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mardi 29 décembre 2015

Salvador Dali (1904-1989) - La corbeille de pain



Salvador Dali (1904-1989)
La corbeille de pain (1926)
Fundació Gala-Salvador Dalí, Museum Inc., St. Petersburg, Florida

Que voit-on ? Une nappe  au drapé complexe réalisé dans un clair obscur très précis dont l'envers est représenté  (au centre) laissant apparaître les détails les plus infimes du tissu. La nappe est posée sur un entablement gris et un fond noir, d'inspiration très classique (on pense à Cotan et a certains maîtres hollandais de l'âge d'or). Sur la nappe : une corbeille en argent contenant trois tranches de pain (dont la première est recouverte d'une épaisse couche de beurre), et un quignon.
Cette œuvre fut la première que Dali exposa hors d'Espagne à l'exposition internationale du Carnegie Institute de Pittsburgh en 1928. Elle fut réalisée peu après la fin de ses études d'art à Madrid, alors qu'il étudiait les maîtres hollandais. Il y démontre   la pleine possession de ses moyens picturaux alors qu'il a 22 ans. Représentée de façon très réaliste dans un clair-obscur très classique, la lumière blanche crue dans laquelle baigne l'ensemble parait vitrifier la scène. Dali réalisa une autre toile proche de celle-ci en 1945 (un jour avant la déclaration de la guerre) et qui porte le même nom mais présente le pain dans une corbeille en osier dans un environnement plus dépouillé (pas de drapé). 
Dans les natures mortes de l'âge d'or le pain a une double signification : il symbolise l'hospitalité, la charité mais aussi l’eucharistie. Le pain représente la consolation de celui qui a faim au sens physique et spirituel.  Si Dali accentue parfois la signification du sens physique, il garde pourtant présente à l'esprit la signification religieuse omniprésente dans son oeuvre.  « Le pain a toujours été l’un des thèmes les plus fétichistes et obsessionnels de mon travail, c’est celui auquel je suis resté le plus fidèle » a dit Dali lors du vernissage d’une exposition « Recent paintings », qui lui fut consacrée à la galerie Bignou à New York le 29 décembre 1945.

Rappel biographique : Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech, connu comme Salvador Dalí, marquis de Dalí de Púbol, est un  peintre, sculpteur, graveur et écrivain catalan de nationalité espagnol, considéré comme l'un des principaux représentants du surréalisme et comme l'un des plus célèbres peintres du 20e siècle... en tout cas l'un des plus médiatisés de son vivant ! Les thèmes qu'il aborda le plus fréquemment furent le rêve, la sexualité, le comestible, sa femme Gala et la religion. La nourriture, et l'acte de manger, ont une place centrale dans l'œuvre et la pensée dalinienne pour qui « la beauté sera comestible ou ne sera pas ». La création picturale peut-être la plus connue de Dalí est Montres molles. Elles coulent comme un camembert et dans l'explication surréaliste qu'il en donnera il dira  « Les montres molles sont comme du fromage, et surtout comme le camembert quand il est tout à fait à point, c’est-à-dire qui a la tendance de commencer à dégouliner. Et alors, mais quel rapport entre le fromage et le mysticisme ? […] Parce que Jésus, c’est du fromage. »
Figure picturale essentielle, le pain fut très présent dès 1926.  Après le pain, thème rémanent dans ses natures mortes, l'œuf au plat sans le plat revient régulièrement dans son œuvre.  Figure picturale essentielle, le pain fut très présent dès 1926 dans l'œuvre de Dali. La très classique Corbeille de pain (1926), et  La corbeille de pain, Plutôt la mort que la souillure (1945) qui reprend le thème classique de la précédente furent exposées à une place d'honneur par Dalí au musée de Figueras, exprimant l'importance qu'il leurs accordait. Ce fut d'ailleurs avec une baguette de pain de 2 mètres qu'il débarqua aux États-Unis pour la première fois suscitant l'étonnement des médias locaux d'alors qui y virent le symbole de la France, alors que le symbole était bien entendu double !  Et au cas justement ou l'on aurait mal interprété son geste, il  réitéra en France cette fois dans une conférence parisienne qu'il donna en 1959 en se présentant avec une baguette de pain de 12 mètres de long, " Trrrriom-phalliquement " portée par plusieurs boulangers. Salvador Dalí  réalisa plus de 1500 toiles dans sa vie, et produisit également des illustrations de livres, des lithographies, des costumes de théâtres, un grand nombre de dessins, de sculptures, d'objets et plusieurs films.

2015 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau

samedi 21 novembre 2015

Salvador Dali (1904-1989) - Anthropomorphic-Bread



Salvador Dali (1904-1989) 
Anthropomorphic-Bread (1932) 
Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres

Que voit-on ?  Un fond rouge et bleu qui peut à la fois être interprété comme un pan de mur peint dont les enduits de plâtres sont peints de deux douleurs différentes (couleur de terre et couleur de ciel) ;  il peut aussi être interprété comme une carte de territoire où le rouge représenterait la terre et le bleu la mer. Contre ce mur est posée une baguette de pain, enrobée dans un linge qui en accentue l'aspect phallique. Dans les natures mortes anciennes le pain possède une double signification : il symbolise l'hospitalité dans les natures antiques,  mais aussi l’Eucharistie dans les natures mortes de la Renaissance. Le pain représente la consolation de celui qui a faim au sens physique et spirituel. Dali accentue la signification de consolation au sens physique (tout le monde l'aura perçue! )  tout en gardant présente à l'esprit la signification religieuse omniprésente dans son oeuvre.  « Le pain a toujours été l’un des thèmes les plus fétichistes et obsessionnels de mon travail, c’est celui auquel je suis resté le plus fidèle » a dit Dali lors du vernissage d’une exposition « Recent paintings », qui lui fut consacrée à la Galerie Bignou à New York le 29 décembre 1945.
En faisant explicitement référence au phallus et à Jesus Christ,  ce Pain anthropomorphe associe donc le corps-contenant à son contenu qui le nourrit. C'est ce qui en fait un des chefs-d'œuvres de la nature morte surréaliste.

Rappel biographique : Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech, connu comme Salvador Dalí, marquis de Dalí de Púbol, est un  peintre, sculpteur, graveur et écrivain catalan de nationalité espagnol, considéré comme l'un des principaux représentants du surréalisme et comme l'un des plus célèbres peintres du 20e siècle... en tout cas l'un des plus médiatisés de son vivant ! Les thèmes qu'il aborda le plus fréquemment furent le rêve, la sexualité, le comestible, sa femme Gala et la religion. La nourriture, et l'acte de manger, ont une place centrale dans l'œuvre et la pensée dalinienne pour qui « la beauté sera comestible ou ne sera pas »La création picturale peut-être la plus connue de Dalí est Montres molles. Elles coulent comme un camembert et dans l'explication surréaliste qu'il en donnera il dira  « Les montres molles sont comme du fromage, et surtout comme le camembert quand il est tout à fait à point, c’est-à-dire qui a la tendance de commencer à dégouliner. Et alors, mais quel rapport entre le fromage et le mysticisme ? […] Parce que Jésus, c’est du fromage. » 
Figure picturale essentielle, le pain fut très présent dès 1926.  Après le pain, thème rémanent dans ses natures mortes, l'œuf au plat sans le plat revient régulièrement dans son œuvre.  Figure picturale essentielle, le pain fut très présent dès 1926 dans l'œuvre de Dali. La très classique Corbeille de pain (1926), et  La corbeille de pain, Plutôt la mort que la souillure (1945) qui reprend le thème classique de la précédente furent exposées à une place d'honneur par Dalí au musée de Figueras, exprimant l'importance qu'il  leurs accordait. Ce fut d'ailleurs avec une baguette de pain de 2 mètres qu'il débarqua aux États-Unis pour la première fois suscitant l'étonnement des médias locaux d'alors qui y virent le symbole de la France, alors que le symbole était bien entendu double !  Et au cas justement ou l'on aurait mal interprété son geste, il  réitéra en France cette fois dans une conférence parisienne qu'il donna en 1959 en se présentant avec une baguette de pain de 12 mètres de long, " Trrrriom-phalliquement " portée par plusieurs boulangers. Salvador Dalí  réalisa plus de 1500 toiles dans sa vie, et produisit également des illustrations de livres, des lithographies, des costumes de théâtres, un grand nombre de dessins, de sculptures, d'objets et plusieurs films.

2015 - A Still Life Collection 

Un blog de Francis Rousseau

lundi 8 mai 2017

Salvador Dalí (1904-1989) - Croix Nucléaire


Salvador Dali (1904-1989) 
 Croix Nucléaire, 1952
 Fundació Gala-Salvador Dalí. 

Que voit-on ?  Dans les natures mortes de l'âge d'or le pain a une double signification : il symbolise l'hospitalité, la charité mais aussi l’Eucharistie. Le pain représente la consolation de celui qui a faim au sens physique et spirituel. Si Dali accentue parfois la signification du sens physique, il garde pourtant présente à l'esprit la signification religieuse .  « Le pain a toujours été l’un des thèmes les plus fétichistes et obsessionnels de mon travail, c’est celui auquel je suis resté le plus fidèle » déclara Dali en 1945. Dans cette composition, le pain de forme ronde - symbole on ne peut plus évident de l'Eucharistie - apparait enchâssé dans une croix faite de barres d'uranium, alignées exactement comme elles le sont dans le réacteur d'une centrale nucléaire. C'est la première fois que l'uranium est utilisé comme élément d'une nature morte. 

Rappel biographique : Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech, connu comme Salvador Dalí, marquis de Dalí de Púbol, est un  peintre, sculpteur, graveur et écrivain catalan de nationalité espagnol, considéré comme l'un des principaux représentants du surréalisme et comme l'un des plus célèbres peintres du 20e siècle... en tout cas l'un des plus médiatisés de son vivant ! Les thèmes qu'il aborda le plus fréquemment furent le rêve, la sexualité, le comestible, sa femme Gala et la religion. La nourriture, et l'acte de manger, ont une place centrale dans l'œuvre et la pensée dalinienne pour qui « la beauté sera comestible ou ne sera pas ». La création picturale peut-être la plus connue de Dalí est Montres molles. Elles coulent comme un camembert et dans l'explication surréaliste qu'il en donnera il dira  « Les montres molles sont comme du fromage, et surtout comme le camembert quand il est tout à fait à point, c’est-à-dire qui a la tendance de commencer à dégouliner. Et alors, mais quel rapport entre le fromage et le mysticisme ? […] Parce que Jésus, c’est du fromage. » 
Figure picturale essentielle, le pain fut très présent dès 1926.  Après le pain, thème rémanent dans ses natures mortes, l'œuf au plat sans le plat revient régulièrement dans son œuvre.  Figure picturale essentielle, le pain fut très présent dès 1926 dans l'œuvre de Dali. La très classique Corbeille de pain (1926), et  La corbeille de pain, Plutôt la mort que la souillure (1945) qui reprend le thème classique de la précédente furent exposées à une place d'honneur par Dalí au musée de Figueras, exprimant l'importance qu'il leurs accordait. Ce fut d'ailleurs avec une baguette de pain de 2 mètres qu'il débarqua aux États-Unis pour la première fois suscitant l'étonnement des médias locaux d'alors qui y virent le symbole de la France, alors que le symbole était bien entendu double !  Et au cas justement ou l'on aurait mal interprété son geste, il  réitéra en France cette fois dans une conférence parisienne qu'il donna en 1959 en se présentant avec une baguette de pain de 12 mètres de long, " Trrrriom-phalliquement " portée par plusieurs boulangers. Salvador Dalí  réalisa plus de 1500 toiles dans sa vie, et produisit également des illustrations de livres, des lithographies, des costumes de théâtres, un grand nombre de dessins, de sculptures, d'objets et plusieurs films.


2017 - A Still Life Collection 

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samedi 5 novembre 2016

Salvador Dalí (1904-1989) - Pain à la Véronique


Salvador Dalí  (1904-1989)
Pain à la Véronique (1943)
Collection privée 

Que voit-on ?  Sur la tranche d'une étagère de couleur rouge où un panier à pain et un oignon ont été posés, est clouée une serviette de cuisine, évoquant une Véronique, un linge ainsi nommé en souvenir de cette femme pieuse de Jérusalem qui, poussée par la compassion lorsque Jésus-Christ portait sa croix au Golgotha, lui a donné son voile pour qu'il puisse essuyer son front ; on connait la suite : Jésus accepta et, après s'en être servi, le lui rendit avec l'image de son visage qui s'y était imprimé, d'où la croyance dans le « voile de Véronique », à ne pas confondre avec le Mandylion et encore moins avec le Saint-Suaire.   Quand au pain, thème  qui revient très fréquemment dans l'œuvre de Dali, il faut se souvenir que dans les natures mortes de l'âge d'or hollandais, il avait une double signification : il symbolisait l'hospitalité, la charité mais aussi l’eucharistie. Le pain représentait la consolation de celui qui a faim au sens physique mais aussi spirituel.  Dali garde toujours présente à l'esprit cette signification spiritueldu pain, omniprésente dans son oeuvre et  en particulier dans cette toile où les symboles sacrés occupent une double place.  « Le pain a toujours été l’un des thèmes les plus fétichistes et obsessionnels de mon travail, c’est celui auquel je suis resté le plus fidèle » a dit Dali lors du vernissage d’une exposition « Recent paintings », qui lui fut consacrée à la galerie Bignou à New York le 29 décembre 1945.

Rappel biographique : Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech, connu comme Salvador Dalí, marquis de Dalí de Púbol, est un  peintre, sculpteur, graveur et écrivain catalan de nationalité espagnol, considéré comme l'un des principaux représentants du surréalisme et comme l'un des plus célèbres peintres du 20e siècle... en tout cas l'un des plus médiatisés de son vivant ! Les thèmes qu'il aborda le plus fréquemment furent le rêve, la sexualité, le comestible, sa femme Gala et la religion. La nourriture et l'acte de manger, ont une place centrale dans l'œuvre et la pensée dalinienne pour qui « la beauté sera comestible ou ne sera pas ». La création picturale peut-être la plus connue de Dalí est Montres molles. Elles coulent comme un camembert et dans l'explication surréaliste qu'il en donnera il dira  « Les montres molles sont comme du fromage, et surtout comme le camembert quand il est tout à fait à point, c’est-à-dire qui a la tendance de commencer à dégouliner. Et alors, mais quel rapport entre le fromage et le mysticisme ? […] Parce que Jésus, c’est du fromage. »
Figure picturale essentielle, le pain fut très présent dès 1926.  La très classique Corbeille de pain (1926), et  La corbeille de pain, Plutôt la mort que la souillure (1945) qui reprend le thème classique de la précédente furent exposées à une place d'honneur par Dalí au musée de Figueras, exprimant l'importance qu'il leur accordait. Ce fut d'ailleurs avec une baguette de pain de 2 mètres qu'il débarqua aux États-Unis pour la première fois suscitant l'étonnement des médias locaux d'alors qui y virent le symbole de la France, alors que le symbole était bien entendu double !  Et au cas justement où l'on aurait mal interprété son geste, il  réitéra en France cette fois dans une conférence parisienne qu'il donna en 1959 en se présentant avec une baguette de pain de 12 mètres de long, " Trrrriom-phalliquement " portée par plusieurs boulangers. Salvador Dalí  réalisa plus de 1500 toiles dans sa vie, et produisit également des illustrations de livres, des lithographies, des costumes de théâtres, un grand nombre de dessins, de sculptures, des objets et plusieurs films.

2016 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau

dimanche 3 mars 2024

LES TABLEAUX QUI PARLENT N°104 - Meret Openheim et sa tasse à poil 

Meret Oppenheim (1913-1985)
Le Déjeuner en Fourrure, 1936.
MoMA (New York)

Que voit on ? Une œuvre emblématique du mouvement surréaliste : une tasse, sa soucoupe et une petite cuillère recouvertes de fourrure de gazelle de Chine. La tasse est cachée, on peut seulement la deviner. Nous sommes en 1936 et en manufacturant cet objet, en lui appliquant un un glissement de sens, l'artiste suisse Meret Oppenheim remet en question l'utilité même des objets du quotidien. Ce sera la cas de beaucoup d'artistes du mouvement surréaliste. .


Liens à consulter en complément de lecture :

- Quelques Natures Mortes de Max Ernst
https://astilllifecollection.blogspot.com/search/label/Max%20Ernst%20%281891-1976%29 

- Quelques Natures Mortes de Dali
https://astilllifecollection.blogspot.com/search?q=Salvador%C2%A0Dali

- Quelques Natures Mortes de Magritte
https://astilllifecollection.blogspot.com/search?q=Ren%C3%A9%C2%A0Magritte

- Quelques Natures Mortes d'Oscar Dominguez
https://astilllifecollection.blogspot.com/search/label/Oscar%20Dominguez%20%281906-1957%29

- LES TABLEAUX QUI PARLENT N°34 - Magritte expose sa saucisse
https://www.youtube.com/watch?v=WYqriMfQu9I

- LES TABLEAUX QUI PARLENT N°57 - Dali et l'œuvre pain
https://www.youtube.com/watch?v=X28RyQ3gDQs

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2011-2024 - Une Collection de Natures Mortes
Un blog de Francis Rousseau

 

 

lundi 3 novembre 2014

Salvador Dalí (1904-1989) - Nature morte au clair de lune



Salvador Dalí  (1904-1989)
Nature morte au clair de lune (1927)
Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres.

Que voit-on ?  Dans cette  Nature morte au clair de lune, pas de pain , ni d'oeufs ni de fromage comme souvent chez Dalí, mais plutôt des instruments de musiques, qui peuvent se transformer en membres (fragments de bras) et des poissons entrecroisés. Le clair de lune est suggéré par ses reflets nocturnes sur une mer calme. Cette œuvre de jeunesse fut réalisée peu après la fin des études d'art de  Dalí à Madrid et alors qu'il étudiait les maîtres hollandais. Elle témoigne cependant de son attention pour le cubisme naissant et de son admiration pour Picasso, son aîné de 23 ans, qu'il rencontre pour la première fois à Paris justement en cette année 1927. Le jeune Dalí dit alors que son premier voyage  à Paris " fut marqué par trois visites importantes, Versailles, le musée Grévin et Picasso. "  On en a la preuve ici.  Une autre dans un format totalement différent (en largeuret non en hauteur)  nature morte au clair de lune a été peinte par Dali en sous le titre de Nature morte au clair de lune mauve en 1926,  donc d'une année antérieure à celle ci; elle est conservée à  la  Fundació Gala-Salvador Dalí de Figueres.

Rappel biographique : Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech, connu comme Salvador Dalí, marquis de Dalí de Púbol, est un  peintre, sculpteur, graveur et écrivain catalan de nationalité espagnol, considéré comme l'un des principaux représentants du surréalisme  et comme l'un des plus célèbres peintres du 20e siècle... en tout cas l'un des plus médiatisés de son vivant ! Les thèmes qu'il aborda le plus fréquemment furent le rêve, la sexualité, le comestible, sa femme Gala et la religion.
La nourriture, et l'acte de manger, ont une place centrale dans l'œuvre et la pensée dalinienne pour qui « la beauté sera comestible ou ne sera pas ». Figure picturale essentielle, le pain fut très présent dès 1926.   Après le pain, thème rémanent dans ses natures mortes, l'œuf au plat sans le plat revient régulièrement dans son œuvre.  La création picturale peut-être la plus connue de Dalí est Montres molles. Elles coulent comme un camembert et dans l'explication surréaliste qu'il en donnera il dira  « Les montres molles sont comme du fromage, et surtout comme le camembert quand il est tout à fait à point, c’est-à-dire qui a la tendance de commencer à dégouliner. Et alors, mais quel rapport entre le fromage et le mysticisme ? […] Parce que Jésus, c’est du fromage. » Figure picturale essentielle, le pain fut très présent dès 1926 dans l'œuvre de Dali. La très classique Corbeille de pain (1926), et  La corbeille de pain, Plutôt la mort que la souillure (1945)  qui reprend le thème classique de la précédente furent exposées à une place d'honneur par Dalí au musée de Figueras, exprimant l'importance qu'il  leurs accordait. Ce fut d'ailleurs avec une baguette de pain de 2 mètres qu'il débarqua aux États-Unis pour la première fois suscitant l'étonnement des médias locaux d'alors qui y virent le symbole de la France, alors que le symbole était bien entendu double !  Et au cas justement ou l'on aurait mal interprété son geste, il  réitéra en France cette fois dans une conférence parisienne qu'il donna en 1959 en se présentant avec une  baguette de pain de 12 mètres de long, " Trrrriom-phalliquement " portée par plusieurs boulangers.  De cette symbolique du  pain dans son œuvre,  il écrit  lui -même :  « Le pain a été l'un des thèmes de fétichisme et une des obsessions les plus anciennes de mon œuvre, le premier, celui auquel je suis resté le plus fidèle. »

2014 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau



mercredi 7 octobre 2015

Salvador Dalí (1904-1989) - Pain catalan - pain anthropomorphe


Salvador Dalí  (1904-1989),
Pain catalan - pain anthropomorphe (1932)
Fundació Gala-Salvador Dalí, Museum Inc., St. Petersburg, Etats-Unis.

Que voit-on ? En 1932 Dalí a peint deux tableaux sur le même thème du pain anthropomorphe.  Sur celui-ci il a ajouté une montre molle et un encrier et sa plume. L'autre tableau (publié aussi sur ce blog) titré et daté à l'identique de celui-ci est un pain plus nettement phallique. Sur le tableau représenté ici - qui est bien une nature même si elle n'en porte pas le nom -  il y a visiblement  un volonté allégorique qui enrobe si l'on peut dire le contenu phallique. Concernant le contenu allégorique, Dalí a joint un de ces symboles picturaux surréalistes les plus célèbres,  la Montre molle. Dans l'explication  qu'il en donnera il dira  :  « Les montres molles sont comme du fromage, et surtout comme le camembert quand il est tout à fait à point, c’est-à-dire qui a la tendance de commencer à dégouliner. Et alors, mais quel rapport entre le fromage et le mysticisme ? […] Parce que Jésus, c’est du fromage. »  Il y a aussi ici un encrier et sa plume posée a une certain endroit du pain  qui pourrait éventuellement figurer le cerveau.  Cette toile associe donc également le corps-contenant à son contenu qui le nourrit. On y voit un élément phallique,  qui lorsqu’il se mêle à la montre molle, symbolise  la dualité entre la puissance, la sécurité d’un côté, et de l’autre, le temps qui s’écoule comme du sable, la mort… Un thème éternel de la nature morte  brillamment adapté par Dali à la mode surréaliste.


Rappel biographique : Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech, connu comme Salvador Dalí, marquis de Dalí de Púbol, est un  peintre, sculpteur, graveur et écrivain catalan de nationalité espagnol, considéré comme l'un des principaux représentants du surréalisme  et comme l'un des plus célèbres peintres du 20e siècle... en tout cas l'un des plus médiatisés de son vivant ! Les thèmes qu'il aborda le plus fréquemment furent le rêve, la sexualité, le comestible, sa femme Gala et la religion.
La nourriture, et l'acte de manger, ont une place centrale dans l'œuvre et la pensée dalinienne pour qui « la beauté sera comestible ou ne sera pas ». Figure picturale essentielle, le pain fut très présent dès 1926.   Après le pain, thème rémanent dans ses natures mortes, l'œuf au plat sans le plat revient régulièrement dans son œuvre.  La création picturale peut-être la plus connue de Dalí est Montres molles. Elles coulent comme un camembert et dans l'explication surréaliste qu'il en donnera il dira  « Les montres molles sont comme du fromage, et surtout comme le camembert quand il est tout à fait à point, c’est-à-dire qui a la tendance de commencer à dégouliner. Et alors, mais quel rapport entre le fromage et le mysticisme ? […] Parce que Jésus, c’est du fromage. » Figure picturale essentielle, le pain fut très présent dès 1926 dans l'œuvre de Dali. La très classique Corbeille de pain (1926), et  La corbeille de pain, Plutôt la mort que la souillure (1945)  qui reprend le thème classique de la précédente furent exposées à une place d'honneur par Dalí au musée de Figueras, exprimant l'importance qu'il  leurs accordait. Ce fut d'ailleurs avec une baguette de pain de 2 mètres qu'il débarqua aux États-Unis pour la première fois suscitant l'étonnement des médias locaux d'alors qui y virent le symbole de la France, alors que le symbole était bien entendu double !  Et au cas justement ou l'on aurait mal interprété son geste, il  réitéra en France cette fois dans une conférence parisienne qu'il donna en 1959 en se présentant avec une  baguette de pain de 12 mètres de long, " Trrrriom-phalliquement " portée par plusieurs boulangers.  De cette symbolique du  pain dans son œuvre,  il écrit  lui -même :  « Le pain a été l'un des thèmes de fétichisme et une des obsessions les plus anciennes de mon œuvre, le premier, celui auquel je suis resté le plus fidèle. »

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mercredi 3 janvier 2018

Salvador Dalí (1904-1989) - Nature morte vivante


Salvador Dali (1904-1989) 
Nature morte vivante.
Salvador Dalí Museum, St. Petersburg (Floride)

Que voit on  ? Dans cette nature morte au titre volontairement provocateur, les objets - pour justifier peut-être leur qualificatif de "vivant" - volent littéralement ! Tous ces objets traditionnels du genre   "nature morte" (le couteau, le verre de vin, la bouteille, le fruit...)  sont en suspensions dans l'air autour de deux compotiers présentant une moule chacun. Toujours en suspension : un chou Romanesco assez évocateur, mais moins cependant que la baguette de pain aux contours très explicites !  La toile fait partie de la période du « mysticisme nucléaire » de Salvador Dalí, qui représentait alors les objets en lévitation sans contact les uns avec les autres, démarche  que le peintre aimait  présenter comme une innovation dans le monde de l'art !

Rappel biographique : Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech, connu comme Salvador Dalí, marquis de Dalí de Púbol, est un  peintre, sculpteur, graveur et écrivain catalan de nationalité espagnol, considéré comme l'un des principaux représentants du surréalisme et comme l'un des plus célèbres peintres du 20e siècle... en tout cas l'un des plus médiatisés de son vivant ! Les thèmes qu'il aborda le plus fréquemment furent le rêve, la sexualité, le comestible, sa femme Gala et la religion. La nourriture, et l'acte de manger, ont une place centrale dans l'œuvre et la pensée dalinienne pour qui « la beauté sera comestible ou ne sera pas ». La création picturale peut-être la plus connue de Dalí est Montres molles. Elles coulent comme un camembert et dans l'explication surréaliste qu'il en donnera il dira  « Les montres molles sont comme du fromage, et surtout comme le camembert quand il est tout à fait à point, c’est-à-dire qui a la tendance de commencer à dégouliner. Et alors, mais quel rapport entre le fromage et le mysticisme ? […] Parce que Jésus, c’est du fromage. »
Figure picturale essentielle, le pain fut très présent dès 1926.  Après le pain, thème rémanent dans ses natures mortes, l'œuf au plat sans le plat revient régulièrement dans son œuvre.  Figure picturale essentielle, le pain fut très présent dès 1926 dans l'œuvre de Dali. La très classique Corbeille de pain (1926), et  La corbeille de pain, Plutôt la mort que la souillure (1945) qui reprend le thème classique de la précédente furent exposées à une place d'honneur par Dalí au musée de Figueras, exprimant l'importance qu'il leurs accordait. Ce fut d'ailleurs avec une baguette de pain de 2 mètres qu'il débarqua aux États-Unis pour la première fois suscitant l'étonnement des médias locaux d'alors qui y virent le symbole de la France, alors que le symbole était bien entendu double !  Et au cas justement ou l'on aurait mal interprété son geste, il  réitéra en France cette fois dans une conférence parisienne qu'il donna en 1959 en se présentant avec une baguette de pain de 12 mètres de long, " Trrrriom-phalliquement " portée par plusieurs boulangers. Salvador Dalí  réalisa plus de 1500 toiles dans sa vie, et produisit également des illustrations de livres, des lithographies, des costumes de théâtres, un grand nombre de dessins, de sculptures, d'objets et plusieurs films.


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jeudi 12 janvier 2017

Juan Gris (1887‑1927) - Nature morte devant la fenêtre


Juan Gris (1887‑1927) 
Nature morte devant la fenêtre
Collection privée

Que voit on ? Tous les  éléments d'une nature morte traditionnelle sont réunis dans cette composition cubiste : le guéridon (une table de jeu carrée) ;  un compotier contenant quelques fruits posé sur une serviette drapée an premier plan ; au deuxième plan le couteau, énorme, disproportionné par rapport aux autres objets, traçant une perspective qui n'est pas forcément celle de l'ensemble de la composition (cubisme oblige) ; au troisième plan, sur le même niveau, trois objets : un coquetier sans oeuf à l'intérieur, un journal plié et disposé en travers dont on peut lire le titre et une carafe contenant un verre ou posée derriere le verre selon la lecture que l'on veut avoir du plan et de sa perspective déformée ; à l'arrière plan enfin, la fenêtre, son ouverture et la persienne qui la matérialise ouvrant le fond de cette nature morte vers un extérieur lumineux et lointain. Une palette très restreinte de bleus, gris, jaunes et noir, très espagnole, si espagnole, très pensée par ce peintre qui inspira tant Picasso qu'il aurait bien voulut lui dérober son oeuvre... mais tout Picasso qu'il fut, il ne l'a jamais pu et Juan Gris trouve aujourd'hui  - à ses côtés - dans les grands musées d'Art moderne de la planète une place qui permet de se livrer à d'amusantes comparaisons...

Rappel Biographique : Le peintre espagnol Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906, où il fut proche du mouvement cubiste mais occupa une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers  " éliminé de la carte "  selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso  parce que plus vrai.  Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort. Les œuvres des années de guerre 1916-1917 se distinguent par une sobriété, une austérité toutes particulières des couleurs sombres autant que des motifs : « C’est bien là cette ardeur castillane qui s’habille de noir, s’interdit tout éclat, et qui paraît de la froideur à un observateur superficiel », écrit Kahnweiler. Et Maurice Raynal de renchérir : « Toute l’Espagne est dans son œuvre : l’Espagne des tons livides, sulfureux et sombres du Greco, de Zurbaran, de Ribera, de Herrera. Rien ne servait davantage la notion du tableau-objet en soi que les choses les plus simples, les plus humbles et les plus maniables, auxquelles ils feront subir toutes les déformations possibles pour réaliser la plénitude de cet « objet ». 

2017 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau, #AStillLifeCollection, #NaturesMortes 

samedi 24 janvier 2015

Juan Gris (1887‑1927) - Fruits et livres



Juan Gris (1887‑1927) 
Fruits et livres
Collection privée

Que voit-on ? Sur un guéridon recouvert d'une nappe bleue qui contraste avec le rouge du fond, s'étageant sur cinq plans : une assiette remplie d'abricots ou de pommes  trônant au centre du cadre au premier plan ;  au second plan  un verre  rempli d'un breuvage mystérieux ; au troisième plan  un compotier blanc rempli de raisins noir dans la meilleure tradition des contrastes de palette de l'Espagne de l'âge d'or  ; au quatrième plan un livre ouvert mais ouvert sur l'extérieur, ouvert sur la fenêtre qui occupe une partie du dernier plan : un livre-porte des rêves et des voyages, un livre qui s'envole et nous envole par la fenêtre.

Rappel Biographique : Le peintre espagnol Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906, où il fut proche du mouvement cubiste mais occupa une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers  " éliminé de la carte "  selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso  parce que plus vrai.  Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort. Les œuvres des années de guerre 1916-1917 se distinguent par une sobriété, une austérité toutes particulières des couleurs sombres autant que des motifs : « C’est bien là cette ardeur castillane qui s’habille de noir, s’interdit tout éclat, et qui paraît de la froideur à un observateur superficiel », écrit Kahnweiler. Et Maurice Raynal de renchérir : « Toute l’Espagne est dans son œuvre : l’Espagne des tons livides, sulfureux et sombres du Greco, de Zurbaran, de Ribera, de Herrera. Rien ne servait davantage la notion du tableau-objet en soi que les choses les plus simples, les plus humbles et les plus maniables, auxquelles ils feront subir toutes les déformations possibles pour réaliser la plénitude de cet « objet ». 

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samedi 5 septembre 2020

Claudio Bravo (1936-2011) - Pain


Claudio Bravo (1936-2011) Pain, 1985  Collection privée 

Claudio Bravo (1936-2011)
Pain, 1985 
Collection privée

Que voit-on ? sur un entablement recouvert d'une nappe blanche rugueuse ui n'est pas sans rappeler les natures de peintres  espagnols comme Melendez ou même Dali :  un morceau de pain  non entalé  dont les rides de la croûte font échos aux plis de la nappe.

Rappel biographique : Claudio Bravo né Valparaíso au Chili vivait et et peignait depuis 1972 à Tanger et à Taroudant (Maroc). En 1945, Claudio Bravo entraau Colegio San Ignacio à Santiago du Chili et étudie les arts au studio de Miguel Venegas Cienfuentes à Santiago. En 1954, il présente sa première exposition au Salón 13 à Santiago. Il n'a alors que dix-sept ans. Dans les années 1960, il s'établit à Madrid et devient portraitiste. Il acquiert une large reconnaissance pour la virtuosité technique de son traitement hyper réaliste de ses sujets. Claudio Bravo fait sa première exposition à la Staempfli Gallery à New York en 1970 avant de s’installer au Maroc en 1972. Il achète d’abord à Tanger une maison cossue du 19e siècle. Il la transforme et en peint les murs en blanc pour y faire entrer cette lumière de la Méditerranée si présente dans ses toiles. Il dispose également d’un atelier à Marrakech et d’un autre à Taroudant. Il y vit de façon quasi monacale, peignant plus de huit heures par jour, exigence qui l’a fait qualifier par son ami Mario Vargas Llosa de « moine laïque et d’aristocrate solitaire ».
On a beaucoup reproché à Claudio Bravo de peindre les portraits du dictateur philippin Marco et de  sa très fantasque épouse Imelda, ou encore ses portraits de la famille du dictateur espagnol Franco ou de Malcolm Forbes... il ne chercha à s'en justifier , se contentant de dire quand on lui posait des questions  à ce sujet, qu'il honorait les commandes qu'on lui passait d'où qu 'elles viennent.
En juin 2011, Claudio Bravo succombe  à une crise d'épilepsie,dans son atelier de Taroudant alors qu'il est en train de dessiner son dernier tableau, qui représentait un voile tombant sur le mur de sa chambre Il a laissé toute sa fortune à son ami Bachir Tabchich qui l'a accompagné à Tanger et à Taroudant souhaitant rendre a ce pays auquel il était très attaché  tout ce qu'il lui avait donné.

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mercredi 16 septembre 2015

Vincent van Gogh (1853-1890) - Nature morte aux maquereaux


Vincent van Gogh (1853-1890) 
Nature morte aux maquereaux
(non signée)

Que voit-on ?  Sur un entablement jaune disposé devant un fond gris : deux maquereaux, un couteau, deux citrons, trois tomates et un pichet en céramique verte.  Le maquereau est  al fois un sujet rémanent dans la peinture hollandaise mais aussi dans la peinture  japonaise qui inspira tant van Gogh.

 Rappel biographique : Le peintre franco-hollandaisVincent van Gogh a peint énormément de natures mortes dont les plus célèbres sont sans doute constituées par la série des sept tableaux "Les tournesols " qu'il peignit à Arles entre Août 1888 et Janvier 1889. D'autres natures mortes moins célèbres  permettant de passer en revue a peu près tous les styles du peintre, ont été exécutées à diverses époques de sa vie.  Van Gogh peignait sur des toiles souvent déjà apprêtées, qu'il pouvait réutiliser, soit en grattant l'œuvre précédente, soit en la recouvrant d'une nouvelle couche. Il employait  certains pigments instables, entraînant une modification des couleurs sous l'effet de la lumière, dont la laque géranium qui perd sa teinte rouge avec le temps. Les couleurs originelles sont donc souvent perdues, entraînant des difficultés de restauration. Pour certains tableaux les restaurateurs ont décidé,de ne pas « recoloriser » le tableau, mais se contentent  de stopper les dégradations et de proposer un éclairage avec des filtres colorés pour restituer les teintes d'origine. Pour les historiens de l’art, Van Gogh est un précurseur qui a ouvert à la peinture de nouvelles voies. Par exemple,  Derain et Vlaminck sont directement rattachés à l'art de Van Gogh « par l'emploi de couleurs pures en larges touches ». Pour les amateurs d'art, il reste un maître à l’égal de  Leonard de Vinci ou de Rembrandt avec une production très importante et une trajectoire artistique fulgurante en durée et par ses styles.  Pour d'autres par contre comme Salvador Dali, dont les avis a l'emporte piece étaient connus, Van Gogh était " tout sauf un peintre ". Pour le grand public, l' œuvre  de Van Gogh est aujourd'hui accessible dans les plus grands musées du monde.  Dans sa dernière lettre, trouvée dans sa poche le jour de son suicide, Vincent van Gogh  écrit : « Eh bien vraiment nous ne pouvons faire parler que nos tableaux »

vendredi 21 septembre 2018

Vincent van Gogh (1853-1890) - Two Crabs

https://astilllifecollection.blogspot.com/

Vincent van Gogh (1853-1890)
 Two crabs, 1889
The National  Gallery,  London 

 Que voit on ? Il est généralement admis chez les spécialistes de Van Gogh que cette nature morte a été peinte peu après sa sortie de l'hôpital d'Arles en janvier 1889. Le 7 janvier, il  écrit à son frère Theo : « Je vais retourner travailler demain. Je commencerai par faire une ou deux natures mortes pour m'habituer à repeindre ». Il est probable qu'il se soit inspiré pour celle-ci d'une gravure sur bois de Hokusai, «Crabs», reproduite dans le numéro de mai 1888 de « Le Japon Artistique »,  et envoyée à Vincent par Theo en septembre de la même année  (aujourd'hui visible au Victoria and Albert Museum ou ici dans ce blog). Dans une peinture apparentée au musée Van Gogh, à Amsterdam, le crabe est représenté couché sur le dos. Ici, c'est probablement le même crabe, montré à la fois sur le dos (en haut)  et à l'endroit (en bas).  L'artiste a utilisé un assez grande variété de coups de pinceau pour transmettre la texture. Des traits parallèles sculptent la forme de la créature sur une surface assez exubérante qui pourrait figurer celle de la mer.

Rappel biographique : Le peintre franco-hollandaisVincent van Gogh a peint énormément de natures mortes dont les plus célèbres sont sans doute constituées par la série des sept tableaux "Les tournesols " qu'il peignit à Arles entre Août 1888 et Janvier 1889. D'autres natures mortes moins célèbres  permettant de passer en revue a peu près tous les styles du peintre, ont été exécutées à diverses époques de sa vie. Van Gogh peignait sur des toiles souvent déjà apprêtées, qu'il pouvait réutiliser, soit en grattant l'œuvre précédente, soit en la recouvrant d'une nouvelle couche. Il employait  certains pigments instables, entraînant une modification des couleurs sous l'effet de la lumière, dont la laque géranium qui perd sa teinte rouge avec le temps. Les couleurs originelles sont donc souvent perdues, entraînant des difficultés de restauration. Pour certains tableaux les restaurateurs ont décidé de ne pas « recoloriser » le tableau, mais se contentent  de stopper les dégradations et de proposer un éclairage avec des filtres colorés pour restituer les teintes d'origine. Pour les historiens de l’art, Van Gogh est un précurseur qui a ouvert à la peinture de nouvelles voies. Par exemple, Derain et Vlaminck sont directement rattachés à l'art de Van Gogh « par l'emploi de couleurs pures en larges touches ». Pour les amateurs d'art, il reste un maître à l’égal de Leonard de Vinci ou de Rembrandt avec une production très importante et une trajectoire artistique fulgurante en durée et par ses styles.  Pour d'autres par contre comme Salvador Dali, dont les avis à l'emporte pièce étaient connus, Van Gogh était " tout sauf un peintre ". Pour le grand public, l'œuvre  de Van Gogh est aujourd'hui accessible dans les plus grands musées du monde.  Dans sa dernière lettre, trouvée dans sa poche le jour de son suicide, Vincent van Gogh  écrit : « Eh bien vraiment nous ne pouvons faire parler que nos tableaux »

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dimanche 31 janvier 2021

Juan Gris (1887-1927) - Nature Morte avec Guitare



Juan Gris (1887-1927)
Nature Morte avec Guitare, 1920
Saint Louis Art Museum

 Que voit on ? Une composition avec guitare et bouteille, verre de vin et coupe de raisins, dans les couleurs éteintes et extrêmement harmoniques propres à  Juan Gris.  

Rappel Biographique : Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906. Il fut proche du mouvement cubiste mais il occupa en même temps une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers " éliminé de la carte " selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso parce que plus vrai. Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un José Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort.

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lundi 3 octobre 2022

Juan Gris (1887‑1927) - Guitare et Verre, 1913

Juan Gris (1887‑1927) Guitare et Verre, 1913 Huile sur toile, 20 x 30,6 cm Collection privée



Juan Gris (1887‑1927)
Guitare et Verre, 1913
Huile sur toile, 20 x 30,6 cm
Collection privée


Que voit on ? Une des plus belles composition de ce grand maitre de la nature morte que je place pour ma part largement devant Braque et Picasso qui s'en inspirèrent chacun beaucoup.... beaucoup... beaucoup... comme on peut le voir ici et principalement dans le détail magnifique du bas de la composition !  

Rappel Biographique : Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906. Il fut proche du mouvement cubiste tout en occupant une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers " éliminer de la carte " selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso parce que plus vrai. Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits. Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un José Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort.

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jeudi 8 octobre 2020

Vincent van Gogh (1853-1890) - Branche d'Amandier en Fleurs dans un Verre avec un Livre

 

Vincent van Gogh (1853-1890) Branche d'Amandier en Fleurs dans un Verre avec un Livre 1888 Huile sur toile, 24 cm x 19 cm Collection Privée


Vincent van Gogh (1853-1890)
Branche d'Amandier en Fleurs dans un Verre avec un Livre 1888
Huile sur toile, 24 cm x 19 cm
Collection Privée

Que voit -on  ? Sur un entablement jaune, exactement ce que décrit le titre, le livre à la couverture rose ne portant aucune inscription ni sur la face ni sur la tranche...  


Rappel biographique : Le peintre franco-hollandais Vincent van Gogh a peint énormément de natures mortes dont les plus célèbres sont sans doute constituées par la série des sept tableaux "Les Tournesols " qu'il peignit à Arles entre Août 1888 et Janvier 1889. D'autres natures mortes moins célèbres permettant de passer en revue à peu près tous les styles du peintre, ont été exécutées à diverses époques de sa vie. Van Gogh peignait sur des toiles souvent déjà apprêtées, qu'il pouvait réutiliser, soit en grattant l'œuvre précédente, soit en la recouvrant d'une nouvelle couche. Il employait certains pigments instables, entraînant une modification des couleurs sous l'effet de la lumière, dont la laque géranium qui perd sa teinte rouge avec le temps. Les couleurs originelles sont donc souvent perdues, entraînant des difficultés de restauration. Pour certains tableaux les restaurateurs ont décidé de ne pas « recoloriser » le tableau, mais se sont contenté de stopper les dégradations et de proposer un éclairage avec des filtres colorés pour restituer les teintes d'origine.
Pour les historiens de l’art, Van Gogh est un précurseur qui a ouvert à la peinture de nouvelles voies. Par exemple, Derain et Vlaminck sont directement rattachés à l'art de Van Gogh « par l'emploi de couleurs pures en larges touches ». Pour les amateurs d'art, il reste un maître à l’égal de Leonard de Vinci ou de Rembrandt avec une production très importante et une trajectoire artistique fulgurante en durée et par ses styles. Pour d'autres par contre, comme Salvador Dali, dont les avis à l'emporte pièce étaient connus, Van Gogh était " tout sauf un peintre ". Pour le grand public, l'œuvre de Van Gogh est aujourd'hui accessible dans les plus grands musées du monde.
Dans sa dernière lettre, trouvée dans sa poche le jour de son suicide, Vincent van Gogh écrit : « Eh bien vraiment nous ne pouvons faire parler que nos tableaux »

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mardi 11 octobre 2016

Juan Gris (1887‑1927) - Nature morte avec une guitare


Juan Gris (1887‑1927)
Nature morte avec une guitare, 1925 
Museum of Fine Arts, Boston

Que voit on ? Dans une composition très cubiste, posée sur un napperon de feutrine vert et cadrée en plein centre, une guitare s'adosse sur deux partitions superposées. A gauche : une bouteille à moitié pleine et un  journal dont on aperçoit un fragment du titre. A droite : le bleu du ciel au travers d'une fenêtre qui ressemble à un cadre et un compotier très géométrique dans lequel 4 poires bleues attendent.

Rappel Biographique : Le peintre espagnol Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906, où il fut proche du mouvement cubiste mais occupa une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers  " éliminé de la carte "  selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso  parce que plus vrai.  Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort. Les œuvres des années de guerre 1916-1917 se distinguent par une sobriété, une austérité toutes particulières des couleurs sombres autant que des motifs : « C’est bien là cette ardeur castillane qui s’habille de noir, s’interdit tout éclat, et qui paraît de la froideur à un observateur superficiel », écrit Kahnweiler. Et Maurice Raynal de renchérir : « Toute l’Espagne est dans son œuvre : l’Espagne des tons livides, sulfureux et sombres du Greco, de Zurbaran, de Ribera, de Herrera. Rien ne servait davantage la notion du tableau-objet en soi que les choses les plus simples, les plus humbles et les plus maniables, auxquelles ils feront subir toutes les déformations possibles pour réaliser la plénitude de cet « objet ». 

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dimanche 23 février 2020

Vincent van Gogh (1853-1890) - Branche d'amandier en fleurs dans un verre


 

Vincent van Gogh (1853-1890)
Branche d'amandier en fleurs dans un verre  1888
Huile sur toile, 24 x 19 cm
Van Gogh Museum, Amsterdam

 Que voit on ? Ce que le tire décrit avec précision. Van Gogh s'essaie dans cette composition à une approche japonisante de la nature morte. La ligne rouge qui traverse la toile  et qui figure un liseré de peinture que l'on retrouvait fréquemment sur les murs provençaux de cette époque, peut intriguer le spectateur contemporain.

Rappel biographique : Le peintre franco-hollandais Vincent van Gogh a peint énormément de natures mortes dont les plus célèbres sont sans doute constituées par la série des sept tableaux "Les tournesols " qu'il peignit à Arles entre Août 1888 et Janvier 1889. D'autres natures mortes moins célèbres permettant de passer en revue à peu près tous les styles du peintre, ont été exécutées à diverses époques de sa vie. Van Gogh peignait sur des toiles souvent déjà apprêtées, qu'il pouvait réutiliser, soit en grattant l'œuvre précédente, soit en la recouvrant d'une nouvelle couche. Il employait certains pigments instables, entraînant une modification des couleurs sous l'effet de la lumière, dont la laque géranium qui perd sa teinte rouge avec le temps. Les couleurs originelles sont donc souvent perdues, entraînant des difficultés de restauration. Pour certains tableaux les restaurateurs ont décidé de ne pas « recoloriser » le tableau, mais se sont contenté de stopper les dégradations et de proposer un éclairage avec des filtres colorés pour restituer les teintes d'origine.
Pour les historiens de l’art, Van Gogh est un précurseur qui a ouvert à la peinture de nouvelles voies. Par exemple, Derain et Vlaminck sont directement rattachés à l'art de Van Gogh « par l'emploi de couleurs pures en larges touches ». Pour les amateurs d'art, il reste un maître à l’égal de Leonard de Vinci ou de Rembrandt avec une production très importante et une trajectoire artistique fulgurante en durée et par ses styles. Pour d'autres par contre, comme Salvador Dali, dont les avis à l'emporte pièce étaient connus, Van Gogh était " tout sauf un peintre ". Pour le grand public, l'œuvre de Van Gogh est aujourd'hui accessible dans les plus grands musées du monde.
Dans sa dernière lettre, trouvée dans sa poche le jour de son suicide, Vincent van Gogh écrit : « Eh bien vraiment nous ne pouvons faire parler que nos tableaux »
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mardi 13 mai 2014

Juan Gris (1887-1927) - Fruits, dish and lemon



Juan Gris (1887-1927)
Fruits, dish and lemon, 1916 
The Phillips Collection, Washington

Que voit on ? Une composition des débuts  de Juan Gris, très cubiste, splendidement cubiste et entièrement monochrome où le blanc et le noir s'octroient les rôles principaux  bien que ce soit le citron et son jaune éteint qui occupe le premier plan. Ni Braque ni Picasso ne parvinrent jamais,  à technique égale, à une telle force expressive qui rivalise avec celle d'un Zurbaran.


Rappel Biographique : Le peintre espagnol Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906, où il fut proche du mouvement cubiste mais occupa une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers  " éliminé de la carte "  selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso  parce que plus vrai.  Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort. Les œuvres des années de guerre 1916-1917 se distinguent par une sobriété, une austérité toutes particulières des couleurs sombres autant que des motifs : « C’est bien là cette ardeur castillane qui s’habille de noir, s’interdit tout éclat, et qui paraît de la froideur à un observateur superficiel », écrit Kahnweiler. Et Maurice Raynal de renchérir : « Toute l’Espagne est dans son œuvre : l’Espagne des tons livides, sulfureux et sombres du Greco, de Zurbaran, de Ribera, de Herrera. Rien ne servait davantage la notion du tableau-objet en soi que les choses les plus simples, les plus humbles et les plus maniables, auxquelles ils feront subir toutes les déformations possibles pour réaliser la plénitude de cet « objet ». 

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samedi 21 juillet 2018

Vincent van Gogh (1853-1890) - Nature morte au chapeau de paille


Vincent van Gogh (1853-1890)
Nature morte au chapeau de paille, 1881
Kroller-Müller Museum, Otterlo

Que voit on ? Une nature morte au chapeau de paille et à la pipe sur un entablement de bois assez rustique comportant aussi une théière, un pot à sucre ou à confiture, une bouteille opaque, un linge blanc froissé,  une boîte d'allumette et un  pain de thé ou de tabac sec. Bien que réalisée neuf ans avant la mort de Van Gogh, cette toile est d'une facture extrêmement classique avec une technique de pâte très diluée.Vincent  van Gogh a alors 28 ans et il est revient vivre en Hollande dans la maison familiale après un court séjour en Belgique. C'est aussi l'année où son frère Theo est nommé gérant de la succursale de Goupil & Cie sur le boulevard Montmartre à Paris et où il  décide alors de subvenir aux besoins de son frèreVincent. 

Rappel biographique : Le peintre franco-hollandais Vincent van Gogh a peint énormément de natures mortes dont les plus célèbres sont sans doute constituées par la série des sept tableaux "Les tournesols " qu'il peignit à Arles entre août 1888 et janvier 1889. D'autres natures mortes moins célèbres  permettant de passer en revue à peu près tous les styles du peintre, ont été exécutées à diverses époques de sa vie et notamment avant 1880 où il peignit pas moins de 2000 toiles et dessins.
Van Gogh peignait sur des toiles souvent déjà apprêtées, qu'il pouvait réutiliser, soit en grattant l'œuvre précédente, soit en la recouvrant d'une nouvelle couche. Il employait  certains pigments instables, entraînant une modification des couleurs sous l'effet de la lumière, dont la laque géranium qui perd sa teinte rouge avec le temps. Les couleurs originelles sont donc souvent perdues, entraînant des difficultés de restauration. Pour certains tableaux les restaurateurs ont décidé de ne pas « recoloriser » le tableau, mais se contentent  de stopper les dégradations et de proposer un éclairage avec des filtres colorés pour restituer les teintes d'origine. Pour les historiens de l’art, Van Gogh est un précurseur qui a ouvert à la peinture de nouvelles voies. Par exemple, Derain et Vlaminck sont directement rattachés à l'art de Van Gogh « par l'emploi de couleurs pures en larges touches ». Pour les amateurs d'art, il reste un maître à l’égal de Leonard de Vinci ou de Rembrandt avec une production très importante et une trajectoire artistique fulgurante en durée et par ses styles.  Pour d'autres par contre comme Salvador Dali, dont les avis à l'emporte pièce étaient connus, Van Gogh était " tout sauf un peintre ". Pour le grand public, l'œuvre  de Van Gogh est aujourd'hui accessible dans les plus grands musées du monde.  Dans sa dernière lettre, trouvée dans sa poche le jour de son suicide, Vincent van Gogh  écrit : « Eh bien vraiment nous ne pouvons faire parler que nos tableaux »

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2018 - A Still Life Collection

Un blog de Francis Rousseau