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samedi 20 juin 2026

Olivier Debré (1920-1999) - Nature morte verte clair

Olivier Debré (1920-1999) Nature morte verte clair; 1957  Collection particulière



Olivier Debré (1920-1999)
Nature morte verte clair, 1957 
Collection particulière 

Rappel biographique :  Le peintre français Olivier Debré est un représentant majeur du courant de  l’Abstraction lyrique. Fils du professeur Robert Debré, le frère de Michel Debré (Premier ministre du Général de Gaulle) et l'oncle de Bernard Debré et de Jean-Louis Debré, il fut le seul artiste d'une famille qui compte surtout des hommes politiques et des médecins. En juin 1937, il subit un choc en voyant, exposé au Pavillon de l’Espagne de l’Exposition internationale à Paris, le Guernica de Picasso. Georges Aubry, dont la galerie est située rue de Seine à Paris, l'encourage en l'exposant le premier. Il est remarqué par Dunoyer de Segonzac et Picasso qu'il rencontrera en 1941, ce dernier l’invitant dans son atelier  rue des Grands-Augustins pendant l’hiver 1942-1943.
Durant la Seconde Guerre mondiale, son art est marqué par l'expression graphique. Le dessin lui permet de traduire toute l'horreur de la guerre : Le Mort de DachauLe Sourire sadique du Nazi, Le Mort et son âme. En 1946, il installe un atelier à Cachan, il y peint une toile de 8 m de long : La Vérité et la Justice poursuivant le crime.
En 1949, il présente sa première exposition personnelle à la galerie Bing, à Paris, marchand de Soutine et de Modigliani. А l'automne, Olivier Debré installe un second atelier rue de Saint Simon à Paris et  fait la connaissance de ses grands aînés:  Hans Hartung, Gérard Schneider, Serge Poliakoff, Maria Elena Vieira da Silva. Il réalise ses premiers Signes-personnages.
Dans les années 1950, privilégiant la matière et les couleurs sourdes.
1953 correspond à une période charnière dans son œuvre où il délaisse les signes-personnages pour les signes-paysages. C'est à cette époque qu'il prend conscience des possibilités multiples offertes par la technique de la lithographie qu'il n'a jamais cessé de pratiquer. En 1956, Michel Warren organise sa première exposition individuelle à Paris. L'année suivante, la seconde exposition chez Michel Warren le fait figurer « désormais en bonne place parmi les chefs de file de l'Ecole de Paris », écrit John Prossot dans Apollo dont la couverture reproduit le tableau exposé. Après un voyage en Espagne, il expose, en 1959, а la Phillips Gallery а Washington et rencontre Rothko.
Sa première exposition personnelle à Oslo se tient à la galerie Haaken A.Christensen en 1966. Il voyagera et peindra en Norvège jusqu'à la fin de sa vie.  En 1967, il participe à l'exposition internationale de Montréal avec une gigantesque peinture Signe d'homme, pour le pavillon français. En 1975-1976, il fait partie, avec Pierre Alechinsky, Hans Hartung, Roberto Matta, Zoran Music, Edouard Pignon et Pierre Soulages, de l'exposition itinérante en France Trente créateurs organisée par André Parinaud.
De 1980 а 1985, Olivier Debré est nommé professeur, chef d'atelier de peinture murale а l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris. La consécration du peintre est également marquée par l'inauguration d'une salle Olivier Debré au Musée des beaux-arts de Tours en 1992.  Le 17 mars 1999, quelques mois avant sa mort en juin, il est élu membre de l'Institut de France, à l'Académie des beaux-arts, au fauteuil précédemment occupé par le peintre Georges Cheyssac.
En 2015, le CCC - Centre de Création Contemporaine de Tours est devenu le "Centre de Création contemporaine Olivier Debré". Il s'implante en 2016 dans un nouveau bâtiment actuellement en construction sur le site du jardin François 1er. Le lieu ne sera pas un musée consacré à Olivier Debré mais un centre d'art qui fera vivre l’œuvre du peintre en la mettant en résonance avec la création artistique contemporaine. 

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dimanche 29 mars 2026

Françoise Gilllot (1921-2023) - Evier et tomates

 

Françoise Gilllot (1921-2023) Evier et tomates, 1951 Huile sur contreplaqué, 91,8x72,8 cm  Centre Pompidou, Paris

 
Françoise Gilllot (1921-2023)
Evier et tomates, 1951
Huile sur contreplaqué, 91,8x72,8 cm 
Centre Pompidou, Paris

 Rappel biographique :  Née Marie-Françoise Gilot, issue d'une famille bourgeoise de Paris, elle est la fille d'Émile Gilot, chimiste et fondateur des Parfums Gilot, et de Madeleine Renoult, peintre aquarelliste. Elle commence des études de droit mais, plus attirée par sa passion pour l'art, suit les traces de sa mère et s'oriente vers le dessin et la peinture. Son père, qui désapprouve ce choix, lui coupe les vivres ; elle gagne de l'argent en enseignant l'équitation dans le bois de Boulogne et étudie à l'Académie Julian. En mai 1943, à 21 ans, elle rencontre Pablo Picasso, 61 ans, alors amant de Dora Maar. Elle est sa compagne de 1944 à 1953, et la mère de deux de ses enfants, Claude (1947-2023) et Paloma (1949). Picasso, durant leur période de vie commune, la représente sous l'apparence de la Femme fleur, radieuse et solaire. Surnommée « la femme qui dit non » par le peintre, elle le quitte en 1953 pour s'installer à Paris avec leurs deux enfants. Elle part aux États-Unis en 1955.
Elle continue à mener sa propre carrière d'artiste peintre qui prospère aux États-Unis. Elle est en 1962 régente du Collège de ’Pataphysique, nommée le « 25 merdre 89 » à la « chaire d'Eupécilité ». En 1964, elle publie "Vivre avec Picasso", un livre relativement intime sur leur vie commune, qui rencontre un énorme succès, traduit en seize langues. Ce livre met Picasso dans une grande colère, au point qu’il ne veut plus recevoir ses enfants. Il tente, en vain, d'en interdire la publication en lui intentant trois procès et en publiant dans le journal Les Lettres françaises une pétition réunissant les signatures de quatre-vingts artistes, dont Louis Aragon, Jacques Prévert ou encore Pierre Soulages.
Après sa séparation d'avec Picasso, Françoise Gilot épouse le peintre Luc Simon, dont elle a une fille, Aurélia. En 1970, elle se marie avec le biologiste Jonas Salk, pionnier de la vaccination contre la poliomyélite, qu'elle a rencontré l'année précédente par l'intermédiaire d'amis communs à La Jolla en Californie, et avec qui elle vit jusqu'à la mort de celui-ci en 1995. Peignant douze heures par jour, elle a produit « au moins 1 600 toiles et 3 600 œuvres sur papier ». Elle est présente dans les collections du Metropolitan Museum of Art et du Museum of Modern Art à New York, et du Centre Pompidou à Paris. Elle meurt le  à Manhattan (New York)  à lage de 101 ans.

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dimanche 15 février 2026

David Hockney (bn. 1937) - Nature morte à la chaise

 

David Hockney (bn. 1937)  Nature morte à la chaise  Collection privée

David Hockney (bn. 1937) 
Nature morte à la chaise 
Collection privée 

David Hockney, est un peintre, dessinateur, graveur, décorateur et photographe britannique, né en 1937 dans une famille anglaise modeste, quatrième enfant d’une fratrie de cinq. Son père ayant été un objecteur de conscience pendant la seconde guerre mondiale, David Hockney a refusé de faire son service militaire entre 1957 et 1959. Après des études au Royal College of Art de Londres, il en sort diplômé en 1962.
Il commence sa carrière comme dessinateur de presse pour le Sunday Times, au cours d’un voyage en Egypte. En 1964, il découvre la Californie, les polaroids, la peinture acrylique, les belles villas et leur piscine qui deviennent un des motifs principaux de ses œuvres. Eloigné des courants les plus-avant-gardistes, Hockney pratique un art figuratif presque expressionniste où se mêlent portraits, photographies et videos. En 1963, à New York, il rencontre Andy Warhol qui lui rendra plus tard plusieurs fois visites à Los Angeles. La légende veut que ce soit Warhol qui ait conseillé à Hockney de faire sa célèbre série sur les piscines. Homosexuel parmi les premiers à se revendiquer comme tel, David Hockney revient vivre à Londres en 1968 et prend pour compagnon le réalisateur John Schlesinger, auteur notamment de Midnight Cow Boy (1969) ou Sunday Bloody Sunday (1971), autant de films militant ouvertement pour les droits des homosexuels dans une Angleterre qui assimile toujours en justice l'homosexualité à un crime. En 1973, Jack Hazan réalise un documentaire-fiction qui lui est consacré intitulé "A Bigger Splash" qui assoit sa notoriété internationale naissante (le film est primé au Festival international du film de Locarno) Entre 1974 et 1977, David Hockney s'installe à Paris où son travail tourne un peu en rond, avant de repartir en Californie en 1978. En 1974, le Musée des Arts Décoratifs de Paris organise sa première rétrospective David Hockney. Il est considéré désormais comme une des figures du mouvement Pop Art des années 1960 et à ce titre, s'intéressa à peu près à tous les genres picturaux, bien qu'ayant développé, surtout ces dernières années, une prédilection pour les paysages. Il a cependant peint beaucoup de nature mortes (surtout dans les années 1980) toujours traitée à sa façon, c'est à dire de manière décalée, anecdotique et toujours avec un indéniable talent de coloriste.
En 2010, il expose à Paris, à la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint-Laurent, ses œuvres réalisées sur iPhone et iPad, il met aussi en avant la possibilité de rediffuser le processus créatif, à travers des logiciels déclarant « La seule expérience semblable est celle où l’on voit Picasso dessiner sur du verre pour un film » (en référence au film « Le Mystère Picasso » d'Henri-Georges Clouzot).
Le 2 janvier 2012, il a été nommé par la reine Elizabeth II, membre de l’Ordre du mérite britannique. Une grande exposition s'est ouverte le 23 janvier 2012 à la Royal Academy de Londres et au Musée Guggenheim de Bilbao où elle restée en place pendant tout l'été 2012 et a connu un immense succès.
Depuis 2019, David Hockney a choisi de vivre une grande partie de l'année en France, en Normandie pour être précis, dont il dit préférer la nature variée à celle de l'Angleterre.

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dimanche 25 janvier 2026

Oscar Dominguez (1906-1957) - Nature morte à la lampe à pétrole



Oscar Dominguez (1906-1957)  Nature morte à la lampe à pétrole  Collection Privée


Oscar Dominguez (1906-1957) 
Nature morte à la lampe à pétrole 
Collection Privée

 Rappel biographique : Óscar Domínguez est un peintre surréaliste espagnol qui a fait l'essentiel de sa carrière à Paris dans le groupe des Surréalistes. Il vient à Paris pour la première fois en 1927, pour surveiller les affaires de son père, riche négociant agricole à Ténérife. Il en découvre la vie nocturne, dépensant l'argent familial. En 1928, il rentre à Tenerife pour effectuer son service militaire et commence à exposer. Revenu à Paris dès 1929, il doit à la mort de son père, en 1931, gagner sa vie en réalisant des illustrations pour la publicité.
Ses premières toiles surréalistes datent de 1932. Il est, en 1934, intégré au groupe parisien dans lequel il introduit, selon André Breton, « le sifflement ardent et parfumé des îles Canaries. » Domínguez participe jusqu'en 1940 aux expositions du groupe.
Sous l'Occupation, il séjourne à Marseille, à la villa Air Bel et travaille au fameux Croque fruit. Il rejoint fin 1941 son ami le poète Robert Rius à Paris et participe aux activités du groupe la Main à plume, dont il est l'un des principaux illustrateurs. Pendant cette période, il réalise sa première exposition personnelle à la galerie Louis Carré (1943) où il montre une œuvre marquée de plus en plus par l'influence de Picasso. Après la guerre, cette évolution picturale lui vaut d'être écarté par Breton.
Surnommé « le dragonnier des Canaries » par André Breton, « l'ours mal léché à la tête d'hidalgo gigantesque » par le photographe Brassaï, ou plus simplement « Putchie » par sa maîtresse la vicomtesse de Noailles, Domínguez, personnage extrême, mythique, pouvait se montrer violent. Provocateur, il avait présenté en décembre 1945, lors de la grande exposition « Surréalisme » de Bruxelles, une inscription murale géante :
« Je souhaite la mort de trente mille curés toutes les trois minutes. »
Óscar Domínguez se donne la mort en s'ouvrant les veines le 31 décembre 1957 dans son atelier de la rue Campagne-Première à Montparnasse. Avec lui disparaît le dernier peintre maudit de Montparnasse.

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2026 15e année -  Une collection de Natures Mortes 
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samedi 6 décembre 2025

Pierre Bonccompain (n" en 1938) - Mimosa sur nappe jaune



Pierre Bonccompain (né en 1938) Mimosa sur nappe jaune 2024 Huile sur papier marouflé sur toile. 116 x 89cm Kwai Fung Gallery, Hong Hong, Chine

 

Pierre Bonccompain (né en 1938)
Mimosa sur nappe jaune 2024
Huile sur papier marouflé sur toile. 116 x 89cm
Kwai Fung Gallery, Hong Hong, Chine

Rappel biographique : Pierre Boncompain,  est un artiste peintre français né à Valence (Drôme. Après des études classiques au collège Saint Joseph d'Avignon où son premier acte d'artiste est de peindre à fresque le local des scouts, il s'installe à Paris, suit les cours de l'Académie Charpentier et entre major de sa promotion à l'Ecole nationale des arts décoratifs (1958)
Il rejoint l'atelier de Raymond Legueult à l'école nationale des Beaux-Arts.
Le critique d'art Georges Besson des Lettres françaises, ami de Bonnard et Matisse le remarque au salon de la jeune peinture du Musée d'Art Moderne et lui ouvre les portes de la galerie Guiot qui présente ses premières expositions. En 1977, il est envoyé en mission culturelle en Inde par le Ministère des Affaires Étrangères. De ce séjour il rapporte les batiks qui figureront dans ses natures-mortes. Il expose régulièrement en France et à l'étranger : Japon, Chine, États-Unis.
En 2000, il réalise une peinture murale à la Foundation Johnson and Johnson, Ground's for Sculpture à Hamilton, New Jersey.
En 2002, le Musée des beaux-arts de Shanghai lui consacre une rétrospective. Il pratique indifféremment la peinture à l'huile et le pastel, illustre des ouvrages de bibliophilie, réalise un œuvre gravé d'environ trois cents lithographies, une trentaine de tapisseries tissées par l'Atelier 3 et une œuvre de céramiste à l'Atelier Sassi-Milici à Vallauris.
Il est citoyen d'honneur de la ville de Kobe (Japon).
En 2018 Pierre Boncompain fait donation à Montélimar-agglomération d'une centaine d'œuvres issues de son travail et de sa collection personnelle de dessins et de gravures. Cette donation fait l'objet d'une exposition de Renoir à Picasso, du 18 mai au 31 décembre 2018 au Musée d'art contemporain Saint-Martin et au Château des Adhémar, à Montélimar.

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2025 - Une Collection de Natures Mortes 
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samedi 13 septembre 2025

Yves-Brayer (1907-1990) - La Table du Torero



Yves-Brayer (1907-1990) La Table du Torero  Huile sur Toile,55 x 46cm Collection privée



Yves-Brayer (1907-1990)
La Table du Torero 
Huile sur Toile,55 x 46cm
Collection privée

Que voit on ? La série espagnole faite par le peintre  pour illsutrer un roman hispanisant. Une vison d'un Espagne qui parait aujourd'hui un peu caricaturale mais qui  a le mérite de poser le sujet de façon immédiate et tres précise , l'une des particularités du talent d'illustrateur de Brayer.

Rappel biographique : Yves Brayer est  est un peintre, graveur, illustrateur et décorateur de théâtre français. Fidèle à la tradition de l'art figuratif, il est l'un des maîtres de l'École de Paris. Utilisant une grande variété de techniques, il est l'auteur d'une abondante production de paysages mais aussi de grandes compositions, figures et natures mortes.
Son goût pour le graphisme l'entraîne  à pratiquer la technique de la gravure sur cuivre et de la lithographie. Ainsi, il réalise de nombreuses estampes et illustre des livres à tirage limité sur des textes de Blaise Cendrars, Henry de Montherlant, Baudelaire, Paul Claudel, Jean Giono, Frédéric Mistral, Marcel Pagnol, etc... Yves Brayer est aussi l'auteur de décorations murales, de cartons de tapisseries, de maquettes de décors et de costumes pour le Théâtre-Français, et les opéras de Paris, Amsterdam, Nice, Lyon, Toulouse, Bordeaux ou Avignon.
Ses expositions particulières ont rendu ses œuvres familières dans de nombreux pays : à Paris tout d'abord puis en France, en Europe et aux États-Unis. En 1977, la Bibliothèque nationale de France organise une exposition « Yves Brayer, Graveur » pour son soixante-dixième anniversaire, et le musée de La Poste à Paris lui consacre une exposition de ses œuvres lors de la parution du timbre en 1978. Le musée Marmottan lui rend hommage en 1993 et le musée des Années Trente à Boulogne-Billancourt célèbre son centenaire en 2008.
En 1960 est ouvert le premier musée Yves-Brayer dans la salle d'honneur de la mairie de Cordes-sur-Ciel. Depuis 2006, ces œuvres font partie des collections du nouveau musée d'art moderne et contemporain situé dans la belle maison gothique dite « du Grand Fauconnier », aux côtés d'œuvres de Picasso, Léger et autres, issues de la donation André Verdet. Enfin un musée Yves Brayer est inauguré en 1991 aux Baux-de-Provence dans une demeure de la fin du 16e siècle, proche de la chapelle des Pénitents Blancs qu'il avait décorée quelques années plus tôt.

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dimanche 25 mai 2025

Nicolas de Staël (1914-1955) - Nature morte à la carafe

Nicolas de Staël (1914-1955) Nature morte à la carafe Collecion privée


Nicolas de Staël (1914-1955)
Nature morte à la carafe
Collecion privée 

Rappel biographique : Le peintre français  d'origine russe Nicolas de Staël, né baron Nicolaï Vladimirovitch Staël von Holstein,  est issu d'une branche cadette de la famille de Staël-Holstein. Plus d'un demi siècle après sa mort, il reste l'un des peintres les plus marquants du 20e siècle posant un problème aux historiens de l'art qui ne savent pas dans quelle catégorie le classer,  ce qui doit le réjouir post mortem, lui qui détestait les catégories et les courants.
La réinvention de la figuration opérée par Staël a été mal comprise alors qu'elle anticipait d'une vingtaine d'année l'évolution générale de l'art. Il a « retrouvé le visible sans renoncer aux possibilités expressives et à la liberté d'action qui définissent la peinture contemporaine»  alors que Paris perd sa place de capitale des arts, dès les années 1960, sous l'effet du marché de l'art et de la surenchère : " on y est devenu incapable de discerner le pastiche de l'original " selon Umberto Eco.
Selon Marcelin Pleynet et Michel Seuphor : « ...il faut tenir compte de Nicolas de Staël, vu et revu souvent avec et travers l'avant-garde américaine de années cinquante. Ces nouveaux mouvements d'abstraction suivent le cheminement de Staël, délaissant la peinture gestuelle pour une peinture brossée, voir maçonnée ».
Peu exposé de son vivant, son œuvre a donné lieu à de nombreuses manifestations posthumes qui ont confirmé sa stature sur le plan international. " Staël fut le plus puissant créateur de sa génération dans l'École de Paris de l'après-guerre, sur laquelle il a exercé une forte influence Il a été le premier à dépasser l'antinomie  abstraction-figuration ".
Nicolas de Staël meurt à 41 ans en se jetant de la terrasse de l'immeuble où il avait son logement et un de ses ateliers à Antibes. L'ensemble de son œuvre s'étend sur 15 années. Il a peint, à partir de 1952, plusieurs natures mortes dont quelques unes sont aujourd'hui conservées et exposées au Musée Picasso d'Antibes à quelques pas de son ancien atelier.
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dimanche 11 mai 2025

Le Corbusier (1887-1965) – Nature morte et figure

 

Le Corbusier (1887-1965),  Nature morte et figure, 1944




Le Corbusier (1887-1965),
Nature morte et figure, 1944

 L'architecte et urbaniste français d'origine suisse, Charles-Édouard Jeanneret-Gris plus connu sous le pseudonyme de Le Corbusier fut aussi peintre, sculpteur, décorateur et hommes de lettres, reléguant très loin la sempiternelle incompatibilité entre architecte et artiste ! Dans le domaine de l'architecture il est l'un des principaux représentants du mouvement moderne avec Ludwig Mies van der Rohe, Walter Gropius, Alvar Aalto...
En même temps que sa pratique architecturale, Le Corbusier n'a de cesse de nourrir sa réflexion par une pratique régulière des arts plastiques. Son premier « voyage d'Orient » le fait passer par Vienne où il rencontre entre autres Gustav Klimt. Sa collaboration avec Amédée Ozenfant est féconde (l'esprit nouveau, le purisme, etc.) de même que celle qu'il entama avec Fernand Léger, Pablo Picasso et Georges Braque. Après 1917, il ne cesse jamais de peindre. Malgré une trentaine d'années de mise entre parenthèses de son activité picturale en France (1923-1953), il participe à de nombreuses expositions à l'étranger. Dès 1940, il se lance dans la peinture murale.
Le dessinateur instaure des partenariats en ce qui concerne la sculpture après 1947 et les tapisseries à partir de 1948. Après 1950, il s'intéresse aux collages. Dans l'atelier de Jean Martin, à partir de 1953, il grave des émaux sur tôle d'acier. La diffusion de ses lithographies est immense. Sa production de dessins, d'aquarelles et de toiles est gigantesque. Quelques natures mortes parsèment cet œuvre considérable, dont certaines ont servi de cartons pour des tapisseries réalisées dans les ateliers d'Aubusson.

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vendredi 7 février 2025

Ardengo Soffici (1879 -1964) - Small Trophy




Ardengo Soffici (1879 -1964) Small Trophy, 1914-1915, Gianni Mattioli Collection, Museo del Novecento.

 

Ardengo Soffici (1879 -1964)
Small Trophy, 1914-1915,
Gianni Mattioli Collection, Museo del Novecento.


Rappel biographique : Ardengo Soffici (1879 – 1964) est un écrivain italien, un poète et un peintre dont l'œuvre se situe entre futurisme et cubisme. Il fut l'un des intellectuels italiens qui ont adhéré au fascisme.Issu d'une famille d'agriculteurs aisés, Ardengo Soffici assiste, après leur déménagement à Florence en 1893, à la ruine de son père. Il étudie alors les arts à l'Académie du dessin de Florence et accessoirement la littérature en 1897 et ensuite, après un intermède pour vivre auprès d'un cabinet d'avocat, à la Scuola Libera del Nudo auprès de Giovanni Fattori et Telemaco Signorini. Il s'insère dans le cercle culturel et devient un écrivain autodidacte. 

À Paris, dès 1901 et au moins jusqu'en 1907, il travaille comme illustrateur, signant tour à tour « Soffici », « Sofficy » ou « Ardengo », pour des revues et des magazines1 comme L'Assiette au Beurre, Le Rire, Le Frou-frou, L'Œuvre d'art international, La Vie pour rire, Jean qui rit, Le Tutu, La Caricature, Sans-gêne, L'Indiscret, La Gaité gauloise, Polichinelle, Journal pour tous, La Gaudriole, entre autres. Mal payé, il mène une vie de privations et de renoncements. Malgré tout, cette situation lui permet de rencontrer des artistes émergents ou déjà affirmés comme Guillaume Apollinaire, Pablo Picasso et Max Jacob, et de fréquenter le monde des intellectuels et des créateurs qui s'était formé autour des revues littéraires. À l'époque, le poète néerlandais Fritz-René Vanderpy devient l'un de ses plus proches amis. Il retrouve aussi Hélène d'Oettingen, qu'il avait croisé une première fois à Florence en 1899, et fréquente son salon parisien : c'est là qu'il rencontre Apollinaire, et s'ensuit une profonde amitié avec l'une et l'autre. 

Les années passant, il se pose en homme divergeant (uomo diverso), car, après avoir fait connaître à ses amis florentins, Cézanne, les Cubistes, Guillaume Apollinaire et par un fort enthousiasme, Rimbaud, il verse dans un style classique — c'est alors l'époque du « retour à l'ordre » —, et, en politique, finit par adhérer au fascisme, une conversion qui se met en place en moins de cinq années. Le 21 avril 1925, il signe, avec 250 personnalités, le Manifeste des intellectuels fascistes (Manifesto degli intellettuali fascisti), publié par Il Popolo d'Italia et rédigé par Giovanni Gentile, et si, en 1937, il s'éloigne de Mussolini, il restera néanmoins proche du régime, jusqu'à sa chute. Il fustige les « intellectuels » qu'il juge incapables de raisonner et qui ne fonctionneraient que « par égoïsme mesquin et veulerie innée ».
En décembre 1944, il est arrêté pour collaboration avec l'ennemi nazi, et interné au camp de Collescipoli jusqu'en juillet 1945. En 1946, après un procès, il est acquitté, faute de preuves suffisantes8.Il recommence une vie publique à partir de 1948, avec une exposition de ses peintures organisée à Florence. Quelques unes de ses œuvres rentrent dans la collection Verzocchi.

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samedi 25 janvier 2025

Suzanne Valadon (1865-1938) - Vase avec Fleurs

 

Suzanne Valadon(1865-1938) Vase avec Fleurs, 1927. National Academy of Arts Sofia



Suzanne Valadon (1865-1938)
Vase avec Fleurs, 1927.
National Academy of Arts Sofia

Rappel biographique : Suzanne Valadon est une des plus importantes peintres françaises du 20e siècle et la premiere femme admise, en 1894, à la Société nationale des beaux-arts. Elle a commencé sa carrière comme acrobate de cirque en 1880, jusqu’à ce qu’une chute mette fin prématurément à cette activité. Dans le quartier de Montmartre où elle habite avec sa mère, puis avec son fils naturel, le futur peintre Maurice Utrillo, né 1883, elle a la possibilité de s’initier à l’art. Devenue modèle d’artistes, elle les observe en posant, et apprend ainsi leurs techniques. Modèle de Pierre Puvis de Chavannes, Pierre-Auguste Renoir, Henri de Toulouse-Lautrec, elle noue des relations avec certains. Habituée des bars de Montmartre où la bourgeoisie parisienne vient s’encanailler, Toulouse-Lautrec durant cette période, fait d’elle le portrait intitulé Gueule de bois. Edgar Degas (pour qui elle n'a jamais posé), remarquant les lignes vives de ses dessins et de ses peintures, encourage ses efforts. Elle connaît de son vivant le succès et réussit à se mettre à l’abri des difficultés financières de sa jeunesse. Suzanne Valadon peint des natures mortes, des bouquets et des paysages remarquables par la force de leur composition et leurs couleurs vibrantes. Elle est aussi connue pour ses nus. Ses premières expositions au début des années 1890 comportent principalement des portraits, dont celui d’Erik Satie avec qui elle a une relation en 1893. Il lui propose le mariage au matin de leur première nuit.
Suzanne Valadon est alors connue pour travailler plusieurs années ses tableaux avant de les exposer.
La peintre trouve dans la galeriste Berthe Weill, une alliée solide qui soutient son travail. La marchande fait ainsi participer l'artiste à près de dix-neuf expositions entre 1913 et 1932, dont trois rétrospectives personnelles. Son mariage, en 1896, avec un agent de change, prend fin en 1909, Suzanne quitte son mari pour l'ami de son fils, le peintre André Utter (1886-1948), qu’elle épouse en 1914. Cette union, houleuse, dure près de trente ans. André Utter en Adam et elle-même en Eve figurent sur l’une de ses toiles les plus connues, Adam et Eve. En 1923 elle achète avec Utter le château de Saint-Bernard, au nord de Lyon, pour couper son fils Maurice Utrillo de ses penchants pour l'alcool. Ce dernier qui signait ces toiles Maurice Utrillo V. (pour Valadon) peint le château ainsi que l’église ou encore le restaurant du village. Suzanne Valadon morte, le 7 avril 1938, entourée de ses amis peintres André Derain, Pablo Picasso et Georges Braque, est enterrée au cimetière parisien de Saint-Ouen.
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dimanche 1 décembre 2024

André Derain (1880-1954) - Nature morte à la Brioche, Verre et Bouteille

André Derain (1880-1954) Nature morte à la Brioche, Verre et Bouteille (1911) Huile sur toile, 50.1 x 60.8 cm. Kunstmuseum, Basel


André Derain (1880-1954)
Nature morte à la Brioche, Verre et Bouteille (1911)
Huile sur toile, 50.1 x 60.8 cm.
Kunstmuseum, Basel

Que voit on ? Tout est dit dans le titre ! 



Rappel biographique : Le peintre français André Derain est l'un des fondateurs du fauvisme. Peintre de figures, de portraits, de nus, de paysages, de marines, de natures mortes, il emploie diverses techniques : huile, gouaches, aquarelles, pastels. Il est également peintre de décors de théâtre, sculpteur, graveur et illustrateur. Pendant l'occupation allemande de la France, Derain est courtisé par les nazis comme symbole prestigieux de la culture française. Il accepte une invitation pour une visite officielle en Allemagne en 1941, avec, notamment, son ami Maurice de Vlaminck, Kees van Dongen ou le sculpteur Paul Belmondo. Derain est traité de collaborateur et ostracisé après la Libération. Après la guerre, il renonce aux présentations publiques de ses œuvres et finit sa vie dans une solitude volontaire.
Son œuvre est parfois considérée comme un revirement vers la tradition après un engagement dans les avant-gardes mais elle témoigne fortement des préoccupations des artistes de son époque, dont beaucoup, à l'instar de Maurice De Vlaminck ou Félix Valotton suivent ce même itinéraire, qualifié par les historiens de l'art de « retour à l'ordre », auquel même Picasso n'échappe d'ailleurs pas à la fin des années 1910, durant une courte période. L'œuvre de Derain est essentiellement picturale, mais il a également signé les décors et les costumes de nombreux ballets, illustré une trentaine de livres, il est également connu comme sculpteur. Une grande partie de son œuvre (80 peintures, 77 sculptures, des dessins, mais aussi des objets d'art primitif lui ayant appartenu), précédemment dans la collection Pierre et Denise Lévy, est présentée au musée d'art moderne de Troyes. Quelques de ces toiles sont aussi conservées dans les plus prestigieux musées de la planète (le Metropolitan Museum of Art de New York, le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, le Museo Rhyssen-Bornemisza de Madrid, la Royal Gallery de Londres, l'Australian National Gallery, le Bunkamura Museum of Art à Tokyo...)

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dimanche 20 octobre 2024

Auguste Herbin (1882-1960) - Pots et fruits



Auguste Herbin (1882-1960) Pots et fruits, 1910


Auguste Herbin (1882-1960)
Pots et fruits, 1910

Le peintre français Auguste Herbin est une grande figure de l'art abstrait. Dans le premier quart du 20e siècle, alors que naissaient les mouvements De Stijl aux Pays-Bas, du Constructivisme en Russie et du Bauhaus en Allemagne, Herbin a été l’un des fondateurs de l’abstraction en France. Après la Première Guerre mondiale, il devient l’un des principaux protagonistes des deux grands mouvements Abstraction-Création et Réalités Nouvelles.
" Toute l'action de la peinture réside dans le rapport des couleurs entre elles, dans le rapport des formes entre elles et dans le rapport entre les formes et les couleurs ". écrira-t-il Ses natures mortes presque datant toutes de sa période cubiste sont très influencées par Juan Gris et Pablo Picasso. Herbin produit ses premières toiles abstraites en 1917. Il est remarqué par Léonce Rosenberg qui lui achète plusieurs toiles et le prend sous contrat à la Galerie de L'Effort Moderne où il expose à plusieurs reprises. En 1919 Herbin décide d'abandonner le cubisme, pour lui dépassé ; il écrit à Gleizes : « L'art ne peut être que monumental. » Il réalise alors sa série d'« objets monumentaux ». Ses peintures sur bois géométriques en relief remettent en question le statut de la peinture de chevalet. Cependant elles sont très mal accueillies, y compris par les critiques favorables au cubisme. Herbin se retire. Entre 1922 et 1925, Herbin revient à un style figuratif, sur les conseils de Rosenberg. Il désavouera plus tard les paysages, les natures mortes et les scènes de genre de cette époque, telles que Les joueurs de boules (1923, Musée National d'Art Moderne, Paris), dans lesquelles il représente les objets sous forme de volumes simplifiés.

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dimanche 1 septembre 2024

André Derain (1880 –-1954 - Nature morte au compas

André Derain (1880 –-1954) Nature morte au compas, 1938



André Derain (1880 –-1954)
Nature morte au compas, 1938
Collection privée

Que voit on ? Une nature morte presque monochrome où dominent le noir et le blanc à peine rehaussé par du marron, pour la potiche espagnole et la règle. Une composition mathématique qui surprend Derain en flagrant délit de surréalisme. Ce qui est pour le moins surprenant.

 Rappel biographique : Le peintre français André Derain est l'un des fondateurs du fauvisme. Peintre de figures, de portraits, de nus, de paysages, de marines, de natures mortes, il emploie diverses techniques : huile, gouaches, aquarelles, pastels. Il est également peintre de décors de théâtre, sculpteur, graveur et illustrateur. Pendant l'occupation allemande de la France, Derain est courtisé par les nazis comme symbole prestigieux de la culture française. Il accepte une invitation pour une visite officielle en Allemagne en 1941, avec, notamment, son ami Maurice de Vlaminck, Kees van Dongen ou le sculpteur Paul Belmondo. Derain est traité de collaborateur et ostracisé après la Libération. Après la guerre, il renonce aux présentations publiques de ses œuvres et finit sa vie dans une solitude volontaire.
Son œuvre est parfois considérée comme un revirement vers la tradition après un engagement dans les avant-gardes mais elle témoigne fortement des préoccupations des artistes de son époque, dont beaucoup, à l'instar de Maurice De Vlaminck ou Félix Valotton suivent ce même itinéraire, qualifié par les historiens de l'art de « retour à l'ordre », auquel même Picasso n'échappe d'ailleurs pas à la fin des années 1910, durant une courte période. L'œuvre de Derain est essentiellement picturale, mais il a également signé les décors et les costumes de nombreux ballets, illustré une trentaine de livres, il est également connu comme sculpteur. Une grande partie de son œuvre (80 peintures, 77 sculptures, des dessins, mais aussi des objets d'art primitif lui ayant appartenu), précédemment dans la collection Pierre et Denise Lévy, est présentée au musée d'art moderne de Troyes. Quelques de ces toiles sont aussi conservées dans les plus prestigieux musées de la planète (le Metropolitan Museum of Art de New York, le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, le Museo Rhyssen-Bornemisza de Madrid, la Royal Gallery de Londres, l'Australian National Gallery, le Bunkamura Museum of Art à Tokyo...)

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dimanche 10 mars 2024

Henri Matisse (1869-1954) - La Bouteille de Schiedam


Henri Matisse (1869-1954), La Bouteille de Schiedam, 1896. Collection Morozov


Henri Matisse (1869-1954),
La Bouteille de Schiedam, 1896.
Collection Morozov

Que voit on? Une des premières toiles de Matisse, peinte à l'âge de 27ans. Elle représente une bouteille à peine visible d'eau-de-vie à base de genièvre originellement fabriquée à Schiedam,  une ville hollandaise. La facture de cette nature morte est on ne peut plus classique. 

 Rappel biographique : Henri Matisse, peint son premier tableau, Nature morte avec livres et chandelle en juin 1890, à l'âge de 21 ans Peu après, il se rend à Paris. En 1892, il rencontre Albert Marquet à l'École des Arts déco puis s'inscrit en 1895, à l'École des beaux-arts, dans l'atelier de Gustave Moreau. L'enseignement du maître encourage ses élèves à penser leur peinture, à la rêver, au-delà de la virtuosité technique. Matisse, comme ses condisciples, Georges Rouault, Léon Lehmann, Simon Bussy, Eugène Martel, Albert Huyot ou Henri Evenepoel, est stimulé par cette conception de la peinture et entend développer la sienne selon son individualité. Gustave Moreau, lors d'une correction d'un de ses premiers dessins, lui dit : « Vous allez simplifier la peinture. » Cette prophétie artistique peut être considérée comme le programme esthétique de l'œuvre d'Henri Matisse. En 1896, Matisse expose pour la première fois au Salon des Cent et au Salon de la Société nationale des beaux-arts, dont il devient membre associé sur proposition de Pierre Puvis de Chavannes. Cette fonction lui permet notamment d'exposer sans passer par un jury. Il passe l'été à Belle-Île-en-Mer et rencontre l'Australien John Peter Russell, qui l'introduit auprès d'Auguste Rodin et Camille Pissarro. Il commence à s'intéresser à la peinture impressionniste qu'il découvre en 1897 au musée du Luxembourg. Il est alors un peintre classique de natures mortes réalistes aux textures amples. Pour gagner sa vie, Matisse et Marquet travaillent comme peintre décorateurs à la journée, pour les décorateurs de théâtre. En voyage à Londres, sur les conseils de Pissarro, Matisse découvre la peinture de Joseph Mallord William Turner, puis il part s'installer en Corse où il habite dans la Villa Rocca. A Ajaccio, il peint une cinquantaine de toiles dont Le Mur rose qui représente l'arrière de l'hospice Eugénie vu depuis la Villa de la Rocca. Matisse s'inspire alors de Turner. En 1899, il découvre le traité de Paul Signac, d’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme. À partir de 1900, Matisse travaille la sculpture et le modelage, à l'Académie de la Grande Chaumière, sous la direction d'Antoine Bourdelle et fréquente également l'atelier d'Eugène Carrière. Il y fait la connaissance d'André Derain et de Jean Puy. Derain lui présente Maurice de Vlaminck. Il expose au Salon des indépendants (1901) et participe à la première édition du Salon d'automne (1903)

La collection Morozov : Les frères Mikhaïl et Ivan Morozov, hommes d'affaire moscovites, ont constitué une collection extraordinaire d'œuvres d'art moderne d'artistes tels Picasso, Matisse, Gauguin, Van Gogh, Cézanne, Bonnard, Denis, Degas, ainsi que d'artistes russes (Vroubel, Chagall, Malevitch, Repine, Larionov, Serov...). Nationalisée lors de la révolution de 1917, la collection fut distribuée, après la Seconde Guerre mondiale, entre le musée de l'Ermitage (à Saint-Pétersbourg), le Musée des Beaux-Arts Pouchkine et la galerie Tretiakov (à Moscou). C'est grâce à la collaboration remarquable de ces musées russes que la Fondation Louis Vuitton présenta ce œuvres à Paris en 2021 et 2022. Il s'agissait d'un événement artistique exceptionnel puisque jamais cet ensemble d'œuvres n'avait été présenté hors de Russie.

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2011-2024 - Une collection de Natures Mortes
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vendredi 26 janvier 2024

Stuart Davis (1894-1964) - Still Life with Saw



Stuart Davis (1894-1964) Still Life with Saw, 1930 Oil on canvas, 26 x 34 in. The Phillips Collection, Washington


Stuart Davis (1894-1964)
Still Life with Saw, 1930
Oil on canvas, 26 x 34 in.
The Phillips Collection, Washington 

 Stuart Davis, est un peintre américain. Davis a étudié la peinture avec Robert Henri, le chef du groupe d'artistes modernes The Eights ; il était l'un des plus jeunes peintres à exposer dans l'exposition controversée de l'Armory Show en 1913, où il montre cinq toiles. Pendant cette exposition, on pouvait voir aussi des travaux d'artistes tels que Vincent van Gogh et Pablo Picasso, ainsi que Marcel Duchamp. Il collabore au magazine progressiste The Masses. Devenu un artiste « moderne », influencé par le fauvisme pour les couleurs et par le cubisme pour la forme, il fut un des membres important du cubisme en Amérique. Il est probablement plus célèbre pour ses natures mortes et ses paysages abstraits; sa représentation d'objets ou de thèmes liés à la vie quotidienne, tels que des paquets de cigarettes Lucky Strike (1921) ou la série des « batteurs à œufs » (1927), font de Stuart Davis un annonciateur du Pop Art. Plus tard, ses toiles seront influencées par le jazz, comme Swing Landscape (1938) et The Mellow Pad( 1951), où les couleurs et la texture sont davantage affirmées. Davis est décédé d'un infarctus à New York le 24 juin 1964, à l'âge de 71 ans.  

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2024 - A Still Life Collection / Une inépuisable collection de natures mortes
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lundi 22 janvier 2024

Yves-Brayer (1907-1990) - Nature morte au filet et à la nasse

Yves-Brayer (1907-1990) Nature morte au filet, 1976 Collection privée


Yves-Brayer (1907-1990)
Nature morte au filet et à la nasse, 1976
Collection privée 

 Que voit on ? Une nature morte a sujet de pêches fleurant bon le sud et la bouillabaisse et ayant sans doute servi à illustrer un roman de  Pagnol ou de Giono.

 Rappel biographique : Yves Brayer est  est un peintre, graveur, illustrateur et décorateur de théâtre français. Fidèle à la tradition de l'art figuratif, il est l'un des maîtres de l'École de Paris. Utilisant une grande variété de techniques, il est l'auteur d'une abondante production de paysages mais aussi de grandes compositions, figures et natures mortes.
Son goût pour le graphisme l'entraîne  à pratiquer la technique de la gravure sur cuivre et de la lithographie. Ainsi, il réalise de nombreuses estampes et illustre des livres à tirage limité sur des textes de Blaise Cendrars, Henry de Montherlant, Baudelaire, Paul Claudel, Jean Giono, Frédéric Mistral, Marcel Pagnol, etc... Yves Brayer est aussi l'auteur de décorations murales, de cartons de tapisseries, de maquettes de décors et de costumes pour le Théâtre-Français, et les opéras de Paris, Amsterdam, Nice, Lyon, Toulouse, Bordeaux ou Avignon.
Ses expositions particulières ont rendu ses œuvres familières dans de nombreux pays : à Paris tout d'abord puis en France, en Europe et aux États-Unis. En 1977, la Bibliothèque nationale de France organise une exposition « Yves Brayer, Graveur » pour son soixante-dixième anniversaire, et le musée de La Poste à Paris lui consacre une exposition de ses œuvres lors de la parution du timbre en 1978. Le musée Marmottan lui rend hommage en 1993 et le musée des Années Trente à Boulogne-Billancourt célèbre son centenaire en 2008.
En 1960 est ouvert le premier musée Yves-Brayer dans la salle d'honneur de la mairie de Cordes-sur-Ciel. Depuis 2006, ces œuvres font partie des collections du nouveau musée d'art moderne et contemporain situé dans la belle maison gothique dite « du Grand Fauconnier », aux côtés d'œuvres de Picasso, Léger et autres, issues de la donation André Verdet. Enfin un musée Yves Brayer est inauguré en 1991 aux Baux-de-Provence dans une demeure de la fin du 16e siècle, proche de la chapelle des Pénitents Blancs qu'il avait décorée quelques années plus tôt.

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vendredi 8 décembre 2023

David Hockney (bn. 1937) - Untitled 643, iPad drawing

David Hockney (bn. 1937), Untitled 643 iPad drawing, 2011 Collection Privée


David Hockney (bn. 1937)
Untitled 643
iPad drawing, 2011
Collection Privée
 

Que voit-on? Quatre oranges dans un bol en verre et transparent vert dont le reflet tremble légèrement sur l'entablement en bois. Cette œuvre fait partie de celles qu' Hockney produisit sur son iPone, iPad ou sur son ordinateur en s'aidant des logiciels de dessins élecroniques Brushes de Wacom, spécialiste des tablettes graphiques.

Rappel biographique : David Hockney, est un peintre, dessinateur, graveur, décorateur et photographe britannique, né en 1937 dans une famille anglaise modeste, quatrième enfant d’une fratrie de cinq. Son père ayant été un objecteur de conscience pendant la seconde guerre mondiale, David Hockney a refusé de faire son service militaire entre 1957 et 1959. Après des études au Royal College of Art de Londres, il en sort diplômé en 1962.
Il commence sa carrière comme dessinateur de presse pour le Sunday Times, au cours d’un voyage en Egypte. En 1964, il découvre la Californie, les polaroids, la peinture acrylique, les belles villas et leur piscine qui deviennent un des motifs principaux de ses œuvres. Eloigné des courants les plus-avant-gardistes, Hockney pratique un art figuratif presque expressionniste où se mêlent portraits, photographies et videos. En 1963, à New York, il rencontre Andy Warhol qui lui rendra plus tard plusieurs fois visites à Los Angeles. La légende veut que ce soit Warhol qui ait conseillé à Hockney de faire sa célèbre série sur les piscines. Homosexuel parmi les premiers à se revendiquer comme tel, David Hockney revient vivre à Londres en 1968 et prend pour compagnon le réalisateur John Schlesinger, auteur notamment de Midnight Cow Boy (1969) ou Sunday Bloody Sunday (1971), autant de films militant ouvertement pour les droits des homosexuels dans une Angleterre qui assimile toujours en justice l'homosexualité à un crime. En 1973, Jack Hazan réalise un documentaire-fiction qui lui est consacré intitulé "A Bigger Splash" qui assoit sa notoriété internationale naissante (le film est primé au Festival international du film de Locarno) Entre 1974 et 1977, David Hockney s'installe à Paris où son travail tourne un peu en rond, avant de repartir en Californie en 1978. En 1974, le Musée des Arts Décoratifs de Paris organise sa première rétrospective David Hockney. Il est considéré désormais comme une des figures du mouvement Pop Art des années 1960 et à ce titre, s'intéressa à peu près à tous les genres picturaux, bien qu'ayant développé, surtout ces dernières années, une prédilection pour les paysages. Il a cependant peint beaucoup de nature mortes (surtout dans les années 1980) toujours traitée à sa façon, c'est à dire de manière décalée, anecdotique et toujours avec un indéniable talent de coloriste.
En 2010, il expose à Paris, à la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint-Laurent, ses œuvres réalisées sur iPhone et iPad, il met aussi en avant la possibilité de rediffuser le processus créatif, à travers des logiciels déclarant « La seule expérience semblable est celle où l’on voit Picasso dessiner sur du verre pour un film » (en référence au film « Le Mystère Picasso » d'Henri-Georges Clouzot).
Le 2 janvier 2012, il a été nommé par la reine Elizabeth II, membre de l’Ordre du mérite britannique. Une grande exposition s'est ouverte le 23 janvier 2012 à la Royal Academy de Londres et au Musée Guggenheim de Bilbao où elle restée en place pendant tout l'été 2012 et a connu un immense succès.
Depuis 2019, David Hockney a choisi de vivre une grande partie de l'année en France, en Normandie pour être précis, dont il dit préférer la nature variée à celle de l'Angleterre.

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lundi 4 décembre 2023

Oscar Dominguez (1906-1957- L'Aquarium

Oscar Dominguez (1906-1957) L'Aquarium, 1946 Collection de l'artiste


 

Oscar Dominguez (1906-1957)
L'Aquarium, 1946
Collection de l'artiste

 Que voit on? Un bel exemplaire de nature morte surréaliste où flottant au milieu d'algues dont une aux improbables allures de queue de chat brosse à dents,on reconnait une sardine non pas tant à sa silhouette effilée qu'à  l'ouvre-boite qui ponctue sa tête écrasée et aplatie. Du grand Dominguez où l'humour et l'imaginaire se mêlent sans ménagement !

Rappel biographique : Óscar Domínguez est un peintre surréaliste espagnol qui a fait l'essentiel de sa carrière à Paris dans le groupe des Surréalistes. Il vient à Paris pour la première fois en 1927, pour surveiller les affaires de son père, riche négociant agricole à Ténérife. Il en découvre la vie nocturne, dépensant l'argent familial. En 1928, il rentre à Tenerife pour effectuer son service militaire et commence à exposer. Revenu à Paris dès 1929, il doit à la mort de son père, en 1931, gagner sa vie en réalisant des illustrations pour la publicité.
Ses premières toiles surréalistes datent de 1932. Il est, en 1934, intégré au groupe parisien dans lequel il introduit, selon André Breton, « le sifflement ardent et parfumé des îles Canaries. » Domínguez participe jusqu'en 1940 aux expositions du groupe.
Sous l'Occupation, il séjourne à Marseille, à la villa Air Bel et travaille au fameux Croque fruit. Il rejoint fin 1941 son ami le poète Robert Rius à Paris et participe aux activités du groupe la Main à plume, dont il est l'un des principaux illustrateurs. Pendant cette période, il réalise sa première exposition personnelle à la galerie Louis Carré (1943) où il montre une œuvre marquée de plus en plus par l'influence de Picasso. Après la guerre, cette évolution picturale lui vaut d'être écarté par Breton.
Surnommé « le dragonnier des Canaries » par André Breton, « l'ours mal léché à la tête d'hidalgo gigantesque » par le photographe Brassaï, ou plus simplement « Putchie » par sa maîtresse la vicomtesse de Noailles, Domínguez, personnage extrême, mythique, pouvait se montrer violent. Provocateur, il avait présenté en décembre 1945, lors de la grande exposition « Surréalisme » de Bruxelles, une inscription murale géante :
« Je souhaite la mort de trente mille curés toutes les trois minutes. »
Óscar Domínguez se donne la mort en s'ouvrant les veines le 31 décembre 1957 dans son atelier de la rue Campagne-Première à Montparnasse. Avec lui disparaît le dernier peintre maudit de Montparnasse.

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vendredi 1 décembre 2023

Nicolas de Staël (1914-1955) - La Bouteille Noire

Nicolas de Staël (1914-1955) La Bouteille Noire, Huile sur toile, 1955 Collection privée


Nicolas de Staël (1914-1955)
La Bouteille Noire
Huile sur toile, 1955
Collection privée

Que voit on ? Et effectivement l'on ne voit qu'elle... Cette bouteille noire prémonition du suicide imminent du peintre

Rappel biographique : Le peintre français  d'origine russe Nicolas de Staël, né baron Nicolaï Vladimirovitch Staël von Holstein,  est issu d'une branche cadette de la famille de Staël-Holstein. Plus d'un demi siècle après sa mort, il reste l'un des peintres les plus marquants du 20e siècle posant un problème aux historiens de l'art qui ne savent pas dans quelle catégorie le classer,  ce qui doit le réjouir post mortem, lui qui détestait les catégories et les courants.
La réinvention de la figuration opérée par Staël a été mal comprise alors qu'elle anticipait d'une vingtaine d'année l'évolution générale de l'art. Il a « retrouvé le visible sans renoncer aux possibilités expressives et à la liberté d'action qui définissent la peinture contemporaine»  alors que Paris perd sa place de capitale des arts, dès les années 1960, sous l'effet du marché de l'art et de la surenchère : " on y est devenu incapable de discerner le pastiche de l'original " selon Umberto Eco.
Selon Marcelin Pleynet et Michel Seuphor : « ...il faut tenir compte de Nicolas de Staël, vu et revu souvent avec et travers l'avant-garde américaine de années cinquante. Ces nouveaux mouvements d'abstraction suivent le cheminement de Staël, délaissant la peinture gestuelle pour une peinture brossée, voir maçonnée ».
Peu exposé de son vivant, son œuvre a donné lieu à de nombreuses manifestations posthumes qui ont confirmé sa stature sur le plan international. " Staël fut le plus puissant créateur de sa génération dans l'École de Paris de l'après-guerre, sur laquelle il a exercé une forte influence Il a été le premier à dépasser l'antinomie  abstraction-figuration ".
Nicolas de Staël meurt à 41 ans en se jetant de la terrasse de l'immeuble où il avait son logement et un de ses ateliers à Antibes. L'ensemble de son œuvre s'étend sur 15 années. Il a peint, à partir de 1952, plusieurs natures mortes dont quelques unes sont aujourd'hui conservées et exposées au Musée Picasso d'Antibes à quelques pas de son ancien atelier.
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mardi 8 août 2023

Dora Maar (1907-1997) - Nature morte à la lampe


Dora Maar (1907-1997) Nature morte à la lampe, 1941 Huile sur toile, 50 x 61 cm. Collection particulière


Dora Maar (1907-1997)
Nature morte à la lampe, 1941
Huile sur toile, 50 x 61 cm.
Collection particulière

Que voit - on ? Une nature morte à la lampe qui très graphique d'une  modernité saisissante, qui peut rappeler certaines compositions de Mondrian, bien que la façon et l'imaginaire soient uniques. Notamment cette ampoule électrique au travers de son abat jour rouge,  comme un trou de serrure à travers lequel on pourrait enfin voir ...

Rappel Biographique : Dora Maar, pseudonyme d’Henriette Theodora Markovitch, est une photographe et artiste peintre française. Elle fut l'une des amantes et muses du peintre Pablo Picasso, rôle qui a longtemps occulté l'ensemble de sa productiion. L'œuvre peinte de Dora Maar reste méconnue jusqu'à la vente posthume, organisée en 1998-1999, qui fait découvrir au public et aux professionnels une production très personnelle qui n'avait jamais quitté son atelier. Maar abandonne la photographie pour la peinture aux côtés de Picasso. Mais c'est à partir de la douloureuse séparation avec lui qu'elle devient vraiment peintre. Les œuvres tragiques figuratives, telles le Portrait d'Éluard, ou l'Autoportrait à l'enfant de 1946, traduisent, par des tons sombres, la douleur des années d'après-guerre.
Après des années de lutte, entre dépressions et mysticisme, l'enfermement volontaire de Dora Maar avec ses souvenirs connaît une brève embellie dans les années 1960 à 1970, avec des grands formats abstraits aux couleurs chatoyantes. Mais c'est à partir des années 1980 que l'artiste peintre s'exprime pleinement dans ses multiples tableaux du Luberon, où les paysages sauvages autour de sa maison de Ménerbes, balayés de nuages et de vent, révèlent avec force la lutte d'une artiste aux prises avec les fantômes de son passé. De 1946, année de sa séparation d'avec Picasso, jusqu’à son décès en 1997, elle partage son temps entre Ménerbes et Paris où elle vit pauvrement, recluse, 6 rue de Savoie, non loin des Grands-Augustins. Devenue antisémite et homophobe, elle s'est coupée volontairement de ses anciens amis dans les dix dernières années de sa vie. En 1990, Marcel Fleiss expose, dans sa galerie rue de Penthièvre. à Paris, une série de ses tableaux.
Morte dans l'anonymat en 1997 à l'Hôtel-Dieu, Dora Maar est inhumée au cimetière communal de Clamart, dit cimetière du Bois-Tardieu. Elle n'a pas eu d'enfants. Ses héritiers indirects sont retrouvés après une longue enquête. La succession donne lieu à une première vente aux enchères en 1998, à la maison de la Chimie (Paris), qui réalise 214 millions de francs de bénéfices. Une seconde vente aux enchères a lieu en juin 2022 à partir d'un reliquat de 750 photographies, organisée par Artcurial à l'hôtel Marcel-Dassault (Paris).

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