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dimanche 8 février 2026

Mikhaïl Larionov (1881-1964) - Nature morte à la théière


Mikhaïl Larionov (1881-1964)  Nature morte à la théière Collection privée


Mikhaïl Larionov (1881-1964) 
Nature morte à la théière
Collection privée  

Mikhaïl Fiodorovitch Larionov ( Михаил Фёдорович Ларионов) dit Michel Larionov, est un peintre et décorateur russe naturalisé français. Michel Larionov a étudié а l’Ecole de peinture de Moscou. Passant rapidement de l'impressionnisme au fauvisme, il est l'un des tous premiers animateurs de l'Avant-garde en Russie. Il se lie avec Kasimir Malevitch, a pour élève Vladimir Tatline et fonde, en 1910, le groupement du Valet de Carreau puis, en 1912 après une dispute avec David Bourliouk, la Queue d'Ane. Il épouse Nathalie Gontcharova, avec qui il élabore, dès 1909-1910, les fondements du Rayonnisme (une variante de l'art abstrait dont Guillaume Apollinaire rédigera le catalogue d'exposition à Paris en 1914 ). Très enclin à créer des mouvements et des groupes, Larionov crée l'année suivante le mouvement du Toutisme avec Mikhail Le Dentu et le poète Ilia Zdanevitch. Il expose au Salon des indépendants à Paris, en même temps que Nathalie Gontcharova et l'artiste peintre Alexandra Exter, grâce à l'appui des époux Sonia et Robert Delaunay. En 1914, il s'installe à Paris, se consacrant aux décors pour les Ballets russes de Serge de Diaghilev, qu'il réalise entre 1915 et 1922. Il ne retourne plus dans son pays natal après la révolution bolchévique de 1917 et est naturalisé français dans les années 20. Il meurt en France en 1964 dans l'oubli le plus total. Son œuvre est aujourd'hui dans beaucoup de grands musées russes et au Musée du Petit Palais à Genève. 

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2026 -  15e année -  Une collection de Natures Mortes 
Un blog de Francis Rousseau  


dimanche 29 septembre 2024

Arthur Segal (1875-1944) - Still life with oranges


Arthur Segal (1875-1944) Still life with oranges, 1929

Arthur Segal (1875-1944)
Still life with oranges, 1929

 

Que voit on ? Nous voyons ce que décrit le titre avec un réglage de focus  - comme qu'il s 'agissait d'un appareil photographique - centré sur la coupe blanche au premier plan, au détriment des objets dans le fond qui sont volontairement peint dans le flou.  Un jeu destiné à créer une confusion entre photo et peinture, ou un simple clin d'œil qui rend en tout cas la présence de cette coupe blanche presque surnaturelle dans la composition ?  Encore une toile très étonnante d'un peintre dont la production est si  diverse et les styles si variés qu'on ne s'ennuie jamais dans son œuvre !

Rappel biographique : Arthur Segal (ne pas confondre avec Lazar Segall) fut un peintre d'origine roumaine, qui émigra à Londres en 1936. Il se situe, pour une part importante de son œuvre, dans le mouvement de l'avant-garde allemande (courant expressionniste), puis il évolue ver une forme de cubisme très personnelle. Arrivé à Berlin en 1892, il a pour professeur Hoelzel et subit les influences de Munch, Van Gogh et Segantini. Ses œuvres, aux couleurs claquantes et à la volonté expressive, sont exposées avec celles de Nolde, Heckel, Kirchner et Pechstein. Segal aide également à la fondation de la Neue Secession en 1910 et joue un rôle de premier plan dans le November Gruppe. À partir de 1917, à la lecture des théories de Goethe sur la couleur, influencé sans doute par les œuvres de Robert Delaunay, qui a exposé à la galerie Der Sturm en 1912, Segal évolue vers un style qualifié de « cubiste ». Divisant ses toiles en parties égales, le plus souvent des carrés ou des rectangles qu'il appelle des « équi-balances », Segal mêle, dans une tentative de narration évidente, des recherches de construction géométrique et d'alternance de couleurs à des problèmes optiques où joue le contraste du clair et de l'obscur.

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2024 - Une collection de Natures Mortes
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vendredi 16 février 2024

Amadeo de Souza-Cardoso (1897-1918 - Writing Machine,


Amadeo de Souza-Cardoso (1897-1918) Writing Machine, 1917


Amadeo de Souza-Cardoso (1897-1918)
Writing Machine, 1917

Que voit on?  Une nature morte cubiste avec pour sujet principale une machine à écrire.  

 
Rappel biographique :   Le peintre  portugais précurseur de l'art moderne, Amadeo de Souza-Cardoso, né dans une famille riche, préféra  aux études de droits auxquelles il était destiné, des études à l'aecole d'architecture. Cette formation ne le satisfaisant pas non plus, il partit pour Paris en 1906, s'installant à Montparnasse avec l'intention de continuer à étudier.  En juin 1907, il commence à se consacrer à la peinture et se considère déjà comme un artiste dans les lettres qu’il écrit à sa mère. Au cours de l’été, il part en Bretagne en compagnie de son collègue, le peintre Eduardo Viana.
En 1908, il s'installa au numéro quatorze de la Cité Falguière, l fréquentant des ateliers pour préparer l'École des beaux-arts et l'Académie Viti du peintre catalan Anglada Camarasa, mais ne fut pas admis. En 1910 il résida quelques mois à Bruxelles et, en 1911, il exposa des travaux au Salon des indépendants à Paris, se rapprochant peu à peu des avant-gardes et des artistes comme Amedeo Modigliani, Constantin Brancusi, Alexander Archipenko, Juan Gris et Robert Delaunay.
En 1909, il s’installe au 27, de la rue de Fleurus, à côté de l’appartement de Gertrude et Leo Stein. Cette même année, il fait la connaissance d’Amedeo Modigliani, dont il devient l’ami. Grâce à lui il rencontre Brancusi, Archipenko, ainsi que d’autres artistes de la communauté de la rue du Delta à Montmartre, soutenus par le médecin Paul Alexandre. À cette communauté, se joignent, entre autres, Henri Doucet, Albert Gleizes, André Le Fauconnier
En 1913, il envoie huit œuvres à l'Armory Show à New York, puis il retourne au Portugal, où il organise deux expositions, à Porto et à Lisbonne. Cette même année il participe également au Herbstsalon de la galerie Der Sturm à Berlin. En 1914, il rencontre Antoni Gaudí à Barcelone, et part à Madrid, où il est surpris par le début de la Première Guerre mondiale. Il retourne ensuite au Portugal, où il commence une brève carrière dans l'expérimentation de nouvelles formes d'expression, peignant avec une grande constance, au point de pouvoir, en 1916, exposer à Porto 114 œuvres sous le titre « Abstraccionismo ». Elles sont également exposées à Lisbonne, frappant dans l'un et l'autre cas par leur nouveauté et provoquant quelque scandale.
En 1914, Amadeo s’installe donc avec sa jeune épouse à la Casa do Ribeiro, dans l’atelier que son père et son oncle lui avaient construit. Le couple se rend à Lisbonne en décembre 1914 avec la ferme intention de retourner à Paris. Mais l’extension rapide du conflit dans les proportions que l’on connaît, et plus particulièrement l’aggravation quotidienne de la situation en France, retardent indéfiniment ce retour. Au cours de cette période, la production artistique d’Amadeo révèle de nouvelles modifications, avec des séries de tableaux très distinctes des voies qu’il avait développées jusqu’à l’été 1914.
Le cubisme qui se répandait dans toute l'Europe a représenté l'influence marquante dans son cubisme analytique.
Amadeo de Souza-Cardoso explora l'expressionnisme et ses derniers travaux expérimentèrent de nouvelles formes et de nouvelles techniques, comme des collages et d'autres formes d'expression plastique.
Le 25 octobre 1918, il meurt prématurément à Espinho, emporté par la grippe espagnole.

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2024 - A Still Life Collection
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mardi 2 janvier 2024

Max Ernst (1891-1976) - Le Rossignol Chinois

Max Ernst (1891-1976) Le Rossignol Chinois, 1920 Photomontage, 12,2 x 8,8cm Musée des beaux-arts de Grenoble, France


Max Ernst (1891-1976)
Le Rossignol Chinois, 1920
Photomontage, 12,2 x 8,8cm
Musée des beaux-arts de Grenoble, France

Que voit-on ?  C'est une œuvre surréaliste, représentant en arrière-plan une bombe intacte dans un champ de paille et d'herbe. Le Rossignol est formé par une torpille, un éventail, deux bras humains. Ce photomontage dénonce la guerre et ridiculise les bombes considérées comme puissantes et performantes. Le surréalisme étant lié aux effets de ruptures et aux choses inattendues, Le Rossignol chinois mêlerait ainsi références  conscient et à l'inconscient. Son titre s'inspirerait du conte Le Rossignol et l'Empereur de Chine de Hans Christian Andersen. Une oeurve qui s'adapte parfaitement à l'absurdité absolue des temps à venir. 


Rappel Biographique : Max Ernst était un peintre allemand de la mouvance dada, surréaliste puis pataphysique. Né en Allemagne, il commence à étudier la philosophie à l'université de Bonn, mais il abandonne rapidement les cours pour se consacrer à l'art. En 1913, il rencontre Guillaume Apollinaire et Robert Delaunay et part à Paris,pour rejoindre, à Montparnasse, la cohorte d'artistes de toutes nationalités qui y travaillent.  En 1919,  il rend visite à Paul Klee et crée ses premières peintures, impressions à la main et collages ; il expérimente différents supports et matériaux. Durant la Première Guerre mondiale, il est engagé dans l'armée allemande. Après la guerre, plein de nouvelles idées, il fonde avec Jean Arp et l'activiste social Alfred Grunwald le groupe Dada de Cologne mais deux ans plus tard, en 1922, il retourne à la communauté d'artistes de Montparnasse à Paris.
Expérimentant constamment, il invente en 1925 le frottage où il laisse courir une mine de crayon à papier sur une feuille posée sur une surface quelconque (parquet ou autre texture). Cette technique fait apparaître des figures plus ou moins imaginaires. Elle s'apparente à l'écriture automatique des écrivains surréalistes  comme Paul Eluard et André Breton Qu'il côtoyait. En 1926 il collabore avec Joan Miro sur des dessins pour Sergei Diaghilev.
Puis il contribua largement à la naissance du mouvement surréaliste à Montparnasse. Après une période passée avec les surréalistes, il quitte leur groupe en partie à cause de Breton qui voulait écarter l'ami de Ernst, le poète Eluard. En 1934, il commence à sculpter, fréquentant Alberto Giacometti. En 1938, l'héritière américaine Peggy Guggenheim achète un bon nombre d'œuvres de Max Ernst qu'elle expose dans son nouveau musée à Londres.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, Max Ernst est arrêté comme étranger ennemi, mais, avec l'aide du journaliste américain Varian Fry refugié à Marseille, il réussit à quitter le pays en compagnie de Peggy Guggenheim. Ils arrivent aux USA en 1941 et se marient l'année suivante. Max Ernst vit à New York où, à côté des peintres d'avant-garde Marcel Duchamp et Marc Chagall qui ont fui la guerre en Europe, il aide au développement de l'expressionnisme abstrait chez les peintres américains.
Son mariage avec Peggy Guggenheim se termine par un échec et il épouse Dorothea Tanning à Beverly Hills, en Californie, en octobre 1946, lors d'une double cérémonie avec Man Ray et Juliet Bowser. Max Ernst s'installe alors aux USA à Sedona, en Arizona. En 1948, il écrit le traité « Beyond Painting » puis part voyager en Europe en 1950.
En 1952, il devient satrape du Collège de Pataphysique. À partir de 1953, il s'installe définitivement à Paris et l'année suivante gagne les biennales de Venise.  En 1963, il déménage avec sa femme dans une petite ville du sud de la France, Seillans, où il continue à travailler. Il crée les décors d'un théâtre et une fontaine pour la ville d'Ambois. En 1975, une rétrospective a lieu au Musée Solomon R. Guggenheim à New York et les Galeries Nationales du Grand Palais de Paris publient un catalogue complet de ses œuvres. Max Ernst  est enterré au Cimetière du Père Lachaise à Paris.

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2024 - A Still Life Collection / Une inépuisable collection de natures mortes
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lundi 3 avril 2023

Jean Hélion (1904-1987) - Nature morte avec Pain et Sel


Jean Hélion (1904-1987), Nature morte avec Pain et Sel, 1946 Collection privée



Jean Hélion (1904-1987),
Nature morte avec Pain et Sel, 1946
Collection privée 

 Que voit on ? A travers une fenêtre ouverte deux hommes brandissant des baguettes françaises de pain.  Devant la fenêtre, posé en équilibre sur le haut du dossier d'une chaise, une autre baguette de pain dont le crouton a été entamé. Au premier plan , l'amorce d'une cruche.


Rappel biographique : le peintre français, Jean Hélion,  est un peintre complexe qui est passé de l'art abstrait à la figuration ce qui est un cas assez rare.  On peut le considérer, avec Fernand Léger, comme l'un des plus grands peintres français du 20e siècle, un des plus dérangeants, aussi, sûrement. En 1921, il découvre le Louvre par hasard et les tableaux de Philippe de Champaigne et de Poussin le subjuguent.  En 1927, Hélion fait la connaissance du peintre uruguayen Joaquin Torrès-Garcia, qui lui révèle le cubisme. Sensible, spontanément amoureux de tout ce qui vient à sa rencontre, son optimisme énergique lui fait accomplir une évolution rapide, depuis le réalisme expressionniste jusqu'aux limites de l'abstraction. Ses grands coups de pinceau débordent les objets, s'ordonnent par rapport au cadre. Ayant rencontré Van Doesburg en 1929, il forme avec lui le groupe Art concret et participe en 1930 à la fondation du mouvement Abstraction- Création avec Arp, Herbin, Delaunay, Kupka, Van Doesburg, Gleizes, Valmier, Tutundjian. Devenu l'un des tout premiers peintres abstraits français, il rencontre Léger, Calder, et va rendre visite à Naum Gabo à Berlin. Ses tableaux, géométriques, aérés, lumineux, puissants, vont s'ordonner, par l'introduction de lignes courbes dans l'agencement des plans, en « figures abstraites » : il déchiffre le monde à travers le filtre des formes géométriques, assez proche de celles d'un  Mondrian.
Apres la Seconde guerre mondiale, Jean Hélion, dont la situation financière a toujours été difficile, épouse Pegeen Guggenheim, fille de la richissime et extravagante Peggy Guggenheim, avec laquelle il eut trois enfants. ll se met dès lors à peindre d’après nature, et se consacre à une œuvre figurative, inspirée des scènes de la vie quotidienne. Il n'abandonnera plus l'art figuratif, allant même, dans les années 1950, jusqu'à l'extrême et, même, au grotesque. Il peint des natures mortes dans lesquelles il intègre des objets de la vie ordinaire — en particulier des citrouilles, des chapeaux melon et des parapluies —, objets chargés de symboles, qui trouvent dans ses œuvres une place permanente. Plus tard, il passera à un compromis avec une peinture intégrant des taches colorées.
Jean Hélion a toujours  exprimer dans ses œuvres la vivacité des couleurs et le rythme de ses compositions. Salué, dans les années 1960, par la nouvelle génération de peintres, celle de Gilles Aillaud ou Eduardo Arroyo, il est aujourd'hui considéré comme le précurseur des fauves allemands des années 1970  et des figuratifs des années 1980. Pourtant bizarrement, on retient généralement avant tout de lui son œuvre des années 1930-1950.

jeudi 12 août 2021

Arthur Segal (1875-1944) - Still life with cup

Arthur Segal (1875-1944) Still life with cup Private collection

Arthur Segal (1875-1944)
Still life with cup
Private collection

Que voit on ? Nous voyons ce que décrit le titre avec un réglage de focus  - comme qu'il s 'agissait d'un appareil photographique - centré sur la coupe blanche au premier plan, au détriment des objets dans le fond qui sont volontairement peint dans le flou.(panier de pommes de terre renversé, oignons, pommes, bouteille et jarre).  Un jeu destiné à créer une confusion entre photo et peinture, ou un simple clin d'œil qui rend en tout cas la présence de cette coupe blanche presque surnaturelle dans la composition. Encore une toile très étonnante d'un peintre dont la production est si  diverse et les styles si  variés qu'on ne s'ennuie jamais dans son œuvre !

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Rappel biographique : Arthur Segal (ne pas confondre avec Lazar Segall) fut un peintre d'origine roumaine, qui émigra à Londres en 1936. Il se situe, pour une part importante de son œuvre, dans le mouvement de l'avant-garde allemande (courant expressionniste), puis il évolue ver une forme de cubisme très personnelle. Arrivé à Berlin en 1892, il a pour professeur Hoelzel et subit les influences de Munch, Van Gogh et Segantini. Ses œuvres, aux couleurs claquantes et à la volonté expressive, sont exposées avec celles de Nolde, Heckel, Kirchner et Pechstein. Segal aide également à la fondation de la Neue Secession en 1910 et joue un rôle de premier plan dans le November Gruppe. À partir de 1917, à la lecture des théories de Goethe sur la couleur, influencé sans doute par les œuvres de Robert Delaunay, qui a exposé à la galerie Der Sturm en 1912, Segal évolue vers un style qualifié de « cubiste ». Divisant ses toiles en parties égales, le plus souvent des carrés ou des rectangles qu'il appelle des « équi-balances », Segal mêle, dans une tentative de narration évidente, des recherches de construction géométrique et d'alternance de couleurs à des problèmes optiques où joue le contraste du clair et de l'obscur.

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2021- A Still Life Collection
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dimanche 13 juin 2021

Jacques Villon (1875-1963) - Still Life with Nuts, 1929

Jacques Villon (1875-1963) Still Life with Nuts, Gravure, 1929, Collection Privée


Jacques Villon (1875-1963)
Still Life with Nuts,
Gravure, 1929
Collection Privée

 
Que voit on ? Une magnifique composition de poires et de noix dans  un langage graphique typiquement cubiste,  langage  que Villon créa d'ailleurs spécifiquement pour le cubisme et dont aucun autre graveur, y compris ses camarades inventeurs du cubisme, comme Picasso ou Braque, ne pourrait se vanter.

Rappel biographique : Jacques Villon, pseudonyme de Gaston-Émile Duchamp, est un peintre, dessinateur et graveur français, deuxième fils d’Eugène et de Lucie Duchamp, dont quatre des six enfants vont devenir des artistes accomplis !
En effet Jacques Villon est le frère aîné du sculpteur Raymond Duchamp-Villon (1876-1918), de l'artiste-peintre Suzanne Duchamp (1889-1963) et surtout du célébrissime peintre-sculpteur et auteur surréaliste Marcel Duchamp (1887-1968).
L'isolement volontaire de Villon de la ruche artistique de Montmartre, dictée par une que sa nature modeste, est grandement responsable du peu de retentissement de s sa production, restée obscure pendant pas mal. d'années. À partir de 1911 cependant , il organise chez lui, aidé par ses bouillonnants frères Raymond et Marcel, un groupe de discussion qui rencontre régulièrement avec des artistes et des critiques comme Francis Picabia, Robert Delaunay, Fernand Léger, Albert Gleizes, Jean Metzinger, Roger de La Fresnaye et d’autres auxquels on donnera bientôt le nom de Groupe de Puteaux. Villon a joué un rôle majeur dans l’exposition du groupe sous le nom de Section d’or, ainsi dénommée d’après le nombre d'or. Plus de 200 œuvres par 31 artistes figuraient à leur première exposition, à la Galerie la Boétie à Paris en octobre 1912.
En 1913, Villon crée ses chefs-d’œuvre cubistes, sept grandes pointes sèches où les formes se cassent en plans pyramidaux obscurcis. La même année, il expose au célèbre Armory Show de New York, qui contribue à introduire l'art moderne aux États-Unis. Ses œuvres connaissent une grande popularité et se vendent sans peine. Sa notoriété grandit tellement que dès les années 1930, il est mieux connu aux États-Unis qu’en Europe.
La Galerie Louis Carré organise une exposition de son œuvre à Paris, en 1944 avec un catalogue préfacé par René-Jean, à la suite de quoi il reçoit des récompenses dans plusieurs expositions internationales. En 1950, il reçoit le prix Carnegie et, en 1954, il est nommé commandeur de la Légion d'honneur.
L'année suivante, il reçoit la commande des vitraux de la cathédrale à Metz, La France. De même, à la manière d'un Piero della Francesca pour ses fresques d'Arezzo, il va faire de la croix le symbole de tous les croisements.  Malgré leur indéniable originalité, les vitraux de Jacques Villon restent encore dans l'ombre de ceux réalisés par Marc Chagall dans la même cathédrale de Metz : certains touristes les attribuent parfois au grand maître d'origine russe.
En 1956, le Grand prix de la Biennale de Venise lui est décerné .





mardi 11 mai 2021

Arthur Segal (1875-1944) - Nature morte avec verres

 

Arthur Segal (1875-1944) Nature morte avec verres, 1943, expressionnisme allemand


Arthur Segal (1875-1944)
Nature morte avec verres, 1943
Collection privée


Que voit on ?  Sur un entablement en bois devant un fond sombre presque noir, une nature morte d'objets tous en verre, mais dans des qualités différentes de verre, du verres sombre au verre brut jusqu'au verre incrusté de motifs. Tous jouent avec les reflets de la lumière. Comme l'exemple de la technique en fut donné dans les natures mortes hollandaises de l'Age d'or,  le lieu dans lequel cette table et ses verre sont entreposés se reflètent ...mais dans la bouteille centrale uniquement !

Rappel biographique : Arthur Segal (ne pas confondre avec Lazar Segall) fut un peintre d'origine roumaine, qui émigra à Londres en 1936. Il se situe, pour une part importante de son œuvre, dans le mouvement de l'avant-garde allemande (courant expressionniste), puis il évolue ver une forme de cubisme très personnelle. Arrivé à Berlin en 1892, il a pour professeur Hoelzel et subit les influences de Munch, Van Gogh et Segantini. Ses œuvres, aux couleurs claquantes et à la volonté expressive, sont exposées avec celles de Nolde, Heckel, Kirchner et Pechstein. Segal aide également à la fondation de la Neue Secession en 1910 et joue un rôle de premier plan dans le November Gruppe. À partir de 1917, à la lecture des théories de Goethe sur la couleur, influencé sans doute par les œuvres de Robert Delaunay, qui a exposé à la galerie Der Sturm en 1912, Segal évolue vers un style qualifié de « cubiste ». Divisant ses toiles en parties égales, le plus souvent des carrés ou des rectangles qu'il appelle des « équi-balances », Segal mêle, dans une tentative de narration évidente, des recherches de construction géométrique et d'alternance de couleurs à des problèmes optiques où joue le contraste du clair et de l'obscur.

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2021- A Still Life Collection
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vendredi 19 mars 2021

Pierre Hodé (1889-1942) - Nature morte au pot blanc

still life, nature morte,cubisme, période cubiste,  Pierre Hodé (1889-1942) Nature morte au pot blanc Huile sur toile, Collection Claude Pillement



Pierre Hodé (1889-1942)
Nature morte au pot blanc
Huile sur toile, 60 × 73 cm,
Collection Claude Pillement

Que voit on ?  A n'en  pas douter une toile cubiste et qui réunirait tous les tics du genre (on reconnait  un peu de Juan Gris, un peu de Braque, un peu et même un pot de Picasso ! ) si elle n'allait au-delà de ces repères techniques convenus et ne reflétait une réelle personnalité. A quoi cela est-il dû ? Plutôt à l'emploi de couleurs vives qui vont à l'encontre de la palette un peu éteinte des grands cubistes que de la composition elle-même qui mêle fruits et ustensiles de cuisine.  Il faut noter que le contraste entre le pot blanc et la sombre bouteille de vin équilibré par le beau bleu de la cafetière en émail est véritablement hypnotique.

Rappel biographique : Pierre Hodé (1899-1942) de son vrai nom Georges Ducenne, est un artiste peintre et décorateur de théâtre français affilié à l'École de Rouen. Il realise sa première exposition à Rouen a lieu en 1913. puis il part pour Paris où  il fait partie de ceux qui logent au Bateau-Lavoir de Montmartre. Rencontrant les principaux acteurs du cubisme, « ami de Juan Gris, proche de Maximilien Luce et de Pierre Mac Orlan, apprécié de Raoul Dufy, brossant le portrait de Maurice Utrillo », c'est dans une veine résolument cubiste que se situera son premier envoi (1919) au Salon d'automne dont il deviendra immédiatement sociétaire. En 1917, il choisit de s' engager volontairement dans les services de santé des armées, ses missions de brancardier dans les tranchées des Flandres l'exposant à de sévères gazages chimiques, il est évacué à l'Hôpital du Mont-Dore (Puy-de-Dôme)  mais  en réalité il ne se rétablira jamais de ces attaques chimiques.  En 1924, ses problèmes de santé  et les nécessités pécuniaires l'amènent à exercer pendant six mois la gérance du Café de Paris à Honfleur, réalisant pour cet établissement et pour l'Hôtel du Cheval blanc des fresques murales (disparues aujourd'hui), peignant aussi une série de toiles sur le Port et la Lieutenance. En 1925, il fonde  le Groupe des peintres normands. En 1931, afin de se consacrer au décor de théâtre, il raréfie son activité de peintre jusqu'en 1937, date à laquelle Robert Delaunay sollicite sa contribution au Pavillon des chemins de fer par deux grandes fresques murales.

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2021 - A Still Life Collection
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mardi 22 septembre 2020

Henri Rousseau (1844 - 1910) - Bouquet de Fleurs avec Asters chinois et Tokyos

 

Henri Rousseau (1844 - 1910) Bouquet de Fleurs avec Asters chinois et Tokyos, 1910  Barnes Foundation Philadelphia



Henri Rousseau (1844 - 1910)
Bouquet de Fleurs avec Asters chinois et Tokyos, 1910
Barnes Foundation Philadelphia

Que voit on ?  Ce que décrit le titre avec un précision de professionnels des fleurs !  C'est surtout le choix des couleurs qui frappe ici et notamment le rouge tres vif de l'entablement sur lequel est posé le vase d'une éclatante blancheur   qui contienty le bouquet automnale.

Rappel biographique : Le peintre français Henri Rousseau (Henri-Julien-Félix Rousseau) dit "Le Douanier Rousseau " est considéré comme un représentant majeur de l'art naïf. Issu d'une famille modeste, il étudie le droit avant de partir à Paris, où il travaille dans un octroi d'où son surnom de " douanier ". Il apprend lui-même la peinture sans le recours à un quelconque enseignement et produit un grand nombre de toiles qui représentent souvent des paysages de jungle, bien qu'il n'ait jamais quitté la France. Il s'inspire en réalité de livres illustrés, des jardins botaniques et de rencontres avec des soldats qui ont participé à des expéditions exotiques et qui lui racontent les paysages lointains. Ses toiles montrent une technique élaborée, mais leur aspect enfantin a valu beaucoup de moqueries et de mépris professionnel à Henri Rousseau pensant de nombreuses décennies. Ses premières critiques positives arrivent à partir de 1891. A la fin de sa vie il rencontre même quelques autres artistes de son temps (et pas des moindres) qui lui reconnaissent publiquement un talent certain, comme, entre autres, Robert Delaunay, Paul Gauguin, Toulouse-Lautrec ou Pablo Picasso....
Son travail est aujourd'hui considéré comme crucial pour l'art naïf et il a influencé de nombreux artistes, notamment surréalistes et l'autodidacte Henri Rousseau occupe une des premières places dans le Panthéon pictural du 20e siècle.

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2020 - A Still Life Collection
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mardi 28 avril 2020

Henri Rousseau (1844-1910) - Bouquet de fleurs


 


Henri Rousseau (1844-1910)
Bouquet de fleurs
Huile sur toile
Collection privée

Que voit on ?  Un bouquet de fleurs de type chrysanthèmes ou marguerites dans un vase doré posé sur une nappe qui reproduit un parterre fleuri très inspiré de la renaissance italienne. On voit que Rousseau dans cette œuvre s'est appliqué à une peinture beaucoup détaillée qu'à son habitude...

Rappel biographique : Le peintre français Henri Rousseau (Henri-Julien-Félix Rousseau) dit "Le Douanier Rousseau " est considéré comme un représentant majeur de l'art naïf. Issu d'une famille modeste, il étudie le droit avant de partir à Paris, où il travaille dans un octroi d'où son surnom de " douanier ". Il apprend lui-même la peinture sans le recours à un quelconque enseignement et produit un grand nombre de toiles qui représentent souvent des paysages de jungle, bien qu'il n'ait jamais quitté la France. Il s'inspire en réalité de livres illustrés, des jardins botaniques et de rencontres avec des soldats qui ont participé à des expéditions exotiques et qui lui racontent les paysages lointains. Ses toiles montrent une technique élaborée, mais leur aspect enfantin a valu beaucoup de moqueries et de mépris professionnel à Henri Rousseau pensant de nombreuses décennies. Ses premières critiques positives arrivent à partir de 1891. A la fin de sa vie il rencontre même quelques autres artistes de son temps (et pas des moindres) qui lui reconnaissent publiquement un talent certain, comme, entre autres, Robert Delaunay, Paul Gauguin, Toulouse-Lautrec ou Pablo Picasso....
Son travail est aujourd'hui considéré comme crucial pour l'art naïf et il a influencé de nombreux artistes, notamment surréalistes et l'autodidacte Henri Rousseau occupe une des premières places dans le Panthéon pictural du 20e siècle.

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mercredi 25 mars 2020

Mikhail Fedorovich Larionov (1881-1964) - Nature morte au citron et à l'oeuf



 

Mikhail Fedorovich Larionov  (1881-1964)
Nature Morte au Citron et aux Oeufs, 1920
Russian State Museum, Saint-Pétersbourg

Que voit on ? Une magnifique composition d'une grande simplicité du grand Larionov,  qui semble avoir inventé le minimalisme avant la lettre. On y voit  posés sur une table en bois qui occupe tout le cadre visuel : une assiette en porcelaine blanche et bleue qui contient deux œufs durs sans coquilles et déjà entamés. Un couteau et une cuillère attestent qu'il s'agit là d'un repas... frugal, comme c'était très souvent le cas dans la Russie bolchévique. Un autre œuf avec sa coquille (cette fois ci) et un un demi citron occupent l'entablement de même que l'amorce d'un coquetier blanc en haut à croit du cadre.

Rappel biographique : Mikhaïl Fiodorovitch Larionov ( Михаил Фёдорович Ларионов) dit Michel Larionov, est un peintre et décorateur russe naturalisé français. Michel Larionov a étudié а l’Ecole de peinture de Moscou. Passant rapidement de l'impressionnisme au fauvisme, il est l'un des tous premiers animateurs de l'Avant-garde en Russie. Il se lie avec Kasimir Malevitch, a pour élève Vladimir Tatline et fonde, en 1910, le groupement du Valet de Carreau puis, en 1912 après une dispute avec David Bourliouk, la Queue d'Ane. Il épouse Nathalie Gontcharova, avec qui il élabore, dès 1909-1910, les fondements du Rayonnisme (une variante de l'art abstrait dont Guillaume Apollinaire rédigera le catalogue d'exposition à Paris en 1914 ). Très enclin à créer des mouvements et des groupes, Larionov crée l'année suivante le mouvement du Toutisme avec Mikhail Le Dentu et le poète Ilia Zdanevitch. Il expose au Salon des indépendants à Paris, en même temps que Nathalie Gontcharova et l'artiste peintre Alexandra Exter, grâce à l'appui des époux Sonia et Robert Delaunay. En 1914, il s'installe à Paris, se consacrant aux décors pour les Ballets russes de Serge de Diaghilev, qu'il réalise entre 1915 et 1922. Il ne retourne plus dans son pays natal après la révolution bolchévique de 1917 et est naturalisé français dans les années 20. Il meurt en France en 1964 dans l'oubli le plus total. Son œuvre est aujourd'hui dans beaucoup de grands musées russes et au Musée du Petit Palais à Genève.

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vendredi 20 mars 2020

Mikhaïl Larionov (1881-1964) - Poissons sur un plateau


 Mikhaïl Larionov (1881-1964) Poissons sur un plateau  huile sur toile, 48,3 x 61 cm  Collection privée


Mikhaïl Larionov (1881-1964)
Poissons sur un plateau 
huile sur toile, 48,3 x 61 cm 
Collection privée

Que voit on ?  Six rougets disposés en  couronne sur ce qui peut être soit une assiette blanche à bordure ornée  soit un plat d'argents à festons, posé sur un entablement de bois.  La complexité des reflets où se mêle du vert, du jaune du bleu turquoise et du marron beige laisserait plutôt penser qu'il s'agit d'un plat d'argent.

Rappel biographique : Mikhaïl Fiodorovitch Larionov ( Михаил Фёдорович Ларионов) dit Michel Larionov, est un peintre et décorateur russe naturalisé français. Michel Larionov a étudié а l’Ecole de peinture de Moscou. Passant rapidement de l'impressionnisme au fauvisme, il est l'un des tous premiers animateurs de l'Avant-garde en Russie. Il se lie avec Kasimir Malevitch, a pour élève Vladimir Tatline et fonde, en 1910, le groupement du Valet de Carreau puis, en 1912 après une dispute avec David Bourliouk, la Queue d'Ane. Il épouse Nathalie Gontcharova, avec qui il élabore, dès 1909-1910, les fondements du Rayonnisme (une variante de l'art abstrait dont Guillaume Apollinaire rédigera le catalogue d'exposition à Paris en 1914 ). Très enclin à créer des mouvements et des groupes, Larionov crée l'année suivante le mouvement du Toutisme avec Mikhail Le Dentu et le poète Ilia Zdanevitch. Il expose au Salon des indépendants à Paris, en même temps que Nathalie Gontcharova et l'artiste peintre Alexandra Exter, grâce à l'appui des époux Sonia et Robert Delaunay. En 1914, il s'installe à Paris, se consacrant aux décors pour les Ballets russes de Serge de Diaghilev, qu'il réalise entre 1915 et 1922. Il ne retourne plus dans son pays natal après la révolution bolchévique de 1917 et est naturalisé français dans les années 20. Il meurt en France en 1964 dans l'oubli le plus total. Son œuvre est aujourd'hui dans beaucoup de grands musées russes et au Musée du Petit Palais à Genève.
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jeudi 23 janvier 2020

Amadeo de Souza-Cardoso (1897-1918) - Natureza morta


 

Amadeo de Souza-Cardoso (1897-1918)
Natureza morta, 1913
Museu Nacional de Arte Contemporânea do Chiado

Que voit on ? Une des rares natures mortes revendiquées comme telles de ce génie de la peinture portugaise, précurseur du cubisme et l'abstraction que fut Amadeo de Souza-Cardoso.  La composition présente dans une mosaïque très savamment découpée : une tranche de pastèque, une poissons, des fruits ronds, une mappemonde, des règles et des compas groupés autour d'un pot central  dans lequel sont posés quatre pinceaux. 

Rappel biographique :   Le peintre  portugais précurseur de l'art moderne, Amadeo de Souza-Cardoso, né dans une famille riche, préféra  aux etudes de droits auxquelles il était destiné, des études à l'aecole d'architecture. Cette formation ne le satisfaisant pas non plus, il partit pour Paris en 1906, s'installant à Montparnasse avec l'intention de continuer à étudier.  En juin 1907, il commence à se consacrer à la peinture et se considère déjà comme un artiste dans les lettres qu’il écrit à sa mère. Au cours de l’été, il part en Bretagne en compagnie de son collègue, le peintre Eduardo Viana.
En 1908, il s'installa au numéro quatorze de la Cité Falguière, l fréquentant des ateliers pour préparer l'École des beaux-arts et l'Académie Viti du peintre catalan Anglada Camarasa, mais ne fut pas admis. En 1910 il résida quelques mois à Bruxelles et, en 1911, il exposa des travaux au Salon des indépendants à Paris, se rapprochant peu à peu des avant-gardes et des artistes comme Amedeo Modigliani, Constantin Brancusi, Alexander Archipenko, Juan Gris et Robert Delaunay.
En 1909, il s’installe au 27, de la rue de Fleurus, à côté de l’appartement de Gertrude et Leo Stein. Cette même année, il fait la connaissance d’Amedeo Modigliani, dont il devient l’ami. Grâce à lui il rencontre Brancusi, Archipenko, ainsi que d’autres artistes de la communauté de la rue du Delta à Montmartre, soutenus par le médecin Paul Alexandre. À cette communauté, se joignent, entre autres, Henri Doucet, Albert Gleizes, André Le Fauconnier
En 1913, il envoie huit œuvres à l'Armory Show à New York, puis il retourne au Portugal, où il organise deux expositions, à Porto et à Lisbonne. Cette même année il participe également au Herbstsalon de la galerie Der Sturm à Berlin. En 1914, il rencontre Antoni Gaudí à Barcelone, et part à Madrid, où il est surpris par le début de la Première Guerre mondiale. Il retourne ensuite au Portugal, où il commence une brève carrière dans l'expérimentation de nouvelles formes d'expression, peignant avec une grande constance, au point de pouvoir, en 1916, exposer à Porto 114 œuvres sous le titre « Abstraccionismo ». Elles sont également exposées à Lisbonne, frappant dans l'un et l'autre cas par leur nouveauté et provoquant quelque scandale.
En 1914, Amadeo s’installe donc avec sa jeune épouse à la Casa do Ribeiro, dans l’atelier que son père et son oncle lui avaient construit. Le couple se rend à Lisbonne en décembre 1914 avec la ferme intention de retourner à Paris. Mais l’extension rapide du conflit dans les proportions que l’on connaît, et plus particulièrement l’aggravation quotidienne de la situation en France, retardent indéfiniment ce retour. Au cours de cette période, la production artistique d’Amadeo révèle de nouvelles modifications, avec des séries de tableaux très distinctes des voies qu’il avait développées jusqu’à l’été 1914.
Le cubisme qui se répandait dans toute l'Europe a représenté l'influence marquante dans son cubisme analytique.
Amadeo de Souza-Cardoso explora l'expressionnisme et ses derniers travaux expérimentèrent de nouvelles formes et de nouvelles techniques, comme des collages et d'autres formes d'expression plastique.
Le 25 octobre 1918, il meurt prématurément à Espinho, emporté par la grippe espagnole.

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mercredi 8 janvier 2020

Georges Rouault (1871-1958) - Fleurs décoratives


 

Georges Rouault (1871-1958)
Fleurs décoratives, 1937
Huile sur papier encollé sur toile
Collection particulière

Que voit on ?  Décrit à travers la palette très lumineuse de Rouault, une toile représentant un  bouquet de fleurs entouré d'un cadre. Les rouges somptueux, notamment, semblent éclairés de l'intérieur comme dans un vitrail, art dans lequel Rouault était aussi un maître.  Pour qui douterait des extraordinaires talents de coloriste de ce grand peintre, voilà une modeste nature morte qui devrait convaincre.

Rappel biographique :  Geroges Rouault, fils d'un ébéniste breton et d'une marchande de fruits parisienne vit le jour dans une cave du no 51 de la rue de la Villette à Paris au cours d'un bombardement des Versaillais.
 Son grand-père maternel lui fit découvrir l'art. En 1886, Georges Rouault devint apprenti chez le peintre de vitraux Émile Hirsch. Employé par le même Hirsch de 1887 à  1891, il est admis à l'École des beaux-arts de Paris dans l'atelier de Jules-Élie Delaunay et, à la mort de ce dernier, entre dans l'atelier de Gustave Moreau où il côtoie Henri Matisse, Albert Marquet, Henri Manguin, et Léon Lehmann auquel il restera très lié. Il participe à deux reprises sans succès au concours du prix de Rome, la première fois en 1893 avec Samson tournant la meule, pour lequel il obtient le prix Chenavard en 1894 et, en 1895, avec Jésus parmi les Saintes femmes, pour lequel il obtient le prix Fortin d'Ivry.
En 1898, il est nommé, selon les vœux du maître lui-même, conservateur du musée Gustave-Moreau, à Paris, dès son inauguration cette année-là. C'est pour lui une période difficile, sa famille part pour l'Algérie, et sa santé l'oblige à faire deux séjours en Haute-Savoie. En 1901, il fréquente l'abbaye de Ligugé et y fait la connaissance de Joris-Karl Huysmans.
Aux côtés des fauves, Georges Rouault participe au Salon d'automne de 1905. Il aborde des thèmes liés à une observation critique de la société : juges, avocats, salles d’audience, miséreux, émigrés, fugitifs, sont autant le reflet d'une révolte face à la misère humaine qu'un prétexte à des recherches sur les formes et les couleurs.
En 1904, il fait la connaissance de Léon Bloy dont l'œuvre le touche profondément et de façon durable. Quelques années plus tard, il fréquente à Versailles le philosophe catholique Jacques Maritain. C'est entre 1906 et 1907 qu'il commence à peindre des céramiques. Le 27 janvier 1908, il épouse Marthe Le Sidaner (1873-1973, sœur du peintre Henri Le Sidaner), qui lui donnera quatre enfants.
Profondément catholique, il reconnaît dans cette humanité souffrante le visage du Christ qu’il recherche dans de nombreuses toiles évoquant sa Passion, à l'exemple du tableau Le Christ bafoué par les soldats (1932).
Dès 1910, les collectionneurs et les marchands reconnaissent la grande force de son œuvre, notamment Maurice Girardin ou Ambroise Vollard qui, en 1917, lui achète l'ensemble des toiles de son atelier, soit 770 œuvres. C'est en 1917 qu'il se lance dans la gravure, et 4 ans plus tard, en 1921, Michel Puy réalise sa première biographie.
En 1938, le Museum of Modern Art de New York fait une exposition de son œuvre gravé.
L'année suivante au mois de septembre, il s'installe à Beaumont-sur-Sarthe, qu'il quittera en juin 1940, pour y revenir de 1943 à 1946. Après la mort de Vollard, en 1946, il se trouve en procès avec les héritiers. Le tribunal lui reconnaît la propriété de ses œuvres.
Georges Rouault brûle 315 de ses tableaux en 1948 en présence d'un huissier.
Il arrête de peindre en 1957. À sa mort, en 1958, le gouvernement français lui fait des obsèques nationales à l'église Saint-Germain-des-Prés à Paris.
Son prestige en tant que coloriste et graveur n’a cessé de s’étendre, notamment au Japon et en Corée. Il est considéré comme l'un des peintres religieux les plus importants du xxe siècle.
Sa famille a fait une donation d'un ensemble de ses œuvres à l'État en 1963.
Son dernier atelier, installé dans un appartement près de la gare de Lyon, au 2, rue Émile-Gilbert à Paris, est conservé par sa famille dans l'état où il l'a quitté et sert de siège social à la Fondation Georges-Rouault.

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mercredi 11 septembre 2019

Henri Rousseau (1844-1910) - Nature morte ca, 1922



Henri Rousseau  (1844-1910) 
Nature morte  ca, 1922
Collection particulière 

Que voit-on ? Sur un entablement constitué d'une nappe blanche dont on perçoit nettement les pli,  et devant un fond sombre : un vase en céramique vernissée noire  t son ombre projetée sur la nappe, contenant un bouquet de fleurs du jardin  présenté comme s'il s 'agissait d'un fragment de jungle  en pot !  Pourtant il n'y a là guère qu'un hortensia rose, des chrysanthèmes et marguerites, et quelques feuillages.  Toutes les natures mortes florales d' Henri Rousseau ont tendance a suivre un modèle de composition similaire d'une grande simplicité  (l'entablement, le vase et les fleurs  en bouquet)  mais chacune parvient à exprimer cependant  à travers ce modèle identique une spécificité  propre et une poésie  très singulière...

Rappel biographique : Le peintre français Henri Rousseau (Henri-Julien-Félix Rousseau) dit "Le Douanier Rousseau " est considéré comme un représentant majeur de l'art naïf. Issu d'une famille modeste, il étudie le droit avant de partir à Paris, où il travaille dans un octroi d'où son surnom de " douanier ".
Il apprend lui-même la peinture sans le recours à un quelconque enseignement et produit un grand nombre de toiles qui représentent souvent des paysages de jungle, bien qu'il n'ait jamais quitté la France.
Il s'inspire en réalité de livres illustrés, des jardins botaniques et de rencontres avec des soldats qui ont participé à des expéditions exotiques et qui lui racontent les paysages lointains. Ses toiles montrent une technique élaborée, mais leur aspect enfantin a valu beaucoup de moqueries et de mépris professionnel à Henri Rousseau pensant de nombreuses décennies. Ses premières critiques positives arrivent à partir de 1891. A la fin de sa vie il rencontre même quelques autres artistes de son temps (et pas des moindres) qui lui reconnaissent publiquement un talent certain, comme, entre autres, Robert Delaunay, Paul Gauguin, Toulouse-Lautrec ou Pablo Picasso....
Son travail est aujourd'hui considéré comme crucial pour l'art naïf et il a influencé de nombreux artistes, notamment surréalistes et l'autodidacte Henri Rousseau occupe une des premieres places dans le Panthéon pictural du 20e siècle.

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mardi 20 août 2019

Mikhaïl Larionov (1881-1964) - Nature morte aux bleuets dans une cafetière,



Mikhaïl Larionov (1881-1964)
Nature morte aux bleuets dans une cafetière, 1930-40
Huile sur toile 67 x 52 cm.
Private collection UK (Mac Dougall's Fine arts Auction)

Que voit-on ? Au cours des années 30-40 Larionov a souvent peint des fleurs sauvages ,sans prétention, disposées dans de simples pots, des théières ou des cafetières de cuisine en métal émaillé comme dans celle ci où les bleuets cueillis à la diable avec deux intrus (un coquelicot et un pissenlit), se dressent dans une cafetière blanche, certains retombant contre la cafetière et semblant alors être un motif peint à même l 'émail blanc. La fraîcheur éphémère des fleurs et de la conscience du temps qui passe sont ici partout lisible dans cette oeuvres d'une intense poésie. Sitôt achevée, Larionov fit cadeau de cette toile à Irina Grzhebina, danseuse et directrice de la compagnie Russian Ballet of Irina Grzhebina, qui se produisait à Paris, dans les années 1930- 1940.

Rappel biographique :  Michel Larionov étudia à l'école de peinture de Moscou. Son style passa de l'Impressionnisme au Fauvisme  avant qu'il ne devienne  l'un des pionniers du Rayonnisme et  k'un des tout premiers animateurs de l'avant-garde Russe. Il se lia avec Kasimir Malevitch et fonde, en 1910, le groupe  Valet de Carreau puis, en 1912 après une dispute avec David Bourliouk, la Queue d'Âne. Il épousa Natalia Gontcharova, autre artiste peintre russe célèbre, avec qui il élabora dès 1909-1910, les fondements du Rayonnisme, dont il écrivit le manifeste en 1912 (publié en 1913 à Moscou). Il créa l'année suivante le mouvement du Toutisme.
Il exposa au Salon des indépendants à Paris, en même temps que Nathalie Gontcharova et l'artiste peintre Alexandra Exter, grâce à l'appui de Sonia et Robert Delaunay, sollicités par Exter.
En 1914, il s'installa à Paris, se consacrant à des décors pour les Ballets russes de Serge de Diaghilev, qu'il réalisa entre 1915 et 1922. Il ne retourna plus dans son pays natal après la révolution bolchévique de 1917. En 1915, sur le front, il fut est victime d'une grave blessure qui l'handicapa jusqu'à la fin de sa vie.

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samedi 10 août 2019

Natalia Gontcharova (1881-1962) - Cherry blossoms in a vase



Natalia Gontcharova (1881-1962)
Cherry blossoms in a vase, n.d. 
Oil on canvas,  (41.3 x 26.7 cm.). 
Private collection @ Christie's images, London

Que voit-on ? Toujours la même fraîcheur d'inspiration et la même somptuosité de traitement  de es thèmes favoris, les fleurs et les vases dans lesquels  Natalia Gontcharova place   un univers d'une p inexplicable poésie.

Rappel biographique :  La peintre, dessinatrice et décoratrice de théâtre russe Natalia Sergueïevna Gontcharova (Наталья Сергеевна Гончарова),  est la petite nièce de  Natalia Nikolaïevna Gontcharova, l'épouse du poète  Alexandre Pouchkine. Elle fut naturalisée française en 1939 sous le nom de Nathalie Gontcharoff.
Dès 1911, elle participa au mouvement futuriste (livre-objet) 1912-1915, puis à la création du rayonnisme en 1912-1913, un mouvement non-figuratif. En 1912, elle expoae pour le Cavalier bleu à Munich et en 1913 à la galerie Der Sturm à Berlin. Cette même année 1913, une grande rétrospective lui est consacrée à Moscou, dont le catalogue s'élève à près de 700 numéros, puis, en 1914, une exposition personnelle, au bureau artistique de Mme Dobytchina à Saint-Pétersbourg ; elle y montre ses derniers travaux rayonnistes. Elle est présentée en 1914 au Salon des indépendants à Paris, aux côtés de Michel Larionov, Alexandra Exter et Georges Yacoulov, grâce à l'appui des époux Sonia Delaunay et Robert Delaunay, sollicités par Exter.
Dans les années 1920, elle est un des principaux peintres des Ballets russes de Diaghilev et conçoit notamment les décors pour Les Noces de Stravinski. Elle travaille aussi pour Ida Rubinstein, les Ballets russes de Monte-Carlo.
Peintre de l'École de Paris, elle est aussi membre du Salon d'automne depuis 1921, et elle participe régulièrement au Salon des Tuileries et au Salon des indépendants. La guerre et l'après-guerre sont une période de grande pauvreté et d'oubli pour Gontcharova et Larionov et il faut attendre 1954 pour qu'à l'occasion des grandes rétrospectives Serge de Diaghilev à Londres, on recommence à parler d'eux. Ils se marient en 1955. Une grande rétrospective de l'œuvre de Larionov et de Gontcharova est organisée à Londres par le Great Britain Art Council  en 1961. Le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris lui consacre également, ainsi qu'à Larionov, une rétrospective, après sa mort.
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mardi 16 juillet 2019

Henri Rousseau (1844-1910) dit " Le Douanier " - Bouquet de fleurs avec une branche de lierre


Henri Rousseau (1844-1910) 
Bouquet de fleurs avec une branche de lierre 
Huile sur toile (45,4 x 32,7 cm), 1909 
Albright-Knox Art Gallery, Buffalo

Que voit on ? Sur un entablement orange et devant un fond vert  : un vase conique en verre transparent contenant un bouquet de  fleurs du jardin  (hortensias, tulipes, chrysanthèmes, marguerites, fleurs de seringat, pensées et mimosa) rassemblées dans ce vase en dépit des saisons différentes pendant lesquelles elles poussent en réalité et selon la seule fantaisie de ce peintre... qui en avait beaucoup.
Devant le vase, une branche de lierre coupée, clin d'oeil à ce parasite des jardins que l'on préfère toujours voir coupé que rampant dans les parterres ou l'assaut des arbres et qui pourtant symbolisait dans la Grèce antique l'attachement, l'amitié, la fidélité, l 'éternité (" Je meurs ou je m'attache ") mais aussi... les excès d'alcool (c'était la plante de Bacchus !) contre lesquels le lierre était censé avoir un pouvoir protecteur.  Dans la mythologie celte par contre, le lierre était l'attribut de Donar (le fils d'Odin) et promettait, à qui la consommait, d'ouvrir les portes de l’au-delà.
Une nature morte qui, comme toujours chez Henri Rousseau, recèle beaucoup plus de poésie qu'il ne parait au premier coup d'oeil.

Rappel biographique : Le peintre français Henri Rousseau (Henri-Julien-Félix Rousseau) dit  "Le Douanier Rousseau " est considéré comme un représentant majeur de l'art naïf. Issu d'une famille modeste, il étudie le droit avant de partir à Paris, où il travaille dans un octroi d'où son surnom de " douanier ".
Il apprend lui-même la peinture sans le recours à un quelconque enseignement et produit un grand nombre de toiles qui représentent souvent des paysages de jungle, bien qu'il n'ait jamais quitté la France.
 Il s'inspire en réalité de livres illustrés, des jardins botaniques et de rencontres avec des soldats qui ont participé à des expéditions exotiques et qui lui racontent les paysages lointains. Ses toiles montrent une technique élaborée, mais leur aspect enfantin a valu beaucoup de moqueries et de mépris  professionnel à Henri Rousseau pensant de nombreuses décennies. Ses premières critiques positives arrivent à partir de 1891. A la fin de sa vie il rencontre même quelques autres artistes de son temps  (et pas des moindres) qui lui reconnaissent publiquement un talent certain, comme, entre autres, Robert Delaunay, Paul Gauguin, Toulouse-Lautrec ou Pablo Picasso....
Son travail est aujourd'hui considéré comme crucial pour l'art naïf et il a influencé de nombreux artistes, notamment surréalistes et l'autodidacte Henri  Rousseau occupe une des premieres places  dans le Panthéon pictural du 20e siècle. 

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jeudi 25 avril 2019

Arthur Segal (1875-1944) - Still life with banjo and clarinette


Arthur Segal (1875-1944)
Still life with banjo and clarinette
Private collection

Arthur Segal (ne pas confondre avec Lazar Segall)  fut un peintre d'origine roumaine, qui émigra à Londres en 1936.  Il se situe, pour une part importante de son œuvre, dans le mouvement de l'avant-garde allemande (courant expressionniste), puis  il évolue ver une forme de cubisme très personnelle. Arrivé à Berlin en 1892, il a pour professeur Hoelzel et subit les influences de Munch, Van Gogh et Segantini. Ses œuvres, aux couleurs claquantes et à la volonté expressive, sont exposées avec celles de Nolde, Heckel, Kirchner et Pechstein. Segal aide également à la fondation de la Neue Secession en 1910 et joue un rôle de premier plan dans le November Gruppe. À partir de 1917, à la lecture des théories de Goethe sur la couleur, influencé sans doute par les œuvres de Robert Delaunay, qui a exposé à la galerie Der Sturm en 1912, Segal évolue vers un style qualifié de « cubiste ». Divisant ses toiles en parties égales, le plus souvent des carrés ou des rectangles  qu'il  appelle des « équi-balances », Segal mêle, dans une tentative de narration évidente, des recherches de construction géométrique et d'alternance de couleurs à des problèmes optiques où joue le contraste du clair et de l'obscur. 

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