dimanche 30 septembre 2018

Georges-Daniel de Monfreid (1856-1929) - Nature mortes avec oranges

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Georges-Daniel de Monfreid (1856-1929)
Nature morte avec oranges 
Collection particulière

Que voit-on ? Une nature morte où le peintre exprime tout son talent dans le traitement des diverses textures dans une touche résolument impressionniste : le verre, la porcelaine, le tissu, la peau même des oranges lui fournissent l'opportunité de revisiter à la façon des nabis les thèmes des grandes natures mortes classiques et de traiter de très technique leurs difficultés. 

Rappel biographique : George-Daniel de Monfreid était un peintre et collectionneur d'art français. Né à New York, il a passé son enfance dans le sud de la France. Très tôt, il décide de faire carrière dans l'art et s'inscrit à l'Académie Julian. Il se lie d'amitié avec Paul Gauguin, Paul Verlaine et Aristide Maillol. Au début, son travail était impressionniste et néo-impressionniste, mais son groupe proche des Nabis a poussé son style en direction de Gauguin.
Il était également collectionneur d’art et mécène. Avec Gustave Fayet, il fut l'un des premiers collectionneurs des œuvres de Gauguin au moment de son exil dans le Pacifique. Il était également l'un des premiers biographes de Gauguin. Il a également été influencé par le cubisme de Pablo Picasso en fin de carrière.
Il était le père de l'écrivain français Henry de Monfreid (1879-1974).

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samedi 29 septembre 2018

Edward Wadsworth (1889-1949) - Gasteropoda

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Edward Wadsworth (1889-1949)
Gasteropoda, 1927
Private collection 

Que voit-on ? Deux coquillages dont un posé sur une étagère naturelle formée dans une planche de bois,  une pomme de pin et un instrument en fer assez  énigmatique ...  

 Rappel biographique : Le peintre et graveur sur bois anglais Edward Wadsworth a souvent peint des vues de la côte, des comptes rendus d'évènements, des portraits et des natures mortes à motifs de coquillages. Pendant la Première Guerre mondiale, il fut engagé par la Royal Navy pour dessiner le camouflage des navires. Après la guerre, il a continué à peindre des thèmes lié a la mer et aux marines. Wadsworth était très impliqué dans le Vorticisme qui n'était rien de plus ou de moins qu'une déclinaison britannique du Cubisme européen. A peine un mois après que le manifeste du Vorticisme ait été publié dans BLAST, la guerre était déclarée à l'Allemagne. Le Vorticisme put cependant s'exprimer pendant le conflit puisque le 15 juin 1915 une exposition vorticiste fut organisée  à la Galerie Doré.
Les natures mortes marines d'Edward Wadsworth, puisqu'elles tiennent des deux genres à la fois, se rapprochent  en réalité plus des peintures surréalistes européennes (de Chirico ou de Magritte par exemple) que du cubisme dont elles se revendiquaient.  Elles sont une exception dans l'oeuvre  très structurée de Wadsworth, comme on peut le voir à travers ses multiples peintures de bateaux extrêmement géométriques et ordonnées.

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vendredi 28 septembre 2018

Ivan Puni (1894-1956)

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 Ivan Albertovich Puni (1894-1956)
Nature morte avec un cylindre, 1917

Que voit on ?  Derrière une série de cadres vides qui recompose la perspective à la manière cubiste (avant la lettre), un cylindre qui est vraisemblablement le carton du chapeau noir que l'on aperçoit à droite. Un intriguant billet rose en plein centre du tableau et une carte à jouer un "6 de pique" grossièrement maquillé en "4 de pique"  sur le rebord d'un tiroir de commode  achève de donner a cette nature morte au sujet inédit une note étrange, pour ne apas dire surréaliste... avant la lettre aussi, mais tout chez ce peintre avant-gardiste russe est définition  " avant la lettre "

Rappel biographique : Ivan Puni (Иван Пуни) connu aussi sous le nom francisé de Jean Pougny est un artiste avant-gardiste russe classé, un temps, parmi les suprématistes et les cubistes futuristes.
Petit-fils d'un compositeur italien de musique de ballet, Cesare Pugni, Ivan est inscrit dès 190 -11   à l' Académie Julian  à Paris où il reçoit une éducation artistique dans le domaine des beaux arts et  où il commence à  peindre dans une un style dérivé du fauvisme.
À son retour en Russie en 1912, il  montre ses oeuvres à  des membres de l''avant-garde de Saint-Pétersbourg , dont Kazimir Malevitch et Vladimir Tatlin qui sont immédiatement intéressés par son originalité.  Au retour d'une deuxième voyage à Paris  en 1915, il se met  à peindre dans un style cubiste  qui rappelle celui de Juan Gris. En 1915, Puni forment Supremus, un groupe d'artistes chargé de  faire promotion du "suprématisme", le mouvement d'art abstrait fondé par Malevich.
En 1916, Malevich et Puni  co-écrivent  le Manifeste suprématiste, qui appel la naissance d "un nouvel art abstrait pour une nouvelle ère historique ". 
 En 1919, il enseigne à l'école d'art de Vitebsk sous la direction de Marc Chagall.  La même année, au lendemain de la révolution bolchevique, Puni et son épouse quitte la Russie. Ils transitent par la  Finlande, avant de s'installer en  1920 à Berlin, où  la Galerie der Sturm organise la première exposition entièrement consacrée à son travail. Pendant son séjour à Berlin, Puni  conçoit des costumes et des décors pour divers productions théâtrales.
En 1924 enfin, Puni et son épouse Boguslavskaya s' installent  définitivement  à Paris, où son style change de nouveau en une variante de l’impressionnisme. En France, il signe son travail Jean Pougny dans le but de distancer sa nouvelle pratique artistique de son précédent travail en Russie. En 1946, Puni / Pougny devient citoyen français.
Il est mort à Paris en 1956.

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jeudi 27 septembre 2018

Jean Négulesco (1900-1993) - Romanian Still Life

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Jean Négulesco (1900-1993)
Romanian Still Life, 1926
 The Phillips Collection, Washington, DC

 Que voit on ? Une vision deja très cinématographique  pour cette composition cubiste des débuts de Jean Negulesco dans laquelle  voisinent  une icône roumaine et un vase en céramique peinte, assez typique des productions de l'artisanat  de Transylvanie., ce qui explique sans doute le titre de la nature morte.

Rappel biographique : Ioan Negulescu,   est un réalisateur de cinéma, scénariste, et accessoirement peintre, d'origine roumaine naturalisé américain. Après avoir  immigré à Vienne  en 1915, il revient à Bucarest en 1919 et commence une carrière de peintre . Il séjourne ensuite à Paris pour étudier les arts plastiques à l'Académie Julian et, après avoir francisé son nom en Jean Négulesco, il travaille comme décorateur au théâtre de Craiova pour la saison 1926
En 1927 il se rend à New York pour y exposer ses peintures puis s'établit à Los Angeles où il, avec un certain succès, devient portraitiste.
А partir des années 1930, il décide de s'orienter vers ce jeune art plein de promesse qu'est le cinéma et devient tour à tour assistant-producteur, réalisateur de seconde équipe et scénariste. Il poursuit sa carrière de réalisateur aux Etats-Unis en 1939, en signant un contrat avec Warner Bros,  pour Humoresque (1947)avec Joan Crawford et John Garfield ou pour Johnny Belinda (1948) avec Jane Wyman.  Mais c'est dans les années 1950, en  passant contrat avec 20th Century Fox, qu'il réalise ses plus grands succès cinématographiques qui firent de lui un réalisateur vedette d'Hollywood  : Comment épouser un millionnaire (How to Marry a Millionnaire) une célèbre comédie avec Marilyn Monroe, Lauren Bacall, Betty Grable et Titanic (1953) ainsi que La Fontaine des amours (Three Coins in the Fountain) (1954) une comédie légère avec Dorothy McGuire  et Clifton Webb....
Il a une étoile sur le Hollywood Walk of Fame au niveau du  6212 Hollywood Boulevard.

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mercredi 26 septembre 2018

Alexandre-François Desportes (1661-1743) - Nature morte avec huîtres, figues, pêches...


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Alexandre-François Desportes (1661-1743)
Nature morte avec  huîtres, figues, pêches, radis et melon, avec du pain, des verres, du vin et des plats en or et en argent sur une table en bois
Private collection

 Que voit-on ? On retrouve souvent chez Desportes les mêmes éléments réemployés de natures en natures mortes mais ordonnés de façon différente dans la composition. Cette nature morte en est un excellent exemple ; on peut la rapprocher de Déjeuner de maigre avec huitres, 1729 
conservée Nationalmuseum Stockholm (déjà publié sur ce blog) et s 'amuser au jeu des comparaison... qui sont nombreuses. Elles vont  des huitres au plateau de figues vertes en passant par la botte de radis  d'une variété aujourd'hui disparue.. il y a même un élément commun aux deux tableaux et situé exactement au même emplacement : la bourriche d'huître à gauche du cadre.  Par contre dans cette toile les deux plateaux au fond du cadre à droite et la bouteille de vin atteste d'un style de vie ou d'une époque de l'ascèse est beaucoup moins de mise que dans Déjeuner de maigre avec huitres,

Rappel biographique : Issu d’une famille modeste, Alexandre-François Desportes à ne pas confondre avec Nicolas Desportes ou Jean Desportes, deux autres peintres de nature mortes ayant vécu à la meme époque) était destiné à être paysan mais, à la suite d’une longue période de convalescence, il s’initia au dessin et acquit peu à peu une grande maitrise de cette technique. Il devint l’élève de Nicasius Bernaerts d'origine flamande, alors membre de l’Académie royale et spécialisé dans la peinture animalière et de Frans Snyders, il s’est largement imprégné de la tradition flamande. Au cours de ses premières années, il découvrit ainsi la peinture flamande dont il va subir l’influence tout au long de sa carrière.  A la mort de Bernaerts, Desportes ne se fia plus qu’à la nature. En 1695-1696, il fut nommé portraitiste à la cour de Pologne avant d’être rappelé en France où il abandonna le genre du portrait pour se consacrer presque exclusivement à la peinture animalière. Reçu à l’Académie royale en 1699, il participa à la décoration de la ménagerie de Versailles. Outre la peinture animalière, Alexandre-François Desportes se distingua aussi par ses natures mortes où il excella véritablement. On y perçoit l’approche réaliste flamande qui se traduit aussi bien dans les fonds de paysage que dans le rendu riche et méticuleux des matières alliée à une délicatesse alors réputée être très française.

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mardi 25 septembre 2018

Ilya Ivanovich Mashkov (1881-1944) - Prunes Bleues

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Ilya Ivanovich Mashkov (1881-1944)
Prunes bleues, 1910
Galerie Tretiakov, Moscou

Que voit on ?  Une explosion de couleurs très spécifique de ce grand représentant de l'avant garde russe que fut Machkov. Dans cette nature morte,  les fruits sont rangés assez étrangement en forme de couronne autour d'un plat posé sur un coussin blanc, le tout formant un sorte de parure. C'est une orange qui occupe le centre de composition comme s'il s'agissait de la piece maitresse de la parure,  d'une pierre précieuses rare entourée d'un collier de  prunes dont le bleu complémentaire hypnotise le spectateur.

Rappel biographique : Ilia Ivanovitch Machkov (Илья́ Ива́нович Машко́в) fut l'un des fondateurs en 1910, avec Robert Falk, Piotr Kontchalovski et Aristarkh Lentoulov, du groupe artistique moscovite du Valet de Carreau (1910-1913) . Machkov fut aussi un des créateurs de l'association « Mir Iskousstva » à partir de 1916. Il est une des figures majeures de l'Avant garde russe. 
Machkov aime par-dessus tout la couleur, toujours chaude, ardente et s'intéresse en même temps au dessin et à la simplification des formes. Les contours des sujets sont épais, les motifs sont décoratifs. Ses tableaux sont des portraits  et des beaucoup de natures mortes à sujets fort simples (des fruits, des pains...)  qui lui fournissent l'occasion de donner corps à  ses recherches abstraites dans le domaine de la couleur et de la forme. Les expositions du Valet de Carreau  lui fournissent l'opportunité de présenter les fruits des nouvelles expériences picturales. Les influences sont diverses : Primitivisme, expressionnisme, cubisme.... Devenu très influent, bien avant 1917, où il intéressait déjà les milieux artistiques conservateurs tsarites, il  ouvrit après la Révolution, à Moscou, un atelier où il enseigna lui-même la peinture. Parmi ses élèves figurent : Vera Rockline (qui peignit souvent des nus), Pavel Sokolov Skalia, l'Ukrainien Alexis Gritchenko.
Machkov meurt en 1944 dans sa datcha d'Abramtsevo non sans avoir reçu la distinction d' Artiste émérite de la République socialiste fédérative soviétique de Russie.

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lundi 24 septembre 2018

Henri Fantin-Latour (1836- 1906) - Nature morte 1856

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Henri Fantin-Latour (1836-1906)
Roses blanches, chrysanthèmes dans un vase, pêches et raisins sur une table avec une nappe blanche, 1876

Que voit-on ? Une des plus harmonieuses compositions de fleurs et de fruits de Fantin-Latour, assemblés ici sur une nappe blanche se détachant sur un fond uni beige. C'est une merveille  de rendus de textures qui s'exprime du panier de pêches, au bouquet de roses blanches, en passant par les raisins  et les somptueux chrysanthèmes dans le vase  de cristal.  Heureux qui possède cettes splendeur ! 

Rappel biographique : le peintre et lithographe français  Henri Fantin-Latour était plus connu  de son vivant pour ses portraits de femmes, ses portraits de groupes dont il rénova le style compassé et  pour ses peintures allégoriques que pour ses natures mortes, pourtant admirables. Aujourd'hui c'est exactement le contraire  ! Membre du groupe dit « de 1863  », puis du Cénacle des Batignolles où l'Impressionnisme serait né, Fantin-Latour faits souvent figure de chaînon entre la peinture romantique et l'impressionnisme.  Ses natures mortes, fleurs ou fruits, ont souvent trouvé acquéreur grâce à son ami Whistler qui a attiré en l'attention en Angleterre sur Fantin, à une époque où la peinture impressionniste française était peu appréciée dans ce pays.

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dimanche 23 septembre 2018

Paul Cézanne (1839-1906) - Deux poires

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Paul Cézanne (1839-1906)
Deux poires (c.1875)
Collection particulière

Que voit on ?  Le degré zero de la nature morte  : deux simples fruits, deux poires,  illuminées par le pinceau  et l'ahurissante palette de Cézanne  (ici presque monochrome !). Une illustration parfaite de sa la phrase par laquelle il definissait les natures mortes :   "Quand la couleur est à sa puissance, la forme est à sa plénitude »

Rappel biographique
: Les natures mortes furent un des thèmes favoris de Cézanne,  elles lui permirent de construire ses tableaux, d'approfondir les rapports entre les vides et les pleins, les figures et les fonds. Pour Cézanne, la nature morte est un motif comme un autre, équivalent à un corps humain ou à une montagne, mais qui se prête particulièrement bien à des recherches sur l'espace, la géométrie des volumes, le rapport entre couleurs et formes.  Dans ces natures mortes, Cézanne place des objets de peu, faits à la main par l'artisanat local et paysan, et il les peints plus grands que nature en en accentuant les défauts, avec des torchons, nappes, fruits ou fleurs, le tout placé sur un coin de table. Incomprises en leur temps, ses natures mortes sont ensuite devenues l'un des traits caractéristiques de son génie. Les pommes sont un des éléments, avec les vases, qui forment ses « obsessions picturales ». Pour les philosophes, elles participent à l'établissement de sa personnalité et à sa quête de l'être. Les natures mortes, et notamment les pommes, sont le signe de sa nouvelle conquête picturale.

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samedi 22 septembre 2018

Katsushika Hokusai - 葛飾 北斎 (1780-1849) - Crab and Rice Plant

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Katsushika Hokusai - 葛飾 北斎  (1780-1849) 
Crab and rice plant 
The MET

Que voit on ? Une des multiples représentations qu'Hokusai a fait des crabes tout au long de sa vie, observant  minutieusement ces crustacés dans  toutes les positions et situations possibles.  Dans cette impression conservée au MET, le crabe - très en éveil  (on s'attend à le voir presque bouger) - est présenté alors qu'il  s'empare d'une tige contenant des grains de riz. 
 Les crabes d'Hokusai ont fasciné Van Gogh qui les connaissait à travers les revues de japonisme que son frère Theo lui faisait parvenir... 

Rappel biographique : Connu sous le surnom de "Vieillard fou du dessin ", une signature qu'il employa lui même à partir de 1800,  le dessinateur et peintre japonais Katsushika Hokusai fut le grand spécialiste de l’ukiyo-e, graveur et auteur d'écrits populaires.  On sait aujourd'hui qu'il changea de signatures plusieurs fois au gré des styles assez variés qu'il adopta au cours de ces 88 années d'existence ; il faut un tableau d'une centaine de lignes pour recenser tous les noms et signatures q'uil employa !  Son œuvre  immense (près de 30 000 dessins) influença de nombreux artistes, en particulier Paul Gauguin, Vincent van Gogh, Claude Monet et Alfred Sisley, et le mouvement artistique appelé japonisme.  Certains historiens d'art le voient comme le père du manga, mot qu'il a inventé et qui signifie à peu près  : « Esquisse spontanée ».
Sur son lit de mort, il prononça ces dernières paroles : « Si le ciel m'avait accordé encore dix ans de vie, ou même cinq, j'aurais pu devenir un véritable peintre ».
Sur sa pierre tombale il laissa cette épitaphe : « Oh ! La liberté, la belle liberté, quand on va aux champs d'été pour y laisser son corps périssable ! »


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vendredi 21 septembre 2018

Vincent van Gogh (1853-1890) - Two Crabs

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Vincent van Gogh (1853-1890)
 Two crabs, 1889
The National  Gallery,  London 

 Que voit on ? Il est généralement admis chez les spécialistes de Van Gogh que cette nature morte a été peinte peu après sa sortie de l'hôpital d'Arles en janvier 1889. Le 7 janvier, il  écrit à son frère Theo : « Je vais retourner travailler demain. Je commencerai par faire une ou deux natures mortes pour m'habituer à repeindre ». Il est probable qu'il se soit inspiré pour celle-ci d'une gravure sur bois de Hokusai, «Crabs», reproduite dans le numéro de mai 1888 de « Le Japon Artistique »,  et envoyée à Vincent par Theo en septembre de la même année  (aujourd'hui visible au Victoria and Albert Museum ou ici dans ce blog). Dans une peinture apparentée au musée Van Gogh, à Amsterdam, le crabe est représenté couché sur le dos. Ici, c'est probablement le même crabe, montré à la fois sur le dos (en haut)  et à l'endroit (en bas).  L'artiste a utilisé un assez grande variété de coups de pinceau pour transmettre la texture. Des traits parallèles sculptent la forme de la créature sur une surface assez exubérante qui pourrait figurer celle de la mer.

Rappel biographique : Le peintre franco-hollandaisVincent van Gogh a peint énormément de natures mortes dont les plus célèbres sont sans doute constituées par la série des sept tableaux "Les tournesols " qu'il peignit à Arles entre Août 1888 et Janvier 1889. D'autres natures mortes moins célèbres  permettant de passer en revue a peu près tous les styles du peintre, ont été exécutées à diverses époques de sa vie. Van Gogh peignait sur des toiles souvent déjà apprêtées, qu'il pouvait réutiliser, soit en grattant l'œuvre précédente, soit en la recouvrant d'une nouvelle couche. Il employait  certains pigments instables, entraînant une modification des couleurs sous l'effet de la lumière, dont la laque géranium qui perd sa teinte rouge avec le temps. Les couleurs originelles sont donc souvent perdues, entraînant des difficultés de restauration. Pour certains tableaux les restaurateurs ont décidé de ne pas « recoloriser » le tableau, mais se contentent  de stopper les dégradations et de proposer un éclairage avec des filtres colorés pour restituer les teintes d'origine. Pour les historiens de l’art, Van Gogh est un précurseur qui a ouvert à la peinture de nouvelles voies. Par exemple, Derain et Vlaminck sont directement rattachés à l'art de Van Gogh « par l'emploi de couleurs pures en larges touches ». Pour les amateurs d'art, il reste un maître à l’égal de Leonard de Vinci ou de Rembrandt avec une production très importante et une trajectoire artistique fulgurante en durée et par ses styles.  Pour d'autres par contre comme Salvador Dali, dont les avis à l'emporte pièce étaient connus, Van Gogh était " tout sauf un peintre ". Pour le grand public, l'œuvre  de Van Gogh est aujourd'hui accessible dans les plus grands musées du monde.  Dans sa dernière lettre, trouvée dans sa poche le jour de son suicide, Vincent van Gogh  écrit : « Eh bien vraiment nous ne pouvons faire parler que nos tableaux »

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jeudi 20 septembre 2018

Guillaume Fouace (1827-1895) - Choux à la crème



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Guillaume Fouace (1827-1895)
Choux à la crème
Musée Thomas- Henry, Cherbourg-Octeville, France

 Que voit on ? Six choux à la crème arrangée en pyramide dans une assiette en porcelaine devant un jarre en céramique décoré et à côté d'une timbale très précieuse en argent et vermeil...  Une nature morte en forme d'ode à la bourgeoisie du 19e siècle et néanmoins bien appétissante comme d'habitude avec ce peintre qui avait été surnommé  "le peintre qui met l'eau à la bouche " !

Rappel biographique : Une destinée romantique et une personnalité très attachante. Né fils de cultivateur, il reprend la ferme familiale à la suite de la mort de son père, au hameau de Jonville à Réville, à l'âge de 24 ans. Dessinant depuis son enfance, son talent fut remarqué par le conservateur du Musée de Cherbourg de l'époque. Grâce à lui, il obtint, comme son illustre prédécesseur cotentinais Jean-François Millet, deux bourses de la municipalité cherbourgeoise afin de poursuivre ses études de peintre à Paris. En 1870, trois ans après son arrivée dans la capitale, il expose au Salon comme peintre-portraitiste. En 1873, il présente ses premières natures mortes qui, pour beaucoup, sont assez novatrices. Il a réalisé plus de 700 tableaux à tendance réaliste, principalement des portraits, des natures mortes et quelques paysages.
Le Musée d'Orsay à Paris possède quelques-unes de ses toiles. Le Musée Thomas-Henry de Cherbourg-Octeville consacre une salle à une quarantaine de ses oeuvres.
Peintre romantique attachant jusque dans sa vie, Fouace meurt en 1895, d'une maladie pulmonaire avant de recevoir la médaille de Chevalier de la Légion d'honneur que le gouvernement venait de lui attribuer. Sa tombe, que l'on peut voir au cimetière de Réville, est ornée d'un gisant en marbre blanc de sa fille Beatrix, née en 1875 et décédée en 1888.


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mercredi 19 septembre 2018

Georges Braque (1882-1963) - Atelier I

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Georges Braque (1882-1963) 
Atelier I, 1949
Collection privée

 Que voit on ? Un tableau dans le tableau ou plutôt une mise en abîme de deux natures mortes dans un tableau qui est une description de l' atelier du peintre en 1949. Mise en abîme car ces deux natures mortes ont bien été peintes dans la réalité, et mises sur le marché,  même si elles sont un tout petit peu différentes de celles qui sont présentées dans la toile Atelier 1.

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Celle qui  est présentée est au premier plan semble être une esquisse de  "Pichet noir et citron " ostensiblement signée (sous le pichet noir) par Braque quelques années plus tard, signature qui n'existe pas dans la représentation de l'atelier. La nappe est aussi un peu différente et laisse penser que la toile d'atelier est une esquisse de cette version  finale.




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La Nature morte au pichet blanc qui est présentée au deuxième plan de la composition d'atelier existe elle aussi, mais sera finalisée et signée en 1960 seulement, soit 11 ans après cette esquisse ! Le pichet blanc de 1949 est strictement le même que celui figure  dans la Nature morte au pichet  blanc de 1960 (ci contre), mais dans le tableau de 1940, il est présenté en majesté en quelque sorte ce qui lui donne une force qu'il n'a pas dans la composition finale.



Rappel biographique : le peintre français Georges Braque qui fut aussi sculpteur et graveur est le maître incontestable de la nature morte au 20e siècle, genre qu'il a profondément transformé et renouvelé tout au long de sa vie, s'inscrivant  (consciemment  ou inconsciemment) dans une démarche similaire à celle de Chardin au 18e siècle. Engagé dans le sillage du fauvisme, influencé par MatisseDerain et Othon Friesz, il peint, à l'été 1906 les paysages de l'Estaque avec des maisons en forme de cubes (Maisons à L'Estaque) que Matisse qualifie de cubistes.  A partir de 1909,  il entre dans ce que les spécialistes appellent la période du  " cubisme analytique ".  Les paysages qui prédominaient  jusqu'alors dans son œuvre vont céder la place aux natures mortes. 
Ce sont principalement des natures mortes d'objets et/ou d'instruments de musiques (violons, guitare, pipe, journaux et magazines, objets divers de décorations intérieurs comme les nappes, les guéridons...) qu'il peint délaissant volontiers les thématiques habituelles du genre (fruits, légumes, pâtisseries, porcelaines). Dès avant la Première Guerre Mondiale, sa peinture s'enrichit de combinaisons imprévues, avec une multiplication des facettes. Les formes sont géométrisées et simplifiées. Comme le remarque Bernard Zurcher, dans son ouvrage Braque vie et œuvre :   « Si l'on considère que la bataille du cubisme s'est jouée  sur le thème de la nature morte, Braque y était le mieux préparé ou plutôt il a été à même, en consolidant chacune des étapes de son évolution, d'aller plus sûrement à ce « signe qui suffit » tel que l'a nommé Matisse »
Entre 1919 et 1939, son style et ses recherches vont évoluer. De son passé cubiste, il conserve la simultanéité des points de vue et il opère une partition des objets et des plans qui les éloignent de tout réalisme. Guitare et nature morte sur la cheminée  1925, et Fruits sur une nappe et compotier, sont caractéristiques de cette évolution. Les objets semblent des accessoires de la composition," l'effort porte sur la couleur". Braque pousse l'usage du contraste encore beaucoup plus loin dans Nature morte à la clarinette,  avec des formes qualifiées de « naturalistes » Avec Le Guéridon, 1928 et Le Grand guéridon, qu'il continue à travailler jusqu'en 1936-1939, Braque opère un long mûrissement des formes. Il retravaille même en 1945 le Guéridon rouge, commencé en 1939 en réduisant le motif ornemental. Le thème du guéridon revient souvent dans l'œuvre de 1911 à 1952 qui reçoit en 1937 le premier prix de la Fondation Carnegie  de Pittsburgh
Cloîtré dans son atelier pendant toute la durée de la Seconde guerre Mondiale, il refuse toute compromission avec les nazis et le régime de Vichy, malgré les nombreuses propositions qui lui sont faites. Braque se consacre au thème des Intérieurs avec un retour en force du noir qui donne une impression de dépouillement et de sévérité. Pendant cette période, Braque poursuit son sujet favori  le nature morte et particulier les natures mortes aux instruments de musique qui n'ont cessé d'apparaître dans ses tableaux depuis 1908 .  « L'instrument de musique, en tant qu'objet, a cette particularité qu'on peut l'animer en le touchant, voilà pourquoi j'ai toujours été attiré par les instruments de musique » .1942 est une année particulièrement féconde pour le peintre qui commence plusieurs toiles sur le thème de la musique, qu'il terminera plus tard comme L'Homme à la guitare (1942), 1942-1961. 
A cette époque là il réalise une nature morte à sujet animalier Deux poissons dans un plat avec une cruche, (1949-1941) qui inaugure une série de poissons sur fond noir Les Poissons noirs, 1942, et  plusieurs Vanités.  
A la Libération, Aimé Maeght devient son nouveau marchand parisien, et publie la première édition des Cahiers G. Braque. En 1948, lorsqu'il  présente la série des Billards à la Biennale de Venise il reçoit le Grand Prix pour l'ensemble de son œuvre. Suit une série d'expositions en particulier au MoMa de New York, qui parachève la reconnaissance internationale de son œuvre immense et essentielle.

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mardi 18 septembre 2018

Felix Nussbaum (1904-1944) - Nature morte avec Masque, Gants et Ballon de Football

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Felix Nussbaum (1904-1944) 
Nature morte avec Masque, Gants et Ballon de Football, 1940
Musée d'art de la ville d'Osnabrück

Que voit on ? Plusieurs objets sont disposés sur un linge rose : un ballon de football, un papier enroulé laissant deviner une partie du mot « [TOMB]OLA », un réveil, un masque funéraire africain, un gant blanc et une pensée blanche et violette. A l’arrière-plan, on aperçoit la pleine lune, flottant dans un ciel sombre, au-dessus de la balustrade d’un balcon.
Nussbaum vivait caché lorsqu’il peignit ce tableau et cette œuvre exprime sa crainte de l'avenir. Le réveil représente la prise de conscience par Nussbaum du fait que son sort dépend du temps et qu’il ne lui en reste guère. Le billet de loterie symbolise la chance qui a tourné et le spectre de la mort, qui apparaît sous la forme d’un masque africain, plane au-dessus de l’ensemble.

Rappel biographique :  Felix Nussbaum  est un peintre juif allemand que l'on rattache habituellement au courant de la Nouvelle Objectivité (Neue Sachlichkeit). Son travail s'inspire également des oeuvres de Giorgio de Chirico, d'Henri Rousseau et de Van Gogh. Réfugié en Belgique après l'arrivée au pouvoir des nazis, il est déporté et assassiné dans le camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau. La date précise de sa mort n'est pas connue, mais il a été enregistré à l'infirmerie du camp d'Auschwitz le 20 septembre 1944, ce qui laisse supposer qu'il est mort entre ce jour et celui de la libération du camp, le 27 janvier 1945.
Felix Nussbaum a  représenté à travers ses peintures la situation dans laquelle il se trouvait en tant que Juif allemand durant la période nazie. La peinture représentait pour lui un moyen de lutter contre ce régime et lui permettait de conserver une dignité humaine tout en lui donnant la force de survivre. Felix Nussbaum appartient à la « génération disparue » victime de l'Holocauste. Il fut longtemps oublié et ce n'est que dans le courant des années 70 que son oeuvre fut redécouvert.
Le musée d'art de la ville d'Osnabrück à établir une collection des œuvres de Felix Nussbaum qui compte  actuellement plus de 160 œuvres du peintre.

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lundi 17 septembre 2018

Luis Egidio Meléndez (1716-1780) - Bodegón con naranjas, melón y cajas de dulces

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Luis  Egidio Meléndez (1716-1780) 
Bodegón con naranjas, melón y cajas de dulces
Museo nacional del Prado, Madrid

Que voit on ? Sur un entablement de bois une douzaine d'orange cueillies depuis quelques jours  (comme l'attestent les feuilles séchées  de certaines d'entre elle), réparties devant un melon et quelques boites den bois protégeant des confiseries.

Rappel biographique :  Luis Egidio Melendez, peintre espagnol d'origine napolitaine, a fait carrière presque exclusivement à Madrid. Contemporain de Goya, il  est considéré aujourd'hui comme l’un des meilleurs peintres de natures mortes du 18e siècle, réputation qu'il n'avait pas de son vivant qu'il a passé dans une misère absolue. C'est son père, Francisco Meléndez et Louis-Michel van Loo (dont il est l'assistant de 1742 à 1748) qui assurent sa formation de peintre.
Le futur  Charles IV d'Espagne lui commanda une grande série de natures mortes, dont une partie importante est conservée au musée du Prado  à Madrid.
Ses toiles peintes dans de petits formats, dans la grande tradition de l'austérité espagnole, n'en foisonnent pas moins d'une minutie des détails. toujours peints avec une absolue perfection. La composition simple et le contraste clair-obscur, s’inscrivent dans la tradition des natures mortes baroques de Zurbaran et de CotanComme eux, Meléndez étudia les effets de lumière, la texture et la couleur des fruits et des légumes, ainsi que celles des récipients en céramique, verre et cuivre ou pailles. À la différence des maîtres du 17e siècle, il présente le sujet plus près du spectateur, en légère plongée. Ce sont des objets disposés sur une table, ce qui donne à ses formes une certaine monumentalité. Le genre permet au spectateur d’étudier l’objet par lui-même. Les fonds sont neutres, et c'est un puissant éclairage qui mettent valeur les contours de l’objet. C’est ainsi qu’il représente le duvet des fruits, les transparences des peaux des raisins, les intérieurs brillants des pastèques et quelquefois les  accidents  présents à la surface des  fruits (comme ici avec les figues vertes). 
Chaque toile de Meléndez est minutieusement composée et fait l'objet d'un mise en scène précise afin de créer  le plus grand réalisme possible. Les « grands thèmes » n’intéressèrent jamais Meléndez qui portent surtout son attention sur les choses de la vie quotidienne,  sur l’observation et l’étude de la nature. Il fut souvent comparé à Chardin, jusqu'à être même parfois surnommé  le « Chardin Espagnol » ce qui est assez stupide eut égard au caractère unique de son style et à tout ce qui différencie ces  deux grands peintres. 

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dimanche 16 septembre 2018

Edouard Vuillard (1868-1940) - Quatre pommes

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Edouard Vuillard (1868-1940)
Quatre pommes, 1889-90 
Collection privée 

Que voit on ? Exactement ce que décrit le titre avec à la surface de ces quatre pommes une multitude de couleurs et de reflets que l'on n'aurait pas soupçonnés  si le peintre ne les avait soulignés avec autant de génie.

Rappel biographique : Jean-Édouard Vuillard,  connu pour  être le fondateur du mouvement Nabis, a peint aussi bien des portraits que des intérieurs, des natures mortes, des compositions murales et des décors de théâtre. Vuillard exposa pour la première fois au Salon des Indépendants en 1901 et au Salon dAutomne en 1903. C'est dans le années 1890 qu'il  fit la connaissance des frères Alexandre et Thadée Natanson, les fondateurs de la Revue Blanche, et en 1892, sous leur conseil, il fit ses premières décorations (fresques d'appartements) pour la maison de Madame Desmarais. Plus tard il reçut de nombreuses commandes semblables. En 1895 pour Alexandre Natanson, en 1898 pour Claude Anet, en 1908 pour Bernstein et en 1913 pour Bernheim et pour le Théâtre des Champs Elysées. Les dernières commandes qu'il reçut datent de 1937 (Palais de Chaillot à Paris, avec Bonnard) et de 1939 (Palais des Nations à Genève, avec Denis, Roussel et Chastel).

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samedi 15 septembre 2018

Juan Gris (1887-1927) - Bouteille et cruche 1911

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Juan Gris (1887-1927)
Bouteille et cruche, 1911  
Kröller-Müller Museum

 Que voit on ?  Une composition  presque monochrome et ordonnée sur cinq plans comme c'est presque toujours le cas dans les compositions cubistes de Juan  Gris. Le bol blanc occupe le premier plan. Le deuxième plan se complique avec  au meme niveau ce qui semblent être un gobelet noir à gauche et un gobelet blanc à droite. Au troisième plan figure la cruche de terre cuite, typiquement  espagnole, à deux embouts. Au quatrième plan : une bouteille dont le corps est partiellement caché par une structure géométrique en hauteur, comme une feuille de papier plié. Au cinquième plan : un horizon  rayonnnant au sens premier du terme...

Rappel Biographique : Juan Gris vécut et travailla en France à partir de 1906.  Il fut proche du mouvement cubiste mais il occupa en même temps une place très à part dans la peinture de son temps, sans doute toujours dans l'ombre de Picasso qui l'aurait volontiers  " éliminé de la carte "  selon les dires de Gertrude Stein. Salvador Dali disait de lui : « Juan Gris est le plus grand des peintres cubistes, plus important que Picasso parce que plus vrai.  Picasso était constamment tourmenté par le désir de comprendre la manière de Gris dont les tableaux étaient techniquement toujours aboutis, d'une homogénéité parfaite, alors qu'il ne parvenait jamais à remplir ses surfaces de façon satisfaisante, couvrant avec difficulté la toile d'une matière aigre. Il interrogeait sans cesse : « Qu'est-ce que tu mets là ? — De la térébenthine. » Il essayait le mélange, échouait, abandonnait aussitôt, passant à autre chose, divin impatient. »
Aujourd'hui Juan Gris apparait comme un génie injustement resté dans l'ombre. Il a peint quasiment autant de natures mortes que de paysages ou de portraits.

Jusqu’en 1920, sa peinture est encore marquée par l’Espagne, celle des natures mortes de l’école de Séville des 16e-17e siècles – d’un José Sanchez Cotan, d’un Valdes Léal ou d’un Zurbaran, par exemple – Gris aime profondément ces peintures des « blancs chartreux qui, dans l’ombre, glissent silencieux sur les dalles des morts ». Des blancs contrastant avec les noirs, il va donc tirer le parti le plus fort.


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vendredi 14 septembre 2018

Andy Warhol (1928-1987) - Crab

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Andy Warhol (1928-1987)
Crab, 1982
Private collection

Que voit on ?  U crabe, n sujet assez fréquemment peint dans les natures mortes depuis lea Rome antique jusqu'à nos jours, avec des périodes plus ou moins fastes (le 17e et le 19e siècle par exemple) !  Warhol passe ici  à la moulinette du pop art ce grand classique dont il essaie aussi de rendre par des superpositions de couleurs, les mouvements contrariés, ce qui est une première.
Avance-t-il en reculant ou recule-t-il en avançant  ? On n' a pas fini d'en disserter !

Rappel biographique : Warhol, généralement reconnu comme l'un des très grands artistes du  20e siècle au donner donne aux natures mortes toutes les formes humoristiques imaginables (et même inimaginables!) des célèbres boîtes de Campbell soup aux oeufs en forme de pastilles colorées (déjà publiés dans ce blog), en passant par des trèfles à 4 feuilles traitées façon capucines et vendus en rouleaux de papier peint. Warhol, iconoclaste adoré de son vivant par les grands de ce monde, les élites intellectuelles, les stars d'Hollywood et les riches aristocrates anglos saxons qu'il aimait malmené, était en fait un puritain, très religieux et assez "coincé"...
Tout commence pour lui au début des années 1960, lorsque publicitaire déjà reconnu, il utilise dans ses dessins une technique directe sur du papier hydrofuge et repasse les contours avec de l'encre encore humide sur des feuilles de papier absorbant, en adoptant le vieux principe du buvard. Bien qu'à cette époque, beaucoup d'artistes soient illustrateurs publicitaires pour des entreprises, tous le font discrètement. Pour Warhol, c'est le contraire : il est tellement connu en tant que publicitaire que son travail artistique n'est pas pris au sérieux. Il présente dans une galerie quelques-unes de ses œuvres, mais c'est un échec. Reconsidérant alors son travail alimentaire et son travail de peintre, plutôt que de les opposer, il pense à les réunir. Il a l'idée d'élever les images de la culture populaire au rang de l'art élitiste, rejoignant ainsi les artistes du pop art, mouvement lancé à Londres au milieu des années 1950 par Richard Hamilton et Eduardo Paolozzi, qui l'expérimentent indépendamment les uns des autres. Si Roy Lichtenstein et Jasper Johns en sont les pionniers, Andy Warhol  en sera véritablement le pape.
En 1963, il adopte la technique qu'il utilisera pour ses œuvres les plus célèbres : la photographie sérigraphiée sur toile. 
Les photographies simplifiées en noir et blanc, sans gris, sont imprimées en sérigraphie sur la toile peinte de grands aplats de couleurs. Le motif est parfois reproduit plusieurs fois sur la toile, comme un motif de papier peint. C'est le stéréotype du pop art.
Ses motifs de prédilection sont des noms célèbres de marques déposées, le symbole du dollar, les visages de célébrités...  
Le thème des Comics, qui avait d'abord intéressé l'artiste, était déjà largement exploité  par le peintre Roy Lichtenstein qui en avait fait sa marque de fabrique. Jasper Johns avait choisi la typographie. Pour se démarquer, Warhol comprit qu'il devait lui aussi trouver sa marque. Ses amis lui ayant conseillé de peindre ce qu'il aimait le plus, il choisit de représenter les conserves de Campbell's Soup, pour sa première exposition majeure. Les boîtes de Campbell's Soup ouvertes ou neuves, rouillées, aux étiquettes déchirées, uniques ou multipliées, en séries, en damiers, seront le thème récurrent de Warhol. Pour lui, l'image, son pouvoir au sein de la société de consommation est en lien avec la mort. 

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jeudi 13 septembre 2018

Nicolas-Henri Jeaurat de Bertry (1728–1796) - Nature morte à la bouteille de vin mousseux

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 Nicolas-Henri Jeaurat de Bertry (1728–1796)
 Nature morte à la bouteille de vin mousseux et aux fruits.

 Que voit on ? Ce que décrit le titre, avec la présence d'un document intéressant sur le système de fermeture adopté pour conserver le pétillant des vins mousseux en bouteille. Un flacon de liqueur ou de Cognac  enrobé dans un panier tressé en argent accompagne cette précieuse bouteille de mousseux. La délicatesse des coloris des fruits (pêches, raisins, poires et oranges) peut rappeler  ici celle de Chardin auquel ce peintre a souvent été comparé (et avec lequel il a même été confondu plus d'une fois) bien que des critiques sévères l'ait aussi traité  (injustement) de "Chardin farineux".. 

Rappel biographique : Fils d’Edme Jeaurat, graveur du Roy, Jeaurat de Bertry a étudié avec son oncle, le peintre Etienne Jeaurat. Il a établi sa réputation dans la nature morte, genre où il excellait, réussissant à saisir les objets de la vie quotidienne avec un détail et une vitalité rappelant le maitre du genre, Chardin, mais pour un critique comme Théodore Lejeune : « Autant Chardin excelle dans le clair-obscur, autant Jeaurat est cru et sec. » Fait remarquable et rare,  il a été à la fois nommé et reçu, par accord verbal de l’assemblée, académicien et professeur à l’Académie royale de peinture et de sculpture, le même jour, le 31 janvier 1756, avec deux natures mortes comme morceaux de réception : l’un, Ustensiles de cuisine près d’un petit fourneau en terre allumé qui rappelle l’esprit de Chardin et l’autre ses trophées militaires.
L’année suivante, il a prйsentй au Salon de 1757 trois natures mortes représentant des instruments de musique, une allégorie de la guerre, une de la science, qui ont attiré une critique favorable du Mercure d’octobre : « On a vu avec plaisir trois tableaux de M. Jeaurat de Bertry : ils sont d’une belle imitation et bien grouppés. » 
On ignore où se trouvent ses dernières oeuvres, mais le tableau aux instruments de musique, signé et daté de 1756, actuellement dans les collections du musée Carnavalet, semble être le premier de ces trois tableaux au Salon. Quelques natures mortes de la Réunion des Musées Nationaux (dont celui de Cambrai) attribuées un temps par erreur à Chardin et à Henri- Horace Roland de La Porte, l’un contenant même son monogramme  "JB", lui ont récemment été réattribués.
En 1761, il est nommé peintre et pensionnaire de Marie Leszczynska et signe ses lettres du titre de « peintre de la Reine ». Reconnu, il quitte Paris pour s’installer Versailles où il résidera jusqu’à la mort de la reine en juin 1768. Le 1er juillet de la même année, il reçoit une pension de 400 livres de gratification annuelle, « en considération des services qu’il a rendus а la feue Reine, pour l’amusement de cette princesse dans l’art de la peinture. » Il repart alors pour Paris d’où il ne sortira plus , exception faite d’un second séjour de quatre ans à la cour.
Pendant la Révolution, il se concentrera sur le portrait, certains de nature satirique voilée, ainsi que sur les constructions allégoriques comportant des portraits, le drapeau tricolore, les pyramides et l’oeil maçonnique. Au Salon de 1796, il expose le Portrait du Citoyen Gelé à l’instant où il reçoit le brevet d’imprimeur de la Gendarmerie nationale. Au même Salon, il expose encore une Vue de la collégiale et du pont de Corbeil, où il évoque  sa propre disparition avec un coche descendant passant sous le porche de la collégiale.
Le fait qu'il fut comblé d'honneur par la reine, ne lui valut pas que des amis et l'on fut bien sévère avec ce peintre dont le talent mérite aujourd'hui largement d'être débarrassé des jalousies opportunistes de son époque.
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mercredi 12 septembre 2018

August Macke (1887- 1914) - Spirit of the house Still Life with cat

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August Macke (1887- 1914)
Spirit of the house, Still Life with cat, 1910

Que voit on ? C'est bien un chat qui est au centre de cette nature morte et le moins que l'on puisse dire est qu'il le sait !!!  Ni les pots ni les fruits ni les fleurs ni même le petit orchestre qui fait diversion sur un gravure murale ne  peuvent rivaliser avec la majesté  imperturbable du félin domestique  !

Rappel biographique : August Macke,  est un peintre expressionniste allemand, disparu trop tôt, à l'age de 27 ans,  dans le grand massacre de la Premiere guerre mondiale.
Macke commença ses études artistiques en octobre 1904 à l'académie des Beaux-Arts de Düsseldorf et en 1905, il n'hésita pas à s'inscrire aux cours du soir de l'école des Arts décoratifs, où une plus grande liberté de travail sur des sujets du quotidien lui convenait mieux que les sujets académiques.
 En octobre 1909,  les conditions de vie et le calme de la campagne environnante  ou vit MAcke  lui permettent de produire pas moins de 200tableaux. Cette période est considérée comme le premier sommet du parcours artistique de Macke.
En février 1912, Macke participe à l'exposition du Cavalier bleu chez Thannhauser, à Munich mais rompt immédiatement ses relations avec Wassily Kandinsky et le Cavalier bleu à l 'issue de l'exposition qui le déçoit beaucoup.
En 1913, Macke déménage en Suisse, où il connaît une année très fructueuse, centrée sur les motifs de la nature et de l'homme. Lors d'un court voyage en Tunisie (financé par Bernhard Koehler) avec Paul Klee et Louis Moilliet, il peint de nombreuses aquarelles et prend beaucoup de photographies qui lui serviront de support par la suite pour d'autres peintures à l'huile.
Sa dernière peinture, Adieu, revêt une dimension prophétique.

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mardi 11 septembre 2018

Giovanni Battista Recco (1615-1660) - Natura morta con i preparativi per un pasto venduto

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Giovanni Battista Recco (1615-1660)
Natura morta con i preparativi per un pasto venduto
(Nature morte avec les apprêts d'un repas vendu)
Collezione privata

Que voit-on ? Un prêt à emporter chez un traiteur !  C'est ce que semble décrire en tout cas le titre  pour cette petite collation très équilibré à base de fromage, de viande ou de poissons séché, de pain et de légumes. On remarque le falcon de verre qui flotte a la surface de la bassine de liquide prêt à en extraite l'exacte dose achetée. 

Rappel biographique : le peintre napolitain Giovani (ou Giovan) Battista Recco est spécialisé dans les natures mortes de l'école napolitaine à sujet de fruits et légumes, de poissons, de fruits de mer et de crustacés. Il fit parti d'une de ses dynasties d'artistes comme il y en eut beaucoup pendant la Renaissance et dont Giovan semble être le fondateur avec Giacomo Recco (1603-1653). Leur ont succédé : Giuseppe Recco (1634 -1695) fils de Giacomo,  lui aussi spécialiste des natures mortes et  le fils et la fille de Giuseppe, Niccolo et Elena.  L'atelier de peinture était alors familial et l'on se transmettait les règles et secrets de père en fils ou en filles, neveux ou nièces, frères ou sœurs, jusque ce que la manne se tarisse  et les commanditaires se lassent. Dans le petit monde  assez clos des notables napolitains, il pouvaient se passer plusieurs générations avant que l'on ne se lasse d'un artiste.


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lundi 10 septembre 2018

Georges Bouche (1874-1941) - Nature morte au pichet


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Georges Bouche (1874-1941)
Nature morte au pichet
Collection particulière

 Que voit on ? Sur un coin de table un pichet une assiette et un fruit qui pourrait être un citron vert, peints avec la touche et la palette si particulière de ce très grand peintre français oublié dont chaque nature morte  - pourtant peinte dans un style extrêmement moderne - fait immédiatement penser  à celles qui sont présentes sur les murs des villas de Pompei.

Rappel biographique :  le peintre français, Georges Bouche commence à peindre dès l’âge de quatorze ans des petites toiles ;  il voue à ce moment là une admiration enthousiaste au peintre paysagiste lyonnais Louis-Hilaire Carrand (1821-1899) qu'il rencontre à la fin de sa vie, alors que celui-ci mène une existence misérable.  L'influence de ce très grand peintre proche de l'Ecole de Barbizon lui-même très influencé par Gustave Moreau se fera sentir de façon indélébile sur tout l'oeuvre de Georges Bouche.
D’abord élève d’architecture à l’Ecole des Beaux-Arts de Lyon, Bouche quitte sa ville natale et s’installe à Paris où il rencontre Pierre Laprade avec qui il se lie d’amitié et fonde un atelier commun. Les styles de l'un et l'autre sont pour un temps très entremêlés jusqu'au moment où, découvert par  le marchand Ambroise Vollard Laprade quitte l’atelier.
Georges Bouche épouse alors la peintre Emilie Charmy et continue à travailler seul, réagissant contre les facilités d’harmonies des Post-Impressionnistes et des Fauves, s’attachant à prouver que les excès de couleur risquent de tuer la lumière. A travers une pâte rugueuse, il obtient un effet de légèreté et de transparence inégalée dans le domaine de la peinture si ce n'est pas  Alberto Giacometti quelques années plus tard. En 1902, il expose pour la première fois et participe régulièrement au Salon d’automne, au Salon des indépendants et à la Nationale. Il est représenté à l’exposition des « Maîtres indépendants 1895-1937 » au Petit Palais de Paris.
Lorsqu’il rencontre le succès, Georges Bouche est au seuil de la mort. L’exposition de 1939 à Paris est la dernière de son vivant. Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, le peintre se retire dans sa propriété d’Auvergne où il décède peut de temps après. Son oeuvre  magnifique est depuis son décès demeurée dans un oubli aussi injuste qu'incompréhensible, car il s 'agit là d'un très grand peintre du 20e siècle.

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dimanche 9 septembre 2018

Giorgio Morandi (1890-1964) - Still life 1943

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Giorgio Morandi (1890-1964)
Still life, 1943
Collection particulière

Que voit on  ? Ce sont deux coquillages, un thème précieux des natures mortes du 17e siècle et que cet immense peintre, admiratif de cette époque, convoque au fond de son atelier solitaire, au moment où le 20e siècle est le plus cruel et le plus inhumain, en pleine deuxième guerre mondiale.  Couleurs pâles, subtiles, à la limite de la grisaille,  dessin schématique proche de la silhouette conférant aux objets un aspect irréel... tout ce que l'on aime chez ce génie de la forme et de la couleur semble se concentré, ici, dans ses deux coquillages...

Rappel biographique : Le peintre italien Giorgio Morandi, bien que qualifié de futuriste ne peut être identifié à aucun mouvement pictural du 20e siècle en particulier. Ayant peint de très nombreuses natures mortes, l’œuvre de Cézanne représente évidemment une influence majeure pour lui  et ce dès sa jeunesse ; il lui emprunte la monumentalité des formes et les zones denses de couleurs. Mais simultanément, il développe une approche beaucoup plus intime de l’art.
Les natures mortes de Giorgio Morandi représentent des objets toujours ordonnés avec soin sur une table dans l'atelier, pour être observés et peints. Ces objets qu'il a lui même achetés chez des brocanteurs, qui lui ont été donnés par des amis ou qu'il a ramassés dans la rue, sont facilement identifiables de toile en toile ; ce sont des bouteilles, cubes,  entonnoirs auxquels viennent se mêler, à l'occasion mais rarement, un coquillage ou un fruit. Le positionnement des objets dans le cadre est réalisé avec une attention particulière portée à la " géométrisation" de l'espace qui peut alors se lire en carrés et diagonales. Un lent travail de maturation est mis en œuvre par le dessin et la peinture par reprises successives, superpositions de couleurs faites d'une pâte ample avec des dégradés de gris d'une extrême sensibilité, qu'amplifie une sorte de délectation morose. Morandi avait la réputation de broyer lui-même ses couleurs.

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samedi 8 septembre 2018

Jean-Baptiste Debret (1768-1848)


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Jean-Baptiste Debret (1768-1848)
Les fruits du nouveau monde, 1822
 Collection Privée

Rappel biographique : Jean-Baptiste Debret est un peintre d'histoire français (le plus noble des genre picturaux au 19 e siècle) qui ne s'est hasardé dans le domaine de la nature morte uniquement du bout du pinceau et à titre documentaire comme le montre cette nature morte, la seule qui soit connue de lui et qu'il peignit au Brésil lors de sa mission artistique dans ce pays.
Sous le Premier Empire il réalisa, comme son cousin,  de nombreuses peintures officielles pour le régime et pour l'empereur. Après la chute de Napoléon 1er,  il accepta une proposition du roi du Portugal Jean VI en exil au Brésil, et fit partie d'une mission d'artistes venus rejoindre la cour.
La défaite de Napoléon en 1815 fut un rude coup pour les artistes néoclassiques comme lui  qui perdaient le principal pilier financier et idéologique de leur art. À cette époque, lui et l'architecte Grandjean de Montigny furent invités à participer à une mission d'artistes français qui devait partir pour la Russie à la demande du tsar Alexandre Ier. En même temps le marquis de Marialva, ambassadeur du Portugal à Paris préparait une mission vers le Brésil. Joachim Lebreton, futur directeur de cette mission, les sollicita. Ils choisirent le Brésil et s'embarquèrent au Havre le 22 janvier 1816 sur le Calpe, voilier nord-américain, avec les 40 artistes qui composaient la mission, dont le plus notable était le peintre Nicolas-Antoine Taunay. Le Calpe accosta à Rio de Janeiro le 26 mars 1816.
 Debret vécut au Brésil 15 années et fit une carrière de peintre officiel de l'empire brésilien. Son carnet d'aquarelles intitulé Voyage pittoresque et historique au Brésil, révèle la profondeur de la relation personnelle et émotionnelle qu'il a eu avec ce pays.  En 1831, il  revint en France en avançant des raisons de santé et ne retourna plus au Brésil qui lui-même connaissait des bouleversements politiques.  La légende raconte que après son abdication, l'empereur du Brésil Pedro Ier et Debret se rencontrèrent par hasard au coin d’une rue de Paris. L’ancien empereur et son peintre d’histoire y auraient fait échange de politesses. Le premier aurait civilement offert sa maison de Paris à l’artiste qu’il avait naguère décoré de l’Ordre du Christ en le traitant d’homme vertueux.


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vendredi 7 septembre 2018

Pompei - Nature morte aux poisson et canards

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Pompei 
Nature morte aux poissons et canards
Casa del Granduca di Toscana 
Musée Archéologique National, Naples

Que voit on ? dans cette mosaïque  du 1er siècle avant JC : une nature morte sur deux étages selon la tradition  antique avec dans la partie inférieure, trois canards, visiblement vivants ; dans la partie supérieure  quatre poissons morts. Les deux parties sont séparées par une branche d'olivier.

Rappel historique : Pline l'Ancien raconte que dans la Grèce antique, le peintre Piraikos qui vivait au 3e siècle avant notre ère, vendait déjà fort cher ses " Provisions de cuisine ", des tableaux de chevalets représentant des victuailles ou des instantanés d'échoppes de cordonniers et de barbiers. Dans la hiérarchie des genres picturaux d'alors, ces représentations de provisions de cuisine sont déjà considérées comme un genre mineur... et  elles le resteront pendant de longs siècles... au moins jusqu'à Chardin, si ce n'est jusqu'à Cézanne. Genre mineur donc, loin derrière les sujets religieux, les portraits et les paysages, mais genre que les commanditaires s'arrachent pourtant !
Le grec Piraikos reste le plus célèbre des peintres de ce genre. Hélas, aucun exemple n'est parvenu jusqu'à nous de ces peintures des menus objets du quotidien par Piraikos,  peinture que l'on nommait à cette époque Rhyparographie .
A la même époque, un autre peintre grec, Zeuxis rivalisait avec la nature au point que des oiseaux voulaient picorer les raisins qu'il peignait et qu'il passe être l'inventeur du réalisme et  de l'illusionnisme, pour ne pas dire du premier trompe-l'oeil. Il faut là encore faire confiance au récit de Pline l'Ancien, car aucun exemple de cet art ne nous est parvenu.
Les premières natures mortes connues du monde occidental sont des fresques et des mosaïques du 1er siècle de l'ère chrétienne, provenant de Campanie (Herculanum et Pompéi) ou de Rome. Elles sont exécutées dans un style réaliste et illusionniste : fruits veloutés, poissons et volailles posés sur une marche de pierre ou sur deux étagères d'un garde manger, généralement en trompe l'œil avec des ombres portées, ou quelquefois dans des coupes en verre avec des transparences subtiles.
Ces peintures évoquent le xenion antique, un cadeau fait de denrées qu'un hôte doit offrir à ses invités. Pourtant la nature morte de l'Antiquité possède une autre ambition que celle du seul plaisir mimétique. Comme le précise Charles Sterling : « Il est clair que les natures mortes hellénistiques et romaines qui représentaient des mets prêts à être consommés comportaient une allusion épicurienne ». On trouve ainsi assez fréquemment des mosaïques de natures mortes et des vanités dans les atriums d'été romains, où les convives invités aux repas étaient ainsi encouragés à cueillir le jour qui passe, Carpe diem selon la célèbre formule d'Epicure, à profiter de la vie tant qu'il était encore temps de le faire. Une déclinaison plus sophistiquée de la tradition égyptienne pharaonique qui voulait que l'on fît passer un cadavre devant les convives avant de commencer un repas pour leur rappeler l'impermanence de la vie !  Les natures mortes garderont tout au long des siècles jusqu'à nos jours,  cette signification épicurienne.

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jeudi 6 septembre 2018

Pablo Picasso (1881-1973) - Verre de vin et fruits

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Pablo Picasso (1881-1973) 
Verre de vin et fruits, 1908  
Barnes Foundation Philadelphia.

Que voit on ? On peut difficilement imaginer plus simple et de plus graphique... sachant que  le vin se cache secrètement ans le verre  et que ce fruit vert peut faire l'objet de toutes les interprétations.

Rappel biographique : lUtilisant tous les supports pour son travail, il est considéré comme le fondateur du cubisme avec Georges Braque auquel son nom est lié surtout dans le domaine des natures mortes. Il est considéré comme l'un des plus importants artistes du 20e siècle tant par ses apports techniques et formels que par ses prises de positions politiques et que par l'immensité de son production tous genre confondus, que l'on chiffre à près de 50 000 œuvres.
Les premiers collages et assemblages sont réalisés pendant l'hiver 1912, Nature morte à la chaise cannée (Paris, Musée Picasso), Guitare(s) en carton (Paris, Musée Picasso). A partir des années 20 ses natures mortes seront très proches, sur la même ligne de conception " cubiste analytique " que celles de George Braque, dont il devient un temps l'intime avant de s'en séparer définitivement.  Il y eut une connivence d'inspiration très rare entre ces deux peintres pendant une certaine période de leur vie et en particulier dans le domaine particulier du traitement de la nature morte. 
Picasso peint  beaucoup d'autres natures mortes après la Seconde guerre mondiale et hors de la période cubiste, mais ce n'est pas un genre qui tient une place aussi essentielle dans son oeuvre que dans l'oeuvre de Georges Braque.

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