Affichage des articles triés par pertinence pour la requête Max Ernst,. Trier par date Afficher tous les articles
Affichage des articles triés par pertinence pour la requête Max Ernst,. Trier par date Afficher tous les articles

mardi 2 janvier 2024

Max Ernst (1891-1976) - Le Rossignol Chinois

Max Ernst (1891-1976) Le Rossignol Chinois, 1920 Photomontage, 12,2 x 8,8cm Musée des beaux-arts de Grenoble, France


Max Ernst (1891-1976)
Le Rossignol Chinois, 1920
Photomontage, 12,2 x 8,8cm
Musée des beaux-arts de Grenoble, France

Que voit-on ?  C'est une œuvre surréaliste, représentant en arrière-plan une bombe intacte dans un champ de paille et d'herbe. Le Rossignol est formé par une torpille, un éventail, deux bras humains. Ce photomontage dénonce la guerre et ridiculise les bombes considérées comme puissantes et performantes. Le surréalisme étant lié aux effets de ruptures et aux choses inattendues, Le Rossignol chinois mêlerait ainsi références  conscient et à l'inconscient. Son titre s'inspirerait du conte Le Rossignol et l'Empereur de Chine de Hans Christian Andersen. Une oeurve qui s'adapte parfaitement à l'absurdité absolue des temps à venir. 


Rappel Biographique : Max Ernst était un peintre allemand de la mouvance dada, surréaliste puis pataphysique. Né en Allemagne, il commence à étudier la philosophie à l'université de Bonn, mais il abandonne rapidement les cours pour se consacrer à l'art. En 1913, il rencontre Guillaume Apollinaire et Robert Delaunay et part à Paris,pour rejoindre, à Montparnasse, la cohorte d'artistes de toutes nationalités qui y travaillent.  En 1919,  il rend visite à Paul Klee et crée ses premières peintures, impressions à la main et collages ; il expérimente différents supports et matériaux. Durant la Première Guerre mondiale, il est engagé dans l'armée allemande. Après la guerre, plein de nouvelles idées, il fonde avec Jean Arp et l'activiste social Alfred Grunwald le groupe Dada de Cologne mais deux ans plus tard, en 1922, il retourne à la communauté d'artistes de Montparnasse à Paris.
Expérimentant constamment, il invente en 1925 le frottage où il laisse courir une mine de crayon à papier sur une feuille posée sur une surface quelconque (parquet ou autre texture). Cette technique fait apparaître des figures plus ou moins imaginaires. Elle s'apparente à l'écriture automatique des écrivains surréalistes  comme Paul Eluard et André Breton Qu'il côtoyait. En 1926 il collabore avec Joan Miro sur des dessins pour Sergei Diaghilev.
Puis il contribua largement à la naissance du mouvement surréaliste à Montparnasse. Après une période passée avec les surréalistes, il quitte leur groupe en partie à cause de Breton qui voulait écarter l'ami de Ernst, le poète Eluard. En 1934, il commence à sculpter, fréquentant Alberto Giacometti. En 1938, l'héritière américaine Peggy Guggenheim achète un bon nombre d'œuvres de Max Ernst qu'elle expose dans son nouveau musée à Londres.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, Max Ernst est arrêté comme étranger ennemi, mais, avec l'aide du journaliste américain Varian Fry refugié à Marseille, il réussit à quitter le pays en compagnie de Peggy Guggenheim. Ils arrivent aux USA en 1941 et se marient l'année suivante. Max Ernst vit à New York où, à côté des peintres d'avant-garde Marcel Duchamp et Marc Chagall qui ont fui la guerre en Europe, il aide au développement de l'expressionnisme abstrait chez les peintres américains.
Son mariage avec Peggy Guggenheim se termine par un échec et il épouse Dorothea Tanning à Beverly Hills, en Californie, en octobre 1946, lors d'une double cérémonie avec Man Ray et Juliet Bowser. Max Ernst s'installe alors aux USA à Sedona, en Arizona. En 1948, il écrit le traité « Beyond Painting » puis part voyager en Europe en 1950.
En 1952, il devient satrape du Collège de Pataphysique. À partir de 1953, il s'installe définitivement à Paris et l'année suivante gagne les biennales de Venise.  En 1963, il déménage avec sa femme dans une petite ville du sud de la France, Seillans, où il continue à travailler. Il crée les décors d'un théâtre et une fontaine pour la ville d'Ambois. En 1975, une rétrospective a lieu au Musée Solomon R. Guggenheim à New York et les Galeries Nationales du Grand Palais de Paris publient un catalogue complet de ses œuvres. Max Ernst  est enterré au Cimetière du Père Lachaise à Paris.

_______________________________

2024 - A Still Life Collection / Une inépuisable collection de natures mortes
Un blog de Francis Rousseau depuis 2011

mardi 26 septembre 2017

Max Ernst (1891-1976) - Untitled


Max Ernst (1891-1976)
Untitled, 1921 
National Galleries Scotland

 Que voit on ? Sous le titre " Sans titre " c'est bien une nature morte qui est présentée par Max Ernst qui en a réalisé très peu et revendiqué aucune sous l'appellation de nature morte,  pas même pas son  " Fleurs de coquillages " de 1929  conservé au Centre Pompidou à Paris. Dans cette gravure, il s'agit d'une nature morte d'objets tournant autour de l'idée du vin ou plutôt des contenants et des accessoires du breuvage à savoir : la bouteille, le verre, le bouchon, le tire-bouchon... l'explication est moins évidente quand il s'agit de s'attaquer à la bougie à ressort qui rappelle les dispositifs employés dans certaines ventes aux enchères lors des ventes à la bougie. La flamme de l'ivresse sans doute !

Rappel Biographique : Max Ernst était un peintre allemand de la mouvance dada, surréaliste puis pataphysique. Né en Allemagne, il commence à étudier la philosophie à l'université de Bonn, mais il abandonne rapidement les cours pour se consacrer à l'art. En 1913, il rencontre Guillaume Apollinaire et Robert Delaunay et part à Paris,pour rejoindre, à Montparnasse, la cohorte d'artistes de toutes nationalités qui y travaillent.  En 1919,  il rend visite à Paul Klee et crée ses premières peintures, impressions à la main et collages ; il expérimente différents supports et matériaux. Durant la Première Guerre mondiale, il est engagé dans l'armée allemande. Après la guerre, plein de nouvelles idées, il fonde avec Jean Arp et l'activiste social Alfred Grunwald le groupe Dada de Cologne mais deux ans plus tard, en 1922, il retourne à la communauté d'artistes de Montparnasse à Paris.
Expérimentant constamment, il invente en 1925 le frottage où il laisse courir une mine de crayon à papier sur une feuille posée sur une surface quelconque (parquet ou autre texture). Cette technique fait apparaître des figures plus ou moins imaginaires. Elle s'apparente à l'écriture automatique des écrivains surréalistes  comme Paul Eluard et André Breton Qu'il côtoyait. En 1926 il collabore avec Joan Miro sur des dessins pour Sergei Diaghilev.
Puis il contribua largement à la naissance du mouvement surréaliste à Montparnasse. Après une période passée avec les surréalistes, il quitte leur groupe en partie à cause de Breton qui voulait écarter l'ami de Ernst, le poète Eluard. En 1934, il commence à sculpter, fréquentant Alberto Giacometti. En 1938, l'héritière américaine Peggy Guggenheim achète un bon nombre d'œuvres de Max Ernst qu'elle expose dans son nouveau musée à Londres.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, Max Ernst est arrêté comme étranger ennemi, mais, avec l'aide du journaliste américain Varian Fry refugié à Marseille, il réussit à quitter le pays en compagnie de Peggy Guggenheim. Ils arrivent aux USA en 1941 et se marient l'année suivante. Max Ernst vit à New York où, à côté des peintres d'avant-garde Marcel Duchamp et Marc Chagall qui ont fui la guerre en Europe, il aide au développement de l'expressionnisme abstrait chez les peintres américains.
Son mariage avec Peggy Guggenheim se termine par un échec et il épouse Dorothea Tanning à Beverly Hills, en Californie, en octobre 1946, lors d'une double cérémonie avec Man Ray et Juliet Bowser. Max Ernst s'installe alors aux USA à Sedona, en Arizona. En 1948, il écrit le traité « Beyond Painting » puis part voyager en Europe en 1950.
En 1952, il devient satrape du Collège de Pataphysique. À partir de 1953, il s'installe définitivement à Paris et l'année suivante gagne les biennales de Venise.  En 1963, il déménage avec sa femme dans une petite ville du sud de la France, Seillans, où il continue à travailler. Il crée les décors d'un théâtre et une fontaine pour la ville d'Ambois. En 1975, une rétrospective a lieu au Musée Solomon R. Guggenheim à New York et les Galeries Nationales du Grand Palais de Paris publient un catalogue complet de ses œuvres. Max Ernst  est enterré au Cimetière du Père Lachaise à Paris.

2017 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau

lundi 27 juin 2016

Max Ernst (1891-1976) - Fleurs de coquillages



Max Ernst (1891-1976)
Fleurs de coquillages, 1929 
Centre Pompidou, Paris 

Cette œuvre a été récupérée en Allemagne après la chute du IIIème Reich et  attribué par l'office des biens privés en 1950, aux Musée nationaux français.

Rappel Biographique  :  Max Ernst était un peintre allemand de la mouvance dada, surréaliste puis pataphysique. Né  en Allemagne, il commence à étudier la philosophie à l'université de Bonn, mais il abandonne rapidement les cours pour se consacrer à l'art. En 1913, il rencontre Guillaume Apollinaire et Robert Delaunay et part à Paris,pour rejoindre, à Montparnasse, la cohorte d'artistes de toutes nationalités qui y travaillent.  En 1919,  il rend visite à Paul Klee et crée ses premières peintures, impressions à la main et collages ; il expérimente différents supports et matériaux. Durant la Première Guerre mondiale, il est engagé dans l'armée allemande. Après la guerre, plein de nouvelles idées, il fonde avec Jean Arp et l'activiste social Alfred Grunwald le groupe Dada de Cologne mais deux ans plus tard, en 1922, il retourne à la communauté d'artistes de Montparnasse à Paris. 
Expérimentant constamment, il invente en 1925 le frottage où il laisse courir une mine de crayon à papier sur une feuille posée sur une surface quelconque (parquet ou autre texture). Cette technique fait apparaître des figures plus ou moins imaginaires. Elle s'apparente à l'écriture automatique des écrivains surréalistes  comme Paul Eluard et André Breton Qu'il côtoyait. En 1926 il collabore avec Joan Miro sur des dessins pour Sergei Diaghilev. 
Puis il contribua largement à la naissance du mouvement surréaliste à Montparnasse. Après une période passée avec les surréalistes, il quitte leur groupe en partie à cause de Breton qui voulait écarter l'ami de Ernst, le poète Eluard. En 1934, il commence à sculpter, fréquentant Alberto Giacometti. En 1938, l'héritière américaine Peggy Guggenheim achète un bon nombre d'œuvres de Max Ernst qu'elle expose dans son nouveau musée à Londres. 
Au début de la Seconde Guerre mondiale, Max Ernst est arrêté comme étranger ennemi, mais, avec l'aide du journaliste américain Varian Fry refugié à Marseille, il réussit à quitter le pays en compagnie de Peggy Guggenheim. Ils arrivent aux USA en 1941 et se marient l'année suivante. Max Ernst vit à New York où, à côté des peintres d'avant-garde Marcel Duchamp et Marc Chagall qui ont fui la guerre en Europe, il aide au développement de l'expressionnisme abstrait chez les peintres américains. 
Son mariage avec Peggy Guggenheim se termine par un échec et il épouse Dorothea Tanning à Beverly Hills, en Californie, en octobre 1946, lors d'une double cérémonie avec Man Ray et Juliet Bowser. Max Ernst s'installe alors aux USA à Sedona, en Arizona. En 1948, il écrit le traité « Beyond Painting » puis part voyager en Europe en 1950. 
En 1952, il devient satrape du Collège de Pataphysique. À partir de 1953, il s'installe définitivement à Paris et l'année suivante gagne les biennales de Venise. 
En 1963, il déménage avec sa femme dans une petite ville du sud de la France, Seillans, où il continue à travailler. Il crée les décors d'un théâtre et une fontaine pour la ville d'Ambois. En 1975, une rétrospective a lieu au Musée Solomon R. Guggenheim à New York et les Galeries Nationales du Grand Palais de Paris publient un catalogue complet de ses œuvres. Max Ernst  est enterré au Cimetière du Père Lachaise à Paris.

2016 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau

samedi 4 octobre 2025

Leonor Fini (1908-1996) - Nature morte aux fruits et à la bouteille

Leonor Fini (1908-1996) Nature morte aux fruits et à la bouteille Coll. part.

-

Leonor Fini (1908-1996)
Nature morte aux fruits et à la bouteille
Coll. part.

Rappel biographique  : L'artiste peintre d'origine italienne  Léonor Fini née à Buenos Aires et morte a Paris fut une peintre appartenant au mouvement surréaliste, une décoratrice de théâtre et une écrivaine. S'inspirant des théories des surréalistes, elle expérimente le « dessin automatique ». Elle se lie d'amitié avec Georges Bataille, Victor Brauner, Paul Éluard et Max Ernst sans jamais intégrer le groupe, n'ayant aucun goût, selon elle, "pour les réunions ni les manifestes". C'est en solitaire qu'elle explore un univers onirique mettant en scène des personnages aux yeux clos : des femmes le plus souvent où des jeunes gens androgynes, alanguis face à des sphinges protectrices évoluant ou rêvant dans un climat de fête cérémonielle où l'érotisme flirte avec la cruauté. Pour elle, la femme est sorcière ou prêtresse, belle et souveraine. Leonor Fini a réalisé de nombreux portraits,  confectionné des costumes pour le théâtre, le ballet et l'opéra et illustré de nombreux textes littéraires d'Edgar Poe à Sade en passant par Jean  Genet. De nombreux poètes, écrivains, peintres et critiques lui ont consacré des monographies, essais ou poèmes dont  Jean Cocteau, Giorgio De Chirico, Éluard, Ernst, Alberto Moravia... Leonor Fini séjournait souvent retirée du monde, mais non sans festivités, ayant eu des maisons en Loire, en Corse. Leonor fini était plus connue pour paysages et ses peintures  de chats - qu'elle adorait-  que pour ses natures mortes qu'elle peignit en nombre très restreint. 
 
 __________________________________________

2025 - A Still Life Collection
Un blog de Francis Rousseau

lundi 30 août 2021

Leonor Fini (1908-1996) - Nature morte à l'œuf brisé


Leonor Fini ( 1908-1996) Nature morte à l'œuf brisé (1943) Collection particulière

Leonor Fini ( 1908-1996)
Nature morte à l'œuf brisé (1943)
Collection particulière

Que voit on  ? Une nature morte traitée comme un élément de décor qui présente, sur un fond noir, mêlée à des modénatures baroques en bois ou bronze doré, une coquille d'œuf brisée en deux et vide. Trois feuilles de houx et un foulard  en soie rouge en soie complète cette composition tout à fait dans le goût surréaliste.  

Rappel biographique  : L'artiste peintre d'origine italienne  Leonor Fini née à Buenos Aires et morte a Paris fut une peintre appartenant au mouvement surréaliste, une décoratrice de théâtre et une écrivaine. S'inspirant des théories des surréalistes, elle expérimente le « dessin automatique ». Elle se lie d'amitié avec Georges Bataille, Victor Brauner, Paul Éluard et Max Ernst sans jamais intégrer le groupe, n'ayant aucun goût, selon elle, "pour les réunions ni les manifestes". C'est en solitaire qu'elle explore un univers onirique mettant en scène des personnages aux yeux clos : des femmes le plus souvent où des jeunes gens androgynes, alanguis face à des sphinges protectrices évoluant ou rêvant dans un climat de fête cérémonielle où l'érotisme flirte avec la cruauté. Pour elle, la femme est sorcière ou prêtresse, belle et souveraine. Leonor Fini a réalisé de nombreux portraits,  confectionné des costumes pour le théâtre, le ballet et l'opéra et illustré de nombreux textes littéraires d'Edgar Poe à Sade en passant par Jean  Genet. De nombreux poètes, écrivains, peintres et critiques lui ont consacré des monographies, essais ou poèmes dont  Jean Cocteau, Giorgio De Chirico, Éluard, Ernst, Alberto Moravia... Leonor Fini séjournait souvent retirée du monde, mais non sans festivités, ayant eu des maisons en Loire, en Corse. Leonor fini était plus connue pour paysages et ses peintures  de chats - qu'elle adorait-  que pour ses natures mortes qu'elle peignit en nombre très restreint.

____________________________________________
2021 - A Still Life Collection
Un blog de Francis Rousseau

dimanche 3 mars 2024

LES TABLEAUX QUI PARLENT N°104 - Meret Openheim et sa tasse à poil 

Meret Oppenheim (1913-1985)
Le Déjeuner en Fourrure, 1936.
MoMA (New York)

Que voit on ? Une œuvre emblématique du mouvement surréaliste : une tasse, sa soucoupe et une petite cuillère recouvertes de fourrure de gazelle de Chine. La tasse est cachée, on peut seulement la deviner. Nous sommes en 1936 et en manufacturant cet objet, en lui appliquant un un glissement de sens, l'artiste suisse Meret Oppenheim remet en question l'utilité même des objets du quotidien. Ce sera la cas de beaucoup d'artistes du mouvement surréaliste. .


Liens à consulter en complément de lecture :

- Quelques Natures Mortes de Max Ernst
https://astilllifecollection.blogspot.com/search/label/Max%20Ernst%20%281891-1976%29 

- Quelques Natures Mortes de Dali
https://astilllifecollection.blogspot.com/search?q=Salvador%C2%A0Dali

- Quelques Natures Mortes de Magritte
https://astilllifecollection.blogspot.com/search?q=Ren%C3%A9%C2%A0Magritte

- Quelques Natures Mortes d'Oscar Dominguez
https://astilllifecollection.blogspot.com/search/label/Oscar%20Dominguez%20%281906-1957%29

- LES TABLEAUX QUI PARLENT N°34 - Magritte expose sa saucisse
https://www.youtube.com/watch?v=WYqriMfQu9I

- LES TABLEAUX QUI PARLENT N°57 - Dali et l'œuvre pain
https://www.youtube.com/watch?v=X28RyQ3gDQs

 ____________________________________________

2011-2024 - Une Collection de Natures Mortes
Un blog de Francis Rousseau

 

 

mardi 2 février 2016

Chaïm Soutine (1893-1943) - Nature morte au faisan



Chaïm Soutine (1893-1943)
Nature morte au faisan (1924)
Musée de l'Orangerie, Paris
Coll. Jean Walter et Paul Guillaume

Que voit-on ? Posé sur un table, un faisan gisant dans un  torchon  blanc déplié et taché de traces jaune qui figurent sans doute l'état d'avancement du gibier. Soutine dans son style si particulier a conservé les plumes et la parure de l'animal qu'il s'applique à rendre en circonvolutions abstraites et colorées. Ce cadavre d'animal, contrairement a beaucoup d'autres qu'il a peint, n'est pas éventré. Un gros piment rouge posé en plein milieu du torchon blanc (et du cadre )évoque à peine une tache de sang indélébile. Une saucière blanche disposée dans le fond de la toile est liée à la blancheur du torchon par une cuillère en bois au manche interminable.  Le torchon lui-même avec ses taches et ses empreintes finit par former à lui seul une très interessante composition abstraite..

Rappel biographique : Le peintre français d'origine biélorusse Chaïm Soutine a développé une technique de peinture très qui utilise une palette de couleurs éclatantes et tourmentées tout en se situant dans une mode expressionniste avant la lettre qui a pu peut parfois, dans ses portraits, rappeler le style d' Egon Schiele. Il est l'un des peintres majeurs rattachés, à ce qu'on appelle l'École de Paris avec Modgliani et Chagall  et sans doute le personnage le plus extravagant de la bande.  
Dans le domaine des natures mortes, Soutine a commencé par traiter (avant la première guerre mondiale) des sujets assez banals (Nature morte a la pipe ou  Nature morte à la Soupière) puis se consacre surtout  à la représentation des animaux et en particulier des animaux écorchés ou éventrés qu’il prend comme modèle. Ces visions morbides issues de son enfance hanteront une bonne part de sa peinture, comme la série des carcasses de bœufs et celle des volailles (dindons, poulets, lapin etc...). Les voisins, horrifiés par les cadavres d’animaux qu’il conserve dans son atelier et les poissons qu'il laissent  plusieurs jours à l'air libre avant de les peindre, se plaignent des odeurs qui émanent de son atelier. Visiblement les natures mortes à sujets de  fleurs échappent à cette règle  (Glaïeuls (1919) et Le Vase de fleurs (1918).  
Pendant la Seconde guerre mondiale Soutine, traqué puisque juif, mène une vie clandestine, retournant souvent à Paris pour se faire soigner d'un ulcère récidivent. Bien que conscient du danger auquel il s’expose, il n'a jamais fait ou même tenter de faire les démarches nécessaires pour fuir la France. Suite à une dénonciation, il se réfugie près de Tours, avec sa nouvelle liaison, Marie-Berthe Aurenche, ex épouse de Max Ernst.  Le 31 juillet 1943, il est fiévreux et doit être hospitalisé. Avant d’être transporté, il se rend à son atelier et brûle ses toiles. À l’hôpital de Chinon, on le dirige vers une clinique parisienne. Les contrôles de la France occupée doivent être évités et le voyage se révèle plus long que prévu. Opéré sept jours  après son arrivée, il meurt deux jours après l'opération.


Au cimetière du Montparnasse, rien ne fut gravé sur la tombe avant la fin de la guerre. Pablo Picasso fut l'un des rares à suivre son enterrement. Malgré des interruptions plus ou moins longues, Chaïm Soutine a beaucoup peint et beaucoup détruit ses oeuvres et ce jusqu’à la fin de sa vie.

mardi 26 mai 2020

Chaïm Soutine (1893-1943) - Glaïeuls




Chaïm Soutine (1893-1943)
Glaïeuls, 1919
Huile sur toile, 55.2 x 38.3 cm
Collection Privée (via Christie's)

Que voit on ?  Celui qui avait la réputation de faire profession de mal peindre et de le revendiquer  donne dans cette nature motre un bek exemple de son art !!!   A défaut d'être sensible à ses provocations picturales  et à ce style qu'il qualifiait lui même de "bâclé" , on se laissera séduire  par la  la vivacité et l'éclat de ces rouges splendides...

Rappel biographique : Le peintre français d'origine biélorusse Chaïm Soutine a développé une technique de peinture très qui utilise une palette de couleurs éclatantes et tourmentées tout en se situant dans une mode expressionniste avant la lettre qui a pu peut parfois, dans ses portraits, rappeler le style d' Egon Schiele. Il est l'un des peintres majeurs rattachés, à ce qu'on appelle l'École de Paris avec Modgliani et Chagall et sans doute le personnage le plus extravagant de la bande.  Dans le domaine des natures mortes, Soutine a commencé par traiter (avant la première guerre mondiale) des sujets assez banals (Nature morte a la pipe ou Nature morte à la Soupière) puis se consacre surtout à la représentation des animaux et en particulier des animaux écorchés ou éventrés qu’il prend comme modèle. Ces visions morbides issues de son enfance hanteront une bonne part de sa peinture, comme la série des carcasses de bœufs et celle des volailles (dindons, poulets, lapin etc...). Les voisins, horrifiés par les cadavres d’animaux qu’il conserve dans son atelier et les poissons qu'il laissent plusieurs jours à l'air libre avant de les peindre, se plaignent des odeurs qui émanent de son atelier. Visiblement seules es natures mortes à sujets de fleurs échappent à cette règle (Glaïeuls (1919) et Le Vase de fleurs (1918).
Pendant la Seconde guerre mondiale Soutine, traqué puisque juif, mène une vie clandestine, retournant souvent à Paris pour se faire soigner d'un ulcère récidivent. Bien que conscient du danger auquel il s’expose, il n'a jamais fait ou même tenter de faire les démarches nécessaires pour fuir la France. Suite à une dénonciation, il se réfugie près de Tours, avec sa nouvelle liaison, Marie-Berthe Aurenche, ex épouse de Max Ernst. Le 31 juillet 1943, il est fiévreux et doit être hospitalisé. Avant d’être transporté, il se rend à son atelier et brûle ses toiles. À l’hôpital de Chinon, on le dirige vers une clinique parisienne. Les contrôles de la France occupée doivent être évités et le voyage se révèle plus long que prévu. Opéré sept jours après son arrivée, il meurt deux jours après l'opération.
Au cimetière du Montparnasse, rien ne fut gravé sur la tombe avant la fin de la guerre. Pablo Picasso fut l'un des rares à suivre son enterrement. Malgré des interruptions plus ou moins longues, Chaïm Soutine a beaucoup peint et beaucoup détruit ses œuvres et ce jusqu’à la fin de sa vie.

___________________________________________

2020 - A Still Life Collection
Un blog de Francis Rousseau




mardi 1 octobre 2019

Tristram Paul Hillier (1905-1983) - The Green Bottle


Tristram Paul Hillier (1905-1983)
The Green Bottle, 1950
Southampton City Art Gallery

 Que voit on ?  Sur un entablement de bois  très classique ;  une pipe  éteinte et vide, un exemplaire  froissé du journal The Times, un bout de chiffon froissé encadré par deux pommes et une bouteille en verre vide à travers laquelle on peut voir et le tissu et le papier journal froissé en même temps que le reflet de ce qui se joue à l'opposé  de la piece, visiblement  très largement ouverte sur l'extérieur.  Le  style surréaliste du peintre (qui peut rappeler parfois celui de Magritte) s'accommode particulièrement bien du jeu des reflets.

Rappel biographique :  Tristram Hillier est né en 1905 à Pékin (Chine), et fut le dernier des quatre enfants d'un célèbre banquier et diplomate de la place.  En 1922, il retourna en Chine pour étudier la langue et, jusqu'en 1924, fréquenta le Christ's College de Cambridge  Il se rendit à la Slade en 1926, où il étudia avec Henry Tonks, puis à Paris où il étudia pendant deux ans avec André Lhote, ainsi qu'à l' Atelier Colarossi. C'est à Paris, qu'il rencontra de nombreux artistes du mouvement surréaliste comme Giorgio de Chirico et Max Ernst par exemple.
Contrairement a beaucoup d’autres  peintres de ce mouvement, il resta un peintre surréaliste toute sa vie. À partir de 1933, il fut membre du groupe Unit One dirigé par Paul Nash. 
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il servit dans la réserve de la marine royale avec les Français libres. Après la guerre, il vécut en France et en Espagne, puis alla vivre à East Pennard, dans le Somerset  en Angleterre. Son autobiographie, Leda and the Goose, a été publiée en 1954. Une exposition rétrospective de son travail a eu lieu à la galerie Worthing en 1960. Il a été nommé associé de l' Académie royale (ARA) en 1957 et académicien royal (RA) en 1967.

____________________________________________

2019 - A Still Life Collection
Un blog de Francis Rousseau

dimanche 26 août 2018

Edgar Fernhout (1912 - 1974) - Stilleven met peren

http://astilllifecollection.blogspot.com

Edgar Fernhout (1912 - 1974) 
Stilleven met peren, 1932.

Rappel biographique : Edgar Richard Johannes Fernhout est un peintre hollandais,  fils de l'artiste Charley Toorop et du philosophe Henk Fernhout.  Comme sa mère et son grand-père, Jan Toorop, il fit essentiellement carrière dans la peinture.  Edgar Fernhout peignit surtout des natures mortes et des portraits.  Beaucoup ont été peints dans le style de sa mère  Charley Toorop, d'autre part amie de Jean Arp, Alexander Calder, Max Ernst et Piet Mondriaan  dont les influences dans l'oeuvre d' Edgar restèrent longtemps visibles.

2018 - A Still Life Collection 




Un blog de Francis Rousseau, #AStillLifeCollection, #NaturesMortes 

vendredi 22 janvier 2021

Pierre Roy (1881-1950) - Le pot-au-feu



Pierre Roy (1881-1950)
Le pot-au-feu, 1931
Huile sur toile 60 x73 cm
Collection Privée (Artcurial) 

 
Que voit on ?  Divers légumes  dont deux poireaux, deux carottes, un navet, un chou, un oignon, un bouquet de feuille de laurier-sauce, assemblés pour un pot au feu sur un entablement de travertin ou adossés à une structure en clayettes. Le style est extrêmement réaliste (presque hyper-réaliste). Une autre composition très similaire (sans doute un pendant de celle-ci) mettant en scène un chou fleur, des gousses d'ail, des bottes d'oignons et des escargots existe.

Rappel biographique : « Pierre Roy est le plus grand méconnu du surréalisme » selon Louis Aragon et bien que la Revue de France l'ait affublé du titre de « père du surréalisme » , lui-même disant « détester les groupes et les appartenances » !!! Surréaliste ? Précisément sans doute !!! Car dès 1925, Pierre Roy participe à la première exposition des peintres surréalistes aux côtés de Giorgio De Chirico, Max Ernst, Pablo Picasso  En 1926, il réalise sa première exposition particulière dont le catalogue est préfacé par Louis Aragon. En 1933, il est nommé pour cinq ans, peintre de la Marine. Il connaît le succès lors d'une exposition qui lui est consacrée à la Galerie des Beaux-Arts à paris en 1935. Il expose à l'Exposition universelle de 1937 et à la Galerie Montaigne en 1938 à Paris. Ces tableaux sont des mises en scène d'objets courants, représentés le plus fidèlement possible. Coquillages, légumes et fruits, bobines de laine, épis et graines, œufs, rubans sont assemblés, mélangés pour créer des scènes poétiques. En 1947, à un questionnaire du Museum of Modern Art de New York, il répond : « Je n'ai absolument, comme peintre, aucune philosophie. Quand je peins quoi que ce soit, je suis tout entier au plaisir de peindre. Je n'ai pas la moindre intention de symbolisme. Mais très souvent, parfois longtemps après avoir achevé mon tableau, je prends conscience de ce qui m'a inspiré et de ce que ma toile signifie. » Pierre Roy réalisa aussi de nombreuses couvertures sous forme de nature mortes surréalistes pour le magazine Vogue, des affiches publicitaire ou encore des décors de théâtre.

 
______________________________________

2021 - A Still Life Collection
Un blog de Francis Rousseau



vendredi 29 mars 2019

Chaïm Soutine (1893-1943) - Poissons, poivrons et oignons



Chaïm Soutine (1893-1943)
Poissons, poivrons et oignons, c. 1919. 
Oil on canvas, (60 x 73.5 cm) 
Barnes Foundation 

Que voit on ?  Ce sont les poivrons rouges sur leur assiette blanche qui éclairent définitivement cette composition assez sombre  où tout - même les poteries -  semble déliquescent et en voie d'effondrement.  Et dans la réalité de l'atelier de Soutine cela l'était vraiment... à un point que l'on imagine mal puisqu'il  était connu pour laisser pourrir les poissons avant de les peindre ! Les plaintes régulières  de ses voisins - y compris ses voisins-peintres d'atelier - sur les odeurs nauséabondes que ces compositions répandaient, n'y firent  jamais rien  !  On peut même imaginer que les ondulations perceptibles dans cette toile sont une façon de rendre l'odeur de décomposition qui se dégageaient de ses poissons.  En résumé on peut dire que Soutine inventa la nature morte qui pue !  A l'image du monde qui l'entourait !  En voilà un au moins qui ne serait pas déçu par notre époque...

Rappel biographique : Le peintre français d'origine biélorusse Chaïm Soutine a développé une technique de peinture très qui utilise une palette de couleurs éclatantes et tourmentées tout en se situant dans une mode expressionniste avant la lettre qui a pu peut parfois, dans ses portraits, rappeler le style d' Egon Schiele. Il est l'un des peintres majeurs rattachés, à ce qu'on appelle l'École de Paris avec Modgliani et Chagall et sans doute le personnage le plus extravagant de la bande.  
Dans le domaine des natures mortes, Soutine a commencé par traiter (avant la première guerre mondiale) des sujets assez banals (Nature morte a la pipe ou  Nature morte à la Soupière) puis se consacre surtout  à la représentation des animaux et en particulier des animaux écorchés ou éventrés qu’il prend comme modèle. Ces visions morbides issues de son enfance hanteront une bonne part de sa peinture, comme la série des carcasses de bœufs et celle des volailles (dindons, poulets, lapin etc...). Les voisins, horrifiés par les cadavres d’animaux qu’il conserve dans son atelier et les poissons qu'il laissent  plusieurs jours à l'air libre avant de les peindre, se plaignent des odeurs qui émanent de son atelier. Visiblement seules es natures mortes à sujets de  fleurs échappent à cette règle  (Glaïeuls (1919) et Le Vase de fleurs (1918).  
Pendant la Seconde guerre mondiale Soutine, traqué puisque juif, mène une vie clandestine, retournant souvent à Paris pour se faire soigner d'un ulcère récidivent. Bien que conscient du danger auquel il s’expose, il n'a jamais fait ou même tenter de faire les démarches nécessaires pour fuir la France. Suite à une dénonciation, il se réfugie près de Tours, avec sa nouvelle liaison, Marie-Berthe Aurenche, ex épouse de Max Ernst.  Le 31 juillet 1943, il est fiévreux et doit être hospitalisé. Avant d’être transporté, il se rend à son atelier et brûle ses toiles. À l’hôpital de Chinon, on le dirige vers une clinique parisienne. Les contrôles de la France occupée doivent être évités et le voyage se révèle plus long que prévu. Opéré sept jours  après son arrivée, il meurt deux jours après l'opération.
Au cimetière du Montparnasse, rien ne fut gravé sur la tombe avant la fin de la guerre. Pablo Picasso fut l'un des rares à suivre son enterrement. Malgré des interruptions plus ou moins longues, Chaïm Soutine a beaucoup peint et beaucoup détruit ses oeuvres et ce jusqu’à la fin de sa vie.

___________________________________________
2019 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau 


mercredi 4 mars 2020

Sam Szafran (1934-2019) - Nature morte au pichet blanc


 


Sam Szafran (1934 - 2019)
Nature morte au pichet blanc, 1962
Collection particulière


Rappel biographique : Sam Szafran (1934-2019) pseudonyme de Samuel Berger, était un artiste peintre français, fils aîné de parents émigrés juifs polonais, Samuel Berger passe les premières années de son enfance dans le quartier des Halles à Paris. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il échappe à la rafle du Vélodrome d’Hiver et se cache dans un premier temps chez des paysans dans le Loiret, puis à Espalion (Aveyron), dans une famille de républicains espagnols. À dix ans, il est brièvement interné au camp de Drancy d’où il est libéré par les Américains, après la fuite des Allemands le 18 août.
Alors que son père et une grande partie de sa famille ont été massacrés dans les camps nazis, il est envoyé en 1944 par la Croix-Rouge à Winterthur en Suisse. En 1947, il embarque à Marseille avec sa mère et sa sœur pour Melbourne en Australie.
À son retour en France en 1951, totalement autodidacte, il suit quelques cours du soir de dessin dans les écoles de la Ville de Paris et mène une existence particulièrement rude et précaire.
Entre 1953 et 1958, il fréquente l’académie de la Grande Chaumière à Paris. À Saint-Germain-des-Prés et à Montparnasse, il fait la connaissance de Ipoustéguy, Nicolas de Staël, Jean-Paul Riopelle, Joan Mitchell, Yves Klein, Jean Tinguely et bien d’autres. Il découvre les collages de Kurt Schwitters, les matériologies et texturologies de Dubuffet et Hantaï . Il réalise alors ses premières œuvres abstraites et premiers collages.
Szafran retourne ensuite vers la figuration. Il produit une première série de Choux (1958–1965).
En 1960, une boîte de pastels offerte lui permet une tournure importante dans son œuvre, le pastel devenant sa pratique de prédilection. Alberto Giacometti, qu’il rencontre en 1964 devient officieusement son maître.
En 1964, l’artiste entre à la galerie Claude Bernard à Paris. Le collectionneur Jacques Kerchache organise sa première exposition personnelle en 19658. Par la suite, son œuvre va se resserrer autour de quelques thèmes : Ateliers (1969-1970), Imprimeries (1972), Escaliers (à partir de 1974).Szafran rejoint pour un temps Fernando Arrabal, Roland Topor et le groupe Panique en 1972. À l'occasion de l'exposition « 60-72. Douze ans d'art contemporain en France » au Grand Palais, il se lie d'une profonde amitié fraternelle avec Henri Cartier-Bresson dont il sera un temps le maître en dessin.
En 1977 et 1978, il réalise ses premières grandes aquarelles, variations sur ses thèmes de prédilection : Ateliers, Serres et Escaliers. C’est sur ces mêmes thèmes ainsi que sur celui des Villes, qu’il commence, vers 1987, à combiner le pastel et l’aquarelle, le sec et le mouillé. À partir de 1999, il aborde certains grands Paysages urbains.
En 2004 et 2005, il travaille avec le céramiste catalan Joan Gardy Artigas pour la réalisation des deux décors monumentaux Escalier et Philodendrons, destinés au Pavillon Szafran à la Fondation Gianadda, qui est inauguré en 2006.
Deux autres grandes rétrospectives vont suivre : « Sam Szafran – dessins, pastels et aquarelles » au musée Max Ernst de Brühl, près de Cologne en Allemagne (2010-2011) et « Cinquante ans de peinture » à la Fondation Pierre Gianadda (2013)14. Il y dévoile pour la première fois ses très grands formats.
En 2015 est inaugurée la salle Sam Szafran au Pavillon Szafran de la Fondation Pierre Gianadda à Martigny.

__________________________________________

2020 - A Still Life Collection,
Un blog de Francis Rousseau


mercredi 19 octobre 2016

Chaïm Soutine (1893-1943) - Dindon et tomates


Chaïm Soutine (1893 - 1943), 
Dindon et tomates  (1923-1924) 
Coll. Jean Walter et Paul Guillaume 
Musée de l'Orangerie, Paris

 Que voit-on ?  Présenté en hauteur sur ce que l'on imagine être un table à gibier en marbre, un dindon partiellement déplumé dont on aperçoit la tête et le bec en haut du cadre et les pattes en bas à droite, les chairs de l'animal donnant au peintre l'opportunité d'une étude de couleurs qui vont du blanc gris du cou pelé au jaune sanguinolent du corps.  Une généreuse grappe de tomates charnue ponctue la composition sur la droite dans le bas du cadre.  


Rappel biographique :
 Le 
peintre français d'origine biélorusse Chaïm Soutine a développé une technique de peinture très qui utilise une palette de couleurs éclatantes et tourmentées tout en se situant dans une mode expressionniste avant la lettre qui a pu peut parfois, dans ses portraits, rappeler le style d' Egon Schiele. Il est l'un des peintres majeurs rattachés, à ce qu'on appelle l'École de Paris avec Modgliani et Chagall  et sans doute le personnage le plus extravagant de la bande.  
Dans le domaine des natures mortes, Soutine a commencé par traiter (avant la première guerre mondiale) des sujets assez banals (Nature morte a la pipe ou  Nature morte à la Soupière) puis se consacre surtout  à la représentation des animaux et en particulier des animaux écorchés ou éventrés qu’il prend comme modèle. Ces visions morbides issues de son enfance hanteront une bonne part de sa peinture, comme la série des carcasses de bœufs et celle des volailles (dindons, poulets, lapin etc...). Les voisins, horrifiés par les cadavres d’animaux qu’il conserve dans son atelier et les poissons qu'il laissent  plusieurs jours à l'air libre avant de les peindre, se plaignent des odeurs qui émanent de son atelier. Visiblement les natures mortes à sujets de  fleurs échappent à cette règle  (Glaïeuls (1919) et Le Vase de fleurs (1918).  
Pendant la Seconde guerre mondiale Soutine, traqué puisque juif, mène une vie clandestine, retournant souvent à Paris pour se faire soigner d'un ulcère récidivent. Bien que conscient du danger auquel il s’expose, il n'a jamais fait ou même tenter de faire les démarches nécessaires pour fuir la France. Suite à une dénonciation, il se réfugie près de Tours, avec sa nouvelle liaison, Marie-Berthe Aurenche, ex épouse de Max Ernst.  Le 31 juillet 1943, il est fiévreux et doit être hospitalisé. Avant d’être transporté, il se rend à son atelier et brûle ses toiles. À l’hôpital de Chinon, on le dirige vers une clinique parisienne. Les contrôles de la France occupée doivent être évités et le voyage se révèle plus long que prévu. Opéré sept jours  après son arrivée, il meurt deux jours après l'opération.
Au cimetière du Montparnasse, rien ne fut gravé sur la tombe avant la fin de la guerre. Pablo Picasso fut l'un des rares à suivre son enterrement. Malgré des interruptions plus ou moins longues, Chaïm Soutine a beaucoup peint et beaucoup détruit ses oeuvres et ce jusqu’à la fin de sa vie.

jeudi 1 décembre 2022

Pierre Roy (1881-1950) - Coquillages


Pierre Roy (1881-1950) Coquillages Huile sur toile Collection privée


Pierre Roy (1881-1950)
Coquillages
Huile sur toile
Collection privée

Que voit on ? Quatre coquillages vides sur une plage abandonnés, selon l'expression célèbre,  avec en fond de toile un mer bien formée et une ciel de tempête. 

 
Rappel biographique : « Pierre Roy est le plus grand méconnu du surréalisme » selon Louis Aragon et bien que la Revue de France l'ait affublé du titre de « père du surréalisme », lui-même disant « détester les groupes et les appartenances » !!! Surréaliste ? Sans aucun doute !!! Car dès 1925, Pierre Roy participe à la première exposition des peintres surréalistes aux côtés de Giorgio De Chirico, Max Ernst, Pablo Picasso En 1926, il réalise sa première exposition particulière dont le catalogue est préfacé par Louis Aragon. En 1933, il est nommé pour cinq ans, peintre de la Marine. Il connaît le succès lors d'une exposition qui lui est consacrée à la Galerie des Beaux-Arts à paris en 1935. Il expose à l'Exposition universelle de 1937 et à la Galerie Montaigne en 1938 à Paris. Ces tableaux sont des mises en scène d'objets courants, représentés le plus fidèlement possible. Coquillages, légumes et fruits, bobines de laine, épis et graines, œufs, rubans sont assemblés, mélangés pour créer des scènes poétiques. En 1947, à un questionnaire du Museum of Modern Art de New York, il répond : « Je n'ai absolument, comme peintre, aucune philosophie. Quand je peins quoi que ce soit, je suis tout entier au plaisir de peindre. Je n'ai pas la moindre intention de symbolisme. Mais très souvent, parfois longtemps après avoir achevé mon tableau, je prends conscience de ce qui m'a inspiré et de ce que ma toile signifie. » Pierre Roy réalisa aussi de nombreuses couvertures sous forme de nature mortes surréalistes pour le magazine Vogue, des affiches publicitaire ou encore des décors de théâtre.

______________________________________

2022 - A Still Life Collection
Un blog de Francis Rousseau





vendredi 9 avril 2021

Pierre Roy (1881-1950) - La Naissance de Vénus

 

Pierre Roy (1881-1950), La Naissance de Vénus, 1920 Huile sur toile,  60 x 75cm  , Surréalisme,


Pierre Roy (1881-1950)
La Naissance de Vénus, 1920
Huile sur toile,  60 x 75cm
Collection privée 

Que voit on ?  Posé sur une pierre ponce ronde, un vase  et une coquille. Dans la coquille  : deux œufs d'oiseaux de mer, l'un bleu et l'autre blanc.  Dans le vase  : un corail mort planté dans un fragment de bois flotté.  Une écorce de bois flottée nouée par un ruban bleu complète cette nature morte crépusculaire, évocation  véritablement surréaliste de la naissance de Vénus.

Rappel biographique : « Pierre Roy est le plus grand méconnu du surréalisme » selon Louis Aragon et bien que la Revue de France l'ait affublé du titre de « père du surréalisme » , lui-même disant « détester les groupes et les appartenances » !!! Surréaliste ? Sans d aucun oute !!! Car dès 1925, Pierre Roy participe à la première exposition des peintres surréalistes aux côtés de Giorgio De Chirico, Max Ernst, Pablo Picasso  En 1926, il réalise sa première exposition particulière dont le catalogue est préfacé par Louis Aragon. En 1933, il est nommé pour cinq ans, peintre de la Marine. Il connaît le succès lors d'une exposition qui lui est consacrée à la Galerie des Beaux-Arts à paris en 1935. Il expose à l'Exposition universelle de 1937 et à la Galerie Montaigne en 1938 à Paris. Ces tableaux sont des mises en scène d'objets courants, représentés le plus fidèlement possible. Coquillages, légumes et fruits, bobines de laine, épis et graines, œufs, rubans sont assemblés, mélangés pour créer des scènes poétiques. En 1947, à un questionnaire du Museum of Modern Art de New York, il répond : « Je n'ai absolument, comme peintre, aucune philosophie. Quand je peins quoi que ce soit, je suis tout entier au plaisir de peindre. Je n'ai pas la moindre intention de symbolisme. Mais très souvent, parfois longtemps après avoir achevé mon tableau, je prends conscience de ce qui m'a inspiré et de ce que ma toile signifie. » Pierre Roy réalisa aussi de nombreuses couvertures sous forme de nature mortes surréalistes pour le magazine Vogue, des affiches publicitaire ou encore des décors de théâtre.

______________________________________

2021 - A Still Life Collection
Un blog de Francis Rousseau



samedi 25 février 2023

Pierre Roy (1881-1950) - Composition aux Poids et Mesures


Pierre Roy (1881-1950) Composition aux Poids et Mesures, 1932-33 Huile sur toile, 92 x 60 cm Collection privée (Christi'es)


Pierre Roy (1881-1950)
Composition aux Poids et Mesures, 1932-33
Huile sur toile, 92 x 60 cm
Collection privée (Christi'es)

Que voit on ?  Et des poids et des mesures dans cette nature morte, il y ne beaucoup plus que deux ! Tous y sont , de la plume d'oie au kilogramme en passant par le gramme, le litre, le décilitre, la pinte, le mètre de couturière, le mètre métallique, le fil à plomb... le tout posé dans un sorte de boite-cadre à la manière de Juan Sanchez Cotan mais sur un fond de paysage maritime.

Rappel biographique : « Pierre Roy est le plus grand méconnu du surréalisme » selon Louis Aragon et bien que la Revue de France l'ait affublé du titre de « père du surréalisme » , lui-même disant « détester les groupes et les appartenances » !!! Surréaliste ? Précisément sans doute !!! Car dès 1925, Pierre Roy participe à la première exposition des peintres surréalistes aux côtés de Giorgio De Chirico, Max Ernst, Pablo Picasso En 1926, il réalise sa première exposition particulière dont le catalogue est préfacé par Louis Aragon. En 1933, il est nommé pour cinq ans, peintre de la Marine. Il connaît le succès lors d'une exposition qui lui est consacrée à la Galerie des Beaux-Arts à paris en 1935. Il expose à l'Exposition universelle de 1937 et à la Galerie Montaigne en 1938 à Paris. Ces tableaux sont des mises en scène d'objets courants, représentés le plus fidèlement possible. Coquillages, légumes et fruits, bobines de laine, épis et graines, œufs, rubans sont assemblés, mélangés pour créer des scènes poétiques. En 1947, à un questionnaire du Museum of Modern Art de New York, il répond : « Je n'ai absolument, comme peintre, aucune philosophie. Quand je peins quoi que ce soit, je suis tout entier au plaisir de peindre. Je n'ai pas la moindre intention de symbolisme. Mais très souvent, parfois longtemps après avoir achevé mon tableau, je prends conscience de ce qui m'a inspiré et de ce que ma toile signifie. » Pierre Roy réalisa aussi de nombreuses couvertures sous forme de nature mortes surréalistes pour le magazine Vogue, des affiches publicitaire ou encore des décors de théâtre.


______________________________________

2023 - A Still Life Collection
Un blog de Francis Rousseau

jeudi 13 février 2025

Joseph Cornell (1903–1972) - Untitled (Hôtel de la Duchesse-Anne)

Joseph Cornell ( 1903–1972), Untitled (Hôtel de la Duchesse-Anne), 1957, Art Institute of Chicago, Lindy and Edwin Bergman Joseph Cornell Collection, 1982.1868.



Joseph Cornell ( 1903–1972),
Untitled (Hôtel de la Duchesse-Anne), 1957,
Art Institute of Chicago, Lindy and Edwin Bergman Joseph Cornell Collection, 1982.1868. 


Joseph Cornell est un sculpteur et réalisateur de films expérimentaux américain. Il est l'un des pionniers de l'assemblage.
Les œuvres de Joseph Cornell les plus caractéristiques sont donc des assemblages créés à partir d’objets trouvés. Ce sont la plupart du temps des boîtes en bois à couvercle vitré, dans lesquelles il a rassemblé des photos ou des objets divers. Certaines de ces boîtes, comme celles de la série des Medici Slot Machine, sont interactives et prévues pour être manipulées.
Comme Kurt Schwitters, Cornell pouvait créer de la poésie à partir d’objets banals ; mais il était surtout attiré par les fragments d’objets autrefois précieux qu’il pouvait découvrir dans les échoppes de brocanteurs de New York. Ses boîtes relèvent de la technique surréaliste de la juxtaposition irrationnelle et leur séduction provient souvent de la nostalgie qu’elles dégagent. Toutefois Cornell ne s’est jamais considéré comme un surréaliste, tout en admirant le travail d’artistes comme Max Ernst et René Magritte. Il a également été en contact avec certains membres du groupe surréaliste installés aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. Par la suite, il a été revendiqué comme précurseur du pop art et de la pratique de l’installation.
En plus des assemblages dans des boîtes, des collages et des courts métrages, Cornell conservait plus de 160 « dossiers » documentaires sur des sujets qui l’intéressaient et dont il tirait du matériau pour la création de ses boîtes. Ces dossiers concernaient par exemple les starlettes de Hollywood auxquelles il envoyait des boîtes qui leur étaient dédiées. Cornell s’intéressait également aux oiseaux et il a créé dans les années 1940-50 la série de collages Aviarie qui leur est consacrée.

__________________________________________

2025 - A Still Life Collection
Un blog de Francis Rousseau

 

jeudi 17 septembre 2015

Chaïm Soutine (1893-1943) - Nature morte aux poissons



Chaïm Soutine (1893-1943)
Nature morte aux poissons
Collection privée

Que voit-on ? Une série de poissons séchés, parmi lesquels des harengs, que Soutine a peint à de très nombreuses reprises.  Les poissions sont entassés et serrés dans un plat qui semble être en céramique vernissée. Ce genre de nature morte que Soutine peignait toujours d'après modèle, firent partie de celles qui avaient poussé les voisins du peintre à porter plainte contre lui, à cause de l'odeur pestilentielle qu'ils dégageaient.

Rappel biographique : Le peintre français d'origine biélorusse Chaïm Soutine a développé une technique de peinture très qui utilise une palette de couleurs éclatantes et tourmentées tout en se situant dans une mode expressionniste avant la lettre qui a pu peut parfois, dans ses portraits, rappeler le style d' Egon Schiele. Il est l'un des peintres majeurs rattachés, à ce qu'on appelle l'École de Paris avec Modgliani et Chagall  et sans doute le personnage le plus extravagant de la bande.  
Dans le domaine des natures mortes, Soutine a commencé par traiter (avant la première guerre mondiale) des sujets assez banals (Nature morte a la pipe ou  Nature morte à la Soupière) puis se consacre surtout  à la représentation des animaux et en particulier des animaux écorchés ou éventrés qu’il prend comme modèle. Ces visions morbides issues de son enfance hanteront une bonne part de sa peinture, comme la série des carcasses de bœufs et celle des volailles (dindons, poulets, lapin etc...). Les voisins, horrifiés par les cadavres d’animaux qu’il conserve dans son atelier et les poissons qu'il laissent  plusieurs jours à l'air libre avant de les peindre, se plaignent des odeurs qui émanent de son atelier. Visiblement les natures mortes à sujets de  fleurs échappent à cette règle  (Glaïeuls (1919) et Le Vase de fleurs (1918).  
Pendant la Seconde guerre mondiale Soutine, traqué puisque juif, mène une vie clandestine, retournant souvent à Paris pour se faire soigner d'un ulcère récidivent. Bien que conscient du danger auquel il s’expose, il n'a jamais fait ou même tenter de faire les démarches nécessaires pour fuir la France. Suite à une dénonciation, il se réfugie près de Tours, avec sa nouvelle liaison, Marie-Berthe Aurenche, ex épouse de Max Ernst.  Le 31 juillet 1943, il est fiévreux et doit être hospitalisé. Avant d’être transporté, il se rend à son atelier et brûle ses toiles. À l’hôpital de Chinon, on le dirige vers une clinique parisienne. Les contrôles de la France occupée doivent être évités et le voyage se révèle plus long que prévu. Opéré sept jours  après son arrivée, il meurt deux jours après l'opération.
Au cimetière du Montparnasse, rien ne fut gravé sur la tombe avant la fin de la guerre. Pablo Picasso fut l'un des rares à suivre son enterrement. Malgré des interruptions plus ou moins longues, Chaïm Soutine a beaucoup peint et beaucoup détruit ses oeuvres et ce jusqu’à la fin de sa vie.

____________________________________________
2015 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau 

mardi 27 décembre 2022

Chaïm Soutine (1893-1943) - Nature morte avec une Raie



Chaïm Soutine (1893-1943) Nature morte avec une Raie, 1924 Huile sur toile, 81 x 110 cm The MET , New-York



Chaïm Soutine (1893-1943)
Nature morte avec une Raie, 1924
Huile sur toile, 81 x 110 cm
The MET, New-York 

Que voit on ? Un raie éventrée  qui répand ses viscères., dans la grande tradition des natures mortes aux animaux éventrés peintes par Rembrandt, Chardin, Goya, Picasso, etc... Et oui la nature morte n'est pas  uniquement un genre pictural qui cultive les bouquets de fleurs et les jolis objets, quelquefois elle n'hésite  pas à traiter du réel et de la face sombre des hommes. Ici de beaux fruits rouges, gorgés de suc viennent rehausser non sans malice, voir perversité, une triperie sanguinolente, animée par des rouges vibrants, des roses et des violacés du plus bel effet. L'esthétique de la laideur  dans tout l’éclat de son paradoxe. Et donc joyeuses fêtes de d'années, amies et amis fidèles à ce blogs depuis 12 ans...déjà !


Rappel biographique : Le peintre français d'origine biélorusse Chaïm Soutine a développé une technique de peinture très qui utilise une palette de couleurs éclatantes et tourmentées tout en se situant dans une mode expressionniste avant la lettre qui a pu peut parfois, dans ses portraits, rappeler le style d'Egon Schiele. Il est l'un des peintres majeurs rattachés, à ce qu'on appelle l'École de Paris avec Modgliani et Chagall et sans doute le personnage le plus extravagant de la bande. Dans le domaine des natures mortes, Soutine a commencé par traiter (avant la première guerre mondiale) des sujets assez banals (Nature morte a la pipe ou Nature morte à la Soupière) puis se consacre surtout à la représentation des animaux et en particulier des animaux écorchés ou éventrés qu’il prend comme modèle. Ces visions morbides issues de son enfance hanteront une bonne part de sa peinture, comme la série des carcasses de bœufs et celle des volailles (dindons, poulets, lapin etc...). Les voisins, horrifiés par les cadavres d’animaux qu’il conserve dans son atelier et les poissons qu'il laissent plusieurs jours à l'air libre avant de les peindre, se plaignent des odeurs qui émanent de son atelier. Visiblement seules es natures mortes à sujets de fleurs échappent à cette règle (Glaïeuls (1919) et Le Vase de fleurs (1918).
Pendant la Seconde guerre mondiale Soutine, traqué puisque juif, mène une vie clandestine, retournant souvent à Paris pour se faire soigner d'un ulcère récidivent. Bien que conscient du danger auquel il s’expose, il n'a jamais fait ou même tenter de faire les démarches nécessaires pour fuir la France. Suite à une dénonciation, il se réfugie près de Tours, avec sa nouvelle liaison, Marie-Berthe Aurenche, ex épouse de Max Ernst. Le 31 juillet 1943, il est fiévreux et doit être hospitalisé. Avant d’être transporté, il se rend à son atelier et brûle ses toiles. À l’hôpital de Chinon, on le dirige vers une clinique parisienne. Les contrôles de la France occupée doivent être évités et le voyage se révèle plus long que prévu. Opéré sept jours après son arrivée, il meurt deux jours après l'opération.
Au cimetière du Montparnasse, rien ne fut gravé sur la tombe avant la fin de la guerre. Pablo Picasso fut l'un des rares à suivre son enterrement. Malgré des interruptions plus ou moins longues, Chaïm Soutine a beaucoup peint et beaucoup détruit ses œuvres et ce jusqu’à la fin de sa vie.

___________________________________________

2022 - A Still Life Collection
Un blog de Francis Rousseau