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vendredi 29 mars 2019

Chaïm Soutine (1893-1943) - Poissons, poivrons et oignons



Chaïm Soutine (1893-1943)
Poissons, poivrons et oignons, c. 1919. 
Oil on canvas, (60 x 73.5 cm) 
Barnes Foundation 

Que voit on ?  Ce sont les poivrons rouges sur leur assiette blanche qui éclairent définitivement cette composition assez sombre  où tout - même les poteries -  semble déliquescent et en voie d'effondrement.  Et dans la réalité de l'atelier de Soutine cela l'était vraiment... à un point que l'on imagine mal puisqu'il  était connu pour laisser pourrir les poissons avant de les peindre ! Les plaintes régulières  de ses voisins - y compris ses voisins-peintres d'atelier - sur les odeurs nauséabondes que ces compositions répandaient, n'y firent  jamais rien  !  On peut même imaginer que les ondulations perceptibles dans cette toile sont une façon de rendre l'odeur de décomposition qui se dégageaient de ses poissons.  En résumé on peut dire que Soutine inventa la nature morte qui pue !  A l'image du monde qui l'entourait !  En voilà un au moins qui ne serait pas déçu par notre époque...

Rappel biographique : Le peintre français d'origine biélorusse Chaïm Soutine a développé une technique de peinture très qui utilise une palette de couleurs éclatantes et tourmentées tout en se situant dans une mode expressionniste avant la lettre qui a pu peut parfois, dans ses portraits, rappeler le style d' Egon Schiele. Il est l'un des peintres majeurs rattachés, à ce qu'on appelle l'École de Paris avec Modgliani et Chagall et sans doute le personnage le plus extravagant de la bande.  
Dans le domaine des natures mortes, Soutine a commencé par traiter (avant la première guerre mondiale) des sujets assez banals (Nature morte a la pipe ou  Nature morte à la Soupière) puis se consacre surtout  à la représentation des animaux et en particulier des animaux écorchés ou éventrés qu’il prend comme modèle. Ces visions morbides issues de son enfance hanteront une bonne part de sa peinture, comme la série des carcasses de bœufs et celle des volailles (dindons, poulets, lapin etc...). Les voisins, horrifiés par les cadavres d’animaux qu’il conserve dans son atelier et les poissons qu'il laissent  plusieurs jours à l'air libre avant de les peindre, se plaignent des odeurs qui émanent de son atelier. Visiblement seules es natures mortes à sujets de  fleurs échappent à cette règle  (Glaïeuls (1919) et Le Vase de fleurs (1918).  
Pendant la Seconde guerre mondiale Soutine, traqué puisque juif, mène une vie clandestine, retournant souvent à Paris pour se faire soigner d'un ulcère récidivent. Bien que conscient du danger auquel il s’expose, il n'a jamais fait ou même tenter de faire les démarches nécessaires pour fuir la France. Suite à une dénonciation, il se réfugie près de Tours, avec sa nouvelle liaison, Marie-Berthe Aurenche, ex épouse de Max Ernst.  Le 31 juillet 1943, il est fiévreux et doit être hospitalisé. Avant d’être transporté, il se rend à son atelier et brûle ses toiles. À l’hôpital de Chinon, on le dirige vers une clinique parisienne. Les contrôles de la France occupée doivent être évités et le voyage se révèle plus long que prévu. Opéré sept jours  après son arrivée, il meurt deux jours après l'opération.
Au cimetière du Montparnasse, rien ne fut gravé sur la tombe avant la fin de la guerre. Pablo Picasso fut l'un des rares à suivre son enterrement. Malgré des interruptions plus ou moins longues, Chaïm Soutine a beaucoup peint et beaucoup détruit ses oeuvres et ce jusqu’à la fin de sa vie.

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2019 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau 


jeudi 17 septembre 2015

Chaïm Soutine (1893-1943) - Nature morte aux poissons



Chaïm Soutine (1893-1943)
Nature morte aux poissons
Collection privée

Que voit-on ? Une série de poissons séchés, parmi lesquels des harengs, que Soutine a peint à de très nombreuses reprises.  Les poissions sont entassés et serrés dans un plat qui semble être en céramique vernissée. Ce genre de nature morte que Soutine peignait toujours d'après modèle, firent partie de celles qui avaient poussé les voisins du peintre à porter plainte contre lui, à cause de l'odeur pestilentielle qu'ils dégageaient.

Rappel biographique : Le peintre français d'origine biélorusse Chaïm Soutine a développé une technique de peinture très qui utilise une palette de couleurs éclatantes et tourmentées tout en se situant dans une mode expressionniste avant la lettre qui a pu peut parfois, dans ses portraits, rappeler le style d' Egon Schiele. Il est l'un des peintres majeurs rattachés, à ce qu'on appelle l'École de Paris avec Modgliani et Chagall  et sans doute le personnage le plus extravagant de la bande.  
Dans le domaine des natures mortes, Soutine a commencé par traiter (avant la première guerre mondiale) des sujets assez banals (Nature morte a la pipe ou  Nature morte à la Soupière) puis se consacre surtout  à la représentation des animaux et en particulier des animaux écorchés ou éventrés qu’il prend comme modèle. Ces visions morbides issues de son enfance hanteront une bonne part de sa peinture, comme la série des carcasses de bœufs et celle des volailles (dindons, poulets, lapin etc...). Les voisins, horrifiés par les cadavres d’animaux qu’il conserve dans son atelier et les poissons qu'il laissent  plusieurs jours à l'air libre avant de les peindre, se plaignent des odeurs qui émanent de son atelier. Visiblement les natures mortes à sujets de  fleurs échappent à cette règle  (Glaïeuls (1919) et Le Vase de fleurs (1918).  
Pendant la Seconde guerre mondiale Soutine, traqué puisque juif, mène une vie clandestine, retournant souvent à Paris pour se faire soigner d'un ulcère récidivent. Bien que conscient du danger auquel il s’expose, il n'a jamais fait ou même tenter de faire les démarches nécessaires pour fuir la France. Suite à une dénonciation, il se réfugie près de Tours, avec sa nouvelle liaison, Marie-Berthe Aurenche, ex épouse de Max Ernst.  Le 31 juillet 1943, il est fiévreux et doit être hospitalisé. Avant d’être transporté, il se rend à son atelier et brûle ses toiles. À l’hôpital de Chinon, on le dirige vers une clinique parisienne. Les contrôles de la France occupée doivent être évités et le voyage se révèle plus long que prévu. Opéré sept jours  après son arrivée, il meurt deux jours après l'opération.
Au cimetière du Montparnasse, rien ne fut gravé sur la tombe avant la fin de la guerre. Pablo Picasso fut l'un des rares à suivre son enterrement. Malgré des interruptions plus ou moins longues, Chaïm Soutine a beaucoup peint et beaucoup détruit ses oeuvres et ce jusqu’à la fin de sa vie.

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2015 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau 

mardi 2 février 2016

Chaïm Soutine (1893-1943) - Nature morte au faisan



Chaïm Soutine (1893-1943)
Nature morte au faisan (1924)
Musée de l'Orangerie, Paris
Coll. Jean Walter et Paul Guillaume

Que voit-on ? Posé sur un table, un faisan gisant dans un  torchon  blanc déplié et taché de traces jaune qui figurent sans doute l'état d'avancement du gibier. Soutine dans son style si particulier a conservé les plumes et la parure de l'animal qu'il s'applique à rendre en circonvolutions abstraites et colorées. Ce cadavre d'animal, contrairement a beaucoup d'autres qu'il a peint, n'est pas éventré. Un gros piment rouge posé en plein milieu du torchon blanc (et du cadre )évoque à peine une tache de sang indélébile. Une saucière blanche disposée dans le fond de la toile est liée à la blancheur du torchon par une cuillère en bois au manche interminable.  Le torchon lui-même avec ses taches et ses empreintes finit par former à lui seul une très interessante composition abstraite..

Rappel biographique : Le peintre français d'origine biélorusse Chaïm Soutine a développé une technique de peinture très qui utilise une palette de couleurs éclatantes et tourmentées tout en se situant dans une mode expressionniste avant la lettre qui a pu peut parfois, dans ses portraits, rappeler le style d' Egon Schiele. Il est l'un des peintres majeurs rattachés, à ce qu'on appelle l'École de Paris avec Modgliani et Chagall  et sans doute le personnage le plus extravagant de la bande.  
Dans le domaine des natures mortes, Soutine a commencé par traiter (avant la première guerre mondiale) des sujets assez banals (Nature morte a la pipe ou  Nature morte à la Soupière) puis se consacre surtout  à la représentation des animaux et en particulier des animaux écorchés ou éventrés qu’il prend comme modèle. Ces visions morbides issues de son enfance hanteront une bonne part de sa peinture, comme la série des carcasses de bœufs et celle des volailles (dindons, poulets, lapin etc...). Les voisins, horrifiés par les cadavres d’animaux qu’il conserve dans son atelier et les poissons qu'il laissent  plusieurs jours à l'air libre avant de les peindre, se plaignent des odeurs qui émanent de son atelier. Visiblement les natures mortes à sujets de  fleurs échappent à cette règle  (Glaïeuls (1919) et Le Vase de fleurs (1918).  
Pendant la Seconde guerre mondiale Soutine, traqué puisque juif, mène une vie clandestine, retournant souvent à Paris pour se faire soigner d'un ulcère récidivent. Bien que conscient du danger auquel il s’expose, il n'a jamais fait ou même tenter de faire les démarches nécessaires pour fuir la France. Suite à une dénonciation, il se réfugie près de Tours, avec sa nouvelle liaison, Marie-Berthe Aurenche, ex épouse de Max Ernst.  Le 31 juillet 1943, il est fiévreux et doit être hospitalisé. Avant d’être transporté, il se rend à son atelier et brûle ses toiles. À l’hôpital de Chinon, on le dirige vers une clinique parisienne. Les contrôles de la France occupée doivent être évités et le voyage se révèle plus long que prévu. Opéré sept jours  après son arrivée, il meurt deux jours après l'opération.


Au cimetière du Montparnasse, rien ne fut gravé sur la tombe avant la fin de la guerre. Pablo Picasso fut l'un des rares à suivre son enterrement. Malgré des interruptions plus ou moins longues, Chaïm Soutine a beaucoup peint et beaucoup détruit ses oeuvres et ce jusqu’à la fin de sa vie.

mardi 27 décembre 2022

Chaïm Soutine (1893-1943) - Nature morte avec une Raie



Chaïm Soutine (1893-1943) Nature morte avec une Raie, 1924 Huile sur toile, 81 x 110 cm The MET , New-York



Chaïm Soutine (1893-1943)
Nature morte avec une Raie, 1924
Huile sur toile, 81 x 110 cm
The MET, New-York 

Que voit on ? Un raie éventrée  qui répand ses viscères., dans la grande tradition des natures mortes aux animaux éventrés peintes par Rembrandt, Chardin, Goya, Picasso, etc... Et oui la nature morte n'est pas  uniquement un genre pictural qui cultive les bouquets de fleurs et les jolis objets, quelquefois elle n'hésite  pas à traiter du réel et de la face sombre des hommes. Ici de beaux fruits rouges, gorgés de suc viennent rehausser non sans malice, voir perversité, une triperie sanguinolente, animée par des rouges vibrants, des roses et des violacés du plus bel effet. L'esthétique de la laideur  dans tout l’éclat de son paradoxe. Et donc joyeuses fêtes de d'années, amies et amis fidèles à ce blogs depuis 12 ans...déjà !


Rappel biographique : Le peintre français d'origine biélorusse Chaïm Soutine a développé une technique de peinture très qui utilise une palette de couleurs éclatantes et tourmentées tout en se situant dans une mode expressionniste avant la lettre qui a pu peut parfois, dans ses portraits, rappeler le style d'Egon Schiele. Il est l'un des peintres majeurs rattachés, à ce qu'on appelle l'École de Paris avec Modgliani et Chagall et sans doute le personnage le plus extravagant de la bande. Dans le domaine des natures mortes, Soutine a commencé par traiter (avant la première guerre mondiale) des sujets assez banals (Nature morte a la pipe ou Nature morte à la Soupière) puis se consacre surtout à la représentation des animaux et en particulier des animaux écorchés ou éventrés qu’il prend comme modèle. Ces visions morbides issues de son enfance hanteront une bonne part de sa peinture, comme la série des carcasses de bœufs et celle des volailles (dindons, poulets, lapin etc...). Les voisins, horrifiés par les cadavres d’animaux qu’il conserve dans son atelier et les poissons qu'il laissent plusieurs jours à l'air libre avant de les peindre, se plaignent des odeurs qui émanent de son atelier. Visiblement seules es natures mortes à sujets de fleurs échappent à cette règle (Glaïeuls (1919) et Le Vase de fleurs (1918).
Pendant la Seconde guerre mondiale Soutine, traqué puisque juif, mène une vie clandestine, retournant souvent à Paris pour se faire soigner d'un ulcère récidivent. Bien que conscient du danger auquel il s’expose, il n'a jamais fait ou même tenter de faire les démarches nécessaires pour fuir la France. Suite à une dénonciation, il se réfugie près de Tours, avec sa nouvelle liaison, Marie-Berthe Aurenche, ex épouse de Max Ernst. Le 31 juillet 1943, il est fiévreux et doit être hospitalisé. Avant d’être transporté, il se rend à son atelier et brûle ses toiles. À l’hôpital de Chinon, on le dirige vers une clinique parisienne. Les contrôles de la France occupée doivent être évités et le voyage se révèle plus long que prévu. Opéré sept jours après son arrivée, il meurt deux jours après l'opération.
Au cimetière du Montparnasse, rien ne fut gravé sur la tombe avant la fin de la guerre. Pablo Picasso fut l'un des rares à suivre son enterrement. Malgré des interruptions plus ou moins longues, Chaïm Soutine a beaucoup peint et beaucoup détruit ses œuvres et ce jusqu’à la fin de sa vie.

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mardi 26 mai 2020

Chaïm Soutine (1893-1943) - Glaïeuls




Chaïm Soutine (1893-1943)
Glaïeuls, 1919
Huile sur toile, 55.2 x 38.3 cm
Collection Privée (via Christie's)

Que voit on ?  Celui qui avait la réputation de faire profession de mal peindre et de le revendiquer  donne dans cette nature motre un bek exemple de son art !!!   A défaut d'être sensible à ses provocations picturales  et à ce style qu'il qualifiait lui même de "bâclé" , on se laissera séduire  par la  la vivacité et l'éclat de ces rouges splendides...

Rappel biographique : Le peintre français d'origine biélorusse Chaïm Soutine a développé une technique de peinture très qui utilise une palette de couleurs éclatantes et tourmentées tout en se situant dans une mode expressionniste avant la lettre qui a pu peut parfois, dans ses portraits, rappeler le style d' Egon Schiele. Il est l'un des peintres majeurs rattachés, à ce qu'on appelle l'École de Paris avec Modgliani et Chagall et sans doute le personnage le plus extravagant de la bande.  Dans le domaine des natures mortes, Soutine a commencé par traiter (avant la première guerre mondiale) des sujets assez banals (Nature morte a la pipe ou Nature morte à la Soupière) puis se consacre surtout à la représentation des animaux et en particulier des animaux écorchés ou éventrés qu’il prend comme modèle. Ces visions morbides issues de son enfance hanteront une bonne part de sa peinture, comme la série des carcasses de bœufs et celle des volailles (dindons, poulets, lapin etc...). Les voisins, horrifiés par les cadavres d’animaux qu’il conserve dans son atelier et les poissons qu'il laissent plusieurs jours à l'air libre avant de les peindre, se plaignent des odeurs qui émanent de son atelier. Visiblement seules es natures mortes à sujets de fleurs échappent à cette règle (Glaïeuls (1919) et Le Vase de fleurs (1918).
Pendant la Seconde guerre mondiale Soutine, traqué puisque juif, mène une vie clandestine, retournant souvent à Paris pour se faire soigner d'un ulcère récidivent. Bien que conscient du danger auquel il s’expose, il n'a jamais fait ou même tenter de faire les démarches nécessaires pour fuir la France. Suite à une dénonciation, il se réfugie près de Tours, avec sa nouvelle liaison, Marie-Berthe Aurenche, ex épouse de Max Ernst. Le 31 juillet 1943, il est fiévreux et doit être hospitalisé. Avant d’être transporté, il se rend à son atelier et brûle ses toiles. À l’hôpital de Chinon, on le dirige vers une clinique parisienne. Les contrôles de la France occupée doivent être évités et le voyage se révèle plus long que prévu. Opéré sept jours après son arrivée, il meurt deux jours après l'opération.
Au cimetière du Montparnasse, rien ne fut gravé sur la tombe avant la fin de la guerre. Pablo Picasso fut l'un des rares à suivre son enterrement. Malgré des interruptions plus ou moins longues, Chaïm Soutine a beaucoup peint et beaucoup détruit ses œuvres et ce jusqu’à la fin de sa vie.

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mercredi 19 octobre 2016

Chaïm Soutine (1893-1943) - Dindon et tomates


Chaïm Soutine (1893 - 1943), 
Dindon et tomates  (1923-1924) 
Coll. Jean Walter et Paul Guillaume 
Musée de l'Orangerie, Paris

 Que voit-on ?  Présenté en hauteur sur ce que l'on imagine être un table à gibier en marbre, un dindon partiellement déplumé dont on aperçoit la tête et le bec en haut du cadre et les pattes en bas à droite, les chairs de l'animal donnant au peintre l'opportunité d'une étude de couleurs qui vont du blanc gris du cou pelé au jaune sanguinolent du corps.  Une généreuse grappe de tomates charnue ponctue la composition sur la droite dans le bas du cadre.  


Rappel biographique :
 Le 
peintre français d'origine biélorusse Chaïm Soutine a développé une technique de peinture très qui utilise une palette de couleurs éclatantes et tourmentées tout en se situant dans une mode expressionniste avant la lettre qui a pu peut parfois, dans ses portraits, rappeler le style d' Egon Schiele. Il est l'un des peintres majeurs rattachés, à ce qu'on appelle l'École de Paris avec Modgliani et Chagall  et sans doute le personnage le plus extravagant de la bande.  
Dans le domaine des natures mortes, Soutine a commencé par traiter (avant la première guerre mondiale) des sujets assez banals (Nature morte a la pipe ou  Nature morte à la Soupière) puis se consacre surtout  à la représentation des animaux et en particulier des animaux écorchés ou éventrés qu’il prend comme modèle. Ces visions morbides issues de son enfance hanteront une bonne part de sa peinture, comme la série des carcasses de bœufs et celle des volailles (dindons, poulets, lapin etc...). Les voisins, horrifiés par les cadavres d’animaux qu’il conserve dans son atelier et les poissons qu'il laissent  plusieurs jours à l'air libre avant de les peindre, se plaignent des odeurs qui émanent de son atelier. Visiblement les natures mortes à sujets de  fleurs échappent à cette règle  (Glaïeuls (1919) et Le Vase de fleurs (1918).  
Pendant la Seconde guerre mondiale Soutine, traqué puisque juif, mène une vie clandestine, retournant souvent à Paris pour se faire soigner d'un ulcère récidivent. Bien que conscient du danger auquel il s’expose, il n'a jamais fait ou même tenter de faire les démarches nécessaires pour fuir la France. Suite à une dénonciation, il se réfugie près de Tours, avec sa nouvelle liaison, Marie-Berthe Aurenche, ex épouse de Max Ernst.  Le 31 juillet 1943, il est fiévreux et doit être hospitalisé. Avant d’être transporté, il se rend à son atelier et brûle ses toiles. À l’hôpital de Chinon, on le dirige vers une clinique parisienne. Les contrôles de la France occupée doivent être évités et le voyage se révèle plus long que prévu. Opéré sept jours  après son arrivée, il meurt deux jours après l'opération.
Au cimetière du Montparnasse, rien ne fut gravé sur la tombe avant la fin de la guerre. Pablo Picasso fut l'un des rares à suivre son enterrement. Malgré des interruptions plus ou moins longues, Chaïm Soutine a beaucoup peint et beaucoup détruit ses oeuvres et ce jusqu’à la fin de sa vie.

mardi 5 juillet 2016

William H. Johnson (1901-1970)






William H. Johnson (1901-1970)
Still-life 1927

Que voit-on ?  Sur une table de cuisine recouverte d'une tissu rouge vif qui traverse le cadre en diagonale, plusieurs éléments  disparates : bouteilles, assiettes de fruits,  fruits, pots en céramiques, brocs à eau disposé dans un apparent désordre. Sur le côté : un tiroir de la table ouvert laisse dépasser un ligne vert (serviette?). l'ensemble des coloris de la composition est une variation sur le vert et le rouge.  

Rappel biographique :  William Henry Johnson est un peintre afro-américain, né а Florence, en Caroline du Sud,  considéré par beaucoup  comme l'un des grands peintres américains du 20e siècle.
Issu d'un mariage mixte, William Henry Johnson naît  d'une mère noire avec des origines amérindiennes et d'un père blanc. À l'âge de 17 ans, il part s'installer à New York où il exerce de nombreux petits métiers afin de pouvoir se payer des études d'art. Il parvient à entrer à la National Academy of Design où, entre 1921 et 1926, il étudie différentes techniques sous la direction de Charles Webster Hawthorne qui parvient à lui obtenir une bourse de fin d'études en France.
De 1926 à 1929, il s’établit d'abord à Paris, se passionnant pour le mouvement expressionniste, en particulier pour Chaïm Soutine, dont il reconnaît l'influence sur ses premières œuvres. Durant un long séjour à Cagnes-sur-Mer, il rencontre l'artiste danoise Holcha Krake (1885-1943), de quinze ans son aînée, et avec qui il se marie.
Entre 1930 et 1938, il commence à voyager en Europe puis en Tunisie (1932) d'où il rapporte de nombreux tableaux ; Holche, elle, s'inspire des techniques locales de tissage et de céramique. Le couple s'installe ensuite au Danemark, puis aux îles Lofoten et enfin sur l'île de Fionie. Ils organisent des expositions et tentent de vivre de leur art, Holcha se spécialisant dans le design textile et céramique. Fin 1938, le couple part s'installer à New York et connaît des difficultés financières. William parvient à intégrer le Federal Art Project, enseigne à Harlem et produit beaucoup : son art évolue vers des formes plus simples, contrastées, très imprégnées par la vie urbaine des quartiers qui l'entourent. Il se qualifie lui-même de  « primitif artist ».
En 1943, son épouse, atteinte d'un cancer, meurt. William décide alors de retourner au Danemark vivre avec sa belle-famille. Malade à son tour, rattrapé par les symptômes d'une syphilis dégénérescente (contractée sans doute dans sa jeunesse), il doit être interné, d'abord en Norvège, puis est rapatrié aux États-Unis avec tous ses tableaux. Sa lucidité étant atteinte, il est interné en 1947 dans une institution publique à Central Islip (Long Island) spécialisée dans les traitements neuropsychiatriques. Il meurt à une date inconnue, en 1970, après 23 années d'internement.
Le legs de ses œuvres avait été entre-temps effectué auprès de la Harmon Foundation qui organisa en 1967 le transfert de tous ses travaux à la Smithsonian Institution grâce aux efforts de la conservatrice Adelyn Dohme Breeskin. La première rétrospective de William Johnson eut lieu en 1971 et son impact sur la communauté noire, mais pas seulement, est alors sensible, rendant à l'artiste sa place au sein de l'histoire moderne de la peinture américaine.
En 2012, la Poste américaine émet un timbre en l'honneur de William H. Johnson, le 11e de la série « American Treasures » qui rassemble les grandes figures artistiques américaines du xxe siècle.

dimanche 2 août 2026

Nicolas Issaiev (1891-1977) - Nature morte à la bouteille


Nicolas ISSAIEV (1891-1977)  Nature morte à la bouteille


Nicolas ISSAIEV (1891-1977) 
Nature morte à la bouteille

Nicolas Issaiev est un artiste français né près d'Odessa en 1891. Peintre, graphiste et décorateur de théâtre, Issaiev a étudié à Odessa et Kharkiv dans les studios de V. Shuchajev et A. Yakovlev et à l'Académie Ranson à Paris. Il était dans l'armée pendant la Première Guerre mondiale avant d' immigrer en 1919 à Belgrade où il travailla au Théâtre national comme décorateur. En 1925 il s'installe à Paris où il se fait connaître du milieu artistique du Montparnasse en peignant des paysages, des natures mortes et quelques portraits.  Il ne sera cependant jamais intégré parmi les peintres célèbres de Montparnasse comme  Soutine et Foujita et encore moins parmi les peintres de l'Ecole de Paris dont il faisait pourtant bel et bien partie. Le seul mouvement et groupe auquel il parvient à s'intégrer fut l'assez obscur groupe tcheco-belge Circle (Krug) Group avec lequel il exposa de nombreuses fois, aussi bien à Bruxelles, Paris que Belgrade. En 1940-1945, il s'installa dans le sud de la France pour y vivre seul. Après la Seconde Guerre mondiale, il fit de fréquents séjours en Suisse, Italie et Espagne. Entre 1945 et 1950, Issaiev réalisa de nombreuses  illustrations pour des ouvrages d'éditions d'art notamment sur les publications de Pierre de Ronsard, Edgar Allan Poe et Nikolay Gogol. Dans les années 1950 et 1960, il exposa à Paris dans les galeries La Boétie et A. Weil de même qu'à la galerie P. Bernet à New York.  Il participa avec plusieurs de ses toiles à la grande exposition qui eut lieu à Paris en 1961 puis en Russie en 1974 sous le titre Les Artistes russes de l'École de Paris, trouvant ainsi trois ans avant son décès un début de reconnaissance.   

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2026 - A Still Life Collection
Un blog de Francis Rousseau 
 

 

mardi 5 septembre 2017

Olivier Debré (1920-1999)


Olivier Debré (1920-1999)
Nature morte  
Collection privée 

 Que voit-on ?   Sur un entablement assez indéfini recouvert d'un linge vert, posés devant un fond d'intérieur composé d'un miroir (à droite) et d'un buffet (à gauche) : deux vases de formes différentes en porcelaine blanche et bleu se détachent et se reflètent dans le miroir. L'un des deux contient des restes de fleurs fanées. Une illusion d'optique est crée, celle d'une richesse, d' un mouvement, qui n'existent pas dans la réalité.

Rappel biographique :  Le peintre français Olivier Debré est un représentant majeur du courant de  l’Abstraction lyrique. Fils du professeur Robert Debré, le frère de Michel Debré (Premier ministre du Général de Gaulle) et l'oncle de Bernard Debré et de Jean-Louis Debré, il fut le seul artiste d'une famille qui compte surtout des hommes politiques et des médecins. En juin 1937, il subit un choc en voyant, exposé au Pavillon de l’Espagne de l’Exposition internationale à Paris, le Guernica de Picasso. Georges Aubry, dont la galerie est située rue de Seine à Paris, l'encourage en l'exposant le premier. Il est remarqué par Dunoyer de Segonzac et Picasso qu'il rencontrera en 1941, ce dernier l’invitant dans son atelier  rue des Grands-Augustins pendant l’hiver 1942-1943.
Durant la Seconde Guerre mondiale, son art est marqué par l'expression graphique. Le dessin lui permet de traduire toute l'horreur de la guerre : Le Mort de DachauLe Sourire sadique du Nazi, Le Mort et son âme. En 1946, il installe un atelier à Cachan, il y peint une toile de 8 m de long : La Vérité et la Justice poursuivant le crime.
En 1949, il présente sa première exposition personnelle à la galerie Bing, à Paris, marchand de Soutine et de Modigliani. А l'automne, Olivier Debré installe un second atelier rue de Saint Simon à Paris et  fait la connaissance de ses grands aînés:  Hans Hartung, Gérard Schneider, Serge Poliakoff, Maria Elena Vieira da Silva. Il réalise ses premiers Signes-personnages.
Dans les années 1950, privilégiant la matière et les couleurs sourdes.
1953 correspond à une période charnière dans son œuvre où il délaisse les signes-personnages pour les signes-paysages. C'est à cette époque qu'il prend conscience des possibilités multiples offertes par la technique de la lithographie qu'il n'a jamais cessé de pratiquer. En 1956, Michel Warren organise sa première exposition individuelle à Paris. L'année suivante, la seconde exposition chez Michel Warren le fait figurer « désormais en bonne place parmi les chefs de file de l'Ecole de Paris », écrit John Prossot dans Apollo dont la couverture reproduit le tableau exposé. Après un voyage en Espagne, il expose, en 1959, а la Phillips Gallery а Washington et rencontre Rothko.
Sa première exposition personnelle à Oslo se tient à la galerie Haaken A.Christensen en 1966. Il voyagera et peindra en Norvège jusqu'à la fin de sa vie.  En 1967, il participe à l'exposition internationale de Montréal avec une gigantesque peinture Signe d'homme, pour le pavillon français. En 1975-1976, il fait partie, avec Pierre Alechinsky, Hans Hartung, Roberto Matta, Zoran Music, Edouard Pignon et Pierre Soulages, de l'exposition itinérante en France Trente créateurs organisée par André Parinaud.
De 1980 а 1985, Olivier Debré est nommé professeur, chef d'atelier de peinture murale а l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris. La consécration du peintre est également marquée par l'inauguration d'une salle Olivier Debré au Musée des beaux-arts de Tours en 1992.  Le 17 mars 1999, quelques mois avant sa mort en juin, il est élu membre de l'Institut de France, à l'Académie des beaux-arts, au fauteuil précédemment occupé par le peintre Georges Cheyssac.
En 2015, le CCC - Centre de Création Contemporaine de Tours est devenu le "Centre de Création contemporaine Olivier Debré". Il s'implante en 2016 dans un nouveau bâtiment actuellement en construction sur le site du jardin François 1er. Le lieu ne sera pas un musée consacré à Olivier Debré mais un centre d'art qui fera vivre l’œuvre du peintre en la mettant en résonance avec la création artistique contemporaine.

jeudi 11 août 2022

Jacques Mauny (1893-1962) - Nature morte avec Homard sur une Table


Jacques Mauny (1893-1962) Nature morte avec Homard sur une table Huile sur toile 33 x 41 cm Collection privée

 

Jacques Mauny (1893-1962)
Nature morte avec Homard sur une table
Huile sur toile 33 x 41 cm
Collection privée

Que voit on ?   Ce que le titre décrit c'est à dire un homard cuit, à quoi s'ajoute un citron et un brin de persil, posé dans une assiette sur une nappe devant ce qui semble être un aquarium de restaurant... si l'on en juge par la profusion de poissons qui s'y ébattent, bien qu'à peine esquissés grâce à  quelques touches de pinceaux dansantes.

Rappel biographique : Peintre français, autodidacte, sculpteur sur bois, illustrateur et écrivain,  il n'y a aucune biographie rédigée sur le web dle concernant i et pourtant ses oeuvres sont présentes dans les plus grands musées du monde du Centre Pompidou au MoMa  ! De même aucun de ces musées n'a publié de biographies de Mauny !  Tout ce que l'on peut savoir de lui est qu'il  exposa en 1920 au Salon d'Automne et qu'après un voyage à New York, il exposa en 1926 au Salon des Indépendants à Paris. Mauny expposa aussi à la Galerie Cheron  et Cie ouverte en 1913 au 56, rue de la Boétie, sous le nom de Galerie des Indépendants, qui fut un lieu clé pour l’avant-garde artistique du premier tiers du 20e siècle. Georges Chéron y expose en effet des œuvres d’artistes de l’Ecole de Paris, tels que Foujita, Modigliani et Soutine mais aussi des peintres aujourd’hui moins connus comme Dorignac, Bando ou Mauny.  La galerie ferma à la mort de Chéron en 1931. Jacques Mauny a aussi eu des expositions personnelles dans des galeries à New York en 1930 et 1931. Il a conseillé son ami Albert E Gallatin dans la création de la Living Art Gallery à l'Université de New York.

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mercredi 9 mai 2018

Nicolas Issaiev (1891-1977) - Nature morte aux oranges sanguines

Nicolas Issaiev (1891-1977)  Nature morte aux oranges sanguines  Collection privée.


Nicolas Issaiev (1891-1977) 
Nature morte aux oranges sanguines 
Collection privée.

Que voit-on ? Sur un guéridon dont la rondeur est rompue par les dessins géométriques d'une nappe bleue très architecturée :  un compotier contenant des oranges coupées, un grand verre à pied à moitié rempli de vin et quelques quartiers d'oranges éparpillés sur la nappe. Le rouge orangé des fruits trouve dans la tonalité résolument bleue de toute cette composition son complément naturel.

Rappel biographique : Nicolas Issaiev est un artiste français né près d'Odessa en 1891. Peintre, graphiste et décorateur de théâtre, Issaiev a étudié à Odessa et Kharkiv dans les studios de V. Shuchajev et A. Yakovlev et à l'Académie Ranson à Paris. Il était dans l'armée pendant la Première Guerre mondiale avant d' immigrer en 1919 à Belgrade où il travailla au Théâtre national comme décorateur. En 1925 il s'installe à Paris où il se fait connaître du milieu artistique du Montparnasse en peignant des paysages, des natures mortes et quelques portraits.  Il ne sera cependant jamais intégré parmi les peintres célèbres de Montparnasse comme  Soutine et Foujita et encore moins parmi les peintres de l'Ecole de Paris dont il faisait pourtant bel et bien partie. Le seul mouvement et groupe auquel il parvient à s'intégrer fut l'assez obscur groupe tcheco-belge Circle (Krug) Group avec lequel il exposa de nombreuses fois, aussi bien à Bruxelles, Paris que Belgrade. En 1940-1945, il s'installa dans le sud de la France pour y vivre seul. Après la Seconde Guerre mondiale, il fit de fréquents séjours en Suisse, Italie et Espagne. Entre 1945 et 1950, Issaiev réalisa de nombreuses  illustrations pour des ouvrages d'éditions d'art notamment sur les publications de Pierre de Ronsard, Edgar Allan Poe et Nikolay Gogol. Dans les années 1950 et 1960, il exposa à Paris dans les galeries La Boétie et A. Weil de même qu'à la galerie P. Bernet à New York.  Il participa avec plusieurs de ses toiles à la grande exposition qui eut lieu à Paris en 1961 puis en Russie en 1974 sous le titre Les Artistes russes de l'École de Paris, trouvant ainsi trois ans avant son décès un début de reconnaissance. 
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dimanche 7 août 2022

William Merritt Chase (1849-1916) - Still Life in Copper, 1890-93


William Merritt Chase (1849-1916) Still Life in Copper, 1890-93 Huile sur toile, 35.6 × 42.7 cm Allen Memorial Art Museum.


William Merritt Chase (1849-1916)
Still Life in Copper, 1890-93
Huile sur toile, 35.6 × 42.7 cm
Allen Memorial Art Museum.

 Que voit on ?  Un bel ensemble de casserole ma foi !  En réalité une poêle en cuivre rouge  avec son manche en bois et un pichet en cuivre jaune. En dehors de la passion de ce Meritt-Chase pour ce thème auquel le grand Chardin lui même réservait toujours le meilleur traitement dans nombre de ses toiles, le peintre américain était passé maitre dans l'art du rendu des reflets des matières métalliques , un art que l'on peut difficilement ignorer dan la toile ci-dessus.

Rappel biographique : Le peintre américain William Merritt-Chase était très connu outre Atlantique, pour ses talents de pédagogue et pour le rôle qu'il a joué dans l'introduction de l'impressionnisme aux Etats Unis. Il installa sa propre école à New York, la « Chase school » (aujourd'hui Parsons), après avoir enseigné quelques années à l'Art Students League. Il a travaillé sur toutes sortes de supports : huile, pastel, encre et aborder de nombreux genre, paysages, natures mortes, portraits. Ce sont d'ailleurs surtout ses portraits de grandes personnalités de son temps qui le rendirent célèbre, au point que toute la bonne société de la Nouvelle Angleterre et de New York se pressait à la porte de son atelier pour se faire peindre. Les quelques natures mortes qu'il a peintes mettent généralement en scène des poissons ou des casseroles !  Chase a  peint des natures mortes tout au long de sa carrière comme il l'avait fait pendant ses années d'étudiant. Des objets mis en situation de nature mortes remplissaient ses divers studios et ses maisons, et ses peintures d'intérieur incluaient presque toujours une nature morte dans un endroit de la pièce ou même représentée en toile sur les murs ! Il était particulièrement doué pour capturer l'effet de la lumière sur des surfaces métalliques telles que des bols et des pichets en cuivre. Le sujet de nature morte le plus célèbre de Chase était sans doute le poisson mort, qu'il aimait peindre sur des fonds sombres ou sur une assiette comme s'il venait tout juste de sortir de l'étal d'un poissonnier. Il était connu pour acheter les poissons morts au marché, les peindre rapidement, puis les rendre avant qu'ils ne se gâtent. Une manie qu'il partageait avec Chaïm Soutine  qui lui par contre ne rendait ni viande ni poissons quand ils commençaient à se gaâer, ce qui lui valut de nombreuses plaintes de ses voisins. 


 

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dimanche 20 août 2017

)Nicolas Issaiev (1891-1977)- Nature morte à la cruche

Nicolas Issaiev (1891-1977) Nature morte à la cruche  Private collection

Nicolas Issaiev (1891-1977)
Nature morte à la cruche
 Private collection

Que voit-on ? Dans une atmosphère assez sombre, posée sur un entablement difficile à identifier : une cruche à anse à motif étrange de masque grillagé ou d'oeuf grillagé projette un puissant jet de lumière en manière d'ombre. A gauche de la composition : trois autres oeufs peints comme les oeufs offerts en cadeaux au moment de la Pâques orthodoxe, une des plus importantes fêtes religieuses russes. Dans certaines regions de Russie, peindre un oeuf équivalait même à faire un voeu : ainsi peignait-on des petits soleils pour obtenir du beau temps, des épis pour de belles récoltes, etc. On les mettait sur les toits des maisons pour se protéger de l'orage ou dans les sillons des champs pour que la récolte soit bonne.  C'est pourtant sur la cruche que le titre attire l'attention du spectateur...

Rappel biographique : Nicolas Issaiev est un artiste français né près d'Odessa en 1891. Peintre, graphiste et décorateur de théâtre, Issaiev a étudié à Odessa et Kharkiv dans les studios de V. Shuchajev et A. Yakovlev et à l'Académie Ranson à Paris. Il était dans l'armée pendant la Première Guerre mondiale avant d' immigrer en 1919 à Belgrade où il travailla au Théâtre national comme décorateur. En 1925 il s'installe à Paris où il se fait connaître du milieu artistique du Montparnasse en peignant des paysages, des natures mortes et quelques portraits.  Il ne sera cependant jamais intégré parmi les peintres célèbres de Montparnasse comme  Soutine et Foujita et encore moins parmi les peintres de l'Ecole de Paris dont il faisait pourtant bel et bien partie. Le seul mouvement et groupe auquel il parvient à s'intégrer fut l'assez obscur groupe tcheco-belge Circle (Krug) Group avec lequel il exposa de nombreuses fois, aussi bien à Bruxelles, Paris que Belgrade. En 1940-1945, il s'installa dans le sud de la France pour y vivre seul. Après la Seconde Guerre mondiale, il fit de fréquents séjours en Suisse, Italie et Espagne. Entre 1945 et 1950, Issaiev réalisa de nombreuses  illustrations pour des ouvrages d'éditions d'art notamment sur les publications de Pierre de Ronsard, Edgar Allan Poe et Nikolay Gogol. Dans les années 1950 et 1960, il exposa à Paris dans les galeries La Boétie et A. Weil de même qu'à la galerie P. Bernet à New York.  Il participa avec plusieurs de ses toiles à la grande exposition qui eut lieu à Paris en 1961 puis en Russie en 1974 sous le titre Les Artistes russes de l'École de Paris, trouvant ainsi trois ans avant son décès un début de reconnaissance. 
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dimanche 13 novembre 2016

William H. Johnson (1901-1970)


William H. Johnson (1901-1970)
Still-life, 1927
Greenville County Museum of Art, Texas  (USA)

Que voit-on ? Une table recouverte d'une nappe blanche dans sa partie supérieure et des nappes ou sur-nappes dans d'autres motifs et couleurs dans la partie inférieure de la composition, ce qui lui donne un aspect cubiste avant la lettre. La table est disposée devant ce qui semble être une ouverture vers l'extérieur ou vers un jardin,  Trois bouteilles et trois compositions fruitières sont disposées sur la table. Ce sont toutes des bouteilles de Cognac, d'Armagnac ou de liqueurs dite " digestives " fortes. 
Deux de ses bouteilles sont vides. Une des trois compositions fruitières est rassemblée dans un compotier, les deux autres sont répandues sur la table dans un désordre étudié. Certaines autres formes ne sont pas clairement identifiables, volontairement noyées dans l'abstraction plus que dans l'inachevé. Beaucoup de couleurs et d'informations visuelles très disparates donc pour rendre l'atmosphère de l'ivresse ressentie à la fin d'un déjeuner d'été, visiblement bien arrosé...pendant l'un des séjours de ce grand peintre américain en Europe.  

Rappel biographique :  William Henry Johnson est un peintre afro-américain, né à Florence (Caroline du Sud)  considéré par beaucoup comme l'un des grands peintres américains du 20e siècle.
Issu d'un mariage mixte, William Henry Johnson naît d'une mère noire avec des origines amérindiennes et d'un père blanc. À l'âge de 17 ans, il part s'installer à New York où il exerce de nombreux petits métiers afin de pouvoir se payer des études d'art. Il parvient à entrer à la National Academy of Design où, entre 1921 et 1926, il étudie différentes techniques sous la direction de Charles Webster Hawthorne qui parvient à lui obtenir une bourse de fin d'études en France.
De 1926 à 1929, il s’établit d'abord à Paris, se passionnant pour le mouvement expressionniste, en particulier pour Chaïm Soutine, dont il reconnaît l'influence sur ses premières œuvres. Durant un long séjour à Cagnes-sur-Mer, il rencontre l'artiste danoise Holcha Krake (1885-1943), de quinze ans son aînée, et avec qui il se marie.
Entre 1930 et 1938, il commence à voyager en Europe puis en Tunisie (1932) d'où il rapporte de nombreux tableaux ; Holcha, elle, s'inspire des techniques locales de tissage et de céramique. Le couple s'installe ensuite au Danemark, puis aux îles Lofoten et enfin sur l'île de Fionie. Ils organisent des expositions et tentent de vivre de leur art, Holcha se spécialisant dans le design textile et céramique. Fin 1938, le couple part s'installer à New York et connaît des difficultés financières. William parvient à intégrer le Federal Art Project, enseigne à Harlem et produit beaucoup : son art évolue vers des formes plus simples, contrastées, très imprégnées par la vie urbaine des quartiers qui l'entourent. Il se qualifie lui-même de  « artiste primitif ».
En 1943, son épouse, atteinte d'un cancer, meurt. William décide alors de retourner au Danemark vivre avec sa belle-famille. Malade à son tour, rattrapé par les symptômes d'une syphilis contractée sans doute dans sa jeunesse, il doit être interné, d'abord en Norvège, puis est rapatrié aux États-Unis avec tous ses tableaux. Sa lucidité étant atteinte, il est interné en 1947 dans une institution publique à Central Islip (Long Island) spécialisée dans les traitements neuro-psychiatriques. Il meurt en 1970, après 23 années d'internement.
Le legs de ses œuvres avait été entre-temps effectué auprès de la Harmon Foundation qui organisa en 1967 le transfert de tous ses travaux à la Smithsonian Institution grâce aux efforts de la conservatrice Adelyn Dohme Breeskin. La première rétrospective de William Johnson eut lieu en 1971 et son impact sur la communauté noire, mais pas seulement, est alors sensible, rendant à l'artiste sa place au sein de l'histoire moderne de la peinture américaine.
En 2012, la Poste américaine émet un timbre en l'honneur de William H. Johnson, le 11e de la série « American Treasures » qui rassemble les grandes figures artistiques américaines du 20e siècle.

jeudi 17 octobre 2019

Nicolas Issaiev (1891-1977) - Nature morte à la carafe


 https://astilllifecollection.blogspot.com/2019/10/nicolas-issaiev-1891-1977-nature-morte.html

Nicolas Issaiev (1891-1977)
Nature morte à la carafe, 1967
Private Collection

 Que voit on ? Dans un intérieur dont le papier peint ne peut laisser de dote quand au pays où nous nous trouvons, posés sur une table basse : une carafe de cristal dont n'aperçoit pas le contenu, entourée de deux oeufs peints et décorés pour fêter la Pâques orthodoxe.

Rappel biographique : Nicolas Issaiev est un artiste français né près d'Odessa en 1891. Peintre, graphiste et décorateur de théâtre, Issaiev a étudié à Odessa et Kharkiv dans les studios de V. Shuchajev et A. Yakovlev et à l'Académie Ranson à Paris. Il était dans l'armée pendant la Première Guerre mondiale avant d' immigrer en 1919 à Belgrade où il travailla au Théâtre national comme décorateur. En 1925 il s'installe à Paris où il se fait connaître du milieu artistique du Montparnasse en peignant des paysages, des natures mortes et quelques portraits. Il ne sera cependant jamais intégré parmi les peintres célèbres de Montparnasse comme Soutine et Foujita et encore moins parmi les peintres de l'Ecole de Paris dont il faisait pourtant bel et bien partie. Le seul mouvement et groupe auquel il parvient à s'intégrer fut l'assez obscur groupe tcheco-belge Circle Group avec lequel il exposa de nombreuses fois, aussi bien à Bruxelles, Paris que Belgrade. En 1940-1945, il s'installa dans le sud de la France pour y vivre seul. Après la Seconde Guerre mondiale, il fit de fréquents séjours en Suisse, Italie et Espagne. Entre 1945 et 1950, Issaiev réalisa de nombreuses illustrations pour des ouvrages d'éditions d'art notamment sur les publications de Pierre de Ronsard, Edgar Allan Poe et Nikolay Gogol. Dans les années 1950 et 1960, il exposa à Paris dans les galeries La Boétie et A. Weil de même qu'à la galerie P. Bernet à New York. Il participa avec plusieurs de ses toiles à la grande exposition qui eut lieu à Paris en 1961 puis en Russie en 1974 sous le titre Les Artistes russes de l'École de Paris, trouvant ainsi trois ans avant son décès un début de reconnaissance.

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vendredi 26 janvier 2018

Jean Fautrier (1898-1964) - Le grand sanglier noir ou Le Sanglier Ecorché


Jean Fautrier (1898-1964) 
Le grand sanglier noir ou Le Sanglier Ecorché  1926.
Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris (MAM) , France

Aujourd'hui s'ouvre au Musée d'art Moderne de la Ville de Paris, la troisième rétrospective consacrée depuis au peintre français Jean Fautrier.  S'il vous plait, ne la manquez pas... 
Elle durera jusqu'au 20 mai 2018. 
Les deux précédentes ont eu lieu l'année de sa mort en 1964 et en 1989... 
Que voit on ?  La  référence historique est évidente : « Le Bœuf écorché » de Rembrandt, sans doute la nature morte la plus forte de l'Histoire de l'Art... mais aussi  référence à celle de Goya sur le même thème de l'animal écorché,  une vision que réactive Chaïm Soutine en 1920 mais qui n'a cependant jamais cessé d'être présente depuis les natures mortes de l'antiquité romaine. 
De cette toile très forte conservée au MAM, l'analyste artistique Jacques Tcharny a fort justement écrit : " Le ressenti du spectateur est irréfragable : (...) une panique primitive de ce que pourrait être le destin de l’humanité, une terreur irraisonnée d’un avenir irrémédiable. « L’angoisse de la bête », qui sera une des principales caractéristiques de l’art bi-dimensionnel d’après 1945, est déjà présente ici avec cette différence de taille : l’animal est mort. Mais son côté précurseur ne peut être ignoré.  Fautrier vient frapper à la porte de notre inconscient individuel comme à celui, collectif, des sociétés privilégiées de notre civilisation occidentale... Elle qui paraissait à l’abri des horreurs suprêmes vécues entre 1940 et1945. Sous cet angle, « Le Sanglier écorché » est, tout à la fois, constatation d’un état de fait : celui de la nullité des militaires de 1914, joyeux bouchers du haut-commandement et officiers ; et prémonitoire des catastrophes à venir."

Rappel biographique : le peintre, sculpteur et graveur  français Jean Léon Fautrier est, avec Jean Dubuffet, le plus important représentant du courant de  "l'Art Informel"  appelé aussi " Art Brut " ou   " Tachisme " . L’Art Informel regroupe à la fois le courant de  l’abstraction lyrique avec ses techniques d’expressions essentiellement gestuelles, le matiérisme dont l’objet est de travailler les matières sur les surfaces de la toile, et par rapprochement, le spatialisme dont les recherches portent sur les dimensions de l’espace et du temps et sur la lumière. D’autres courants, comme le mouvement CoBrA, le Groupe Gutai, l’expressionnisme abstrait en Allemagne, l’Action Painting de Jacskon Pollock aux Etats-Unis peuvent être rapprochés aussi de l'art Informel. Fautrier est aussi un pionnier de la technique des hautes pâtes.  Dès l'âge de 14 ans, il étudie l’art à la Royal Academy de Londres et  découvre  les peintures de Turner qui l'impressionnent beaucoup. De retour en France, il est mobilisé en 1917. Gazé à Montdidier, il est définitivement réformé en 1921. Il expose dès 1921 des natures mortes et des portraits. En 1923, il rencontre Jeanne Castel, avec laquelle il vivra un certain temps. En 1924, première exposition personnelle et premières ventes ; l’année suivante, le marchand d’art Paul Guillaume  lui achète quelques tableaux. C’est avec ce même Paul Guillaume que Fautrier passe un contrat d’exclusivité en 1927. Jusqu'en 1933  il se partage entre sculpture, peinture et gravures. Il réalise notamment des gravures pour l'édition illustrée de l'Enfer de Dante préparée par Gallimard, projet qui n'aboutira pas. Quelques unes de ses peintures sont exposées en 1945 à la Galerie Drouin, suscitant une vive admiration de l'intelligentsia parisienne. Le catalogue de l'exposition était préfacé par André Malraux. Dans les années qui suivent, Fautrier travaille à l'illustration de plusieurs ouvrages, parmi lesquels L'Alleluiah de Georges Bataille et enchaîne sur une série consacrée aux petits objets familiers. En  1950, il invente avec sa compagne,  Jeanine Aeply, un procédé complexe mêlant reproduction chalcographique et peinture, qui permet de tirer ses œuvres à plusieurs exemplaires, pour obtenir ce qu’ils appelleront des « originaux multiples ».

lundi 23 janvier 2017

Nicolas Issaiev (1891-1977) - Nature morte au pichet


Nicolas Issaiev (1891-1977) Nature morte au pichet, 1927 Collection privée


Nicolas Issaiev (1891-1977)
Nature morte au pichet, 1927
Collection privée

Que voit on ? Dans un palette très sourde et un style encore très cubiste, une splendide nature morte au pichet où ce dernier - très disproportionné et très lumineux occupe toute la hauteur de la composition sur la droite (comme dans certaines toiles de Picasso de la même époque) alors qu'un plateau de fruits (pommes vertes ?) repose à gauche sur une pile de livres à la splendide reliure rouge. Une composition très élaborée où l'on reconnait la touche du décorateur de théâtre que fut Issaiev, un grand peintre français, hélas encore presque totalement inconnu de nos jours.

Rappel biographique : Nicolas Issaiev est un artiste français né près d'Odessa en 1891. Peintre, graphiste et décorateur de théâtre, Issaiev a étudié à Odessa et Kharkiv dans les studios de V. Shuchajev et A. Yakovlev et à l'Académie Ranson à Paris. Il était dans l'armée pendant la Première Guerre mondiale avant d' immigrer en 1919 à Belgrade où il travailla au Théâtre national comme décorateur. En 1925 il s'installe à Paris où il se fait connaître du milieu artistique du Montparnasse en peignant des paysages, des natures mortes et quelques portraits.  Il ne sera cependant jamais intégré parmi les peintres célèbres de Montparnasse comme  Soutine et Foujita et encore moins parmi les peintres de l'Ecole de Paris dont il faisait pourtant bel et bien partie. Le seul mouvement et groupe auquel il parvient à s'intégrer fut l'assez obscur groupe tcheco-belge Circle (Krug) Group avec lequel il exposa de nombreuses fois, aussi bien à Bruxelles, Paris que Belgrade. En 1940-1945, il s'installa dans le sud de la France pour y vivre seul. Après la Seconde Guerre mondiale, il fit de fréquents séjours en Suisse, Italie et Espagne. Entre 1945 et 1950, Issaiev réalisa de nombreuses  illustrations pour des ouvrages d'éditions d'art notamment sur les publications de Pierre de Ronsard, Edgar Allan Poe et Nikolay Gogol. Dans les années 1950 et 1960, il exposa à Paris dans les galeries La Boétie et A. Weil de même qu'à la galerie P. Bernet à New York.  Il participa avec plusieurs de ses toiles à la grande exposition qui eut lieu à Paris en 1961 puis en Russie en 1974 sous le titre Les Artistes russes de l'École de Paris, trouvant ainsi trois ans avant son décès un début de reconnaissance.  
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2017 - A Still Life Collection
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jeudi 18 mai 2017

Olivier Debré (1920-1999)



Olivier Debré (1920-1999)
Nature-Morte, 1958
Collection privée

Que voit on ? C'est l'ultime degré d'interprétation de la nature morte en peinture : l'abstraction. Pas celle que l'on trouve déjà dans certaines natures mortes de Giorgio Morandi ou de Nicolas de Staël - chez lesquels les objets qui composent la nature morte sont souvent nommés -  mais une abstraction totale, revendiquée, assumée. Même si tout à coup le jeu des interprétations, des transpositions, nous est confisqué par la nature même de la nature (abstraite), toute forme n'a pas disparu de la composition et l'oeil (à qui le peintre a tout de même pris le soin d'indiquer qu'il s'agissait d'une nature morte) ne peut s'empêcher de recomposer, presque mécaniquement, ici une bouteille, là un vase, voir une orange ou deux prunes...

Rappel biographique :  Le peintre français Olivier Debré est un représentant majeur du courant de  l’Abstraction lyrique. Fils du professeur Robert Debré, le frère de Michel Debré (Premier ministre du Général de Gaulle) et l'oncle de Bernard Debré et de Jean-Louis Debré, il fut le seul artiste d'une famille qui compte surtout des hommes politiques et des médecins. En juin 1937, il subit un choc en voyant, exposé au Pavillon de l’Espagne de l’Exposition internationale à Paris, le Guernica de Picasso. Georges Aubry, dont la galerie est située rue de Seine à Paris, l'encourage en l'exposant le premier. Il est remarqué par Dunoyer de Segonzac et Picasso qu'il rencontrera en 1941, ce dernier l’invitant dans son atelier  rue des Grands-Augustins pendant l’hiver 1942-1943.
Durant la Seconde Guerre mondiale, son art est marqué par l'expression graphique. Le dessin lui permet de traduire toute l'horreur de la guerre : Le Mort de Dachau, Le Sourire sadique du Nazi, Le Mort et son âme. En 1946, il installe un atelier à Cachan, il y peint une toile de 8 m de long : La Vérité et la Justice poursuivant le crime.
En 1949, il présente sa première exposition personnelle à la galerie Bing, à Paris, marchand de Soutine et de Modigliani. А l'automne, Olivier Debré installe un second atelier rue de Saint Simon à Paris et  fait la connaissance de ses grands aînés:  Hans Hartung, Gérard Schneider, Serge Poliakoff, Maria Elena Vieira da Silva. Il réalise ses premiers Signes-personnages.
Dans les années 1950, privilégiant la matière et les couleurs sourdes.
1953 correspond à une période charnière dans son œuvre où il délaisse les signes-personnages pour les signes-paysages. C'est à cette époque qu'il prend conscience des possibilités multiples offertes par la technique de la lithographie qu'il n'a jamais cessé de pratiquer. En 1956, Michel Warren organise sa première exposition individuelle à Paris. L'année suivante, la seconde exposition chez Michel Warren le fait figurer « désormais en bonne place parmi les chefs de file de l'Ecole de Paris », écrit John Prossot dans Apollo dont la couverture reproduit le tableau exposé. Après un voyage en Espagne, il expose, en 1959, а la Phillips Gallery а Washington et rencontre Rothko.
Sa première exposition personnelle à Oslo se tient à la galerie Haaken A.Christensen en 1966. Il voyagera et peindra en Norvège jusqu'à la fin de sa vie.  En 1967, il participe à l'exposition internationale de Montréal avec une gigantesque peinture Signe d'homme, pour le pavillon français. En 1975-1976, il fait partie, avec Pierre Alechinsky, Hans Hartung, Roberto Matta, Zoran Music, Edouard Pignon et Pierre Soulages, de l'exposition itinérante en France Trente créateurs organisée par André Parinaud.
De 1980 а 1985, Olivier Debré est nommé professeur, chef d'atelier de peinture murale а l'Ecole nationale supérieure des beaux-arts de Paris. La consécration du peintre est également marquée par l'inauguration d'une salle Olivier Debré au Musée des beaux-arts de Tours en 1992.  Le 17 mars 1999, quelques mois avant sa mort en juin, il est élu membre de l'Institut de France, à l'Académie des beaux-arts, au fauteuil précédemment occupé par le peintre Georges Cheyssac.
En 2015, le CCC - Centre de Création Contemporaine de Tours est devenu le "Centre de Création contemporaine Olivier Debré". Il s'implante en 2016 dans un nouveau bâtiment actuellement en construction sur le site du jardin François 1er. Le lieu ne sera pas un musée consacré à Olivier Debré mais un centre d'art qui fera vivre l’œuvre du peintre en la mettant en résonance avec la création artistique contemporaine.

vendredi 22 août 2025

Nicolas Issaiev (1891-1977)- Nature morte aux citrons



Nicolas Issaiev (1891-1977) Nature morte aux citrons


Nicolas Issaiev (1891-1977)
Nature morte aux citrons

 

Nicolas Issaiev est un artiste français né près d'Odessa en 1891. Peintre, graphiste et décorateur de théâtre, Issaiev a étudié à Odessa et Kharkiv dans les studios de V. Shuchajev et A. Yakovlev et à l'Académie Ranson à Paris. Il était dans l'armée pendant la Première Guerre mondiale avant d' immigrer en 1919 à Belgrade où il travailla au Théâtre national comme décorateur. En 1925 il s'installe à Paris où il se fait connaître du milieu artistique du Montparnasse en peignant des paysages, des natures mortes et quelques portraits.  Il ne sera cependant jamais intégré parmi les peintres célèbres de Montparnasse comme  Soutine et Foujita et encore moins parmi les peintres de l'Ecole de Paris dont il faisait pourtant bel et bien partie. Le seul mouvement et groupe auquel il parvient à s'intégrer fut l'assez obscur groupe tcheco-belge Circle (Krug) Group avec lequel il exposa de nombreuses fois, aussi bien à Bruxelles, Paris que Belgrade. En 1940-1945, il s'installa dans le sud de la France pour y vivre seul. Après la Seconde Guerre mondiale, il fit de fréquents séjours en Suisse, Italie et Espagne. Entre 1945 et 1950, Issaiev réalisa de nombreuses  illustrations pour des ouvrages d'éditions d'art notamment sur les publications de Pierre de Ronsard, Edgar Allan Poe et Nikolay Gogol. Dans les années 1950 et 1960, il exposa à Paris dans les galeries La Boétie et A. Weil de même qu'à la galerie P. Bernet à New York.  Il participa avec plusieurs de ses toiles à la grande exposition qui eut lieu à Paris en 1961 puis en Russie en 1974 sous le titre Les Artistes russes de l'École de Paris, trouvant ainsi trois ans avant son décès un début de reconnaissance.   

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lundi 8 juin 2020

Ennio Morlotti (1910 -1992)- Fiori

 


Ennio Morlotti (1910 -1992)
Fiori, 1961
Collection Privée

Rappel biographique :
Le peintre italien Ennio Morlotti est représentatif d'un naturalisme informel et lyrique. Ses sujets de prédilection sont des paysages, des natures mortes et des nus.
En 1937, séjournant pour une courte période à Paris, il fait la connaissance de Cézanne, du fauvisme et des expressionnismes de Soutine et Georges Rouault.  À son retour en Italie, il s'installe à Milan et s'inscrit à l'Académie des beaux-arts de Brera. Il peint alors ses premières œuvres.
En 1939, il rejoint le groupe des peintres de la revue Corrente avec notamment  Renato Guttuso.
Après un second séjour à Paris en 1947, il participe au Fronte Nuovo delle Arti et après la scission de Cassinari et Birolli adhère au Gruppo degli otto ( (Groupe des Huit) de Lionello Venturi, fondé en 1952 et dissout en 1954.


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2020 - A Still Life Collection
Un blog de Francis Rousseau