lundi 24 mars 2025

Pierre Bonnard (1867-1947) - La Salle à manger au Cannet


Pierre Bonnard (1867-1947) La Salle à manger au Cannet Huile sur toile, 1932 Musée Bonnard, dépôt du musée d'Orsay, Paris


Pierre Bonnard (1867-1947)
La Salle à manger au Cannet
Huile sur toile, 1932
Musée Bonnard, dépôt du musée d'Orsay, Paris

 Rappel biographique : le peintre français Pierre Bonnard est connu pour ses peintures de personnages, ses nus, ses portraits, ses paysages animés, ses intérieurs et ses natures mortes de fleurs et fruits. Bonnard est un artiste post-impressionniste, membre du groupe des Nabis qui regroupait autour de Paul Serusier, Paul René Piot, Henri-Gabriel Ibels, Maurice Denis, Édouard Vuillard, Ker-Xavier Roussel, Paul Ranson, Jan Verkade, Félix Vallotton, Georges Lacombe, Mogens Ballin, József Rippl-Rónai, Charles Filiger, Adolf Robbi, ainsi que Georges Joseph Rasetti et le sculpteur Aristide Maillol. En réaction à l'impressionnisme, les Nabis veulent libérer leur peinture des exigences du réalisme : « Ensemble, nous avons méprisé l'école et les écoles, les rapins, leurs traditions, leurs farces et leurs bals inutilement nudistes. Ensemble nous nous sommes sérieusement amusés ». Les artistes nabis cherchent des voies plus spirituelles au contact de philosophies et de doctrines nouvelles teintées d'Orient, d'orphisme, d'ésotérisme, et de théosophie. Ils s'appliquent à retrouver le caractère « sacré » de la peinture et à provoquer un nouvel élan spirituel par le seul moyen de l'art.
Une fois devenu célèbre, Pierre Bonnard fut connu pour ne pouvoir s’empêcher de retoucher ses toiles une fois celles-ci achetées et exposées dans un musée. Ses amis appelaient ça « bonnarder » ou « bonnardiser ». Un journaliste relate cette attitude devenue visiblement coutumière. « Au musée de Grenoble et au Musée du Luxembourg, il arriva à Bonnard de guetter le passage d'un gardien d'une salle à l'autre, de sortir d'une poche une minuscule boîte garnie de deux ou trois tubes et, d'un bout de pinceau, d'améliorer furtivement de quelques touches un détail qui le préoccupait. Et, son coup fait, de disparaître, radieux, comme un collégien après une inscription vengeresse au tableau noir. »

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lundi 17 mars 2025

Jacques-Émile Blanche (1861 -1942) - La salle à manger d'Offranville

 

Jacques-Émile Blanche (1862 - 1942) La salle à manger d'Offranville Huile sur toile, 1909 Collection privée


Jacques-Émile Blanche (1861-1942)
La salle à manger d'Offranville
Huile sur toile, 1909
Collection privée

 

Le peintre français Jacques-Emile Blanche est né, selon l'expression,  "avec une cuillère en argent dans la bouche " ! Elevé à Passy dans une maison qui avait appartenu à la princesse de Lamballe, acquise par son grand-père, le psychiatre Esprit Blanche, qui  comptait parmi ses patients Gérard de Nerval, il bénéficia d'une éducation cosmopolite et raffiné. Son père, Emile Blanche, lui même aliéniste, exerça dans cette maison qui avait su gardé l' atmosphère élégante des demeures du 18e siècle. Excellent pianiste, Jacques Emile Blanche  hésita un certain temps entre la peinture et la musique. Bien qu'ayant  reçu l'enseignement d'Henri Gervex, Jacques-Emile Blanche peut être considéré comme un peintre autodidacte qui fit ses premiers pas dans le milieu mondain grâce à  la haute protection du comte Robert de Montesquiou. Il  acquit  ainsi une grande réputation de portraitiste au style à la fois vivant et raffiné qui plaisait énormément. 
 Parmi ses chefs-d'œuvre  : les portraits de son père, du poète Pierre Louïs, du peintre Audrey Beardsley et de la chanteuse Yvette Guilbert. Fréquentant  assidument le salon de Geneviève Bizet, (la future Madame Strauss) et le salon de la comtesse Potocka,  bien connu du Tout-Paris littéraire et artistique il rencontra Edgar Degas, Marcel Proust, etc...
Il fut élu membre de l'Académie des beaux-arts en 1935.
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mardi 11 mars 2025

John Singer Sargent (1856-1925) - Hotel Room' or "Still life with suit case"

John Singer Sargent (1856-1925) Hotel Room'or "Still life with suit case", 906 / 07 Private collection



John Singer Sargent (1856-1925)
Hotel Room'or "Still life with suit case", 1906 / 07
Private collection 

Rappel biographique : le peintre américain John Singer Sargent  à étudié à l'Ecole des beaux-arts de Paris et a passé une bonne partie de sa vie en Europe en France, en Italie et en Angleterre.  Il fut  un ami proche des grands artistes de l'époque, comme Claude Monet, Paul Helleu ou Gabriel Fauré et très lié avec le sulfureux Robert de Monstesquiou et le prince Edmond de Polignac, deux figures du Tout Paris homosexuel de cette époque. Au cours de sa carrière, il a peint environ 900 toiles et plus de 2 000 aquarelles, et réalisé d'innombrables croquis et dessins. Son œuvre documente ses voyages à travers le monde, de Venise au Tyrol, de Corfou au Moyen-Orient, de Paris à Londres et du Montana à la Floride. Principalement portraitiste mondain, il ne se limita cependant jamais à ce genre et aborda aussi les compositions à personnages, les compositions religieuses, les scènes de genre, les intérieurs, les paysages, les  marines, les compositions murales avec une égale maîtrise. Mais Sargent fut surtout célèbre pour son habileté dans les portraits d'un style sophistiqué, exécutés avec une indéniable virtuosité et une certaine audace théâtrale. Ainsi réalisa-t-il sur commande les portraits des personnages les plus riches et puissants d'Europe et des États-Unis, comme l'académicien Édouard Pailleron et son épouse, Auguste Rodin, John D. Rockefeller, Robert Louis Stevenson, ou encore les présidents Theodore Roosevelt et Woodrow Wilson. Ses portraits de femme sont parmi les plus célèbres du genre comme ceux de Dame Ethel Smyth, d'Almina Wertheimer, de la comédienne  Ellen Terry dans Lady Macbeth ou celui de Madame Pierre Gautreau (son portrait le plus controversé,   intitulé Madame X) aujourd'hui conservé au Metropolitan Museum of Art de New York et dont Sargent dira lui- même : « Je suppose que c'est la meilleure chose que j'ai faite ».  
À une époque où le monde artistique se tournait vers l'Impressionnisme, le Fauvisme et le Cubisme, Sargent pratiqua son interprétation personnelle du Réalisme, qui fasait brillamment référence à Velázquez, Van Dyck et Gainsborough. Sa facilité à paraphraser les maîtres, d'une manière contemporaine, lui amenèrent quantité de commande de portraits, réalisés avec une telle virtuosité  qu'isl lui valurent le surnom de « Van Dyck de son temps ».

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mardi 4 mars 2025

Ker-Xavier Roussel (1867-1944) - Bouquet de fleurs



Ker-Xavier Roussel (1867-1944) Bouquet de fleurs Collection privée


Ker-Xavier Roussel (1867-1944)
Bouquet de fleurs
Collection privée 

Rappel biographique : François Xavier Roussel, dit Ker-Xavier Roussel, est un peintre et graveur français. En 1885, Roussel entre à l'atelier Maillart. Il suit les cours de l'École des beaux-arts de Paris à partir de 1888. En 1889, il fréquente l'Académie Julian, où se forme le groupe des nabis. Roussel et Vuillard se lient d'amitié avec Bonnard. En 1891, les Nabis exposent chez le galeriste Le Barc de Boutteville. En 1893, Roussel, Vuillard, Bonnard, Denis et Ranson exposent à La Revue blanche, que dirigent les frères Natanson. Roussel épouse Marie, la sœur de son ami Vuillard. Avec Bonnard, Vuillard et Paul Sérusier, Roussel peint des décors pour le théâtre de l'Œuvre, que vient de fonder leur camarade Aurélien Lugné, dit Lugné-Poe. À partir de 1894, et jusqu'en 1904, il expose régulièrement à la Libre Esthétique à Bruxelles, à Paris au Salon des indépendants et dans les galeries Bernheim et Druet avec Félix Vallotton et Aristide Maillol qui se sont joints au groupe nabi. En 1898, Roussel, Vuillard et Bonnard, à la demande d'Ambroise Vollard, exécutent des lithographies en couleur. En 1899, Roussel quitte Paris et va habiter à l'Étang-la-Ville. Il y résidera jusqu'à sa mort. En 1906, Maurice Denis et Roussel voyagent sur la côte méditerranéenne. Ils visitent Paul Cézanne à Aix-en-Provence, Paul Signac à Saint-Tropez, et Henri-Edmond Cross à Cavalaire. Deux ans plus tard, en 1908, Roussel fait un court passage comme professeur à l'Académie Ranson à Paris. En 1912, il peint le rideau du théâtre des Champs-Élysées.En 1918, il exécute des décorations pour le musée des beaux-arts de Winterthour. L'année suivante, il réalise des panneaux décoratifs pour Marcel Monteux à Paris. En 1922, il réalise de nouveaux panneaux décoratifs pour la villa de Monteux à Antibes. En 1925, Ker-Xavier Roussel réalise quatre panneaux pour l'hôtel de M. Rosegart, rue du Bois de Boulogne à Paris. L'année suivante, en 1926, il reçoit le deuxième prix Carnegie. En 1937, Ker-Xavier Roussel partage avec Vuillard et Bonnard la décoration du théâtre de Chaillot. Il participe l'année suivante à la décoration du palais de la Société des Nations à Genève, en exécutant un panneau de onze mètres intitulé Pax Nutrix. En 1941, après la mort de Vuillard, Roussel fait don à l'État français de 55 œuvres de son beau-frère et ami.


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mercredi 26 février 2025

Henri Le Sidaner (1862-1939) - Table devant la fenêtre


Henri Le Sidaner (1862-1939) Table devant la fenêtre, 1922 Collection privée



Henri Le Sidaner (1862-1939)
Table devant la fenêtre, 1922
Collection privée 

Rappel biographique : Le peintre français post impressionniste Henri Le Sidaner fut ami de Claude Monet et élève aux Beaux Arts de Paris de Cabanel qu'il soutint toute sa vie. C'est à partir de l'année 1900 qu'il se consacre à une peinture intimiste dont il exclut systématiquement toute figure humaine : jardins déserts, tables servies pour d'hypothétiques hôtes et présentant de magnifiques natures mortes (qui disent rarement leur nom,) campagnes solitaires expriment une vision silencieuse et paisible, nimbée de mystère. Son succès ne se démentira pas de son vivant. Dans la recherche de l'instant intime, de « l'arrêt sur image », les toiles que Le Sidaner peint à Gerberoy où il habite à partir de 1900, dépeignent une incomparable douceur de vivre en même temps qu'elles déclinent selon l'heure et la saison des accords chromatiques variés. A partir de l'été 1903 c'est le début des motifs d'intérieur à la fenêtre ouverte et des tables de jardin, des crépuscules... À l'aide d'un soigneux arrangement de nature morte, le peintre décline harmonieusement la sensation du « temps qui s'arrête ». C'est ce qui lui a souvent valu d'être comparé à Marcel Proust dans le domaine de la littérature.

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mercredi 19 février 2025

Vincent van Gogh (1853-1890) - Deux fleurs de tournesols coupées




Vincent van Gogh (1853-1890) Deux fleurs de tournesols coupées, 1887 Musée des Beaux- Arts de Berne, Suisse



Vincent van Gogh (1853-1890)
Deux fleurs de tournesols coupées, 1887
Musée des Beaux- Arts de Berne, Suisse 


 Rappel biographique : Au début du mois de mars 1886, Vincent van Gogh rejoint son frère Theo à Montmartre, avec l'envie de s'informer sur les nouveautés de la peinture impressionniste. À l'époque, Theo est gérant de la galerie montmartroise Boussod, Valadon & Cie. Seule la connaissance du milieu artistique parisien peut véritablement permettre à Van Gogh de renouveler et d'enrichir sa vision. Cette année-là est celle de la dernière exposition impressionniste que Vincent découvre, et en 1887 doit avoir lieu la première rétrospective de l’œuvre de Millet. Paris se prépare alors à accueillir plusieurs expositions : en plus du Salon, où sont exposées les œuvres de Puvis de Chavannes, Van Gogh visite les salles de la cinquième exposition internationale à la galerie Georges Petit, qui présente des toiles d'Auguste Renoir et de Claude Monet. Ces derniers n'avaient pas souhaité participer à la huitième et dernière exposition des impressionnistes, qui offrait le spectacle d'un groupe déchiré, entre les défections et les nouvelles arrivées, et ouvrait ses portes à la nouveauté du moment, le néo-impressionnisme, avec la toile de Georges Seurat, Un dimanche après-midi à l'Île de la Grande Jatte. À Paris dans les années 1886-1887, Van Gogh fréquente un moment l’Académie du peintre Cormon, où il fait la connaissance de Henri de Toulouse-Lautrec, de Louis Anquetin, d’Émile Bernard ainsi que de John Peter Russell. Ce dernier réalise son portrait. Il rencontre également, par l’intermédiaire de son frère, presque tous les impressionnistes, en particulier Georges Seurat et Camille Pissarro, ainsi que Paul Gauguin. Dans la boutique du père Tanguy, il devient l'ami de Paul Signac. Sous l’influence des estampes japonaises, ses compositions acquièrent peu à peu davantage de liberté et d’aisance, tandis qu’il s’essaie à la technique de l’aplat coloré. Pissarro l’initie également aux théories nouvelles sur la lumière et au traitement divisionniste des tons. La palette de l'artiste s’enrichit alors de couleurs vives et sa touche s’anime et se fragmente, ceci grâce également à Signac avec qui il travaille en 1887. Exalté par la ferveur du climat artistique parisien, Van Gogh brûle les étapes de son renouvellement artistique grâce à la fréquentation des peintres les plus anticonformistes du moment : il s'essaye au néo-impressionnisme auprès de Signac et Pissarro, enquête sur les profondeurs psychologiques du portrait avec son ami Toulouse-Lautrec, est précocement informé de la synthèse du cloisonnisme par ses compagnons Louis Anquetin et Émile Bernard, et peut apprécier les toiles exotiques réalisées par Gauguin en Martinique. Régénéré par cette modernité, il est prêt à réaliser son rêve méditerranéen, à la recherche de la lumière aveuglante de la Provence, qui fait resplendir les couleurs pures de la nature, étudiées jusque-là dans sa collection d'estampes japonaises. C'est une période très fertile où son art s'oriente vers l'impressionnisme, mais l'absinthe et la fatigue aggravent son état mental. Le 19 février 1888, il quitte Paris....
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jeudi 13 février 2025

Joseph Cornell (1903–1972) - Untitled (Hôtel de la Duchesse-Anne)

Joseph Cornell ( 1903–1972), Untitled (Hôtel de la Duchesse-Anne), 1957, Art Institute of Chicago, Lindy and Edwin Bergman Joseph Cornell Collection, 1982.1868.



Joseph Cornell ( 1903–1972),
Untitled (Hôtel de la Duchesse-Anne), 1957,
Art Institute of Chicago, Lindy and Edwin Bergman Joseph Cornell Collection, 1982.1868. 


Joseph Cornell est un sculpteur et réalisateur de films expérimentaux américain. Il est l'un des pionniers de l'assemblage.
Les œuvres de Joseph Cornell les plus caractéristiques sont donc des assemblages créés à partir d’objets trouvés. Ce sont la plupart du temps des boîtes en bois à couvercle vitré, dans lesquelles il a rassemblé des photos ou des objets divers. Certaines de ces boîtes, comme celles de la série des Medici Slot Machine, sont interactives et prévues pour être manipulées.
Comme Kurt Schwitters, Cornell pouvait créer de la poésie à partir d’objets banals ; mais il était surtout attiré par les fragments d’objets autrefois précieux qu’il pouvait découvrir dans les échoppes de brocanteurs de New York. Ses boîtes relèvent de la technique surréaliste de la juxtaposition irrationnelle et leur séduction provient souvent de la nostalgie qu’elles dégagent. Toutefois Cornell ne s’est jamais considéré comme un surréaliste, tout en admirant le travail d’artistes comme Max Ernst et René Magritte. Il a également été en contact avec certains membres du groupe surréaliste installés aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. Par la suite, il a été revendiqué comme précurseur du pop art et de la pratique de l’installation.
En plus des assemblages dans des boîtes, des collages et des courts métrages, Cornell conservait plus de 160 « dossiers » documentaires sur des sujets qui l’intéressaient et dont il tirait du matériau pour la création de ses boîtes. Ces dossiers concernaient par exemple les starlettes de Hollywood auxquelles il envoyait des boîtes qui leur étaient dédiées. Cornell s’intéressait également aux oiseaux et il a créé dans les années 1940-50 la série de collages Aviarie qui leur est consacrée.

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vendredi 7 février 2025

Ardengo Soffici (1879 -1964) - Small Trophy




Ardengo Soffici (1879 -1964) Small Trophy, 1914-1915, Gianni Mattioli Collection, Museo del Novecento.

 

Ardengo Soffici (1879 -1964)
Small Trophy, 1914-1915,
Gianni Mattioli Collection, Museo del Novecento.


Rappel biographique : Ardengo Soffici (1879 – 1964) est un écrivain italien, un poète et un peintre dont l'œuvre se situe entre futurisme et cubisme. Il fut l'un des intellectuels italiens qui ont adhéré au fascisme.Issu d'une famille d'agriculteurs aisés, Ardengo Soffici assiste, après leur déménagement à Florence en 1893, à la ruine de son père. Il étudie alors les arts à l'Académie du dessin de Florence et accessoirement la littérature en 1897 et ensuite, après un intermède pour vivre auprès d'un cabinet d'avocat, à la Scuola Libera del Nudo auprès de Giovanni Fattori et Telemaco Signorini. Il s'insère dans le cercle culturel et devient un écrivain autodidacte. 

À Paris, dès 1901 et au moins jusqu'en 1907, il travaille comme illustrateur, signant tour à tour « Soffici », « Sofficy » ou « Ardengo », pour des revues et des magazines1 comme L'Assiette au Beurre, Le Rire, Le Frou-frou, L'Œuvre d'art international, La Vie pour rire, Jean qui rit, Le Tutu, La Caricature, Sans-gêne, L'Indiscret, La Gaité gauloise, Polichinelle, Journal pour tous, La Gaudriole, entre autres. Mal payé, il mène une vie de privations et de renoncements. Malgré tout, cette situation lui permet de rencontrer des artistes émergents ou déjà affirmés comme Guillaume Apollinaire, Pablo Picasso et Max Jacob, et de fréquenter le monde des intellectuels et des créateurs qui s'était formé autour des revues littéraires. À l'époque, le poète néerlandais Fritz-René Vanderpy devient l'un de ses plus proches amis. Il retrouve aussi Hélène d'Oettingen, qu'il avait croisé une première fois à Florence en 1899, et fréquente son salon parisien : c'est là qu'il rencontre Apollinaire, et s'ensuit une profonde amitié avec l'une et l'autre. 

Les années passant, il se pose en homme divergeant (uomo diverso), car, après avoir fait connaître à ses amis florentins, Cézanne, les Cubistes, Guillaume Apollinaire et par un fort enthousiasme, Rimbaud, il verse dans un style classique — c'est alors l'époque du « retour à l'ordre » —, et, en politique, finit par adhérer au fascisme, une conversion qui se met en place en moins de cinq années. Le 21 avril 1925, il signe, avec 250 personnalités, le Manifeste des intellectuels fascistes (Manifesto degli intellettuali fascisti), publié par Il Popolo d'Italia et rédigé par Giovanni Gentile, et si, en 1937, il s'éloigne de Mussolini, il restera néanmoins proche du régime, jusqu'à sa chute. Il fustige les « intellectuels » qu'il juge incapables de raisonner et qui ne fonctionneraient que « par égoïsme mesquin et veulerie innée ».
En décembre 1944, il est arrêté pour collaboration avec l'ennemi nazi, et interné au camp de Collescipoli jusqu'en juillet 1945. En 1946, après un procès, il est acquitté, faute de preuves suffisantes8.Il recommence une vie publique à partir de 1948, avec une exposition de ses peintures organisée à Florence. Quelques unes de ses œuvres rentrent dans la collection Verzocchi.

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vendredi 31 janvier 2025

Harald Metzkes (né en 1929) - Le Requin

Harald Metzkes (né en 1929) Le requin, 1957 Huile sur toile National galerie



Harald Metzkes (né en 1929)
Le requin, 1957
Huile sur toile
National galerie

Rappel biographique : Harald Metzkes (né le 23 janvier 1929) est un peintre et graphiste allemand. Son père était médecin. En 1945, il s'engagea dans l'armée, mais réussit à passer ses examens de fin d'études en 1945/46 au lycée local et à poursuivre ses études d'art. En 1946, il étudia l'aquarelle avec Alfred Herzog. Entre 1947 et 1949, il fut apprenti tailleur de pierre auprès du sculpteur Max Rothe de Bautzen. Ensuite, entre 1949 et 1953, il étudia la peinture à l'Académie des Beaux-Arts de Dresde où il eut notamment comme professeurs Wilhelm Lachnit et Rudolf Bergander. De 1953 à 1955, il travailla comme artiste indépendant à Bautzen. En 1957, avec Werner Stötzer, ainsi qu'avec John et Gertrud Heartfield, il entreprend un voyage d'études de trois mois en Chine.
En 1959, Metzkes s'installe dans le sud de Berlin, où il emménage en 1960 dans un appartement-atelier : il se lance dans une carrière d'artiste indépendant, identifié dans certains milieux par le surnom de « Cézanniste de Prenzlauer Berg ». La première exposition consacrée à son œuvre a lieu à Berlin en 1963. 1963 est également l'année où il contribue aux illustrations d'un livre de Vladimir Pozner, « L'enchanté ». Au cours des 27 années qui suivirent, il contribua à l'illustration de quinze autres livres, principalement d'auteurs de renom, dont Marino Moretti,  Pier Paolo Pasolini, Franz Fühmann, Christa Wolf,  August Strindberg...
En 1976, il remporta le prix Käthe Kollwitz de l'Académie des Beaux-Arts d'Allemagne de l'Est et une reconnaissance officielle au niveau de l'État sous la forme de la Bannière du Travail. La même année, il reçut également le Prix national d'Allemagne de l'Est pour les illustrations et les arts graphiques. L'année suivante, son travail fut au centre d'une exposition à la Galerie nationale de Berlin-Est, « Harald Metzkes – Deux décennies d'images ». En 1984 et 1988, Metzkes participa à la Biennale de Venise. Quelques années après la fin de la République démocratique allemande, un État à parti unique soutenu par l'Union soviétique dont il avait été citoyen tout au long de son existence politiquement et socialement troublée, Metzkes participa en 1997-1998 à l'exposition « L'art en République démocratique allemande » organisée à la Galerie nationale. Une autre des nombreuses expositions dans lesquelles il a été présenté, en 2006, était « Bilanz des Malers » au château de Gottorf, à l'extrême nord du pays. 

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samedi 25 janvier 2025

Suzanne Valadon (1865-1938) - Vase avec Fleurs

 

Suzanne Valadon(1865-1938) Vase avec Fleurs, 1927. National Academy of Arts Sofia



Suzanne Valadon (1865-1938)
Vase avec Fleurs, 1927.
National Academy of Arts Sofia

Rappel biographique : Suzanne Valadon est une des plus importantes peintres françaises du 20e siècle et la premiere femme admise, en 1894, à la Société nationale des beaux-arts. Elle a commencé sa carrière comme acrobate de cirque en 1880, jusqu’à ce qu’une chute mette fin prématurément à cette activité. Dans le quartier de Montmartre où elle habite avec sa mère, puis avec son fils naturel, le futur peintre Maurice Utrillo, né 1883, elle a la possibilité de s’initier à l’art. Devenue modèle d’artistes, elle les observe en posant, et apprend ainsi leurs techniques. Modèle de Pierre Puvis de Chavannes, Pierre-Auguste Renoir, Henri de Toulouse-Lautrec, elle noue des relations avec certains. Habituée des bars de Montmartre où la bourgeoisie parisienne vient s’encanailler, Toulouse-Lautrec durant cette période, fait d’elle le portrait intitulé Gueule de bois. Edgar Degas (pour qui elle n'a jamais posé), remarquant les lignes vives de ses dessins et de ses peintures, encourage ses efforts. Elle connaît de son vivant le succès et réussit à se mettre à l’abri des difficultés financières de sa jeunesse. Suzanne Valadon peint des natures mortes, des bouquets et des paysages remarquables par la force de leur composition et leurs couleurs vibrantes. Elle est aussi connue pour ses nus. Ses premières expositions au début des années 1890 comportent principalement des portraits, dont celui d’Erik Satie avec qui elle a une relation en 1893. Il lui propose le mariage au matin de leur première nuit.
Suzanne Valadon est alors connue pour travailler plusieurs années ses tableaux avant de les exposer.
La peintre trouve dans la galeriste Berthe Weill, une alliée solide qui soutient son travail. La marchande fait ainsi participer l'artiste à près de dix-neuf expositions entre 1913 et 1932, dont trois rétrospectives personnelles. Son mariage, en 1896, avec un agent de change, prend fin en 1909, Suzanne quitte son mari pour l'ami de son fils, le peintre André Utter (1886-1948), qu’elle épouse en 1914. Cette union, houleuse, dure près de trente ans. André Utter en Adam et elle-même en Eve figurent sur l’une de ses toiles les plus connues, Adam et Eve. En 1923 elle achète avec Utter le château de Saint-Bernard, au nord de Lyon, pour couper son fils Maurice Utrillo de ses penchants pour l'alcool. Ce dernier qui signait ces toiles Maurice Utrillo V. (pour Valadon) peint le château ainsi que l’église ou encore le restaurant du village. Suzanne Valadon morte, le 7 avril 1938, entourée de ses amis peintres André Derain, Pablo Picasso et Georges Braque, est enterrée au cimetière parisien de Saint-Ouen.
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dimanche 19 janvier 2025

Marie Krøyer (1867-1940) - Nature morte au pichet

Marie Krøyer (1867-1940) Nature morte au pichet,1884 Collection privée



Marie Krøyer (1867-1940)
Nature morte au pichet,1884
Collection privée

Que voit on? Un pichet  transparent  posé sur une guéridon près d'une fenêtre. à travers lequel passe les rayons du soleil d'hiver. Il est rempli d'eau et une contient une branche, promesse de renouveau.

Rappel biographique : Marie Triepcke Krøyer Alfvén( est une artiste peintre danoise. Elle est principalement connue en tant que femme de Peder Severin Krøyer, l'un des membres les plus influents de la colonie d'artistes des "peintres de Skagen," qui s'est développée à la fin du 19e siècle dans le nord du Danemark. Dès son plus jeune âge, Marie rêve d'être artiste, et après avoir reçu une éducation artistique dans une école privée à Copenhague , elle se rend à Paris pour continuer ses études. C'est là qu'elle rencontre Krøyer, début 1889, qui tombe immédiatement fou amoureux d'elle. Alors qu'il est son aîné de 16 ans, le couple se marie cet été-là et, en 1891, s'installe à Skagen. Très inspiré par la beauté de Marie, Krøyer réalise nombre de portraits de sa femme, en intérieur comme en extérieur, notamment sur la plage. La vie de couple devient plus difficile lorsque Krøyer passe à partir de 1900,  à cause de la maladie mentale de Severin. Marie finit par avoir une liaison avec le compositeur suédois Hugo Alfvén. Le couple a un enfant, Marie divorce et déménage en Suède avec Alfvén. Ils se marient en 1912. Depuis sa rencontre avec Krøyer, qu'elle considérait comme bien plus talentueux qu'elle, Marieavait du mal  à peindre. Pourtant, plusieurs de ses peintures ont récemment bénéficié d'un regain d'intérêt. Elle est aussi désormais reconnue pour ses contributions au design et à l'architecture. Certains de ses dessins n'ont été découverts qu'en 2002.

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2025- Une collection de natures mortes
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samedi 11 janvier 2025

Henri Le Sidaner (1862-1939) - Trois pots de fleurs


Henri-Eugène-Augustin Le Sidaner (1862-1939), Trois pots de fleurs, Collection privée


Henri-Eugène-Augustin Le Sidaner (1862-1939)
Trois pots de fleurs
Collection privée

Que voit on ?  Trois pots qui contiennent les mêmes fleurs d'un rouge flamboyant, posés sur le rebord de la fenêtre du jardin de la maison du peintre.  

Rappel biographique : Le peintre français post impressionniste Henri Le Sidaner fut ami de Claude Monet et élève aux Beaux Arts de Paris de Cabanel qu'il soutint toute sa vie. C'est à partir de l'année 1900 qu'il se consacre à une peinture intimiste dont il exclut systématiquement toute figure humaine : jardins déserts, tables servies pour d'hypothétiques hôtes et présentant de magnifiques natures mortes (qui disent rarement leur nom,) campagnes solitaires expriment une vision silencieuse et paisible, nimbée de mystère. Son succès ne se démentira pas de son vivant. Dans la recherche de l'instant intime, de « l'arrêt sur image », les toiles que Le Sidaner peint à Gerberoy où il habite à partir de 1900, dépeignent une incomparable douceur de vivre en même temps qu'elles déclinent selon l'heure et la saison des accords chromatiques variés. A partir de l'été 1903 c'est le début des motifs d'intérieur à la fenêtre ouverte et des tables de jardin, des crépuscules... À l'aide d'un soigneux arrangement de nature morte, le peintre décline harmonieusement la sensation du « temps qui s'arrête ». C'est ce qui lui a souvent valu d'être comparé à Marcel Proust dans le domaine de la littérature.

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samedi 4 janvier 2025

Pompei - Desserte à la Vaisselle d'Argent


Pompei -  Desserte à la vaisselle d'argent

Pompei -  Desserte à la vaisselle d'argent

Que voit on ? Une desserte  à entablement dorée à la feuille d'or sans doute, présentant un impressionnant étalage de vaisselle d'argent, aiguières, coupelles, cornes dégustation, vases, coupelles, saladiers, louches et même poêle à frire ! ...

Rappel historique : Pline l'Ancien raconte que dans la Grèce antique, le peintre Piraikos qui vivait au 3e siècle avant notre ère, vendait déjà fort cher ses " Provisions de cuisine ", des tableaux de chevalets représentant des victuailles ou des instantanés d'échoppes de cordonniers et de barbiers. Dans la hiérarchie des genres picturaux d'alors, ces représentations de provisions de cuisine sont déjà considérées comme un genre mineur... et elles le resteront pendant de longs siècles... au moins jusqu'à Chardin, si ce n'est jusqu'à Cézanne. Genre mineur donc, loin derrière les sujets religieux, les portraits et les paysages, mais genre que les commanditaires s'arrachent pourtant !
Le grec Piraikos reste le plus célèbre des peintres de ce genre. Hélas, aucun exemple n'est parvenu jusqu'à nous de ces peintures des menus objets du quotidien par Piraikos, peinture que l'on nommait à cette époque Rhyparographie .
A la même époque, un autre peintre grec, Zeuxis rivalisait avec la nature au point que des oiseaux voulaient picorer les raisins qu'il peignait et qu'il passe être l'inventeur du réalisme et de l'illusionnisme ne peinture, pour ne pas dire du premier trompe-l'oeil. Il faut là encore faire confiance au récit de Pline l'Ancien, car aucun exemple de cet art ne nous est parvenu.
Les premières natures mortes connues du monde occidental sont des fresques et des mosaïques du 1er siècle de l'ère chrétienne, provenant de Campanie (Herculanum et Pompéi) ou de Rome. Elles sont exécutées dans un style réaliste et illusionniste : fruits veloutés, poissons et volailles posés sur une marche de pierre ou sur deux étagères d'un garde manger, généralement en trompe l'œil avec des ombres portées, ou quelquefois dans des coupes en verre avec des transparences subtiles.
Ces peintures évoquent le xenion antique, un cadeau fait de denrées qu'un hôte doit offrir à ses invités. Pourtant la nature morte de l'Antiquité possède une autre ambition que celle du seul plaisir mimétique. Comme le précise Charles Sterling : « Il est clair que les natures mortes hellénistiques et romaines qui représentaient des mets prêts à être consommés comportaient une allusion épicurienne ». On trouve ainsi assez fréquemment des mosaïques de natures mortes et des vanités dans les atriums d'été romains, où les convives invités aux repas étaient ainsi encouragés à cueillir le jour qui passe, Carpe diem selon la célèbre formule d'Epicure, à profiter de la vie tant qu'il était encore temps de le faire. Une déclinaison plus sophistiquée de la tradition égyptienne pharaonique qui voulait que l'on fît passer un cadavre devant les convives avant de commencer un repas pour leur rappeler l'impermanence de la vie ! Les natures mortes garderont tout au long des siècles jusqu'à nos jours, cette signification épicurienne.   _______________________________________________

2025- Une collection de Natures mortes
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samedi 28 décembre 2024

Haim Steinbach (bn 1944) - Honkong rubbermaid I-1


Haïm Steinbach (bn 1944) Honkong rubbermaid I-1 Plastic laminated wood shelf, one plastic and steel Tonka toy truck, plastic and metal wring bucket, rubber dog chew.



Haïm Steinbach (bn 1944)
Honkong rubbermaid I-1
Plastic laminated wood shelf, one plastic and steel Tonka toy truck, plastic and metal wring bucket, rubber dog chew.
Museum of Contemporary Art Chicago

Que voit-on ?  Exactement ce que le titre décrit. 

Rappel biographique  Rappel biographique : Haim Steinbach  (1944) est un artiste américain attaché au mouvement simulationniste qui vit à New York et à San Diego, en Californie, avec son partenaire et son fils.. Depuis la fin des années 1970, l'art de Steinbach est axé sur la sélection et l'agencement d'objets, en particulier d'objets de tous les jours. Afin de les mettre en lumière, il conçoit des structures et des dispositifs d'encadrement pour leur présentation. Steinbach présente des objets, allant du naturel à l'ordinaire, en passant par l'artistique et l'ethnographique, donnant forme à des œuvres d'art qui soulignent leur identité et leur sens inhérent. En explorant les aspects psychologiques, esthétiques, culturels et rituels des objets ainsi que leur contexte, Steinbach a redéfini le statut de l'objet dans l'art.

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samedi 21 décembre 2024

Gino Severini (1883-1966) - Pesci e vasi ,Natura morta con il rosmarino

Gino Severini (1883-1966) Pesci e vasi - Natura morta con il rosmarino, 1936 nHuile sur toile 61 x 50 cm, Collection privée



Gino Severini (1883-1966)
Pesci e vasi - Natura morta con il rosmarino, 1936
Huile sur toile 61 x 50 cm.
Collection privée


Que voit on ? Contrairement à la première apparence c'est une nature morte religieuse que nous voyons.  Poissons, vases et romarin étant trois symboles chrétiens et en particulier mariaux. Pour le romarin : la légende veut que  Marie  avant de donné naissance à  Jésus, ait déposé sa cape de couleur bleue sur un romarin planté devant l’étable; la cape aurait alors déteint sur l'arbrisseau et c'est ainsi que, depuis, lors  le romarin fleurit bleuet non blanc comme autrefois. Certains voient dans cette légende une autre origine possible au nom de Romarin à savoir « Rose de Marie »,  litteralement Rosemary en anglais d'ailleurs. Le poisson quand à lui  était utilisé comme symbole par les premiers chrétiens persécutés avant de deveir un signe de ralliement.  Quant aux vases, les théologiens des Églises d'Orient et d'Occident, interprètent unanimement la métaphore du « vase » comme un symbole clair de la Vierge Marie.

Rappel biographique : Gino Severini s'établit à Rome en 1899 où il travaille comme employé. Il fréquente l'école libre du nu à l'Académie et suit des cours de dessin le soir à l'école de la Villa Médicis. Il rencontre le peintre Giacomo Balla dont il devient l'élève. En 1900-1901, il est, avec Balla, à Fontenay-aux-Roses, chez Serafino Macchiati, peignant des paysages.
En 1905, il organise l'exposition des Refusés dans le foyer du théâtre Costanzi. Il s'installe à Paris en 1906 et fréquente l'avant-garde artistique. En 1910, il signe le manifeste pour la peinture futuriste avec Marinetti, Giacomo Balla, Umberto Boccioni, Luigi Russolo et Carlo Carrà. En 1912, il participe à l'exposition des peintres futuristes organisée par le critique Félix Fénéon du 5 au 24 février à la Galerie Bernheim-Jeune à Paris et il est présent dans les expositions successives des futuristes en Europe et aux États-Unis. Très bon dessinateur, il combine dans son œuvre la science et l'art, la rigueur et l'imagination, pour atteindre le plus complet bonheur d'expression lorsqu'il lance, entre 1910 et 1915, les valeurs dynamiques du futurisme.
Il manifeste un grand intérêt pour la chronophotographie et, pour s'opposer au mimétisme de la peinture traditionnelle, il s'attache dans sa peinture à décomposer les différentes étapes du mouvement, ce qui se manifeste en particulier dans une toile comme La danseuse obsédante(1911). En 1913, il épouse Jeanne (1897-1992), la fille du poète Paul Fort. Après 1920, il se consacre notamment à l'art sacré et à la mosaïque. Il publie en 1921 un ouvrage intitulé Du cubisme au classicisme. En 1922, il décore de fresques une pièce du Château de Montegufoni à la demande d'Osbert Sitwell, propriétaire des lieux. Il est l'ami de l'architecte français Auguste Perret. Dans les années 1920, il partage son temps entre Paris et Rome. En 1956, il ouvre à Paris l’École d'Art italien avec Gio Colucci.

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samedi 14 décembre 2024

Giorgio Morandi (1890-1964) - Natura Morta


Giorgio Morandi (1890-1964) Natura Morta, 1953 Huile sur toile 34.9 x 48.9 cm Collection Privée


Giorgio Morandi (1890-1964)
Natura Morta, 1953
Huile sur toile 34.9 x 48.9 cm
Collection Privée

Que voit on ? Trois pots blanc et deux verts ...planqués 

Rappel biographique : Le peintre italien Giorgio Morandi bien que qualifié de futuriste ne peut être identifié à aucun mouvement pictural du 20e siècle en particulier. Ayant peint de très nombreuses natures mortes, l’œuvre de Cézanne représente évidemment une influence majeure pour lui ; il lui emprunte la monumentalité des formes et les zones denses de couleurs. Mais simultanément, il développe une approche beaucoup plus intime de l’art. Les natures mortes de Giorgio Morandi représentent des objets toujours ordonnés avec soin sur une table dans l'atelier, pour être observés et peints. Ces objets qu'il a lui même achetés chez des brocanteurs, qui lui ont été donnés par des amis ou qu'il a ramassés dans la rue, sont facilement identifiables de toile en toile ; ce sont des bouteilles, cubes, entonnoirs auxquels viennent se mêler, à l'occasion mais rarement, un coquillage ou un fruit ou d'autres éléments plus incongrus (savons, blocs de bois... ). Le positionnement des objets dans le cadre est réalisé avec une attention particulière portée à la " géométrisation" de l'espace qui peut alors se lire en carrés et diagonales. Un lent travail de maturation est mis en œuvre par le dessin et la peinture par reprises successives, superpositions de couleurs faites d'une pâte ample avec des dégradés de gris d'une extrême sensibilité, qu'amplifie une sorte de délectation morose.

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samedi 7 décembre 2024

Gerardo Sacristán Torralba (1907-1964) - Bodegón con manzanas


Gerardo Sacristán Torralba (1907-1964) Bodegón con manzanas 1962 1954


Gerardo Sacristán Torralba (1907-1964)
Bodegón con manzanas 1962 1954

Que voit on ? des pommes encore des pommes toujours des pommes., thème particulièrement cher à Gustave Courbet ..  et trois poires tout de même !  

Rappel  biographique : Généralement considéré comme l'un des grands portraitistes espagnols du 20e siècle, Gerardo Sacristán Torralba, participa cependant à très peu d'expositions de son vivant et peignit un nombre très restreint  de nature mortes (4 ou 5 tout au plus).  
Il n'aimait pas l'exercice et quant à ses  commandes de portraits,  il préférait ne pas les montrer au public et les reserver exclusivement au commanditaire. On retrouve  ses portraits aujourd'hui dans des collections privées en Espagne et dans le sud de la France. 
Une autre partie de son oeuvre, plus personnelle et non dépendante de commandes, a été acquise par la famille de fabricants de tabac cubains Partagás, lors de ses fréquents voyages en Espagne. Le lieu de conservation actuelle de cette collection n'est  certifié par aucun document fiable mais on suppose qu'elle se trouve probablement à Cuba.  En Europe, on  peut  voir les  oeuvres de Torralba à l' hôtel de ville de Logroño, au conservatoire de Logroño, au musée de La Rioja, au musée de Navarre et au Parlement de Navarre.
 
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dimanche 1 décembre 2024

André Derain (1880-1954) - Nature morte à la Brioche, Verre et Bouteille

André Derain (1880-1954) Nature morte à la Brioche, Verre et Bouteille (1911) Huile sur toile, 50.1 x 60.8 cm. Kunstmuseum, Basel


André Derain (1880-1954)
Nature morte à la Brioche, Verre et Bouteille (1911)
Huile sur toile, 50.1 x 60.8 cm.
Kunstmuseum, Basel

Que voit on ? Tout est dit dans le titre ! 



Rappel biographique : Le peintre français André Derain est l'un des fondateurs du fauvisme. Peintre de figures, de portraits, de nus, de paysages, de marines, de natures mortes, il emploie diverses techniques : huile, gouaches, aquarelles, pastels. Il est également peintre de décors de théâtre, sculpteur, graveur et illustrateur. Pendant l'occupation allemande de la France, Derain est courtisé par les nazis comme symbole prestigieux de la culture française. Il accepte une invitation pour une visite officielle en Allemagne en 1941, avec, notamment, son ami Maurice de Vlaminck, Kees van Dongen ou le sculpteur Paul Belmondo. Derain est traité de collaborateur et ostracisé après la Libération. Après la guerre, il renonce aux présentations publiques de ses œuvres et finit sa vie dans une solitude volontaire.
Son œuvre est parfois considérée comme un revirement vers la tradition après un engagement dans les avant-gardes mais elle témoigne fortement des préoccupations des artistes de son époque, dont beaucoup, à l'instar de Maurice De Vlaminck ou Félix Valotton suivent ce même itinéraire, qualifié par les historiens de l'art de « retour à l'ordre », auquel même Picasso n'échappe d'ailleurs pas à la fin des années 1910, durant une courte période. L'œuvre de Derain est essentiellement picturale, mais il a également signé les décors et les costumes de nombreux ballets, illustré une trentaine de livres, il est également connu comme sculpteur. Une grande partie de son œuvre (80 peintures, 77 sculptures, des dessins, mais aussi des objets d'art primitif lui ayant appartenu), précédemment dans la collection Pierre et Denise Lévy, est présentée au musée d'art moderne de Troyes. Quelques de ces toiles sont aussi conservées dans les plus prestigieux musées de la planète (le Metropolitan Museum of Art de New York, le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, le Museo Rhyssen-Bornemisza de Madrid, la Royal Gallery de Londres, l'Australian National Gallery, le Bunkamura Museum of Art à Tokyo...)

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lundi 25 novembre 2024

Ernst Haeckel (1834-1919) - Actiniae


Ernst Haeckel (1834-1919) Actiniae- Kuntsformen der Natur 1904

 

Ernst Haeckel (1834-1919)
Actiniae- Kuntsformen der Natur 1904 

 Que voit on ?  Pour Ernst Haeckel la biologie était fortement apparentée avec l'art. Son talent artistique fut fortement marqué par la symétrie présente dans la nature, entre autres celles des micro-organismes monocellulaires comme les radiolaires. Ses images d'organismes présents dans le plancton et de méduses, illustrant l'impressionnante beauté du monde biologique, obtinrent une célébrité particulière. Si le succès était déjà présent dans ses monographies scientifiques, ses populaires ouvrages Kunstformen der Natur (Formes artistiques de la nature) qui parurent de 1899 à 1904 sous la forme de nombreux cahiers, appartenaient au foyer de chaque personne cultivée à l'instar de la vie animale selon Alfred Brehm. Ses représentations influencèrent l'art du début du xxe siècle. Ainsi les lustres en verre de Constant Roux du musée océanographique de Monaco utilisent des modèles de Haeckel, tout comme la porte monumentale de l'architecte français René Binet à l'exposition universelle de Paris en 1900. L'œuvre tabellaire de Binet « Esquisses décoratives », inspirée de Haeckel, fut une des bases de l'Art nouveau. Sa maison (la Villa Medusa, aujourd'hui le musée Ernst-Haeckel) et le bâtiment du musée de phylogénie conçu par lui, à Iéna, réunissent l'art et la science ; par exemple dans les ornements de la façade et les aménagements intérieurs on aperçoit des méduses.


Rappel Biographique : Ernst Haeckel était un biologiste, philosophe et libre penseur allemand. Il a fait connaître les théories de Charles Darwin en Allemagne et a développé une théorie des origines de l'être humain. Haeckel était médecin, puis professeur d'anatomie comparée et fut l’un des premiers scientifiques qui comprit la psychologie comme une branche de la physiologie. Il participa également à l'introduction de certaines notions de la biologie moderne comme celles d’« embranchement » ou d'« écologie ». Haeckel désigna également la politique comme de la biologie appliquée. Il esquissa sur des bases scientifiques l'idéologie Weltanschauung du monisme et fonda le 11 janvier 1906 le Deutscher Monistenbund (Union moniste allemande) à Iéna. Ernst Haeckel contribua beaucoup par ses écrits à la diffusion de la théorie de l'évolution. Il passe pour un pionnier de l'eugénisme, bien qu'il n'ait eu lui-même aucune conception eugéniste, car il escomptait, confiant dans les progrès dus à l'évolution, un plus grand développement et aucunement une « dégénération ». Comme d'autres organisations de libres penseurs, l'union moniste allemande fut interdite en 1933 par les nazis. Les idéologues nazis ont utilisé des extraits de ses écrits comme justification de leurs théories racistes et du darwinisme social, mais en même temps, ils ont déclaré que des éléments essentiels de la vision du monde de Haeckel étaient incompatibles avec le point de vue du national-socialisme. Sa mémoire est entachée par l'usage qu'il fit de dessins frauduleux pour mieux appuyer sa « théorie de la récapitulation ».

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lundi 18 novembre 2024

Edward Steichen (1879-1973) - Avocado



Edward Steichen (1879-1973) Avocado (New York, 1930) Gelatin silver print, 26.9 x 33.4 cm. The Boston Museum of Fine Arts



Edward Steichen (1879-1973)
Avocado (New York, 1930)
Gelatin silver print, 26.9 x 33.4 cm.
The Boston Museum of Fine Arts 

 

 Que voit on ? Un avocat au bord d' un plat ne céramique qui n'est cependant très différent de celui qu'il photographia ICI et que nous avons publié en 2019.

Rappel biographique :
Edward Steichen est un photographe, peintre américain d'origine luxembourgeoise, qui fut aussi éditeur de magazine, galeriste et conservateur du MoMA de New York de 1947 à 1962), où il joua le rôle de trait d'union culturel entre les Etats-Unis et l'Europe. Après un bref apprentissage de lithographie à Milwaukee où il apprend à peindre et faire des photos, il expose ses premières photographies picturales au Salon de Philadelphie de 1899 où ils fait remarquer par Alfred Stieglitz comme « l’incarnation même du nouvel Art photographique «. Désormais protégé et collaborateur de Stieglitz, il déménagé à New York puis Paris où il réalise deux tableaux et des photographies de peintres et de sculpteurs tels que Auguste Rodin, Henri Matisse et John Marin. En 1905, il encourage Stieglitz à ouvrir sa propre galerie à New York où il organise plusieurs expositions qualifiées de révolutionnaires qui présente l'art européen et américain moderne. Cette étroite amitié entre Steichen et Stieglitz ne va pas résisté a l’épreuve de la Première Guerre mondiale où Stieglitz exprime ses sympathies pro-allemandes alors que Steichen rejoint l'US Army Signal Corps.
Après la guerre, Steichen déprimé, incertain de son avenir,se prend à douter de la valeur de ce qu’il a produit jusque là. Pendant sa convalescence en France, il remarque les peintures naïves de son jardinier et reconnait qu’elles ont un «charme curieux et une simplicité directe" qui manque cruellement à ses propres réalisations. Abandonnant la peinture, il décide de se concentrer sur la photographie et commence a apprendre de façon autodidacte les bases de la photographie et sur la façon de contrôler le contenu des négatifs.
Après avoir passé des mois à photographier une tasse et une soucoupe, à apprendre la lumière et la texture, il aborde la question du volume. Il décide d'utiliser une lumière très faible et des expositions exceptionnellement longues avant de découvrir que cette technique a un impact esthétique évident sur ses oeuvres. Il écrira : «pour la première fois dans une photographie, on pouvait à la fois identifier le volume et la form," Il a ensuite expérimenté de nombreux procédés de fabrication pour ses impressions, avant de choisir les tirages au platine ou le papier de palladium seules a meme de lui fournir la gamme très étendus de de tons subtils et de douceur lui permettant de mieux rendre l’appréciation des volumes.
Au début des années 1920, l'éditeur américain Condé Nast le choisit pour devenir le photographe en chef des publications du groupe, imposant ses exigences en matière de photographie : « La distinction, l'élégance et le chic2 ». Il travaille particulièrement pour Vanity Fair et pour Vogue, magazines pour lesquels il réalise notamment de nombreux portraits de célébrités, démontrant une grande capacité à mettre en valeur ses sujets. Il travaillera également étroitement avec Carmel Snow d'Harper's Bazaar.
Il photographie Gloria Swanson en 19243, puis l'une de ses photographies de l'actrice Greta Garbo, datant de 1928, parue en couverture du magazine Life le 10 janvier 19554, est considéré comme l'un des portraits inoubliables de l'actrice.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il est directeur de l'Institut photographique naval (Naval Photographic Institute). Son film documentaire, The Fighting Lady, remporte en 1945 l'Oscar du meilleur documentaire. À partir de 1947 et jusqu'en 1962, Steichen est le directeur du département de la photographie du MoMA, le musée d'art moderne de New York.
En 1970, l'année de leur création, les Rencontres internationales de la photographie d'Arles présentent son œuvre lors d'une soirée de projection au Théâtre antique, intitulée « Edward Steichen, photographe » et présentée par Martin Boschet.


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lundi 11 novembre 2024

Blaise-Alexandre Desgoffe (1830-1901) - Nature morte avec coupe d'argent

Blaise-Alexandre Desgoffe (1830-1901 Nature morte avec coupe d'argent
 

Blaise-Alexandre Desgoffe (1830-1901
Nature morte avec coupe d'argent

 Que voit-on ? Une composition très imilaire à Composition à la verseuse en cristal de roche, à la chope en ivoire, coupe en serpentine et orchidée (1897)

Rappel biographique : le peintre français Blaise-Alexandre Desgoffe a fait ses études de peinture dans l'atelier d'Hippolyte Flandrin à l'Ecole des beaux-arts de Paris et a reçu les conseils de William Bouguerreau. Après une formation en peinture d'histoire, il se tourne vers la peinture de natures mortes dans laquelle il développe une grande virtuosité rappelant celle des maîtres hollandais du 17e siècle. Il expose au  Salon de Paris de 1857 à 1882. Il remporte une médaille de 3e classe en 1861 et une médaille de 2e classe en 1863. A l'exposition Universelle de 1867, il expose Un coin de cabinet de Louis XVI.  Le succès de sa carrière de peintre de nature morte a été considérable de son vivant, malgré des problèmes relationnels avec ses contemporains attisé par un ego démesuré et sa fâcheuse tendance à se prendre pour un génie. Très académique et spectaculaire, sa peinture qui a beaucoup influencé des peintres comme William Meritt Chase est totalement tombée dans l'oubli en Europe au 20e siècle, même si elle restée assez célèbre aux Etats Unis à la même période.  


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lundi 28 octobre 2024

Bruno Saetti (1902-1984) - Natura morta



Bruno Saetti (1902-1984), Natura morta, 1959.


Bruno Saetti (1902-1984)
Natura morta, 1959.

Le peintre et graveur italien Bruno Saetti fit ses études à l'Académie des beaux-arts de Bologne. En 1928, il fut admis à la Biennale de Venise avec Le Jugement de Pâris, et participa à cette manifestation sans discontinuer pendant 14 éditions, avec une édition en 1938 où une salle lui fut entièrement consacrée.
En 1929, il remporte avec Bagnanti le prix Baruzzi et expose à l'Exposition internationale de Barcelone, ce qui le consacre sur la scène artistique internationale. En 1930, il devient professeur à l' Académie des Beaux-Arts de Venise et occupe le poste de directeur de 1950 à 1956.
En 1931, il participe pour la première fois à la Quadriennale de Rome et poursuit cette participation jusqu'en 1972.
À partir de 1935, après une visite à Pompei, il s'essaie à reproduire la technique de la fresque, technique dans la quelle il va devenir le plus grand maitre contemporain. Parmi ses plus célèbres fresques, La Sainte Famille (1958, Université de Padoue), Colloque avec l'ange (1974). Il va dès lors travailkler pour ne nomrbeux edifices sacrés italiens, comme San Martino di Lupari, la basilique de Sant'Eugenio à Rome, l'église Santa Maria delle Grazie à Bologne...
Saetti est également célèbre pour ses toiles sur lesquelles il applique la technique de la fresque comme par exemple, Mère vénitienne, 1937. Pour retrouver cet effet dans ses lithographies, il prépare le papier pour qu'il reproduis la surface rugueuse d'un mur.
Il s'est également essayé au graphisme (dessins, gravures, lithographies), à la décoration sur verre et à la mosaïque.
Après sa mort, le Palazzo Strozzi de Florence organisa une vaste retrospective. Ses œuvres figurent dans les principaux musées italiens (dont le Museo Novecento à Florence et le MAMbo à Bologne) et à l'étranger (Amsterdam, Madrid, Varsovie, Zagreb, Zurich, Tokyo). En 2002, à l’occasion du centenaire de sa naissance, la galerie "56" de Bologne lui a rendu hommage. En 2004 - 2005, un autre Une grande retrospective de ses oeuvres a eut lieu sous le titre Entre intimisme et sublimation.

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dimanche 20 octobre 2024

Auguste Herbin (1882-1960) - Pots et fruits



Auguste Herbin (1882-1960) Pots et fruits, 1910


Auguste Herbin (1882-1960)
Pots et fruits, 1910

Le peintre français Auguste Herbin est une grande figure de l'art abstrait. Dans le premier quart du 20e siècle, alors que naissaient les mouvements De Stijl aux Pays-Bas, du Constructivisme en Russie et du Bauhaus en Allemagne, Herbin a été l’un des fondateurs de l’abstraction en France. Après la Première Guerre mondiale, il devient l’un des principaux protagonistes des deux grands mouvements Abstraction-Création et Réalités Nouvelles.
" Toute l'action de la peinture réside dans le rapport des couleurs entre elles, dans le rapport des formes entre elles et dans le rapport entre les formes et les couleurs ". écrira-t-il Ses natures mortes presque datant toutes de sa période cubiste sont très influencées par Juan Gris et Pablo Picasso. Herbin produit ses premières toiles abstraites en 1917. Il est remarqué par Léonce Rosenberg qui lui achète plusieurs toiles et le prend sous contrat à la Galerie de L'Effort Moderne où il expose à plusieurs reprises. En 1919 Herbin décide d'abandonner le cubisme, pour lui dépassé ; il écrit à Gleizes : « L'art ne peut être que monumental. » Il réalise alors sa série d'« objets monumentaux ». Ses peintures sur bois géométriques en relief remettent en question le statut de la peinture de chevalet. Cependant elles sont très mal accueillies, y compris par les critiques favorables au cubisme. Herbin se retire. Entre 1922 et 1925, Herbin revient à un style figuratif, sur les conseils de Rosenberg. Il désavouera plus tard les paysages, les natures mortes et les scènes de genre de cette époque, telles que Les joueurs de boules (1923, Musée National d'Art Moderne, Paris), dans lesquelles il représente les objets sous forme de volumes simplifiés.

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dimanche 13 octobre 2024

Antoine Fort-Bras (?-1690) - Le Chevalet du peintre, nature morte


Antoine Fort-Bras (?-1690) Le Chevalet du peintre, nature morte, 1686, Musée Calvet (Avignon) 
 
 
Antoine Fort-Bras (?-1690)
Le Chevalet du peintre, nature morte, 1686
Musée Calvet (Avignon)  
 
Que voit on ? Traiter son propre chevalet et sa palette avec es accessoires en nature morte est une coquetterie que beaucoup d'artistes peintres se sont permis et ce, depuis l'antiquité romaine. Celle de Fort Bras  qui excellait dans les trompe l'œil est parmi les plus réussies sur ce thème en ce qu'elle assemble toutes les manières de l'artiste sur une seul toile. Une sorte de "Flyer publicitaire " de son œuvre avant la lettre ! 

Rappel biographique :  Antoine Fort-Bras ou Forbera est un artiste peintre français ou vénitien, connu pour ses trompe-l'œil. Peu d'éléments de la carrière d'Antoine Fort-Bras sont connus. Il serait d'origine vénitienne et serait venu à Avignon pour travailler. Il est mort en 1690 à Avignon, sur le chantier de la construction de la basilique métropolite Notre-Dame des Doms, à la suite d'une chute d'un échafaudage. D'autres sources le disent condamné à mort. L'œuvre la plus importante du corpus d'Antoine Fort-Bras, Le Chevalet du peintre, datée et signée « A. F. B. pinx., A. 1686 » est conservée au musée Calvet, à Avignon. Il s'agit d'un trompe-l'œil figurant un chevalet, sur lequel est présenté une copie en contre-partie de Au royaume de Flore de Nicolas Poussin. Un autre petit tableau, ainsi que trois estampes, sont également figurés. L'une des estampes, en sanguine, est une interprétation du tableau de Poussin. Les deux autres estampes sont probablement des eaux-fortes de Sébastien Leclerc et de Gabriel Pérelle. D'autres toiles en trompe-l'œil attribuées à Antoine Fort-Bras sont connues : Trompe-l'œil du marquis de Mauny, en collection privée et Les trois âges de la vie, conservé au musée Massey de Tarbes.

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dimanche 6 octobre 2024

Arman (1928-2005) - Ordures au naturel

Arman (1928-2005), Ordures au naturel, bocaux, 1971- 1972, Centre Pompidou Paris

Arman (1928-2005)
Ordures au naturel, bocaux, 1971- 1972
Centre Pompidou Paris

Que voit on ? Le titre parle de lui même.

Rappel Biographique  : Né en 1928 à Nice, Armand Fernandez fait ses études aux Arts décoratifs de Nice (1946-1949) et à l'école du Louvre à Paris (1949-1950). En 1951, il décide de signer de son seul prénom, comme Vincent Van Gogh, prénom qui perdra son « D » pour devenir son pseudonyme définitif, Arman, en 1958.
En 1955, la Galerie du Haut-Pavé organise sa première exposition personnelle à Paris. Ses premiers « Cachets » (traces d'objets encrés ou peints) à Paris datent de 1956.
En 1959, il commence la réalisation de la série des « Poubelles » : il expose des ordures ménagères, des détritus trouvés dans la rue et des déchets. Ses « accumulations » d'objets suivant une logique quantitative qui efface leur singularité renvoient une image de profusion, en même temps qu'elles soulignent le caractère périssable des produits de la société d'abondance.
En 1960, il est cofondateur du mouvement des Nouveaux Réalistes. Le Nouveau Réalisme réunit des artistes divers mais qui ont un point commun dans leur création : ils s'approprient de manière directe le réel et réalisent un « recyclage poétique du réel urbain, industriel, publicitaire » (Pierre Restany, 60/90. Trente ans de Nouveau Réalisme, édition La Différence, 1990, p. 76). Ils donnent ainsi une nouvelle vision de ce qui nous entoure au quotidien.  Cette même année 1960, Arman utilise pour la première fois du plexiglas dans ses oeuvres. En 1961, il entame la série des « Colères » : destructions d'objets (les « Coupes » de violon, de piano, de contrebasse…) savamment recollés sur piédestal ou sur supports muraux. Dans les « Combustions » (1963), ces mêmes objets sont brûlés.
Arman s'installe en 1963 aux Etats-Unis et prend la nationalité américaine en 1972.
Entre 1980 et 1999, l'éventail des œuvres et des techniques s'élargit. Arman décline et multiplie les diverses procédures d'exécution. À la fin des années 1990, l'œuvre se radicalise en une succession de gestes reliés à l'objet (Accumulations en Relation, Cascades, Sandwiches Combo). Il montre un intérêt renouvelé pour la peinture (par exemple dans les séries des "Nuits étoilées" et des "émersions"). En 2000, il travaille sur des fragmentations sur panneau, des fragments (dessins et sculptures). Il présente une rétrospective thématique (« La Traversée des Objets »), au château de Villeneuve, à Vence. Ses sculptures en bronze participent d'un geste semblable : l'artiste se saisit des icônes de l'art occidental (Vénus de Milo, Hercule Farnèse, etc.), qu'il tronçonne pour ensuite les ressouder dans un désordre fouillé.
En 2002-2003, Arman renoue avec la peinture de chevalet en une série d'œuvres, « Serious Paintings », qui allient la recomposition d'instruments de musique à leur « mise en scène » en peinture.

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dimanche 29 septembre 2024

Arthur Segal (1875-1944) - Still life with oranges


Arthur Segal (1875-1944) Still life with oranges, 1929

Arthur Segal (1875-1944)
Still life with oranges, 1929

 

Que voit on ? Nous voyons ce que décrit le titre avec un réglage de focus  - comme qu'il s 'agissait d'un appareil photographique - centré sur la coupe blanche au premier plan, au détriment des objets dans le fond qui sont volontairement peint dans le flou.  Un jeu destiné à créer une confusion entre photo et peinture, ou un simple clin d'œil qui rend en tout cas la présence de cette coupe blanche presque surnaturelle dans la composition ?  Encore une toile très étonnante d'un peintre dont la production est si  diverse et les styles si variés qu'on ne s'ennuie jamais dans son œuvre !

Rappel biographique : Arthur Segal (ne pas confondre avec Lazar Segall) fut un peintre d'origine roumaine, qui émigra à Londres en 1936. Il se situe, pour une part importante de son œuvre, dans le mouvement de l'avant-garde allemande (courant expressionniste), puis il évolue ver une forme de cubisme très personnelle. Arrivé à Berlin en 1892, il a pour professeur Hoelzel et subit les influences de Munch, Van Gogh et Segantini. Ses œuvres, aux couleurs claquantes et à la volonté expressive, sont exposées avec celles de Nolde, Heckel, Kirchner et Pechstein. Segal aide également à la fondation de la Neue Secession en 1910 et joue un rôle de premier plan dans le November Gruppe. À partir de 1917, à la lecture des théories de Goethe sur la couleur, influencé sans doute par les œuvres de Robert Delaunay, qui a exposé à la galerie Der Sturm en 1912, Segal évolue vers un style qualifié de « cubiste ». Divisant ses toiles en parties égales, le plus souvent des carrés ou des rectangles qu'il appelle des « équi-balances », Segal mêle, dans une tentative de narration évidente, des recherches de construction géométrique et d'alternance de couleurs à des problèmes optiques où joue le contraste du clair et de l'obscur.

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