mardi 7 juin 2016

Juan van der Hamen y Leon (1596-1631) - Bodegon con flores

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Juan van der Hamen y Leon (1596-1631) 
Bodegon con flores 
Museo  nacional del Prado, Madrid

Que voit-on ?  Cette  nature est inscrite dans un cadre et sur fond noir à la façon des natures mortes de Cotan. Elle présente à peu près le même type de mise en scène d'objets issue des natures mortes de l'antiquité romaine, dont un seul cependant est suspendu.
Au premier plan sur le rebord du cadre : un plat de fèves, des cardons débités et présentés par l'arrière  et une brosse botte d'asperges sauvages dont trois débordent légèrement du cadre.  Le premier élément un peu étrange de cette présentation étant l'association du  pot de jasmin en fleurs placé juste derrière le plat de fèves !
Sur le côté droit du cadre : un ensemble de fleurs blanches (pivoines, roses et lys) présentées de façon à ne former qu'une seule branche un peu à la façon des guirlandes votives ou des décorations de mariae.
Sur le côté gauche du cadre : un petit vase en terre cuite contenant des iris dont un déborde du cadre et un branche de lilium dont les fleurs montent jusqu'au sommet du cadre , mais sans en déborder.
Au sommet du cadre enfin, suspendus par un anneau en plein centre : un petit panier en osier vu par dessous débordant de cerises   au sommet desquelles apparaissent deux pommes et trois oeillets.

Rappel biographique : le peintre espagnol Juan van der Hamen y Leon (1596-1631) est surtout connu pour ses natures mortes et ses bouquets de fleurs bien qu'il ait peint également des motifs religieux, des paysages et des portraits. Influencé autant par Juan Sanchez Cotan que par la peinture flamande de Frans Snyders dans ses premières natures mortes, il opta finalement pour un naturalisme plus italien et introduisit beaucoup de fraîcheur dans ses compositions. Sa touche est d'une grande délicatesse et d'un absolue précision. Van der Hamen emprunte à Sánchez Cotán le style apparemment sobre de ses compositions mais aussi cette façon systématique de détacher les objets sur un fond sombre et de les éclairer d'une  lumière puissante. Les arrangements en quinconces et les ombres portées renforcent l'impression de précision et révèlent que ces compositions sont finalement tout sauf simples ! A partir de 1626, Van der Hamen peint des natures mortes plus complexes que ses premières en plaçant les objets sur différents niveaux. Ce type de composition que l'on retrouve à Rome au début des années 1620  dans les œuvres de Tomasso Salini et d'Agostino Verrocchi, était déjà présent dans les natures mortes de l'Antiquité que l'on découvrira à Pompei et Herculanum au 18e siècle. Les natures mortes de Juan van der Hamen ont exercé une grande influence sur ses contemporains comme Francisco de Zurbarán et plus tard chez des peintres comme Antonio Ponce et Juan Arellano. Une des caractéristiques de la peinture de Van der Hamen, pour laquelle il était surtout connu de son vivant,  résidait dans la représentation des coûteuses et luxueuses verreries de Venise ou d'Allemagne. Très préoccupé par l'agencement harmonieux des objets et la représentation précise des textures et des lumières, Van der Hamen livre toujours des compositions très géométriques où les cercles et les sphères ont un rôle primordial (comme c'est le cas ici). Contrastant avec cette sévérité géométrique, l'artiste dispose souvent ses objets sur les bords des structures ou sur des escaliers en pierre, en faisant ainsi varier leur distance à partir de la source lumineuse. Les objets représentés, fruits légumes, bois, terre cuite, et  cristaux sont  toujours magistralement rendus avec une science de la répartition des couleurs, des ombres, des reflets et des lumières qui en font un maître d'une sensibilité incomparable.

2016 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau

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