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samedi 23 juillet 2022

Willem Claeszoon Heda (1594-1680) - Breakfast Table with Blackberry Pie and a berkemeyer lying ont the side

Willem Claeszoon Heda (1594-1680) Breakfast Table with Blackberry Pie and a berkemeyer lying ont the side, 1631 Huile sur panneau de bois, 54 x 8 cm Gemäldegalerie Alte Meister, Dresden


Willem Claeszoon Heda (1594-1680)
Breakfast Table with Blackberry Pie and a berkemeyer lying ont the side, 1631
Huile sur panneau de bois, 54 x 82 cm
Gemäldegalerie Alte Meister, Dresden

Que voit on ?  incontestablement un des plus grands chefs-d'œuvres de l'âge d'or de la nature morte hollandaise. Les natures mortes dites «ontbijtjes» c'est a dire du petit-déjeuner définisse les tableaux  représentant un repas léger qui pouvait être pris à n'importe quel moment de la journée. Elles représentent une table avec un chemin de table et une nappe en damas blanc soigneusement repassée dont les plis, quelles que soient les lois de la perspective, se dirigent  en lignes parallèles vers le fond du tableau. L'angle de vue choisi pour la peinture est relativement élevé par rapport au niveau de l'œil,  apparemment pour permettre une meilleure vue d'ensemble des objets, qui sont disposés côte à côte, ou en cercle, ne se touchant ou ne se chevauchant presque jamais. Les  récipients à boire  tous extrêmement précieux et les textiles raffinés montrent très clairement qu'il s 'agit ici de l'intérieur d'un ménage très  privilégié. Au début des années 1630, Heda place la nappe blanche sur le bord gauche ou droit de la table, de sorte que le milieu de la table n'est pas recouvert et n'est plus symétrique. Dans les «banketjes» (pièces de banquet) suivantes, la nappe est de plus en plus écartée, jusqu'à ce qu'elle soit carrément froissée. Alors que pendant un certain temps la nourriture était présentée comme presque intouchable, précieuse et juste là pour être regardée, des traces de consommation apparaissent désormais. Les objets ne sont plus simplement destinés à incarner des valeurs statutaires, mais deviennent des témoignages d'actes spontanés, de vie. Et jsutement ici,  un verre brisé à gauche du cadre, souligne l'élément Memento mori (Souviens toi que tu vas mourir) inhérent à toute nature morte digne de ce nom, depuis l'Antiquité romaine. 

Rappel biographique : Le peintre néerlandais Willem Claeszoon Heda qui signait de son prénom "Claez" ce qui engendre souvent des confusions avec un autre peintre de nature morte Pieter Claesz, fut un peintre spécialisé dans la peinture exclusive de natures mortes. Il travailla toute sa vie à Haarlem où il fut le président de la célèbre Guilde de Saint Luc. Sa peinture montre son excellence dans le rendu des reflets et dans la qualité de la reproduction de la surface des objets. Les natures mortes de Heda ont souvent une composition en forme de triangle, dans laquelle les objets les plus hauts sont placés sur un côté. Il utilise assez peu de couleur dans ses peintures qui semblent presque être des monochromies. Il réutilise souvent les mêmes objets d'un tableau sur l'autre. Récipients en argent, coûteux verres de Venise, Nautiles, verres Rummer, verres Berkemeyer intensifient les contrastes entre les aliments sur fond clair obscur. Les tableaux de l'artiste furent le plus souvent des huiles exécutées sur panneau de bois, plus rarement sur toile. On peut déceler dans ses œuvres d’avant 1635, l’influence de Pieter Claesz (ainsi que de Floris Van Dyck (1575-1651). Après 1640 les compositions de Heda s'agrandissent, deviennent plus riches, plus décoratives, telle la nature morte exposée au Musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg. Dès cette époque, Heda abandonne le format horizontal qu'il utilisait traditionnellement pour le vertical.

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2022 - A Still Life Collection
Un blog de Francis Rousseau

samedi 3 décembre 2016

Willem Claeszoon Heda (1594-1680) - Still-Life with Gilt Goblet





Willem Claeszoon Heda (1594-1680)
Still-Life with Gilt Goblet, 1635
 Rijksmuseum Amsterdam

Que voit-on ?  Sur une table recouverte d’une nappe verte elle même recouverte de deux serviettes en lin blanc damassé :  un plat en étain contenant des harengs (ingrédients central du petit déjeuner hollandais), un plat en étain contenant des huitres, un plat en étain contenant du pain, un verre de vin rouge, un vinaigrier en cristal, une grande salière en argent pleine de sel,  un verre Rummer à moitié plein de vin blanc, une  grande coupe en argent renversée pointant vers un vase sculpté en vermeil et vers une grande jarre en étain, un citron et un verre Berkemeyer couché sur le côté qui ferme la composition à droite.  Cette description froide cache à peine un veritable monument de l’âge d’or de la nature morte hollandaise, un chef d’oeuvre unanimement célébré de l’art de peindre en Hollande au 17e siècle, une référence absolue qui contient toutes les règles et tous les éléments du genre de la nature morte universelle, que tous les peintres (et photographes) déclineront jusqu’à nos jours de Chardin à Irving Penn…. On ne sait trop sur quoi s'extasier en premier ! Peut être la palette, très économe, presque monochrome du peintre qui rompt avec celle de son temps et qui en inspirera plus d'un ;  seule couleur vive : celle du citron et pour cause il est le symbole même de la vie : amère dans sa chair, fugace dans son zeste. Et puis il y a ces reflets !  Reflets de la fenêtre de la pièce dans le grand verre Rummer et dans le pot en étain au bas duquel on peut même apercevoir le reflet de la main du peintre peignant le tableau,  le reflet de ce qui se passe de l’autre côté du tableau !  Ce chef d’oeuvre a été mille fois copié à travers les siècles surtout dans l’ordonnancement de ces éléments, dont la composition, apparemment désordonnée, n’a pas d’égal. Il y a, au-delà,  de la précision des descriptions, de la diversité des matières décrites et de l’opposition constante des textures (le verre et l’étain, l’argent et l’or, le cristal et le lin de la nappe) un mystère, peut être dû à la vacuité  du fond que seul habite un rayon de lumière… Bien  sûr le message ici comme toutes les natures mortes de cette époque n’est autre que celui d’un  « Memento mori » qui dit :  " Souviens toi que tu vas mourir et que toutes ces richesses, toute cette abondance ne te seront plus d’aucune utilité." Le citron n’est pas une invitation à la tristesse mais au contraire, une invitation à profiter de la vie tant qu’il en est encore temps.  Le message épicurien omniprésent depuis les natures mortes de l‘antiquité et de Pompei (qu'Heda ne pouvait pas connaitre) se retrouve pourtant donc intact ici, magnifié par la technique et le génie de cet immense peintre.

Rappel biographique : Le peintre néerlandais Willem Claeszoon Heda qui signait de son prénom "Claez" ce qui engendre souvent des confusions avec un autre peintre de nature morte Pieter Claesz, fut un peintre spécialisé dans la peinture exclusive de natures mortes. Il travailla toute sa vie à Haarlem où il fut le président de la célèbre Guilde de Saint Luc. Sa peinture montre son excellence dans le rendu des reflets et dans la qualité de la reproduction de la surface des objets. Les natures mortes de Heda ont souvent une composition en forme de triangle, dans laquelle les objets les plus hauts sont placés sur un côté. Il utilise assez peu de couleur dans ses peintures qui semblent presque être des monochromies. Il réutilise souvent les mêmes objets d'un tableau sur l'autre. Récipients en argent, coûteux verres de Venise, Nautiles, verres Rummer, verres Berkemeyer intensifient les contrastes entre les aliments sur fond clair obscur.  Les tableaux de l'artiste furent le plus souvent des huiles exécutées sur panneau de bois, plus rarement sur toile. On peut déceler dans ses œuvres d’avant 1635, l’influence de Pieter Claesz (ainsi que de Floris Van Dyck (1575-1651). Après 1640 les compositions de Heda s'agrandissent, deviennent plus riches, plus décoratives, telle la nature morte exposée au Musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg. Dès cette époque, Heda abandonne le format horizontal qu'il utilisait traditionnellement pour le vertical.


vendredi 18 décembre 2015

Willem Claeszoon Heda (1594-1680) - Stilleben mit Schinken



Willem Claeszoon Heda (1594-1680)
Stilleben mit Schinken (1635) 
Alte Pinacoteca, München

Que voit-on ? C'est une nature morte symbolisant la fin de la vie dont il s'agit. Sur une table en bois partiellement recouverte d'un drapé froissé, plusieurs éléments attestent d'un repas consommé dans un certain luxe comme le montre la vaisselle précieuse utilisée. Deux plats d'argents à gauche du cadre : dans l'un,  une tranche de jambon très gras, accompagné de deux toasts et d'un couteau à manche d'ambre ; dans l'autre  l'os apparent d'un jambon dont on arrive à la fin de la consommation ; un pot de moutarde ; un beau verre Rummer à moitié plein de vin blanc dans la courbure duquel se reflète la réalité (la partie de la pièce que l'on ne voit pas) ; un pinte de bière ; un timbale en argent ciselée renversée sur un plat en argent contenant des noix dont une partie déborde de la table dans le vide, symbole de la fragilité de la vie du dédicataire qu'aucune des richesses étalées ne pourra renforcer.

Rappel biographique : Le peintre néerlandais Willem Claeszoon Heda qui signait de son prénom "Claez " ce qui engendre souvent des confusions ave cun autre peintre de nature morte Pieter Claesz, fut un peintre spécialisé dans la peinture exclusive de natures mortes. Il travailla toute sa vie à Haarlem où il fut le président de la célèbre Guilde de Saint Luc.
Sa peinture montre son excellence dans le rendu des reflets et dans la qualité de la reproduction de la surface des objets. Les natures mortes de Heda ont souvent une composition en forme de triangle, dans laquelle les objets les plus hauts sont placés sur un côté. Il utilise assez peu de couleur dans ses peintures qui semblent presque être des monochromies. Il réutilise souvent les mêmes objets d'un tableaux sur l'autre : récipients en argent, coûteux verres de Venise  Nautiles, intensifient les contrastes entre le rose des jambons en tranches ou les fruits mûrs sur fond clair obscur.  Les tableaux de l'artiste furent le plus souvent des huiles exécutées sur panneau de bois, plus rarement sur toile. On peut déceler dans ses œuvres d’avant  1635, l’influence de Pieter Claesz (ainsi que de Floris Van Dyck (1575-1651). Après 1640 les compositions  de Heda s'agrandissent, deviennent plus riches, plus décoratives, telle la nature morte exposée au Musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg. Dès cette époque, Heda abandonne le format horizontal qu'il utilisait traditionnellement pour le vertical.


samedi 1 avril 2017

Willem Claeszoon Heda (1594-1680) - Stillleben Frühstück,


Willem Claeszoon Heda (1594-1680)
Stillleben Frühstück, 1629)
Royal Picture Gallery Maurishuis, La Hague.

 Que voit-on ?  On ne peut pas réellement prétendre être surpris par la composition des natures mortes de ce maître de l'âge d'or hollandais qui a établi de façon durable quelques unes des règles de base du genre. Ces règles se reconduisent tout au long de son oeuvre d'une nature morte à l'autre, avec quelquefois une étrange ressemblance des sujets, due au réemploi constant des mêmes objets. On retrouve toujours le même couteau indiquant le sens de la perspective, le même citron pelé symbolisant la vie qui s'écoule inexorablement, le même verre Rummer dans lequel se reflète la partie de la pièce que l'on ne voit pas, la réalité...   Seul le poisson ici est nouveau ! Le tout peint avec une précision extrême et une maîtrise absolue des ombres et des lumières, des reflets dans l'argenterie aussi bien que dans le verre.

Rappel biographique : Le peintre néerlandais Willem Claeszoon Heda qui signait de son prénom "Claez" ce qui engendre souvent des confusions avec un autre peintre de nature morte Pieter Claesz, fut un peintre spécialisé dans la peinture exclusive de natures mortes. Il travailla toute sa vie à Haarlem où il fut le président de la célèbre Guilde de Saint Luc. Sa peinture montre son excellence dans le rendu des reflets et dans la qualité de la reproduction de la surface des objets. Les natures mortes de Heda ont souvent une composition en forme de triangle, dans laquelle les objets les plus hauts sont placés sur un côté. Il utilise assez peu de couleur dans ses peintures qui semblent presque être des monochromies. Il réutilise souvent les mêmes objets d'un tableau sur l'autre. Récipients en argent, coûteux verres de Venise, Nautiles, verres Rummer, verres Berkemeyer intensifient les contrastes entre les aliments sur fond clair obscur.  Les tableaux de l'artiste furent le plus souvent des huiles exécutées sur panneau de bois, plus rarement sur toile. On peut déceler dans ses œuvres d’avant 1635, l’influence de Pieter Claesz (ainsi que de Floris Van Dyck (1575-1651). Après 1640 les compositions de Heda s'agrandissent, deviennent plus riches, plus décoratives, telle la nature morte exposée au Musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg. Dès cette époque, Heda abandonne le format horizontal qu'il utilisait traditionnellement pour le vertical.

dimanche 11 octobre 2015

Willem Claeszoon Heda (1594-1680) - Nature morte avec coupe nautile




Willem Claeszoon Heda (1594-1680) 
Nature morte avec coupe nautile (1654)
Budapest Museum of Fine Arts

Que voit-on ?  Cette nature morte reprend plusieurs éléments très classiques des natures mortes d'apparats hollandaises du siècle d'or groupés autour de l'élément central que constitue la coupe nautile  et les somptueuses irisations de sa nacre gris bleu, montée sur une pied en argent sculpté figurant un atlante. On trouve ainsi : une aiguière en argent très richement ornée, un vase en argent, un chandelier, une coquille Saint-Jacques en argent, un Berkemeyer (verre au réceptacle évasé et conique fabriqué en Allemagne depuis le 15e siècle), diverses plats d'argent contenant des coquilles d'huitres vides dont les variations de coloris des nacres font échos a celle de la coupe nautile. Les autres éléments alimentaires de ce tableau sont un jambon cru à la couenne très fournie, dont l'os est apparent, et un citron pelé dont le zeste court le long d'un nappe à peine dépliée.


Rappel biographique : Le peintre néerlandais Willem Claeszoon Heda qui signait de son prénom "Claez " ce qui engendre souvent des confusions ave cun autre peintre de nature morte Pieter Claesz, fut un peintre spécialisé dans la peinture exclusive de natures mortes. Il travailla toute sa vie à Haarlem où il fut le président de la célèbre Guilde de Saint Luc.
Sa peinture montre son excellence dans le rendu des reflets et dans la qualité de la reproduction de la surface des objets. Les natures mortes de Heda ont souvent une composition en forme de triangle, dans laquelle les objets les plus hauts sont placés sur un côté. Il utilise assez peu de couleur dans ses peintures qui semblent presque être des monochromies. Il réutilise souvent les mêmes objets d'un tableaux sur l'autre : récipients en argent, coûteux verres de Venise  Nautiles, intensifient les contrastes entre le rose des jambons en tranches ou les fruits mûrs sur fond clair obscur.  Les tableaux de l'artiste furent le plus souvent des huiles exécutées sur panneau de bois, plus rarement sur toile. On peut déceler dans ses œuvres d’avant  1635, l’influence de Pieter Claesz (ainsi que de Floris Van Dyck (1575-1651). Après 1640 les compositions  de Heda s'agrandissent, deviennent plus riches, plus décoratives, telle la nature morte exposée au Musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg. Dès cette époque, Heda abandonne le format horizontal qu'il utilisait traditionnellement pour le vertical.


dimanche 16 février 2020

Willem Claeszoon Heda (1594-1680) - A still life with a silver goblet and a watch on a pewter plate,

 

Willem Claeszoon Heda (1594-1680)
A still life with a silver goblet and a watch on a pewter plate, 1594
Oil on panel, 40 x 29.5 cm
Private collection

Que voit on ?  Posés sur une table recouverte d'un drap de velours vert : un plateau en argent en équilibre instable sur le bord de la table et dans lequel trône une superbe montre à gousset ouverte laissant apparaitre son  délicat mécanisme interne et où vient de s'égarer une des trois noisettes  qui occupent  la gauche de la composition Ailleurs sur la table  : un verre vide et renversé, un timbale ciselée en argent 'une grande beauté dans laquelle se reflète une  fenêtre et surtout - morceau de bravoure technique absolu - le reflet de cette même fenêtre sur le parquet de la pièce !
A droite pour équilibrer la composition, une petite boite de  tabac à priser. L'ensemble baignant dans une lumière bleutée qui confère  définitivement à cette nature morte  en longueur le statut de chef d'œuvre.

Rappel biographique : Le peintre néerlandais Willem Claeszoon Heda qui signait de son prénom "Claez" ce qui engendre souvent des confusions avec un autre peintre de nature morte Pieter Claesz, fut un peintre spécialisé dans la peinture exclusive de natures mortes. Il travailla toute sa vie à Haarlem où il fut le président de la célèbre Guilde de Saint Luc. Sa peinture montre son excellence dans le rendu des reflets et dans la qualité de la reproduction de la surface des objets. Les natures mortes de Heda ont souvent une composition en forme de triangle, dans laquelle les objets les plus hauts sont placés sur un côté. Il utilise assez peu de couleur dans ses peintures qui semblent presque être des monochromies. Il réutilise souvent les mêmes objets d'un tableau sur l'autre. Récipients en argent, coûteux verres de Venise, Nautiles, verres Rummer, verres Berkemeyer intensifient les contrastes entre les aliments sur fond clair obscur. Les tableaux de l'artiste furent le plus souvent des huiles exécutées sur panneau de bois, plus rarement sur toile. On peut déceler dans ses œuvres d’avant 1635, l’influence de Pieter Claesz (ainsi que de Floris Van Dyck (1575-1651). Après 1640 les compositions de Heda s'agrandissent, deviennent plus riches, plus décoratives, telle la nature morte exposée au Musée de l'Ermitage, à Saint-Pétersbourg. Dès cette époque, Heda abandonne le format horizontal qu'il utilisait traditionnellement pour le vertical.

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2020 - A Still Life Collection
Un blog de Francis Rousseau


vendredi 8 mai 2020

Pieter Claesz (1597-1661) Nature morte à la salière


 Pieter Claesz (1597-1661) Nature morte à la salière Rijksmuseum


Pieter Claesz (1597-1661)
Nature morte à la salière
Rijksmuseum

Que voit on ? Cette nature morte à la salière comporte aussi un reste de poisson éventré, du pain, quelques olives et un verre de vin blanc dans lequel se reflète comme habituellement chez ce peintre de l'âge d'or, les reflets des fenêtres de la pièce dans laquelle se situe la scène.


Rappel biographique : Le peintre Pieter Claesz ou Pieter Claesz Van Haarlem (du nom de la ville ou il fut le plus actif), dont ce blog a posté déjà de nombreuses natures mortes, est un des plus grands représentants de la nature morte hollandaise de l'époque baroque, un maître auquel la plupart des peintres de natures mortes se sont référés à un moment ou a un autre de leur carrière. Willem Claeszoon Heda avec lequel on peut le confondre tant celui ci s'inspira de Pieter Claezs jusqu'à signer ses tableaux de son prénom abrégé (Claez), il fut l’un des peintres les plus importants de ce genre très diversifié qu'est la nature morte.
Bien que très construites et obéissant a un style très défini, une évolution dans la composition des natures mortes de Claez est perceptible. Si, au début, il disposait fréquemment les objets en croix ou dans une diagonale rigoureuse, par la suite il utilisa beaucoup plus le chevauchement des objets, ce qui crée une plus grande profondeur. En outre, au cours de sa vie, il élargit son point de vue et la vue latérale sur la table de la nature morte devient plus fréquente que la vue en plongée.
Claesz, souvent, utilisa les mêmes objets dans ses natures mortes : un couteau avec un lourd manche en nacre, une bouteille de verre brun, des assiettes en étain et des cruches à col de cygne, ainsi que de fin coquillages des porcelaines importés de Chine. On retrouve ces éléments d'une nature morte à l'autre, on les reconnait comme des objets familiers. Souvent, un verre est représenté couché, ce qui confère une certaine tension à la composition.
Si, au début de sa carrière, Claesz utilisait assez souvent des couleurs vives, il adoucit considérablement sa palette par la suite, employant des couleurs presque monochromatique et conférant ainsi à ses tableaux une atmosphère plus intimiste.
L’utilisation qui est faite de la lumière et de l’ombre par Claesz est remarquable. Il donner un tel rendu des textures par l'effet de la lumière sur les surfaces, que l'on peut reconnaître immédiatement une assiette en étain d’une assiette en argent, un roemer d'un pot en céramique. Cette maîtrise dans le traitement de la matière et des textures (les reflets du vin dans les verres sont des effets de pur génie !) est une caractéristique partagée par plusieurs peintres néerlandais du 17e siècle. C'est ce qui fait leur spécificité..
Claesz, avec Heda, fut à l’origine d’une véritable école de la nature morte, donnant à ce genre un statut véritablement noble. À partir de 1628, une sérieuse concurrence apparaît à Haarlem entre Pieter Claesz et Willem Claeszoon Heda, lequel s’inspirait fortement de lui et le suivait de près dans toutes ses innovations.
Nicolaes Berchem, le fils de Claesz, fut quant à lui un peintre de paysage très réputé.
En 2004/ 2005, une exposition itinérante rassemblant quarante-cinq œuvres de Claesz fut montée et présentée au Musée Frans Hals à Haarlem, ensuite au Kunsthaus de Zurich, et enfin au National Gallery of Art de Washington.

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2020 - A Still Life Collection
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vendredi 11 novembre 2022

Pieter Claesz (1597-1661),- Nature Morte au Bock de Bière, à la Pipe et au Jeu de Cartes


Pieter Claesz (1597-1661) Nature Morte au Bock de Bière, à la Pipe et au Jeu de Cartes, 1636 Huile sur toile, 50, 2 x 67,9 cm Musée Thyssen Bornemisza, Madrid


Pieter Claesz (1597-1661)
Nature Morte au Bock de Bière, à la Pipe et au Jeu de Cartes, 1636
Huile sur toile, 50, 2 x 67,9 cm
Musée Thyssen Bornemisza, Madrid


Que voit on ? Sur un entablement de bois un sujet très masculin visiblement inspirée par l'univers du jeu et des tripots. Un bock de bière en porcelaine de Delft, un verre rempli du breuvage, du tabac, une pipe, un braseiro, des allumettes et un jeu de cartes. Tout pour passer une bonne soirée, mais attention... le verre à liqueur vide et renversé ,à gauche du cadre, est là pour rappeler que rien n'est stable et que  peut s'arrêter d'un moment à l'autre.


Rappel biographique : Le peintre Pieter Claesz ou Pieter Claesz Van Haarlem (du nom de la ville ou il fut le plus actif), dont ce blog a posté déjà de nombreuses natures mortes, est un des plus grands représentants de la nature morte hollandaise de l'époque baroque, un maître auquel la plupart des peintres de natures mortes se sont référés à un moment ou a un autre de leur carrière. Willem Claeszoon Heda avec lequel on peut le confondre tant celui ci s'inspira de Pieter Claezs jusqu'à signer ses tableaux de son prénom abrégé (Claez), il fut l’un des peintres les plus importants de ce genre très diversifié qu'est la nature morte.
Bien que très construites et obéissant a un style très défini, une évolution dans la composition des natures mortes de Claez est perceptible. Si, au début, il disposait fréquemment les objets en croix ou dans une diagonale rigoureuse, par la suite il utilisa beaucoup plus le chevauchement des objets, ce qui crée une plus grande profondeur. En outre, au cours de sa vie, il élargit son point de vue et la vue latérale sur la table de la nature morte devient plus fréquente que la vue en plongée.
Claesz, souvent, utilisa les mêmes objets dans ses natures mortes : un couteau avec un lourd manche en nacre, une bouteille de verre brun, des assiettes en étain et des cruches à col de cygne, ainsi que de fin coquillages des porcelaines importés de Chine. On retrouve ces éléments d'une nature morte à l'autre, on les reconnait comme des objets familiers. Souvent, un verre est représenté couché, ce qui confère une certaine tension à la composition.
Si, au début de sa carrière, Claesz utilisait assez souvent des couleurs vives, il adoucit considérablement sa palette par la suite, employant des couleurs presque monochromatique et conférant ainsi à ses tableaux une atmosphère plus intimiste.
L’utilisation qui est faite de la lumière et de l’ombre par Claesz est remarquable. Il donner un tel rendu des textures par l'effet de la lumière sur les surfaces, que l'on peut reconnaître immédiatement une assiette en étain d’une assiette en argent, un roemer d'un pot en céramique. Cette maîtrise dans le traitement de la matière et des textures (les reflets du vin dans les verres sont des effets de pur génie !) est une caractéristique partagée par plusieurs peintres néerlandais du 17e siècle. C'est ce qui fait leur spécificité..
Claesz, avec Heda, fut à l’origine d’une véritable école de la nature morte, donnant à ce genre un statut véritablement noble. À partir de 1628, une sérieuse concurrence apparaît à Haarlem entre Pieter Claesz et Willem Claeszoon Heda, lequel s’inspirait fortement de lui et le suivait de près dans toutes ses innovations.
Nicolaes Berchem, le fils de Claesz, fut quant à lui un peintre de paysage très réputé.
En 2004/ 2005, une exposition itinérante rassemblant quarante-cinq œuvres de Claesz fut montée et présentée au Musée Frans Hals à Haarlem, ensuite au Kunsthaus de Zurich, et enfin au National Gallery of Art de Washington.

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vendredi 17 mai 2019

Pieter Claesz (1597-1660) - Nature morte aux huitres, à la dinde, et à la tourte



Pieter Claesz (1597-1660) 
Nature morte aux huitres, à la dinde, et à la tourte 1627
Rijksmuseum, Amsterdam

Que voit-on ? A qui aurait tendance à oublier quel niveau de maitrise absolue, de virtuosité technique et de génie imaginatif atteignirent les peintres d el' Age d'or flamand, on en peut que conseiller de regarder encore et encore les natures martes du maître  incontestable du genre, Pieter Claesz. Tout y est, y compris la nature morte à l'intérieur de la nature morte pour qui se donne la peine d'agrandir et de regarder le reflet dans l'aiguière d'argent.  Sans commentaires.

Rappel biographique : Le peintre Pieter Claesz  ou Pieter Claesz Van Haarlem  (du nom de la ville ou il fut le plus actif),  dont ce blog a posté déjà de nombreuses natures mortes, est un des plus grands représentants de la nature morte hollandaise de l'époque baroque, un maître auquel la plupart des peintres de natures mortes se sont référés à un moment ou a un autre de leur carrière.  Willem Claeszoon Heda avec lequel on peut le confondre tant celui ci s'inspira de  Pieter Claezs jusqu'à signer ses tableaux de son prénom abrégé (Claez), il fut l’un des peintres les plus importants de ce genre très diversifié qu'est la nature morte.
Bien que très construites et obéissant a un style très défini,  une évolution dans la composition des natures mortes de Claez est perceptible. Si, au début, il disposait fréquemment les objets en croix ou dans une diagonale rigoureuse, par la suite il utilisa beaucoup plus le chevauchement des objets, ce qui crée une plus grande profondeur. En outre, au cours de sa vie, il élargit son point de vue  et la vue latérale sur la table de la nature morte devient plus fréquente que la vue en plongée.
Claesz, souvent, utilisa les mêmes objets dans ses natures mortes : un couteau avec un lourd manche en nacre,  une bouteille de verre brun, des assiettes en étain et des cruches à col de cygne, ainsi que de fin coquillages  des porcelaines importés de Chine.  On retrouve ces éléments d'une nature morte à l'autre, on les reconnait comme des objets familiers. Souvent, un verre est représenté couché, ce qui confère une certaine tension à la composition.
Si, au début de sa carrière, Claesz utilisait assez souvent des couleurs vives, il adoucit considérablement sa palette par la suite, employant des couleurs presque monochromatique et conférant ainsi à ses tableaux une  atmosphère plus intimiste.
L’utilisation qui est faite de la lumière et de l’ombre par Claesz est remarquable. Il  donne un tel rendu des textures par l'effet de la lumière sur les surfaces, que l'on peut reconnaître immédiatement une assiette en étain d’une assiette en argent, un roemer d'un pot en céramique. Cette maîtrise dans le traitement de la matière et des textures (les reflets du vin dans les verres sont des effets de pur génie !) est une caractéristique partagée par plusieurs peintres néerlandais du 17e siècle. C'est ce qui fait leur spécificité.
Claesz, avec Heda, fut à l’origine d’une véritable école de la nature morte, donnant à ce genre un statut véritablement noble. À partir de 1628, une sérieuse concurrence apparaît à Haarlem entre Pieter Claesz et Willem Claeszoon Heda, lequel s’inspirait fortement de lui et le suivait de près dans toutes ses innovations.
Nicolaes Berchem, le fils de Claesz, fut  quant à lui un peintre de paysage très réputé.

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dimanche 8 octobre 2023

Pieter Claesz (1597-1661) - Nature morte avec du fromage vieilli dans un panier, du hareng, des oignons et du pain sur une serviette blanche


Pieter Claesz (1597-1661) Stilleven met oude kaas in mand, haring, uitjes en brood op een wit servet, 1625 Nature morte avec du fromage vieilli dans un panier, du hareng, des oignons et du pain sur une serviette blanche Huile sur panneau, 48 cm x 67.5 cm Collection privée en dépôt au Frans Hals Museum, Haarlem


Pieter Claesz (1597-1661)
Nature morte avec du fromage vieilli dans un panier, du hareng, des oignons et du pain sur une serviette blanche, 1625
Stilleven met oude kaas in mand, haring, uitjes en brood op een wit servet, 1625
Huile sur panneau, 48 cm x 67.5 cm
Collection privée en dépôt au Frans Hals Museum, Haarlem

 Que voit on ? Un chef d'œuvre absolu d'un des plus grands maîtres de nature morte que l'Europe ait produit. Tout est décrit dans le titre en quelques mots qui sont en réalité un luxe de détails.


Rappel biographique : Le peintre Pieter Claesz ou Pieter Claesz Van Haarlem (du nom de la ville ou il fut le plus actif), dont ce blog a posté déjà de nombreuses natures mortes, est un des plus grands représentants de la nature morte hollandaise de l'époque baroque, un maître auquel la plupart des peintres de natures mortes se sont référés à un moment ou a un autre de leur carrière. Willem Claeszoon Heda avec lequel on peut le confondre tant celui ci s'inspira de Pieter Claezs jusqu'à signer ses tableaux de son prénom abrégé (Claez), il fut l’un des peintres les plus importants de ce genre très diversifié qu'est la nature morte.
Bien que très construites et obéissant a un style très défini, une évolution dans la composition des natures mortes de Claez est perceptible. Si, au début, il disposait fréquemment les objets en croix ou dans une diagonale rigoureuse, par la suite il utilisa beaucoup plus le chevauchement des objets, ce qui crée une plus grande profondeur. En outre, au cours de sa vie, il élargit son point de vue et la vue latérale sur la table de la nature morte devient plus fréquente que la vue en plongée.
Claesz, souvent, utilisa les mêmes objets dans ses natures mortes : un couteau avec un lourd manche en nacre, une bouteille de verre brun, des assiettes en étain et des cruches à col de cygne, ainsi que de fin coquillages des porcelaines importés de Chine. On retrouve ces éléments d'une nature morte à l'autre, on les reconnait comme des objets familiers. Souvent, un verre est représenté couché, ce qui confère une certaine tension à la composition.
Si, au début de sa carrière, Claesz utilisait assez souvent des couleurs vives, il adoucit considérablement sa palette par la suite, employant des couleurs presque monochromatique et conférant ainsi à ses tableaux une atmosphère plus intimiste.
L’utilisation qui est faite de la lumière et de l’ombre par Claesz est remarquable. Il donner un tel rendu des textures par l'effet de la lumière sur les surfaces, que l'on peut reconnaître immédiatement une assiette en étain d’une assiette en argent, un roemer d'un pot en céramique. Cette maîtrise dans le traitement de la matière et des textures (les reflets du vin dans les verres sont des effets de pur génie !) est une caractéristique partagée par plusieurs peintres néerlandais du 17e siècle. C'est ce qui fait leur spécificité..
Claesz, avec Heda, fut à l’origine d’une véritable école de la nature morte, donnant à ce genre un statut véritablement noble. À partir de 1628, une sérieuse concurrence apparaît à Haarlem entre Pieter Claesz et Willem Claeszoon Heda, lequel s’inspirait fortement de lui et le suivait de près dans toutes ses innovations.
Nicolaes Berchem, le fils de Claesz, fut quant à lui un peintre de paysage très réputé.
En 2004/ 2005, une exposition itinérante rassemblant quarante-cinq œuvres de Claesz fut montée et présentée au Musée Frans Hals à Haarlem, ensuite au Kunsthaus de Zurich, et enfin au National Gallery of Art de Washington.

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mercredi 11 décembre 2019

Pieter Claesz (1597-1661) - Nature morte aux instruments de musique

Pieter Claesz (1597-1661) Nature morte aux instruments de musique  Huile sur toile, 122 x 69cm Musée du Louvre, Paris

Pieter Claesz (1597-1661)
Nature morte aux instruments de musique, 1623
Huile sur toile, 122 x 69cm
Musée du Louvre, Paris

Que voit-on  ? Une composition très symbolique  réunissant sur une même toile une nature morte alimentaire illustrant les plaisirs de la chair et une nature morte d'instruments de musique illustrant les plaisirs de l'esprit. 
La composition présente au premier plan à droite une viole de gambe (ancêtre du violoncelle moderne) dont la fonction dans cette peinture est de relier le premier plan à l'arrière plan par une diagonale qui occupe toute la partie droite. 
Le deuxième plan est constitué, sur la gauche, d'une petite table dite ""rognon"  sur laquelle on peut voir  une tortue vivante et deux flacons en verre teinté dans lesquels se reflètent le reste de la pièce (sans doute une piece de sous-sol  si l'on en juge par la hauteur de la fenêtre en soupirail qui l'éclaire). 
 Le troisième plan est constitué de la nature morte alimentaire proprement dite (les plaisirs de la chair) qui présente de façon assez classique des amoncellements de friandises et de mets salés (pâtés sur des plateaux d'argent) et du vin se reflétant dans un miroir disposé coté plaisir de l'esprit, attribuant ainsi de fait au vin la vertu de flatter a la fois les plaisirs de la chair et ceux de l'esprit !   
Mais attention  : une montre  disposant à la lisière des deux types de plaisirs avertis le pesanteur que le temps passe inexorablement et qu'il faudra un jour renoncer a tous ces plaisirs à la fois ...ce qui est une des fonctions premières de toute nature morte !

Rappel biographique : Le peintre Pieter Claesz ou Pieter Claesz Van Haarlem (du nom de la ville ou il fut le plus actif), dont ce blog a posté déjà de nombreuses natures mortes, est un des plus grands représentants de la nature morte hollandaise de l'époque baroque, un maître auquel la plupart des peintres de natures mortes se sont référés à un moment ou a un autre de leur carrière. Willem Claeszoon Heda avec lequel on peut le confondre tant celui ci s'inspira de Pieter Claezs jusqu'à signer ses tableaux de son prénom abrégé (Claez), il fut l’un des peintres les plus importants de ce genre très diversifié qu'est la nature morte.
Bien que très construites et obéissant a un style très défini, une évolution dans la composition des natures mortes de Claez est perceptible. Si, au début, il disposait fréquemment les objets en croix ou dans une diagonale rigoureuse, par la suite il utilisa beaucoup plus le chevauchement des objets, ce qui crée une plus grande profondeur. En outre, au cours de sa vie, il élargit son point de vue et la vue latérale sur la table de la nature morte devient plus fréquente que la vue en plongée.
Claesz, souvent, utilisa les mêmes objets dans ses natures mortes : un couteau avec un lourd manche en nacre, une bouteille de verre brun, des assiettes en étain et des cruches à col de cygne, ainsi que de fin coquillages des porcelaines importés de Chine. On retrouve ces éléments d'une nature morte à l'autre, on les reconnait comme des objets familiers. Souvent, un verre est représenté couché, ce qui confère une certaine tension à la composition.
Si, au début de sa carrière, Claesz utilisait assez souvent des couleurs vives, il adoucit considérablement sa palette par la suite, employant des couleurs presque monochromatique et conférant ainsi à ses tableaux une atmosphère plus intimiste.
L’utilisation qui est faite de la lumière et de l’ombre par Claesz est remarquable. Il donner un tel rendu des textures par l'effet de la lumière sur les surfaces, que l'on peut reconnaître immédiatement une assiette en étain d’une assiette en argent, un roemer d'un pot en céramique. Cette maîtrise dans le traitement de la matière et des textures (les reflets du vin dans les verres sont des effets de pur génie !) est une caractéristique partagée par plusieurs peintres néerlandais du 17e siècle. C'est ce qui fait leur spécificité..
Claesz, avec Heda, fut à l’origine d’une véritable école de la nature morte, donnant à ce genre un statut véritablement noble. À partir de 1628, une sérieuse concurrence apparaît à Haarlem entre Pieter Claesz et Willem Claeszoon Heda, lequel s’inspirait fortement de lui et le suivait de près dans toutes ses innovations.
Nicolaes Berchem, le fils de Claesz, fut quant à lui un peintre de paysage très réputé.
En 2004/ 2005, une exposition itinérante rassemblant quarante-cinq œuvres de Claesz fut montée et présentée au Musée Frans Hals à Haarlem, ensuite au Kunsthaus de Zurich, et enfin au National Gallery of Art de Washington.

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lundi 14 janvier 2019

Pieter Claesz (1597-1661) - Nature morte aux instruments de musique


Pieter Claesz (1597-1661)
Nature morte aux instruments de musique, 1623
Huile sur bois, 69 x122 cm
Musée du Louvre,  Paris

Que voit on ? Cette  très célèbre nature morte de Claesz qui recèle plusieurs histoires en une seule, regroupe, sur la droite de la composition, trois magnifiques instruments de musique (un thème de prédilection de l'artiste) et, sur la gauche,  mets délicats de l'époque  tourtes, sucreries espagnoles, nougats... ) et objets précieux.
Elle raconte l'histoire des plaisirs de la vie avec ses nourritures matérielles et ses nourritures spirituelles (la musique) et de leurs usages avec, comme élément central de l'oeuvre un somptueux verre de vin posé au milieu des nourritures mais dont le reflet apparait dans un miroir posé du côté des instruments de musiques et des  plaisirs de l'esprit.
On remarque aussi cette tortue au premier plan, prétexte à démontrer toute la virtuosité du maître  dans le traitement des textures.
Le Musée du Louvre ne possède qu'un seul tableau de Pieter Claesz  et c'est  cette  Nature morte aux instruments de musique, monogrammée et datée PC A(nn)O 1623. Les circonstances de son acquisition raconte elle aussi une histoire, absolument tragique et qui a du attendre longtemps avant de trouver une résolution  vaguement honorable.
Cette œuvre fut  en effet « donnée » au Louvre en 1939 par l'industriel du textile Friedrich Unger (1891-1954) dans le but de hater sa procédure de  sa naturalisation française alors que apatride de religion israélite, résidant à Aurillac, il  avait pu fuir l'Autriche où il avait été  emprisonné par la Gestapo, obligé de céder ses participations dans ses entreprises textiles et  abandonné sur place la majeure partie de sa collection de tableaux. Ce "don"  au Louvre fut assorti d'un tableau de Francesco Trevisani, (alors attribué à Jacques-Louis David) et d'une nature morte de Jan II de Heem. Si l'administration de l'époque accepta avec célérité la triple donation, la procédure de naturalisation fut plus lente et même ...échoua. Après la guerre,  Friedrich Unger essaya en vain de se faire restituer ses œuvres données au Louvre. Il faudra attendre septembre 2009 pour que sa fille Grete, née en 1927, obtienne une compensation financière du gouvernement français à hauteur d'1,37 million d'euros.

Rappel biographique :
 Le peintre Pieter Claesz  ou Pieter Claesz Van Haarlem  (du nom de la ville ou il fut le plus actif),  dont ce blog a posté déjà de nombreuses natures mortes, est un des plus grands représentants de la nature morte hollandaise de l'époque baroque, un maître auquel la plupart des peintres de natures mortes se sont référés à un moment ou a un autre de leur carrière.  Willem Claeszoon Heda avec lequel on peut le confondre tant celui ci s'inspira de  Pieter Claezs jusqu'à signer ses tableaux de son prénom abrégé (Claez), il fut l’un des peintres les plus importants de ce genre très diversifié qu'est la nature morte.
Bien que très construites et obéissant a un style très défini,  une évolution dans la composition des natures mortes de Claez est perceptible. Si, au début, il disposait fréquemment les objets en croix ou dans une diagonale rigoureuse, par la suite il utilisa beaucoup plus le chevauchement des objets, ce qui crée une plus grande profondeur. En outre, au cours de sa vie, il élargit son point de vue  et la vue latérale sur la table de la nature morte devient plus fréquente que la vue en plongée.
Claesz, souvent, utilisa les mêmes objets dans ses natures mortes : un couteau avec un lourd manche en nacre,  une bouteille de verre brun, des assiettes en étain et des cruches à col de cygne, ainsi que de fin coquillages  des porcelaines importés de Chine.  On retrouve ces éléments d'une nature morte à l'autre, on les reconnait comme des objets familiers. Souvent, un verre est représenté couché, ce qui confère une certaine tension à la composition.
Si, au début de sa carrière, Claesz utilisait assez souvent des couleurs vives, il adoucit considérablement sa palette par la suite, employant des couleurs presque monochromatique et conférant ainsi à ses tableaux une  atmosphère plus intimiste.
L’utilisation qui est faite de la lumière et de l’ombre par Claesz est remarquable. Il  donne un tel rendu des textures par l'effet de la lumière sur les surfaces, que l'on peut reconnaître immédiatement une assiette en étain d’une assiette en argent, un roemer d'un pot en céramique. Cette maîtrise dans le traitement de la matière et des textures (les reflets du vin dans les verres sont des effets de pur génie !) est une caractéristique partagée par plusieurs peintres néerlandais du 17e siècle. C'est ce qui fait leur spécificité.
Claesz, avec Heda, fut à l’origine d’une véritable école de la nature morte, donnant à ce genre un statut véritablement noble. À partir de 1628, une sérieuse concurrence apparaît à Haarlem entre Pieter Claesz et Willem Claeszoon Heda, lequel s’inspirait fortement de lui et le suivait de près dans toutes ses innovations.
Nicolaes Berchem, le fils de Claesz, fut  quant à lui un peintre de paysage très réputé.
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mardi 4 mars 2014

Pieter Claesz (1597-1661) - Vanité



Pieter Claesz (1597-1661)
Vanité (1630)
Mauristhuis, La Haye

Que voit-on ? Un crâne posé sur une pile de papiers et de livres usagers, à côté  d'une plume, d'un tibia, d'un verre vide et  renversé, d'un encrier et d'un bougeoir vide. Ces éléments positionnés de manière désordonnée constituent les éléments habituels des vanités. Le crâne et le tibia rappellent le destin inéluctable de l’être vivant, le verre vide et renversé fait allusion à la fragilité et à l'inconsistance de la vie. La plume, ainsi que les écrits, évoquent la recherche de réponses aux questions des problèmes philosophiques ou métaphysiques. Quant au bougeoir vide, il rappelle que la vie est éphémère et que le temps inexorablement s'est écoulé.



Rappel biographique : Le peintre Pieter Claesz  ou Pieter Claesz Van Haarlem  (du nom de la ville ou il fut le plus actif), est un des plus grands représentants de la nature morte hollandaise de l'époque baroque, un maître auquel la plupart des peintres de natures mortes se sont référés à un moment ou a un autre de leur carrière.  Willem Claeszoon Heda avec lequel on peut le confondre tant celui ci s'inspira de  Pieter Claezs jusqu'à signer ses tablaux de son prénom abrégé (Claez), il fut l’un des peintres les plus importants de ce genre très diversifié qu'est la nature morte.
Au 17 siècle, les natures mortes se divisaient en plusieurs catégories :
pronkstilleven  (natures mortes d’apparat),  comme c'est le cas ici, dans cette Nature morte à la tourte avec une dinde,  dans lesquelles sont représentés des coupes en argent ou en or lourdement décorées, des nautiles, des verres de vins, et beaucoup de fruits ou de fleurs. Beaucoup d’aliments composent ces natures mortes comme du pain, du fromage, du vin, des huîtres, du poisson, de la volaille, du jambon, des olives et des noix. Le citron est également souvent représenté, comme touche jaune dans la palette monochromatique. Il faut savoir  toutefois que Pieter Claesz introduisait rarement des fruits dans ses peintures. Quand il le faisait, c'était toujours sur la demande du commanditaire  Dans ce cas Claesz recours à un de ses collègues peintres, Roelof Koets, qui était chargé de remplir  alors le quart ou la moitié du tableau de fruits et de feuilles de vigne et y plaçait une corbeille ou une porcelaine. Les deux peintres signaient alors le tableau, Claesz lui-même signait des initiales PC, ou PCH (« H » pour Haarlem) comme c'est le cas ici. 
-  ontbijtgens  (petits déjeuners) qualifiant des natures mortes avec du pain, des couteaux, et du poisson et qui correspondait à ce que l’on mangeait dans un repas situé en fin de matinée.
banketgens  (petits banquets) qualifiant des natures mortes dans lesquelles était représenté  spécifiquement et exclusivement un pâté bien rempli. 
toebackjes ( petits tabacs) : qualifiant des natures mortes contenant du tabac, une pipe, et d'autres objets du même type.
les vanités enfin, natures mortes qui renvoient à la mort et au caractère éphémère de la vie et du plaisir et que Claesz a peint en nombre important. Dans ce cas, il peint des bougies éteintes ou complètement consumées, des instruments de musique, des montres, de vieux livres, des ustensiles d'écriture telle qu'une plume d’oie, qu'il place en perspective des crânes. Ces Vanités de Claesz étaient destinées à encourager le public à mener une vie simple et religieuse et a tempérer les excès de plaisir auxquels invitaient ses autres natures mortes. 
Bien que très construites et obéissant a un style très défini,  une évolution dans la composition des natures mortes de Claez est perceptible. Si, au début, il disposait fréquemment les objets en croix ou dans une diagonale rigoureuse, par la suite il utilisa beaucoup plus le chevauchement des objets, ce qui crée une plus grande profondeur. En outre, au cours de sa vie, il élargit son point de vue  et la vue latérale sur la table de la nature morte devient plus fréquente que la vue en plongée.
Claesz, souvent, utilisa les mêmes objets dans ses natures mortes : un couteau avec un lourd manche en nacre,  une bouteille de verre brun, des assiettes en étain et des cruches à col de cygne, ainsi que de fin coquillages  des porcelaines importés de Chine.  On retrouve ces éléments d'une nature morte à l'autre, on les reconnait comme des objets familiers. Souvent, un verre est représenté couché, ce qui confère une certaine tension à la composition.
Si, au début de sa carrière, Claesz utilisait assez souvent des couleurs vives, il adoucit considérablement sa palette par la suite, employant des couleurs presque monochromatique et conférant ainsi à ses tableaux une  atmosphère plus intimiste. 
L’utilisation qui est faite de la lumière et de l’ombre par Claesz est remarquable. Il  donner un tel rendu des textures par  l'effet de la lumière sur les surfaces, que l'on peut reconnaître immédiatement une assiette en étain d’une assiette en argent, un roemer d'un pot en céramique. Cette maîtrise dans le traitement de la matière et des textures (les reflets du vin dans les verres sont des effets de pur génie !) est une caractéristique partagée par plusieurs peintres néerlandais du 17e siècle. C'est ce qui fait leur spécificité..  
Claesz, avec Heda, fut à l’origine d’une véritable école de la nature morte, donnant à ce genre un statut véritablement noble.   À partir de 1628, une sérieuse concurrence apparaît à Haarlem entre Pieter Claesz et Willem Claeszoon Heda, lequel s’inspirait fortement de lui et le suivait de près dans toutes ses innovations.
Nicolaes Berchem, le fils de Claesz, fut  quant à lui un peintre de paysage  très réputé.
En 2004/ 2005, une exposition itinérante rassemblant quarante-cinq œuvres de Claesz fut montée et présentée au Musée Frans Hals à Haarlem, ensuite au Kunsthaus de Zurich, et enfin au National Gallery of Art de Washington.




samedi 1 mars 2014

Pieter Claesz (1597-1661)- Nature morte avec Vanité, matériel d'écriture, montre et anémone



Pieter Claesz (1597-1661)
Nature morte avec Vanité, matériel d'écriture, montre et anémone
Mauristhuis, La Haye


Que voit-on ? Un crâne posé sur une table, à côté  d'une plume, d'une montre à gousset, d'une anémone et d'une bougie allumée.  Ces éléments sont positionnés de manière désordonnée et ne sont pas sans rappeler les représentations de coutume dans les vanités. Le crâne souligne le destin inéluctable de l’être vivant, l'anémone fait allusion à la fragilité de la vie mais aussi sa bouleversante beauté. La plume, ainsi que les écrits évoquent la recherche de réponses aux questions des problèmes philosophiques et/ou métaphysiques. Quant au bougeoir allumé à côté de la montre où  les heures défilent inexorablement, il rappelle que la vie (la flamme) est éphémère et que le temps  n'n finit jamais de passer.


Rappel biographique : Le peintre Pieter Claesz  ou Pieter Claesz Van Haarlem  (du nom de la ville ou il fut le plus actif), est un des plus grands représentants de la nature morte hollandaise de l'époque baroque, un maître auquel la plupart des peintres de natures mortes se sont référés à un moment ou a un autre de leur carrière.  Willem Claeszoon Heda avec lequel on peut le confondre tant celui ci s'inspira de  Pieter Claezs jusqu'à signer ses tablaux de son prénom abrégé (Claez), il fut l’un des peintres les plus importants de ce genre très diversifié qu'est la nature morte.
Au 17 siècle, les natures mortes se divisaient en plusieurs catégories :
pronkstilleven  (natures mortes d’apparat),  comme c'est le cas ici, dans cette Nature morte à la tourte avec une dinde,  dans lesquelles sont représentés des coupes en argent ou en or lourdement décorées, des nautiles, des verres de vins, et beaucoup de fruits ou de fleurs. Beaucoup d’aliments composent ces natures mortes comme du pain, du fromage, du vin, des huîtres, du poisson, de la volaille, du jambon, des olives et des noix. Le citron est également souvent représenté, comme touche jaune dans la palette monochromatique. Il faut savoir  toutefois que Pieter Claesz introduisait rarement des fruits dans ses peintures. Quand il le faisait, c'était toujours sur la demande du commanditaire  Dans ce cas Claesz recours à un de ses collègues peintres, Roelof Koets, qui était chargé de remplir  alors le quart ou la moitié du tableau de fruits et de feuilles de vigne et y plaçait une corbeille ou une porcelaine. Les deux peintres signaient alors le tableau, Claesz lui-même signait des initiales PC, ou PCH (« H » pour Haarlem) comme c'est le cas ici. 
-  ontbijtgens  (petits déjeuners) qualifiant des natures mortes avec du pain, des couteaux, et du poisson et qui correspondait à ce que l’on mangeait dans un repas situé en fin de matinée.
banketgens  (petits banquets) qualifiant des natures mortes dans lesquelles était représenté  spécifiquement et exclusivement un pâté bien rempli. 
toebackjes ( petits tabacs) : qualifiant des natures mortes contenant du tabac, une pipe, et d'autres objets du même type.
les vanités enfin, natures mortes qui renvoient à la mort et au caractère éphémère de la vie et du plaisir et que Claesz a peint en nombre important. Dans ce cas, il peint des bougies éteintes ou complètement consumées, des instruments de musique, des montres, de vieux livres, des ustensiles d'écriture telle qu'une plume d’oie, qu'il place en perspective des crânes. Ces Vanités de Claesz étaient destinées à encourager le public à mener une vie simple et religieuse et a tempérer les excès de plaisir auxquels invitaient ses autres natures mortes. 
Bien que très construites et obéissant a un style très défini,  une évolution dans la composition des natures mortes de Claez est perceptible. Si, au début, il disposait fréquemment les objets en croix ou dans une diagonale rigoureuse, par la suite il utilisa beaucoup plus le chevauchement des objets, ce qui crée une plus grande profondeur. En outre, au cours de sa vie, il élargit son point de vue  et la vue latérale sur la table de la nature morte devient plus fréquente que la vue en plongée.
Claesz, souvent, utilisa les mêmes objets dans ses natures mortes : un couteau avec un lourd manche en nacre,  une bouteille de verre brun, des assiettes en étain et des cruches à col de cygne, ainsi que de fin coquillages  des porcelaines importés de Chine.  On retrouve ces éléments d'une nature morte à l'autre, on les reconnait comme des objets familiers. Souvent, un verre est représenté couché, ce qui confère une certaine tension à la composition.
Si, au début de sa carrière, Claesz utilisait assez souvent des couleurs vives, il adoucit considérablement sa palette par la suite, employant des couleurs presque monochromatique et conférant ainsi à ses tableaux une  atmosphère plus intimiste. 
L’utilisation qui est faite de la lumière et de l’ombre par Claesz est remarquable. Il  donner un tel rendu des textures par  l'effet de la lumière sur les surfaces, que l'on peut reconnaître immédiatement une assiette en étain d’une assiette en argent, un roemer d'un pot en céramique. Cette maîtrise dans le traitement de la matière et des textures (les reflets du vin dans les verres sont des effets de pur génie !) est une caractéristique partagée par plusieurs peintres néerlandais du 17e siècle. C'est ce qui fait leur spécificité..  
Claesz, avec Heda, fut à l’origine d’une véritable école de la nature morte, donnant à ce genre un statut véritablement noble.   À partir de 1628, une sérieuse concurrence apparaît à Haarlem entre Pieter Claesz et Willem Claeszoon Heda, lequel s’inspirait fortement de lui et le suivait de près dans toutes ses innovations.
Nicolaes Berchem, le fils de Claesz, fut  quant à lui un peintre de paysage  très réputé.
En 2004/ 2005, une exposition itinérante rassemblant quarante-cinq œuvres de Claesz fut montée et présentée au Musée Frans Hals à Haarlem, ensuite au Kunsthaus de Zurich, et enfin au National Gallery of Art de Washington.




mardi 5 janvier 2016

Pieter Claesz (1597-1661) - Nature morte avec gobelet d'or



Pieter Claesz (1597-1661)
Nature morte avec gobelet d'or  (1624)
Gemäldegalerie, Dresden

Que voit on ? Sur une console en marbre : une nature morte d'apparat composée d'objets rares et précieux dont un nautile qui expose la nacre rutilante de son intérieur comme de son extérieur ;  deux verres Beckmeyer dont un brisé ; une montre en or à gousset présentée ouverte ; des coquillages de collection extraits d'un cabinet de curiosités ; un livre entr'ouvert. La pièce centrale de cette accumulation de richesses est un immense et somptueux calice ou gobelet en or sculpté dont le couvercle est couronné d'une statuette. La composition est placée (fait assez rare pour une nature morte d'apparat de ce type) devant un rideau noir qui s'ouvre sur un paysage extérieur où l'on aperçoit deux silhouettes en conversation. Plusieurs éléments la montre, le rubans (dont un bleu) qui pendent de l'entablement, l'oeillet et le verre brisé, viennent rappeler au propriétaire de toutes ces richesses matérielles et spirituelles (symbolisées par le livre) qu'il n'en est guère que le dépositaire temporaire et que la mort, tôt ou tard, viendra les lui ôter... si ce n'est déjà fait, comme le drap noir tendu devant le paysage et les personnages en conversation dans le lointain (les héritiers ?) pourrait le laisser supposer.

Rappel biographique : Le peintre Pieter Claesz  ou Pieter Claesz Van Haarlem  (du nom de la ville ou il fut le plus actif), est un des plus grands représentants de la nature morte hollandaise de l'époque baroque, un maître auquel la plupart des peintres de natures mortes se sont référés à un moment ou a un autre de leur carrière.  Willem Claeszoon Heda avec lequel on peut le confondre tant celui ci s'inspira de  Pieter Claezs jusqu'à signer ses tablaux de son prénom abrégé (Claez), il fut l’un des peintres les plus importants de ce genre très diversifié qu'est la nature morte.
Au 17 siècle, les natures mortes se divisaient en plusieurs catégories :
pronkstilleven  (natures mortes d’apparat),  comme c'est le cas ici, dans cette Nature morte à la tourte avec une dinde,  dans lesquelles sont représentés des coupes en argent ou en or lourdement décorées, des nautiles, des verres de vins, et beaucoup de fruits ou de fleurs. Beaucoup d’aliments composent ces natures mortes comme du pain, du fromage, du vin, des huîtres, du poisson, de la volaille, du jambon, des olives et des noix. Le citron est également souvent représenté, comme touche jaune dans la palette monochromatique. Il faut savoir  toutefois que Pieter Claesz introduisait rarement des fruits dans ses peintures. Quand il le faisait, c'était toujours sur la demande du commanditaire  Dans ce cas Claesz recours à un de ses collègues peintres, Roelof Koets, qui était chargé de remplir  alors le quart ou la moitié du tableau de fruits et de feuilles de vigne et y plaçait une corbeille ou une porcelaine. Les deux peintres signaient alors le tableau, Claesz lui-même signait des initiales PC, ou PCH (« H » pour Haarlem) comme c'est le cas ici. 
-  ontbijtgens  (petits déjeuners) qualifiant des natures mortes avec du pain, des couteaux, et du poisson et qui correspondait à ce que l’on mangeait dans un repas situé en fin de matinée.
banketgens  (petits banquets) qualifiant des natures mortes dans lesquelles était représenté  spécifiquement et exclusivement un pâté bien rempli. 
toebackjes ( petits tabacs) : qualifiant des natures mortes contenant du tabac, une pipe, et d'autres objets du même type.
les vanités enfin, natures mortes qui renvoient à la mort et au caractère éphémère de la vie et du plaisir et que Claesz a peint en nombre important. Dans ce cas, il peint des bougies éteintes ou complètement consumées, des instruments de musique, des montres, de vieux livres, des ustensiles d'écriture telle qu'une plume d’oie, qu'il place en perspective des crânes. Ces Vanités de Claesz étaient destinées à encourager le public à mener une vie simple et religieuse et a tempérer les excès de plaisir auxquels invitaient ses autres natures mortes. 
Bien que très construites et obéissant a un style très défini,  une évolution dans la composition des natures mortes de Claez est perceptible. Si, au début, il disposait fréquemment les objets en croix ou dans une diagonale rigoureuse, par la suite il utilisa beaucoup plus le chevauchement des objets, ce qui crée une plus grande profondeur. En outre, au cours de sa vie, il élargit son point de vue  et la vue latérale sur la table de la nature morte devient plus fréquente que la vue en plongée.
Claesz, souvent, utilisa les mêmes objets dans ses natures mortes : un couteau avec un lourd manche en nacre,  une bouteille de verre brun, des assiettes en étain et des cruches à col de cygne, ainsi que de fin coquillages  des porcelaines importés de Chine.  On retrouve ces éléments d'une nature morte à l'autre, on les reconnait comme des objets familiers. Souvent, un verre est représenté couché, ce qui confère une certaine tension à la composition.
Si, au début de sa carrière, Claesz utilisait assez souvent des couleurs vives, il adoucit considérablement sa palette par la suite, employant des couleurs presque monochromatique et conférant ainsi à ses tableaux une  atmosphère plus intimiste. 
L’utilisation qui est faite de la lumière et de l’ombre par Claesz est remarquable. Il  donner un tel rendu des textures par  l'effet de la lumière sur les surfaces, que l'on peut reconnaître immédiatement une assiette en étain d’une assiette en argent, un roemer d'un pot en céramique. Cette maîtrise dans le traitement de la matière et des textures (les reflets du vin dans les verres sont des effets de pur génie !) est une caractéristique partagée par plusieurs peintres néerlandais du 17e siècle. C'est ce qui fait leur spécificité..  
Claesz, avec Heda, fut à l’origine d’une véritable école de la nature morte, donnant à ce genre un statut véritablement noble.   À partir de 1628, une sérieuse concurrence apparaît à Haarlem entre Pieter Claesz et Willem Claeszoon Heda, lequel s’inspirait fortement de lui et le suivait de près dans toutes ses innovations.
Nicolaes Berchem, le fils de Claesz, fut  quant à lui un peintre de paysage  très réputé.
En 2004/ 2005, une exposition itinérante rassemblant quarante-cinq œuvres de Claesz fut montée et présentée au Musée Frans Hals à Haarlem, ensuite au Kunsthaus de Zurich, et enfin au National Gallery of Art de Washington.

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mercredi 25 janvier 2017

Pieter Claesz (1597-1661) - Nature morte aux instruments de musique

Pieter Claesz (1597-1661) Nature morte aux instruments de musique (1623), Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg

Pieter Claesz (1597-1661)
Nature morte aux instruments de musique (vers 1625)
Huile sur toile, (35,9 x 59,0 cm)
Germanisches Nationalmuseum, Nuremberg

 Que voit on ?   Pour ce grand maitre de la nature morte hollandaise, il s'agit dans cette oeuvre de sa jeunesse de réaliser, sur commande, une Vanité, c'est à dire une toile qui renvoie à la mort et au caractère éphémère de la vie et des plaisirs. Claesz en a peint énormément tout au long de sa vie. Celle-ci, qui est une de ses premières, rassemble toutes les règles du genre à savoir : des instruments de musique (deux violons sans cordes), une montre à complication, des vieux livres, des ustensiles d'écriture, une plume d’oie placée en perspective du crâne, un verre Rohmer renversé et vide (symbole d'une riche vie qui s'est écoulée et dont il ne reste plus rien) et le crâne bien entendu. Mais cette nature morte vaut aussi et surtout par la présence d'un miroir de sorcière ou miroir de banquier, ainsi appelé car sa surface convexe permettait aux usuriers de surveiller tous les mouvements suspects dans leur officine. Fréquemment placé prés d'un fenêtre dont il réfléchissait la lumière dans les intérieurs flamands assez sombres, on lui attribuait des pouvoirs magiques d'où son autre nom de miroir de sorcière. Ici le miroir est situé derrière la montre à complications, adossé à un violon sur la gauche de la composition et réfléchit la partie de la pièce que l'on ne voit pas et une partie de ce que l'on voit, ce qui va devenir une règle intangible dans les natures mortes de l'âge d'or hollandais; règle qui va  perdurer longtemps après. 
Dans l'agrandissement du miroir ci-dessous, on peut voit le reflet de la fenêtre mais aussi le reflet du jeune Pieter Claesz, coiffé d'un chapeau, et peignant le tableau sur son chevalet de même que le dos du tableau lui même. Ce n'est plus le miroir, mais la toile elle même qui devient pour le coup... magique. 



Rappel biographique : Le peintre Pieter Claesz  ou Pieter Claesz Van Haarlem  (du nom de la ville ou il fut le plus actif),  dont ce blog a posté déjà de nombreuses natures mortes, est un des plus grands représentants de la nature morte hollandaise de l'époque baroque, un maître auquel la plupart des peintres de natures mortes se sont référés à un moment ou a un autre de leur carrière.  Willem Claeszoon Heda avec lequel on peut le confondre tant celui ci s'inspira de  Pieter Claezs jusqu'à signer ses tablaux de son prénom abrégé (Claez), il fut l’un des peintres les plus importants de ce genre très diversifié qu'est la nature morte.
Au 17 siècle, les natures mortes se divisaient en plusieurs catégories :
- pronkstilleven  (natures mortes d’apparat),  dans lesquelles sont représentés des coupes en argent ou en or lourdement décorées, des nautiles, des verres de vins, et beaucoup de fruits ou de fleurs. Beaucoup d’aliments composent ces natures mortes comme du pain, du fromage, du vin, des huîtres, du poisson, de la volaille, du jambon, des olives et des noix. Le citron est également souvent représenté, comme touche jaune dans la palette monochromatique. Il faut savoir  toutefois que Pieter Claesz introduisait rarement des fruits dans ses peintures. Quand il le faisait, c'était toujours sur la demande du commanditaire  Dans ce cas Claesz recours à un de ses collègues peintres, Roelof Koets, qui était chargé de remplir  alors le quart ou la moitié du tableau de fruits et de feuilles de vigne et y plaçait une corbeille ou une porcelaine. Les deux peintres signaient alors le tableau, Claesz lui-même signait des initiales PC, ou PCH (« H » pour Haarlem) comme c'est le cas ici.
-  ontbijtgens  (petits déjeuners) qualifiant des natures mortes avec du pain, des couteaux, et du poisson et qui correspondait à ce que l’on mangeait dans un repas situé en fin de matinée.
- banketgens  (petits banquets) qualifiant des natures mortes dans lesquelles était représenté  spécifiquement et exclusivement un pâté bien rempli.
- toebackjes (petits tabacs) : qualifiant des natures mortes contenant du tabac, une pipe, et d'autres objets du même type.
- les vanités enfin, natures mortes qui renvoient à la mort et au caractère éphémère de la vie et du plaisir et que Claesz a peint en nombre important. Dans ce cas, il peint des bougies éteintes ou complètement consumées, des instruments de musique, des montres, de vieux livres, des ustensiles d'écriture telle qu'une plume d’oie, qu'il place en perspective des crânes. Ces Vanités de Claesz étaient destinées à encourager le public à mener une vie simple et religieuse et a tempérer les excès de plaisir auxquels invitaient ses autres natures mortes.
Bien que très construites et obéissant a un style très défini,  une évolution dans la composition des natures mortes de Claez est perceptible. Si, au début, il disposait fréquemment les objets en croix ou dans une diagonale rigoureuse, par la suite il utilisa beaucoup plus le chevauchement des objets, ce qui crée une plus grande profondeur. En outre, au cours de sa vie, il élargit son point de vue  et la vue latérale sur la table de la nature morte devient plus fréquente que la vue en plongée.
Claesz, souvent, utilisa les mêmes objets dans ses natures mortes : un couteau avec un lourd manche en nacre,  une bouteille de verre brun, des assiettes en étain et des cruches à col de cygne, ainsi que de fin coquillages  des porcelaines importés de Chine.  On retrouve ces éléments d'une nature morte à l'autre, on les reconnait comme des objets familiers. Souvent, un verre est représenté couché, ce qui confère une certaine tension à la composition.
Si, au début de sa carrière, Claesz utilisait assez souvent des couleurs vives, il adoucit considérablement sa palette par la suite, employant des couleurs presque monochromatique et conférant ainsi à ses tableaux une  atmosphère plus intimiste.
L’utilisation qui est faite de la lumière et de l’ombre par Claesz est remarquable. Il  donner un tel rendu des textures par  l'effet de la lumière sur les surfaces, que l'on peut reconnaître immédiatement une assiette en étain d’une assiette en argent, un roemer d'un pot en céramique. Cette maîtrise dans le traitement de la matière et des textures (les reflets du vin dans les verres sont des effets de pur génie !) est une caractéristique partagée par plusieurs peintres néerlandais du 17e siècle. C'est ce qui fait leur spécificité..
Claesz, avec Heda, fut à l’origine d’une véritable école de la nature morte, donnant à ce genre un statut véritablement noble.   À partir de 1628, une sérieuse concurrence apparaît à Haarlem entre Pieter Claesz et Willem Claeszoon Heda, lequel s’inspirait fortement de lui et le suivait de près dans toutes ses innovations.
Nicolaes Berchem, le fils de Claesz, fut  quant à lui un peintre de paysage  très réputé.
En 2004/ 2005, une exposition itinérante rassemblant quarante-cinq œuvres de Claesz fut montée et présentée au Musée Frans Hals à Haarlem, ensuite au Kunsthaus de Zurich, et enfin au National Gallery of Art de Washington.

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lundi 12 octobre 2015

Maerten-Boelema de Stomme (1611-1644)



Maerten-Boelema de Stomme (1611-1644)
Stille life with meat pie (1644)
Musée des beaux-arts de Nantes - Collection Cacault

Que voit on ? L'interminable titre original de l'œuvre en hollandais mentionne scrupuleusement, un à un,  chacun des  objets présents sur cette table y compris la grande serviette pliée que l'on aperçoit sur la droite entre les pièces d'étain renversées. Il y a d'ailleurs beaucoup d'objets renversés sur cette table, qui sont autant de symboles (avec le citron pelé) de la fragilité et de l 'amertume de l'existence humaine.  Le sujet principal de la composition est le pâté en croûte disposé sur un plat en étain qui se trouve à gauche du cadre et qui symbolise la jouissance des biens matériels.  La cafetière en étain et le Berkemeyer (verre au réceptacle très évasé et conique fabriqué en Allemagne depuis le 15e siècle) renversé  sur son bec verseur de même que le nautile qui gît sur le torchon au premier plan au milieu de quelques coquillages vides, sont autant de symboles du chaos du monde. Cette très célèbre  nature morte d'apparat au contenu philosophique est signée et datée sur le manche de la cafetière en étain  M.B de Stomme 1644.

Rappel biographique : Le peintre hollandais Maerten Boelema de Stomme est un peintre néerlandais de l'époque de l'âge d'or de la nature morte hollandaise. Il en est même un des représentants les plus illustres.  Le surnom  de «le muet» (de stomme) qui lui fut donné se réfère au fait qu'il était sourd et muet. Il signait d'ailleurs ses oeuvres  'M.B. de Stomme'  '"M.B le Muet"). Maerten Boelema était un élève de Willem Claeszoon Heda (connu aussi comme) Willem Claesz qui fut un des grands maîtres hollandais du genre. Maerten Boelema mourut  jeune, à l'âge de 33 ans. Extraordinaire  histoire que celle de cet artiste qui  a peint toutes les natures mortes que nous connaissons de lui aujourd'hui - c'est à dire une vingtaine -  dans les deux dernières années de sa vie (1642-1644) ! Compte tenu de la perfection de son style, on peut imaginer ce qu'aurait été l'œuvre de ce peintre s'il avait pu vivre plus longtemps. Comme son maître Claesz, Maerten Boelema est un peintre qui maîtrise parfaitement les transparences et qui a beaucoup peint de nautiles.



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