dimanche 27 février 2022

Bartholomeo Bettera (1639-1688) - Nature morte avec Luth, Violoncelle, Guitare, Manuscrits et Livres sur une Table

 

Bartholomeo Bettera, (1639-1688) Nature morte avec Luth, Violoncelle, Guitare, Manuscrits et Livres sur une Table Collection Privée

 

Bartholomeo Bettera  (1639-1688)
Nature morte avec Luth, Violoncelle, Guitare, Manuscrits et Livres sur une Table
Collection Privée

Que voit on ? Une composition d'une grande originalité comme beaucoup de toiles de ce peintre baroque qui propose souvent des pêle-mêles d'objets et en particulier d'instruments de musique toujours entremêlés de façon à ce qu'il ne soient pas immédiatement reconnaissables, comme s'il s'agissait pour lui de donner à deviner ou plutôt dans ce cas d précis à déchiffrer sa composition.

Rappel biographique : Le peintre italien originaire de Bergame, Bartolomeo Bettera a séjourné à Rome ainsi qu'à Milan où il demeura probablement jusqu'à sa mort survenue à la fin du 17e siècle. Dans le domaine des natures mortes, Bartolomeo Bettera est assez proche du style d'Evaristo Baschenis dont il s'inspira beaucoup pour certains thèmes, et avec lequel on l'a souvent confondu, notamment dès qu'il s'agit de représentations d'instruments de musique. Les compositions non signées de Bettera provoquent d'ailleurs souvent des erreurs d'attribution avec Evaristo Baschenis, bien que les deux styles puissent être clairement différenciés : couleurs plus opaques pour l'un ou regroupement des objets plus compact et rendu des tissus et des draperies moins raffiné pour Bettera. Néanmoins, la plupart des travaux de Bettera sont signés avec deux initiales séparées par une petite croix (B x B). C'est un formidable inventaire de l'instrumentarium de leur époque que ces deux peintres ont, en tout cas, permis de dresser à travers leurs oeuvres respectives

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vendredi 25 février 2022

Childe Hassam (1859-1935) - The Terre Cuite Set For French Tea


Childe Hassam (1859-1935) The Terre Cuite Set For French Tea Private collection



Childe Hassam (1859-1935)
The Terre Cuite Set For French Tea
Private collection

 Que voit on ? Un thé dans un jardin sur une table recouverte d'une nappe blanche aux plis visibles et dressée pour deux personnes, bien qu'une seule personne soit présente  autour de la table.  Si l'on sen réfère au titre, c'est surtout le service a thé en terre cuite vernissée qui est l'attraction principale de cette toile de Childe Hassam, dont tout, des frondaisons du jardin secouées par un vent léger que l'on perçoit agitant le feuillage à la lumière  d'été qui baigne l'ensemble compose une toile éminemment impressionniste.   

Rappel biographique : le peintre, graveur, dessinateur, illustrateur et lithographe américain Frederick Childe Hassam est un impressionniste, membre du groupe des Ten American Painters. Peintre de scènes de genre, figures, nus, intérieurs, paysages, paysages urbains, marines, il a aussi bien utilisé l'huile, la gouache, l'aquarelle ou le pastel. De 1886 à 1889, il séjourne à Paris où il étudie l'art à l'Académie Julian. Ses professeurs sont Gustave Boulanger et Jules Joseph Lefebvre. L'impressionnisme français et l'art de Claude Monet ont une forte influence sur lui. Parmi ses œuvres les plus connues, réalisées à la fin de sa vie, figure la Flag series. Il s'agit d'une trentaine de tableaux qu'il commença en 1916, inspirés par la parade de préparation des engagés volontaires américains pour la Première Guerre mondiale sur la Cinquième avenue. Le tableau le plus célèbre de la série, The Avenue in the Rain (1917), représentant des drapeaux américains et leur reflets sous la pluie, fait partie de la collection de la Maison Blanche. Le président Barack Obama l'avait fait installer dans le bureau ovale dès le début de sa présidence.

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mercredi 23 février 2022

Alexandre-François Desportes (1661-1743) - Un panier de prunes sur une corniche


Alexandre-François Desportes (1661-1743) Un panier de prunes sur une corniche Huile sur toile, 40 x 53.1 cm Collection privée (Christie's 2019)



Alexandre-François Desportes (1661-1743)
Un panier de prunes sur une corniche
Huile sur toile, 40 x 53.1 cm
Collection privée (Christie's 2019)

Que voit on ? Ce que décrit le titre avec précision... et une prune échappée du panier, qui reste sur le bord de la corniche et offre à l'œil ravi du spectateur une nuance supplémentaire de couleurs de ce fruit qui est une symphonie de couleurs en soi.

Rappel biographique : Issu d’une famille modeste, Alexandre-François Desportes à ne pas confondre avec Nicolas Desportes ou Jean Desportes, deux autres peintres de nature mortes ayant vécu à la meme époque) était destiné à être paysan mais, à la suite d’une longue période de convalescence, il s’initia au dessin et acquit peu à peu une grande maitrise de cette technique. Il devint l’élève de Nicasius Bernaerts d'origine flamande, alors membre de l’Académie royale et spécialisé dans la peinture animalière et de Frans Snyders, il s’est largement imprégné de la tradition flamande. Au cours de ses premières années, il découvrit ainsi la peinture flamande dont il va subir l’influence tout au long de sa carrière. A la mort de Bernaerts, Desportes ne se fia plus qu’à la nature. En 1695-1696, il fut nommé portraitiste à la cour de Pologne avant d’être rappelé en France où il abandonna le genre du portrait pour se consacrer presque exclusivement à la peinture animalière. Reçu à l’Académie royale en 1699, il participa à la décoration de la ménagerie de Versailles. Outre la peinture animalière, Alexandre-François Desportes se distingua aussi par ses natures mortes où il excella véritablement. On y perçoit l’approche réaliste flamande qui se traduit aussi bien dans les fonds de paysage que dans le rendu riche et méticuleux des matières alliée à une délicatesse alors réputée être très française.

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lundi 21 février 2022

Agostinho José da Mota (1824–1878) - Fruta do conde

 

Agostinho José da Mota (1824–1878) Fruta do conde Museu Nacional de Belas Artes, Sao Paulo, Brazil

 
Agostinho José da Mota (1824–1878)
Fruta do conde
Museu Nacional de Belas Artes, Sao Paulo, Brazil


Que voit on ? Posés sur une riche commode en acajou sculpté, deux exemples du fruit exotique brésilien Annona squamosa, aussi connus sous comme Fruto do Conde ou Fruta Pihna .  Ces deux là sont mûrs à point et prêts à être consommés pour en apprécier le délcieiux parfum de cannelle qui leur vaut leur nom français de Pomme-cannelle.

 Rappel biographique : Agostinho José da Mota était un peintre et un enseignant brésilien. Son penchant pour l'art s’est manifesté dans son enfance et s'est amplifié avec le temps. En 1837, il s'inscrit à l'Académie impériale des Beaux-Arts de Sao Paulo où il est un des étudiants les plus brillants et reçoit un prix qui lui permet de voyager en Europe dès 1850. En 1851, il décide de partir à  Rome où il  étudie sous la direction du peintre français Jean-Achille Benouville. Il  passe 8 ans en Italie et y produit quelques très belles œuvres. De retour au Brésil en 1859, il commence à enseigner à l'Académie des Beaux Arts de Rio de Janeiro, d’abord le dessin puis le paysage. Parmi ses élèves, les plus connus furent : Modesto Brocos, Henrique Bernardelli, Pedro Peres, Firmino Monteiro et José Maria de Medeiros. L'impératrice Teresa Cristina du Brésil, qui était elle-même d'origine italienne, lui commanda une suite de natures mortes, un genre dans lequel il a excellé d’autant plus qu’il fut parmi les premiers à peindre des fruits tropicaux quasiment inconnus en Europe. Il fut aussi  le pionnier de la peinture en plein air au Brésil, bien avant Georg Grimm qui en revendiqua cependant le titre. A la fin de sa vie, très dépensier et menant grand train, il connut quelques difficultés financières et fut obligé de peindre des panneaux publicitaires pour survivre.

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samedi 19 février 2022

Antoine Vollon (1833-1900) - Etude d'aiguière


Antoine Vollon (1833-1900) Etude d'aiguiere Collection privée



Antoine Vollon (1833-1900)
Etude d'aiguière
Collection privée 

 Que voit on   ? Une nature morte d'objet, un aiguière en l'occurrence, réalisée avec brio par Antoine Vollon, peintre insaisissable au génie particulier capable aussi bine de peindre des porcelaines chinoises sophistiquées que des œufs et une simple motte de beurre, son tableau le plus saisissant sans aucune doute...  


Rappel biographique : le peintre français Antoine Vollon est considéré comme appartenant au mouvement réaliste, bien que son style s'adapte toujours en fonction du sujet traité. Artiste productif, fougueux et extrêmement doué, Antoine Vollon affichait une préférence marquée pour les effets de lumière. Il a peint des ports, des marines aux grands cieux tourmentés et des pêcheurs mais c'est surtout comme peintre de natures mortes qu'il aimait se présenter lui-même.
Il débute sa carrière à Lyon, où il apprend la gravure sur métaux et fréquente l 'Ecole des beaux-arts de la ville où il est l'élève de Théodule Ribot. Il développe rapidement une attention particulière surtout pour les natures mortes qui relèvent d’un défi technique et artistique. Ce défi couvre un champs très large qui va de la représentation d'une motte de beurre, à la peinture de fruits et de fleurs isolés (poires, prunes, cerises, pêches, tomates, courges, violettes...) en passant par le rendu des reflets du métal des ustensiles de cuisines jusqu'à la représentation des matières vivantes quotidiennes de la cuisine (plateau d'huîtres, œufs, carcasse de cochon pendu et vidé, poissons de mer en attente de cuisson...). Ses œuvres sont aujourd’hui conservées dans les plus grands musées du monde (Amsterdam, Londres, New York...) et chez quelques chanceux collectionneurs privés principalement aux Etats-Unis où Vollon est beaucoup plus connu qu'en Europe (Washington, New York, Boston, Philadelphie…). En France, le musée d'Orsay à Paris conserve une de ses toiles (Autoportrait), de même que les musées de Lyon (sa ville natale), Amiens et Rouen. Le Musée des beaux arts de Dieppe quant à lui conserve deux toiles : Femmes du Pollet à Dieppe et Poissons de mer.
Alexandre Dumas fils était le grand collectionneur français de l'œuvre de Vollon, ainsi que de riches américains, comme Henry Frick (Frick Collection) ou le peintre William Merritt Chase qui l'admirait beaucoup et s'inspira, dans la plupart de ses propres natures mortes de celles d'Antoine Vollon.
Le MET à New York conserve l'une des plus belles toiles de Vollon, de même que le Musée Pushkin de Moscou

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jeudi 17 février 2022

Pietro Gaudenzi (1880 - 1955) - Natura morta di fichi

Pietro Gaudenzi (1880 - 1955) Natura morta di fichi Museo Nazionale della Scienza e della Tecnologia, Milano



Pietro Gaudenzi (1880 - 1955)
Natura morta di fichi
Museo Nazionale della Scienza e della Tecnologia, Milano

Que voit on ? un des nombreuses natures avec sujet de palt de figues que peignit Gaudenzi. Sujet semblables mais toiles toutes différentes les unes des autres, explorant chacune avec beaucoup de subtilités et un soin particulier, les sectes de ses fruits déjà peints sous l'Antiquité romaines et depuis lors par tous les peintres du moyen age, de la renaissance, du classicisme... jusqu'à l'époque contemporaine.  

Rappel biographique : Pietro Gaudenzi était un peintre italien qui fut l'élève du peintre Felice Del Santo, dont il acquit sa première formation artistique. Il était alors élève de Cesare Viazzia Genova, à l' Académie des Beaux-Arts. Après avoir reçu le Prix de la duchesse de Galliera, il s'installa à Rome en 1904 et y resta cinq années, l'occasion pour lui d'étudier les maîtres de la Renaissance et de se familiariser avec les peintures de Sartorio, Michetti, Spadini et Mancini.
En 1932, il exposa à la Biennale de Venise et en 1935 à la Quadriennale de Rome.
Son prestige, largement attesté par sa présence dans les événements artistiques les plus importants, de son temps, contraste avec une phase de travail assez solitaire dans la période de l’après-guerre, et ceci en raison de l’évolution du goût du public.
En 1951, il dirigea l'école de la mosaïque du Vatican et consacra l'essentiel de ses dernières années à cette technique.

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mardi 15 février 2022

Sebastiano Ricci (1659-1734) - Studies of a hand holding an apple

Sebastiano Ricci (1659-1734) Studies of a hand holding an apple Black and red chalk. ca. 1716-1734. British Royal Collection.


Sebastiano Ricci (1659-1734)
Studies of a hand holding an apple
Black and red chalk. ca. 1716-1734.
British Royal Collection.

 Que voit on ? une remarquable petite étude de ce grand peintre baroque,  qui devient presque sans le vouloir, par sa simplicité et sa grande élégance,  un chef d'oeuvre de la nature morte

Rappel biographique : Sebastiano Ricci est un peintre italien baroque. Il travailla dans de nombreuses villes d’Italie, mais aussi à Londres, aux Pays-Bas et à Paris. Il est reçu à l’Académie royale de peinture et de sculpture de Paris en 1718. Son voyage à Londres entre 1712 et 1716 permit l'importation du baroque en Angleterre. Longhi écrivit à propos de lui : « Vers la fin du siècle, les Vénitiens se rendent compte qu'ils ont été exclus, pendant plus de cent ans, des grandes idées de la peinture baroque, désormais non plus romaine mais européenne, et ils commencent à voyager. Le premier des peintres vénitiens voyageurs, Sebastiano Ricci, a encore, comme tous les Vénitiens du xviie siècle, le goût du plagiat, de l'imitation... de ses prédécesseurs les plus divers ; mais d'abord il développe sa culture jusqu'à se faire européen, comprenant bien que depuis un siècle toute nouvelle idée figurative avait pris une valeur européenne. Ricci est le premier à s'apercevoir que les plafonds les plus réussis de la fin du siècle sont ceux de Luca Giordano à Florence. Suivant cet exemple, il réussit à inaugurer le prétendu rococo dans la petite salle du palais Pitti ou sous les voûtes du palais Marucelli. Plus tard, son incroyable rapacité culturelle qui donne à tant de ses peintures ce goût d'habile reportage de tous les leitmotivs européens, lui portera tort. »


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dimanche 13 février 2022

Alexander Calder (1898-1976) - Pomme et vers

Alexander Calder (1898-1976), Pomme et vers, 1966 Fondation Maeght


Alexander Calder (1898-1976)
Pomme et vers, 1966
Fondation Maeght

 Que voit on ? Un des nombreux dessins et illustrations de Calder surtout connu pour ses sculptures et ses mobiles. On reconnait ici l'humour imparable de cet artiste dans le sujet même de sa nature morte :  le vers dans le fruit !  Vers dont les ravages sont minutieusement observés- à la loupe même pourrait on dire- par l'œil qui est dans la feuille !  et non dans la tombe comme dans le poème de Victor Hugo !

Rappel Biographique : Alexander « Sandy » Calder est un sculpteur et peintre américain, surtout connu pour ses assemblages de formes animées par les mouvements de l'air, nommés mobiles par Marcel Duchamp lors de leur exposition à Paris en 1932 à la galerie Vignon, puis  pour ses stabiles. Après son diplôme d'ingénieur,  Alexander Calder abandonne le métier d'ingénieur puis perfectionne son art à l'Art Students League of New York où il entre en 19232 et produit des œuvres dans le style de l'Ashcan aesthetic. À cette époque-là, il illustre des événements sportifs ainsi que les comptes rendus des tournées du Ringling Bros. and Barnum & Bailey Circus pour le journal National Police Gazette de New York. Il fait aussi de nombreuses esquisses d'animaux publiées un an après son départ pour la France, en 1926, sous le titre Animal sketchings. Toute sa vie durant il illustrera des ouvrages littéraires et des albums notamment pour les Editions Maeght. Calder a également réalisé au cours de sa longue carrière de nombreux bijoux. Il a également réalisé en 1969 des décors d'assiettes en collaboration avec la Manufacture nationale de Sèvres.

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vendredi 11 février 2022

Tamara de Lempicka (1898-1980) - Still life with portrait



Tamara de Lempicka (1898-1980) Still life with portrait Private collection

Tamara de Lempicka (1898-1980)
Still life with portrait
Private collection 

Que voit-on ? Posés sur un guéridon devant un mur des éléments très disparates et qui n'ont rien en commun  les uns avec les autres, selon le grand principe du catalogue absurde surréaliste;  ainsi l'ont trouve ici de gauche à droite : une pole de carte visites non identifiées, une feuille de caoutchouc tombée de la plante en pots du même nom, à côté de laquelle deux livres maintiennent contre le mur une feuille de dessin enroulée,  une boite d'allumettes fermée, un cornet doseur à bec verseur en verre opaque, une pièce de tissus rayée ou un rideau et, sur le mur du fond, le portrait épinglé contre le mur d'une personnage hollandais ou espagnol du XVIe siècle portant une fraise.  

Rappel biographique : Tamara de Lempicka est une peintre polonaise représentative du mouvement Art déco. Fille de Boris Gorski, juif russe, et d'une mère polonaise, son enfance se passe dans un milieu aisé et cultivé entre Saint-Pétersbourg, Varsovie, Lausanne et Paris. En 1920, à l'Académie Ranson à Paris, elle reçoit l'enseignement de Maurice Denis et à l'Académie de la Grande Chaumière celui d'André Lhote. C'est là qu'elle forge petit à petit son style qui, dans une synthèse de l'art maniériste de la Renaissance et du néo-cubisme, va correspondre parfaitement à la mode de son temps. L'envol de sa carrière coïncide avec sa première exposition personnelle à Milan en 1925. En France, elle participe pleinement à la vie artistique et mondaine parisienne où elle rencontre André Gide, Suzy Solidor, de riches industriels, des princes russes émigrés, etc. En 1928, elle installe sa maison-atelier au no 7 de la rue Méchain, dans le 14e arrondissement, conçue par Robert Mallet-Stevens. A partir de 1929, elle expose simultanément en Pologne (médaille de bronze à l'exposition internationale de Poznan), à Paris (dans quatre salons et à la galerie Colette Weil) et aux États-Unis (Carnegie Institute de Pittsburgh).
Tamara de Lempicka occupe une place à part dans l'art du 20e siècle : malgré une production modeste (à peine 150 tableaux dans sa meilleure période, qu'on situe entre 1925 et 1935), ses œuvres évoquent et reflètent le style et la mode des années folles de l'entre-deux-guerres. Avec une stylisation néo-cubiste, ses œuvres, principalement des portraits, se caractérisent par un modelé accentué, des couleurs vives mais dans une gamme restreinte, mises en valeur par des fonds gris ou noirs. La composition très resserrée s'inspire du cadrage cinématographique. Bien que la nature morte ne soit pas sa spécialité, elle en a peint une vingtaine.

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mercredi 9 février 2022

Bernard Buffet (1928-1999) - Nature morte avec boîte à sel, verre et bocal


Bernard Buffet (1928-1999) Nature morte avec boîte à sel, verre et bocal, 1948 Collection privée



Bernard Buffet (1928-1999)
Nature morte avec boîte à sel, verre et bocal, 1948
Collection privée 

Que voit on ? Ce que décrit  à travers un trait d'une grande précision et d'une grande sobriété.  très caractéristiques des premières oeuvres du peintre.

Rappel biographique : Bernard Buffet est un peintre français expressionniste, qui a peint aussi bien des personnages que des figures, animaux, nus, paysages, intérieurs, natures mortes, fleurs. Aquarelliste, c'est également un peintre de décors de théâtre et un illustrateur. Il remporte le concours d’entrée de l'École nationale supérieure des beaux-arts en décembre 1943 à quinze ans, passant deux ans dans l'atelier du peintre Eugène Narbonne où il est déjà considéré comme très doué. Il s'y lie notamment d'amitié avec les peintres Maurice Boitel et Louis Vuillermoz.
En 1947, il expose L'Homme accoudé au Salon des indépendants et en décembre a lieu sa première exposition particulière présentée par Pierre Descargues, à la Librairie des impressions d'art. On y reconnait déjà un graphisme très caractéristique qui sera tout au long de sa vie, la marque du peintre. L'État, par l'intermédiaire de Raymond Cogniat, lui fait son premier achat pour le Musée national d'art moderne de Paris avec la peinture Nature morte au poulet. En 1955, il obtient la première place au référendum organisé par la revue Connaissance des arts désignant les dix meilleurs peintres de l'après-guerre. Il peint les maquettes des décors et des costumes pour La Chambre argument de Georges Simenon qui devient son ami. Élu à l’Académie des beaux-arts au fauteuil de Paul Jouve, Bernard Buffet est alors le plus jeune académicien jamais élu sous la coupole.
En 1978, à la demande de l’administration des postes, Bernard Buffet réalise une maquette pour un timbre de trois francs L’Institut et le Pont des arts. À cette occasion le musée postal à Paris présente une exposition rétrospective de ses œuvres. Dans les années 1970-80, Bernard Buffet est un artiste au sommet de sa gloire que les critiques n'épargnent pas, comme tout artiste qui connait un grand succès de son vivant. Ils lui reprochent principalement le " statisme " de sa touche dans laquelle ils décèlent peu d'évolutions au cours des années, le traitant volontiers de " peintre académique ".
Au début des années 1980 son œuvre immense, est plus appréciée à l'étranger qu'en France, et principalement en Extrême Orient, aux Etats-Unis, en Amérique du sud et au surtout Japon où elle connait un succès considérable et où un musée est spécifiquement construit pour lui à Surugadaira, ce qui, à cette époque, est inédit pour un peintre vivant.
En 1986, sa femme et modèle favori, Annabel, publie D’amour et d’eau fraîche ; la même année sortent les deux premiers volumes de la monographie de Yann Le Pichon, Bernard Buffet, couvrant la période 1947-1982, qui obtiennent immédiatement le Prix Élie Faure.
Bernard Buffet, diminué par la maladie de Parkinson, se suicide par asphyxie, le 4 octobre 1999, dans son atelier du Domaine de la Baume près de Tourtour (Var), étouffé dans un sac en plastique noir sur la surface duquel son nom était dessiné avec sa calligraphie si caractéristique ; dernière mise en scène un rien macabre d'un très grand artiste du 20e siècle, qui toute sa vie avait adoré mettre en scène sa propre existence. En novembre 2007, paraît le troisième et dernier volume de la monographie de Yann Le Pichon, couvrant la période de 1982 à 1999.
En 2016- 2017, le MAM (Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris), rend hommage au peintre à travers une exposition où sont présentées toutes les acquisitions du musée faites dans les années 47- 55 et quelques chef d'œuvres prêtées par le Musée Bernard Buffet de Surugadaira (Japon).

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lundi 7 février 2022

Wayne Thiebaud (1920-2021) - Hat and Lipstick

Wayne Thiebaud (1920-2021), Hat and Lipstick, Collection Privée


Wayne Thiebaud (1920-2021)
Hat and Lipstick
Collection Privée

Que voit- on ? Une  nature morte très ensoleillée  qui présente un chapeau de paille, un tube de rouge à lèvre, un pinceau à lèvres et une boite de  papier photos Kodak comme on les faisait dans les années 1960.

Rappel biographique : Le peintre américain d'origine Wayne Thiebaud, dont une célèbre toile avait été publiée au début de ce blog en 2014, est un artiste discret, de plus en plus considéré comme un des artistes majeurs du 20e et 21e siècle aux Etats-Unis.
Le travail de Wayne Thiebaud se caractérise par des peintures d'objets alimentaires de grande consommation, comme des pâtisseries, vues dans des cafétérias. Les experts se sont souvent demandés en examinant l'œuvre de Thiebaud s'il n'avait pas passé beaucoup de temps dans l'industrie agro-alimentaire pour se familiariser avec son sujet ? Et en effet c'est exactement ce qu'il a fait en ayant comme premier emploi un job de serveur à Long Beach, dans le café « Mile High and Red Hot » (Glace et hot-dog). Cet intérêt pour les objets du quotidien, confondus ensuite avec ceux de la culture de masse, associa son nom au mouvement du Pop-Art. Cependant, une fois réduit le tapage médiatique autour du pape du pop art (Andy Warhol), on remarqua - non sans stupeur - que les œuvres de Wayne Thiebaud, effectuées dans les années 50 et 60 étaient légèrement antérieures à celles des autres artistes de cette tendance... de là à lui attribuer une influence définitive comme précurseur de ce mouvement, il n'y avait qu'un pas qui, aujourd'hui, est franchi avec justesse.
Outre les pâtisseries, Wayne Thiebaud a également peint des paysages, des rues, ainsi que des personnages populaires, comme Mickey. Certaines de ses toiles récentes, comme Sunset street (1985) ou Flatland river (1997) sont remarquables pour le traité hyper réaliste, et se rapproche du travail d'un Edward Hopper, qui était tout aussi fasciné par ces scènes du quotidien américain.
Dans sa peinture, Wayne Thiebaud se concentre sur la banalité de façon à suggère l'ironie et la distance vis-à-vis de son sujet.
Wayne Thiebaud se considère comme un peintre, mais paradoxalement pas comme un artiste. C'est un lecteur vorace, qui a l'habitude de lire de la poésie, celle de son poète préféré William Carlos Williams par exemple, à ses élèves.
En septembre 2010, alors qu'il fêtait son 90e anniversaire, Wayne Thiebaud réalisa un dessin pour le 12e anniversaire de Google qui l'afficha sur sa page d'accueil. Le dessin était exécuté dans le style bien reconnaissable de Wayne Thiebaud, et montrait un gâteau sur lequel est écrit Google et où le "l" était remplacé par une bougie. Il est décédé à l'âge de 101 ans, en décembre 2021

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samedi 5 février 2022

Luis Egidio Melendez (1716-1780) - Bodegón con peras y uvas

Luis Egidio Melendez (1716-1780) Bodegón con peras y uvas Huile sur toile, 41 x36 cm 1771 Museu Nacional d'Art de Catalunya

Luis Egidio Melendez (1716-1780)
Bodegón con peras y uvas
Huile sur toile, 41 x36 cm 1771
Museu Nacional d'Art de Catalunya 

Que voit on ? Un des chefs d'œuvres de ce maître insurpassable de la nature morte que Melendez. On note ic le contraste  saisissant entre la couleur du raisin volontairment plus noir que rouge et  la pâleur de ces poires accidentées, victimes à la fois du bec des oiseaux et de l'ouvrage du temps.  Une splendeur 

 
Rappel biographique : Le peintre espagnol d'origine napolitaine, Luis Egidio Melendez a fait carrière presque exclusivement à Madrid. Contemporain de Goya, il est considéré aujourd'hui comme l’un des meilleurs peintres de natures mortes du 18e siècle, réputation qu'il n'avait pas de son vivant qu'il a passé dans une misère noire. C'est son père, Francisco Meléndez et Louis Michel van Loo (dont il est l'assistant de 1742 à 1748) qui assurent sa formation de peintre.
Le futur Charles IV d'Espagne lui commanda une grande série de natures mortes (dont celle ci-dessus) dont une partie importante est aujourd'hui conservée au musée du Prado à Madrid.
Ses toiles peintes dans de petits formats (jamais plus de 50 cm) dans la grande tradition de l'austérité espagnole, n'en foisonnent pas moins d'une minutie des détails. toujours peints avec une absolue perfection. La composition simple et le contraste clair-obscur, s’inscrivent dans la tradition des natures mortes baroques de Zurbaran et de Cotan. Comme eux, Meléndez étudia les effets de lumière, la texture et la couleur des fruits et des légumes, ainsi que celles des récipients en céramique, verre et cuivre ou pailles. À la différence des maîtres du 17e siècle, il présente le sujet plus près du spectateur, en légère plongée. Ce sont des objets disposés sur une table, ce qui donne à ses formes une certaine monumentalité. Le genre permet au spectateur d’étudier l’objet par lui-même. Les fonds sont neutres, et c'est un puissant éclairage qui mettent valeur les contours de l’objet. C’est ainsi qu’il représente le duvet des fruits, les transparences des peaux des raisins, les intérieurs brillants des pastèques et quelquefois les accidents présents à la surface des fruits (comme ici avec les figues vertes).
Chaque toile de Meléndez est minutieusement composée et fait l'objet d'un mise en scène précise afin de créer le plus grand réalisme possible. Les « grands thèmes » n’intéressèrent jamais Meléndez qui portent surtout son attention sur les choses de la vie quotidienne, sur l’observation et l’étude de la nature. Il fut souvent comparé à Chardin, jusqu'à être même parfois surnommé le « Chardin Espagnol » ce qui est assez stupide eut égard au caractère unique de son style et à tout ce qui différencie ces deux grands peintres.

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jeudi 3 février 2022

Raoul Hynckes (1893-1973) - Chaînes


Raoul Hynckes (1893-1973) Chaines Huile sur toile, 1934, Museum Boymans Van Beuningen, Rotterdam,




Raoul Hynckes (1893-1973)
Chaines
Huile sur toile, 1934,
Museum Boymans Van Beuningen, Rotterdam,

Que voit on ? Sans doute l'un des antures mortes les plus percutante de Hynckes, qui montre sur la crête d'un mur un récipient dans lequel sont contenus trois crânes. Le style très hypperéaliste avant la lettre  se situe pourtant dans le droit de l'Ecole  surréaliste blege avec des points de similitudes evidents avec l'oeuvre de René Magritte  et même Salvador Dali ( qui n'a pourtant rien de belge!)

Rappel biographique : Après ses études en Belgique de 1907 à 1912, à l'Académie des beaux-arts de Bruxelles et à celle de Malines, Raoul Hynckes se fixe en 1914 aux Pays-Bas. Jusqu'en 1924, il reste impressionniste, puis de 1924 à 1933, ses natures mortes le montrent influencé par le cubisme et, plus particulièrement, l'œuvre de Juan Gris (Nature morte aux verres, 1929, Amsterdam, Stedelijk Museum).
À partir de 1933, il va devenir l'un des principaux représentants, avec Carel Willink et Pyke Koch, du réalisme magique néerlandais, et va privilégier le genre de la nature morte à laquelle se trouve toujours associée une tête de mort. Ses compositions, exécutées avec un rendu scrupuleux, sont marquées à la fois par l'influence de la peinture métaphysique et la représentation du thème traditionnel de la vanité. Son art culmine avec le tableau Chaînes (ci-dessus), et Ex Est (Nature morte à la tête de mort, 1940, Amsterdam, Stedelijk Museum), qui représente dans une trappe d'égout une tête de mort au milieu de détritus : cette composition exprime bien à la fois sa vision tragique du monde et la déchéance de l'humanité.
Raoul Hynckes est représenté dans de nombreux musées néerlandais.

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mardi 1 février 2022

Marie Egner (1840-1950) - Herbstblumenstrauß

Marie Egner (1840-1950) Herbstblumenstrauß Aquarell auf Papier


 
Marie Egner (1840-1950)
Herbstblumenstrauß
Aquarell auf Papier
Private collection

Que voit on ? Un bouquet de fleurs des champs, d'herbes de la prairie et de feuillages d'automme dans un beau vase octogonale d'inspiration orientale. Beaucoup de mouvement et de fraicheur dans cette remarquable aquarelle. 

Rappel biographique : L'artiste peintre autrichienne Marie Egner est considérée comme un des figures les plus importantes de la scène impressionniste autrichienne du début du 20 e siècle avec Olga Wisinger-Florian, Broncia Koller et Tina Blau.
Marie Egner a d'abord étudié le dessin à Graz avec Hermann von Königsbrunn, puis à Düsseldorf ,avec Carl Jungheim avant de se rendre à Vienne en 1882 . De 1900 à 1909, elle est membre du groupe d'artistes Acht Künstlerinnen à Vienne,. Elle dut abandonner sa propre école de peinture pour femmes en 1910 pour des raisons de santé. Après la Première Guerre mondiale, elle appartenait à l' Association des artistes plasticiens autrichiens (VBKÖ), À partir de 1930, elle perd la vue et se retire de la vie publique.

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samedi 29 janvier 2022

Maximilian Pfeiler (1656-1746) - Nature morte au Pastèques, Grenades, Figues et Raisins


Maximilian Pfeiler (1656-1746)  -  Nature morte au Pastèques, Grenades, Figues et Raisins   Palais Fesch, Ajaccio


Maximilian Pfeiler (1656-1746)
Nature morte au Pastèques, Grenades, Figues et Raisins
Palais Fesch, Ajaccio

Que voit-on ?  Exactement ce que décrit le titre à quoi servi avec un raffinement  absolu : raisins présentés dans un linge bordé de dentelles délicates, pastèque découpée "à la tranche" avec un couteau-pelle à manche d'ivoire et non brisée à la main comme cela se pratiquait au XVIIIe siècle...  le tout dans un paysage de montagnes dans le lointain. 

Rappel biographique : Par une curieuse ironie de l'histoire, la biographie de Maximilien Pfeiler, peintre allemand de l'abondance et du faste est très peu documentée ! En 1683 on trouve une première trace de lui comme membre de la Guilde des Peintres à Prague. Puis on le retrouve à Rome où il est actif de 1694 à 1721 uniquement. On sait cependant que tout ce que la Ville éternelle comptait de gens importants lui passa commandes de somptueuses compositions florales ou de natures mortes très extravagantes dont il était un spécialiste reconnu. On sait aussi qu'il fut l'élève de Christian Berentz par lequel il fut très influencé et qu'il collabora avec Francesco Trevisani et Michele Rocca. Bien que la postérité l'ait oublié, sa notoriété de son vivant devait être immense puisque l'on retrouvait ses compositions chez les amateurs d'art les plus éclairés de son temps, comme dans la collection du cardinal Fesch par exemple.


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jeudi 27 janvier 2022

Maria Blanchard (1881-1932) - Nature morte Cubiste

Maria Blanchard (1881-1932) Nature morte Cubiste Collection privée

 

Maria Blanchard (1881-1932)
Nature morte Cubiste
Collection privée

Que voit on ?  Une composition résolument cubiste et qui s'affiche comme telle, comme une sorte de manifeste avec des codes graphiques que l'on retrouve chez tous les grands maîtres du genre et notamment chez Braque, Picasso ou Juan Gris.  On identifie ici une bouteille, un verre à pied, un manche de casserole ou de poële, les deux gordrons d'une verre égaré... 

Rappel biographique : La peintre espagnole María Gutierrez Cueto y Blanchard, plus connue sous le nom de Maria Blanchard, est handicapée dès sa naissance par une très lourde difformité physique, provoquée par une chute de sa mère enceinte. C'est un handicap dont elle souffrira jusqu'à sa mort.  En 1902 avec l'aide de sa famille, elle s'installe à Madrid pou suivre des études de peinture avec notamment Emilio Sala Francés (1850-1910), Fernando Alvarez de Sotomayor (1875-1960) et Manuel Benedito Vives (1875-1963). Après la mort de son père en 1904, sa mère et ses quatre frères la rejoignent à Madrid. En 1909, María Blanchard obtient une bourse pour poursuivre sa formation à Paris. Elle travaille alors auprès du peintre espagnol Hermen Anglada-Camarasa (1871-1959) et de Kees van Dongen. Rentrée à Madrid en 1913, elle partage un moment un atelier avec Diego Rivera, et fait en 1914 la connaissance de Jacques Lipchitz.
Professeur de dessin durant quelques mois à Salamanque, elle peint en 1916 ses premières compositions cubistes et décide cette même année de s'installer définitivement à Paris où elle se fait remarquer par la façon originale dont elle développe l’esthétique cubiste. Maria Blanchard donne en effet à la figure humaine une place inhabituelle dans le cubisme classique.  C'est alors qu'elle se lie d'un profonde amitié avec Juan Gris et André Lhote, faisant un moment partie des peintres soutenus par Léonce Rosenberg dans sa galerie L'Effort Moderne.  À partir de 1920, María Blanchard délaisse le cubisme revient à la figuration.  Avec le décès en 1925 du mécène belge Frank Flaush qui lui assure un contrat et  le décès en 1926 de Juan Gris, Maria Blanchard traverse de longues périodes de problèmes économiques, aggravés par la charge de sa sœur et de ses enfants.
En 1927, elle s'engage dans une crise mystique qui lui fait songer à entrer dans un couvent mais elle en est dissuadée par son confesseur.
Surtout intéressée par la représentation de la figure humaine, elle a cependant peint plusieurs natures mortes, souvent très proches de celles de Juan Gris dans leur composition mais radicalement opposées du point de vue de la palette de couleurs. Son oeuvre est aujourd'hui comme une des plus importantes de la première moitié du 20e siècle et elle est présente dans les collections des plus grands musées d'art moderne de la planète.

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mardi 25 janvier 2022

Pablo Picasso (1881-1973) - Pots et fruits



Pablo Picasso (1881-1973) Pots et fruits, 1908-1909 Huile sur toile, Barnes Foundation Philadelphia


Pablo Picasso (1881-1973)
Pots et fruits, 1908-1909
Huile sur toile,
Barnes Foundation Philadelphia

 
Que voit on ?  Exactement ce que décrit le titre  dans un style qui montre très clairement l'influence africaine et notamment celle de l'art congolais,  sous laquelle Picasso se trouve à cette période de son oeuvre.

Rappel biographique
: le peintre espagnol Pablo Ruiz Picasso a commencé à peindre très tôt, au tournant du19e et du 20e siècle et n'a jamais cessé sa production, évaluée aujourd'hui a quelques 50.000 œuvres. Utilisant tous les supports pour son travail, il est considéré comme le fondateur du cubisme avec Georges Braque auquel son nom est lié surtout dans le domaine des natures mortes. Il est considéré comme l'un des plus importants artistes du 20e siècle tant par ses apports techniques et formels que par ses prises de positions politiques et que par l'immensité de sa production tous genres confondus.
A partir des années 1920 ses natures mortes seront très proches, sur la même ligne de conception " cubiste analytique " que celles de George Braque, dont il devient un temps l'intime avant de s'en séparer définitivement. Il y eut une connivence d'inspiration très rare entre ces deux peintres pendant une certaine période de leur vie et en particulier dans le domaine particulier du traitement de la nature morte.
Picasso peint beaucoup d'autres natures mortes après la Seconde guerre mondiale et hors de la période cubiste, mais ce n'est pas un genre qui tient une place aussi essentielle dans son œuvre que dans l'œuvre de Georges Braque.

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dimanche 23 janvier 2022

Nicolas de Staël (1914-1955) - Bol Gris

 

 

Nicolas de Staël (1914-1955) Bol Gris, 1954 Huile sur toile, Collection privée.


Nicolas de Staël (1914-1955)
Bol Gris, 1954
Huile sur toile, Collection privée.

Que voit on ? Exactement ce que décrit le titre, bien que ke bol soit plus blanc que gris. La palette est résolument monochrome et la touche hésitante entre abstraction et figuration. Un très belle œuvre   de Nicolas  de Staël, minimaliste avant la lettre. 

Rappel biographique : Le peintre français d'origine russe Nicolas de Staël, né baron Nicolaï Vladimirovitch Staël von Holstein, est issu d'une branche cadette de la famille de Staël-Holstein. Plus d'un demi siècle après sa mort, il reste l'un des peintres les plus marquants du 20e siècle posant un problème aux historiens de l'art qui ne savent pas dans quelle catégorie le classer, ce qui doit le réjouir post mortem, lui qui détestait les catégories et les courants.
La réinvention de la figuration opérée par Staël a été mal comprise alors qu'elle anticipait d'une vingtaine d'année l'évolution générale de l'art. Il a « retrouvé le visible sans renoncer aux possibilités expressives et à la liberté d'action qui définissent la peinture contemporaine » alors que Paris perd sa place de capitale des arts, dès les années 1960, sous l'effet du marché de l'art et de la surenchère :
" On y est devenu incapable de discerner le pastiche de l'original " selon Umberto Eco.
Selon Marcelin Pleynet et Michel Seuphor : « ...il faut tenir compte de Nicolas de Staël, vu et revu souvent avec et travers l'avant-garde américaine de années cinquante. Ces nouveaux mouvements d'abstraction suivent le cheminement de Staël, délaissant la peinture gestuelle pour une peinture brossée, voir maçonnée ». Peu exposé de son vivant, son œuvre a donné lieu à de nombreuses manifestations posthumes qui ont confirmé sa stature sur le plan international. " Staël fut le plus puissant créateur de sa génération dans l'École de Paris de l'après-guerre, sur laquelle il a exercé une forte influence Il a été le premier à dépasser l'antinomie abstraction-figuration ".
Nicolas de Staël meurt à 41 ans en se jetant de la terrasse de l'immeuble où il avait son logement et un de ses ateliers à Antibes. L'ensemble de son œuvre s'étend sur 15 années. Il a peint, à partir de 1952, plusieurs natures mortes dont quelques unes sont aujourd'hui conservées et exposées au Musée Picasso d'Antibes à quelques pas de son ancien atelier. Plusieurs sont présentées sur ce blog.

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vendredi 21 janvier 2022

Pierre Bonnard (1867-1947) - Nature morte aux fruits et café

 

Pierre Bonnard (1888-1890), Nature morte aux fruits et café, Huile sur toile, Collection privée.


Pierre Bonnard (1888-1890)
Nature morte aux fruits et café
Huile sur toile
Collection privée. 
 
 Que voit on ? Une des plus délicieuses ses nature morte de Bonnard qui soit - et pourtant il en a peint beaucoup de merveilleuses !  Doit on la commenter ou la regarder suffit?

Rappel biographique : le peintre français Pierre Bonnard est connu pour ses peintures de personnages, ses nus, ses portraits, ses paysages animés, ses intérieurs et ses natures mortes de fleurs et fruits. Bonnard est un artiste post-impressionniste, membre du groupe des Nabis qui regroupait autour de Paul Serusier, Paul René Piot, Henri-Gabriel Ibels, Maurice Denis, Édouard Vuillard, Ker-Xavier Roussel, Paul Ranson, Jan Verkade, Félix Vallotton, Georges Lacombe, Mogens Ballin, József Rippl-Rónai, Charles Filiger, Adolf Robbi, ainsi que Georges Joseph Rasetti et le sculpteur Aristide Maillol. En réaction à l'impressionnisme, les Nabis veulent libérer leur peinture des exigences du réalisme : « Ensemble, nous avons méprisé l'école et les écoles, les rapins, leurs traditions, leurs farces et leurs bals inutilement nudistes. Ensemble nous nous sommes sérieusement amusés ». Les artistes nabis cherchent des voies plus spirituelles au contact de philosophies et de doctrines nouvelles teintées d'Orient, d'orphisme, d'ésotérisme, et de théosophie. Ils s'appliquent à retrouver le caractère « sacré » de la peinture et à provoquer un nouvel élan spirituel par le seul moyen de l'art.
Une fois devenu célèbre, Pierre Bonnard fut connu pour ne pouvoir s’empêcher de retoucher ses toiles une fois celles-ci achetées et exposées dans un musée. Ses amis appelaient ça « bonnarder » ou « bonnardiser ». Un journaliste relate cette attitude devenue visiblement coutumière. « Au musée de Grenoble et au Musée du Luxembourg, il arriva à Bonnard de guetter le passage d'un gardien d'une salle à l'autre, de sortir d'une poche une minuscule boîte garnie de deux ou trois tubes et, d'un bout de pinceau, d'améliorer furtivement de quelques touches un détail qui le préoccupait. Et, son coup fait, de disparaître, radieux, comme un collégien après une inscription vengeresse au tableau noir. »

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mercredi 19 janvier 2022

Raimonds Staprans (b.1926) - Still Life With Bottles


Raimonds Staprans (b.1926) Still Life With Bottles, 1965 Huile sur toile  56.8 x 63.2 cm Collection privée (Christie's)


Raimonds Staprans (b.1926)
Still Life With Bottles, 1965
Huile sur toile  56.8 x 63.2 cm
Collection privée (Christie's) 

Que voit-on ? Quatre bouteilles impeccablement alignées,  de formes et de couleurs différentes dont il émane une force singulière.

Rappel biographique  : Raimonds Staprans est un artiste et dramaturge bien connu aux États-Unis et dans sa Lettonie natale.  Après avoir vécu en Lettonie occupée et dans un camp de personnes déplacées pendant la Seconde Guerre mondiale, Staprans a immigré aux États-Unis avec sa famille en 1947. Il  étudie l'art à l' Université de Washington sous Alexander Archipenko et Mark Tobey. Puis il déménage dans la baie de San Francisco. où il  commencer des études supérieures à l' Université de Californie, Berkeley  Il  y  étudie avec Hans Hofmann et Karl Kasten, entre autres, et obtient une maîtrise en beaux-arts en 1954. Staprans commence alors à exposer à San Francisco. Il expose actuellement au Hackett Galerie du moulin à San Francisco et à la Peter Mendenhall Gallery à Los Angeles.
Les oeuvres de Staprans sont conservées dans les collections permanentes des Beaux-Arts Museums de San Francisco  du Los Angeles County Museum of Art, du  San Jose Museum of Art et du Portland Art Museum  entre autres. Une rétrospective a eut lieu  au  Pasadena Museum of California Art en mars 2006.
Les natures mortes et les peintures de paysages de Staprans sont remarquables par leur rapport  sensible à la lumière et à la couleur. qui rappelle la manière de Cézanne.  ON n'a pas hesité non plus a comprarer certaines de ces compositions a celles de Nicoals de Stael. Staprans décortique  "l'architecture" des objets quotidiens en utilisant des couleurs explosives et des compositions aplaties, créant une "tension entre la représentation et l'abstraction qui joue avec les attentes des spectateurs."
En 2003, Staprans a reçu la plus haute distinction civile de Lettonie, l' Ordre des trois étoiles  l'équivalent letton de la Médaille présidentielle de la liberté des États-Unis .
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lundi 17 janvier 2022

Tamara de Lempicka (1898-1980) - Le moulin a café


Tamara de Lempicka (1898-1980) Le moulin à café Huile sur toile, 1941 Musée des beaux Arts de Nantes


Tamara de Lempicka (1898-1980)
Le moulin à café
Huile sur toile, 1941
Musée des beaux Arts de Nantes

Que voit on ? Posé sur un coin de table, un moulin à café mécanique en bois comme il en existait dans la première moitié du 20eme siècle avant que les moulins électriques ne les supplantent ; un broc à eau en métal aux reflets cuivrés, une serviette blanche qui tranche avec la tonalité sombre de l'ensemble. Au mur : un autre serviette ou plutoô un torchon et un petit mot épinglé sur la boiserie du mur, sur lequel figure, en réalité, la signature de l'artiste.

Rappel biographique : Tamara de Lempicka est une peintre polonaise représentative du mouvement Art déco. Fille de Boris Gorski, juif russe, et d'une mère polonaise, son enfance se passe dans un milieu aisé et cultivé entre Saint-Pétersbourg, Varsovie, Lausanne et Paris. En 1920, à l'Académie Ranson à Paris, elle reçoit l'enseignement de Maurice Denis et à l'Académie de la Grande Chaumière celui d'André Lhote. C'est là qu'elle forge petit à petit son style qui, dans une synthèse de l'art maniériste de la Renaissance et du néo-cubisme, va correspondre parfaitement à la mode de son temps. L'envol de sa carrière coïncide avec sa première exposition personnelle à Milan en 1925. En France, elle participe pleinement à la vie artistique et mondaine parisienne où elle rencontre André Gide, Suzy Solidor, de riches industriels, des princes russes émigrés, etc. En 1928, elle installe sa maison-atelier au no 7 de la rue Méchain, dans le 14e arrondissement, conçue par Robert Mallet-Stevens. A partir de 1929, elle expose simultanément en Pologne (médaille de bronze à l'exposition internationale de Poznan), à Paris (dans quatre salons et à la galerie Colette Weil) et aux États-Unis (Carnegie Institute de Pittsburgh).
Tamara de Lempicka occupe une place à part dans l'art du 20e siècle : malgré une production modeste (à peine 150 tableaux dans sa meilleure période, qu'on situe entre 1925 et 1935), ses œuvres évoquent et reflètent le style et la mode des années folles de l'entre-deux-guerres. Avec une stylisation néo-cubiste, ses œuvres, principalement des portraits, se caractérisent par un modelé accentué, des couleurs vives mais dans une gamme restreinte, mises en valeur par des fonds gris ou noirs. La composition très resserrée s'inspire du cadrage cinématographique. Bien que la nature morte ne soit pas sa spécialité, elle en a peint une vingtaine.

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samedi 15 janvier 2022

Théodore-Charles-Ange-Coquelin (actif de 1885 à 1901) - Nature morte avec prunes

Theodore-Charles-Ange Coquelin (1800-1900), Nature morte avec prunes Huile sur toile, 15,7 x 26,8 cm Collection privée


Théodore-Charles-Ange-Coquelin (actif de 1885 à 1901),
Nature morte avec prunes
Huile sur toile, 15,7 x 26,8 cm
Collection privée

Que voit on ? A peine une douziane de prunes, magnifiquement peintes, dont l'une a été gâtée par le bec d'un oiseau.

Rappel biographique : Théodore Coquelin est un peintre français a peu près sans aucune notoriété dans son pays et dont le travail a été redécouvert lors de la mise en vente publique de certaines d'un lot de ses natures mortes en 2013 aux Etat-Unis puis en Europe. On ignore à peu près tout de sa vie si ce n'est qu'il vécut au 19 e siècle et franchit à peine le seuil du 20e, malgré un style qui rappelle  beaucoup celui de Courbet. Le prix record de cet artiste aux enchères est de 15 450 $ US pour Nature morte aux prunes, vendu à  Grisebach en 2017. Selon Benezit, Le Musée de Tourcoing (MUba)  conserverait une nature morte de Coquelin de même que le Musée Bonnat Helleu de Bayonne.

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jeudi 13 janvier 2022

Willy Boers (1905-1978) - Bloeiende cactus


Willy Boers (1905-1978) Bloeiende cactus, 1933 Cobra Museum, Amstelveen.


Willy Boers (1905-1978)
Bloeiende cactus, 1933
Cobra Museum, Amstelveen.

Willy Boers est un artiste hollandais. Il a suivi une formation de restaurateur mais est devenu un peintre, dessinateur et sculpteur autodidacte. Willy a également créé des portraits, des paysages, des paysages urbains, des natures mortes et de l'art abstrait. Il signait son travail du nom de  «WBoers». Il a été membre du Haagse Kunstkring jusqu'en 1940 et entre 1929 et 1941, il a rejoint la société d'art De Onafhankelijken. En 1946, il fonde, avec Ger Gerrits, le groupe Vrij Beelden qui comprend les artistes Willem van Hussem, Piet Ouborg et Jan Roëde.En 1950, il crée le groupe Creatie. Ses œuvres font partie des collections du Rijksmuseum d'Amsterdam et du Cobra Museum d'Amstelveen.

dimanche 9 janvier 2022

Vincent van Gogh (1853-1890) - Nature morte aux sabots

Vincent van Gogh (1853-1890), Nature morte aux sabots, Collection privée



Vincent van Gogh (1853-1890)
Nature morte aux sabots
Collection privée

Que voit on ? Toute sa courte vie durant, Vincent Van Gogh fut fasciné par le motif des chaussures, sabots et godillots qu'il peignit beaucoup et dans tous leurs  états... avec une nette préférence pour les états délabrés plutôt que pour le flambant neuf ! Ainsi dans le genre le plus bas de la hiérarchie picturale qu'étaient les natures mortes, Van Gogh choisit) à certains moments de sa vie de peindre (surtout autour de 1888) le sujet le moins noble qui soit et dans l'état le plus pitoyable que l'on puisse imaginer !   Une excellente indication de ce qui pouvait se passer à l'intérieur de sa personne à la fin de sa vie et de la perception du monde qu'il pouvait alors avoir. 


Rappel biographique : Au début du mois de mars 1886, Vincent rejoint son frère Theo à Montmartre, avec l'envie de s'informer sur les nouveautés de la peinture impressionniste. À l'époque, Theo est gérant de la galerie montmartroise Boussod, Valadon & Cie. Seule la connaissance du milieu artistique parisien peut véritablement permettre à Van Gogh de renouveler et d'enrichir sa vision. Cette année-là est celle de la dernière exposition impressionniste que Vincent découvre, et en 1887 doit avoir lieu la première rétrospective de l’œuvre de Millet. Paris se prépare alors à accueillir plusieurs expositions : en plus du Salon, où sont exposées les œuvres de Puvis de Chavannes, Van Gogh visite les salles de la cinquième exposition internationale à la galerie Georges Petit, qui présente des toiles d'Auguste Renoir et de Claude Monet. Ces derniers n'avaient pas souhaité participer à la huitième et dernière exposition des impressionnistes, qui offrait le spectacle d'un groupe déchiré, entre les défections et les nouvelles arrivées, et ouvrait ses portes à la nouveauté du moment, le néo-impressionnisme, avec la toile de Georges Pierre Seurat, Un dimanche après-midi à l'Île de la Grande Jatte. À Paris dans les années 1886-1887, Van Gogh fréquente un moment l’Académie du peintre Cormon, où il fait la connaissance de Henri de Toulouse-Lautrec, de Louis Anquetin, d’Émile Bernard ainsi que de John Peter Russell. Ce dernier réalise son portrait. Il rencontre également, par l’intermédiaire de son frère, presque tous les impressionnistes, en particulier Georges Seurat et Camille Pissarro, ainsi que Paul Gauguin. Dans la boutique du père Tanguy, il devient l'ami de Paul Signac. Sous l’influence des estampes japonaises, ses compositions acquièrent peu à peu davantage de liberté et d’aisance, tandis qu’il s’essaie à la technique de l’aplat coloré. Pissarro l’initie également aux théories nouvelles sur la lumière et au traitement divisionniste des tons. La palette de l'artiste s’enrichit alors de couleurs vives et sa touche s’anime et se fragmente, ceci grâce également à Signac avec qui il travaille en 1887. Exalté par la ferveur du climat artistique parisien, Van Gogh brûle les étapes de son renouvellement artistique grâce à la fréquentation des peintres les plus anticonformistes du moment : il s'essaye au néo-impressionnisme auprès de Signac et Pissarro, enquête sur les profondeurs psychologiques du portrait avec son ami Toulouse-Lautrec, est précocement informé de la synthèse du cloisonnisme par ses compagnons Louis Anquetin et Émile Bernard, et peut apprécier les toiles exotiques réalisées par Gauguin en Martinique. Régénéré par cette modernité, il est prêt à réaliser son rêve méditerranéen, à la recherche de la lumière aveuglante de la Provence, qui fait resplendir les couleurs pures de la nature, étudiées jusque-là dans sa collection d'estampes japonaises. C'est une période très fertile où son art s'oriente vers l'impressionnisme, mais l'absinthe et la fatigue aggravent son état mental. Le 19 février 1888, il quitte Paris....

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vendredi 7 janvier 2022

Nicolas-Henri Jeaurat de Bertry (1728–1796) - Buste de femme et panier d’osier rempli de feuilles de musique disposés près d’un bureau en marqueterie

Nicolas Henri Jeaurat de Bertry (1728-1796) Buste de femme et panier d’osier rempli de feuilles de musique disposés près d’un bureau en marqueterie, 1777 Collection particulière


Nicolas Henri Jeaurat de Bertry (1728-1796)
Buste de femme et panier d’osier rempli de feuilles de musique disposés près d’un bureau en marqueterie, 1777
Collection particulière


Que voit on ? Exactement ce que décrit le titre très précis donné par le peintre à cette  nature morte d'objets, dont  certains cependant échappent à sa description, comme ce cachet de cire sur un bureau surchargé de documents en tous genres qui vont du Dictionnaire de l'Industrie à une Oraison Funèbre ( si  l'on en juge par ce que l'on lire !).  Nous sommes visiblement dans le bureau de quelqu'un de très affairé et qui n'aime pas avoir froid, la présence d'une  pince à bûches à droite de la composition  attestant de la proximité de la cheminée, que l'on imagine ronronnante.... à moins que ce monsieur ne collectionne les papiers à brûler ! 

Rappel biographique : Fils d’Edme Jeaurat, graveur du Roy, Jeaurat de Bertry a étudié avec son oncle, le peintre Etienne Jeaurat. Il a établi sa réputation dans la nature morte, genre où il excellait, réussissant à saisir les objets de la vie quotidienne avec un détail et une vitalité rappelant le maitre du genre, Chardin, mais pour un critique comme Théodore Lejeune : « Autant Chardin excelle dans le clair-obscur, autant Jeaurat est cru et sec. » Fait remarquable et rare, il a été à la fois nommé et reçu, par accord verbal de l’assemblée, académicien et professeur à l’Académie royale de peinture et de sculpture, le même jour, le 31 janvier 1756, avec deux natures mortes comme morceaux de réception : l’un, Ustensiles de cuisine près d’un petit fourneau en terre allumé qui rappelle l’esprit de Chardin et l’autre ses trophées militaires.
L’année suivante, il a prйsentй au Salon de 1757 trois natures mortes représentant des instruments de musique, une allégorie de la guerre, une de la science, qui ont attiré une critique favorable du Mercure d’octobre : « On a vu avec plaisir trois tableaux de M. Jeaurat de Bertry : ils sont d’une belle imitation et bien grouppés. »
On ignore où se trouvent ses dernières oeuvres, mais le tableau aux instruments de musique, signé et daté de 1756, actuellement dans les collections du musée Carnavalet, semble être le premier de ces trois tableaux au Salon. Quelques natures mortes de la Réunion des Musées Nationaux (dont celui de Cambrai) attribuées un temps par erreur à Chardin et à Henri- Horace Roland de La Porte, l’un contenant même son monogramme "JB", lui ont récemment été réattribués.
En 1761, il est nommé peintre et pensionnaire de Marie Leszczynska et signe ses lettres du titre de « peintre de la Reine ». Reconnu, il quitte Paris pour s’installer Versailles où il résidera jusqu’à la mort de la reine en juin 1768. Le 1er juillet de la même année, il reçoit une pension de 400 livres de gratification annuelle, « en considération des services qu’il a rendus а la feue Reine, pour l’amusement de cette princesse dans l’art de la peinture. » Il repart alors pour Paris d’où il ne sortira plus , exception faite d’un second séjour de quatre ans à la cour.
Pendant la Révolution, il se concentrera sur le portrait, certains de nature satirique voilée, ainsi que sur les constructions allégoriques comportant des portraits, le drapeau tricolore, les pyramides et l’oeil maçonnique. Au Salon de 1796, il expose le Portrait du Citoyen Gelé à l’instant où il reçoit le brevet d’imprimeur de la Gendarmerie nationale. Au même Salon, il expose encore une Vue de la collégiale et du pont de Corbeil, où il évoque sa propre disparition avec un coche descendant passant sous le porche de la collégiale.
Le fait qu'il fut comblé d'honneur par la reine, ne lui valut pas que des amis et l'on fut bien sévère avec ce peintre dont le talent mérite aujourd'hui largement d'être débarrassé des jalousies opportunistes de son époque.
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mercredi 5 janvier 2022

Rodolphe-Théophile Bosshard (1889-1960) - Nature morte aux citrons et raisins


Rodolphe-Théophile Bosshard (1889-1960) Nature morte aux citrons et raisins, 1954 Huile sur toile Collection particulière



Rodolphe-Théophile Bosshard (1889-1960)
Nature morte aux citrons et raisins, 1954
Huile sur toile
Collection particulière

Que voit on ? Sur un entablement blanc que (presque) rien ne différencie du fond blanc et dans une atmosphère résolument neigeuse, posées sur une nappe : quelques grappes de raisins motif préféré de ce peintre tout au loàng de ses natures mortes, une verre vide, transparent et cristallin  et des citrons.. seule touche de couleurs qui cette toile qui comme presque toutes autres peintes par Bosshard tendent  vers une évidente recherche de l'abstraction.

Rappel biographique : Rodolphe-Théophile Bosshard est un artiste-peintre suisse qui fut actif à Paris entre les deux guerres mondiales et se spécialisa plutôt dans les nus féminins. Considéré comme une figure majeure de la peinture suisse de la première moitié du 20e siècle, il s' installa à Montparnasse seulement pendant quatre petites années mais pendant lesquelles il attira l'attention des critiques par une peinture originale et novatrice. Il noua des amitiés avec Chagall, Zadkine, Derain ou Lurçat. Beaucoup de ses natures mortes ont des similitudes avec celles de Jean Fautrier qui est son exact contemporain. Après sa période parisienne où il vivait de façon très miséreuse, Bosshard retourne s'installer en Suisse où il mène une carrière prolifique etcouronnée de succès. En 1947, la Galerie Denise René, rue de la Boétie, ramène Bosshard à Paris avec une quarantaine d’huiles, gouaches et dessins. Son style s 'approche alors de l'abstraction. Puis sa passion des voyages et des paysages l’entraîne à Ravenne, à Florence (où il expose en 1953), à Camogli sur la côte Ligure, à Gordes et enfin à Majorque.

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Un blog de Francis Rousseau

 

lundi 3 janvier 2022

René Magritte (1898 - 1967) - Variante de la Tristesse

René Magritte (1898 - 1967) Variante de la Tristesse, Huile sur toile Perth Fine Art Museum



René Magritte (1898 - 1967)
Variante de la Tristesse,
Huile sur toile
Perth Fine Art Museum 

 Que voit on ?  Une composition  qui représente une poule regardant un œuf dans un coquetier rose sur fond de paysage de montagne à l'aurore !  Son œuf ? Sans doute ! sinon pourquoi serait elle triste ?


Rappel Biographique : René-François-Ghislain Magritte, est un peintre surréaliste belge. La peinture de Magritte s’interroge sur sa propre nature, et sur l’action du peintre sur l’image. La peinture n’est jamais une représentation d’un objet réel, mais l’action de la pensée du peintre sur cet objet. Magritte réduisait la réalité à une pensée abstraite rendue en des formules que lui dictait son penchant pour le mystère : « Je veille, dans la mesure du possible, à ne faire que des peintures qui suscitent le mystère avec la précision et l’enchantement nécessaire à la vie des idées », déclara-t-il. Son mode de représentation, qui apparaît volontairement neutre, académique, voire scolaire, met en évidence un puissant travail de déconstruction des rapports que les choses entretiennent dans la réalité. Magritte excelle dans la représentation des images mentales. L’élément essentiel chez Magritte, c’est son dégoût inné de la peinture plastique, lyrique, picturale. Magritte souhaitait liquider tout ce qui était conventionnel. « L’art de la peinture ne peut vraiment se borner qu’à décrire une idée qui montre une certaine ressemblance avec le visible que nous offre le monde » déclara-t-il. La réalité ne doit certainement pas être approchée sous l’angle du symbole.

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samedi 1 janvier 2022

Richard Diebenkorn (1922 - 1993) - The Table

Richard Diebenkorn (1922 - 1993) The Table, 1957 Private collection


Richard Diebenkorn (1922 - 1993)
The Table, 1957
Private collection

Que voit on ? Une table nue  recouverte d'une nappe blanche... pour  commencer une onzième année  de natures mortes dans ce blog, en compagnie des plus grands peintres de l'histoire de ce genre  ! 

Rappel biographique : Richard Diebenkorn est un peintre américain du 20e siècle dont le style oscille entre l’abstrait et le figuratif en fonction des périodes qu’il a traversées. Après une première exposition au California Palace of the Legion of Honor à San Francisco en 1948, ses débuts sont associés à l'expressionnisme abstrait et à l'Ecole de San Francisco, mouvement figuratif des années 1950-1960. De 1955 à 1966, il vit à Berkeley (Californie), change de style et devient un peintre figuratif important, dans un genre qui réunit à la fois la manière de Henri Matisse qu’il admire et l'expressionnisme abstrait. Diebenkorn, Elmer Bischoff, Henry Villierme, David Park, James Weeks participent ensemble à une renaissance de la peinture figurative, qu'on appelle l'École de San Francisco (Bay Area Figurative Movement). En 1967, Diebenkorn s'installe à Santa Monica et devient professeur à UCLA. Il installe son atelier dans le même immeuble que son vieil ami Sam Francis. Pendant l'hiver 1966-1967, il revient une nouvelle fois à l'abstraction, cette fois avec une vision très personnelle, un style géométrique qui se démarque clairement de ses débuts de la période expressionniste abstraite. La série Ocean Park, qu’il commence en 1967 se poursuit pendant les dix-huit années suivantes. Elle est devenue la partie de son œuvre la plus célèbre aujourd’hui. Elle se compose d'environ 135 peintures. Basées sur le paysage vu depuis la fenêtre de son atelier, ses compositions abstraites à grande échelle sont nommées d'après une communauté de Santa Monica où il a eu un temps son atelier. A la même époque, il peint aussi ce qu’il appelle des found still life, c’est à dire des toiles d’après ce qu’il trouve sur sa table sans rien retoucher à l’arrangement qu’il voit.
La première rétrospective importante de son oeuvre a eu lieu à la Albright–Knox Art Gallery а Buffalo en 1976 et 1977. En 1989, John Elderfield, conservateur au MOMA (New York) organise une exposition d’oeuvres de Diebenkorn sur papier, qui constitue d’ailleurs la partie la plus prolifique de sa production.
En 2012, l'exposition Richard Diebenkorn : The Ocean Park Series, organisée par Sarah C. Bancroft, a lieu simultanément à la Corcoran Gallery of Art, à l'Orange County Museum of Art et au Forth Worth Museum of Modern Arts de Washington.

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vendredi 31 décembre 2021

Raoul Dufy (1877-1953) - Fleurs


Raoul Dufy (1877-1953) Fleurs Aquareelle sur papier, Collection privée (Christie's)


Raoul Dufy (1877-1953)
Fleurs
Aquarelle sur papier
Collection privée (Christie's)

Que voit on ?  Un nature florale de Dufy, qui n'en peignit pas énormément, préférant souvent ne pas isoler ce sujet mais le mêler comme partie de compositions où le paysage avait aussi la part belle.... 

Rappel biographique : le peintre français Raoul Dufy était aussi dessinateur, graveur, illustrateur de livres, créateur de tissus, céramiste, créateur de tapisseries et de mobilier, décorateur d'intérieur, décorateur d'espaces publics et décorateur de théâtre. Raoul Dufy a produit plus 3 000 toiles, 6 000 grandes aquarelles, 6 000 dessins et en a détruit presque autant. Ses natures mortes ne constituent pas l'essentiel de sa production très largement consacrée aux paysages, aux évènements de son temps, aux portraits de femme et surtout... à la musique et aux concerts qu'il est presque parvenu à faire entendre à travers ses toiles. Dessinateur hors pair - certains l'aurait même vu dessiner avec ses deux mains à la fois - c'était aussi un merveilleux coloriste, un coloriste du bonheur et de la magie, tant il est vrai que la joie de vivre et l'ode constante à la vie soutiennent chaque tableau, chaque gouache, chaque dessin. Dufy promène un regard émerveillé sur le monde et nous invite à une fête qui n’a rien de superficiel ou de mondain, comme on l'a dit un peu trop hâtivement. « Si je pouvais exprimer toute la joie qui est en moi ! » disait-il. Il y est largement parvenu, et peu d’œuvres sont une telle invitation à cheminer vers le bonheur... au point qu'elles pourraient presque nous faire croire qu'il existe ! 

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