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mercredi 27 juin 2018

Marie Laurencin (1883-1956) - Nature morte au livre, au citron et aux perles



Marie Laurencin (1883-1956)
Nature morte au livre, au citron et aux perles
Collection particulière

Que voit on ? Sur un fond traité en celadon et rose que Marie Laurencin a souvent utilisé pour mettre en scène le jaune des citron, un livre blanc occupe le centre de la composition alors qu'au fond un collier de perles déborde d'une coupe. La touche est rapide et sans beaucoup de nuances et pourtant il en émane une poésie rare.

Rappel biographique  :  Marie Laurencin est une peintre française étroitement associée à la naissance de l'art moderne. Portraitiste, illustratrice et graveuse, elle fut également une épistolière  et a composé des poèmes en vers libres, indissociables, dans le cours de son processus de création, de l'expression picturale des scènes fantasmatiques qu'elle représente.
Co-disciple de Braque, créature de Roché, muse d'Apollinaire, disciple de Matisse soutenue par Derain, amie de Picasso jusqu'à leur rupture et amante de Nicole Groult, Marie Laurencin a fait de son style un dépassement du fauvisme que du cubisme. Sa vie entière apparait comme une œuvre emblématique, tant du point de vue artistique que de la libération de la femme. Si sa gloire internationale de l'entre-deux-guerres a été ternie durant l'Occupation par ses mondanités déplacées et sa collaboration muette, sa vie comme sa peinture ont fasciné de nouveau, après une longue période de purgatoire. Très peu exposée en France, il faut attendre 2011 pour qu'une biographie explore sa part d'ombre et le printemps 2013 pour qu'une exposition parisienne la fasse redécouvrir au grand public. Antithèses des cauchemars de Goya, qui fut son seul idéal, ses aquarelles vives et glacis pastel répètent indéfiniment le mystère ambigu et hallucinant de « princesses » et de bêtes féeriques, de fleurs et d'adolescentes à la pâleur irréelle. En une réminiscence des fêtes galantes de Watteau, le trait fluide saisit l'instant extatique d'une pose dansante par leurs regards muets comme ceux d'un masque. Ses natures mortes, qui ne sont pas très nombreuses, sont toutes très fluides et pour certaines même presque diaphanes, entraînant les sujets qu’elle traite vers une abstraction douce assez étrange...

mardi 25 avril 2017

Marie Laurencin (1883-1956) - Nature morte au pot


Marie Laurencin (1883-1956)
Nature morte au pot
Collection privée

Que voit-on ?  Sur une table blanche posée contre un mur de même couleur, un pot en fer blanc de forme octogonale voisine avec un éventail déplié, une curieux fruit jaune coupé en deux. Le couteau, est à peine esquissé et son dessin se dissout à même l'entablement...

Rappel biographique : Marie Laurencin est une peintre française étroitement associée à la naissance de l'art moderne. Portraitiste, illustratrice et graveuse, elle fut également une épistolière  et a composé des poèmes en vers libres, indissociables, dans le cours de son processus de création, de l'expression picturale des scènes fantasmatiques qu'elle représente. Co-disciple de Braque, créature de Roché, muse d'Apollinaire, disciple de Matisse soutenue par Derain, amie de Picasso jusqu'à leur rupture et amante de Nicole Groult, Marie Laurencin a fait de son style un dépassement du fauvisme que du cubisme. Sa vie entière apparait comme une œuvre emblématique, tant du point de vue artistique que de la libération de la femme. Si sa gloire internationale de l'entre-deux-guerres a été ternie durant l'Occupation par ses mondanités déplacées et sa collaboration muette, sa vie comme sa peinture ont fasciné de nouveau, après une longue période de purgatoire. Très peu exposée en France, il faut attendre 2011 pour qu'une biographie explore sa part d'ombre et le printemps 2013 pour qu'une exposition parisienne la fasse redécouvrir au grand public. Antithèses des cauchemars de Goya, qui fut son seul idéal, ses aquarelles vives et glacis pastel répètent indéfiniment le mystère ambigu et hallucinant de « princesses » et de bêtes féeriques, de fleurs et d'adolescentes à la pâleur irréelle. En une réminiscence des fêtes galantes de Watteau, le trait fluide saisit l'instant extatique d'une pose dansante par leurs regards muets comme ceux d'un masque. Ses natures mortes, qui ne sont pas très nombreuses, sont toutes très fluides et pour certaines même presque diaphanes, entraînant les sujets qu’elle traite vers une abstraction douce assez étrange...

jeudi 9 février 2017

Marie Laurencin (1883-1956) - Nature morte au bouquet de table, coupe et petit autoportrait,


Marie Laurencin (1883-1956) 
Nature morte au bouquet de table, coupe et petit autoportrait, 1908
Collection privée 

Que voit-on ? Au premier plan, centré dans la composition : une coupe en céramique bleu et blanche à motif de spirale. A gauche de la coupe un vase jaune dans lequel s'épanouit une rose ou une pivoine dont un pétale est tombé derrière la coupe. Le fond rose est habillé par un petit autoportrait de la peintre.

Rappel biographique : Marie Laurencin est une peintre française étroitement associée à la naissance de l'art moderne. Portraitiste, illustratrice et graveuse, elle fut également une épistolière  et a composé des poèmes en vers libres, indissociables, dans le cours de son processus de création, de l'expression picturale des scènes fantasmatiques qu'elle représente.
Co-disciple de Braque, créature de Roché, muse d'Apollinaire, disciple de Matisse soutenue par Derain, amie de Picasso jusqu'à leur rupture et amante de Nicole Groult, Marie Laurencin a fait de son style un dépassement du fauvisme que du cubisme. Sa vie entière apparait comme une œuvre emblématique, tant du point de vue artistique que de la libération de la femme. Si sa gloire internationale de l'entre-deux-guerres a été ternie durant l'Occupation par ses mondanités déplacées et sa collaboration muette, sa vie comme sa peinture ont fasciné de nouveau, après une longue période de purgatoire. Très peu exposée en France, il faut attendre 2011 pour qu'une biographie explore sa part d'ombre et le printemps 2013 pour qu'une exposition parisienne la fasse redécouvrir au grand public. Antithèses des cauchemars de Goya, qui fut son seul idéal, ses aquarelles vives et glacis pastel répètent indéfiniment le mystère ambigu et hallucinant de « princesses » et de bêtes féeriques, de fleurs et d'adolescentes à la pâleur irréelle. En une réminiscence des fêtes galantes de Watteau, le trait fluide saisit l'instant extatique d'une pose dansante par leurs regards muets comme ceux d'un masque. Ses natures mortes, qui ne sont pas très nombreuses, sont toutes très fluides et pour certaines même presque diaphanes, entraînant les sujets qu’elle traite vers une abstraction douce assez étrange...

jeudi 27 octobre 2016

Marie Laurencin (1883-1956) - Nature morte au citron


Marie Laurencin (1883-1956)
Nature morte  au citron
Collection Privée

Que voit on ? Dans un bol en porcelaine blanche tapissé de feuilles de citronnier et d'oranger :   un citron, seule touche de couleur tranchante de la toile et une orange verte comme à peu près tout le reste de ce tableau. Une grande force expressive atteinte avec très peu de moyens.

Rappel biographique : Marie Laurencin est une peintre française étroitement associée à la naissance de l'art moderne. Portraitiste, illustratrice et graveuse, elle fut également une épistolière  et a composé des poèmes en vers libres, indissociables, dans le cours de son processus de création, de l'expression picturale des scènes fantasmatiques qu'elle représente.
Co-disciple de Braque, créature de Roché, muse d'Apollinaire, disciple de Matisse soutenue par Derain, amie de Picasso jusqu'à leur rupture et amante de Nicole Groult, Marie Laurencin a fait de son style un dépassement du fauvisme que du cubisme. Sa vie entière apparait comme une œuvre emblématique, tant du point de vue artistique que de la libération de la femme. Si sa gloire internationale de l'entre-deux-guerres a été ternie durant l'Occupation par ses mondanités déplacées et sa collaboration muette, sa vie comme sa peinture ont fasciné de nouveau, après une longue période de purgatoire. Très peu exposée en France, il faut attendre 2011 pour qu'une biographie explore sa part d'ombre et le printemps 2013 pour qu'une exposition parisienne la fasse redécouvrir au grand public. Antithèses des cauchemars de Goya, qui fut son seul idéal, ses aquarelles vives et glacis pastel répètent indéfiniment le mystère ambigu et hallucinant de « princesses » et de bêtes féeriques, de fleurs et d'adolescentes à la pâleur irréelle. En une réminiscence des fêtes galantes de Watteau, le trait fluide saisit l'instant extatique d'une pose dansante par leurs regards muets comme ceux d'un masque. Ses natures mortes, qui ne sont pas très nombreuses, sont toutes très fluides et pour certaines même presque diaphanes, entraînant les sujets qu’elle traite vers une abstraction douce assez étrange...



dimanche 8 mai 2016

Marie Laurencin (1883-1956) - Nature morte au bol de fruits



Marie Laurencin (1883-1956) 
Nature morte au bol de fruits
Barnes Foundation, Philadelphia, USA

Que voit-on ?  Posé sur une table en bois où traîne une amorce de drapé bleu, au milieu de trois formes esquissées :  un bol rond, sans doute en bois ou terre cuite, contenant des fruits (poires ou prunes a l'envie à encore vertes.  Palette presque monochrome et extrême douceur de ces coloris irréels enrobant des formes identifiables mais en même temps abstraites. 

Rappel biographique  :  Marie Laurencin est une peintre française étroitement associée à la naissance de l'art moderne. Portraitiste, illustratrice et graveuse, elle fut également une épistolière  et a composé des poèmes en vers libres, indissociables, dans le cours de son processus de création, de l'expression picturale des scènes fantasmatiques qu'elle représente.
Co-disciple de Braque, créature de Roché, muse d'Apollinaire, disciple de Matisse soutenue par Derain, amie de Picasso jusqu'à leur rupture et amante de Nicole Groult, Marie Laurencin a fait de son style un dépassement du fauvisme que du cubisme. Sa vie entière apparait comme une œuvre emblématique, tant du point de vue artistique que de la libération de la femme. Si sa gloire internationale de l'entre-deux-guerres a été ternie durant l'Occupation par ses mondanités déplacées et sa collaboration muette, sa vie comme sa peinture ont fasciné de nouveau, après une longue période de purgatoire. Très peu exposée en France, il faut attendre 2011 pour qu'une biographie explore sa part d'ombre et le printemps 2013 pour qu'une exposition parisienne la fasse redécouvrir au grand public. Antithèses des cauchemars de Goya, qui fut son seul idéal, ses aquarelles vives et glacis pastel répètent indéfiniment le mystère ambigu et hallucinant de « princesses » et de bêtes féeriques, de fleurs et d'adolescentes à la pâleur irréelle. En une réminiscence des fêtes galantes de Watteau, le trait fluide saisit l'instant extatique d'une pose dansante par leurs regards muets comme ceux d'un masque. Ses natures mortes, qui ne sont pas très nombreuses, sont toutes très fluides et pour certaines même presque diaphanes, entraînant les sujets qu’elle traite vers une abstraction douce assez étrange...

vendredi 16 septembre 2016

Marie Laurencin (1883-1956) - Nature morte 1938




Marie Laurencin (1883-1956)
Nature morte, 1938

Que voit on ?  Posé sur une nappe froissée, jeté contre un mur à la  tonalité pastel, un verre opaque de même couleur que le mur, un citron et un fruit (mandarine ?  orange ? clémentine ?)  émergeant d'un papier transparent  d'épicier qui fait ressembler le fruit à une fleur. Une douceur affichée qui n'efface pas une inquiétude omniprésente.

Rappel biographique  :  Marie Laurencin est une peintre française étroitement associée à la naissance de l'art moderne. Portraitiste, illustratrice et graveuse, elle fut également une épistolière  et a composé des poèmes en vers libres, indissociables, dans le cours de son processus de création, de l'expression picturale des scènes fantasmatiques qu'elle représente.
Co-disciple de Braque, créature de Roché, muse d'Apollinaire, disciple de Matisse soutenue par Derain, amie de Picasso jusqu'à leur rupture et amante de Nicole Groult, Marie Laurencin a fait de son style un dépassement du fauvisme que du cubisme. Sa vie entière apparait comme une œuvre emblématique, tant du point de vue artistique que de la libération de la femme. Si sa gloire internationale de l'entre-deux-guerres a été ternie durant l'Occupation par ses mondanités déplacées et sa collaboration muette, sa vie comme sa peinture ont fasciné de nouveau, après une longue période de purgatoire. Très peu exposée en France, il faut attendre 2011 pour qu'une biographie explore sa part d'ombre et le printemps 2013 pour qu'une exposition parisienne la fasse redécouvrir au grand public. Antithèses des cauchemars de Goya, qui fut son seul idéal, ses aquarelles vives et glacis pastel répètent indéfiniment le mystère ambigu et hallucinant de « princesses » et de bêtes féeriques, de fleurs et d'adolescentes à la pâleur irréelle. En une réminiscence des fêtes galantes de Watteau, le trait fluide saisit l'instant extatique d'une pose dansante par leurs regards muets comme ceux d'un masque. Ses natures mortes, qui ne sont pas très nombreuses, sont toutes très fluides et pour certaines même presque diaphanes, entraînant les sujets qu’elle traite vers une abstraction douce assez étrange...

samedi 2 février 2019

Bessie Davidson (1879-1965) - Still-Life with Pears


Bessie Davidson (1879-1965) 
Still-Life with Pears 
 Private collection 

Que voit on  ? La masse sombre aux reflets brillants du pot en céramique vernissée qui occupe la gauche de la composition   attire l'attention sur les poires disséminée à gauche et à droite  duc adre et sur le verre d'eau où trempe un paille...

Rappel Biographique :  Bessie Davidson  est une importante artiste australienne qui a fait la plus grande partie de sa carrière en France. Née dans une famille d'origine écossaise où l’enseignement des beaux art était très présent, elle a toujours cultivé la fierté de ses racines. En Australie, elle reçoit jusqu'en 1904 une formation de peintre avec son professeur Margaret Preston, une autre figure majeure de la peinture australienne. А l’âge de 24 ans, elle obtient de son père l'autorisation d'aller poursuivre des études artistiques en Europe. Elle part en compagnie de Margaret Preston. Elle passe d'abord quelques mois à Munich avant de pouvoir s'installer а Paris, son véritable but. Elle fréquente а Montparnasse l'atelier de la Grande Chaumière où elle deviendra l’élève de René-Xavier Prinet. Elle y rencontre également Germaine Desgranges avec laquelle elle se liera d'une amitié qui dura jusqu’à la mort des deux amies. 
De retour en Australie de 1907 а 1910, elle y peint et expose à la South Australian Society d'Adйlaпde, puis revient а Paris en 1910.
Elle s'intègre très vite au milieu artistique du moment, celui de Maurice Denis, Albert Besnard,  Jacques-Emile Blanche, Lucien Simon, etc.
Son atelier, qu'elle conservera toute sa vie, est installé rue Boissonade. Elle aura ultérieurement comme voisin, de l'autre côté de la rue, Conrad Kickert, peintre néerlandais qui restera toute sa vie en France et restera profondément lié à Bessie.
Retournée visiter sa famille en Australie en 1914, elle y apprend sur le bateau le déclenchement de la Première Guerre mondiale et décide de repartir aussitôt "soutenir ses amis" en France. Elle s'engage alors dans la Croix-Rouge française et servira comme infirmière dans les hôpitaux militaires, notamment а l'Hôpital Molitor. C'est dans ces circonstances, qu'elle fera la connaissance de celle qui deviendra sa mécène, son mentor et une compagne dans la vie, Marguerite Leroy, dite "Dauphine". Cette dernière mourut en 1938.
La période 1918-1920 voit dans sa production des peintures en teintes douces (détrempe), des portraits, des fleurs, des intérieurs. Elle obtient en 1918 une commande de l’état qui la charge de peindre un tableau devant orner le carré des officiers du cuirassé Bretagne qui fut coulé plus tard à Mers-el-Kebir.
Les années 1920 а 1938 sont marquées par une grande évolution et une abondante production pleine de vigueur, franchise et ampleur. C'est dans son atelier qu'elle reprend les esquisses réalisées en extérieur lors de ses séjours en Savoie (château de Villeneuve à Cognin, Talloires), sur la côte basque (Guéthary), en Normandie ou en Ecosse, ou encore durant les voyages qu'elle fit en Autriche, Russie, Italie, Maroc et Suisse.
Bessie Davidson fut vice-présidente du groupe des Femmes Artistes Modernes (FAM) de 1932 а 1936, groupe exposant dans des lieux variés (Théвtre Pigalle en 1932, Maison de France en 1933 et 1934, Galerie Bernheim-Jeune en 1935 et 1936). Les expositions et salons se succéderont alors et l'on verra Bessie Davidson exposer avec  Mary Cassatt, Olga Boznańska, Tamara de Lempicka, Mela Muter, Chana Orloff, Anita Conti, Marie Laurencin, Jacqueline Marval, Marie Bracquemond, Camille Claudel, Suzanne Valadon, etc.
Jusqu'en 1939, ses apports aux divers salons et expositions prouvent la fécondité de son œuvre. 
Et c'est en tant que peintre qu'elle est décorée en 1931 de la Légion d'honneur à titre artistique essentiellement (son engagement comme infirmière pendant la Grande Guerre est bien sûr mentionné, mais c'est l'artiste, notamment la cofondatrice du Salon des Tuileries, qui est rйcompensée).
Les musées de Canberra, Adélaide, Edimbourg, Kirkcaldy, La Haye, et, en France, Paris, Rouen, Beaune, Belfort et Roubaix (La Piscine) possèdent quelques-unes de ses œuvres.
Durant la Seconde Guerre mondiale, elle est astreinte en tant que citoyenne britannique à séjourner dans la région de Grenoble, à La Tronche. Elle vécut alors de sa peinture, qu'elle exposa à Grenoble et à Lyon. Les toiles de cette époque sont superbes, sa touche est forte, lumineuse et vivante.
Revenue à Paris, ses grandes toiles sont plus rares. Elle peint de préférence des extérieurs sur petits panneaux de bois (plus d'une centaine d’études). 1951 est la dernière année où elle participe à un salon et marque, pratiquement, la fin de sa production de tableaux de grand format.
Bessie Davidson n'a guère cherché le succès. "Grande Dame" pleine de noblesse et de générosité, elle fut aussi une grande artiste : son œuvre reste celle d'une intransigeante écossaise née en Australie, pays de grands espaces, et profondément imprégnée de culture française.
Elle meurt à Paris, dans son atelier du no 40 de la rue Boissonade, le 22 février 1965.

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2019 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau 


lundi 6 juillet 2020

Bessie Davidson (1879-1965) - Still life with flowers and pears

 

Bessie Davidson (1879-1965)
Still life with  flowers and pears
Private collection 

Que voit on ?  Sur un entablement de salle à manger  : un pot à eau en cramique noir rempli d 'un bouquet de fleurs blanches avoisinant un autre pot en verre transparent  rempli de fleurs jaunes qui semble être des capucines et d'une branche morte. A côté de ces vases floraux, un plat blanc qui occupe le premier plan de la composition et contient 3 poires.présentées sous divers angles.

Rappel Biographique :  Bessie Davidson  est une importante artiste australienne qui a fait la plus grande partie de sa carrière en France. Née dans une famille d'origine écossaise où l’enseignement des beaux art était très présent, elle a toujours cultivé la fierté de ses racines. En Australie, elle reçoit jusqu'en 1904 une formation de peintre avec son professeur Margaret Preston, une autre figure majeure de la peinture australienne. А l’âge de 24 ans, elle obtient de son père l'autorisation d'aller poursuivre des études artistiques en Europe. Elle fréquente а Montparnasse l'atelier de la Grande Chaumière où elle deviendra l’élève de René-Xavier Prinet.
De retour en Australie de 1907 а 1910, elle y peint et expose à la South Australian Society d'Adйlaпde, puis revient а Paris en 1910.
Elle s'intègre très vite au milieu artistique du moment, celui de Maurice Denis, Albert Besnard,  Jacques-Emile Blanche, Lucien Simon, etc.
Son atelier, qu'elle conservera toute sa vie, est installé rue Boissonade. Elle aura ultérieurement comme voisin, de l'autre côté de la rue, Conrad Kickert, peintre néerlandais qui restera toute sa vie en France et restera profondément lié à Bessie.
Retournée visiter sa famille en Australie en 1914, elle y apprend sur le bateau le déclenchement de la Première Guerre mondiale et décide de repartir aussitôt "soutenir ses amis" en France. Elle s'engage alors dans la Croix-Rouge française et servira comme infirmière dans les hôpitaux militaires, notamment а l'Hôpital Molitor. C'est dans ces circonstances, qu'elle fera la connaissance de celle qui deviendra sa mécène, son mentor et une compagne dans la vie, Marguerite Leroy, dite "Dauphine". Cette dernière mourut en 1938.
La période 1918-1920 voit dans sa production des peintures en teintes douces (détrempe), des portraits, des fleurs, des intérieurs. Elle obtient en 1918 une commande de l’état qui la charge de peindre un tableau devant orner le carré des officiers du cuirassé Bretagne qui fut coulé plus tard à Mers-el-Kebir.
Bessie Davidson fut vice-présidente du groupe des Femmes Artistes Modernes (FAM) de 1932 а 1936, groupe exposant dans des lieux variés (Théвtre Pigalle en 1932, Maison de France en 1933 et 1934, Galerie Bernheim-Jeune en 1935 et 1936). Les expositions et salons se succéderont alors et l'on verra Bessie Davidson exposer avec  Mary Cassatt, Olga Boznańska, Tamara de Lempicka, Mela Muter, Chana Orloff, Anita Conti, Marie Laurencin, Jacqueline Marval, Marie Bracquemond, Camille Claudel, Suzanne Valadon, etc.
Jusqu'en 1939, ses apports aux divers salons et expositions prouvent la fécondité de son œuvre. 
Et c'est en tant que peintre qu'elle est décorée en 1931 de la Légion d'honneur à titre artistique essentiellement (son engagement comme infirmière pendant la Grande Guerre est bien sûr mentionné, mais c'est l'artiste, notamment la cofondatrice du Salon des Tuileries, qui est récompensée).

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2019 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau

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2020 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau 

mercredi 10 août 2016

Bessie Davidson (1879-1965) - Autumn table at Villetaneuse


Bessie Davidson (1879-1965) 
Autumn table at Villetaneuse (1935) 
Private collection

Que voit-on ?  Sur une table de salle à manger, d'un intérieur chaleureux, désertée par ses occupants, une fin de repas matérialisée par de la viande ou du pâté dans une assiette, des poires, un saladier de fruits (des raisins principalement) et du vins. Un repas pour 3 personnes dont une a bu un petit peu plus que les autres. 

Rappel Biographique :  Bessie Davidson  est une importante artiste australienne qui a fait la plus grande partie de sa carrière en France. Née dans une famille d'origine écossaise où l’enseignement des beaux art était très présent, elle a toujours cultivé la fierté de ses racines. En Australie, elle reçoit jusqu'en 1904 une formation de peintre avec son professeur Margaret Preston, une autre figure majeure de la peinture australienne. А l’âge de 24 ans, elle obtient de son père l'autorisation d'aller poursuivre des études artistiques en Europe. Elle part en compagnie de Margaret Preston. Elle passe d'abord quelques mois à Munich avant de pouvoir s'installer а Paris, son véritable but. Elle fréquente а Montparnasse l'atelier de la Grande Chaumière où elle deviendra l’élève de René-Xavier Prinet. Elle y rencontre également Germaine Desgranges avec laquelle elle se liera d'une amitié qui dura jusqu’à la mort des deux amies. 
De retour en Australie de 1907 а 1910, elle y peint et expose à la South Australian Society d'Adйlaпde, puis revient а Paris en 1910.
Elle s'intègre très vite au milieu artistique du moment, celui de Maurice Denis, Albert Besnard,  Jacques-Emile Blanche, Lucien Simon, Aman-Jean, etc.
Son atelier, qu'elle conservera toute sa vie, est installé rue Boissonade. Elle aura ultérieurement comme voisin, de l'autre côté de la rue, Conrad Kickert, peintre néerlandais qui restera toute sa vie en France et restera profondément lié à Bessie.
Retournée visiter sa famille en Australie en 1914, elle y apprend sur le bateau le déclenchement de la Première Guerre mondiale et décide de repartir aussitôt "soutenir ses amis" en France. Elle s'engage alors dans la Croix-Rouge française et servira comme infirmière dans les hôpitaux militaires, notamment а l'Hôpital Molitor. C'est dans ces circonstances, qu'elle fera la connaissance de celle qui deviendra sa mécène, son mentor et une compagne dans la vie, Marguerite Leroy, dite "Dauphine". Cette dernière mourut en 1938.
La période 1918-1920 voit dans sa production des peintures en teintes douces (détrempe), des portraits, des fleurs, des intérieurs. Elle obtient en 1918 une commande de l’état qui la charge de peindre un tableau devant orner le carré des officiers du cuirassé Bretagne qui fut coulé plus tard à Mers-el-Kebir.
Les années 1920 а 1938 sont marquées par une grande évolution et une abondante production pleine de vigueur, franchise et ampleur. C'est dans son atelier qu'elle reprend les esquisses réalisées en extérieur lors de ses séjours en Savoie (château de Villeneuve à Cognin, Talloires), sur la côte basque (Guéthary), en Normandie ou en Ecosse, ou encore durant les voyages qu'elle fit en Autriche, Russie, Italie, Maroc et Suisse.
Bessie Davidson fut vice-présidente du groupe des Femmes Artistes Modernes (FAM) de 1932 а 1936, groupe exposant dans des lieux variés (Théвtre Pigalle en 1932, Maison de France en 1933 et 1934, Galerie Bernheim-Jeune en 1935 et 1936). Les expositions et salons se succéderont alors et l'on verra Bessie Davidson exposer avec  Mary Cassatt, Olga Boznańska, Tamara de Lempicka, Mela Muter, Chana Orloff, Anita Conti, Marie Laurencin, Jacqueline Marval, Marie Bracquemond, Camille Claudel, Suzanne Valadon, etc.
Jusqu'en 1939, ses apports aux divers salons et expositions prouvent la fécondité de son œuvre. 
Et c'est en tant que peintre qu'elle est décorée en 1931 de la Légion d'honneur à titre artistique essentiellement (son engagement comme infirmière pendant la Grande Guerre est bien sûr mentionné, mais c'est l'artiste, notamment la cofondatrice du Salon des Tuileries, qui est rйcompensée).
Les musées de Canberra, Adélaide, Edimbourg, Kirkcaldy, La Haye, et, en France, Paris, Rouen, Beaune, Belfort et Roubaix (La Piscine) possèdent quelques-unes de ses œuvres.
Durant la Seconde Guerre mondiale, elle est astreinte en tant que citoyenne britannique à séjourner dans la région de Grenoble, à La Tronche. Elle vécut alors de sa peinture, qu'elle exposa à Grenoble et à Lyon. Les toiles de cette époque sont superbes, sa touche est forte, lumineuse et vivante.
Revenue à Paris, ses grandes toiles sont plus rares. Elle peint de préférence des extérieurs sur petits panneaux de bois (plus d'une centaine d’études). 1951 est la dernière année où elle participe à un salon et marque, pratiquement, la fin de sa production de tableaux de grand format.
Bessie Davidson n'a guère cherché le succès. "Grande Dame" pleine de noblesse et de générosité, elle fut aussi une grande artiste : son œuvre reste celle d'une intransigeante écossaise née en Australie, pays de grands espaces, et profondément imprégnée de culture française.
Elle meurt à Paris, dans son atelier du no 40 de la rue Boissonade, le 22 février 1965.




mardi 3 mai 2016

Bessie Davidson (1879-1965) - Still Life with Fruits and Carafe



Bessie Davidson (1879-1965)  
Still Life with Fruits and Carafe
Private Collection, Australia

Que voit-on ?  Devant un mur de fond grossièrement peint en bleu, sur une grande nappe blanche, organisés autour d'une carafe de jus de fruits placée au centre de la table :  un torchon à liseré rouge, une pastèque entière, deux groupes de prunes, quelques noisettes et derriere l torchon un boite protège allumette comme on en trouvait autrefois.

Rappel Biographique :  Bessie Davidson  est une importante artiste australienne qui a fait la plus grande partie de sa carrière en France. Née dans une famille d'origine écossaise où l’enseignement des beaux art était très présent, elle a toujours cultivé la fierté de ses racines. En Australie, elle reçoit jusqu'en 1904 une formation de peintre avec son professeur Margaret Preston, une autre figure majeure de la peinture australienne. А l’âge de 24 ans, elle obtient de son père l'autorisation d'aller poursuivre des études artistiques en Europe. Elle part en compagnie de Margaret Preston. Elle passe d'abord quelques mois à Munich avant de pouvoir s'installer а Paris, son véritable but. Elle fréquente а Montparnasse l'atelier de la Grande Chaumière où elle deviendra l’élève de René-Xavier Prinet. Elle y rencontre également Germaine Desgranges avec laquelle elle se liera d'une amitié qui dura jusqu’à la mort des deux amies. 
De retour en Australie de 1907 а 1910, elle y peint et expose à la South Australian Society d'Adйlaпde, puis revient а Paris en 1910.
Elle s'intègre très vite au milieu artistique du moment, celui de Maurice Denis, Albert Besnard,  Jacques-Emile Blanche, Lucien Simon, Aman-Jean, etc.
Son atelier, qu'elle conservera toute sa vie, est installé rue Boissonade. Elle aura ultérieurement comme voisin, de l'autre côté de la rue, Conrad Kickert, peintre néerlandais qui restera toute sa vie en France et restera profondément lié à Bessie.
Retournée visiter sa famille en Australie en 1914, elle y apprend sur le bateau le déclenchement de la Première Guerre mondiale et décide de repartir aussitôt "soutenir ses amis" en France. Elle s'engage alors dans la Croix-Rouge française et servira comme infirmière dans les hôpitaux militaires, notamment а l'Hôpital Molitor. C'est dans ces circonstances, qu'elle fera la connaissance de celle qui deviendra sa mécène, son mentor et une compagne dans la vie, Marguerite Leroy, dite "Dauphine". Cette dernière mourut en 1938.
La période 1918-1920 voit dans sa production des peintures en teintes douces (détrempe), des portraits, des fleurs, des intérieurs. Elle obtient en 1918 une commande de l’état qui la charge de peindre un tableau devant orner le carré des officiers du cuirassé Bretagne qui fut coulé plus tard à Mers-el-Kebir.
Les années 1920 а 1938 sont marquées par une grande évolution et une abondante production pleine de vigueur, franchise et ampleur. C'est dans son atelier qu'elle reprend les esquisses réalisées en extérieur lors de ses séjours en Savoie (château de Villeneuve à Cognin, Talloires), sur la côte basque (Guéthary), en Normandie ou en Ecosse, ou encore durant les voyages qu'elle fit en Autriche, Russie, Italie, Maroc et Suisse.
Bessie Davidson fut vice-présidente du groupe des Femmes Artistes Modernes (FAM) de 1932 а 1936, groupe exposant dans des lieux variés (Théвtre Pigalle en 1932, Maison de France en 1933 et 1934, Galerie Bernheim-Jeune en 1935 et 1936). Les expositions et salons se succéderont alors et l'on verra Bessie Davidson exposer avec  Mary Cassatt, Olga Boznańska, Tamara de Lempicka, Mela Muter, Chana Orloff, Anita Conti, Marie Laurencin, Jacqueline Marval, Marie Bracquemond, Camille Claudel, Suzanne Valadon, etc.
Jusqu'en 1939, ses apports aux divers salons et expositions prouvent la fécondité de son œuvre. 
Et c'est en tant que peintre qu'elle est décorée en 1931 de la Légion d'honneur à titre artistique essentiellement (son engagement comme infirmière pendant la Grande Guerre est bien sûr mentionné, mais c'est l'artiste, notamment la cofondatrice du Salon des Tuileries, qui est rйcompensée).
Les musées de Canberra, Adélaide, Edimbourg, Kirkcaldy, La Haye, et, en France, Paris, Rouen, Beaune, Belfort et Roubaix (La Piscine) possèdent quelques-unes de ses œuvres.
Durant la Seconde Guerre mondiale, elle est astreinte en tant que citoyenne britannique à séjourner dans la région de Grenoble, à La Tronche. Elle vécut alors de sa peinture, qu'elle exposa à Grenoble et à Lyon. Les toiles de cette époque sont superbes, sa touche est forte, lumineuse et vivante.
Revenue à Paris, ses grandes toiles sont plus rares. Elle peint de préférence des extérieurs sur petits panneaux de bois (plus d'une centaine d’études). 1951 est la dernière année où elle participe à un salon et marque, pratiquement, la fin de sa production de tableaux de grand format.
Bessie Davidson n'a guère cherché le succès. "Grande Dame" pleine de noblesse et de générosité, elle fut aussi une grande artiste : son œuvre reste celle d'une intransigeante écossaise née en Australie, pays de grands espaces, et profondément imprégnée de culture française.
Elle meurt à Paris, dans son atelier du no 40 de la rue Boissonade, le 22 février 1965.



samedi 18 août 2018

Alexej Von Jawlensky (1864-1941) - Stilleben mit Äpfeln und Violet Fruit Stand


https://astilllifecollection.blogspot.com/2018/08/alexej-von-jawlensky-1864-1941.html

Alexej Von Jawlensky (1864-1941) 
Stilleben mit Äpfeln und Violet Fruit Stand, 1912

Que voit on ? Une des plus belles natures mortes de ce grand peintre russe expressionniste à peu près inconnu en France.  Rappeler que cette oeuvre  a été peinte en 1912, en dit assez sur la capacité imaginative et sur le génie visionnaire de ce peintre  qui a peint plus de portraits et de paysages que que de natures mortes. On la la savourera d'autant plus a sa juste valeur  !   Quand au reste on ne peut qu'être fasciné par cet éclatement de couleurs que Matisse a du adorer lorsqu'il a rencontré Jawlensky à Paris au Salon d'Automne de 1905. 

Rappel Biographique  : Initialement  destiné à devenir militaire, Alexej von Jawlensky poursuit ses études à  l'Ecole des Cadets de Moscou où il a l'occasion de voir pour la première fois une exposition de peinture... c'est un évènement qui va bouleverser sa vie. Il commence dès lors à  peindre et va faire de fréquente visites à la Galerie Tretiakov.
 En 1884 il est nommé lieutenant, en poste à Moscou. Il peint des paysages et la steppe tatare et, en 1898, il obtient son transfert pour Saint-Pétersbourg où se trouve l'Acadйmie impйriale des beaux-arts dont il suit les cours. En 1890, il rencontre Ilia Répine, le grand peintre russe réaliste et romantique de l'époque.  En 1905, il travaille а Carantec, en Bretagne, et grâce а l'intervention de Diaghilev, il envoie six toiles au Salon d'automne qui sont exposées dans la section russe.
A Munich, il fait la connaissance du « nabi » et peintre-moine et mystique Jan Verkade1 et de Paul Sérusier. Il achète en 1908 un tableau de Van Gogh et rencontre le danseur russe Alexandre Sakharoff qui devient son ami intime.
Jawlensky passe ses été à Murnau, dans le sud de la Bavière, dans la « Maison des Russes », en compagnie de Werefkin, Kandinsky, autant de peintres qui font partie des fondateurs de la Nouvelle Association des Artistes de Munich (Neue Kunstlervereinigung Munchen) ou NKVM, qui donne naissance en 1912 au groupe nommé « Der Blaue Reiter » (Le Cavalier Bleu). А cette époque, Jawlensky rencontre Franz Marc et Emil Nolde.
En 1914, première exposition de la Sécession munichoise (Neue Munchner Sezession), puis, après la déclaration de la guerre, Jawlensky se réfugie en Suisse а Saint-Prex. Dans un grand isolement, il commence à peindre la vue qu'il a de sa fenêtre : c'est la série des Variations.
А Zurich, qui est devenu un lieu de rencontre pour les artistes et écrivains européens fuyant la guerre, Jawlensky fait la connaissance de Jean Arp, Wilhelm Lehmbruck et Marie Laurencin. Il commence ses séries des Têtes mystiques et des Visions du Messie. De 1918 à 1921, il s'installe à Ascona et commence la série des Têtes Abstraites. Il rencontre avec le poete Rainer Maria Rilke et le sculpteur Archipenko. En 1921, il quitte Ascona et s'installe à Wiesbaden.
 En 1938, il cesse de peindre.

2018 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau, #AStillLifeCollection, #NaturesMortes 

vendredi 10 mai 2024

Serge Charchoune (1888-1975) - Nature morte à la cruche


Serge Charchoune (1888-1975) Nature morte à la cruche, 1941 Centre Pompidou,  Paris


Serge Charchoune (1888-1975)
Nature morte à la cruche, 1941
Centre Pompidou,  Paris 

 Que voit-on ?  Une cruche en effet mais destructurée et transformée par le génie de ce très grand peintre dadaïste (mal connu du grand public) au point d'en devenir un objets mystiques, comme extrait d'une liturgie sacrée en cours d'exécution.  L'ensemble de la toile est une monochromie de beiges et gris, ce qui ajoute au pouvoir hypnotisant de l'œuvre. 

Rappel biographique : Sergei Ivanovitch Charchoune (Сергей Иванович Шаршун) est un peintre  et poète d'origine russe dont l'essentiel de la carrière s'est déroulée à Paris.  En 1912, renonçant au métier de négociant qui lui était destiné et après avoir déserté l'armée russe, il arrive à Paris et s'inscrit dans l'atelier du peintre cubiste Henri Le Fauconnier. Après la déclaration de guerre de1914, il se réfugie à Barcelone où il rencontre le boxeur-poète Arthur Cravan, les peintres Albert Gleizes, Marie Laurencin et Francis Picabia, et Josef Dalmau à la fois antiquaire et passionné par l'art d'avant-garde. Grâce à ce dernier, Charchoune expose dès 1916 et 1917, des peintures abstraites qu'il qualifie lui-même d'« ornementales ». 
Après la révolution bolchévique d'octobre 1917, il tente de rentrer en Russie, mais échoue finalement à Paris. Le 26 mai 1920, il assiste au Festival Dada de la salle Gaveau et retrouve Picabia. Il fréquente les réunions des dadaïstes au café Certá (passage de l'Opéra) et participe aux manifestations Dada, notamment le « Procès Barrès » organisé par André Breton en mai 1921. 
Au salon Dada de la galerie Montaigne, organisé par Tristan Tzara un mois plus tard, Charchoune expose des dessins inspirés des œuvres « mécaniques » de Picabia. Il compose également un poème illustré de douze dessins, Foule immobile, très bien accueillis par les dadaïstes.
À son tour, il crée un groupe Dada appelé Palata Poetov (La Chambre des Poètes) qui se réunit au café Caméléon, 146, boulevard du Montparnasse. Le 21 décembre 1921, une soirée « dadaïste russe » est un échec malgré la présence de Breton et Louis Aragon. Charchoune ne persiste pas et, en mai 1922, il se rend à Berlin, toujours dans l'espoir d'obtenir un visa pour l'URSS. Il y créé une revue Dada en langue russe Perevoz Dada («Le Transbordeur Dada ») dont il rédige seul le premier numéro (juin 1922). Après avoir édité une anthologie de poésie dadaïste allemande, française et russe Dadaizm, kompilacija et collaboré à diverses revues comme Merz de Kurt Schwitters, Charchoune délaisse le mouvement.
À Berlin, toujours, il expose une nouvelle série de peintures qu'il appelle « cubisme ornemental ». Il rencontre des artistes russes déçus par la révolution, dont la danseuse Isadora Duncan. Charchoune renonce alors à rentrer en URSS et retourne à Paris  en 1923. Après sa rencontre avec Amédée Ozenfant, il adopte le style puriste. À partir de 1954 ,son œuvre devient de plus en plus abstraite et dépouillée, quasi monochrome, inspirée par la musique.
Bien qu'il se gardera de participer à tout autre mouvement, Charchoune n'aura jamais, jusqu'à sa mort, renié son adhésion à Dada. Très peu connu du grand public, et pourtant dans les collections de nombreux musées, Charcoune n'a jamais été vraiment oublié des professionnels de l'art. Depuis les années 2000, son oeuvre bénéficie d'un regain d'interêt certain ... qu'elle mérite amplement.

 

 

jeudi 8 décembre 2016

Serge Charchoune (1888-1975) - Red still Life, 1925

Serge Charchoune  (1888-1975)  Red still Life, 1925  Private collection

Serge Charchoune  (1888-1975)
Red still Life, 1925 
Private collection

Que voit-on ?  C'est une nature morte d'ustensiles de cuisine, mis en scène et transformés par le génie de ce très grand peintre dadaïste (mal connu du grand public) au point d'en devenir des objets mystiques, comme extraits d'une liturgie sacrée en cours d'exécution. Au premier plan : un bol gigantesque contenant une cuillère, posé sur un linge. Au second plan : sur ce qui pourrait être un guéridon ou une table ou un autel, une demi-coupe, elle aussi gigantesque. Des silhouettes, ou plutôt des ombres blanches, fantomatiques et énigmatiques hantent l'arrière plan. L'ensemble de la toile est une monochromie en rouge, ce qui ajoute au pouvoir hypnotisant de cette œuvre magnifique. 

Rappel biographique : Sergei Ivanovitch Charchoune (Сергей Иванович Шаршун) est un peintre  et poète d'origine russe dont l'essentiel de la carrière s'est déroulée à Paris.  En 1912, renonçant au métier de négociant qui lui était destiné et après avoir déserté l'armée russe, il arrive à Paris et s'inscrit dans l'atelier du peintre cubiste Henri Le Fauconnier. Après la déclaration de guerre de1914, il se réfugie à Barcelone où il rencontre le boxeur-poète Arthur Cravan, les peintres Albert Gleizes, Marie Laurencin et Francis Picabia, et Josef Dalmau à la fois antiquaire et passionné par l'art d'avant-garde. Grâce à ce dernier, Charchoune expose dès 1916 et 1917, des peintures abstraites qu'il qualifie lui-même d'« ornementales ». 
Après la révolution bolchévique d'octobre 1917, il tente de rentrer en Russie, mais échoue finalement à Paris. Le 26 mai 1920, il assiste au Festival Dada de la salle Gaveau et retrouve Picabia. Il fréquente les réunions des dadaïstes au café Certá (passage de l'Opéra) et participe aux manifestations Dada, notamment le « Procès Barrès » organisé par André Breton en mai 1921. 
Au salon Dada de la galerie Montaigne, organisé par Tristan Tzara un mois plus tard, Charchoune expose des dessins inspirés des œuvres « mécaniques » de Picabia. Il compose également un poème illustré de douze dessins, Foule immobile, très bien accueillis par les dadaïstes.
À son tour, il crée un groupe Dada appelé Palata Poetov (La Chambre des Poètes) qui se réunit au café Caméléon, 146, boulevard du Montparnasse. Le 21 décembre 1921, une soirée « dadaïste russe » est un échec malgré la présence de Breton et Louis Aragon. Charchoune ne persiste pas et, en mai 1922, il se rend à Berlin, toujours dans l'espoir d'obtenir un visa pour l'URSS. Il y créé une revue Dada en langue russe Perevoz DadaLe Transbordeur Dad ») dont il rédige seul le premier numéro (juin 1922). Après avoir édité une anthologie de poésie dadaïste allemande, française et russe Dadaizm, kompilacija et collaboré à diverses revues comme Merz de Kurt Schwitters, Charchoune délaisse le mouvement.
À Berlin, toujours, il expose une nouvelle série de peintures qu'il appelle « cubisme ornemental ». Il rencontre des artistes russes déçus par la révolution, dont la danseuse Isadora Duncan. Charchoune renonce alors à rentrer en URSS et retourne à Paris  en 1923. Après sa rencontre avec Amédée Ozenfant, il adopte le style puriste. À partir de 1954 ,son œuvre devient de plus en plus abstraite et dépouillée, quasi monochrome, inspirée par la musique.
Bien qu'il se gardera de participer à tout autre mouvement, Charchoune n'aura jamais, jusqu'à sa mort, renié son adhésion à Dada. Tres peu connu connu du grand public, et pourtant dans les collections de nombreux musée Français, Charcoune n'a jamais été vraiment oublié des professionnels de l'art. Depuis les années 2000, son oeuvre bénéficie d'un regain d'interêt certain ... qu'elle mérite amplement.

lundi 5 juin 2017

Serge Charchoune (1888-1975) - Nature morte, 1939


Serge Charchoune (1888-1975) 
Nature morte, 1939
Collection Privée

Que voit-on ?  Et bien justement... on ne sait pas trop !  Cet unique objet mystérieux en plein centre de la composition est-il un gâteau, un chapeau, un fruit exotique inconnu, un chou rouge ou tout simplement une pomme de pin en gros plan ?  L'atmosphère est à la fois sombre et chaude, comme si un soleil voilé tentait de percer le secret d'une alcôve ou de quelque sous bassement dérobé au regard... le mystère reste entier et c'est sans doute le but poursuivi par ce peintre dadaïste et qui le resta sans aucun reniement - fait assez rare pour être souligné - jusqu'à sa mort.

Rappel biographique : Sergei Ivanovitch Charchoune (Сергей Иванович Шаршун) est un peintre  et poète d'origine russe dont l'essentiel de la carrière s'est déroulée à Paris.  En 1912, renonçant au métier de négociant qui lui était destiné et après avoir déserté l'armée russe, il arrive à Paris et s'inscrit dans l'atelier du peintre cubiste Henri Le Fauconnier. Après la déclaration de guerre de1914, il se réfugie à Barcelone où il rencontre le boxeur-poète Arthur Cravan, les peintres Albert Gleizes, Marie Laurencin et Francis Picabia, et Josef Dalmau à la fois antiquaire et passionné par l'art d'avant-garde. Grâce à ce dernier, Charchoune expose dès 1916 et 1917, des peintures abstraites qu'il qualifie lui-même d'« ornementales ». 
Après la révolution bolchévique d'octobre 1917, il tente de rentrer en Russie, mais échoue finalement à Paris. Le 26 mai 1920, il assiste au Festival Dada de la salle Gaveau et retrouve Picabia. Il fréquente les réunions des dadaïstes au café Certá (passage de l'Opéra) et participe aux manifestations Dada, notamment le « Procès Barrès » organisé par André Breton en mai 1921. 
Au salon Dada de la galerie Montaigne, organisé par Tristan Tzara un mois plus tard, Charchoune expose des dessins inspirés des œuvres « mécaniques » de Picabia. Il compose également un poème illustré de douze dessins, Foule immobile, très bien accueillis par les dadaïstes.
À son tour, il crée un groupe Dada appelé Palata Poetov (La Chambre des Poètes) qui se réunit au café Caméléon, 146, boulevard du Montparnasse. Le 21 décembre 1921, une soirée « dadaïste russe » est un échec malgré la présence de Breton et Louis Aragon. Charchoune ne persiste pas et, en mai 1922, il se rend à Berlin, toujours dans l'espoir d'obtenir un visa pour l'URSS. Il y créé une revue Dada en langue russe Perevoz Dada («Le Transbordeur Dada ») dont il rédige seul le premier numéro (juin 1922). Après avoir édité une anthologie de poésie dadaïste allemande, française et russe Dadaizm, kompilacija et collaboré à diverses revues comme Merz de Kurt Schwitters, Charchoune délaisse le mouvement.
À Berlin, toujours, il expose une nouvelle série de peintures qu'il appelle « cubisme ornemental ». Il rencontre des artistes russes déçus par la révolution, dont la danseuse Isadora Duncan. Charchoune renonce alors à rentrer en URSS et retourne à Paris  en 1923. Après sa rencontre avec Amédée Ozenfant, il adopte le style puriste. À partir de 1954 ,son œuvre devient de plus en plus abstraite et dépouillée, quasi monochrome, inspirée par la musique.
Bien qu'il se gardera de participer à tout autre mouvement, Charchoune n'aura jamais, jusqu'à sa mort, renié son adhésion à Dada. Très peu connu du grand public, et pourtant dans les collections de nombreux musées, Charcoune n'a jamais été vraiment oublié des professionnels de l'art. Depuis les années 2000, son oeuvre bénéficie d'un regain d'interêt certain ... qu'elle mérite amplement.