mercredi 26 juillet 2017

Claude Monet (1840-1926) - Citrons en branche


Claude Monet (1840-1926)
Nature morte aux citrons en branche (1884)
Collection Privée

Que voit on ? Sur un fond blanc abstrait inondé de lumière une branche de citronnier et son feuillage acidulé et un peu asséché contenant six fruits présentés sous des angles différents.

Rappel biographique : le peintre français Claude Monet, l'un des fondateurs de l'impressionnisme, est surtout connu pour ses paysages et ses portraits.  " La couleur, disait-il " est mon obsession quotidienne, ma joie et mon tourment ".  Claude Monet est l’un des fondateurs de l'impressionnisme. En 1859, il part à Paris tenter sa chance sur le conseil d'Eugène Boudin. Après des cours à l'académie Suisse puis chez Charles Gleyre et la rencontre de Johan Barthold Jongkind, le tout entrecoupé par le service militaire en  Algérie, Monet se fait remarquer pour ses peintures de la baie d'Honfleur. En 1866, il connait le succès au Salon de la peinture. Toute cette période est cependant marquée par une grande précarité. Il fuit ensuite la  guerre de 1870  à Londres puis aux Pays-Bas. Dans la capitale anglaise, il fait la rencontre du marchand d'art Paul Durand-Ruel qui lui assurera sa principale source de revenu pendant le reste de sa carrière. Revenu en France, la première exposition des futurs impressionnistes a lieu en 1874. À partir de 1890, Monet se consacre à des séries de peintures, c'est-à-dire qu'il peint le même motif à différentes heures de la journée, à diverses saisons. Il peint alors parfois des dizaines de toiles en parallèle, changeant en fonction de l'effet présent. La fin de sa vie est marquée  par une maladie, la  cataracte, qui affecte son travail.
Monet peint devant le modèle sur l'intégralité de sa toile dès les premières ébauches, il retouche ensuite de nombreuses fois jusqu'à ce que le résultat le satisfasse. Contrairement à ce qu'il affirme, il termine la plupart de ses toiles en atelier, prenant modèle sur les premières peintures d'une série pour peindre les autres. D'un caractère parfois difficile, prompt à la colère comme au découragement, Claude Monet était un grand travailleur qui n'hésitait pas à défier la météo pour pratiquer sa passion. Monet résume sa vie ainsi de la meilleure manière : « Qu'y a-t-il à dire de moi ? Que peut-il y avoir à dire, je vous le demande, d'un homme que rien au monde n'intéresse que sa peinture - et aussi son jardin et ses fleurs ».

mardi 25 juillet 2017

Bror Julius Olsson Nordfeldt (1878-1955)


Bror Julius Olsson Nordfeldt (1878-1955)
Snow Flurry
Private collection 

 Que voit on ? Une table de nuit  posée entre un lit et un fauteuil, devant une fenêtre dont le rideau est au trois quart baissé. Sur la table de nuit partiellement recouverte d'un drapé blanc et dont un tiroir est ouvert et laisse entrevoir un mouchoir : une coupe en porcelaine à décor floral contenant deux grenades dont une ouverte en deux ; un saladier blanc contenant des poires et des pommes ; une carafe d'eau à moitié pleine. A l'extérieur, par la fenêtre, dans un paysage gelé et sous un ciel chargé,  une tempête de neige envoie ses bourrasques de flocons...

Rappel biographique : le peintre américain Bror Julius Olsson Nordfeldt est surtout connu pour ses marines, ses paysages et ses scènes de la vie du Nouveau Mexique dont la culture indigène l'inspirait beaucoup. Il a peint très peu de natures mortes et c'est qui les rend si rares et si appréciées. Dans les quelques toiles de ce genre qu'il a peintes, il a également introduit des éléments typiques de la flore du Nouveau Mexique.

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lundi 24 juillet 2017

Anna Atkins (1799-1871)


Anna Atkins (1799-1871)
Laminaria digitata, 1853
Que voit-on ? Une des multiples algues qu'Anna Atkins répertoria et photographia pour la la première fois au milieu du 19e siècle. 

Rappel biographique : Anna Atkins est une botaniste britannique, considérée comme une pionnière de l'utilisation d'images photographiques (notamment par cyanotype) pour l'illustration d'ouvrages imprimés, en l'occurrence des herbiers qu'elle fit paraître à partir de 1843. Certains la considèrent même comme la première femme à avoir réalisé une photographie, titre qu'elle dispute avec Constance Talbot, l'épouse de William Henry Fox Talbot.
Orpheline de mère très jeune, c’est son père, John George Children (1777-1852), naturaliste réputé, qui l’élève. Elle reçoit ainsi une formation scientifique rare pour les femmes de son époque. Illustratrice de renom, elle réalise les deux cent cinquante gravures qui illustreront la traduction anglaise de l’ouvrage de Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829), Histoire des mollusques, qui paraît en 1822-1824, sous le titre de Genera of Shells. Cette traduction, réalisée par son père, a un rôle important dans la nomenclature des coquillages car elle fournit les types permettant d’identifier les genres créés par Lamarck.
Elle se marie en 1825 avec John Pelly Atkins et se consacre dès lors à la biologie et commence la confection d’un herbier. Anna Atkins offre certains spécimens au Museum du Kew Gardens. Elle devient membre, en 1839, de la Société botanique de Londres, l’une des rares sociétés savantes ouvertes aux femmes. En 1841, elle commence à s’intéresser aux algues à la suite de la publication de A Manual of the British marine Algae de William Henry Harvey (1811-1866).
Grâce а son père, elle connaît très bien les travaux de sir John Herschel (1792-1871) et de William Henry Fox Talbot (1800-1877), deux pionniers de la photographie. Elle commence à faire paraître en 1843 son ouvrage British Algae: Cyanotype Impressions qui est le premier ouvrage publé à utiliser des photogrammes réalisés par cyanotype, une technique tout juste inventée par Herschel. Douze parties paraissent jusqu’en 1853, tirées à environ 400 exemplaires, dont une douzaine nous sont parvenus plus ou moins complets. En 1853, elle applique le même procédé aux fougères et fait paraître Cyanotypes of British and Foreign Ferns. Elle travaille en collaboration avec son amie Anne Dixon (1799-1864). Les cyanotypes ont l’avantage d'être simples à réaliser et de présenter une grande stabilité dans le temps.
Elle lègue son herbier au British Museum en 1865.

dimanche 23 juillet 2017

Pompei - Panier de figues


POMPEI
Panier de figues  
Villa de Poppée à Oplontis (79 avant J. C.)

Que voit on ? Sur un entablement rouge vif, signalant l'appartenance impériale, un panier en osier finement tressé sur deux rangs contenant une montagne de figues fraiches rangées en pyramide dont deux fruits sont entamés.  Deux mille ans après avoir été peinte, cette fresque restitue avec une émouvante  précision l'éclat des coloris chaleureux de ces fruits et étonne encore par la précision du dessin du tressage d'osier.

Rappel historique : Pline l'Ancien raconte que dans la Grèce antique, le peintre Piraikos qui vivait au 3e siècle avant notre ère, vendait déjà fort cher ses " Provisions de cuisine ", des tableaux de chevalets représentant des victuailles ou des instantanés d'échoppes de cordonniers et de barbiers. Dans la hiérarchie des genres picturaux d'alors, ces représentations de provisions de cuisine sont déjà considérées comme un genre mineur... et  elles le resteront pendant de longs siècles... au moins jusqu'à Chardin, si ce n'est jusqu'à Cézanne. Genre mineur donc, loin derrière les sujets religieux, les portraits et les paysages, mais genre que les commanditaires s'arrachent pourtant !
Le grec Piraikos reste le plus célèbre des peintres de ce genre. Hélas, aucun exemple n'est parvenu jusqu'à nous de ces peintures des menus objets du quotidien par Piraikos,  peinture que l'on nommait à cette époque Rhyparographie .
A la même époque, un autre peintre grec, Zeuxis rivalisait avec la nature au point que des oiseaux voulaient picorer les raisins qu'il peignait et qu'il passe être l'inventeur du réalisme et  de l'illusionnisme  ne peinture, pour ne pas dire du premier trompe-l'oeil. Il faut là encore faire confiance au récit de Pline l'Ancien, car aucun exemple de cet art ne nous est parvenu.
Les premières natures mortes connues du monde occidental sont des fresques et des mosaïques du 1er siècle de l'ère chrétienne, provenant de Campanie (Herculanum et Pompéi) ou de Rome. Elles sont exécutées dans un style réaliste et illusionniste : fruits veloutés, poissons et volailles posés sur une marche de pierre ou sur deux étagères d'un garde manger, généralement en trompe l'œil avec des ombres portées, ou quelquefois dans des coupes en verre avec des transparences subtiles.
Ces peintures évoquent le xenion antique, un cadeau fait de denrées qu'un hôte doit offrir à ses invités. Pourtant la nature morte de l'Antiquité possède une autre ambition que celle du seul plaisir mimétique. Comme le précise Charles Sterling : « Il est clair que les natures mortes hellénistiques et romaines qui représentaient des mets prêts à être consommés comportaient une allusion épicurienne ». On trouve ainsi assez fréquemment des mosaïques de natures mortes et des vanités dans les atriums d'été romains, où les convives invités aux repas étaient ainsi encouragés à cueillir le jour qui passe, Carpe diem selon la célèbre formule d'Epicure, à profiter de la vie tant qu'il était encore temps de le faire. Une déclinaison plus sophistiquée de la tradition égyptienne pharaonique qui voulait que l'on fît passer un cadavre devant les convives avant de commencer un repas pour leur rappeler l'impermanence de la vie !  Les natures mortes garderont tout au long des siècles jusqu'à nos jours,  cette signification épicurienne.

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samedi 22 juillet 2017

Isaac Soreau (1604-1644)


Isaac Soreau (1604-1644)
Nature morte à la corbeille de raisins, cerises et branche de fraisier sur un entablement
Collection Louis Grandchamp des Raux

Que voit-on ?  Sur un entablement de bois où quelques gouttes d'eau et fruits rouges (cerises, bigarreaux, fraises, et groseilles à maquereaux) épars semblent égarés mais sont, en réalité, disposés avec une méticuleuse précision : un panier d'osier tressé sur deux rangs dans lequel sont disposés - avec le même soin que précédemment - diverses variétés de raisins, blancs, rouges et muscats charnus encore attachés à leurs sarments dont les feuilles vigoureuses attestent de la fraîcheur de la récolte. A l'extrême gauche de l'entablement, un minuscule insecte, un perce-oreille,  symbole de la corruption de la matière, s'enfuit comme chassé par tant de fraicheur insupportable...

Rappel biographique : Le peintre allemand Isaac Soreau, fut l'élève de Jacob van Hulsdonck et fortement influencé par son style, sa façon de peindre et sa palette harmonieuse. Certains historiens d'art pensent que Soreau a travaillé dans le très prospère atelier de van Hulsdonck à Anvers qui fournissait des natures mortes quasiment à la chaîne aux riches marchands de la ville. Dans ce prestigieux atelier, il aurait été en charge de la  peintures de fruits mais aussi de certains éléments de décors comme des contenants, paniers, vaisselles...  d'où la grande maîtrise qu'il acquis dans ce domaine en particulier dans le rendu des paniers en osier tressé.

vendredi 21 juillet 2017

Herbert Ploberger (1902-1977)


Herbert Ploberger (1902-1977)
 Nature morte
Collection Privée

 Que voit on ?  Sur un guéridon partiellement recouvert d'un drapé blanc devant un paysage de ciel orageux à gauche et un mur sombre à droite, une mis en scène présentant un vase vide en terre cuite rouge ;  un verre vide à godrons ; une boite enveloppée d'un papier soigneusement plié pouvant contenir un savon, des allumettes ou des balles de revolver... Enigmatiques témoins d'un drame qui se noue ou se dénoue en coulisse...

Rappel biographique : Herbert Ploberger est un costumier, chef décorateur et peintre autrichien. Ploberger reçoit sa formation théorique après la fin de la Première Guerre mondiale à l'Université des arts appliqués de Vienne et à Paris. En 1927, il  complète ses connaissances à Berlin auprès du scénographe du Deutsches Theater de Berlin, Ernst Stern. Il devient peintre de scène puis scénographe du Reinhardt-Bahnen. Ploberger est aussi peintre  qui fait partie du  mouvement de la Nouvelle Objectivité, réalisant des portraits et des natures mortes. Luis Trenker l'engage comme costumier en 1934. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il participe à des films historiques semblant nationalistes. Après la guerre, il conçoit les décors de deux films autrichiens puis redevient costumier en 1950 dans des productions ouest-allemandes et  travaille aussi de nouveau pour le théâtre en Autriche.

jeudi 20 juillet 2017

Alfred R. Mitchell (1888-1972)






Alfred R. Mitchell (1888-1972)
Still Life (watercolor)
San Diego Museum of Art

Que voit on ? C'est une nature morte de peintre paysagiste donc construite comme un paysage. Une bouteille, une buste de femme aux bras coupés, un bol, un flacon de parfum au bouchon triangulaire, des pièces de tissus composent cette nature morte très hétéroclite et inhabituelle où les drapés des tissus recréent des reliefs d'une campagne fantasmée sur fond de paysage de montagnes californiennes bien réelles, elles.  

Rappel Biographique : Alfred R. Mitchell  était un peintre paysagiste américain. , il a été président de la San Diego Art Guild et de La Jolla Art Association avant d'être  devenu le «doyen des artistes de la province de San Diego».
Alfred R. Mitchell est né le 18 juin 1888 à York, en Pennsylvanie. Après avoir déménagé à San Diego, en Californie, en 1908,  il a entamé des études artistiques avec Maurice Braun à partir de 1915 et remporté une médaille d'argent à l'Exposition Panama-Californie de 1915.  Il a servi dans l'armée des États-Unis pendant la Première Guerre mondiale.  Il s'est inscrit à l'Académie des beaux-arts de Pennsylvanie en 1916 et a remporté une bourse et le Prix Edward Bok qui lui permis de visiter les musées d'Europe en 1920.  Il devient  diplômé de cette académie en 1921.
Mitchell était le président de San Diego Art Guild et cofondateur du San Diego Museum of Art. Il a été cofondateur de la Fine Arts Society de San Diego en 1925. Il a également été le secrétaire fondateur des artistes associés de San Diego en 1929;
Mitchell a également été le fondateur de Chula Vista Art Guild à Chula Vista, en Californie en 1945 et  cofondateur puis  président de l'Association d'art de La Jolla à La Jolla, en Californie, de 1951 à 1961. Il a exposé son œuvre artistique à la San Diego Fine Arts Gallery de 1920 à 1927, et la Bibliothèque de La Jolla de 1923 à 1966.

mercredi 19 juillet 2017

Adolphe de Meyer (1868-1948) - Lilacs in a glass 1908


Adolphe de Meyer (1868-1948)
Lilacs in a glass 1908

Que voit on ?  Dans un flou et une  absence de contrastes savamment mise en scène, un bouquet de lilas dans un verre transparent. Quelques fleurs de la branche sont tombées sur l'entablement.

Rappel biographique : Le baron Adolf Gayne de Meyer est un photographe d'origine allemande.
Il est le fils d'un banquier juif allemand vivant à Paris, Adolphus Louis Meyer et d'Adele Watson d'origine écossaise. Il est déclaré auprès des autorités parisiennes le 3 septembre 1868 par son père, alors rentier, sous le nom de Adolphe Edouard Sigismond Meyer. Bien que né à Paris, il passe son enfance à Dresde. Au cours de sa vie, il utilisera différentes versions de son nom : Meyer, von Meyer, de Meyer, de Meyer-Watson et Meyer-Watson. C'est à cette époque que le  jeune Adolf Meyer aurait pris des cours privés de peinture et de dessin auprès de Claude Monet. 
Adepte du pictorialisme, mouvement en opposition avec le réalisme de l’épreuve, il finit cependant par se spécialiser dans la photographie de portraits. En 1893, Adolf de Meyer affirme son inclination pour la photographie en devenant membre de la Royal Photographic Society. 
En juin 1899, il épouse, à Londres, Olga Caracciolo (1871-1930), fille biologique du prince de Galles Albert Edward, futur roi d'Angleterre sous le nom d' Edouard VII. Cette union fut un mariage de convenances, du fait de l'homosexualité déclarée d'Adolf de Meyer d'une part et de celle de son épouse Olga. Peu après son mariage, Adolf de Meyer fut anobli comme baron de Meyer par Frédéric-Auguste III de Saxe, à la demande du prince de Galles. Dès1903, il est également membre de la société Linked Ring Brotherhood qui a pour but de promouvoir la photographie comme un art à part entière.
Entre 1900 et 1910, Adolf de Meyer réalisa un (ou plusieurs) voyage au Japon, accompagné de sa femme Olga. Il y réalisa une importante série de photographies, aujourd'hui conservées au MET de New-York. Il y a très peu de personnages sur ces clichés avant tout constitués des paysages et de bâtiments dans des mises en scènes où la population japonaise n'apparaît que rarement. 
De 1898 à 1913, il habite le très chic hôtel Cadogan Garden de Londres. Il fait la connaissance du photographe Alfred Stieglitz qui devient son mentor et ami, et avec qui il entretient une correspondance. Il rejoint également le mouvement artistique Photo-Secession initié par Stieglitz. Entre 1903 et 1907, ses œuvres sont publiées dans la revue trimestrielle Camera Work, dirigée par Alfred Stieglitz. А la même époque, il expose à deux reprises à la Galerie 291, fondée par Alfred Stieglitz et Edward Steichen à New-York. Cecil Beaton le qualifiera alors de « Debussy de la photographie ». C'est à cette époque qu'il réalise de nombreuses natures mortes dans lesquelles son travail sur la transparence, l'opacité et la lumière est mis en avant. En 1912, il travaille également en collaboration avec les Ballets russes à Paris et assure, en partie, leur promotion avec sa femme Olga à l'occasion de leur première représentation à Londres. Il réalise alors des clichés de Nijinski, dans le ballet L'Après-midi d'un faune, clichés devenus depuis célébrissimes.
Alors que la Première Guerre mondiale éclate, les époux de Meyer prennent les noms de Gayne (pour Adolf de Meyer) et Mahrah (pour Olga de Meyer), sur les conseils d'un astrologue, et partent pour New York. Là, Adolf Gayne de Meyer rencontre Condé Nast, propriétaire des magazines Vogue et Vanity Fair, grâce à qui il devient photographe de mode. Il réalise ses premières photographies de mode en 1910 pour Vogue, puis y devient photographe à temps plein de 1913 à 1921, avant de rejoindre la revue Vanity Fair. Il est considéré comme le tout premier photographe de mode du monde, les magazines de mode étaient jusque là illustrés par des croquis et des dessins. Dans ses nombreux clichés de mode, Adolf de Meyer suggère la ligne d’un couturier dans des ambiances floues et crée, par des effets de transparence, une inimitable impression de légèreté. En 1921-1922, de Meyer accepte de revenir à Paris pour devenir responsable de la photographie du magazine Harper's Bazaar, propriété du célèbre homme d'affaires William Randolph Hearst ; il y passera seize années de sa vie. Vers 1934, un nouvel éditeur est chargé de rajeunir l'image du magazine, ce qui mettra fin à la carrière d'Adolf de Meyer au sein de la publication. Il voyage alors en Europe avant de quitter à nouveau le vieux continent.
А la veille de la Seconde Guerre mondiale, il retourne aux Etats-Unis, et s'installe dans le sud de la Californie où il passe ses dernières années dans la pauvreté et l'anonymat. Il meurt à Los Angeles en janvier 1946, sa mort étant enregistrée dans l'état-civil dans les termes suivants : « Gayne Adolphus Demeyer, writer (retired) », « Gayne Adolphus Demeyer, écrivain retraité ».
Seule une partie de son œuvre a survécu jusqu’à nos jours, la majorité ayant été détruite durant la Seconde Guerre mondiale et par Adolf de Meyer lui-même à la fin des années 1930.


mardi 18 juillet 2017

Evgenia Antipova (1917-2009) - Still Life with Strawberries


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Evgenia Antipova (1917-2009)
Still Life with Strawberries 1960
Private collection, Russia

 Que voit-on ?  Sur une table en bois, sous les frondaisons d'un jardin fourni et ombragé : un bouquet de fleurs de prairie et une ode aux fraises déclinée sous quatre formes ou dans quatre états : d'abord  brutes, sur le rebord de la table, juste après la cueillette, sur un lit de feuilles de murier ; dans un bol en fer blanc émaillé à liseré bleu où elles sont mélangées à du yaourt ; dans un mug où elles sont entreposées en désordre ;  dans un verre à sorbet mélangées à une glace à la vanille ou a une sorbet au citron...  le tableau d'un bel été russe sous les pinceaux toujours foisonnants d'Antipova.

Rappel biographique : Evgenia Petrovna Antipova (Евгения Петровна Антипова) était une peintre russe soviétique, aquarelliste, dessinatrice et professeure d'art, membre de l'Union des artistes de St Petersburg (avant 1992 : Union des artistes de Leningrad). Elle a vécu et travaillé à Leningrad / Saint-Pétersbourg et elle est considérée comme l'une des représentantes les plus éminentes de cette Ecole de peinture de Leningrad. Les oeuvres d'Evgenia Antipova ont fait l'objet de plusieurs expositions personnelles en 1967, 1988, 1999 (avec son mari et artiste Victor Teterin), et en 2007. En 1989-1992, les  peintures d'Antipova ont été exposées pour la première fois en France dans une vente aux enchères très suivie concernant les artistes de l'École de Leningrad. Ses peintures sont exposées au  Musée d'Etat Russe et dans de nombreux musées d'art et collections privées en Russie, France, Allemagne, États-Unis, Royaume-Uni... Son succès international loin de se démentir s'accroit d'année en année.

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lundi 17 juillet 2017

David Hockney (bn. 1937) - Lemons and Oranges


David Hockney (bn. 1937)
Lemons and oranges, 1986
Private Collection

 Que voit-on ?  Deux oranges (rouges) et deux citrons, l'un noir et l'un noir et blanc barré d'un large sourire ironique qui tient de la moustache, le tout présenté dans un saladier que l'on peut supposer en céramique noire, posé sur une nappe à carreaux rouge et blanc. Un fond de gribouillis en spaghetti rouges accentue la profondeur. Trois couleurs uniquement : noir, blanc, rouge avec lesquelles Hockney s'arrange pour exprimer tout son talent.

Rappel biographique :  David Hockney, est un  peintre, dessinateur, graveur, décorateur et photographe britannique, né en 1937 dans une famille anglaise modeste, quatrième enfant d’une fratrie de cinq. Il vit aujourd’hui dans le Yorkshire (Angleterre) sa province natale et à Londres,
après avoir vécu une grande partie de sa vie en Californie (Los Angeles), où il a d’ailleurs conservé son atelier (Santa Monica Boulevard) où sont stockées ses archives. Son père ayant été un objecteur de conscience pendant la seconde guerre mondiale, David Hockney a refusé de faire son service militaire entre 1957 et 1959. Après des études au Royal College of Art de Londres, il en sort diplômé en 1962.
 Il commence sa carrière comme dessinateur de presse pour le Sunday Times, au cours d’un voyage en Egypte. En 1964, il découvre la Californie, les polaroids, la peinture acrylique, les belles villas et leur piscine qui deviennent un des motifs principaux de ses œuvres.  Eloigné des courants les plus-avant-gardistes, Hockney pratique un art figuratif presque expressionniste où se mêlent portraits, photographies et videos.  En 1963, à New York, il rencontre Andy Warhol qui lui rendra plus tard plusieurs fois visites à Los Angeles. La légende veut que ce soit Warhol qui ait conseillé à Hockney de faire sa célèbre série sur les piscines « A bigger splash » . Homosexuel parmi les premiers à se revendiquer comme tel, David Hockney revient vivre à Londres en 1968 et prend pour compagnon  le réalisateur John Schlesinger, auteur notamment de Midnight Cow Boy (1969) ou Sunday Bloody Sunday (1971) autant de films militant ouvertement pour les droits des homosexuels dans une Angleterre qui  assimile toujours en justice  l'homosexualité à un crime. En 1973, Jack Hazan réalise un documentaire-fiction  qui lui est consacré intitulé  "A Bigger Splash"  qui assoit sa notoriété internationale naissante (le film est primé au Festival international du film de Locarno)   Entre 1974 et 1977, David Hockney s'installe à Paris où son travail tourne un peu en rond, avant de repartir en Californie en 1978.  En 1974, le Musée des Arts Décoratifs de Paris organise sa première rétrospective David Hockney. Il est considéré désormais comme une des figures du mouvement Pop Art des années 1960 et à ce titre, s'intéressa à peu près à tous les genres picturaux, bien qu'ayant développé, surtout ces dernières années,  une prédilection pour les paysages. Il a cependant peint beaucoup de nature mortes (surtout dans les années 1980) toujours traitée à sa façon, c'est à dire de manière décalée, anecdotique et toujours avec un indéniable talent de coloriste.
En 2010, il expose à Paris, à la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint-Laurent, ses œuvres réalisées sur iPhone et iPad, il met aussi en avant la possibilité de rediffuser le processus créatif, à travers des logiciels  déclarant « La seule expérience semblable est celle où l’on voit Picasso dessiner sur du verre pour un film » 4 (en référence au film « Le Mystère Picasso » d'Henri-Georges Clouzot).
Le 2 janvier 2012, il a été nommé par la reine Elizabeth II, membre de l’Ordre du mérite britannique. Une grande exposition s'est ouverte le 23 janvier 2012 à la Royal Academy de Londres et au Musée Guggenheim de Bilbao où elle restée en place pendant tout  l'été 2012 et a connu un immense succès.

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dimanche 16 juillet 2017

Harmen Steenwijck (1612-1656) - Still Life of fruits on a Ledge




Harmen van Steenwijck (1612-1656)
Still Life of fruits on a Ledge
The Ashmolean Museum of Art and Archaeology

Que voit-on ? Sur un rebord de buffet en bois : 2 coings (un peu gâtés), 3 pêches, quelques grains de raisins rouge encore accrochés à leur pampre. Une feuille du cognassier, séchée, sur le rebord du buffet est sur le point de tomber dans le vide. Les couleurs déclinées autour d'une monochromie de jaunes et de beiges, osent quelques pointes de rouges et de roses d'été dans la pénombre d'une glacière d'office.

Rappel biographique : le peintre néerlandais du siècle d'or Harmen Steenwijck ou Harmen van Steenwyck est connu pour ses natures mortes et ses vanités. Il est le frère de Pieter Steenwijck,qui fut également peintre de natures mortes. Il demeure peintre actif à Leyde de 1628 à 1633. Il retourne dans sa ville natale de 1633 à 1656. En 1654-1655, il entreprend un voyage vers les Indes orientales néerlandaises. Il est connu pour son œuvre Une allégorie des vanités de la vie humaine visible à la National Gallery de Londres.

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samedi 15 juillet 2017

Pablo Picasso (1881-1973) - Etude pour la nature morte "tranches de pastèque sur un plat


Pablo Picasso (1881-1973)
Etude pour la nature morte  "tranches de pastèque sur un plat, "1907
 Collection privée

 Que voit on ?  trois tranches de pastèques en formes de croissant de lune sur un plat. Elles constituent la seule partie colorée de cette étude en 4 couleurs : blanc, rouge, vert et noir.

Rappel biographique : le peintre espagnol Pablo Ruiz y Picasso qui a passé l'essentiel de sa vie en France, fut aussi dessinateur et sculpteur. Utilisant tous les supports pour son travail, il est considéré comme le fondateur du cubisme avec Georges Braque auquel son nom est lié surtout dans le domaine des natures mortes. Il est considéré comme l'un des plus importants artistes du 20e siècle tant par ses apports techniques et formels que par ses prises de positions politiques et que par l'immensité de son production tous genre confondus, que l'on chiffre à près de 50 000 œuvres.
Les premiers collages et assemblages sont réalisés pendant l'hiver 1912, Nature morte à la chaise cannée (Paris, Musée Picasso), Guitare(s) en carton (Paris, Musée Picasso). A partir des années 20 ses natures mortes seront très proches, sur la même ligne de conception " cubiste analytique " que celles de George Braque, dont il devient un temps l'intime avant de s'en séparer définitivement.  Il y eut une connivence d'inspiration très rare entre ces deux peintres pendant une certaine période de leur vie et en particulier dans le domaine particulier du traitement de la nature morte. 
Picasso peint  beaucoup d'autres natures mortes après la Seconde guerre mondiale et hors de la période cubiste, mais ce n'est pas un genre qui tient une place aussi essentielle dans son oeuvre que dans l'oeuvre de Georges Braque.
Deux figures au bord de la mer est peint en janvier 1931, et en mars, Nature morte sur un guéridon. Cette année-là, voit également l'édition de deux livres majeurs : Les Métamorphoses d'Ovide (Lausanne, Skira) et Le Chef-d'œuvre inconnu de Balzac (Paris, Ambroise Vollard).
En 1932, Jeune fille devant le miroir est finie. Une rétrospective à la galerie Georges Petit, puis au Kunsthaus de Zurich, a lieu en juin. Picasso travaille à Boisgeloup aux têtes sculptées d'après Marie-Thérèse et à la série de dessins d'après La Crucifixion de Matthias Grünewald. De juin à septembre 1934, il fait des séries de corridas, peintes, dessinées et gravées. En août, il voyage en Espagne avec Olga et Paulo, et se rend aux corridas de Burgos et de Madrid. Il visite le Musée d'Art catalan de Barcelone. Il réalise une série de sculptures à texture moulée : Femme au feuillage et Femme à l'orange. Au printemps 1935, la galerie Pierre expose des papiers collés. Minotauromachie est gravée. Il se sépare d'Olga en juin, et le 5 septembre, naît Maya Picasso, sa fille avec Marie-Thérèse Walter. Le 25 mars 1936 voit le départ secret de Picasso avec Marie-Thérèse et Maya pour Juan-les-Pins. Il fait des gouaches et des dessins sur le thème du Minotaure. Cette même année, au début de la Guerre civile espagnole, il est nommé directeur du Musée du Prado à Madrid. C'est sans doute à cette époque qu'il rencontre les premières natures mortes inscrites dans un cadre du peintre de l'âge d'or,  Juan Sanchez Cotan.

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vendredi 14 juillet 2017

Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779) - Nature morte aux Attributs des Arts

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Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779)
Nature morte aux Attributs des Arts
Musée Pouchkine, Moscou

 Que voit on ? Plusieurs compositions différentes de Chardin portent ce titre des Attributs des Arts. L'une se trouve au Louvre Paris et consiste en un dessus de porte commandée en 1764 pour le Château royal de Choisy, où elle fut le pendant des Attributs de la Musique. Une autre, propriété du Musée Jacquemard-André à Paris, fait pendant aux Attributs des Sciences commandées par Conrad de Rothenburg pour orner sa bibliothèque de la Rue du Regard et était conçue pour être placée assez haut et donc, pour être vue d'en bas.   La Nature morte aux Attributs des Arts, ci-dessus, propriété du Musée Pouchkine date de 1750 qui présente un buste d'Hermès avec sa coiffe ailée, est différente de la Nature morte avec les Attributs des Arts commandée en 1766 pour l'Académie des Beaux art de St Petersburg.
Toutes ces natures mortes étaient belles et bien destinées à orner des dessus de porte et prouvent, si besoin était, que cet immense peintre qu'est Chardin apportait un soin égal à autres peintures, pour ces multiples travaux purement décoratifs qui lui permettaient d'améliorer son quotidien. Cela tombe bien car ils ont aussi grandement améliorer le nôtre !

Rappel biographique : Jean-Baptiste-Siméon Chardin est considéré comme l'un des plus grands peintres français et européens du 18e siècle. Célèbre pour ses scènes de genre et ses pastels, il est aussi reconnu pour ses natures mortes dont il reste le maître incontesté. D'après les frères Goncourt, c'est Coypel qui en faisant appel à Chardin pour peindre un fusil dans un tableau de chasse, lui aurait donné le goût pour les natures mortes. A partir du Salon de 1748, Chardin expose de moins en moins de scène de genre, il multiplie désormais les natures mortes. Ce retour à ce type de peinture va durer une vingtaine d'années. Il est difficile de donner des raisons à ce changement de cap. On sait que pendant cette période la vie de Chardin est en pleine mutation. Il se remarie, il reçoit une pension du roi. Il est désormais à l'abri du besoin. Ces deux tableaux de réception à l'Académie Royale de peinture sont tous deux des natures mortes, La Raie et Le Buffet qui se trouvent aujourd'hui au Musée du Louvre (salle 39) . Chardin devient ainsi peintre académicien « dans le talent des animaux et des fruits », c'est-à-dire au niveau inférieur de la hiérarchie des genres alors reconnus. Et c'est sans aucun doute Chardin qui va lui donner ses lettres de noblesse et en faire un genre pictural égal, voire même supérieur à bien des égards, aux autres.
Les natures mortes qu'il peindra à partir de 1760 sont assez différentes des premières. Les sujets en sont très variés : gibier, fruits, bouquets de fleurs, pots, bocaux, verres... Chardin semble s'intéresser davantage aux volumes et à la composition qu'à un vérisme soucieux du détail, ou aux effets de trompe-l'œil. Les couleurs sont moins empâtées. Il est plus attentif aux reflets, à la lumière : il travaille parfois à trois tableaux à la fois devant les mêmes objets, pour capter la lumière du matin, du milieu de journée et de l'après-midi. On peut souvent parler d'impressionnisme avant la lettre.
Chardin cherchait à reproduire la matière, ces fruits semblent aussi vrais que nature, Diderot s'extasiait devant ce réalisme dans son compte-rendu du Salon de 1759 : " Vous prendriez les bouteilles par le goulot si vous aviez soif ". ou encore en 1763, " C'est la nature même; les objets sont hors de la toile et d'une vérité à tromper les yeux. (...)
 Pour regarder les tableaux des autres, il semble que j'ai besoin de me faire les yeux ; pour voir ceux de Chardin, je n'ai qu'à regarder ce que la nature m'a donné et m'en bien servir ".
" O Chardin ! ce n'est pas du blanc, du rouge, du noir que tu broies sur ta palette: c'est la substance même des objets, c'est l'air et la lumière que tu prends à la pointe de ton pinceau et que tu attaches sur la toile ".

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jeudi 13 juillet 2017

Juan van der Hamen y Leon (1596-1631) - Bodegon con turrones

Juan van der Hamen y Leon (1596-1631) Bodegon con turrones (Nature morte avec nougats) Huile sur toile, 122 x 83 cm Cleveland Museum of Art

Juan van der Hamen y Leon (1596-1631)
Bodegon con turrones
(Nature morte avec nougats)
Huile sur toile, 122 x 83 cm
Cleveland Museum of Art

Que voit-on ? Tout dans cette composition, si élégamment signée en bas à gauche, respire l'harmonie des plaisirs de la vie. Présentés sur un entablement de pierre en forme de fenêtre ou d'alcôve, comme c'est fréquemment le cas dans les natures mortes hispano-hollandaises du 17e siècle, les turrones (nougats aux amandes ou aux noisettes) et les jijones (nougats en pure pâte d'amande et miel sans fruits secs entiers) dans des coupes d'argent simples et solides, encadrent littéralement les deux pièces de verreries qui occupent exactement le centre de la composition et qui sont aussi mystérieuses l'une que l'autre. Ce calice fermé au pied luxueusement ouvragé qui contient une liqueur rose-rouge translucide et prometteuse et cette bonbonne en verre noir dans laquelle se reflète la fenêtre que l'on ne voit pas, attestent de la sophistication de la maison.  Quatre noix et demie, pour faire bonne mesure, s'offrent ouvertes en deux au regard du spectateur, laissant apparaitre, une fois de plus, leur similitude avec la forme du cerveau humain. 

Rappel biographique : le peintre espagnol Juan van der Hamen y Leon - dont un grand nombre de natures mortes ont été publiées dans ce blog -  est surtout connu pour être un maître de ce genre, bien qu'il ait peint aussi des motifs religieux, des paysages et des portraits. Influencé autant par Juan Sanchez Cotan que par la peinture flamande de Frans Snyders dans ses premières natures mortes, il opta finalement pour un naturalisme plus italien et introduisit beaucoup de fraîcheur dans ses compositions. Sa touche est d'une grande délicatesse et d'un absolue précision. Van der Hamen emprunte à Sánchez Cotán le style apparemment sobre de ses compositions mais aussi cette façon systématique de détacher les objets sur un fond sombre et de les éclairer d'une lumière puissante. Les arrangements en quinconces et les ombres portées renforcent l'impression de précision et révèlent que ces compositions sont finalement tout sauf simples ! A partir de 1626, Van der Hamen peint des natures mortes plus complexes que ses premières en plaçant les objets sur différents niveaux. Ce type de composition que l'on retrouve à Rome au début des années 1620  dans les œuvres de Tomasso Salini et d'Agostino Verrocchi, était déjà présent dans les natures mortes de l'Antiquité que l'on découvrira à Pompei et Herculanum au 18e siècle. Les natures mortes de Juan van der Hamen ont exercé une grande influence sur ses contemporains comme Francisco de Zurbarán et plus tard chez des peintres comme Antonio Ponce et Juan Arellano. Une des caractéristiques de la peinture de Van der Hamen, pour laquelle il était surtout connu de son vivant,  résidait dans la représentation des coûteuses et luxueuses verreries de Venise ou d'Allemagne. Très préoccupé par l'agencement harmonieux des objets et la représentation précise des textures et des lumières, Van der Hamen livre toujours des compositions très géométriques où les cercles et les sphères ont un rôle primordial. Contrastant avec cette sévérité géométrique, l'artiste dispose souvent ses objets sur les bords des structures ou sur des escaliers en pierre, en faisant ainsi varier leur distance à partir de la source lumineuse. Les objets représentés, fruits légumes, bois, terre cuite, et cristaux sont toujours magistralement rendus avec une science de la répartition des couleurs, des ombres, des reflets et des lumières qui en font un maître d'une sensibilité incomparable.
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mercredi 12 juillet 2017

Victor Borisov-Mousatov (1870-1905)


Victor Borisov-Moussatov (1870-1905)
Agave, 1897
The Tretyakov Gallery, Moscow, Russia.

Que voit on ? Un gros plan sur une agave en pot dont quelques feuilles sont flétries  Le cadrage qui coupe volontairement les pointes de toutes les feuilles de même que la palette où se marient de façon franche le vert et le bleu, donnent bien la mesure du talent injustement méconnu en Europe de ce  grand nom de la peinture russe.

Rappel biographique :    Victor Elpidiforovitch Borissov-Moussatov (Виктор Эльпидифорович Борисов-Мусатов), est un peintre russe dont le style mélange l'académisme réaliste et un certain symbolisme post-impressionniste.
Victor fait une chute à l'âge de trois ans qui le laisse bossu toute sa vie. Il entre en 1884 à l'école secondaire de Saratov, où son talent de dessinateur est remarqué par ses professeurs Fiodor Vassiliev et Konovalov. Il étudie donc par la suite à la Société des Beaux-Arts de Saratov, puis à l'Ecole de peinture, de sculpture et d'architecture de Moscou et enfin à l'Académie impériale des Beaux-Arts de Saint-Pétersbourg, où il eut notamment Pavel Tchistiakov, comme professeur. Il retourne l'année suivante à Moscou en 1893, sa santé ne supportant pas le climat humide de la capitale impériale.
A partir de 1895 Borissov-Moussatov étudie à Paris dans le fameux atelier de Fernand Cormon, où il a comme condisciples plusieurs peintres marquants de l'époque. Il est notamment fasciné par le style de Puvis de Chavannes et apprécie l'œuvre de Berthe Morisot. Il y reste trois ans.
Après son retour en Russie en 1898, il devient proche du mouvement « Mir Iskousstva » (Le Monde de l'art).  Il cède à ce qu'il appelle « la nostalgie fin-de-siècle », critique l'ennui, la saleté et l'esprit matérialiste de son époque. Cette morosité est due aussi à une certaine gêne matérielle qui n'est atténuée que lorsque les collectionneurs commencent à acheter ses tableaux quelques années plus tard. Il habite de nouveau à Saratov en 1898, fait des séjours dans le domaine des princes Galitzine à Zoubrilovka, puis s'installe à partir de 1903 à Podolsk et enfin à Taroussa. Il décrit un univers onirique et nostalgique d'aristocrates russes dans leurs domaines et délaisse plus tard l'huile pour utiliser une technique combinant le pastel, l'aquarelle et la technique a tempera, ce qui donne un certain effet de subtilité.
Il a  expose dans plusieurs villes d'Allemagne en 1904 et au Salon des Artistes Français en 1905, dont il était devenu membre.

mardi 11 juillet 2017

Filippo de Pisis (1896-1956) - Natura morta con agli


Filippo de Pisis (1896-1956)
Natura morta con agli, 1930
Private collection 

 Que voit on ? A même la surface d'une plage, devant la mer dont un trait blanc laisse deviner le ressac : trois tomates et une botte de gousses d'ail. La simplicité et le bonheur rêvé à travers la touche nostalgique de ce poète de la lumière que fut De Pisis. Au-dessus de la mer passent deux oiseaux à peine matérialisés par deux point noirs dans le ciel chargé de nuages.

Rappel biographique : Luigi Filippo Tibertelli dit Filippo de Pisis est un poète et un peintre italien.
Né dans une famille fortunée de l'aristocratie italienne - la famille des marquis Tibertelli descendante d'un condottiere de Pise (d'où le nom qu'il choisit) établie à Ferrare au 16e siècle - il reçoit une éducation à domicile avec des précepteurs et des prêtres, en compagnie de sa sœur, à laquelle il demeure toute sa vie fort attaché. Il s'initie à la peinture avec un maître de  Ferrare, Odoardo Domenichini. Il s'intéresse aussi très tôt à la poésie métaphysique et se fait connaître avec la publication d'une première plaquette de poésie. Cela lui permet d'entrer en relation avec Giorgio de Chirico en 1915 qui exerce une forte influence sur ses premiers tableaux. Il fait également la connaissance du frère de Chirico, Alberto Savinio, et en 1917 de Carlo Carrа. Ce sont les premiers représentants de la peinture métaphysique. Mobilisés, ils sont alors en garnison à Ferrare. Le jeune Pisis les guide dans sa ville natale et le groupe se réunit dans sa demeure familiale. C'est ici que sont exposées les premières œuvres de Chirico. Il entre en correspondance avec Guillaume Apollinaire et Tristan Tzara.
En 1919, Pisis s'installe à Rome où, parallèlement à son métier de professeur de lycée, il commence à peindre, notamment des paysages urbains, des marines et des natures mortes. Le caractère très émotionnel de ses poésies se retrouve dans sa peinture. Il prend conscience de son homosexualité à cette époque et devient aussi ami avec Julius Evola ce qui lui permet de verser dans un certain ésotérisme et de le traduire dans son œuvre. Après avoir écrit de la prose et de la poésie recueillies dans I Canti de la Croara et Emporio en 1916, il commence à écrire en 1920 un essai intitulé La cittа dalle 100 meraviglie, publié à Rome en 1923.
En 1925, il vit à Paris à la recherche de nouvelles inspirations et y demeure jusqu'en 1939. Il est influencé par Manet, Corot, Matisse et le Fauvisme. Il fait une exposition personnelle en1926, à Paris à la Galerie Au Sacre du Printemps, avec une présentation de Chirico. Il écrit des articles pour L'Italia Letteraria et d'autres revues mineures. Il se lie avec le peintre Onofrio Martinelli, déjà rencontré à Rome. Entre 1927 et 1928, ils partagent même un appartement-atelier rue Bonaparte. Il fait alors partie du groupe des Italiens de Paris (italiani di Parigi) qui comprend Chirico, Savinio, Massimo Campigli, Mario Tozzi, Renato Paresce et Severo Pozzati, ainsi que le critique français d'origine polonaise Waldemar George. Ce dernier écrit la première monographie de Pisis en 1928 présentée à l'exposition Appels d'Italie de la Biennale de Venise de 1930. Durant sa période parisienne, l'artiste visite Londres, au cours de trois brefs séjours, et se lie d'amitié avec Vanessa Bell et Duncan Grant. En 1934, la Galerie des Quatre Temps organise une exposition « Les fleurs de Filippo de Pisis ». En mai 1936, il expose cinq tableaux à l'exposition du Jeu de Paume, « Art italien des XIX et XXe siècles ». En mars 1937, il participe à une exposition à la galerie Rive Gauche, intitulée « Epoque métaphysique » avec Max Jacob et Jean Cocteau, dont le catalogue est préfacé par Henri Sauguet.
Entre 1943 et 1949, il s'installe à Venise où il mène une vie dispendieuse et parfois extravagante. Il s'inspire de Guardi et des maîtres vénitiens du XVIIIe siècle. Il fait la connaissance du jeune peintre Silvan Gastone Ghigi (1928-1973) dont il devient le mentor. Il retourne à Paris entre 1947 et 1948 avec Silvan Gastone Ghigi. Filippo de Pisis est alors atteint des premiers symptômes d'athérosclérose. Souffrant depuis très longtemps de violents maux de tête, l'artiste doit être hospitalisé les trois dernières années de sa vie à la Villa Fiorita à Brugherio (au nord de Milan). Il continue pourtant à peindre sporadiquement et meurt en 1956.
Son œuvre peint a été montré deux fois à la Biennale de Venise, la première fois en 1948 avec une trentaine de ses tableaux, la dernière fois à titre posthume. Une grande rétrospective se tient dans sa ville natale en 1996 et une autre au Musée d'art moderne de Turin en 2005. Ses tableaux sont visibles à la Galerie nationale d'art moderne de Rome а côté de tableaux de Giorgio de Chirico, au Palazzo Romagnoli, où sont conservés deux toiles de la Collection Verzocchi (1949-1950), et au Musée de Grenoble où une de ses toiles est conservée ; elles sont essentiellement visibles pour le public au Musée Filippo de Pisis de Ferrare. La plupart de ses œuvres font partie de collections privées.
Une partie plus méconnue de son œuvre comprend des études de nus masculins, témoins poétiques de ses propres affinités sentimentales.
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lundi 10 juillet 2017

Gabriel Fayet (1832-1899)


Gabriel Fayet (1832-1899) 
Nature morte à la  palette, 1880
Musée Fayet - Abbaye de Fontfroide

Que voit on ? une nature morte académique,  très touchante où se trouvent réunit les "accessoires" ou la panoplie du parfait petit peintre : la palette à huile et ses pinceaux fichés dans le trou latéral ; l 'étui à gouache avec ses pinceaux spécifiques et son verre d'eau ; le couteau qui sert ici à étaler la couleur mais qui marque aussi la perspective comme dans les natures mortes classiques ; le carnet à dessin et le crayon ; les pinceaux  plantés dans un pot en porcelaine de Delft. A gauche de la composition : le nécessaire à peindre en extérieur avec le tabouret trépieds pliable (en bas), la besace et le parasol.  

Rappel biographique : Gabriel Fayet, est un peintre français originaire de Béziers. Gabriel Fayet fait partie d'une famille d'artistes emblématique dans le Sud de la France ; son frère Léon Fayet (1826-1880), et son fils Gustave Fayet ont été également peintres, collectionneurs et mécènes. L'actuel Musée des Beaux-Arts de Béziers est d'ailleurs situé dans l'hôtel Fabregat qui fut légué à la ville par la famille Fayet. 

dimanche 9 juillet 2017

Georg Flegel (1566-1638)


(Cercle de...) Georg Flegel (1566-1638) 
Nature morte aux sucreries
Collection privée

Que voit on ?  Sur un  entablement de pierre présentant plusieurs entailles et accidents sur sa tranche et qui sert de seuil à une niche creusée dans un mur, Au premier plan : trois objets et trois fruits. A gauche : un somptueux calice en cristal monté sur un imposant pied en bronze doré finement ciselé et rempli de vin blanc, attestant de la richesse du propriétaire et de son sens des plaisirs. A droite : une coupe en argent finement ciselée et polie dans laquelle sont présentés divers sucreries, pastilles, bonbons et fragments de fruits confits. Au centre : le couteau marquant la perspective, dans le cas précis un couteau au somptueux manche marqueté d'incrustations d'ivoires, d'ébène et de pierres dures de couleurs divers formant un motif géométrique oriental. Autant d'objets qui portent témoignages de l'abondance et de la richesse qui règnent dans cette maison et dont profitent les propriétaires. Les fruits présents sur l'entablement sont : une orange et une demi-orange découpée, au centre de la composition (l'autre moitié d'orange étant absente de la composition) et à droite un demi- citron découpé, symbole de l'amertume de la vie. On note qu'ici ce n'est pas le zeste de citron découpé qui symbolise comme habituellement le Tempus fugit  (Le temps qui passe), mais la moitié de citron manquante. A l'arrière plan de la composition, dans la niche, sur une accumulation de planches à découper et de livres de recettes ou d'intendances : une autre coupe, de facture plus simple, en étain, contient des fruits secs aromatisés au sucre (marrons glacés, châtaignes confites, etc.) ... et non pas du chocolat qui, bien que connu en Espagne et aux Pays Bas Espagnols dès1528, ne l'était que sous la forme de boisson chaude servie avec du lait, de la vanille et du sucre (pour en neutraliser l'amertume) et en aucun cas sous forme de friandises solides.

Rappel biographique : Le peintre allemand Georg Flegel, est un des peintres majeurs de natures mortes des 16e et 17e siècle. Né en Moravie, il déménage à Vienne en 1580 et devient l'assistant de Lucas van Valckenborch peintre et dessinateur.  En tant qu'assistant, son travail consiste à insérer dans les tableaux de son maître, des éléments " décoratifs " tels que des fruits, des fleurs et des ustensiles de table. Flegel et son employeur déménagent ensuite à Francfort, qui à cette époque là était un centre d'art très important. Puis on retrouve Flegel à Utrecht où il fait partie de la très influente Guilde de Saint-Luc qui compte parmi ses membres des grands maîtres de la nature morte tel que Roelandt Savery et Balthasar van der Ast. Georg Flegel a peint exclusivement des natures mortes, dont certaines très fournies, incluent des animaux, familiers et /ou exotiques, de riches mets, du gibier ou du poisson, des ustensiles de cuisine, de la vaisselle en métal précieux et en porcelaine, des fruits et des fleurs et des friandises. D'autres natures mortes qu'il a peintes détaillent avec la même richesse et le même soin quelques fruits, des coins de table ou des petits déjeuners, des goûters ou des collations modestes avec des bretzels aux formes étranges trempés dans du schnaps. Il fit école et eut parmi ses élèves ,ses deux fils, Friedrich et Jacob  Leonhard, ainsi que le peintre floral Jacob Marrel.

samedi 8 juillet 2017

Antônio-Firmino Monteiro (1855-1888)

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Antônio-Firmino Monteiro (1855-1888)
Natureza-morta,1885
Museu Afro Brasil,  Sao Paulo

 Que voit on  ?  Le fond de la composition est occupé, dans la partie inférieure,par une précieuse pièce de dentelle noire (mantille ou fragment de costume) et dans la partie supérieure par un drapé de couleur rose qui est un autre élément du même costume saisi en gros plan. Sur ces pièces de tissus précieux, trois objets attendent : un tambourin, une éventail orné d'une peinture japonisante, et une paire de castagnettes - l'une émettant un son plus grave (la macho) que l'autre (la hembra) - avec leur caractéristique cordon rouge et pompon qui relient entre elles les deux oreilles (orejas).  Il s'agit donc du détail d'un costume et des accessoires d'une danseuse de flamenco sans doute observée lors de l' unique et bref voyage du peintre en Europe et rendu dans un cadrage et une architecture qui aurait pu facilement inspirer Manet.

Rappel biographique : Antonio Firmino Monteiro  était un peintre brésilien du 19e siècle. Issu d'un famille très pauvre et d'origine africaine,  il dut travailler dès son plus jeune  âge comme commis chez un relieur-imprimeur avant de pouvoir être admis à l'Académie impériale des Beaux-Arts, où ses professeurs furent Vítor Meireles, Agostinho José da Mota et Zeferino da Costa. Antonio Firmino Monteiro a peint principalement des paysages et des scènes pittoresques de Rio de Janeiro  et de sa région. L'un des rares voyages qu'il fit dans sa vie a eu lieu en Avril 1880, et l'a conduit en Europe grace à l'aide financière direct de l'empereur du Brésil Pedro II qui protégeait son talent. Il en revint  en proposant à l'Académie,  toute une série de paysages, natures mortes et portrait animaux qui ne lui permirent cependant pas de remporter le Premier prix si convoité. C'est en participant à toutes les éditions de l'Exposition générale des Beaux-Arts entre 1879 et 1884, qu'il reçut enfin une médaille d'or, et le Prix de l'Ordre du Chevalier Rose, pour une de ses compositions qui mettait en scène un vendeur de bonbons, de  journaux et d'allumettes.  Ce prix qui offrait à un peintre la légitimité professionnelle dans un pays très sensible à la reconnaissance officielle, lui permit de faire une carrière honorable et de peindre plusieurs commandes pour le palais impérial de Petropolis.

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vendredi 7 juillet 2017

Johann Georg Hinz (1630-1688) - Nature morte au nautile


Johann Georg Hinz (1630-1688)
Nature morte au nautile
Collection privée


Que voit on ? Ce peintre, célèbre pour sa toile Le Cabinet de Curiosité, a peint énormément de natures mortes dont la majorité comportent des nautiles comme éléments centraux. Celle-ci n'échappe pas à la règle bien que le magnifique nautile blanc présenté ici (à l'extrémité d'une statuette d'ivoire vêtue d'une écharpe de terre cuite) soit noyé dans une foule d'autres éléments comme la somptueuse aiguière sculptée et ornée de figurines en terre cuite ou le verre de bière à gauche du cadre). On n'en oublierait presque aussi l'extraordinaire profusion de fruits présentés à la fois dans un simple panier d'osier tressé (pêches, raisins, pommes, oranges), sur un plateau d'argent (grenades) ou à même un somptueux drapé de velours de soie de couleur vert bronze, pour ces figues oblongues et mûres à souhait. Dans cette ode fournie à l'abondance et à la richesse, le nautile apparait bien comme l'élément central, se détachant de l'ensemble par sa blancheur et l'extraordinaire dessin abstrait en points, virgules et étoiles noires de sa coquille.

Rappel biographique  :  Très peu de renseignements sur le peintre Johann Georg Hinz qui signait Hainz, Heintz ou Hintz, si ce n'est qu'il était originaire de Hambourg.  Hinz est considéré comme le tout premier et le plus important peintre de natures mortes de l'Ecole de Hambourg. Son travail atteste de sa parfaite connaissance des maitres Néerlandais qu'il est supposé avoir connu à Amsterdam et Haarlem. Il fut renommé pour ses natures mortes d'apparats, ses trompes l'oeil, et ses compositions florales.

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jeudi 6 juillet 2017

Fernand Léger (1881-1955) - La grappe de raisin



Fernand Léger (1881-1955)
La grappe de raisin  (1927)
Collection Privée

Que voit on ? Au centre d'un décor constructiviste  où voisinent allègrement éléments de langage mathématique (équerre, règle graduée, niveau)  apparait bien une grappe de raisins... très verts. Ici et là : des feuilles qui sont tout sauf des feuilles de vignes. Sur la gauche et la droite de la composition : des formes géométriques abstraites que Miro aurait pu facilement inspiré.
Une nature morte très attachante de Léger, peinte assez tôt dans sa carrière et qui n'est pas encore prisonnière des tiques picturaux du maître... bien que le sur-lignage au trait noir soit ici omniprésent !

Rappel Biographique : le peintre français Fernand Léger fut aussi créateur de cartons de tapisseries et de vitraux, décorateur, céramiste, sculpteur, dessinateur, illustrateur. Il a été l’un des premiers à exposer publiquement des travaux d’orientation cubiste. Cet amoureux du modernisme, du machinisme et de l'industrie, va peindre énormément de natures mortes tout au long de sa carrière. Déjà remis au goût du jour par les cubistes, "le genre traditionnel de la nature morte est réinterprété par Léger par le biais de sa théorie de l’objet. Tandis que les surréalistes l’intègrent à leurs œuvres pour sa charge symbolique, lui l’utilise comme point de départ d’une formulation plastique. La nature morte sert de prétexte à l’affirmation radicale de la valeur plastique de l’objet" (voir texte de référence :« Un nouveau réalisme, la couleur pure et l’objet », extrait d’une conférence au MoMA, New York, 1935).

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mercredi 5 juillet 2017

Fairfield Porter (1907-1975) - The collection


Fairfield Porter (1907-1975) 
The collection, 1959
MoMA

Que voit on ? Un entablement de salle à manger très surchargé ,sans doute au moment du petit déjeuner. Un repas pour deux si l'on en juge par les deux assiettes (vides) aux extrémités droite et gauche de la composition.  Un seul verre d'eau cependant... et trois oranges. Le moule à gâteau est vide de tout contenu, déjà ingurgité. La scène est prise à la fin du repas. Une brique de lait en carton trône à côté du bouquet de lilas blanc et bleu, l'élément central,  central qui embaume cette matinée d'été. Une poussette montre le bout de son nez de l'encadrement de la porte et atteste de la présence d'un nouveau né dans ce foyer. Dehors le jaune insolent du soleil...

Rappel biographique :
 Fairfield Porter était un peintre et critique d'art américain, frère du photographe Eliot Porter. C’est en étudiant à Harvard, que Porter décida de se spécialiser dans les beaux-arts et de poursuivre, après son déménagement à New York en 1928, ses études à l'Art Students League. Son passage à l’Art Students League le formate plus ou moins pour produire un travail réaliste. Il sera d’ailleurs beaucoup critiqué et à la fois vénéré pour s'être obstiné dans ce style réaliste à une époque où  l'expressionniste abstrait battait son plein dans le monde. Les sujets des tableaux de Porter sont principalement des paysages, des intérieurs, quelques natures mortes et beaucoup de portraits. Portraits de famille, portraits d'amis et de collègues artistes, dont beaucoup étaient affiliés à l’école littéraire de New York, comme John Ashbery, Frank O'Hara ou James Schuyler. Un grand nombre de ses peintures ont été réalisées dans ou autour de sa maison estivale de famille à Great Spruce Head Island, dans le Maine et dans sa maison de famille citadine à New York. Sa vision picturale englobe à la fois une réelle fascination pour la nature et la capacité de révéler tout ce qu’il peut y avoir d’exceptionnel dans la vie ordinaire.  Très influencé par les peintres français Pierre Bonnard et Edouard Vuillard, il a même écrit   " Quand je peins, je pense que ce qui peut me satisfaire est d'exprimer au mieux ce que Renoir conseillait à Bonnard : «  Rendre tout plus beau » ".


mardi 4 juillet 2017

Estêvão Silva (1844-1891)


Estêvão Silva (1844-1891)
Natureza morta, 1891
Museu Afro Brasil,  Sao Paulo

 Que voit on ? Posé sur un entablement recouvert d'un linge en velours rouge-bordeaux, et sur un fond de drapé blanc, un panier en osier tressé dans lequel quatre énormes oranges sont présentées. Elles viennent d'être arrachées de l'arbre comme l'attestent les branches cassées qui les habillent encore. Certaines ne sont pas tout à fait mûres, ce qui peut donner une indication sur la saison. Sur l'entablement même : deux autres oranges semblent avoir chu du panier. Une des deux se noie dans la pénombre... les couleurs sont somptueuses et transportent immédiatement le spectateur sous les tropiques. d'où elles proviennent.

Rappel biographique : Stephen Roberto da Silva plus connu sous le nom d' Estêvão Silva est né et mort  au Brésil. Peintre, dessinateur et professeur, il eut une importance majeure dans son pays dans la seconde moitié du 19e siècle. Premier éminent peintre d'origine africaine diplômé de l'Académie impériale des Beaux-Arts du Brésil, il fut célèbre pour ses natures mortes, dont il est considéré comme l' un des plus grands maîtres brésilien. A l'Académie impériale des Beaux-Arts de Rio de Janeiro, il fut été très influencé par son professeur Agostinho José da Mota, le tout premier peintre de natures mortes brésiliennes. Dans les années 1880, il se joint au groupe Grimm, renforçant la proposition novatrice de ses membres : l'étude de la nature par l' observation directe et la peinture en plein air.

lundi 3 juillet 2017

James Dickson Innes (1887–1914)


James Dickson Innes (1887–1914)
Still Life, watercolor, 1900
National Museum Cardiff

Que voit on ?  Une feuille de papier un peu déchirée, posée sur un entablement de bois. Sur la feuille de papier : trois flacons en verre de formes différentes et qui semblent avoir contenu ou contenir encore des produits pharmaceutiques et des potions. Une nature morte pharmaceutique en quelque sorte, dont il existe très peu d'exemples. Celle ci très dépouillée et d'un grand modernisme a été peinte au tournant du 19e et du 20e siècle.

Rappel biographique :  James Dickson Innes est un peintre britannique, principalement connu pour ses paysages de montagnes mais aussi parfois pour ses portraits personnages. Travaillant aussi bien à l'huile qu'à l' aquarelle, il a peint très peu de natures mortes (moins de cinq). Innes était un personnage très inhabituel dans le monde artistique britannique de son époque, et ceci principalement en raison de son style plus proche de celui des post-impressionnistes français que de celui de ses contemporains anglais. Très longtemps sous estimé et marginalisé, il a été largement réhabilité par les critiques d'art qui ont considéré qu'il avait eu une influence majeure  sur des artistes britanniques tels que David Hockney. En 2014, une exposition des oeuvres d'Innes a été organisée au Musée national du Pays de Galles, à Cardiff, musée qui conserve la majeur partie de son oeuvre. 

dimanche 2 juillet 2017

Pierre Tal-Coat (1905-1985) - Nature morte à la coupe de fruits


 Pierre Tal-Coat (1905-1985)
 Nature morte à la coupe de fruits 
 Collection privée 

Que voit on ? Posée sur table carré bicolore de cuisine un grand saladier dans lequel sont entreposées des poires et esquissés quelque autre fruit impossible à identifier.  Un cafetière en metal émaillé vert et jaune ferme la composition à droite.  Dans le fond des vrilles noires  jetés sur la toile, sèment la confusion entre des fragments d'instruments de musique reposant contre la table.

Rappel biographique : Le peintre, graveur et illustrateur français Pierre Tal Coat (pseudonyme de Pierre Jacob pour éviter l'homonymie avec Max Jacob quimpérois comme lui), apparenté au mouvement de l'École de Paris Avec les artistes de ce mouvement, il exposa régulièrement à  la Galerie de France (de 1943 а 1965), dans les  galeries Maeght (de 1954 а 1974), Benador (de 1970 à 1980) puis à  la galerie H-Met , la galerie Clivages. En 1956, seize de ses peintures furent présentées à la Biennale de Venise. Aux côtés de Joan Miro et de Raoul Ubac, il collabore en 1963 aux réalisations pour la Fondation Maeght de Saint-Paul de Vence d'une mosaïque pour le mur d'entrée.
En 1968 le Grand Prix national des arts.
Une grande exposition rétrospective lui fut consacrée au Grand Palais à Paris en 1976.
А partir de 1961, Tal Coat s'installа  à la Chartreuse de Dormont  près de Vernon (Eure), où il finira sa vie. Tal Coat a illustré de nombreux livres d'art avec des gouaches, dessins, pointes sèches ou aquatintes, notamment de nombreux ouvrages d'André du Bouchet, Pierre Schneider, Pierre Torreilles, Philippe Jaccottet, Claude Esteban , Maurice Blanchot, Pierre Lecuire, Jacques Chessex...
Tal Coat a peint une série importante de natures mortes, toutes réalisées en 1942, en pleine guerre, alors qu'il se trouvait réfugié à Aix-en-Provence. De toutes ces peintures très dépouillées et exécutées avec une grande économie de moyens, il se dégage une grande force.

samedi 1 juillet 2017

Renato Guttuso (1911- 1987) - Angurie 1



Renato Guttuso (1911- 1987)
Angurie
Museo communale de la Villa Cattolica

Que voit on ? L'un des thèmes favoris de ce grand peintre sicilien contemporain, les pastèques, traitées ici avec un certain goût de l'anthropomorphisme, certaines tranches adoptant en effet des expressions très humaines ((sourire, tristesse, étonnement...)  

Rappel biographique : Renato Guttuso est une figure extrêmment importante de la peinture italienne contemporaine, représentant du réalisme pendant les périodes fasciste et communiste de l'histoire italienne. Résistant, antifasciste, très tôt engagé aux côtés des communistes,  l'art de Guttuso transcende toute considération politique et bien que faisant constamment référence à une identité sicilienne, se situe aux antipodes du régionalisme.
Après ses études, dans ses premières toiles, sous l'influence de l'expressionnisme, apparurent de plus en plus souvent des motifs typiquement siciliens (comme les citronniers ou les oliviers) mais aussi une atmosphère de solitude mythique, insulaire, qui culmina en 1931 dans une exposition collective de six peintres siciliens accueillis par la critique comme « une révélation, une affirmation de l'identité sicilienne. » А Palerme, Guttuso s'installa dans un atelier sur le Corso Pisani et, avec l'artiste peintre Lia Pasqualino et les sculpteurs Barbera et Nino Franchina, il forma le Gruppo dei Quattro (groupe des Quatre).   Puis ce fut durant son long séjour de trois ans à Milan que murit l'« art social » de Guttuso, dont l'engagement politique se manifesta de plus en plus nettement dans les oeuvres de cette époque, Fucilazione in Campagna, qu'il dédia à Garcia Lorca, et les deux versions de la Fuga dall'Etna (1938-1939). Peu après, il emménagea а Rome, Via Margutta, où son caractère exubérant lui valut le surnom de « Sfrenato Guttuso », l'« Effréné ». Proche des artistes les plus représentatifs de son temps, L'oeuvre qui lui assura la célébrité sur fond de controverses avec l'Eglise catholique comme avec le Parti fasciste, fut La Crocifissione (1941), où le thème religieux sert de prétexte pour dénoncer les horreurs de la guerre.
Durant toute la période du conflit mondial, Guttuso travailla sans relâche, multipliant les natures mortes ponctuées d'humbles objets quotidiens, les vues du golfe de Palerme et une suite de dessins intitulés Massacri, diffusés clandestinement, qui dénonçaient les exactions de l'armée nazie.
En tant qu'opposant au fascisme, Guttuso rejoint le Parti communiste italien dès 1940 et participe à la Résistance des partisans italiens contre l'armée allemande à partir de 1943. Fidèle à ses convictions, il choisit les funérailles de Palmiro Togliatti pour sujet de l'un de ses tableaux, I funerali di Togliatti (1972), qui devait prendre valeur de manifeste politique. Dans une logique similaire, en 1971, il fit partie des 800 intellectuels qui signèrent dans l'hebdomadaire L'Espresso un document accusant de meurtre le commissaire Luigi Calabresi.
Enfin, Guttuso était un adversaire déclaré et engagé de la Mafia.
En 1972, l'URSS lui décerna le Prix Lénine pour la paix, équivalent soviétique du Nobel. En 1976, il fut élu au Sénat italien dans les rangs du PCI pour représenter la ville de Sciacca, située dans la province d'Agrigente. Seul depuis la mort de son épouse, Guttuso, selon le témoignage de Giulio Andreotti, se rapprocha du catholicisme, religion dont il avait partagé à sa façon les valeurs humanistes. Il légua de nombreuses œuvres а sa ville natale de Bagheria, aujourd'hui rassemblées au musée communal de la Villa Cattolica.