mardi 17 octobre 2023

Claude Monet (1840–1926) - Nature morte au faisan


Claude Monet (1840–1926) Nature morte au faisan, 1861 Huile sur  oile, 104 x 75 cm. Musée des Beaux-Arts, Rouen


Claude Monet (1840–1926)
Nature morte au faisan, 1861
Huile sur  toile, 174 x 228 cm.
Musée des Beaux-Arts, Rouen

 

Que voit-on ? Cette nature morte, peinte vers 1861, est une des plus anciennes œuvres conservées de Claude Monet. Dans ses premières années le jeune artiste s’intéresse en effet tout spécialement à ce genre qu’il poursuivra par la suite, sans toutefois y prêter un intérêt particulier. Ce tableau doit être mis en rapport avec le superbe Trophée de chasse (Paris, Musée d’Orsay), daté de 1862, où Monet se révèle très marqué par son aîné le peintre animalier Constant Troyon, pour qui il ne cache pas son admiration lors du Salon de 1859 ; l’œuvre est aussi largement influencée dans sa composition par les grandes natures mortes de Chardin, Le Chien courant ou Le Buffet et surtout Le Faisan. Le tableau de Rouen est certes d’ambition plus modeste mais le grand rideau vert foncé que Monet utilise en fond et le rebord sculpté de la table au premier plan appartiennent au même répertoire décoratif. On retrouve d’ailleurs la corne à poudre avec son cordon vert tel qu’elle apparaît dans le Trophée de chasse. Cette importance donnée à l’accessoire révèle un goût pour le pittoresque que l’on remarquait chez Rousseau, mais dont Monet se libérera très vite pour aborder des sujets moins faciles comme le Quartier de viande (Paris, Musée d’Orsay) qui est un vrai morceau de peinture dans la lignée du Bœuf écorché de Rembrandt. Le jeune artiste révèle son talent naissant dans le somptueux traitement du plumage du faisan. La technique est libre et fougueuse, la touche rapide laisse apparaître la toile par endroits ce qui suggère le volume du jabot et le soyeux des plumes.

Rappel biographique : le peintre français Claude Monet, l'un des fondateurs de l'impressionnisme, est surtout connu pour ses paysages et ses portraits. " La couleur, disait-il " est mon obsession quotidienne, ma joie et mon tourment ". Claude Monet est l’un des fondateurs de l'impressionnisme. En 1859, il part à Paris tenter sa chance sur le conseil d'Eugène Boudin. Après des cours à l'académie Suisse puis chez Charles Gleyre et la rencontre de Johan Barthold Jongkind, le tout entrecoupé par le service militaire en Algérie, Monet se fait remarquer pour ses peintures de la baie d'Honfleur. En 1866, il connait le succès au Salon de la peinture. Toute cette période est cependant marquée par une grande précarité. Il fuit ensuite la guerre de 1870 à Londres puis aux Pays-Bas. Dans la capitale anglaise, il fait la rencontre du marchand d'art Paul Durand-Ruel qui lui assurera sa principale source de revenu pendant le reste de sa carrière. Revenu en France, la première exposition des futurs impressionnistes a lieu en 1874. À partir de 1890, Monet se consacre à des séries de peintures, c'est-à-dire qu'il peint le même motif à différentes heures de la journée, à diverses saisons. Il peint alors parfois des dizaines de toiles en parallèle, changeant en fonction de l'effet présent. La fin de sa vie est marquée par une maladie, la cataracte, qui affecte son travail.
Monet peint devant le modèle sur l'intégralité de sa toile dès les premières ébauches, il retouche ensuite de nombreuses fois jusqu'à ce que le résultat le satisfasse. Contrairement à ce qu'il affirme, il termine la plupart de ses toiles en atelier, prenant modèle sur les premières peintures d'une série pour peindre les autres. D'un caractère parfois difficile, prompt à la colère comme au découragement, Claude Monet était un grand travailleur qui n'hésitait pas à défier la météo pour pratiquer sa passion. Monet résume sa vie ainsi de la meilleure manière : « Qu'y a-t-il à dire de moi ? Que peut-il y avoir à dire, je vous le demande, d'un homme que rien au monde n'intéresse que sa peinture - et aussi son jardin et ses fleurs ».

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samedi 14 octobre 2023

Wayne Thiebaud (1920-2021) -Two Jolly Cones

Wayne Thiebaud (1920-2021) Two Jolly Cones, 1985 Private collection


Wayne Thiebaud (1920-2021)
Two Jolly Cones, 1985
Private collection 

 Que voit on? Deux cônes glacés sujet que Thiebaud peignit beaucoup. Ici l'un est à l'effigie d'un clown triste et l'autre d'un clown rieur. Une nature morte à la fois ludique et philosophique.

Rappel biographique : Le peintre américain Wayne Thiebaud, dont une célèbre toile avait été publiée au début de ce blog en 2014, est un artiste discret, de plus en plus considéré comme un des artistes majeurs du mouvement hyper-réaliste et comme le précurseur du Pop Art.
Le travail de Wayne Thiebaud se caractérise par des peintures d'objets alimentaires de grande consommation, comme des pâtisseries, de la fast food ou des objets de consommation courantes vues dans dans les vitrines des cafétérias ou dans le rayons des grands magasins.  Son premier emploi  fut un job de serveur à Long Beach, dans le café « Mile High and Red Hot » (Glace et hot-dog) qui le amrqua durablement !  Son intérêt pour les objets du quotidien, confondus ensuite avec ceux de la culture de masse, associa immmédiatement son nom au mouvement du Pop-Art. Une fois éteint le tapage médiatique autour du pape supposé  du pop art (Andy Warhol), on remarqua - non sans stupeur - que les œuvres de WayneThiebaud, effectuées dans les années 50 et 60 étaient légèrement antérieures à celles de Warhol et des autres artistes de ce mouvement, mais n'en portaient pas encore le nom ! De là à lui attribuer une influence définitive comme précurseur dumouvement, il n'y avait qu'un pas qui, aujourd'hui, est enfin franchi avec justice !
Outre les pâtisseries, Wayne Thiebaud,a également peint des paysages, des rues, ainsi que des personnages populaires, comme Mickey. Certaines de ses toiles récentes, comme Sunset street (1985) ou Flatland river (1997) sont remarquables pour le traité hyper réaliste, et se rapproche du travail d'un Edward Hopper, qui était tout aussi fasciné par ces scènes du quotidien américain.
Dans sa peinture, Wayne Thiebaud se concentre sur la banalité de façon à suggère l'ironie et la distance vis-à-vis de son sujet.
Wayne Thiebaud,se considère comme un peintre, mais paradoxalement pas comme un artiste. C'est un lecteur vorace, qui a l'habitude de lire de la poésie, celle de son poète préféré William Carlos Williams par exemple, à ses élèves.
En septembre 2010, alors qu'il fêtait son 90e anniversaire,  Wayne Thiebaud, réalisa un dessin pour le 12e anniversaire de Google qui l'afficha sur sa page d'accueil. Le dessin était exécuté dans le style bien reconnaissable de Wayne Thiebaud, et montrait un gâteau sur lequel est écrit Google et où le "l" était remplacé par une bougie.

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mercredi 11 octobre 2023

Bartolomeo Bimbi (1648-1730) - Uva

Bartolomeo Bimbi (1648-1730), Uva Huile sur bois, 110x130cm Villa de Poggio, Caiano


Bartolomeo Bimbi (1648-1730),
Uva
Huile sur bois, 110x130cm
Villa de Poggio, Caiano

Que voit on ? Ce que le titre décrit : des raisins à profusion et surtout dans toutes les variétés possibles. Sur la feuille de papier à droite du cadre les différentes variétés sont répertoriées.... car il fut un temps où il y avait une multiplicité de fruits différents dans un même espèce. Ce n'est plus le cas ...

Rappel biographique : Bartolomeo Bimbi fut un peintre italien de natures mortes qui a été actif à la fin du 17e et au début du 18e siècle. Il fut l'élève de Lorenzo Lippi et d'Onorio Marinari, et à Rome de Mario de'Fiori. Bimbi a, en partie, perpétué la tradition de Jacopo Ligozzi, mais fut initié à la peinture des fleurs par Agnolo Gori qui le présenta à Cosme III et au prince Ferdinand de Médicis. À partir de 1685, il exécuta pour ce dernier de nombreuses œuvres de tableaux d'animaux, de fleurs, de fruits,  et de jégumes, représentations d'après nature, d'une extrême précision scientifique. Pour cela il utilisait le savoir de spécialistes comme Redi, qui analysait les nouvelles espèces apportées à l'artiste pour être peintes et accrochées dans les villas médicéennes.
Les nombreuses commandes de ses clients encouragèrent la réalisation de grands tableaux de la faune pour la Villa Medicea dell'Ambrogiana, de la flore pour la Villa Medicea di Castello et des fruits pour le pavillon de chasse de la Topaia, sur les hauteurs de la résidence du Castello.
Aujourd'hui, la plupart de ses œuvres se trouvent dans le musée de la nature morte qui occupe le second et dernier étage de la Villa médicéenne de Poggio a Caiano. Elles témoignent d'une exceptionnelle « biodiversité » de la Toscane de jadis, et reproduisent avec précision, même les défauts dus aux maladies et aux parasites. Elles font l'objet de recherches historico-botaniques par le Conseil national de la recherche et de diverses universités qui souhaitent sauvegarder des espèces menacées d'extinction ou de récupérer des variétés horticoles disparues.


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dimanche 8 octobre 2023

Pieter Claesz (1597-1661) - Nature morte avec du fromage vieilli dans un panier, du hareng, des oignons et du pain sur une serviette blanche


Pieter Claesz (1597-1661) Stilleven met oude kaas in mand, haring, uitjes en brood op een wit servet, 1625 Nature morte avec du fromage vieilli dans un panier, du hareng, des oignons et du pain sur une serviette blanche Huile sur panneau, 48 cm x 67.5 cm Collection privée en dépôt au Frans Hals Museum, Haarlem


Pieter Claesz (1597-1661)
Nature morte avec du fromage vieilli dans un panier, du hareng, des oignons et du pain sur une serviette blanche, 1625
Stilleven met oude kaas in mand, haring, uitjes en brood op een wit servet, 1625
Huile sur panneau, 48 cm x 67.5 cm
Collection privée en dépôt au Frans Hals Museum, Haarlem

 Que voit on ? Un chef d'œuvre absolu d'un des plus grands maîtres de nature morte que l'Europe ait produit. Tout est décrit dans le titre en quelques mots qui sont en réalité un luxe de détails.


Rappel biographique : Le peintre Pieter Claesz ou Pieter Claesz Van Haarlem (du nom de la ville ou il fut le plus actif), dont ce blog a posté déjà de nombreuses natures mortes, est un des plus grands représentants de la nature morte hollandaise de l'époque baroque, un maître auquel la plupart des peintres de natures mortes se sont référés à un moment ou a un autre de leur carrière. Willem Claeszoon Heda avec lequel on peut le confondre tant celui ci s'inspira de Pieter Claezs jusqu'à signer ses tableaux de son prénom abrégé (Claez), il fut l’un des peintres les plus importants de ce genre très diversifié qu'est la nature morte.
Bien que très construites et obéissant a un style très défini, une évolution dans la composition des natures mortes de Claez est perceptible. Si, au début, il disposait fréquemment les objets en croix ou dans une diagonale rigoureuse, par la suite il utilisa beaucoup plus le chevauchement des objets, ce qui crée une plus grande profondeur. En outre, au cours de sa vie, il élargit son point de vue et la vue latérale sur la table de la nature morte devient plus fréquente que la vue en plongée.
Claesz, souvent, utilisa les mêmes objets dans ses natures mortes : un couteau avec un lourd manche en nacre, une bouteille de verre brun, des assiettes en étain et des cruches à col de cygne, ainsi que de fin coquillages des porcelaines importés de Chine. On retrouve ces éléments d'une nature morte à l'autre, on les reconnait comme des objets familiers. Souvent, un verre est représenté couché, ce qui confère une certaine tension à la composition.
Si, au début de sa carrière, Claesz utilisait assez souvent des couleurs vives, il adoucit considérablement sa palette par la suite, employant des couleurs presque monochromatique et conférant ainsi à ses tableaux une atmosphère plus intimiste.
L’utilisation qui est faite de la lumière et de l’ombre par Claesz est remarquable. Il donner un tel rendu des textures par l'effet de la lumière sur les surfaces, que l'on peut reconnaître immédiatement une assiette en étain d’une assiette en argent, un roemer d'un pot en céramique. Cette maîtrise dans le traitement de la matière et des textures (les reflets du vin dans les verres sont des effets de pur génie !) est une caractéristique partagée par plusieurs peintres néerlandais du 17e siècle. C'est ce qui fait leur spécificité..
Claesz, avec Heda, fut à l’origine d’une véritable école de la nature morte, donnant à ce genre un statut véritablement noble. À partir de 1628, une sérieuse concurrence apparaît à Haarlem entre Pieter Claesz et Willem Claeszoon Heda, lequel s’inspirait fortement de lui et le suivait de près dans toutes ses innovations.
Nicolaes Berchem, le fils de Claesz, fut quant à lui un peintre de paysage très réputé.
En 2004/ 2005, une exposition itinérante rassemblant quarante-cinq œuvres de Claesz fut montée et présentée au Musée Frans Hals à Haarlem, ensuite au Kunsthaus de Zurich, et enfin au National Gallery of Art de Washington.

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jeudi 5 octobre 2023

Pompei - Nature morte au figues, poires et grenades.

Pompei Nature morte au figues, poires et grenades. Fresque de la Maison des Amants Chastes Musée national archéologique de Naples

Pompei
Nature morte au figues, poires et grenades.
Fresque de la Maison des Amants Chastes
Musée national archéologique de Naples

Que voit-on? Sur l'étagère soigneusement rangées deux grenades, deux poires et trois figues. Au niveau inférieur un jeune et fringuant coq qui picore allègrement une grenade dérobée.

Rappel historique : Pline l'Ancien raconte que dans la Grèce antique, le peintre Piraikos qui vivait au 3e siècle avant notre ère, vendait déjà fort cher ses " Provisions de cuisine ", des tableaux de chevalets représentant des victuailles ou des instantanés d'échoppes de cordonniers et de barbiers. Dans la hiérarchie des genres picturaux d'alors, ces représentations de provisions de cuisine sont déjà considérées comme un genre mineur... et  elles le resteront pendant de longs siècles... au moins jusqu'à Chardin, si ce n'est jusqu'à Cézanne. Genre mineur donc, loin derrière les sujets religieux, les portraits et les paysages, mais genre que les commanditaires s'arrachent pourtant !
Le grec Piraikos reste le plus célèbre des peintres de ce genre. Hélas, aucun exemple n'est parvenu jusqu'à nous de ces peintures des menus objets du quotidien par Piraikos,  peinture que l'on nommait à cette époque Rhyparographie .
A la même époque, un autre peintre grec, Zeuxis rivalisait avec la nature au point que des oiseaux voulaient picorer les raisins qu'il peignait et qu'il passe être l'inventeur du réalisme et  de l'illusionnisme, pour ne pas dire du premier trompe-l'oeil. Il faut là encore faire confiance au récit de Pline l'Ancien, car aucun exemple de cet art ne nous est parvenu.
Les premières natures mortes connues du monde occidental sont des fresques et des mosaïques du 1er siècle de l'ère chrétienne, provenant de Campanie (Herculanum et Pompéi) ou de Rome. Elles sont exécutées dans un style réaliste et illusionniste : fruits veloutés, poissons et volailles posés sur une marche de pierre ou sur deux étagères d'un garde manger, généralement en trompe l'œil avec des ombres portées, ou quelquefois dans des coupes en verre avec des transparences subtiles.
Ces peintures évoquent le xenion antique, un cadeau fait de denrées qu'un hôte doit offrir à ses invités. Pourtant la nature morte de l'Antiquité possède une autre ambition que celle du seul plaisir mimétique. Comme le précise Charles Sterling : « Il est clair que les natures mortes hellénistiques et romaines qui représentaient des mets prêts à être consommés comportaient une allusion épicurienne ». On trouve ainsi assez fréquemment des mosaïques de natures mortes et des vanités dans les atriums d'été romains, où les convives invités aux repas étaient ainsi encouragés à cueillir le jour qui passe, Carpe diem selon la célèbre formule d'Epicure, à profiter de la vie tant qu'il était encore temps de le faire. Une déclinaison plus sophistiquée de la tradition égyptienne pharaonique qui voulait que l'on fît passer un cadavre devant les convives avant de commencer un repas pour leur rappeler l'impermanence de la vie !  Les natures mortes garderont tout au long des siècles jusqu'à nos jours,  cette signification épicurienne.
 
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lundi 2 octobre 2023

Henri Le Sidaner (1862-1939) - Le Guéridon rouge


Henri Le Sidaner (1862-1939) Le Guéridon rouge Huile sur toile, 100 x 81cm Musée de la Charteuse, Douai



Henri Le Sidaner (1862-1939)
Le Guéridon rouge
Huile sur toile, 100 x 81cm
Musée de la Charteuse, Douai

Que voit on ? Un bouquet de fleurs dans un vase dont l'élaboration semble avoir été interrompue par une urgence soudaine, plusieurs fleurs coupées gisant à même le guéridon et le sol. Un thème cher à ce maitre délicat de l'impressionnisme.

 Rappel biographique : Le peintre français post impressionniste Henri Le Sidaner fut ami de Claude Monet et élève aux Beaux Arts de Paris de Cabanel qu'il soutint toute sa vie. C'est à partir de l'année 1900 qu'il se consacre à une peinture intimiste dont il exclut systématiquement toute figure humaine : jardins déserts, tables servies pour d'hypothétiques hôtes et présentant de magnifiques natures mortes (qui disent rarement leur nom,) campagnes solitaires expriment une vision silencieuse et paisible, nimbée de mystère. Son succès ne se démentira pas de son vivant. Dans la recherche de l'instant intime, de « l'arrêt sur image », les toiles que Le Sidaner peint à Gerberoy où il habite à partir de 1900, dépeignent une incomparable douceur de vivre en même temps qu'elles déclinent selon l'heure et la saison des accords chromatiques variés. A partir de l'été 1903 c'est le début des motifs d'intérieur à la fenêtre ouverte et des tables de jardin, des crépuscules... À l'aide d'un soigneux arrangement de nature morte, le peintre décline harmonieusement la sensation du « temps qui s'arrête ». C'est ce qui lui a souvent valu d'être comparé à Marcel Proust dans le domaine de la littérature.


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vendredi 29 septembre 2023

Maruyama Ōkyo (1733 – 1795), Ink and color sketches on two handscrolls

Maruyama Ōkyo (1733-1795), Ink and color sketches on two handscrolls (1771-72) Chiso Compagny collection



Maruyama Ōkyo (1733-1795),
Ink and color sketches on two handscrolls (1771-72)
Chiso Compagny collection


Rappel biographique : Maruyama Ōkyo  / 円山 応挙, de son vrai nom Maruyama Masataka, noms de pinceau Sensai, Isshō, Kaun, Untei, Senrei, Rakuyō-Sanjin et Seishūkan), est un peintre japonais du 18e siècle, fondateur de l'école Maruyama, devenue, ensuite, Maruyama-Shijō. Dès l'âge de six-sept ans, à Kyoto, il entre dans l'atelier d'Ishida Yūtei (1721-1786), peintre de l'École Kanō. Il acquiert une grande maitrise dans le maniement du pinceau, tout en poursuivant parallèlement une bonne formation classique, comme le prouvent ses multiples copies d'anciens. Selon Christine Guth, « il apprit la perspective et le clair-obscur -dans les estampes coloriées à la main- que l'on produisait dans la ville chinoise de Suzhou et qui arrivaient au Japon via Nagasaki »1. Il les adopta pour réaliser des estampes utilisées comme "images de lunettes". Tôt amené à gagner sa vie, il réalise, en effet, ces megane-e : des vues plus ou moins "stéréoscopiques" permettant à plusieurs images de se fondre en une seule vue par un jeu d'optiques. C'est pendant l'ère Hōreki (1751-1764) que les Hollandais importent ce dispositif qui fait fureur. Il s'agit de dessins (pour les Hollandais ou d'estampes comme celles réalisées par Maruyama) qu'on place dans une boîte en bois munie d'une lentille convexe et d'un miroir incliné à 45°. Ce dispositif permet, à la fois, d'agrandir l'image et de créer un effet de profondeur. Ōkyo est appelé à en accroître le répertoire pour le compte d'un marchand de curiosités de Kyoto, vers 1760, et il en subsiste encore aujourd'hui un nombre considérable. C'est le genre du megane-e. On se met à fabriquer ces instruments, au Japon, de proportions réduites par rapport aux boîtes des Hollandais, ce qui rend leur manipulation aisée. Maruyama réalise ainsi un grand nombre de gravures dans lesquelles il a recours à la perspective occidentale, comme cette vue devant le Théâtre de Kabuki, dans le quartier de Sijō, vers 1759, ou l'Ishiyama-dera, avant 1795.L'esthétisme décoratif est déjà à l'œuvre chez les peintres de l'École Kanō, il triomphe avec Sotatsu et Kōrin et suscite encore l'engouement d'Ōkyo et de ses partisans, dans certaines de leurs œuvres en tout cas. Ses caractéristiques : un dessin très travaillé, pas pour autant forcément « réaliste » car souvent stylisé, un certain goût du faste, le recours systématique aux formats monumentaux, à l'or, aux couleurs éclatantes pour certains.


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mardi 26 septembre 2023

Olof Fridsberg (1728-1795) - Une grosse courge

Olof Fridsberg (1728-1795), Une grosse courge,, 1757 Huile sur toile, 89 cm x104 cm Collection privée

Olof Fridsberg (1728-1795)
Une grosse courge, 1757
Huile sur toile, 89 cm x 104 cm
Collection privée


Que voit on ? Ce que le titre décrit c'est à dire une grosse courge verte appartenant à la variété
Cucurbita ficifolia ou Courge du Siam, une variété ancienne mexicaine produisant de gros fruits ovales de 2 à 6 kg, de couleur vert tacheté de blanc. La chair blanche est filamenteuse (''cheveux d’ange'') et la saveur est douce. La courge un peu sèche et ridée sur ce tableau est posée sur un entablement recouvert d'un linge blanc.

Rappel biographique : Olof Fridsberg est un peintre de cour suédois sur lequel il n'existe pratiquement aucun renseignement biographique. Si nos fidèles lecueurs en trouvent, qu'ils n'hésitent pas à nous les communiquer.

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samedi 23 septembre 2023

Haïm Steinbach (1944) - Untitled (cabbage, pumpkin, pitchers) #1

Haim Steinbach (1944) Untitled (cabbage, pumpkin, pitchers) #1, 1986, Plastic laminated-wood shelf, ceramic tureen, foam-stuffed polyester pumpkin, three ceramic teapots (137,6 x 213,4 x 69,8 cm) Museum of Contemporary Art Chicago




Haim Steinbach (1944)
Untitled (cabbage, pumpkin, pitchers) #1, 1986,
Plastic laminated-wood shelf, ceramic tureen, foam-stuffed polyester pumpkin, three ceramic teapots
(137,6 x 213,4 x 69,8 cm)
Museum of Contemporary Art Chicago

 


 Que voit on ? Dans cette simulation de nature morte", on trouve : une étagère en bois laminé et plastique, une soupière en céramique, une citrouille masquée en Zorro qui fait la grimace en polyester rembourrée de mousse, trois théières en céramique ernissée. 

Rappel biographique : Haim Steinbach  (1944) est un artiste américain attaché au mouvement simulationniste qui vit à New York et à San Diego, en Californie, avec son partenaire et son fils.. Depuis la fin des années 1970, l'art de Steinbach est axé sur la sélection et l'agencement d'objets, en particulier d'objets de tous les jours. Afin de les mettre en lumière, il conçoit des structures et des dispositifs d'encadrement pour leur présentation. Steinbach présente des objets, allant du naturel à l'ordinaire, en passant par l'artistique et l'ethnographique, donnant forme à des œuvres d'art qui soulignent leur identité et leur sens inhérent. En explorant les aspects psychologiques, esthétiques, culturels et rituels des objets ainsi que leur contexte, Steinbach a redéfini le statut de l'objet dans l'art.

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mercredi 20 septembre 2023

Eugène Delacroix (1798-1863) -  Nature morte de fleurs et de fruits


Eugène Delacroix (1798-1863), Nature morte de fleurs et de fruits (ca.1834) Huile sur toile, 79 x 92,8 cm Galerie du Belvedere, Vienne


Eugène Delacroix (1798-1863)
Nature morte de fleurs et de fruits (ca.1834)
Huile sur toile, 79 x 92,8 cm
Galerie du Belvedere, Vienne

Que voit on ?  Une des très nombreuses  natures mottes de fleurs que  Delacroix peignit  au c hâteau de Nohant, chez George Sand, ou avant d'acquérir sa propre maison de Champrosay. 

Rappel biographique : Le grand peintre romantique français Ferdinand-Victor-Eugène Delacroix n'est a priori pas vraiment connu pour ses natures mortes et c'est un tort car il en peignit quelques unes de très remarquables ! On lui connait Nature morte aux homards (1826-27) conservée aussi au Louvre à l"époque où il il copiait les maîtres anciens dans les galeries du Louvre. Il peignit aussi plusieurs natures mortes florales dont quelques unes très spectaculaires à partir de 1844, quand il loue à Draveil au lieu-dit Champrosay, une « bicoque » où il se fait installer un atelier de 10 m2. En pleine campagne accessible par le train directement Delacroix vient s'y reposer à l'écart de Paris, où sévit le choléra. Là il peut, accompagné de sa gouvernante Jenny, faire de longues promenades dans la campagne pour soigner sa tuberculose. Il travaille de nombreux paysages, plusieurs vues de Champrosay tant au pastel (musée du Louvre) qu'à la peinture à l'huile (musée du Havre). Il réalise de nombreux tableaux de mémoire suivant ses notes et carnets du Maroc, interprétant des scènes antiques à la mode orientale. Son travail se fait plus intimiste, les tableaux de petite taille sont vendus par les marchands parisiens. Il peint également ses natures mortes florales, souvent composées de fleurs imaginaires, (comme ci dessus) affectionnant particulièrement les lys jaune à cinq pétales. Les relations avec George Sand quoique suivies, se distendent. Après avoir réalisé le portrait de l'écrivain en 1834, Delacroix vient régulièrement à Nohant-Vic où il peint pour l'église de Nohant une Éducation de la Vierge138. Il offre un Bouquet de fleurs dans un vase139 à l'écrivain, qui l'accroche140 au-dessus de son lit, mais quand celle-ci tombe amoureuse du graveur et élève de Delacroix, Alexandre Manceau, Delacroix en prend ombrage d'autant qu'il est opposé à la révolution de 1848 dont Sand a été une des figures. La rupture est consommée. Restent les natures mortes florales qui datant de cette idylle, ont traversé les temps.
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dimanche 17 septembre 2023

Bernard Buffet (1928-1999) - Nature morte à la lampe et aux jeux de cartes


Bernard Buffet (1928-1999) Nature morte à la lampe et aux jeux de cartes,1982 Huile sur toile, 65 x 81cm Collection particulière


Bernard Buffet (1928-1999)
Nature morte à la lampe et aux jeux de cartes,1982
Huile sur toile, 65 x 81cm
Collection particulière

Que voit on? Posés sur un guéridon ovale recouvert d'un napperon blanc, une lampe à pétrole rouge, un vase contenant deux fleurs de lys en cours à peine écloses et au centre de la composition, une pyramide de cartes dont seuls sont apparents l'as de cœur et l'as de carreau.

Rappel biographique : Bernard Buffet est un peintre français expressionniste, qui a peint aussi bien des personnages que des figures, animaux, nus, paysages, intérieurs, natures mortes, fleurs. Aquarelliste, c'est également un peintre de décors de théâtre et un illustrateur. Il remporte le concours d’entrée de l'École nationale supérieure des beaux-arts en décembre 1943 à quinze ans, passant deux ans dans l'atelier du peintre Eugène Narbonne où il est déjà considéré comme très doué. Il s'y lie notamment d'amitié avec les peintres Maurice Boitel et Louis Vuillermoz.
En 1947, il expose L'Homme accoudé au Salon des indépendants et en décembre a lieu sa première exposition particulière présentée par Pierre Descargues, à la Librairie des impressions d'art. On y reconnait déjà un graphisme très caractéristique qui sera tout au long de sa vie, la marque du peintre. L'État, par l'intermédiaire de Raymond Cogniat, lui fait son premier achat pour le Musée national d'art moderne de Paris avec la peinture Nature morte au poulet. En 1955, il obtient la première place au référendum organisé par la revue Connaissance des arts désignant les dix meilleurs peintres de l'après-guerre. Il peint les maquettes des décors et des costumes pour La Chambre argument de Georges Simenon qui devient son ami. Élu à l’Académie des beaux-arts au fauteuil de Paul Jouve, Bernard Buffet est alors le plus jeune académicien jamais élu sous la coupole.
En 1978, à la demande de l’administration des postes, Bernard Buffet réalise une maquette pour un timbre de trois francs L’Institut et le Pont des arts. À cette occasion le musée postal à Paris présente une exposition rétrospective de ses œuvres. Dans les années 1970-80, Bernard Buffet est un artiste au sommet de sa gloire que les critiques n'épargnent pas, comme tout artiste qui connait un grand succès de son vivant. Ils lui reprochent principalement le " statisme " de sa touche dans laquelle ils décèlent peu d'évolutions au cours des années, le traitant volontiers de " peintre académique ".
Au début des années 1980 son œuvre immense, est plus appréciée à l'étranger qu'en France, et principalement en Extrême Orient, aux Etats-Unis, en Amérique du sud et au surtout Japon où elle connait un succès considérable et où un musée est spécifiquement construit pour lui à Surugadaira, ce qui, à cette époque, est inédit pour un peintre vivant.
En 1986, sa femme et modèle favori, Annabel, publie D’amour et d’eau fraîche ; la même année sortent les deux premiers volumes de la monographie de Yann Le Pichon, Bernard Buffet, couvrant la période 1947-1982, qui obtiennent immédiatement le Prix Élie Faure.
Bernard Buffet, diminué par la maladie de Parkinson, se suicide par asphyxie, le 4 octobre 1999, dans son atelier du Domaine de la Baume près de Tourtour (Var), étouffé dans un sac en plastique noir sur la surface duquel son nom était dessiné avec sa calligraphie si caractéristique ; dernière mise en scène un rien macabre d'un très grand artiste du 20e siècle, qui toute sa vie avait adoré mettre en scène sa propre existence. En novembre 2007, paraît le troisième et dernier volume de la monographie de Yann Le Pichon, couvrant la période de 1982 à 1999.
En 2016- 2017, le MAM (Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris), rend hommage au peintre à travers une exposition où sont présentées toutes les acquisitions du musée faites dans les années 47- 55 et quelques chef d'œuvres prêtées par le Musée Bernard Buffet de Surugadaira (Japon).

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jeudi 14 septembre 2023

David Petrovich Chterenberg (1881–1948) - Still Life with a Lamp and Herring




David Petrovich Chterenberg (1881–1948) Nature morte à la lampe et aux harengs Huile sur panneau de bois, 1920 Collection particulière.

David Petrovich Chterenberg (1881–1948)
Nature morte à la lampe et aux harengs,1920
Huile sur contreplaqué, 89,5 x 62,5 cm
Collection particulière.

Rappel biographique : David Petrovitch Chterenberg (Давид Петрович Штеренберг) est un peintre, graphiste et photographe russe d'origine ukrainienne.
Profondément conscient de ses racines juives, il a écrit à sa femme Nadejda : « J'ai du sang oriental dans les veines, le sang de mes ancêtres qui ont écrit le « Cantique des cantiques », - et il n'y a pas de meilleure chanson». D'ailleurs, en 1936, il publie avec son frère Abram Šterenberg un livre de photographies « V evrejskich kolchozach (В еврейских колхозах) » (littéralement, Dans les Kholkozes juifs). Aujourd'hui, ses œuvres sont exposées dans les grands musées publics à Moscou (Galerie Tretiakov et Musée Pouchkine), à Saint-Pétersbourg (Musée russe) et à Ekaterinbourg. Une grande partie de son œuvre est encore détenue dans des collections privées en Russie. En 2019, les œuvres de David Chterenberg figurent, avec celles — entre autres — de Vassily Kandinsky, Kasimir Malevitch, Vladimir Tatline, Mikhaïl Larionov, et Lyubov Popova, dans la grande exposition collective L'Avant-garde : Liste no 1, présentée à la Galerie Tretiakov, réunissant plus de 250 œuvres issues de dix-huit collections russes et cinq collections étrangères de l'avant-garde russe du début du xxe siècle en l'honneur du centième anniversaire de la création du Musée de la culture pittoresque, premier musée d'État d'art moderne au monde, qui exista de 1919 à 1929.

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lundi 11 septembre 2023

Carolyn Wyeth (1909 - 1994)- Betsy's Pumpkin

Carolyn Wyeth (1909 - 1994) Betsy's Pumpkin, 1935 Brandywine River Museum.

Carolyn Wyeth (1909 - 1994)
Betsy's Pumpkin, 1935
Brandywine River Museum.


Rappel biogrphique : Carolyn Wyeth est la fille de N.C. Wyeth et sœur d' Andrew Wyeth, une  vériable dysnastie d'artistes aussi talentueux les uns que les autres, comme  il peut en exister quelquefois dans l'histoire de l'art. Sa ville natale était Chadds Ford  Pennsylvanie.  Elle a travaillé et enseigné à NC Wyeth House and Studio  Son neveu, Jamie Wyeth était l'un de ses élèves. Elle trouva l'inspiration pour son travail dans la solitude de Chadds Ford. Pour elle, la peinture était apaisante. Elle a suivi son propre chemin, mais comme son père et son frère Andrew, elle s'est inspirée de sa vie et de l'environnement de Chadd Ford. Son travail de Wyeth reflète un design fort, des couleurs audacieuses et une émotion nuancée. Elle a principalement peint des natures mortes  d'objets qui faisaient partie de sa vie quotidienne, comme une chaise, une citrouille, des objets dans l'atelier. Elle a dessiné aussi des paysages des bois et des champs vus autour de sa maison. Elle peignait environ quatre tableaux par an et exposa rarement. À propos de son travail, le Brandywine Museum a écrit: "Ses peintures reconstituent des moments privés du passé et ont ouvent un air de romance, de souvenir et de perte."

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vendredi 8 septembre 2023

Achille Laugé (1861-1944) - Pommes et Oranges

Achille Laugé (1861-1944) Pommes et Oranges,1910 Huile sur panneau 47.5 x 58.8 cm. Collection particuliere


Achille Laugé (1861-1944)
Pommes et Oranges,1910
Huile sur panneau 47.5 x 58.8 cm.
Collection particulière

 Que voit on ? Ce que le titre décrit, Les oranges étant au nomdre de deux: l'une ouverte et l'autre fermée.

Rappel biographique : Achille Laugé, est un peintre et lithographe post-impressionniste français né dans une famille de paysans de l'Aude qui le destinait au métier de pharmacien. De 1876 à 188, il fréquente l'école des beaux-arts de Toulouse, en même temps qu'il fait un stage dans une pharmacie de cette ville. Il y fait la connaissance d'Antoine Bourdelle, Henri Martin et Henri Marre. En 1882, il s'installe au no13 rue Radziwill à Paris et il entre à l'École nationale supérieure des beaux-arts. Il y est successivement l'élève d'Alexandre Cabanel et de Jean-Paul Laurens jusqu'en 1886. Il y retrouve Bourdelle et rencontre Aristide Maillol qui a pu dire : « C'est Laugé qui m'a appris à mettre un homme debout ». Il entretient une relation amicale toute sa vie avec eux.
Laugé étant pauvre et Bourdelle aussi, ce dernier accepte avec reconnaissance de partager sa mansarde du no 24 rue Bonaparte à Paris. Il partage l'atelier de Maillol, au no 79 rue de Sèvres, et demeure dans la capitale jusqu'en 1888. Pendant cette période de formation, il subit l'influence de Georges Seurat, de Paul Signac et de Camille Pissarro.
Quand il revient dans sa famille, il ne pratique pas la technique apprise aux Beaux-Arts mais adopte la division du ton.
« Laugé aurait pu se contenter de faire partie de ces petits maîtres régionaux aux toiles pittoresques, attachantes parce que caractéristiques de leur terroir natal. Mais il n'est pas passé а côté du grand mouvement qui, dans la suite de l'impressionnisme, bouleverse la peinture à partir de la décennie 1880. L'emploi d'un nombre très restreint de couleurs pures et la touche divisée qui apparaissent dans l'essentiel de son oeuvre évoquent une communauté de recherche picturale avec le néo-impressionnisme. Son orientation vers une nouvelle manière de peindre, associée à une poésie qui lui est propre, fait de lui mieux que le félibre qui chante son Languedoc natal et lui donne la dimension d'un artiste national. » (Nicole Tanburin)
Vers 1905, constatant l'insuccès de la technique qu'il pratique depuis près de vingt ans et pressé par le besoin, il adopte une manière moins stricte ; avec une pâte plus riche et une touche plus large, il peint avec plus de liberté.

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mercredi 6 septembre 2023

Eliot Hodgkin (1905-1987) - Seven Brussel sprouts


Eliot Hodgkin (1905-1987) Seven Brussel sprouts


Eliot Hodgkin (1905-1987)
Seven Brussel sprouts
Gouache sur papier,11,5 x 15 cm
Collection privée

Que voit on ? Ce que le titre décrit c'est à dire, sept choux de Bruxelles sous tous les angles possibles dans l 'esprit d'une planche de botanique.

Rappel biographique : Le peintre britannique Eliot Hodgkin a réalisé de nombreuses natures mortes de plantes, de fruits, de légumes et d'autres objets inanimés avec une précision digne des grands illustrateurs botaniques des siècles passés. Cette grande précision et le luxe de détails de ces planches l'ont rendu grandement apprécié des botanistes et des scientifiques agissant dans le domaine environnemental. Hodgkin occupe une place réellement à part dans l'histoire de la nature morte au 20e siècle. La Royal Academy of Arts conserve, et aussi plusieurs dessins et tableaux de ce peintre dont l'oeuvre est hommage frontal, obstiné et très figuratif à l'environnement dans un siècle qui a grandement participé à sa destruction. Après sa mort, plusieurs œuvres de sa collection furent vendues chez Christie's.

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dimanche 3 septembre 2023

Andrew Wyeth (1917-2009) - Pumpkins


Andrew Wyeth (1917-2009), Pumpkins Watercolor on paper, 1969 Private Collection

Andrew Wyeth (1917-2009)
Pumpkins
Watercolor on paper, 1969
Private Collection

Que voit on ? Le titre focalise l'attention sur la courges au détriment de la grange (presqu'en ruines) et des arbres (très décharnés pour un début d'automne) qui se trouvent à l'arrière plan.

Rappel biographique : Le peintre aquarelliste américain Andrew Newell Wyeth, classé parmi les peintres « régionalistes » et réalistes américains est issu d'une dynastie d'artistes dont son propre père Newell Convers Wyeth (1882-1945), illustrateur connu qui fréquenta des célébrités de son temps comme Francis Scott Fitzgerald et Mary Pickford. Décidant de ne pas confronter son fils aux systèmes de l'éducation nationale ou privée, c'est lui même qui se charge de son éducation à la maison, l’initie à l’art, et tout particulièrement à l'art du paysage rural américain. À cette époque, il admire et est sensible à l'œuvre du peintre Winslow Homer. Plus tard, il apprend à maîtriser les techniques associées à l’aquarelle à base d'œuf, la tempera.
Andrew Wyeth commence à peindre dans des nuances de bruns et de gris seulement. Il s’inspire de son entourage pour réaliser ses tableaux. Ses sujets préférés sont la terre et les habitants de sa ville natale, ainsi que ses proches. Sa grande maîtrise picturale lui permet de montrer sa réflexion mélancolique sur le temps qui passe et la faillibilité humaine.
Son fils Jamie, né en1946, est également un peintre et portraitiste reconnu.

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jeudi 31 août 2023

David Shterenberg (1881-1948) - Nature Morte au Gobelet et au Citron

David Shterenberg (1881-1948) Nature Morte au Gobelet et au Citron Collection particulière


David Shterenberg (1881-1948)
Nature Morte au Gobelet et au Citron
Huile sur toile, 50 x 60cm
Collection particulière

Rappel Biographique : David Petrovitch Chterenberg (Давид Петрович Штеренберг), est un peintre, graphiste et photographe russe d'origine ukrainienne. Né dans une famille juive à Jytomyr, dans l'actuelle Ukraine, alors dans l'Empire russe, David Chterenberg étudie l'art à Odessa puis, en 1906 il passe quelque temps à Vienne avant de s'installer à Paris où il vit à la cité d'artistes La Ruche jusqu'en 1917. Il étudie à l'Académie Vitti à Montparnasse, fondée en 1889 par Cesare Vitti et sa femme Maria Caira, où il a comme professeur, entre autres, Kees van Dongen. Il a été influencé par les travaux de Paul Cézanne et par le cubisme. Pendant cette période, il effectue plusieurs voyages en Russie mais ne s'y installe qu'après la Révolution de 1917, grâce à ses bonnes relations avec Anatoli Lounatcharski, le commissaire du peuple chargé de la culture. Il assiste à la Conférence des auteurs, artistes et réalisateurs sur la coopération avec le gouvernement soviétique au Palais Smolny à Petrograd (Saint-Pétersbourg) avec Nathan Altman et d'autres. En 1917-1918, il est commissaire aux affaires artistiques. En 1918, il présente une exposition avec le groupe « Société juive pour la promotion des arts » avec Baranoff-Rossine, Altman et Lazar Lissitzky, à Moscou. De 1918 à 1920, il est chef du département des beaux-arts (IZO) du Narkompros (Commissariat du peuple à l'Instruction publique). À ce titre, il organise le financement de l'Institut de culture artistique de Moscou (INKhUK). Il explique : « Nous avons organisé l'INKhUK comme une cellule pour la détermination des hypothèses scientifiques sur les questions d'art »
En 1918, il publie son essai programmatique Tâches d'art contemporain dans les documents du Conseil de Petrograd. De 1920 à 1930, Chterenberg enseigne au Vkhoutemas (littéralement « Ateliers supérieurs d’art et de technique »), une école d'art fondée en 1920 à Moscou par un décret de Vladimir Lénine avec l'intention, selon les termes du gouvernement soviétique, de « préparer les artistes principaux aux qualifications les plus élevées pour l'industrie, et les constructeurs et les directeurs pour l'éducation professionnelle technique. » Parmi ses étudiants on trouve quelques artistes russes devenus célèbres tels que Alexandre Deïneka, Youri Pimenov, Alexander Arkadievitch Labas, Piotr Vladimirovitch Williams, Andrei Dmitrievitch Gontcharov et d'autres. Il organise une exposition d'artistes juifs à Moscou en 1922 qui comprenait entre autres Marc Chagall. La même année, il participe à la Première exposition d'art russe de Berlin dans la galerie van Diemen, première grande exposition sur l'avant-garde russe en Europe depuis la révolution d'Octobre. À cet occasion, il écrit un essai pour le catalogue de l'exposition. Cependant, son style indépendant a cessé de trouver la faveur des autorités soviétiques et progressivement son travail est retiré de la vue du public. Après les années 1930, il est contraint de travailler dans un style plus « réaliste ». À sa mort en 1948, il a est pratiquement oublié. 
David Chterenberg était profondément conscient de ses racines juives. Il a écrit à sa femme Nadejda : « J'ai un sang oriental dans les veines, le sang de mes ancêtres qui ont écrit le « Cantique des cantiques », - et il n'y a pas de meilleure chanson ». D'ailleurs, en 1936, il publie avec son frère Abram Šterenberg un livre de photographies « V evrejskich kolchozach (В еврейских колхозах) » (littéralement, Dans les fermes collectives juives).
Aujourd'hui, ses œuvres sont exposées dans les grands musées publics à Moscou (Galerie Tretiakov et Musée Pouchkine), à Saint-Pétersbourg (Musée russe) et à Ekaterinbourg. Une grande partie de son œuvre est encore détenue dans des collections privées en Russie.
En 2019, les œuvres de David Chterenberg figurent, avec celles — entre autres — de Vassily Kandinsky, Kasimir Malevitch, Vladimir Tatline, Mikhaïl Larionov, et Lyubov Popova, dans la grande exposition collective L'Avant-garde : Liste no 1, présentée à la Galerie Tretiakov, réunissant plus de 250 œuvres issues de dix-huit collections russes et cinq collections étrangères de l'avant-garde russe du début du20e siècle en l'honneur du centième anniversaire de la création du Musée de la culture pittoresque, premier musée d'État d'art moderne au monde, qui exista de 1919 à 1929.

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lundi 28 août 2023

Achille Laugé (1861-1944) - Nature morte de fleurs et de fruits

 

Achille Laugé (1861-1944)  Nature morte de fleurs et de fruits Musée des Beaux-Arts  de Carcassonne

Achille Laugé (1861-1944) 
Nature morte de fleurs et de fruits
Musée des Beaux-Arts  de Carcassonne

Que voit on ?
Dans la touche très caractéristique de ce maître du pointillisme  : ce que décrit le titre, c’est dire des fleurs dans un vase et des fleurs sur un entablement.

Rappel biographique : Achille Laugé,  est un peintre et lithographe post-impressionniste français né dans une famille de paysans de l'Aude qui le destinait au métier de pharmacien. De 1876 à 188, il  fréquente l'école des beaux-arts de Toulouse, en même temps qu'il fait un stage dans une pharmacie de cette ville. Il y fait la connaissance d'Antoine Bourdelle, Henri Martin et Henri Marre.
En 1882, il s'installe au no 13 rue Radziwill à Paris et il entre à l'École nationale supérieure des beaux-arts. Il y est successivement l'élève d'Alexandre Cabanel et de Jean-Paul Laurens jusqu'en 1886. Il y retrouve Bourdelle et rencontre Aristide Maillol qui a pu dire : « C'est Laugé qui m'a appris à mettre un homme debout ». Il entretient une relation amicale toute sa vie avec eux.
Laugé étant pauvre et Bourdelle aussi, ce dernier accepte avec reconnaissance de partager sa mansarde du no 24 rue Bonaparte à Paris. Il partage l'atelier de Maillol, au no 79 rue de Sèvres, et demeure dans la capitale jusqu'en 1888. Pendant cette période de formation, il subit l'influence de Georges Seurat, de Paul Signac et de Camille Pissarro.
Quand il revient dans sa famille, il ne pratique pas la technique apprise aux Beaux-Arts mais adopte la division du ton.
« Laugé aurait pu se contenter de faire partie de ces petits maîtres régionaux aux toiles pittoresques, attachantes parce que caractéristiques de leur terroir natal. Mais il n'est pas passé а côté du grand mouvement qui, dans la suite de l'impressionnisme, bouleverse la peinture à partir de la décennie 1880. L'emploi d'un nombre très restreint de couleurs pures et la touche divisée qui apparaissent dans l'essentiel de son oeuvre évoquent une communauté de recherche picturale avec le néo-impressionnisme. Son orientation vers une nouvelle manière de peindre, associée à une poésie qui lui est propre, fait de lui mieux que le félibre qui chante son Languedoc natal et lui donne la dimension d'un artiste national. »  (Nicole Tanburin)
Vers 1905, constatant l'insuccès de la technique qu'il pratique depuis près de vingt ans et pressé par le besoin, il adopte une manière moins stricte ; avec une pâte plus riche et une touche plus large, il peint avec plus de liberté.
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vendredi 25 août 2023

Albert Eckhout (c.1610 – c. 1666) -Bananes, Goayges et autres fruits du Brésil

Albert Eckhout (c.1610 – c. 1666) Bananes, Goayges et autres fruits du Brésil , 1641 Huile sur ooile, 94 x9 4cm National Museum of Danmark

Albert Eckhout (c.1610 – c. 1666)
Bananes, Goayges et autres fruits du Brésil, 1641
Huile sur ooile, 94 x9 4cm
National Museum of Danmark

Que voit on ? Ce que décrit le titre courgettes, c.a.d une accumulation de fruits tropicaux etranges et inconnus à l'époque où ils furent peints. 

 Rappel biographique : Le peintre hollandais Albert Eckhout, est connu pour ses toiles de la flore, de la faune et des habitants du Brésil. Eckhout et Frans Post étaient les artistes les plus célèbres de l'entourage de Johan Maurits de Nassau alors qu'il était gouverneur général du Brésil néerlandais de 1637 à 1644. On sait peu de choses sur la formation d'Eckhout, ses débuts de carrière et les raisons de sa nomination, et on ne sait pas exactement quand il est arrivé au Brésil. Parce que certaines peintures attribuées à Eckhout représentaient des peuples Araucano et africains ainsi que des lamas, des plantes et des arbres, certains ont suggéré qu'Eckhout aurait pu faire partie de l'expédition de Hendrick Brouwer au Chili en 1643 ou aurait pu visiter l'Afrique de l'Ouest avec les forces du colonel Hans Coen qui a capturé Elmina en 1637. D'autres pensent qu'il faisait partie de l'expédition de l'amiral Cornelis Jol et du colonel James Henderson quand ils ont occupé l'Angola en 1641. Enfin, on ne sait pas exactement quand Eckhout est revenu en Europe ou combien de temps il est resté au service de Maurits, mais l'on sait qu'en 1645, Eckhout était de retour à Groningen. Entre 1648 à 1652, il vécut à Amersfoort avant de s'installer à Dresde, où il passa dix ans (1653 à 1663) comme peintre à la cour de l'électeur de Saxe, Johann Georg II. On pense qu'Eckhout est mort à Groningen en 1665.

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lundi 21 août 2023

Tomás Yepes (1595-1674) - Jarrón de terracota con un naranjo


Tomas Hiepes (1595-1674) Jarrón de terracota con un naranjo Huile sur toile, 83 x 65,5 cm. Collection privée



Tomás Yepes (1595-1674)
Jarrón de terracota con un naranjo
Huile sur toile, 83 x 65,5 cm.
Collection privée

 Que voit on ? Ce que décrit le titre :  une nature morte qui a pour sujet un oranger dans une vase en terre cuite vernissé a motif de feuilles et de lion central.  La curiosité tient ici au fait que l'oranger est à la fois en fleurs et en fruits, ce qui arrive tout de même assez rarement pour ne pas dire jamais. Une façon pour le peintre de montrer,  tel un botaniste, tous les états de développement de ce végétal emblématique du sud de l'Europe.  Cette toile fait partie d'une paire dont la première a été publiée  ici.

Rappel biographique : Tomas Yepes est un peintre Valencien de la période baroque. C'est une personnalité mal connue, occupant une place à part dans l'histoire de la nature morte espagnole, car il peint dans la tradition des premières décennies du siècle avec des compositions d'une rigoureuse symétrie. Ses œuvres, datées à partir de 1642, comprennent des bouquets de fleurs, corbeilles de fruits, ustensiles de cuisine, dans une technique dite "ténébriste" avec une gamme de tons foncés et des fonds souvent noirs. Son style est proche de celui de Juan Bautista de Espinosa.

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vendredi 18 août 2023

Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) - Un ananas dans un pot...

 

Jean-Baptiste Oudry (1686-1755 Un ananas dans un pot, posé sur une plinthe de pierre, 1733. Huile sur toile, 128 x 90 cm. Château de Versailles


Jean-Baptiste Oudry (1686-1755
Un ananas dans un pot, posé sur une plinthe de pierre, 1733
Huile sur toile, 128 x 90 cm.
Château de Versailles

Que voit on ? Un ananas en pot. mais pas n'importe lequel. l'ananas fétiche de roi Louis XV. Après de nombreuses tentatives infructueuses, à l'hiver 1733, un ananas du Potager produit des fruits pour la première fois en France. Louis XV charge aussitôt l'un de ses peintres favoris, Jean-Baptiste Oudry, de peindre le "portrait" de ce nouveau venu extraordinaire sur le sol français. Nous  l'avons sous les yeux. 


Rappel biographique : Le peintre et graveur français Jean-Baptiste Oudry est surtout célèbre pour ses peintures de chiens de chasse, ses natures mortes animalières et ses animaux exotiques. Fils de Jacques Oudry, maître peintre et marchand de tableaux sur le Pont Notre-Dame, et de sa femme, Nicole Papillon, qui appartenait à la famille du graveur Jean-Baptiste-Michel Papillon, Jean-Baptiste Oudry étudia tout d'abord à l'Ecole de la Maîtrise de Saint-Luc, dont son père était directeur.
Il fut placé ensuite chez le grand peintre du roi Nicolas de Largillière, dont il devint bientôt l'ami. Après avoir peint quelques sujets religieux et un portait du Tsar Pierre 1er, il rencontre le marquis de Beringhen, premier écuyer du roi. Cette rencontre est décisive car le marquis commande à Oudry de nombreux ouvrages pour le roi. Dès lors on octroie à Oudry un atelier dans la cour des princes aux Tuileries et un logement au Palais du Louvre où il forma un cabinet renommé.
Oudry suivait les chasses royales et faisait de fréquentes études dans la forêt de Compiègne.
L'intendant des finances, Fagon, le prit à son service et le chargea de rétablir la manufacture de Beauvais, tombée en décadence. Oudry s'adjoignit Boucher et Natoire pour exécuter la copie des tableaux. On lui confia également l'inspection de la manufacture des Gobelins, où l'on exécutait les tapisseries des chasses du roi d'après ses tableaux.
Jean-Baptiste Oudry a peint le portrait, l'histoire, les chasses, le paysage, les animaux, les fruits, les fleurs ; il a imité les bas-reliefs ; il a fait du pastel, de la décoration ; il aussi gravé à l'eau-forte. On lui doit deux conférences qui furent lues à l'Académie, « Sur la manière d'étudier la couleur en comparant les objets les uns avec les autres » et « Sur les soins que l'on doit apporter en peignant ». Oudry a laissé un grand nombre de dessins dont les plus connus sont les 275 dessins qui servirent à l'édition dite des Fermiers généraux des Fables de La Fontaine, gravées par Charles-Nicolas Cochin. Il est également l'auteur d'un Almanach de rébus paru en 1716.
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mardi 15 août 2023

Albert Eckhout (c.1610 – c. 1666) - Cabaças finas


Albert Eckhout (c.1610 – c. 1666) Cabaças finas, 1641 Huile sur toile, 94 x 94 cm National Museum of Danmark.


Albert Eckhout (c.1610 – c. 1666)
Cabaças finas, 1641
Huile sur toile, 94 x 94 cm
National Museum of Danmark.

Que voit on ? Deux grosses courgettes tropicales dont l'une ouverte qui présente l'intérieur du légume, sa chair et ses graines à la façon d'une planche d'étude botanique.

 Rappel biographique : Le peintre hollandais Albert Eckhout, est connu pour ses toiles de la flore, de la faune et des habitants du Brésil. Eckhout et Frans Post étaient les artistes les plus célèbres de l'entourage de Johan Maurits de Nassau alors qu'il était gouverneur général du Brésil néerlandais de 1637 à 1644. On sait peu de choses sur la formation d'Eckhout, ses débuts de carrière et les raisons de sa nomination, et on ne sait pas exactement quand il est arrivé au Brésil. Parce que certaines peintures attribuées à Eckhout représentaient des peuples Araucano et africains ainsi que des lamas, des plantes et des arbres, certains ont suggéré qu'Eckhout aurait pu faire partie de l'expédition de Hendrick Brouwer au Chili en 1643 ou aurait pu visiter l'Afrique de l'Ouest avec les forces du colonel Hans Coen qui a capturé Elmina en 1637. D'autres pensent qu'il faisait partie de l'expédition de l'amiral Cornelis Jol et du colonel James Henderson quand ils ont occupé l'Angola en 1641. Enfin, on ne sait pas exactement quand Eckhout est revenu en Europe ou combien de temps il est resté au service de Maurits, mais l'on sait qu'en 1645, Eckhout était de retour à Groningen. Entre 1648 à 1652, il vécut à Amersfoort avant de s'installer à Dresde, où il passa dix ans (1653 à 1663) comme peintre à la cour de l'électeur de Saxe, Johann Georg II. On pense qu'Eckhout est mort à Groningen en 1665.

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vendredi 11 août 2023

Albrecht Dürer (1421-1528)( attribué à...) - Bouquet de violettes


Albrecht Dürer (1421-1528) (attribué à...) Bouquet de violettes Aquarelle et gouache sur parchemin 11.5 x 10.2 cm Albertina Graphic Arts Collection, Vienna, Austria



Albrecht Dürer (1421-1528) (attribué à...)
Bouquet de violettes
Aquarelle et gouache sur parchemin 11.5 x 10.2 cm 

  Rappel biographique : Si l'on ne connait pas Dürer comme peintre de natures mortes c'est tout simplement parce qu'il n'en pas peint. Les quelques dessins d'animaux qu'il a laissés sont tous des dessins d'animaux vivants et les aquarelles de plantes, crustacés ou de poissons et autres objets qu'il a laissés peuvent être assimilés à des natures sans pour autant en être stricto sensu.
« L'art d'Albrecht Dürer marque l'apogée de la peinture à la sortie du Moyen Âge. Sa maîtrise absolue du dessin rigoureux et d'une coloration sensuelle fascinent aujourd'hui comme de son temps ». Dürer travaille sa peinture dans la continuité de Van Eyck en tentant de reproduire le plus fidèlement possible la nature et les paysages ; ses nombreuses esquisses indiquent bien tout l'intérêt que portait l'artiste à ce travail. Formé dans la tradition médiévale allemande en vigueur à son époque, il acquiert grâce à ses voyages en Italie une profonde indépendance, plus grande peut-être que les artistes italiens eux-mêmes, puisqu'il ne relevait lui-même d'aucune tradition moderne, l'allemande appartenant déjà au passé. Il a représenté à sa manière une avant-garde.

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mardi 8 août 2023

Dora Maar (1907-1997) - Nature morte à la lampe


Dora Maar (1907-1997) Nature morte à la lampe, 1941 Huile sur toile, 50 x 61 cm. Collection particulière


Dora Maar (1907-1997)
Nature morte à la lampe, 1941
Huile sur toile, 50 x 61 cm.
Collection particulière

Que voit - on ? Une nature morte à la lampe qui très graphique d'une  modernité saisissante, qui peut rappeler certaines compositions de Mondrian, bien que la façon et l'imaginaire soient uniques. Notamment cette ampoule électrique au travers de son abat jour rouge,  comme un trou de serrure à travers lequel on pourrait enfin voir ...

Rappel Biographique : Dora Maar, pseudonyme d’Henriette Theodora Markovitch, est une photographe et artiste peintre française. Elle fut l'une des amantes et muses du peintre Pablo Picasso, rôle qui a longtemps occulté l'ensemble de sa productiion. L'œuvre peinte de Dora Maar reste méconnue jusqu'à la vente posthume, organisée en 1998-1999, qui fait découvrir au public et aux professionnels une production très personnelle qui n'avait jamais quitté son atelier. Maar abandonne la photographie pour la peinture aux côtés de Picasso. Mais c'est à partir de la douloureuse séparation avec lui qu'elle devient vraiment peintre. Les œuvres tragiques figuratives, telles le Portrait d'Éluard, ou l'Autoportrait à l'enfant de 1946, traduisent, par des tons sombres, la douleur des années d'après-guerre.
Après des années de lutte, entre dépressions et mysticisme, l'enfermement volontaire de Dora Maar avec ses souvenirs connaît une brève embellie dans les années 1960 à 1970, avec des grands formats abstraits aux couleurs chatoyantes. Mais c'est à partir des années 1980 que l'artiste peintre s'exprime pleinement dans ses multiples tableaux du Luberon, où les paysages sauvages autour de sa maison de Ménerbes, balayés de nuages et de vent, révèlent avec force la lutte d'une artiste aux prises avec les fantômes de son passé. De 1946, année de sa séparation d'avec Picasso, jusqu’à son décès en 1997, elle partage son temps entre Ménerbes et Paris où elle vit pauvrement, recluse, 6 rue de Savoie, non loin des Grands-Augustins. Devenue antisémite et homophobe, elle s'est coupée volontairement de ses anciens amis dans les dix dernières années de sa vie. En 1990, Marcel Fleiss expose, dans sa galerie rue de Penthièvre. à Paris, une série de ses tableaux.
Morte dans l'anonymat en 1997 à l'Hôtel-Dieu, Dora Maar est inhumée au cimetière communal de Clamart, dit cimetière du Bois-Tardieu. Elle n'a pas eu d'enfants. Ses héritiers indirects sont retrouvés après une longue enquête. La succession donne lieu à une première vente aux enchères en 1998, à la maison de la Chimie (Paris), qui réalise 214 millions de francs de bénéfices. Une seconde vente aux enchères a lieu en juin 2022 à partir d'un reliquat de 750 photographies, organisée par Artcurial à l'hôtel Marcel-Dassault (Paris).

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2023 - Une Collection de Natures Mortes
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samedi 5 août 2023

Kuzma Petrov-Vodkin (1878-1939) - Nature morte matinale

 

Kuzma Petrov-Vodkin (1878-1939) Nature morte matinale, 1918 Huile sur toile, 66 x 88cm Musée d'Etat Russe, Saint Petersbourg



Kuzma Petrov-Vodkin (1878-1939)
Nature morte matinale, 1918
Huile sur toile, 66 x 88cm
Musée d'Etat Russe, Saint Petersbourg

Que voit-on ? un véritable morceau de bravoure sur les reflets que l  chien de la maison (en haut à gauche ) observe d'un œil très attentif.

Rappel Biographique : Kouzma Sergueïevitch Petrov-Vodkine  Кузьма Сергеевич Петров-Водкин) est un peintre, graphiste et décorateur de théâtre russe puis soviétique.
Il a réalisé des scènes de genre, des portraits, des natures mortes, des paysages. Il étudia à l'école de peinture et de dessin F. E. Bourov à Samara de 1893 à 1895, à l'école de dessin technique du baron A.L. Stieglitz de Saint-Pétersbourg de 1895 à 1897, à l'École de peinture, de sculpture et d'architecture de Moscou de 1897 à 1905, puis encore à l'atelier d'Anton Ažbe à Munich en 1901 et dans des académies privées parisiennes parmi lesquelles l'Académie Colarossi de 1905 à 1908. Il voyagea en Italie, en Grèce, en France et en Afrique, et participa à son retour à des expositions à partir de 1906 : celles de Mir Iskousstva, Salon d'automne et de la Section d'Or. À partir de 1907, il participe au mouvement des symbolistes de «Rose bleue». Il expose (avec un autre nouveau-venu, Robert Falk) lors du deuxième salon organisé par la Toison d'or en 1909. L'architecte Robert-Friedrich Meltzer fut le protecteur de l'artiste débutant Kouzma Petrov-Vodkine lui étant lié d'une longue amitié. Au printemps 1910, c'est lui qui prend la direction de l'École Bakst et Doboujinski à Saint-Pétersbourg quand Léon Bakst part pour Paris.Il devient le premier président de l'association des peintres de Léningrad en 1932, puis député du Conseil des députés pour les ouvriers paysans et soldats de l'Armée rouge.

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mercredi 2 août 2023

Eugène Habert (1842-1916) (attribuée à) - Nature morte à la porcelaine de Chine

Eugène Habert (1842-1916) (attribuée à) Nature morte à la porcelaine de Chine Huile sur panneau de bois parqueté., 37.5 cm X H. 44 cm Collection Privée
 


Eugène Habert (1842-1916) (attribuée à)
Nature morte à la porcelaine de Chine
Huile sur panneau de bois parqueté, 37.5 cm x 44 cm
Collection Privée

Que voit on ? Un pastcihe dans le goût du 17e siècle qui est une  allégorie de l' amour. Le coquillage évoque la fécondité, les abricots  renvoient à la texture de la peau et à la sexualité, et l’abondance de cerises gorgées de jus à l'impétuosité du tempérament.   La nature de cet amour ne serait  pas uniqement charnelle : les deux anneaux qui s’enchevêtrent devant le  coffre à bijoux ainsi que la chapelle peinte sur la porcelaine chinoise pourraient évoquent une véritable intention d’engagement....

 Rappel biographique : Eugène Habert, est un peintre de genre, portraitiste, peintre décorateur, critique d'art et écrivain français.IL est surtout resté célèbre pour avoir tué, lors d'un stupide duel au pistolet, le peintre Philippe Félix Dupuis. En 1863 il participe à l'Exposition des Beaux-Arts appliqués à l'industrie avec un panneau décoratif peint à l'huile4. En 1864 il débute au Salon. Il participe aux Salons de la Nationale des Beaux-Arts3. Eugène Habert participe à l'Exposition universelle de Liège de 1905. Eugène Habert fait de nombreuses décorations de monuments publics, notamment celle de l'Hôtel de Ville de Neuilly-sur-Seine.

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