vendredi 9 octobre 2015

Giovanni Battista Ruoppolo (1629-1693) - Nature morte avec fruits et oiseaux morts

Giovanni Battista Ruoppolo (1629-1693)  Nature morte avec fruits et oiseaux morts Huile sur toile, 75 x 37 cm Museum of Fine Arts Boston,

Giovanni Battista Ruoppolo (1629-1693) 
Nature morte avec fruits et oiseaux morts
Huile sur toile, 75 x 37 cm
Museum of Fine Arts Boston


Que voit-on ? A même la terre, derrière une pot ornemental de jardin d'où pend une vigne et un grosse grappe de raisins rouges, un melon mûr  à point et fendu sur le dessus, une énorme grenade   éclatée et d'autres plus petites,  des figues mûres et éclatées et des figues vertes, quelques baies, des fleurs de jasmin et entre le melon et la grenade, un  oiseau mort qui git sur le dos.  dans le lointain apparait un ciel au coucher du soleil. Une nature morte entièrement axée autour de la maturité et de l'ombre de la mort.

Rappel biographique : Le peintre napolitain Giovanni Battista Ruoppolo fut l'un des plus célèbres des peintres de natures mortes de l'Ecole de Naples.  Ses peintures ont commencé par être collectionnées par l'aristocratie et l'élite des riches marchands de la cité avant de se retrouver  dans toutes les grandes collections européennes.  La profusion, l'abondance jusqu'à la surcharge bien souvent, de fruits, de fleurs et de légumes  mûrs à point et la chair généreuse caractérisent ce style très coloré, très fourni, très maîtrisé. Disciple de Paolo Porpora (1617-1673),  il forme une école  très active et très caractéristique à Naples avec les peintres Giovan Battista, Giuseppe Recco et son frère Giuseppe Ruoppolo.


jeudi 8 octobre 2015

Pompei - Nature morte avec coupe en verre et fruits



Pompei (1er siècle av. J.C.)
Nature morte avec coupe en verre et fruits 
Villa de Poppée, épouse de Néron.

Que voit on  ? Avec l' omniprésence de la couleur rouge qui atteste l'appartenance impériale : un contenant en verre, symbolisant à lui seul la fragilité de la vie. A travers le contenant mais aussi débordant du contenant, on aperçoit le contenu : des fruits mûrs dont un, déjà éclaté (une figue probablement) est prêt à être consommé tout de suite... depuis 2000 ans ! La Nature morte avec coupe en verre et fruits qui se trouvait dans la maison de l'impératrice Poppée à Pompei ne tient pas un autre discours que celui de l'épicurisme... le plus exacerbé.  

Rappel historique : Pline l'Ancien raconte que dans la Grèce antique, le peintre Piraikos qui vivait au 3e siècle avant notre ère, vendait déjà fort cher ses " Provisions de cuisine ", des tableaux de chevalets représentant des victuailles ou des instantanés d'échoppes de cordonniers et de barbiers. Dans la hiérarchie des genres picturaux d'alors, ces représentations de provisions de cuisine sont déjà considérées comme un genre mineur... et  elles le resteront pendant de longs siècles... au moins jusqu'à Chardin, si ce n'est jusqu'à Cézanne. Genre mineur donc, loin derrière les sujets religieux, les portraits et les paysages, mais genre que les commanditaires s'arrachent pourtant !
Le grec Piraikos reste le plus célèbre des peintres de ce genre. Hélas, aucun exemple n'est parvenu jusqu'à nous de ces peintures des menus objets du quotidien par Piraikos,  peinture que l'on nommait à cette époque Rhyparographie .
A la même époque, un autre peintre grec, Zeuxis rivalisait avec la nature au point que des oiseaux voulaient picorer les raisins qu'il peignait et qu'il passe être l'inventeur du réalisme et  de l'illusionnisme  ne peinture, pour ne pas dire du premier trompe-l'oeil. Il faut là encore faire confiance au récit de Pline l'Ancien, car aucun exemple de cet art ne nous est parvenu.
Les premières natures mortes connues du monde occidental sont des fresques et des mosaïques du 1er siècle de l'ère chrétienne, provenant de Campanie (Herculanum et Pompéi) ou de Rome. Elles sont exécutées dans un style réaliste et illusionniste : fruits veloutés, poissons et volailles posés sur une marche de pierre ou sur deux étagères d'un garde manger, généralement en trompe l'œil avec des ombres portées, ou quelquefois dans des coupes en verre avec des transparences subtiles.
Ces peintures évoquent le xenion antique, un cadeau fait de denrées qu'un hôte doit offrir à ses invités. Pourtant la nature morte de l'Antiquité possède une autre ambition que celle du seul plaisir mimétique. Comme le précise Charles Sterling : « Il est clair que les natures mortes hellénistiques et romaines qui représentaient des mets prêts à être consommés comportaient une allusion épicurienne ». On trouve ainsi assez fréquemment des mosaïques de natures mortes et des vanités dans les atriums d'été romains, où les convives invités aux repas étaient ainsi encouragés à cueillir le jour qui passe, Carpe diem selon la célèbre formule d'Epicure, à profiter de la vie tant qu'il était encore temps de le faire. Une déclinaison plus sophistiquée de la tradition égyptienne pharaonique qui voulait que l'on fît passer un cadavre devant les convives avant de commencer un repas pour leur rappeler l'impermanence de la vie !  Les natures mortes garderont tout au long des siècles jusqu'à nos jours,  cette signification épicurienne. 

mercredi 7 octobre 2015

Salvador Dalí (1904-1989) - Pain catalan - pain anthropomorphe


Salvador Dalí  (1904-1989),
Pain catalan - pain anthropomorphe (1932)
Fundació Gala-Salvador Dalí, Museum Inc., St. Petersburg, Etats-Unis.

Que voit-on ? En 1932 Dalí a peint deux tableaux sur le même thème du pain anthropomorphe.  Sur celui-ci il a ajouté une montre molle et un encrier et sa plume. L'autre tableau (publié aussi sur ce blog) titré et daté à l'identique de celui-ci est un pain plus nettement phallique. Sur le tableau représenté ici - qui est bien une nature même si elle n'en porte pas le nom -  il y a visiblement  un volonté allégorique qui enrobe si l'on peut dire le contenu phallique. Concernant le contenu allégorique, Dalí a joint un de ces symboles picturaux surréalistes les plus célèbres,  la Montre molle. Dans l'explication  qu'il en donnera il dira  :  « Les montres molles sont comme du fromage, et surtout comme le camembert quand il est tout à fait à point, c’est-à-dire qui a la tendance de commencer à dégouliner. Et alors, mais quel rapport entre le fromage et le mysticisme ? […] Parce que Jésus, c’est du fromage. »  Il y a aussi ici un encrier et sa plume posée a une certain endroit du pain  qui pourrait éventuellement figurer le cerveau.  Cette toile associe donc également le corps-contenant à son contenu qui le nourrit. On y voit un élément phallique,  qui lorsqu’il se mêle à la montre molle, symbolise  la dualité entre la puissance, la sécurité d’un côté, et de l’autre, le temps qui s’écoule comme du sable, la mort… Un thème éternel de la nature morte  brillamment adapté par Dali à la mode surréaliste.


Rappel biographique : Salvador Domingo Felipe Jacinto Dalí i Domènech, connu comme Salvador Dalí, marquis de Dalí de Púbol, est un  peintre, sculpteur, graveur et écrivain catalan de nationalité espagnol, considéré comme l'un des principaux représentants du surréalisme  et comme l'un des plus célèbres peintres du 20e siècle... en tout cas l'un des plus médiatisés de son vivant ! Les thèmes qu'il aborda le plus fréquemment furent le rêve, la sexualité, le comestible, sa femme Gala et la religion.
La nourriture, et l'acte de manger, ont une place centrale dans l'œuvre et la pensée dalinienne pour qui « la beauté sera comestible ou ne sera pas ». Figure picturale essentielle, le pain fut très présent dès 1926.   Après le pain, thème rémanent dans ses natures mortes, l'œuf au plat sans le plat revient régulièrement dans son œuvre.  La création picturale peut-être la plus connue de Dalí est Montres molles. Elles coulent comme un camembert et dans l'explication surréaliste qu'il en donnera il dira  « Les montres molles sont comme du fromage, et surtout comme le camembert quand il est tout à fait à point, c’est-à-dire qui a la tendance de commencer à dégouliner. Et alors, mais quel rapport entre le fromage et le mysticisme ? […] Parce que Jésus, c’est du fromage. » Figure picturale essentielle, le pain fut très présent dès 1926 dans l'œuvre de Dali. La très classique Corbeille de pain (1926), et  La corbeille de pain, Plutôt la mort que la souillure (1945)  qui reprend le thème classique de la précédente furent exposées à une place d'honneur par Dalí au musée de Figueras, exprimant l'importance qu'il  leurs accordait. Ce fut d'ailleurs avec une baguette de pain de 2 mètres qu'il débarqua aux États-Unis pour la première fois suscitant l'étonnement des médias locaux d'alors qui y virent le symbole de la France, alors que le symbole était bien entendu double !  Et au cas justement ou l'on aurait mal interprété son geste, il  réitéra en France cette fois dans une conférence parisienne qu'il donna en 1959 en se présentant avec une  baguette de pain de 12 mètres de long, " Trrrriom-phalliquement " portée par plusieurs boulangers.  De cette symbolique du  pain dans son œuvre,  il écrit  lui -même :  « Le pain a été l'un des thèmes de fétichisme et une des obsessions les plus anciennes de mon œuvre, le premier, celui auquel je suis resté le plus fidèle. »

2015 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau

mardi 6 octobre 2015

Giorgio Morandi (1890-1964) - Natura morta 1960



Giorgio Morandi (1890-1964)
Natura morta 1960
MaRT (Museo di Arte moderna et Contemporanea di Trento e Rovereto), Italia

Que voit-on ?  Deux formes cylindriques, une bouteille blanche, un vase bleu, un pierre dressée ou un coquillage. Cette œuvre est beaucoup moins monochrome que la plupart des natures mortes de Morandi.  La palette un peu fanée, explose ici avec le bleu du vase.  Morandi avait la réputation de broyer lui-même ses couleurs, comme le faisaient la plupart des grands maîtres jusqu'à la fin du 19e siècle. Cela est très visible dans cette toile dont le bleu, l'ocre, les gris et le blanc n'auraient pas pu provenir de couleurs déjà préparées.



Rappel biographique : Le peintre italien Giorgio Morandi, bien que qualifié de futuriste ne peut être identifié à aucun mouvement pictural du 20e siècle en particulier. Ayant peint de très nombreuses natures mortes, l’œuvre de Cézanne représente évidemment une influence majeure pour lui ; il lui emprunte la monumentalité des formes et les zones denses de couleurs. Mais simultanément, il développe une approche beaucoup plus intime de l’art.
Les natures mortes de Giorgio Morandi représentent des objets toujours ordonnés avec soin sur une table dans l'atelier, pour être observés et peints. Ces objets qu'il a lui même achetés chez des brocanteurs, qui lui ont été donnés par des amis ou qu'il a ramassés dans la rue, sont facilement identifiables de toile en toile ; ce sont des bouteilles, cubes,  entonnoirs auxquels viennent se mêler, à l'occasion mais rarement, un coquillage ou un fruit. Le positionnement des objets dans le cadre est réalisé avec une attention particulière portée à la " géométrisation" de l'espace qui peut alors se lire en carrés et diagonales. Un lent travail de maturation est mis en œuvre par le dessin et la peinture par reprises successives, superpositions de couleurs faites d'une pâte ample avec des dégradés de gris d'une extrême sensibilité, qu'amplifie une sorte de délectation morose. Morandi avait la réputation de broyer lui-même ses couleurs.

lundi 5 octobre 2015

Nicolas de Staël (1914-1955) - Coin d'atelier




Nicolas de Staël (1914-1955)
Atelier Vert  titré aussi Coin d'atelier (1954)
 Centre Pompidou - Paris

Que voit-on ?  Comme souvent  chez Nicolas de Staël, la figuration pointant sous l'abstraction, surtout dans les dernières années de sa vie. Il y a ici plusieurs plans qui se succèdent, du premier plan (en bas) à l'arrière plan (en haut) où se déploie tout ce que l'on peut trouver dans l'atelier d'un peintre.Au premier plan une toile (le tableau dans le tableau) posée à côté d'un pot contenant des pinceaux. Au second plan, un table où gît la palette du peintre. A l'arrière plan; deux autres tableaux posés au centre. Sur les côtés deux formes mais qui pourraient être, à gauche, une ouverture vers l'extérieur et à droite,  le peintre lui-même ou son modèle vu de dos. Prenant ce tableau comme  illustration de ses propos, Maurice Merleau-Ponty à écrit dans L’œil et l’esprit (Paris, Editions Gallimard, 1964) :
" Le tableau est une chose plate qui nous donne artificieusement ce que nous verrions en présence de choses « diversement relevées » parce qu’il nous donne selon la hauteur et la largeur des signes diacritiques suffisants de la dimension qui lui manque. La profondeur est une troisième dimension dérivée des deux autres. Arrêtons-nous sur elle, cela en vaut la peine. Elle a d’abord quel- que chose de paradoxal : je vois des objets qui se cachent l’un l’autre, et que donc je ne vois pas, puisqu’ils sont l’un derrière l’autre. Je la vois et elle n’est pas visible, puisqu’elle se compte de notre corps aux choses, et que nous sommes collés à lui… Ce mystère est un faux mystère, je ne la vois pas vraiment, ou si je la vois, c’est une autre largeur. Sur la ligne qui joint mes yeux à l’horizon, le premier plan cache à jamais les autres, et, si latéralement je crois voir les objets échelonnés, c’est qu’ils ne se masquent pas tout à fait : je les vois donc l’un hors de l’autre, selon une largeur autrement comptée. On est toujours en deçà de la profondeur, ou  au-delà. Jamais les choses ne sont l’une derrière l’autre. L’empiétement et la latence des choses n’entrent pas dans leur définition, n’expriment que mon in- compréhensible solidarité avec l’une d’elles, mon corps, et, dans tout ce qu’ils ont de positif, ce sont des pensées que je forme et non des attributs des choses : je sais qu’en ce même moment un autre homme autrement placé – encore mieux : Dieu, qui est partout – pourrait pénétrer leur cachette et les verrait déployées. Ce que j’appelle profondeur n’est rien ou c’est ma participation à un Être sans restriction, et d’abord à l’être de l’espace par-delà tout point de vue. Les choses empiètent les unes sur les autres parce qu’elles sont l’une, hors de l’autre. La preuve en est que je puis voir de la profondeur en regardant un tableau qui, tout le monde l’accordera, n’en a pas, et qui organise pour moi l’illusion d’une illusion… Cet être à deux dimensions, qui m’en fait voir une autre, c’est un être troué, comme disaient les  hommes de la Renaissance, une fenêtre… Mais la fenêtre n’ouvre en fin de compte que sur le partes extra partes, sur la hauteur et la largeur qui sont seulement vues d’un autre biais, sur l’absolue positivité de l’Être.
C’est cet espace sans cachette, qui en chacun de ses points est, ni plus ni moins, ce qu’il est, c’est cette identité de l’Être qui soutient l’analyse des tailles-douces. L’espace est en soi, ou plutôt il est l’en soi par excellence, sa définition est d’être en soi. Chaque point de l’espace est et est pensé là où il est, l’un ici, l’autre là, l’espace est l’évidence du où. Orientation, polarité, enveloppement sont en lui des phénomènes dérivés, liés à ma présence. Lui repose absolument en soi, est partout égal à soi, homogène, et ses dimensions par exemple sont par définition substituables."

Rappel biographique : Le peintre français  d'origine russe Nicolas de Staël, né baron Nicolaï Vladimirovitch Staël von Holstein,  est issu d'une branche cadette de la famille de Staël-Holstein. Plus d'un demi siècle après sa mort, il reste l'un des peintres les plus marquants du 20e siècle posant un problème aux historiens de l'art qui ne savent pas dans quelle catégorie le classer,  ce qui doit le réjouir post mortem, lui qui détestait les catégories et les courants.
La réinvention de la figuration opérée par Staël a été mal comprise alors qu'elle anticipait d'une vingtaine d'année l'évolution générale de l'art. Il a « retrouvé le visible sans renoncer aux possibilités expressives et à la liberté d'action qui définissent la peinture contemporaine»  alors que Paris perd sa place de capitale des arts, dès les années 1960, sous l'effet du marché de l'art et de la surenchère : " on y est devenu incapable de discerner le pastiche de l'original " selon Umberto Eco.
Selon Marcelin Pleynet et Michel Seuphor : « ...il faut tenir compte de Nicolas de Staël, vu et revu souvent avec et travers l'avant-garde américaine de années cinquante. Ces nouveaux mouvements d'abstraction suivent le cheminement de Staël, délaissant la peinture gestuelle pour une peinture brossée, voir maçonnée ».
Peu exposé de son vivant, son œuvre a donné lieu à de nombreuses manifestations posthumes qui ont confirmé sa stature sur le plan international. " Staël fut le plus puissant créateur de sa génération dans l'École de Paris de l'après-guerre, sur laquelle il a exercé une forte influence Il a été le premier à dépasser l'antinomie  abstraction-figuration ".
Nicolas de Staël meurt à 41 ans en se jetant de la terrasse de l'immeuble où il avait son logement et un de ses ateliers à Antibes. L'ensemble de son oeuvre s'étend sur 15 années. Il a peint, à partir de 1952, plusieurs natures mortes dont quelques unes sont aujourd'hui conservées et exposées au Musée Picasso d'Antibes à quelques pas de son ancien atelier. Plusieurs sont présentées sur ce blog.

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dimanche 4 octobre 2015

Antoine Vollon (1833-1900) - Motte de beurre



Antoine Vollon (1833-1900)
Motte de beurre (1876)
National Gallery of Art, Washington

Que voit-on ? Sur un entablement de bois, une motte de beurre frais présentée dans son linge avec une spatule en bois planté sur le coté droit. En équilibre sur le devant de l'entablement deux œufs très blancs.

Rappel biographique : le peintre français Antoine Vollon est considéré comme appartenant au mouvement réaliste, bien que son style s'adapte toujours en fonction du sujet traité. Artiste productif, fougueux et extrêmement doué, Antoine Vollon affichait une préférence marquée pour les effets de lumière. Il a peint des ports, des marines aux grands cieux tourmentés et des pêcheurs mais c'est surtout comme peintre de natures mortes qu'il aimait se présenter lui-même. 
Il débute sa carrière à Lyon, où il apprend la gravure sur métaux et fréquente l 'Ecole des beaux-arts de la ville où il est l'élève de Théodule Ribot. Il développe rapidement une attention particulière surtout pour les natures mortes qui relèvent d’un défi  technique et artistique. Ce défi couvre un champs très large qui va de la représentation d'une motte de beurre (comme ici), à la peinture de fruits et de fleurs isolés (poires, prunes, cerises, pêches, tomates, courges,violettes...) en passant par le rendu des reflets du métal des ustensiles de cuisines jusqu'à la représentation des matières vivantes quotidiennes de la cuisine (plateau d'huîtres, œufs, carcasse de cochon pendu et vidé, poissons de mer  en attente de cuisson...)  
Ses œuvres sont aujourd’hui conservées dans les musées du monde entier (Amsterdam, Londres) et principalement aux Etats-Unis où Vollon est beaucoup plus connu qu'en Europe (Washington, New York, Boston…). En France, le musée d'Orsay à Paris conserve une de ses toiles (Autoportrait), de même que les musées de Lyon (sa ville natale), Amiens et Rouen. Le musée des beaux arts de Dieppe quant a lui conserve deux toiles : Femmes du Pollet à Dieppe et Poissons de mer.
Alexandre Dumas fils était le grand collectionneur  français de l'œuvre de Vollon, ainsi que de riches américains, comme  Henry Frick ou le peintre William Merritt Chase qui l'admirait beaucoup et s'inspira, dans la plupart de ses propres nature mortes de celles d'Antoine Vollon. 

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samedi 3 octobre 2015

Edouard Vuillard (1868-1940) - Nature morte à la salade



Edouard Vuillard (1868-1940)
Nature morte à la salade
Musée d'Orsay, Paris

Que voit-on ?  Sur une table recouvert d'une nappe blanche fraichement dépliée, un couvert prêt à être dressé avec de gauche a droite,  des verres empilés, un moutardier, des couteaux rangés en piles, des petites carafes en verre biseautée contenant de  l'huile et du vinaigre, un  grande carafe d'eau sans bouchon, un saladier en porcelaine blanche rempli de salade verte qui donne son titre au tableau, un assiette avec du pâté, une pile d'une douzaine d'assiettes en porcelaine à liseré doré surmontée d'un compotier en cristal, une bouteille d'alcool fort et blanc de type gin ou vodka. Cette nature morte fait sans doute partie de la série des natures mortes peintes par l'artiste vers 1887-1888 pour décorer sa salle à manger, rue de Miromesnil, à Paris. Elle fait partie du legs verbal  941, legs verbal d'Edouard Vuillard aux Musées nationaux pour le musée national d'Art moderne, exécuté grâce à M. et Mme K.X. Roussel, beau-frère et soeur de l'artiste.

Rappel biographique : Le peintre français Jean-Édouard Vuillard  qui est connu pour  être le fondateur du mouvement Nabis  a peint aussi bien des portraits que des intérieurs,  des natures mortes, des compositions murales et des décors de théâtre.  Vuillard exposa pour la première fois au Salon des Indépendants en 1901 et au Salon dAutomne en 1903. C'est dans le années 1890 qu'il  fit la connaissance des frères Alexandre et Thadée Natanson, les fondateurs de la Revue Blanche, et en 1892, sous leur conseil, il fit ses premières décorations (fresques d'appartements) pour la maison de Madame Desmarais. Plus tard il reçut de nombreuses commandes semblables. En 1895 pour Alexandre Natanson, en 1898 pour Claude Anet, en 1908 pour Bernstein et en 1913 pour Bernheim et pour le Théâtre des Champs Elysées. Les dernières commandes qu'il reçut datent de 1937 (Palais de Chaillot à Paris, avec Bonnard) et de 1939 (Palais des Nations à Genève, avec Denis, Roussel y Chastel).

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vendredi 2 octobre 2015

Foujita (1886-1968) - Nature morte aux oiseaux



Foujita (1886-1968)
Nature morte aux oiseaux  (1956)
Collection privée

Que voit-on ? En haut : des carreaux de cuisine en faïence de Delft. En bas  : deux oiseaux morts posés sur un torchon.

Rappel biographique : l'artiste français d'origine japonaise Tsugouharu Foujita aussi connu sous le nom de Léonard Foujita ou Foujita est aussi bien peintre que dessinateur, graveur, illustrateur, céramiste, photographe, cinéaste ou créateur de mode.... Il a illustré énormément d'ouvrages de librairie dans le Montparnasse des Années Folles et bien après (plus d'une centaine entre 1919 et 1970)  et un nombre non négligeable de natures mortes - ou intitulées comme telles - parsèment son oeuvre du début à la fin. 

jeudi 1 octobre 2015

Edward Wadsworth (1889-1949) - The beached margin

http://astilllifecollection.blogspot.com


Edward Wadsworth (1889-1949)
The beached margin, 1937
Tate modern, London

Le peintre et graveur sur bois anglais Edward Wadsworth a souvent peint des vues de la côte, des comptes rendus d'évènements, des portraits et des natures mortes. Pendant la Première Guerre mondiale, il fut engagé par la Royal Navy pour dessiner le camouflage des navires. Après la guerre, il a continué à peindre des thèmes lié a la mer et aux marines. Wadsworth était très impliqué dans le Vorticisme qui n'était rien de plus ou de moins qu'une déclinaison britannique du Cubisme européen. A peine un mois après que le manifeste du Vorticisme ait été publié dans BLAST, la guerre était déclarée à l'Allemagne. Le Vorticisme put cependant s'exprimer pendant le conflit puisque le 15 juin 1915 une exposition vorticiste fut organisée  à la Galerie Doré.
Les natures mortes marines d'Edward Wadsworth, puisqu'elles tiennent des deux genres à la fois, se rapprochent  en réalité plus des peintures surréalistes européennes (de Chirico ou de Magritte par exemple) que du cubisme dont elles se revendiquaient.  Elles sont une exception dans l'oeuvre  très structurée de Wadsworth, comme on peut le voir à travers ses multiples peintures de bateaux extrêmement géométriques et ordonnées.

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mercredi 30 septembre 2015

Tom Wesselman (1931-2004)



Tom Wesselman (1931-2004)
Still life with lilies, petunias and fruit (1988)
 Private collection

Le peintre américain Tom Wesselman est avec Roy Lichtenstein et Andy Warhol, l'un des représentants les plus connus du mouvement américain du Pop Art, bein qu'il s'en soit longtemps défendu ! D'abord impressionné par les oeuvres de Robert Motherwell et Willem de Kooning qu'il voit au MOMA, il cherche à se défaire  assez rapidement de la forte influence de Willem de Kooning pour trouver sa propre voie. Ses deux grandes séries,  les Great American Nudes et les Still Lifes qui le rendront célèbre, entrent tout à fait dans ce processus de séparation de l'influence de De Kooning. 
Ses natures mortes sont réalisées à partir de collages d'images découpées dans des magazines et d'objets trouvés. C'est évidemment la proximité avec les collages de Matisse qui frappe dans ses natures mortes, proximité qui ira jusqu'à des copies pures set simples de motifs de certains éléments des tableaux de Matisse.  À la fin de sa vie, il fait un retour à l'abstraction, sans pour autant renier l'aspect figuratif de ses tableaux. En 2003 un an avant sa mort, il introduit l'une de ses dernières références directes à Matisse dans Sunset Nude with Matisse Odalisque.

mardi 29 septembre 2015

Pablo Picasso (1881-1973) - Nature morte à la bouteille sur une table


Pablo Picasso (1881-1973)
Nature morte à la bouteille sur une table (1919)
Collection particulière

Que voit-on ? C'est une nature morte cubiste  autour d'un sujet que Picasso a beaucoup traité dans ses natures et à toutes les périodes de sa vie. Celle ci qui date de 1919, met en scène un guéridon hexagonal rouge sur lequel sont posées, de gauche à droite : une bouteille sur laquelle on peut lire " Malaga " du nom du fameux vin apéritif espagnol, une boîte et une assiette.  Plus que d'une bouteille, il semble plutôt s'agir d'une carafe en verre ciselé dont on peut voit le bouchon  rond à l'arrière plan. Devant la carafe une boîte portant l'inscription  " ENT " (allumettes ?  cigarettes ?). A droite de la carafe, un plat dans lequel sont posés trois gâteaux dont un biscuit, un gâteau à la crème et une barquette aux fruits. Le fond du tableau figure une porte ouverte reconnaissable a sa base lambrissée peinte en vert.

Rappel biographique : le peintre espagnol Pablo Ruiz Picasso qui a passé l'essentiel de sa vie en France, fut aussi dessinateur et sculpteurUtilisant tous les supports pour son travail, il est considéré comme le fondateur du cubisme avec Georges Braque auquel son nom est lié surtout dans le domaine des natures mortes. Il est considéré comme l'un des plus importants artistes du 20e siècle tant par ses apports techniques et formels que par ses prises de positions politiques et que par l'immensité de s production tous genres confondus, que l'on chiffre à près de 50 000 œuvres.
Les premiers collages et assemblages sont réalisés pendant l'hiver 1912, Nature morte à la chaise cannée (Paris, Musée Picasso), Guitare(s) en carton (Paris, Musée Picasso). A partir des années 20 ses natures mortes seront très proches, sur la même ligne de conception " cubiste analytique " que celles de George Braque, dont il devient un temps l'intime avant de s'en séparer définitivement.  Il y eut une connivence d'inspiration très rare entre ces deux peintres pendant une certaine période de leur vie et en particulier dans le domaine du traitement de la nature morte. 
Picasso pein  beaucoup d'autres natures mortes après la Seconde guerre mondiale et hors de la période cubiste, mais ce n'est pas un genre qui tient une place aussi essentielle dans son oeuvre que dans l'oeuvre de Georges Braque.

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lundi 28 septembre 2015

Maurice Estève (1904-2001)



Maurice Estève (1904-2001)
Nature morte au pichet (1942)
Collection privée

Que voit-on ?  Posés sur une commode à deux tiroir et dont les battants des portes sont ouverts, de gauche à droite, un plat bleu contenant ce qui semble être deux morceaux de viandes (une cuisse de poulet et une entrecôte)  trois pichets dont 2 bleus et un blanc qui donnent son nom au tableau, un citron et à bonne distance, au bord du cadre à droite, un bol. Couleurs très vives souvent sans rapports avec les matières décrites, à l'exclusion du citron.

Rappel biographique : le peintre Français  Maurice Estève est l'un des peintres majeurs de la nouvelle école de Paris. Excellent coloriste, son style se caractérise par un entrelacement de formes dont les qualités naturelles, voire organiques témoignent d'une grande poésie.  Il a peint quelques natures mortes. 

dimanche 27 septembre 2015

Paul Cézanne (1839-1906) - Pommes et biscuits



Paul Cézanne (1839-1906)
Pommes et biscuits (1879-82)
Musée de l'Orangerie, Paris

Que voit-on ? Sur un coffre dont on aperçoit en noire, la cheville qui le ferme, contre mur recouvert de papier peint bleu à motif floral, sont posés 14 pommes dont 4 pommes jaunes (variétés golden) et 10 pommes rouges. A côté des pommes, sur la droite du cadre, une assiette en porcelaine à liseré bleu et doré semblm contenir des reliefs de nourriture.  A l'époque ou il peint Pommes et biscuits l'obsession de Cézanne est selon lui   de " trouver les volumes, de faire du Poussin sur nature, quelque chose de solide comme l'art des musées ". Il tente d'exprimer un art total où la frontière s'effondrerait entre le dessin et la peinture.  Ce sont les natures mortes et notamment les pommes qui vont signifier sa nouvelle conquête picturale. Il voulut "conquérir Paris avec une pomme". Ce fruit de forme très pure est chargé pour Cézanne de symbole poétique. Il évoque aussi sa grande amitié avec Emile Zola (1840-1902), futur écrivain et journaliste, scolarisé dans le même lycée que lui, qui le remercia par des pommes d’un service rendu. Cette toile est un des plus éclatants chefs-d’œuvre de Paul Cézanne et l’un des symboles de sa grande maîtrise de la nature morte. Elle fut acquise à prix d’or en 1952 par Domenica Walter. Cet achat fracassant attira l’attention sur elle et révéla au grand public l’existence de sa magnifique collection. A propos de la série dans laquelle est incluse Pommes et biscuits  Cézanne aurait dit   : "Quand la couleur est à sa puissance, la forme est à sa plénitude »


Rappel biographique : Cézanne a peint environ trois cents tableaux et parmi ses premières « obsessions picturales », ce sont les natures mortes qui arrivent en tête, et notamment les pommes. Pour Cézanne, la nature morte  est un motif comme un autre, équivalent à un corps humain ou à une montagne, mais qui se prête particulièrement bien à des recherches sur l'espace, la géométrie des volumes, le rapport entre couleurs et formes : « Quand la couleur, est à sa puissance, la forme est à sa plénitude » disait-il.Incomprises en leur temps, les natures mortes de Cézanne sont devenues depuis lors l'un des traits caractéristiques de son génie.

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samedi 26 septembre 2015

Jean-Jacques Bachelier (1724-1806)



Jean-Jacques Bachelier (1724-1806)
Nature morte au Livre, au Pain et aux Raisins (1755)
Collection particulière

Que voit-on ? C'est un tableau de  " fruits étalés à la lumière " selon l'expression consacrée au 18e siècle, que l'on retrouva dans l'inventaire des biens de Madame de Pompadour à son décès. Sa composition est très simple, sur un entablement imitant le porphyre : une grappe de raisins noirs et une grappe de raisins blancs, symboles des vertus de l'attente,  récompense du travail et de la patience, la grappe n'appartenant qu'à ceux qui la méritent ; un gros morceau de pain blanc figurant la consolation de celui qui a faim et ici sans doute faim de connaissance, puisque le pain est placé sur sur un livre fermé, symbole de l'espérance d’une sagesse à découvrir, dont on aperçoit la tranche rouge, le dos relié et le filet marque-page témoin de l'implication de sa propriétaire (Mme de Pompadour) dans la lecture. Le fond est noir pour éviter toute distraction dans cette nature morte qui invite à la méditation et pour amplifier la signification des symboles.

Rappel biographique : le peintre français Jean Jacques Bachelier a longtemps été considéré comme un peintre secondaire. Comblé d'honneurs de son vivant, pensionné par le roi Louis XV en 1749, admis à l'Académie Royale  en 1750 sur proposition de Jean-Baptiste Oudry, il obtient en 1763 le titre officiel envié de peintre d'histoire.  Il participa avec Desportes et Oudry à la décoration du Chateau de Choisy en 1757. Il réalis pour le Ministère des Affaires Étrangères à Versailles, 6 grandes toiles dont 2 seront déposées à la Révolution avant de disparaitre puis d'être retrouvées en 1984  au Musée de Villefranche-sur-Saône.
Son influence sur les arts Décoratifs a été déterminante :  il est chef des modeleurs, puis directeur artistique de la Manufacture de Vincennes où il apporta nombre de modifications à la décoration des pièces produites, en demandant des modèles à Boucher et à  Oudry, produisant de très jolies figurines en biscuit. Il  poursuivit ses activités à la Manufacture de porcelaine de Sèvres jusqu'en 1793.
En 1765,  il fonda à ses frais à  Paris, en y engloutissant toutes ses économies  une Ecole de dessin  pour les artisans dans l'ancien Collège de Bourgogne, rue de L'Ecole de Médecine. Elle devint école Royale par lettres patentes de Louis XV. Son nom est toujours inscrit sur le bâtiment qui est aujourd'hui le siège de l'Université Paris-Descartes. Cette école de dessin, après avoir changé plusieurs fois de nom, deviendra l'École nationale des arts décoratifs en 1877.
Attiré par les problématiques techniques attachées à la peinture,  Bachelier redécouvrit le secret de la peinture à la cire en 1755. En 1790, il inventa un nouveau blanc de plomb, et en 1793, un instrument pour la gravure au miroir. Bachelier utilisa sa technique de la peinture à la cire pour ses œuvres : La fable du cheval et du loup, disparu à Bailleul pendant la dernière guerre mondiale, ou pour La Résurrection de Jésus Christ, destinée à l'église de Saint-Sulpice de Paris  (disparu depuis la Révolution).  Aujourd'hui  178 peintures et dessins et de nombreux vases de Vincennes et de Sèvres. sont reconnues comme étant ses œuvres 






Maria Blanchard (1881-1932)


Maria Blanchard (1881-1932)
Nature morte au pichet (ca.1917)

La peintre espagnole María Blanchard, appartient à l'École de Paris, ville dans laquelle elle s'installe définitivement  à partir de 1916. Elle se lie avec Juan Gris et André Lhote, faisant un moment partie des peintres soutenus par Léonce Rosenberg dans sa galerie L'effort moderne.  À partir de 1920, María Blanchard revient à la figuration. Elle traverse en 1927 une crise religieuse qui l'engage dans un profond catholicisme, songe à entrer dans un couvent mais en est dissuadée par son confesseur. Surtout intéressée par la représentation de la figure humaine, elle a cependant peint plusieurs natures mortes, très proches de celles de Juan Gris dans leur composition mais radicalement opposées du point de vue de la palette de couleurs.

vendredi 25 septembre 2015

Eva Gonzales (1849-1883) - Pommes d'Api



Eva Gonzales 1847 - 1883 Pommes d’Api 1877-1878 Pastel sur papier encollé sur toile, 37.47 x 45.4 cm. Minneapolis Institute of Art


Eva Gonzales (1847-1883)
Pommes d’Api, 1877-1878
Pastel sur papier encollé sur toile, 37.47 x 45.4 cm.
Minneapolis Institute of Art
 
Que voit on ? Des  pommes dans un panier de pailles, peintes avec une joie et une vivacité rare. Mais  aussi un verre transparent à anse et une lettre cachetée sur une nappe blanche dont les impeccables plis permettent à la peintre de montrer tout son génie des tons sur tons et de la peintre des reflets.
 
 Rappel biographique : Eva Gonzales est née à Paris dans une famille bourgeoise d’origine espagnole installée en France. Son père est l’écrivain célèbre Emmanuel Gonzalès. Elle entre, en 1866, à 16 ans, dans l’atelier de Charles Chaplin, homonyme du célèbre acteur de cinéma mais qui était un peintre à la mode chez lequel se précipitait beaucoup de jeunes filles de bonne famille. En mai 1867, elle abandonne sans regret l’atelier, jugeant l’enseignement dispensé par Chaplin, trop classique. Deux ans plus tard, elle rencontre Edouard Manet et devient son élève. Une grande amitié et une admiration réciproque les lient, suscitant la jalousie de Berthe Morisot qui lui envie son amitié avec le maître. Manet exécute le portrait d’Eva en 1869, et l’expose au Salon de 1870 pendant qu’elle présente Le Clairon directement inspiré du Fifre. Eva Gonzalès travaille dans l’esprit du maître de nombreuses natures mortes, des scènes de plein air et sujets intimistes, des aquarelles, des huiles et des pastels. Bien que les sujets de ses toiles soient les mêmes que ceux choisis par les impressionnistes, le style en est différent, plus proche des peintures « espagnoles » des débuts de Manet. Après plusieurs années d’indifférence face à son travail, à partir de 1879 et après l’exposition au Salon d’ Une loge aux Italiens, le public et les critiques d’art s’enthousiasment pour ses œuvres et reconnaissent son talent. Elle se refuse à participer aux Salons Impressionnistes, mais reste très proche de ce courant artistique et de ses amis. En 1879, Eva Gonzalès épouse Henri Guérard, graveur de Manet et peintre occasionnel. Elle meurt brutalement, en 1883, d’une embolie peu après la naissance de leur fils Jean-Raymond Guérard et seulement six jours après le décès de son maître Édouard Manet, alors qu’elle lui préparait un hommage.

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jeudi 24 septembre 2015

Charles Camoin (1879-1965)



Charles Camoin (1879-1965)
Nature morte à la gargoulette et au panier

Le peintre français né à Marseille Charles Camouin est connu pour sa participation au fauvisme. Elève de Gustave Moreau aux Beaux arts de Paris,  il reçoit  pendant quelques mois l’enseignement du maître. C’est dans l'Atelier de Gustave Moreau que Camouin rencontre et se lie d'amitié avec Matisse, Marquet et Manguin,  élèves de Moreau depuis déjà quelques années. « Moreau déjà très malade ne me corrigea que deux ou trois fois avant de mourir […]. Ce que je sais de lui, c'est surtout par Matisse et Marquet que je l'ai appris » écrit Camoin.
Pendant son service militaire qu'il rencontre Cézanne. Alors que son régiment est à Aix-en-Provence en octobre 1901, le jeune soldat Camouin ose se rendre un soir chez Cézanne, et sonner à la porte du 23, rue Boulégon. Le vieux maître est connu pour son caractère difficile, mais il se prend de sympathie pour celui qu’il appelle le vaillant marseillais, Carlo Camoin. Les deux peintres échangent une correspondance régulière et Camoin rend plusieurs fois visite à Cézanne par la suite. Il montre au maître sa production, que celui-ci apprécie et encourage, et a le privilège de l’accompagner « au motif ». Cézanne envoie au jeune Camoin des lettres paternelles et affectueuses dans lesquelles il lui délivre des conseils sur la manière d’aborder la peinture, notamment de se méfier de la mortification théorique, de considérer les maîtres du passé sans les pasticher, mais aussi, de se fier à ses « sensations » au contact de la nature.
Camouin qui était surtout un peintre de paysages et de lumières a laissé toutefois quelques natures mortes remarquables dans lesquelles ses talents de coloriste explosent littéralement. C'est le cas de cette nature morte au sujet très provençal (la gargoulette et le panier d'asperges) dans laquelle transparait le soleil du midi.

mercredi 23 septembre 2015

George Leslie Hunter (1877-1931)- Big Ginger Jar

George Leslie Hunter (1877-1931) Big Ginger Jar (1920) Oil on board, 61 x 52,1 cm Dundees museums (UK)

George Leslie Hunter (1877-1931)
Big Ginger Jar (1920)
Oil on board, 61 x 52,1 cm
Dundees museums (UK)


Que voit on ? La série de nature morte peinte en cette année 1920 par George Leslie Hunter opte pour le même procédé de composition : une nappe banche un potiche ou un vase en haut à gauche et quelques fruits posés sur la table. Ici c'est un pot à gingembre en porcelaine de Chine qui est en vedette. Son bleu est mis en contraste avec le jaune de plusieurs fruits dont cette couleur est la dominante : le  citron sur la nappe et  la pomme, la poire et de la banane qui sont dans la coupe de fruits.

Rappel biographique : Le peintre écossais  George Leslie Hunter, membre du groupe de peintre connu sous le nom de Scottish Colourists (Les Coloristes Ecossais)  est un peintre autodidacte qui a voulu perfectionner sa technique en allant, dès l'âge de 15 ans, étudier la peinture aux Etats-Unis (notamment en Californie) puis dans le sud de la France, à Paris, aux Pays-Bas et en Italie.
Très populaire en Ecosse, bien qu'ayant passé une grande partie de sa vie à San Francisco,  Leslie Hunter est surtout connu pour ses paysages et ses natures mortes, qu'il travaille à la fois la plume et  à l'encre et à l' huile sur toile.  Très influencé par Cézanne, à ses débuts ses natures mortes qui associent toujours fleurs et fruits en portent - ici et là -la trace, mais c'est surtout du côté de Monet et de Matisse, qu'il va chercher exemple en poursuivant  - comme  les autres membres du mouvement des  "coloristes écossais" d'ailleurs - des recherches sur la couleur et la façon la plus audacieuse de l'employer pour donner aux toiles un maximum d'énergie. Hunter s'est particulièrement appliqué à capturer les effets de la lumière, en peignant souvent (comme Monet) le même sujet avec les mêmes objets et la même scénographie sous des conditions différentes d'éclairage.

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2015 - Une Collection de Natures Mortes
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mardi 22 septembre 2015

Léon Devos (1897-1974)



Léon Devos (1897-1974) 

Nature morte avec ail


Le peintre belge Léon Devos fut le fondateur du Groupe Nervia, née à l'instigation d'un assureur wallon qui souhaitait promouvoir l'art wallon, estompé d'après lui, par  l'expressionnisme flamand. L'art de ces artistes wallons qui se veut d’essence latine, plus réaliste, plus lyrique et plus intimiste que celui de leurs voisins du nord reste  très conservateur, voir académique, refuse l'"avant-garde" tout en voulant exprimer une forme de néo-humanisme à travers des sujets tirés de la vie quotidienne. Du point de la nature morte, il a produit quelques toiles intéressants surtout grace à  Léon Devos. 


lundi 21 septembre 2015

Eliot Hodgkin (1905-1987) - Funghi n°1




Eliot Hodgkin (1905-1987)
Funghi n°1 (1965)
Private collection

Que voit-on ? Deux champignons, des girolles dans le cas précis présentés tête-bêche, de façon à pouvoir en examiner toute les faces à la façon des planches naturalistes du 18e siècle.

Rappel biographique : Le peintre britannique Eliot Hodgkin a réalisé de nombreuses natures mortes de plantes, de fruits, de légumes et d'autres objets inanimés avec une précision digne des grands illustrateurs botaniques des siècles passés. Cette grande précision et le luxe de détails de ces planches l'ont rendu grandement apprécier des botanistes et des scientifiques agissant dans le domaine environnemental. Après sa mort, plusieurs œuvres de sa collection furent vendues par les soins de Christie's. Son prix record est une nature morte intitulée Violet II, tempera sur panneau, 7 par 15 cm, vendu 51 700 £ chezChristie's  South Kensington, le 6 septembre 2000. Hodgkin occupe une place réellement à part dans l'histoire de la nature morte au 20e siècle. La Royal Academy of Arts conserve, et aussi plusieurs dessins et tableaux de ce peintre dont l'oeuvre est hommage frontal, obstiné et très figuratif à l'environnement  dans un siècle qui a grandement participé à sa destruction.

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dimanche 20 septembre 2015

Claude Monet (1840-1926) - Nature morte avec œufs





Claude Monet (1840-1926)
Nature morte avec œufs (1907)
Maison de Monet- Giverny 


Que voit-on ?  Sur une table recouverte d'une nappe blanche et d'un torchon, de gauche à droite : un bol, un carafe d'eau, deux œufs posés sur le torchon et la nappe et dans un panier à oeufs au centre de la composition, une demi douzaine d'œufs.  Quand Monet que Manet appelait Le Raphael de l'eau  peint cet nature morte, il a 67 ans et donc on peut imaginer que s'il choisit ce genre c'est délibérément et non pour satisfaire quelque commanditaire comme il avait fait plus tôt dans sa carrière. Contrairement aux natures mortes de sa jeunesse, celle-ci résonne comme un traité de l'impressionnisme et de son exploration de la lumière, à ceci près que l'on a beaucoup à croire que celle-ci ait pu être réalisée à la lumière du jour. On comprend mieux en regardant cette dans cette nature morte aux œufs ce que cela signifiait pour lui avec cette exploration méthodique de toutes les nuances de blanc à laquelle il se livre là. Dans le panier à œufs représentés dans le tableau on peut en ranger facilement 2 douzaines,  On mangeait beaucoup d'œufs dans la maison de Monet à Giverny qui comptait 10 personnes et du personnel.  Il avait un poulailler dans le jardin et l'œuf était un élément central de l'alimentation au 19ème siècle, place qu'il a un peu perdu depuis.

Rappel biographique : le peintre français Claude Monet, l'un des fondateurs de l'impressionnisme, est surtout connu pour ses paysages et ses portraits.  " La couleur, disait-il " est mon obsession quotidienne, ma joie et mon tourment ".   Claude Monet est l’un des fondateurs de l'impressionnisme. En 1859, il part à Paris tenter sa chance sur le conseil d'Eugène Boudin. Après des cours à l'académie Suisse puis chez Charles Gleyre et la rencontre de Johan Barthold Jongkind, le tout entrecoupé par le service militaire en  Algérie, Monet se fait remarquer pour ses peintures de la baie d'Honfleur. En 1866, il connait le succès au Salon de la peinture. Toute cette période est cependant marquée par une grande précarité. Il fuit ensuite la  guerre de 1870  à Londres puis aux Pays-Bas. Dans la capitale anglaise, il fait la rencontre du marchand d'art Paul Durand-Ruel qui lui assurera sa principale source de revenu pendant le reste de sa carrière. Revenu en France, la première exposition des futurs impressionnistes a lieu en 1874. À partir de 1890, Monet se consacre à des séries de peintures, c'est-à-dire qu'il peint le même motif à différentes heures de la journée, à diverses saisons. Il peint alors parfois des dizaines de toiles en parallèle, changeant en fonction de l'effet présent. La fin de sa vie est marquée  par une maladie, la  cataracte, qui affecte son travail.
Monet peint devant le modèle sur l'intégralité de sa toile dès les premières ébauches, il retouche ensuite de nombreuses fois jusqu'à ce que le résultat le satisfasse. Contrairement à ce qu'il affirme, il termine la plupart de ses toiles en atelier, prenant modèle sur les premières peintures d'une série pour peindre les autres. D'un caractère parfois difficile, prompt à la colère comme au découragement, Claude Monet était un grand travailleur qui n'hésitait pas à défier la météo pour pratiquer sa passion. Monet résume sa vie ainsi de la meilleure manière : « Qu'y a-t-il à dire de moi ? Que peut-il y avoir à dire, je vous le demande, d'un homme que rien au monde n'intéresse que sa peinture - et aussi son jardin et ses fleurs ».





samedi 19 septembre 2015

Armand-Désiré Gautier (1825-1894)





Armand-Désiré Gautier (1825-1894) 
Nature morte avec œufs au plat

Amand Gautier, pseudonyme d'Armand Désiré Gautier, est un  peintre et lithographe français  surtout connu pour ses paysages et ses portraits, mais qui a peint quelques natures mortes.   A Paris il fréquente beaucoup la brasserie Andler où il se lie d'amitié avec  Paul Gachet, Champfleury et Gustave Courbet. Durant les années 1850,   il expose au  Salon de Paris  des peintures de religieuses qui lui valent un certain succès et lui vaudront le surnom de « peintre des sœurs de charité ».
Vers 1860, il encourage le jeune Claude Monet qui le désigne comme son maître sur sa carte d'élève. D'abord engagé dans le combat pour le  réalisme, il cötoie les peintres impressionnistes et  passe alors beaucoup de temps à Honfleur et au Havre en compagnie d'Eugène Boudin, de Johan Barthold Jongkind ou de Carolus-Duran.

vendredi 18 septembre 2015

Katsushika Hokusai - 葛飾 北斎 (1780-1849) - Two Crabs



Katsushika Hokusai - 葛飾 北斎  (1780-1849)
Two Crabs (1808-1809)
Victoria and Albert Museum, London

 Que voit on ? Deux crabes de couleurs différentes dont on pense qu'ils font parie de ceux ui ont influencé grandement Van Gogh pour sa propre représentation de ces  crustacés.

Rappel biographique : le dessinateur et peintre japonais Katsushika Hokusai  connu plus simplement sous le nom de Hokusai  est un  spécialiste de l’ukiyo-e, graveur et auteur d'écrits populaires. Son œuvre influença de nombreux artistes, en particulier Paul Gauguin, Vincent van Gogh, Claude Monet et Alfred Sisley, et le mouvement artistique appelé japonisme. Il signa parfois ses travaux, à partir de 1800, par la formule Gakyōjin, « le Fou de dessin ». Certains historiens d'art le voient comme le père du manga, mot qu'il a inventé et qui signifie à peu près  : « esquisse spontanée ».
Hokusai laisse derrière lui près de 30 000 dessins.

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André Derain (1880-1954)



André Derain (1880-1954)
Nature morte aux poissons et à la poêle (1939)
Collection Pierre Levy
Musée d'art moderne de Troyes.


Que voit on ? Sur une table de cuisine en bois dont un tiroir est ouvert, de gauche à droite : un plat en céramique vernissée blanche dans lequel sont posés 8 poissons crus, frais et entiers de diverses catégories : derrière le plat de poissons un saladier vide en terre cuite vernissée marron et blanc :  recouvrant partiellement la table, une nappe à peine dépliée et jetée en drapé, passent à la fois sous le plat de poissons et sous une poêle de grande taille en fonte noire qui semble contenir trois coquilles Saint-Jacques. Tous les décors du tableau en dehors des éléments qui sont posés sur la table baignent dans une atmosphère rouge très profonde.

Rappel biographique : Le peintre français André Derain est l'un des fondateurs du fauvismePeintre de figures, de portraits, de nus, de paysages, de marines, de natures mortes, il emploie diverses techniques :  huiles, gouaches, aquarelles, pastels. Il est également peintre de décors de théâtre, sculpteur, graveur et illustrateur.
Pendant l'occupation allemande de la France, Derain est courtisé par les Nazis comme symbole prestigieux de la culture française. Il accepte une invitation pour une visite officielle en Allemagne en 1941, avec, notamment, son ami Maurice de Vlaminck, Kees van Dongen ou le sculpteur  Paul Belmondo. Derain est traité de collaborateur et ostracisé après la Libération. Après la guerre, il renonce aux présentations publiques de ses œuvres et finit sa vie dans une solitude volontaire.
Son œuvre est parfois considérée comme un revirement vers la tradition après un engagement dans les avant-gardes mais elle témoigne fortement des préoccupations des artistes de son époque, dont beaucoup, à l'instar de Maurice De Vlaminck ou Félix Valotton suivent ce même itinéraire, qualifié par les historiens de l'art de « retour à l'ordre », auquel même Picasso n'échappe d'ailleurs pas  à la fin des années 1910., durant une courte période. L'œuvre de Derain est essentiellement picturale, mais il a également signé les décors et les costumes de nombreux ballets, illustré une trentaine de livres, il est également connu comme sculpteur. Une grande partie de son œuvre (80 peintures, 77 sculptures, des dessins, mais aussi des objets d'art primitif lui ayant appartenu), précédemment dans la collection Pierre et Denise Lévy, est présentée au musée d'art moderne de Troyes.

Ce blog a publié plusieurs natures mortes de ce peintre. Pour toutes les retrouver cliquez sur l'onglet libellé et retrouver le nom du peintre.

jeudi 17 septembre 2015

Chaïm Soutine (1893-1943) - Nature morte aux poissons



Chaïm Soutine (1893-1943)
Nature morte aux poissons
Collection privée

Que voit-on ? Une série de poissons séchés, parmi lesquels des harengs, que Soutine a peint à de très nombreuses reprises.  Les poissions sont entassés et serrés dans un plat qui semble être en céramique vernissée. Ce genre de nature morte que Soutine peignait toujours d'après modèle, firent partie de celles qui avaient poussé les voisins du peintre à porter plainte contre lui, à cause de l'odeur pestilentielle qu'ils dégageaient.

Rappel biographique : Le peintre français d'origine biélorusse Chaïm Soutine a développé une technique de peinture très qui utilise une palette de couleurs éclatantes et tourmentées tout en se situant dans une mode expressionniste avant la lettre qui a pu peut parfois, dans ses portraits, rappeler le style d' Egon Schiele. Il est l'un des peintres majeurs rattachés, à ce qu'on appelle l'École de Paris avec Modgliani et Chagall  et sans doute le personnage le plus extravagant de la bande.  
Dans le domaine des natures mortes, Soutine a commencé par traiter (avant la première guerre mondiale) des sujets assez banals (Nature morte a la pipe ou  Nature morte à la Soupière) puis se consacre surtout  à la représentation des animaux et en particulier des animaux écorchés ou éventrés qu’il prend comme modèle. Ces visions morbides issues de son enfance hanteront une bonne part de sa peinture, comme la série des carcasses de bœufs et celle des volailles (dindons, poulets, lapin etc...). Les voisins, horrifiés par les cadavres d’animaux qu’il conserve dans son atelier et les poissons qu'il laissent  plusieurs jours à l'air libre avant de les peindre, se plaignent des odeurs qui émanent de son atelier. Visiblement les natures mortes à sujets de  fleurs échappent à cette règle  (Glaïeuls (1919) et Le Vase de fleurs (1918).  
Pendant la Seconde guerre mondiale Soutine, traqué puisque juif, mène une vie clandestine, retournant souvent à Paris pour se faire soigner d'un ulcère récidivent. Bien que conscient du danger auquel il s’expose, il n'a jamais fait ou même tenter de faire les démarches nécessaires pour fuir la France. Suite à une dénonciation, il se réfugie près de Tours, avec sa nouvelle liaison, Marie-Berthe Aurenche, ex épouse de Max Ernst.  Le 31 juillet 1943, il est fiévreux et doit être hospitalisé. Avant d’être transporté, il se rend à son atelier et brûle ses toiles. À l’hôpital de Chinon, on le dirige vers une clinique parisienne. Les contrôles de la France occupée doivent être évités et le voyage se révèle plus long que prévu. Opéré sept jours  après son arrivée, il meurt deux jours après l'opération.
Au cimetière du Montparnasse, rien ne fut gravé sur la tombe avant la fin de la guerre. Pablo Picasso fut l'un des rares à suivre son enterrement. Malgré des interruptions plus ou moins longues, Chaïm Soutine a beaucoup peint et beaucoup détruit ses oeuvres et ce jusqu’à la fin de sa vie.

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mercredi 16 septembre 2015

Vincent van Gogh (1853-1890) - Nature morte aux maquereaux


Vincent van Gogh (1853-1890) 
Nature morte aux maquereaux
(non signée)

Que voit-on ?  Sur un entablement jaune disposé devant un fond gris : deux maquereaux, un couteau, deux citrons, trois tomates et un pichet en céramique verte.  Le maquereau est  al fois un sujet rémanent dans la peinture hollandaise mais aussi dans la peinture  japonaise qui inspira tant van Gogh.

 Rappel biographique : Le peintre franco-hollandaisVincent van Gogh a peint énormément de natures mortes dont les plus célèbres sont sans doute constituées par la série des sept tableaux "Les tournesols " qu'il peignit à Arles entre Août 1888 et Janvier 1889. D'autres natures mortes moins célèbres  permettant de passer en revue a peu près tous les styles du peintre, ont été exécutées à diverses époques de sa vie.  Van Gogh peignait sur des toiles souvent déjà apprêtées, qu'il pouvait réutiliser, soit en grattant l'œuvre précédente, soit en la recouvrant d'une nouvelle couche. Il employait  certains pigments instables, entraînant une modification des couleurs sous l'effet de la lumière, dont la laque géranium qui perd sa teinte rouge avec le temps. Les couleurs originelles sont donc souvent perdues, entraînant des difficultés de restauration. Pour certains tableaux les restaurateurs ont décidé,de ne pas « recoloriser » le tableau, mais se contentent  de stopper les dégradations et de proposer un éclairage avec des filtres colorés pour restituer les teintes d'origine. Pour les historiens de l’art, Van Gogh est un précurseur qui a ouvert à la peinture de nouvelles voies. Par exemple,  Derain et Vlaminck sont directement rattachés à l'art de Van Gogh « par l'emploi de couleurs pures en larges touches ». Pour les amateurs d'art, il reste un maître à l’égal de  Leonard de Vinci ou de Rembrandt avec une production très importante et une trajectoire artistique fulgurante en durée et par ses styles.  Pour d'autres par contre comme Salvador Dali, dont les avis a l'emporte piece étaient connus, Van Gogh était " tout sauf un peintre ". Pour le grand public, l' œuvre  de Van Gogh est aujourd'hui accessible dans les plus grands musées du monde.  Dans sa dernière lettre, trouvée dans sa poche le jour de son suicide, Vincent van Gogh  écrit : « Eh bien vraiment nous ne pouvons faire parler que nos tableaux »

lundi 14 septembre 2015

Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779), Nature morte avec pommes, timbale d'argent et bol

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Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779)
Nature morte avec pommes, timbale d'argent et bol 
Musée du Louvre - Paris

Que voit-on ?  De gauche à droite, sur un rebord sans doute en pierre, une timbale en argent  dans laquelle se reflète une des trois pommes posées sur le rebord , un bol en céramique vernissé d'où dépasse le manche d'une cuillère en argent, matériau perceptible à l'unique reflets tenus sur le bord supérieur gauche du manche. Un peu à l'écart, sur le bord droit du cadre deux fruits difficilement identifiables  et qui pourraient être  soit des prunes, soit des figues soit des grosses olives, soit des noix. La lumière vient de la gauche. Tout l'art de Chardin s'applique ici dans le traitement des reflets des ustensiles en argent et dans le traitement des textures. Mais à la différence des peintres hollandais ou  espagnols, Chardin ne tranche pas ici entre la texture métallique de l'argent, la texture brillante de la céramique, la texture douce des pommes.  toutes les textures semblent fondues dans égal  léger brouillard ... et pourtant chacune est clairement identifiable, sans la moindre confusion  possible.
 Pour cette nature morte d'une saisissante modernité un seul commentaire écrit par  la main de 
de Chardin lui même  : " Il faut que j'oublie tout ce que j'ai vu, et même jusqu'à la manière dont ces objets ont été traités par d'autres. "


Rappel biographique :  Jean-Baptiste-Siméon Chardin est considéré comme l'un des plus grands peintres français et européens du 18e siècle. Célèbre pour ses scènes de genre et ses pastels, il est aussi  reconnu pour ses natures mortes dont il reste le maitre incontesté. D'après les frères Goncourt, c'est Coypel qui en faisant appel à Chardin pour peindre un fusil dans un tableau de chasse, lui aurait donné le goût pour les natures mortes. Ces deux tableaux de réception à l'Académie Royale de peinture sont tous deux des natures mortes, La Raie et Le Buffet qui se trouvent aujourd'hui au Musée du Louvre.  Chardin devient ainsi peintre académicien « dans le talent des animaux et des fruits », c'est-à-dire au niveau inférieur de la hiérarchie des genres alors reconnus. Et c'est sans aucun doute Chardin qui va lui donner ses lettres de noblesse et en faire un genre pictural égal, voire même supérieur à bien des égards, aux autres.
Les natures mortes qu'il peindra plus tard (à partir de 1760) sont assez différentes des premières. Les sujets en sont très variés : gibier, fruits, bouquets de fleurs, pots, bocaux, verres...  Chardin semble s'intéresser davantage aux volumes et à la composition qu'à un vérisme soucieux du détail, ou aux  effets de trompe-l'œil. Les couleurs sont moins empâtées. Il est plus attentif aux reflets, à la lumière : il travaille parfois à trois tableaux à la fois devant les mêmes objets, pour capter la lumière du matin, du milieu de journée et de l'après-midi. On peut souvent parler d'impressionnisme avant la lettre.


2015 - A Still Life Collection 
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