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mardi 23 juin 2015

Juan Gris (1887‑1927) - Violon et compotier




Juan Gris (1887‑1927)
Violon et compotier 1924
Tate

 Que voit on ? Sur les cinq plans souvent mis en scène dans les compositions de Juan Gris et s'ouvrant toujours vers un fond qui évoque l'extérieur : au premier plan, une pomme d'un vert très sombre et une bouteille vide de tout contenu ; au second plan, le violon déstructuré à la façon cubiste que Picasso et Braque emploieront de nombreuses fois ; au troisième plan, le compotier blanc rempli de raisins noirs qui revient si souvent dans les nature mortes de Juan Gris ; au quatrième plan, la partition ouverte vers la fenêtre qui occupe le cinquième plan. Une structure répétitive chez Juan Gris, exprimée ici dans un palette très sourde et très étrange que seul une lumière blanche centrale vient éclairer.

Rappel Biographique : Le peintre espagnol Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906, où il fut proche du mouvement cubiste mais occupa une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers  " éliminé de la carte "  selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso  parce que plus vrai.  Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort. Les œuvres des années de guerre 1916-1917 se distinguent par une sobriété, une austérité toutes particulières des couleurs sombres autant que des motifs : « C’est bien là cette ardeur castillane qui s’habille de noir, s’interdit tout éclat, et qui paraît de la froideur à un observateur superficiel », écrit Kahnweiler. Et Maurice Raynal de renchérir : « Toute l’Espagne est dans son œuvre : l’Espagne des tons livides, sulfureux et sombres du Greco, de Zurbaran, de Ribera, de Herrera. Rien ne servait davantage la notion du tableau-objet en soi que les choses les plus simples, les plus humbles et les plus maniables, auxquelles ils feront subir toutes les déformations possibles pour réaliser la plénitude de cet « objet ». 

2015 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau, #AStillLifeCollection, #NaturesMortes 

jeudi 26 août 2021

Juan Gris (1887‑1927) - Nature morte aux poires

Juan Gris (1887‑1927), Nature morte aux poires ,Aquarelle et mine de plomb 44,4 x 32 cm,  Musée de l'Abbaye, Saint Claude

Juan Gris (1887‑1927)
Nature morte aux poires
Aquarelle et mine de plomb 44,4 x 32 cm
Musée de l'Abbaye, Saint Claude


Que voit-on ? Une œuvre à la fois somptueuse et émouvante, du grand Juan Gris dans un style très dépouillé qui ne lui est pas forcément coutumier. Dans cette aquarelle le plat en porcelaine contenant les de poires semble naitre des plis de la nappe blanche, de même que le bol au second plan.   Une des plus belles natures morte de Juan Gris... qui en a peint pourtant beaucoup d 'admirables !

Rappel Biographique : Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906. Il fut proche du mouvement cubiste tout en occupant   une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers " éliminer de la carte " selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso parce que plus vrai. Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits. Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un José Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort.

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mardi 30 mars 2021

Juan Gris (1887‑1927) - La Nappe verte

 

Juan Gris (1887‑1927) La Nappe verte, 1925 , nature morte, cubisme, Espagne,

 

Juan Gris (1887‑1927)
La Nappe verte, 1925
Collection privée

Que voit-on  ? Juan Gris a souvent peint sur le thème de la nappe verte. Ici elle recouvre un guéridon  ovale sur lequel sont posés :  trois  livres ouverts dont un est présenté côté couverture (rose), un journal français (au titre très explicite !), un lampe de style art déco et trois piores vertes dans un récipient rectangulaire en porcelaine jaune.   L'extraordinaire talent de coloriste  de Juan Gris apparait ici dans toute sa subtilité.
 

Rappel Biographique : Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906. Il fut proche du mouvement cubiste mais il occupa en même temps une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers " éliminé de la carte " selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso parce que plus vrai. Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.  Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un José Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort.   

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mercredi 12 décembre 2018

Juan Gris (1887‑1927) - Le livre


Juan Gris (1887‑1927)
Le livre (Nature morte avec un livre), 1911 
Huile sur toile  (55x 46cm)
Centre Pompidou, Paris (Donation Louise et Michel Leiris, 1984)

 Que voit on  ? Une Cette nature morte très proche pour neaps dire jumelle dans sa palette  de Bouteille et Cruche conservée au Kroller Muller Museum et déjà publiée dans  ce blog. Les deux natures morts datent de la même année  1911, combine les mêmes éléments quotidiens mais surtout s'expriment dans une gamme de couleurs très similaires. 
Dans la Notice du Centre Pompidou sur cette oeuvre, on peut lire  : 
" Installé au Bateau-Lavoir dès 1907, tout près de son compatriote Picasso, Juan Gris se trouve placé au cœur du laboratoire cubiste. Il ne commence pourtant à peindre qu’en 1911, avec une série de natures mortes où l’on retrouve, diversement combinés, les mêmes objets usuels : ici une cafetière bien parisienne, un bol et un livre, voisinant avec une gargoulette évoquant l’Espagne. Gris fait déjà circuler entre leurs formes simplifiées les échos et les rimes visuelles qui caractériseront ses travaux ultérieurs. Surtout, il manifeste dans Le Livre (cat. rais. n° 3, anc. coll. Marcoussis et Eluard) la subtilité de sa compréhension de l’œuvre de Cézanne – et les qualités toutes personnelles de « simplicité », de « modestie », de « probité », saluées par son marchand, Daniel-Henry Kahnweiler, dans le texte qu’il consacre en 1928 à son ami récemment disparu. 
Poursuivant son analyse des premières toiles, Kahnweiler souligne : « Chaque objet est décrit avec un soin minutieux ; sa forme est montrée par le clair-obscur, sa couleur est indiquée mais se trouve décolorée par la tonalité générale. Le fond […] s’articule avec les objets et les intervalles au moyen de répétitions de formes qui sont justifiées, au point de vue imitatif, comme ombres ou comme reflets. » (Juan Gris , Paris, 1990, op. cit. , p. 204).
L’amorce de facettes, les cernes brisés qui définissent chacun des quatre objets, la douceur des passages et la restriction des couleurs renvoient aux paysages proto-cubistes (fin 1907-début 1908) de Braque. Avec un décalage de quelques années, Gris commence lui aussi par affermir ses bases, et par se mettre, avec la même patiente humilité, à l’école de Cézanne.

Rappel Biographique : Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906.  Il fut proche du mouvement cubiste mais il occupa en même temps une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers  " éliminé de la carte "  selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso parce que plus vrai.  Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un José Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort.
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vendredi 4 septembre 2020

Juan Gris (1887‑1927) - Journal et Compotier

 

Juan Gris (1887‑1927),
Journal et Compotier, 1916.
Salomon Guggenheim Museum, New York  

Que voit on ?  Etudiant en dessin mécanique à l'Escuela de Artes y Manufacturas de Madrid, Juan Gris aimait jouer avec l'idée de double réalité. Ici, il documente la réalité en citant un document qui s'y réfère  directement   - un journal - et représente la dimension à travers des outils visuels uniques. Dans ce tableau Juan Gris confronte le spectateur à un  monde tridimensionnel exprimé sur une surface bidimensionnelle? Gris utilise une technique assez innovante  pour y parvenir  : des champs en pointillés colorés qu'érigera plus tard  en véritable le peintre américain Roy Lichtenstein.
 
Rappel Biographique :
Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906. Il fut proche du mouvement cubiste mais il occupa en même temps une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers " éliminé de la carte " selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso parce que plus vrai. Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un José Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort.

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mercredi 27 novembre 2019

Juan Gris (1887‑1927) - Bouteilles et bol



Juan Gris (1887‑1927) 
Bouteilles et bol, 1911 
Crayon sur papier  
National Gallery of Art, Washington


Que voit on ? Un dessin de Juan Gris sur un sujet qui pourrait être un sujet de Giorgio Morandi (son exact contemporain).  Le dessin, est tout à fait dans le  style de Juan Gris à cette époque. On peut le comparer à celui de la nature morte  Le Livre exécutée la même année. 

Rappel Biographique : Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906. Il fut proche du mouvement cubiste mais il occupa en même temps une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers " éliminé de la carte " selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso parce que plus vrai. Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un José Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort.

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samedi 15 septembre 2018

Juan Gris (1887-1927) - Bouteille et cruche 1911

https://astilllifecollection.blogspot.com/2018/09/juan-gris-1887-1927-bouteille-et-cruche.html


Juan Gris (1887-1927)
Bouteille et cruche, 1911  
Kröller-Müller Museum

 Que voit on ?  Une composition  presque monochrome et ordonnée sur cinq plans comme c'est presque toujours le cas dans les compositions cubistes de Juan  Gris. Le bol blanc occupe le premier plan. Le deuxième plan se complique avec  au meme niveau ce qui semblent être un gobelet noir à gauche et un gobelet blanc à droite. Au troisième plan figure la cruche de terre cuite, typiquement  espagnole, à deux embouts. Au quatrième plan : une bouteille dont le corps est partiellement caché par une structure géométrique en hauteur, comme une feuille de papier plié. Au cinquième plan : un horizon  rayonnnant au sens premier du terme...

Rappel Biographique : Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906.  Il fut proche du mouvement cubiste mais il occupa en même temps une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers  " éliminé de la carte "  selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso parce que plus vrai.  Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un José Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort.


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mardi 10 mars 2015

Juan Gris (1887-1927) - Verre de bière et cartes à jouer


Juan Gris (1887-1927)
Verre de bière et cartes à jouer, 1913
Columbus Art Museum

Que voit on ? Une nature morte très cubiste, très construite  où chaque element est clairement lisible dans une manière de composer qui inspirèrent beaucoup Braque et Picasso mais que Juan Gris délaissa très vite.  Entre 1900 et 1912 Juan Gris a beaucoup peint (au moins deux fois) le sujet  du verre de bière et des cartes a jouer. La rigueur de la construction et l'attachement à la forme se traduisent par la prégnance de la ligne. L'usage de couleurs soutenues distingue plus encore l'artiste des tons volontairement éteints de Braque et Picasso, qui s'étaient concentrés sur une nouvelle traduction de l'espace. Avec cette oeuvre, les Granville purent acquérir une oeuvre appartenant encore au cubisme "analytique". Les variations sur les godrons du verre sont un bel exemple de la fragmentation de la perception visuelle que les artistes cubistes adoptèrent pour rompre avec l'illusion - devenue historiquement et esthétiquement intenable - du point de vue de la fixité du regard adopté par la peinture occidentale depuis la Renaissance. L'animation - paradoxale pour une nature morte, mais signifiante dans un monde urbain où la machine et la vitesse ont fait irruption - est entretenue, à l'instar de Braque et Picasso, dans le jeu antagoniste des formes simples, ici entre les segments du verre et le disque qui synthétise la mousse de la bière. On remarque ici l'usage du blanc, pur, éclatant, sans rival dans son dénuement monacal.  

Rappel Biographique : Le peintre espagnol Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906, où il fut proche du mouvement cubiste mais occupa une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers  " éliminé de la carte "  selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso  parce que plus vrai.  Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort. Les œuvres des années de guerre 1916-1917 se distinguent par une sobriété, une austérité toutes particulières des couleurs sombres autant que des motifs : « C’est bien là cette ardeur castillane qui s’habille de noir, s’interdit tout éclat, et qui paraît de la froideur à un observateur superficiel », écrit Kahnweiler. Et Maurice Raynal de renchérir : « Toute l’Espagne est dans son œuvre : l’Espagne des tons livides, sulfureux et sombres du Greco, de Zurbaran, de Ribera, de Herrera. Rien ne servait davantage la notion du tableau-objet en soi que les choses les plus simples, les plus humbles et les plus maniables, auxquelles ils feront subir toutes les déformations possibles pour réaliser la plénitude de cet « objet ». 

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jeudi 12 janvier 2017

Juan Gris (1887‑1927) - Nature morte devant la fenêtre


Juan Gris (1887‑1927) 
Nature morte devant la fenêtre
Collection privée

Que voit on ? Tous les  éléments d'une nature morte traditionnelle sont réunis dans cette composition cubiste : le guéridon (une table de jeu carrée) ;  un compotier contenant quelques fruits posé sur une serviette drapée an premier plan ; au deuxième plan le couteau, énorme, disproportionné par rapport aux autres objets, traçant une perspective qui n'est pas forcément celle de l'ensemble de la composition (cubisme oblige) ; au troisième plan, sur le même niveau, trois objets : un coquetier sans oeuf à l'intérieur, un journal plié et disposé en travers dont on peut lire le titre et une carafe contenant un verre ou posée derriere le verre selon la lecture que l'on veut avoir du plan et de sa perspective déformée ; à l'arrière plan enfin, la fenêtre, son ouverture et la persienne qui la matérialise ouvrant le fond de cette nature morte vers un extérieur lumineux et lointain. Une palette très restreinte de bleus, gris, jaunes et noir, très espagnole, si espagnole, très pensée par ce peintre qui inspira tant Picasso qu'il aurait bien voulut lui dérober son oeuvre... mais tout Picasso qu'il fut, il ne l'a jamais pu et Juan Gris trouve aujourd'hui  - à ses côtés - dans les grands musées d'Art moderne de la planète une place qui permet de se livrer à d'amusantes comparaisons...

Rappel Biographique : Le peintre espagnol Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906, où il fut proche du mouvement cubiste mais occupa une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers  " éliminé de la carte "  selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso  parce que plus vrai.  Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort. Les œuvres des années de guerre 1916-1917 se distinguent par une sobriété, une austérité toutes particulières des couleurs sombres autant que des motifs : « C’est bien là cette ardeur castillane qui s’habille de noir, s’interdit tout éclat, et qui paraît de la froideur à un observateur superficiel », écrit Kahnweiler. Et Maurice Raynal de renchérir : « Toute l’Espagne est dans son œuvre : l’Espagne des tons livides, sulfureux et sombres du Greco, de Zurbaran, de Ribera, de Herrera. Rien ne servait davantage la notion du tableau-objet en soi que les choses les plus simples, les plus humbles et les plus maniables, auxquelles ils feront subir toutes les déformations possibles pour réaliser la plénitude de cet « objet ». 

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dimanche 17 août 2014

Juan Gris (1887-1927) - Fruits et bol



Juan Gris (1887-1927)
Fruits et bol 1926
Collection privée

Que voit on ? Un chef d'oeuvre ! Une économie totale de moyens, une palette restreinte et cependant éclatante,  digne des grands maitres espagnols de l'age d'or (Cotan, Zurbaran) pour ces deux poires, cette pomme et ce bol posés sur une serviette blanche dont l'anguleux drapé vient rappeler à quel point  Juan Gris sut maitriser la technique du cubisme pour la faire plier à l'expression de tout ce qu'il voulait. L'ouverture cers l'extérieur si importante dans les premières natures mortes de ce peintre est ici simplement figuré et stylisé dans un aplat de gris sourd, paradoxalement moins lumineux que l'intérieur.

Rappel Biographique : Le peintre espagnol Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906, où il fut proche du mouvement cubiste mais occupa une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers  " éliminé de la carte "  selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso  parce que plus vrai.  Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort. Les œuvres des années de guerre 1916-1917 se distinguent par une sobriété, une austérité toutes particulières des couleurs sombres autant que des motifs : « C’est bien là cette ardeur castillane qui s’habille de noir, s’interdit tout éclat, et qui paraît de la froideur à un observateur superficiel », écrit Kahnweiler. Et Maurice Raynal de renchérir : « Toute l’Espagne est dans son œuvre : l’Espagne des tons livides, sulfureux et sombres du Greco, de Zurbaran, de Ribera, de Herrera. Rien ne servait davantage la notion du tableau-objet en soi que les choses les plus simples, les plus humbles et les plus maniables, auxquelles ils feront subir toutes les déformations possibles pour réaliser la plénitude de cet « objet ». 

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dimanche 31 janvier 2021

Juan Gris (1887-1927) - Nature Morte avec Guitare



Juan Gris (1887-1927)
Nature Morte avec Guitare, 1920
Saint Louis Art Museum

 Que voit on ? Une composition avec guitare et bouteille, verre de vin et coupe de raisins, dans les couleurs éteintes et extrêmement harmoniques propres à  Juan Gris.  

Rappel Biographique : Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906. Il fut proche du mouvement cubiste mais il occupa en même temps une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers " éliminé de la carte " selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso parce que plus vrai. Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un José Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort.

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2021- A Still Life Collection
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lundi 3 octobre 2022

Juan Gris (1887‑1927) - Guitare et Verre, 1913

Juan Gris (1887‑1927) Guitare et Verre, 1913 Huile sur toile, 20 x 30,6 cm Collection privée



Juan Gris (1887‑1927)
Guitare et Verre, 1913
Huile sur toile, 20 x 30,6 cm
Collection privée


Que voit on ? Une des plus belles composition de ce grand maitre de la nature morte que je place pour ma part largement devant Braque et Picasso qui s'en inspirèrent chacun beaucoup.... beaucoup... beaucoup... comme on peut le voir ici et principalement dans le détail magnifique du bas de la composition !  

Rappel Biographique : Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906. Il fut proche du mouvement cubiste tout en occupant une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers " éliminer de la carte " selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso parce que plus vrai. Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits. Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un José Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort.

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mardi 13 mai 2014

Juan Gris (1887-1927) - Fruits, dish and lemon



Juan Gris (1887-1927)
Fruits, dish and lemon, 1916 
The Phillips Collection, Washington

Que voit on ? Une composition des débuts  de Juan Gris, très cubiste, splendidement cubiste et entièrement monochrome où le blanc et le noir s'octroient les rôles principaux  bien que ce soit le citron et son jaune éteint qui occupe le premier plan. Ni Braque ni Picasso ne parvinrent jamais,  à technique égale, à une telle force expressive qui rivalise avec celle d'un Zurbaran.


Rappel Biographique : Le peintre espagnol Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906, où il fut proche du mouvement cubiste mais occupa une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers  " éliminé de la carte "  selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso  parce que plus vrai.  Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort. Les œuvres des années de guerre 1916-1917 se distinguent par une sobriété, une austérité toutes particulières des couleurs sombres autant que des motifs : « C’est bien là cette ardeur castillane qui s’habille de noir, s’interdit tout éclat, et qui paraît de la froideur à un observateur superficiel », écrit Kahnweiler. Et Maurice Raynal de renchérir : « Toute l’Espagne est dans son œuvre : l’Espagne des tons livides, sulfureux et sombres du Greco, de Zurbaran, de Ribera, de Herrera. Rien ne servait davantage la notion du tableau-objet en soi que les choses les plus simples, les plus humbles et les plus maniables, auxquelles ils feront subir toutes les déformations possibles pour réaliser la plénitude de cet « objet ». 

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samedi 18 juillet 2020

Juan Gris (1887‑1927) - Le Pot de Géraniums



 Juan Gris (1887‑1927) Le Pot de Géraniums, 1915 Huile sur toile, 81,3 x 60,5 cm Collection privée


Juan Gris (1887‑1927)
Le Pot de Géraniums, 1915
Huile sur toile, 81,3 x 60,5 cm
Collection privée


Rappel Biographique : Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906. Il fut proche du mouvement cubiste mais il occupa en même temps une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers " éliminé de la carte " selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso parce que plus vrai. Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un José Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort.

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mercredi 25 novembre 2020

Juan Gris (1887-1927) - Echiquier, verre et assiette


Juan Gris (1887-1927)
Echiquier, verre et assiette, 1917
Philadelphia Museum of Art.

Que voit on ? Exactement ce que décrit le tire dans le styler cubiste de Juan Gris  qui inspira largement aussi bien Picasso et Braque.  La complémentarité, l'harmonie et la subtilité des couleurs atteint au sublime dans cette nature morte.

Rappel Biographique : Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906. Il fut proche du mouvement cubiste mais il occupa en même temps une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers " éliminé de la carte " selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso parce que plus vrai. Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un José Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort.

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samedi 24 janvier 2015

Juan Gris (1887‑1927) - Fruits et livres



Juan Gris (1887‑1927) 
Fruits et livres
Collection privée

Que voit-on ? Sur un guéridon recouvert d'une nappe bleue qui contraste avec le rouge du fond, s'étageant sur cinq plans : une assiette remplie d'abricots ou de pommes  trônant au centre du cadre au premier plan ;  au second plan  un verre  rempli d'un breuvage mystérieux ; au troisième plan  un compotier blanc rempli de raisins noir dans la meilleure tradition des contrastes de palette de l'Espagne de l'âge d'or  ; au quatrième plan un livre ouvert mais ouvert sur l'extérieur, ouvert sur la fenêtre qui occupe une partie du dernier plan : un livre-porte des rêves et des voyages, un livre qui s'envole et nous envole par la fenêtre.

Rappel Biographique : Le peintre espagnol Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906, où il fut proche du mouvement cubiste mais occupa une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers  " éliminé de la carte "  selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso  parce que plus vrai.  Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort. Les œuvres des années de guerre 1916-1917 se distinguent par une sobriété, une austérité toutes particulières des couleurs sombres autant que des motifs : « C’est bien là cette ardeur castillane qui s’habille de noir, s’interdit tout éclat, et qui paraît de la froideur à un observateur superficiel », écrit Kahnweiler. Et Maurice Raynal de renchérir : « Toute l’Espagne est dans son œuvre : l’Espagne des tons livides, sulfureux et sombres du Greco, de Zurbaran, de Ribera, de Herrera. Rien ne servait davantage la notion du tableau-objet en soi que les choses les plus simples, les plus humbles et les plus maniables, auxquelles ils feront subir toutes les déformations possibles pour réaliser la plénitude de cet « objet ». 

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mardi 11 octobre 2016

Juan Gris (1887‑1927) - Nature morte avec une guitare


Juan Gris (1887‑1927)
Nature morte avec une guitare, 1925 
Museum of Fine Arts, Boston

Que voit on ? Dans une composition très cubiste, posée sur un napperon de feutrine vert et cadrée en plein centre, une guitare s'adosse sur deux partitions superposées. A gauche : une bouteille à moitié pleine et un  journal dont on aperçoit un fragment du titre. A droite : le bleu du ciel au travers d'une fenêtre qui ressemble à un cadre et un compotier très géométrique dans lequel 4 poires bleues attendent.

Rappel Biographique : Le peintre espagnol Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906, où il fut proche du mouvement cubiste mais occupa une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers  " éliminé de la carte "  selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso  parce que plus vrai.  Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort. Les œuvres des années de guerre 1916-1917 se distinguent par une sobriété, une austérité toutes particulières des couleurs sombres autant que des motifs : « C’est bien là cette ardeur castillane qui s’habille de noir, s’interdit tout éclat, et qui paraît de la froideur à un observateur superficiel », écrit Kahnweiler. Et Maurice Raynal de renchérir : « Toute l’Espagne est dans son œuvre : l’Espagne des tons livides, sulfureux et sombres du Greco, de Zurbaran, de Ribera, de Herrera. Rien ne servait davantage la notion du tableau-objet en soi que les choses les plus simples, les plus humbles et les plus maniables, auxquelles ils feront subir toutes les déformations possibles pour réaliser la plénitude de cet « objet ». 

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dimanche 31 mars 2019

Juan Gris (1887‑1927) - La lampe



Juan Gris (1887‑1927)
La lampe, 1914 
Collage de papier, gouache et mine de charbon sur toile 
Collection particulière 

Que voit-on ?  Une composition  presque monochrome qui associe une  lampe à pétrole (au centre), un verre et une bouteille (à gauche) et un journal dont on aperçoit le titre et les "unes",  le tout posé sur une table de nuit carrée. Quelques collages de papiers peints en faux marbre parsèment la composition et leur reflet se réfléchit dans le verre à pied et partiellement dans la bouteille.  

Rappel Biographique :
 Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906.  Il fut proche du mouvement cubiste mais il occupa en même temps une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers  " éliminé de la carte "  selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso parce que plus vrai.  Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un José Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort.

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mardi 20 mars 2018

Juan Gris (1887-1927) - Bodegón 1913


Juan Gris (1887-1927) 
Bodegón, 1913
Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid  

 Que voit on ? Déstructuré  à l'extrême dans une composition cubiste à la frontière de l'abstraction, on peut penser reconnaître un pot. Le peintre ne concède aucun autre détail dans le titre à cette généralité qu'est le nom de Bodegon (Nature morte en espagnol).

Rappel Biographique : Le peintre espagnol Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906, où il fut proche du mouvement cubiste mais occupa une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers  " éliminé de la carte "  selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso  parce que plus vrai.  Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort. Les œuvres des années de guerre 1916-1917 se distinguent par une sobriété, une austérité toutes particulières des couleurs sombres autant que des motifs : « C’est bien là cette ardeur castillane qui s’habille de noir, s’interdit tout éclat, et qui paraît de la froideur à un observateur superficiel », écrit Kahnweiler. Et Maurice Raynal de renchérir : « Toute l’Espagne est dans son œuvre : l’Espagne des tons livides, sulfureux et sombres du Greco, de Zurbaran, de Ribera, de Herrera. Rien ne servait davantage la notion du tableau-objet en soi que les choses les plus simples, les plus humbles et les plus maniables, auxquelles ils feront subir toutes les déformations possibles pour réaliser la plénitude de cet « objet ». 

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jeudi 21 février 2019

Juan Gris (1887‑1927) Nature morte devant une fenêtre ouverte



Juan Gris (1887‑1927)
Nature morte devant une fenêtre ouverte, 1925
Collection privée 

Que voit-on  ? Une nature morte à la palette du peintre, au livre ouvert et aux deux pommes dans un compotier posé sur une table de nuit dont les veines du bois sont clairement dessinées.  La fenêtre ouverte est figurée à la fois par le trou ouvert vers l'extérieur et par la vitre, l'huisserie et la poignée (en noir).

Rappel Biographique : Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906.  Il fut proche du mouvement cubiste mais il occupa en même temps une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers  " éliminé de la carte "  selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso parce que plus vrai.  Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un José Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort.

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