon Lehmann, Simon Bussy, Eugène Martel, Albert Huyot ou Henri Evenepoel, est stimulé par cette conception de la peinture et entend développer la sienne selon son individualité. Gustave Moreau, lors d'une correction d'un de ses premiers dessins, lui dit : « Vous allez simplifier la peinture. » Cette prophétie artistique peut être considérée comme le programme esthétique de l'œuvre d'Henri Matisse. En 1896, Matisse expose pour la première fois au Salon des Cent et au Salon de la Société nationale des beaux-arts, dont il devient membre associé sur proposition de Pierre Puvis de Chavannes. Cette fonction lui permet notamment d'exposer sans passer par un jury. Il passe l'été à Belle-Île-en-Mer et rencontre l'Australien John Peter Russell, qui l'introduit auprès d'Auguste Rodin et Camille Pissarro. Il commence à s'intéresser à la peinture impressionniste qu'il découvre en 1897 au musée du Luxembourg. Il est alors un peintre classique de natures mortes réalistes aux textures amples. Pour gagner sa vie, Matisse et Marquet travaillent comme peintre décorateurs à la journée, pour les décorateurs de théâtre. En voyage à Londres, sur les conseils de Pissarro, Matisse découvre la peinture de Joseph Mallord William Turner, puis il part s'installer en Corse où il habite dans la Villa Rocca. A Ajaccio, il peint une cinquantaine de toiles dont Le Mur rose qui représente l'arrière de l'hospice Eugénie vu depuis la Villa de la Rocca. Matisse s'inspire alors de Turner. En 1899, il découvre le traité de Paul Signac, d’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme. À partir de 1900, Matisse travaille la sculpture et le modelage, à l'Académie de la Grande Chaumière, sous la direction d'Antoine Bourdelle et fréquente également l'atelier d'Eugène Carrière. Il y fait la connaissance d'André Derain et de Jean Puy. Derain lui présente Maurice de Vlaminck. Il expose au Salon des indépendants (1901) et participe à la première édition du Salon d'automne (1903)

La collection Morozov : Les frères Mikhaïl et Ivan Morozov, hommes d'affaire moscovites, ont constitué une collection extraordinaire d'œuvres d'art moderne d'artistes tels Picasso, Matisse, Gauguin, Van Gogh, Cézanne, Bonnard, Denis, Degas, ainsi que d'artistes russes (Vroubel, Chagall, Malevitch, Repine, Larionov, Serov...). Nationalisée lors de la révolution de 1917, la collection fut distribuée, après la Seconde Guerre mondiale, entre le musée de l'Ermitage (à Saint-Pétersbourg), le Musée des Beaux-Arts Pouchkine et la galerie Tretiakov (à Moscou). C'est grâce à la collaboration remarquable de ces musées russes que la Fondation Louis Vuitton présenta ce œuvres à Paris en 2021 et 2022. Il s'agissait d'un événement artistique exceptionnel puisque jamais cet ensemble d'œuvres n'avait été présenté hors de Russie.

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mercredi 27 décembre 2023

Henri Matisse (1869-1954) - Nature Morte 1905

Henri Matisse (1869-1954) Nature Morte (c. 1905) Huile sur carton encollé sur bois, 17 x 24.8 cm. National Gallery, Washington DC (Ailsa Mellon Bruce Collection)


Henri Matisse (1869-1954)
Nature Morte (c. 1905)
Huile sur carton encollé sur bois, 17 x 24.8 cm.
National Gallery, Washington DC (Ailsa Mellon Bruce Collection) 


Que voit on ?  Beaucoup de matière dans cette nature morte de Matisse qu'il reprendra à l 'identique quelques mois plus tard à peine en la diluant beaucoup presqu'à l'état d'une aquarelle !


Rappel biographique : Henri Matisse, peint son premier tableau, Nature morte avec livres et chandelle en juin 1890, à l'âge de 21 ans Peu après, il se rend à Paris. En 1892, il rencontre Albert Marquet à l'École des Arts déco puis s'inscrit en 1895, à l'École des beaux-arts, dans l'atelier de Gustave Moreau. L'enseignement du maître encourage ses élèves à penser leur peinture, à la rêver, au-delà de la virtuosité technique. Matisse, comme ses condisciples, Georges Rouault, Léon Lehmann, Simon Bussy, Eugène Martel, Albert Huyot ou Henri Evenepoel, est stimulé par cette conception de la peinture et entend développer la sienne selon son individualité. Gustave Moreau, lors d'une correction d'un de ses premiers dessins, lui dit : « Vous allez simplifier la peinture. » Cette prophétie artistique peut être considérée comme le programme esthétique de l'œuvre d'Henri Matisse. En 1896, Matisse expose pour la première fois au Salon des Cent et au Salon de la Société nationale des beaux-arts, dont il devient membre associé sur proposition de Pierre Puvis de Chavannes. Cette fonction lui permet notamment d'exposer sans passer par un jury. Il passe l'été à Belle-Île-en-Mer et rencontre l'Australien John Peter Russell, qui l'introduit auprès d'Auguste Rodin et Camille Pissarro. Il commence à s'intéresser à la peinture impressionniste qu'il découvre en 1897 au musée du Luxembourg. Il est alors un peintre classique de natures mortes réalistes aux textures amples. Pour gagner sa vie, Matisse et Marquet travaillent comme peintre décorateurs à la journée, pour les décorateurs de théâtre. En voyage à Londres, sur les conseils de Pissarro, Matisse découvre la peinture de Joseph Mallord William Turner, puis il part s'installer en Corse où il habite dans la Villa Rocca. A Ajaccio, il peint une cinquantaine de toiles dont Le Mur rose qui représente l'arrière de l'hospice Eugénie vu depuis la Villa de la Rocca. Matisse s'inspire alors de Turner. En 1899, il découvre le traité de Paul Signac, d’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme. À partir de 1900, Matisse travaille la sculpture et le modelage, à l'Académie de la Grande Chaumière, sous la direction d'Antoine Bourdelle et fréquente également l'atelier d'Eugène Carrière. Il y fait la connaissance d'André Derain et de Jean Puy. Derain lui présente Maurice de Vlaminck. Il expose au Salon des indépendants (1901) et participe à la première édition du Salon d'automne (1903)

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lundi 18 décembre 2023

Henri Matisse (1869-1954) - Bouquet de Fleurs pour le Quatorze Juillet

Henri Matisse (1869-1954) Bouquet de Fleurs pour le Quatorze Juillet, 1919. Huile sur toile, 116 x 89 cm Collection privée (Sotheby's)



Henri Matisse (1869-1954)
Bouquet de Fleurs pour le Quatorze Juillet, 1919.
Huile sur toile, 116 x 89 cm
Collection privée (Sotheby's)

Que voit on? Une nature morte de fleurs lumineuse pour fêter le premier quatorze juillet de  l'après Premiere guerrre mondiale qui fut l'atrocité que l'on sait.


Rappel biographique : Henri Matisse, peint son premier tableau, Nature morte avec livres et chandelle en juin 1890, à l'âge de 21 ans Peu après, il se rend à Paris. En 1892, il rencontre Albert Marquet à l'École des Arts déco puis s'inscrit en 1895, à l'École des beaux-arts, dans l'atelier de Gustave Moreau. L'enseignement du maître encourage ses élèves à penser leur peinture, à la rêver, au-delà de la virtuosité technique. Matisse, comme ses condisciples, Georges Rouault, Léon Lehmann, Simon Bussy, Eugène Martel, Albert Huyot ou Henri Evenepoel, est stimulé par cette conception de la peinture et entend développer la sienne selon son individualité. Gustave Moreau, lors d'une correction d'un de ses premiers dessins, lui dit : « Vous allez simplifier la peinture. » Cette prophétie artistique peut être considérée comme le programme esthétique de l'œuvre d'Henri Matisse. En 1896, Matisse expose pour la première fois au Salon des Cent et au Salon de la Société nationale des beaux-arts, dont il devient membre associé sur proposition de Pierre Puvis de Chavannes. Cette fonction lui permet notamment d'exposer sans passer par un jury. Il passe l'été à Belle-Île-en-Mer et rencontre l'Australien John Peter Russell, qui l'introduit auprès d'Auguste Rodin et Camille Pissarro. Il commence à s'intéresser à la peinture impressionniste qu'il découvre en 1897 au musée du Luxembourg. Il est alors un peintre classique de natures mortes réalistes aux textures amples. Pour gagner sa vie, Matisse et Marquet travaillent comme peintre décorateurs à la journée, pour les décorateurs de théâtre. En voyage à Londres, sur les conseils de Pissarro, Matisse découvre la peinture de Joseph Mallord William Turner, puis il part s'installer en Corse où il habite dans la Villa Rocca. A Ajaccio, il peint une cinquantaine de toiles dont Le Mur rose qui représente l'arrière de l'hospice Eugénie vu depuis la Villa de la Rocca. Matisse s'inspire alors de Turner. En 1899, il découvre le traité de Paul Signac, d’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme. À partir de 1900, Matisse travaille la sculpture et le modelage, à l'Académie de la Grande Chaumière, sous la direction d'Antoine Bourdelle et fréquente également l'atelier d'Eugène Carrière. Il y fait la connaissance d'André Derain et de Jean Puy. Derain lui présente Maurice de Vlaminck. Il expose au Salon des indépendants (1901) et participe à la première édition du Salon d'automne (1903)

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jeudi 16 novembre 2023

Howard Hodgkin (1932-2017) - Still life


Howard Hodgkin (1932-2017) Still life, 1954 Huile sur planche à pain, 25 x 20 cm Collection privée

Howard Hodgkin (1932-2017)
Still life, 1954-58
Huile sur planche à pain, 25 x 20 cm
Collection privée

 
Rappel biographique : Sir Gordon Howard Eliot Hodgkin est un peintre et graveur britannique.
Après des études à la Bryanston School dans le Dorset, Howard Hodgkin devient professeur à l’Académie des Beaux-Arts de Bath dans le Corsham. Sa première exposition personnelle a lieu à Londres en 1962. Ses premières peintures utilisent des formes simples cernées avec un nombre limité de couleurs. Au début des années 1970, son écriture devient plus spontanée, avec des formes vaguement reconnaissables des couleurs vives et des formes pleines. Son travail peut-être alors décrit comme « semi-abstrait » et est souvent comparé à celui de Henri Matisse. Les peintures de Hodgkin cherchent à évoquer des rencontres, des moments passés avec des amis et portent souvent des titres qui font allusion à des lieux et des événements particuliers comme Dinner at West Hill (1966) ou Goodbye to the Bay of Naples (1980–82). Comme le peintre l’a lui-même déclaré ses peintures « sont des images représentant des situations émouvantes ».
Ses gravures sont des eaux-fortes. Il travaille avec le même imprimeur (Jack Shirreff et le 107 Workshop) et le même éditeur (Alan Cristea Gallery) durant les 25 dernières années. Malgré leur apparente simplicité et leurs petites tailles, les tableaux d’Hodgkin sont peints sur plusieurs années, repris après des périodes d’abandon, changés ou transformés au gré de l’inspiration. Il fait souvent déborder le tableau sur le cadre, renforçant l’idée que la peinture est d’abord un objet. Sur d’autres, un simple rectangle de couleur sert de cadre. Nombre de ses toiles sont peintes sur des planches de bois récupérées comme des planches à pain ou de vieux dessus de table, plutôt que sur des toiles de lin.
En 1984, Hodgkin représenta l’Angleterre à la Biennale de Venise. En 1985 il obtint le Turner Prize et il fut anobli par la Reine d'Angleterre en 1992. On lui doit la fresque qui entoure la cinémathèque de Londres. En 1990, une rétrospective de son travail a eu lieu à Nantes au Musée des Beaux-Arts. En 2006, une importante rétrospective s’est tenue à Londres à la Tate Gallery.
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dimanche 30 juillet 2023

Alberto Morrocco (1917–1998) - Still life with Guitar

Alberto Morrocco (1917-1998) Still life with Guitar Collection privée

Alberto Morrocco (1917-1998)
Still life with Guitar
Collection privée 
 
Que voit on ? Une composition très enjouée, très colorée avec deux tournesols dans dans un vase, des fruits, des gâteaux, deux coupes, une lampe à pétrole, un dessin d'oiseau et une guitare.  C'est ici plutôt l'influence de Matisse qui est sensible que celle de Braque.
 
Rappel Biographique : Alberto Morrocco était un artiste et enseignant écossais, surtout connu pour ses scènes de plage et ses vues de Venise bien qu'il ait aussi peint de très beaux paysages d'Écosse, des natures mortes, des portraits et des intérieurs. Il a étudié à l'école d'art de Gray sous la direction de Robert Sivell entre 1932 et 1938.
Dans les années 1920 et 1930, Braque et Picasso ont eu une immense influence sur son oeuvre, une influence qui se prolongera tout au long de sa vie. Prisonnier pendant la Seconde Guerre mondiale,
Morrocco fut extraordinairement productif et surtout à la fin de sa vie, produisant certains de ses oeuvres les plus fortes entre1982 à sa mort. Même tard dans sa vie et gravement malade, il s'engagerait à exposer 30 à 40 nouvelles œuvres par an ! 
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vendredi 9 juin 2023

Ben-Zion Weinman (1897-1987) - Chrysanthemums


Ben-Zion Weinman (1897-1987) Chrysanthemums, ca. 1935-1939 Huile sur toile, 92, 1 x 61,3 cm Smithsonian American Art Museum



Ben-Zion Weinman (1897-1987)
Chrysanthemums, ca. 1935-1939
Huile sur toile, 92, 1 x 61,3 cm
Smithsonian American Art Museum

Que voit-on  ?  Ce que décrit le titre soit 5 cinq fleurs de chrytsanthèmes dans un vase de style tulipier hollandais. Un bocal de poissons rouges sur la droite du cadre attire l'attention, non pas tant parce qu'il est carré que parce qu'il ressemble beaucoup aux poissons rouges que peignit Matisse.  

 Rappel biographique : Le peintre Ben-Zion (Benzion Weinman) faisait partie du groupe "The Ten", un groupe de jeunes artistes actif a partir des années 1940 aux Etats Unis.  Né en Ukraine, Weinman est arrivé aux États-Unis en 1920. Autodidacte, il s'est fait connaitre pour des gravures et aquarelles d'inspiration bibliques exécutées dans  un style figuratif où entrait une part d'abstraction.
Ben-Zion  reçu  d'ailleurs un prix du Congrès juif américain pour ces œuvres qui font aujourd'hui partie   des collections du Metropolitan Museum of Art et du MOMA de New York.
 Poète et écrivain, Ben-Zion a cessé d'utiliser la langue hébraïque au moment où la réalité de l'Holocauste devenait évidente : " Ecrire dans "le langage des martyrs" m' était devenu "impensable" dira-t-il.Il ne peignit pourtant  jamais directement les horreurs des années  40, mais se contenta de défendre une vision humaniste  de la société avec toujours un forte présence sacrée.
Ben-Sion  résumait  souvent son oeuvre en paraphrasant dans ses propres mots,  le roi David : "  C'est un son léger comme le plus fin des fils  qui m’accompagne dans les ténèbres de l’abîme. Que Dieu nous garde si ce fil devait se rompre ".

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mercredi 3 mai 2023

Henri Matisse (1869-1954) - Branche de Lilas


Henri Matisse (1869-1954) Branche de Lilas, 1914 Huile sur toile, 146 x 97 cm Metropolitan Museum of Art, NYC


Henri Matisse (1869-1954)
Branche de Lilas, 1914
Huile sur toile, 146 x 97 cm
Metropolitan Museum of Art, NYC
 
Que voit-on ? Une branche de lilas dans un vase transparent posé au centre d'une composition où dans un style très épuré figurent aussi une pipe (à gauche ) et une petite statue de penseur (à droite). Ce qui surprend dnas l'ourve de matisse, c'est la  richesse de la diversité des styles du peintre. Cette toile semble en réunir au moins trois  différents ! 

Rappel Biographique : Henri Matisse, peint son premier tableau, Nature morte avec livres et chandelle en juin 1890. Peu après, il se rend à Paris. En 1892, il rencontre Albert Marquet à l'École des Arts déco puis s'inscrit en 1895, à l'École des beaux-arts, dans l'atelier de Gustave Moreau. L'enseignement du maître encourage ses élèves à penser leur peinture, à la rêver, au-delà de la virtuosité technique. Matisse, comme ses condisciples, Georges Rouault, Léon Lehmann, Simon Bussy, Eugène Martel, Albert Huyot ou Henri Evenepoel, est stimulé par cette conception de la peinture et entend développer la sienne selon son individualité. Gustave Moreau, lors d'une correction, lui dit : « Vous allez simplifier la peinture. »
Cette prophétie peut être considérée comme le programme esthétique de l'œuvre d'Henri Matisse.
En 1896, Matisse expose pour la première fois au Salon des Cent et au Salon de la Société nationale des beaux-arts, dont il devient membre associé sur proposition de Pierre Puvis de Chavannes. Cette fonction lui permet notamment d'exposer sans passer par un jury. Il passe l'été à Belle-Île-en-Mer et rencontre l'Australien John Peter Russell, qui l'introduit auprès d'Auguste Rodin et Camille Pissarro. Il commence à s'intéresser à la peinture impressionniste qu'il découvre en 1897 au musée du Luxembourg. Il est alors un peintre classique de natures mortes réalistes aux textures amples. Pour gagner sa vie, Matisse et Marquet travaillent comme peintre décorateurs à la journée, pour les décorateurs de théâtre.
En voyage à Londres, sur les conseils de Pissarro, Matisse découvre la peinture de Joseph Mallord William Turner, puis il part s'installer en Corse où il habite dans la Villa Rocca. A Ajaccio, il peint une cinquantaine de toiles dont Le Mur rose qui représente l'arrière de l'hospice Eugénie vu depuis la Villa de la Rocca. Matisse s'inspire alors de Turner.
En 1899, il découvre le traité de Paul Signac, d’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme.
À partir de 1900, Matisse travaille la sculpture et le modelage, à l'Académie de la Grande Chaumière, sous la direction d'Antoine Bourdelle et fréquente également l'atelier d'Eugène Carrière. Il y fait la connaissance d'André Derain et de Jean Puy. Derain lui présente Maurice de Vlaminck. Il expose au Salon des indépendants (1901) et participe à la première édition du Salon d'automne (1903)
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lundi 1 mai 2023

Milton Avery (1885-1965) - Mandolin With Pears

Milton Avery (1885-1965) Mandolin With Pears, 1945 Huile sur toile, (83.8 x 66 cm) Collection Privée (via Sotheby's)

 

Milton Avery (1885-1965)
Mandolin With Pears, 1945
Huile sur toile, (83.8 x 66 cm)
Collection Privée (via Sotheby's)

Que voit on ? En 1945, Milton Avery cherche à réduire les figures, les paysages et les natures mortes à leurs formes les plus simples.  Dans Mandolin with Pears, il présente chaque composant comme une seule zone de couleur brillamment saturée. Cette technique, amplifiée par la réduction des détails superflus et la perspective inclinée qu'il emploie, limite la sensation de profondeur dans le plan de l'image. Semblable aux modernistes européens, il réinvente la nature morte classique en tant que conception bidimensionnelle de couleurs et de motifs. L'admiration d'Avery pour Picasso, en particulier, transparait ici à la fois dans le choix du  sujet et dans la simplification de la forme.

Rappel biographique :  Milton Clark Avery est un artiste peintre américain de figures, portraits, animaux, intérieurs, paysages et quelques rares natures mortes. S'il existe un lien entre le monde de la peinture traditionnelle américaine du début du 20e siècle et de celui de l'expressionnisme abstrait autour de 1945, c'est bien Milton Avery qui l'a créé. On ne lui connait aucune formation particulière, sinon en 1913 un cours de dessin d'après nature donné par Charles Noël Flagg à la Connecticut League of Art à Hartford. En 1925, il épouse Sally Michel, également peintre, dont on retrouve l'image dans les nombreux portraits exécutés par son époux. Sa première exposition personnelle a lieu en 1928, elle est suivie d'autres à partir de 1940.
Après la période Fauve de ses débuts, qui lui a permis de jouer avec de riches couleurs, il atténue sa palette et simplifie ses compositions qui tendent vers un dépouillement de plus en plus grand. Ses sujets restent simples tels que Rothko les définit. C'est dans un style presque Intimiste - Avery peignant son atelier, sa femme Sally, sa fille March, Central Park, les plages et montagnes où il passait l'été, des vaches, des poissons, des vols d'oiseaux, ses amis réunis dans son atelier...- qu'il peint des œuvres aux formes simplifiées, aux plans colorés, découpés, dans un espace à deux dimensions, évoquant l'art de Matisse. Toutefois, ses peintures ne sont jamais brillantes quoique très riches. Il maîtrise fort bien ses rapports de couleurs dont les contours peuvent être parfois fluides, créant une sorte d'osmose entre elles. L'art de Milton Avery rejoint ainsi, peu à peu l'abstraction expressionniste de Rothko et de Adolph Gottlieb. Ensemble, ils ont participé à de longues conversations hebdomadaires qui ont facilité la naissance de la peinture abstraite américaine d'après guerre et plus particulièrement de l'Ecole de New York.
Une grande rétrospective lui a été consacrée en 1952 au Baltimore Museum, puis à la Fondation Ford et au Whitney Museum en 1960. Une autre rétrospective posthume fut présentée à Lincoln puis à Little Rock en 1966, puis deux autres encore en 1983, à la Albright-Knox Art Gallery de Buffalo et au Minneapolis Institute of Arts.
 
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mercredi 5 avril 2023

Jean Lurçat (1892-1966) - Nature morte aux fruits


Jean Lurçat (1892-1966) Nature morte aux fruits, 1923 Huile sur toile 33x 45,8 cm Collection privée



Jean Lurçat (1892-1966)
Nature morte aux fruits, 1923
Huile sur toile 33 x 45,8 cm
Collection privée

 Que voit on ?  Un toile du grand  Jean Lurçat sur le thème d'une nature aux fruits posés sur une table  posée devant une fenêtre à balustre à travers laquelle on voit la pleine lune.


Rappel biographique :
Le peintre, céramiste et créateur de tapisseries monumentales français, Jean Lurçat doit principalement sa notoriété à ses travaux de tapisserie dont il rénova en profondeur le langage. Après des études dans l'atelier de Victor Prouvé, le chef de l'Ecole de Nancy, Jean Lurçat s'installe à Paris où s'inscrit à l'académie Colarossi puis à l'atelier du graveur Bernard Naudin. Il découvre alors Matisse Cézanne, Renoir. l devient ensuite apprenti auprès du peintre fresquiste Jean-Paul Lafitte avec lequel il mène, en 1914, un premier chantier à la faculté des sciences de Marseille.
En 1917, Jean Lurçat fait exécuter par sa mère, ses premiers canevas : Filles vertes et Soirées dans Grenade. Dès la fin de la guerre, en 1918, il revient en Italie où il passe, en 1919 des vacances en compagnie de Rilke, Busoni, Hermann Hesse et Jeanne Bucher. Sa deuxième exposition se tient à Zurich cette année-là.
En 1920, il s'installe à Paris avec Marthe Hennebert (qui avait été, à partir de 1911, la muse de Rainer Maria Rilke). C'est elle qui tisse au petit point deux tapisseries : Pêcheur et Piscine. Il expose cette année-là au Salon des indépendants deux tapisseries et quatre toiles. En 1927, il décore le salon de la famille David Weill : il s'agit de quatre tapisseries au petit point et réalise L'Orage pour Georges Salles (Musée d'art moderne) ). En 1928. il fait sa première exposition à New York.
En 1930, il expose à Paris, Londres, New-York, Chicago.
En juillet 1937, à Angers la vision de L'Apocalypse (14e siècle) provoque chez lui un choc esthétique et artistique annonciateur de l'œuvre à venir. En 1938, Moisson (2,75 × 5,50 m) est tissée chez Tabard. La manufacture de Beauvais tisse les tapisseries pour quatre fauteuils, un divan et un paravent destinés à accompagner la tenture d'Icare. En 1939, il expose à New-York et Paris . En septembre, il s'installe à Aubusson avec Gromaire et Dubreuil pour essayer de redonner vie à la tapisserie qui, à l'époque, subit une grave crise. Il met au point un nouveau langage technique : carton numéroté, palette réduite, tissage robuste à large point. Et désormais, il abandonne le travail à l'huile au profit de la gouache Le Musée d'art moderne
En 1944, ses tapisseries sont exposées à Paris et ses peintures à New-York.
Comblé d'honneur et au fait de la gloire, Jean Lurçat meurt subitement en janvier 1966 à Saint Paul de Vence. Sur sa tombe un soleil gravé dans la pierre avec une devise : « C'est l'aube ». Ces deux mots sont le début de la phrase, écrite par lui, qu'il avait fait graver sur son épée d'académicien :
« C'est l'aube d'un temps nouveau où l'homme ne sera plus un loup pour l'homme… »


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dimanche 5 mars 2023

Yannis Tsarouchis (1910-1989) - Montrouge rose in an English cup


Yannis Tsarouchis (1910-1989) Montrouge rose in an English cup, 1968. Private collection

 

Yannis Tsarouchis (1910-1989)
Montrouge rose in an English cup, 1968.
Private collection

 Que voit-on ? Une nature morte florale très inspirée de celles de Manet que  Yannis Tsarouchis peignit lors d'un séjour en France.  

Rappel Biographique : Yannis Tsarouchis ( Γιάννης Τσαρούχης) était un peintre grec né au Pirée et formé à l' Ecole des Beaux-Arts d'Athènes (1929-1935). Entre 1925 et 1930, il réalise des peintures sur le motif et des décors de théâtre. En 1935 et 1936, il se rend Istanbul, en Italie à Paris où il rencontre des artistes comme Henri Matisse et Alberto Giacometti.
Il affectionnait particulièrement les portraits de sportifs, marins et militaires croisés dès son enfance dans le port du Pirée où il naquit. La peinture de marins attablés à une terrasse de café est sans doute un de ces thèmes favoris, prétexte à de multiples variations, souvent très homo-centrées.
Il a peint cependant quelques nature mortes, aujourd'hui moins célèbres que ses portraits.

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