dimanche 21 juillet 2019

Childe Hassam (1859-1935) - Geraniums



Childe Hassam (1859-1935)
Geraniums, 1888
The Hyde Collection Museum, Glens Falls

Que voit on ? Une magnifique nature morte  (bien que cela n'en soit pas une au sens strict du terme!) aux pots de géraniums et arrosoirs, qui protègent une belle liseuse des insectes de l'été. 

Rappel biographique :  le peintre, graveur, dessinateur, illustrateur et lithographe américain Frederick Childe Hassam est un impressionniste, membre du groupe des Ten American PaintersPeintre de scènes de genre, figures, nus, intérieurs, paysages, paysages urbains, marines, il a aussi bien utilisé  l'huile, la gouache, l'aquarelle ou  le pastel. De 1886 à 1889, il séjourne à Paris  où il étudie l'art à  l'Académie Julian. Ses professeurs sont Gustave Boulanger et Jules Joseph Lefebvre. L'impressionnisme français et l'art de Claude Monet ont une forte influence sur lui. Parmi ses œuvres les plus connues, réalisées à la fin de sa vie, figure la Flag series. Il s'agit d'une trentaine de tableaux qu'il commença en 1916, inspirés par la parade de préparation des engagés volontaires américains pour la Première Guerre mondiale sur la Cinquième avenue. Le tableau le plus célèbre de la série, The Avenue in the Rain (1917), représentant des drapeaux américains et leur reflets sous la pluie, fait partie de la collection de la Maison Blanche. Le président Barack Obama l'avait  fait installer dans le bureau ovale dès le début de sa  présidence. 
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2019 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau

samedi 20 juillet 2019

Euphémie Muraton (1836-1914) - Nature morte avec pêches, grenades, raisons, glaïeuls et coffret à bijoux



Euphémie Muraton (1836-1914)
Nature morte avec pêches, grenades, raisons, glaïeuls et coffret à bijoux
Huile sur toile (89 x 116.5 cm), 1868
courtesy John Mitchell Fine Arts London

 Que voit on ? Peu de choses a été oublié dans le titre à l'exception des tissus : pièce de soierie à motif japonisant et précieuse dentelle de Calais...

Rappel biographique : Née Camille Euphémie Duhanot, cette peintre française épouse en 1854 le peintre Alphonse Muraton dont elle est l'élève. Elle débute au Salon de 1868 et se spécialise d'emblée dans les natures mortes de compositions florales ainsi que des portraits d'animaux de compagnie, principalement des chiens de petites tailles (chihuahuas, caniches nains,  dogues français, etc...). Ses portraits d'animaux  la rendront rapidement célèbre auprès de toutes les parisiennes qui voudront avoir le portait de leur animal de compagnie dans un coin de salon.   
Malgré son succès rapide et certain (ou peut être à cause de cela !)  la critique de son temps est très sévère avec elle et juge que "ses compositions  manquent de relief ".
Deux ventes importantes de ses œuvres sont effectuées à Drouot par Eugène Féral en 1888 et 1890, mais sa carrière en France ne va pas se développer. 
En 1893, elle expose parmi 30 femmes peintres françaises à l'Exposition universelle de Chicago au Pavillon des Femmes, ce qui lui vaut une notoriété Outre-Atlantique puis Outre-Manche qui ne s'est pas démentie depuis lors alors qu'aujourd'hui  plus personne en France ne sait qui elle fut ! 

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vendredi 19 juillet 2019

Nicolas-Henri Jeaurat de Bertry (1728-1796) - Nature morte de table de cuisine...


Nicolas-Henri Jeaurat de Bertry  (1728-1796)
Nature morte de table de cuisine avec  poissons et oeufs, 1756
Collection particulière (vente Sotheby's)

 Que voit on ? Sur un buffet de cuisine plus que sur une table (comme l'indique le titre), une accumulation d'ustensiles de cuisine dont un torchon blanc qui déroule son magnifique drapé exactement au centre de la composition ! De part et d'autre du torchon : deux belles truites, un panier en osier tressé  rempli d'oeufs et de fruits, un bouquet d'oignons en pleine germination et pour faire bonne mesure quelques jarres  et plats en matériaux divers (osiers, étain, cuivre...). On remarque en haut de la composition un petit pot à lait en étain et deux gros fromages de type Brie...

Rappel biographique : Fils d’Edme Jeaurat, graveur du Roy, Jeaurat de Bertry a étudié avec son oncle, le peintre Etienne Jeaurat. Il a établi sa réputation dans la nature morte, genre où il excellait, réussissant à saisir les objets de la vie quotidienne avec un détail et une vitalité rappelant le maitre du genre, Chardin, mais pour un critique comme Théodore Lejeune : « Autant Chardin excelle dans le clair-obscur, autant Jeaurat est cru et sec. » Fait remarquable et rare,  il a été à la fois nommé et reçu, par accord verbal de l’assemblée, académicien et professeur à l’Académie royale de peinture et de sculpture, le même jour, le 31 janvier 1756, avec deux natures mortes comme morceaux de réception : l’un, Ustensiles de cuisine près d’un petit fourneau en terre allumé qui rappelle l’esprit de Chardin et l’autre ses trophées militaires.
L’année suivante, il a prйsentй au Salon de 1757 trois natures mortes représentant des instruments de musique, une allégorie de la guerre, une de la science, qui ont attiré une critique favorable du Mercure d’octobre : « On a vu avec plaisir trois tableaux de M. Jeaurat de Bertry : ils sont d’une belle imitation et bien grouppés. » 
On ignore où se trouvent ses dernières oeuvres, mais le tableau aux instruments de musique, signé et daté de 1756, actuellement dans les collections du musée Carnavalet, semble être le premier de ces trois tableaux au Salon. Quelques natures mortes de la Réunion des Musées Nationaux (dont celui de Cambrai) attribuées un temps par erreur à Chardin et à Henri- Horace Roland de La Porte, l’un contenant même son monogramme  "JB", lui ont récemment été réattribués.
En 1761, il est nommé peintre et pensionnaire de Marie Leszczynska et signe ses lettres du titre de « peintre de la Reine ». Reconnu, il quitte Paris pour s’installer Versailles où il résidera jusqu’à la mort de la reine en juin 1768. Le 1er juillet de la même année, il reçoit une pension de 400 livres de gratification annuelle, « en considération des services qu’il a rendus а la feue Reine, pour l’amusement de cette princesse dans l’art de la peinture. » Il repart alors pour Paris d’où il ne sortira plus , exception faite d’un second séjour de quatre ans à la cour.
Pendant la Révolution, il se concentrera sur le portrait, certains de nature satirique voilée, ainsi que sur les constructions allégoriques comportant des portraits, le drapeau tricolore, les pyramides et l’oeil maçonnique. Au Salon de 1796, il expose le Portrait du Citoyen Gelé à l’instant où il reçoit le brevet d’imprimeur de la Gendarmerie nationale. Au même Salon, il expose encore une Vue de la collégiale et du pont de Corbeil, où il évoque  sa propre disparition avec un coche descendant passant sous le porche de la collégiale.
Le fait qu'il fut comblé d'honneur par la reine, ne lui valut pas que des amis et l'on fut bien sévère avec ce peintre dont le talent mérite aujourd'hui largement d'être débarrassé des jalousies opportunistes de son époque.
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2019 - A Still Life Collection
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jeudi 18 juillet 2019

Alexander Alexandrovitch Deïneka (1899-1969) - View from the Artist's Studio


Alexander Alexandrovitch Deïneka (1899-1969) 
View from the Artist's Studio (1947) 
Oil on canvas, 65.5 x 90 cm
Private Collection

Que voit on ?  L'intérieur de l 'atelier du peintre ou règne une  grande variété de couleurs, la chaleur et la vie à travers un bouquet de lilas (annonciateur du printemps) posé sur une boite de couleurs en bois , un pot rempli de pinceaux propres et une tasse. Pour cette nature morte Deneika ne choisit pas n'importe quel fond neutre de murs ou d'accumulation de toiles, mais le monde extérieur, visible par la baie vitrée de son atelier... monde extérieur uniformément blanc, froid  et sans âmes qui vivent...

Rappel biograhique : Alexander Alexandrovitch Deïneka (Алекса́ндр Алекса́ндрович Дейне́ка) est un peintre, graphiste et sculpteur russe. Membre fondateur des groupes Ost Être ») et Octobre, il réalisa la première grande œuvre historique révolutionnaire en 1928 : La Défense de Petrograd.
Vers 1931, il devient membre de l'Association des artistes prolétariens (AKhRR).
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il réalise des peintures monumentales et dramatiques, dont Banlieue de MoscouNovembre 1941  constitue la première œuvre. Il parvient à faire pénétrer une grande souffrance dans son travail (Le Village brûlé, 1942), autant que l'enthousiasme héroïque (La Défense de Sébastopol, 1942).
Après la guerre, il continue de peindre et reprend son travail de mosaïque, notamment pour le palais des congrès du Kremlin.
Il a peint quelques  rares natures mortes longtemps restées dans le secret de son atelier...  

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2019 - Men Portraits 
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mercredi 17 juillet 2019

John Ruskin (1819-1900) - Study of a Velvet Crab



John Ruskin (1819-1900)
Study of a Velvet Crab
Bodycolour over graphite, c. 1870
Ashmolean Museum, Oxford

Que voit-on ? Ce que décrit le titre...et ce qu'il ne décrit pas : une précision du dessin et des couleurs donc seul Ruskin était capable avec de pareils sujets comme dans ce post déjà publié il y a quelques années ou encore ici.  

Rappel biographique : John Ruskin fut un écrivain, poète, peintre et critique d'art britannique.
Fils unique d'une riche famille, il fut éduqué à domicile, avec une insistance particulière sur l'art et la religion. Il poursuivit son éducation en dilettante, en tant qu'auditeur libre à Oxford. Malgré des problèmes de santé, il y obtint son MA en 1843. Surtout, il s'y lia d'amitié avec nombre d'intellectuels. Il fut publié dès son adolescence. Grâce а la fortune de sa famille, il put consacrer sa vie à l'écriture. Il devint rapidement célèbre dans les années 1840 grâce à son travail de critique dans Modern Painters (1843 à 1860) où il proposait une nouvelle façon d'appréhender l'art. Il écrivit ensuite The Seven Lamps of Architecture en 1849 et surtout The Stones of Venice en 1853. Il fit aussi passer ses idées par l'enseignement. Il participa à la création de l'University Museum, donna des cours de dessin au Working Men's College, un établissement de formation continue fondé par ses amis socialistes chrétiens. Il en donna aussi dans une école pour jeunes filles et par correspondance. En1870, il devint le premier titulaire de la chaire Slade à Oxford.
Son mariage avec Effie Gray annulé pour non-consommation continue à alimenter de nos jours des légendes nombreuses et des suppositions sur l'homosexualité contrariée de Ruskin. Effie épousa très vite le peintre John Everett Millais, un membre du mouvement préraphaélite dont Ruskin fut le mécène et le soutien après s'être engagé pour Turner. Grâce aux cours de dessin qu'il reçut lors de son enfance, avec James Duffield Harding par exemple, John Ruskin fut un dessinateur de talent. Même s'il ne se considéra jamais comme un artiste en tant que tel ou exposa peu, il produisit quelques toiles et aquarelles. Il fut ainsi élu membre honoraire de la Royal Watercolour Society en 1873.
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mardi 16 juillet 2019

Henri Rousseau (1844-1910) dit " Le Douanier " - Bouquet de fleurs avec une branche de lierre


Henri Rousseau (1844-1910) 
Bouquet de fleurs avec une branche de lierre 
Huile sur toile (45,4 x 32,7 cm), 1909 
Albright-Knox Art Gallery, Buffalo

Que voit on ? Sur un entablement orange et devant un fond vert  : un vase conique en verre transparent contenant un bouquet de  fleurs du jardin  (hortensias, tulipes, chrysanthèmes, marguerites, fleurs de seringat, pensées et mimosa) rassemblées dans ce vase en dépit des saisons différentes pendant lesquelles elles poussent en réalité et selon la seule fantaisie de ce peintre... qui en avait beaucoup.
Devant le vase, une branche de lierre coupée, clin d'oeil à ce parasite des jardins que l'on préfère toujours voir coupé que rampant dans les parterres ou l'assaut des arbres et qui pourtant symbolisait dans la Grèce antique l'attachement, l'amitié, la fidélité, l 'éternité (" Je meurs ou je m'attache ") mais aussi... les excès d'alcool (c'était la plante de Bacchus !) contre lesquels le lierre était censé avoir un pouvoir protecteur.  Dans la mythologie celte par contre, le lierre était l'attribut de Donar (le fils d'Odin) et promettait, à qui la consommait, d'ouvrir les portes de l’au-delà.
Une nature morte qui, comme toujours chez Henri Rousseau, recèle beaucoup plus de poésie qu'il ne parait au premier coup d'oeil.

Rappel biographique : Le peintre français Henri Rousseau (Henri-Julien-Félix Rousseau) dit  "Le Douanier Rousseau " est considéré comme un représentant majeur de l'art naïf. Issu d'une famille modeste, il étudie le droit avant de partir à Paris, où il travaille dans un octroi d'où son surnom de " douanier ".
Il apprend lui-même la peinture sans le recours à un quelconque enseignement et produit un grand nombre de toiles qui représentent souvent des paysages de jungle, bien qu'il n'ait jamais quitté la France.
 Il s'inspire en réalité de livres illustrés, des jardins botaniques et de rencontres avec des soldats qui ont participé à des expéditions exotiques et qui lui racontent les paysages lointains. Ses toiles montrent une technique élaborée, mais leur aspect enfantin a valu beaucoup de moqueries et de mépris  professionnel à Henri Rousseau pensant de nombreuses décennies. Ses premières critiques positives arrivent à partir de 1891. A la fin de sa vie il rencontre même quelques autres artistes de son temps  (et pas des moindres) qui lui reconnaissent publiquement un talent certain, comme, entre autres, Robert Delaunay, Paul Gauguin, Toulouse-Lautrec ou Pablo Picasso....
Son travail est aujourd'hui considéré comme crucial pour l'art naïf et il a influencé de nombreux artistes, notamment surréalistes et l'autodidacte Henri  Rousseau occupe une des premieres places  dans le Panthéon pictural du 20e siècle. 

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lundi 15 juillet 2019

Jean-Etienne Liotard (1702-1789) (follower of) - A Still Life of Porcelain and Fruit on a Marble Top Table



Jean-Etienne Liotard (1702-1789) (follower of)
A Still Life of Porcelain and Fruit on a Marble Top Table
Pastel on vellum  (36, 9 x48cm)
Courtesy John Mitchell Gallery, London 


Que voit-on  ? Etrange toile que cette nature dans le goût  de Liotard et dont l'arrière plan noyé dans  un  " flou " assez curieux  peut laisser perplexe. Au premier plan les contrastes des matières (porcelaines, argenterie, marbres, bois et fruits, sont par contre intelligemment rendus. Le jeu des divers  reflets à la surface du  vase de porcelaine noir  sont magnifiques et tout a fait dans le genre de ce que Liotard aurait pu peindre.

Rappel biographique : Le peintre genevois Jean-Etienne Liotard (1702-1789) a voyagé à Naples, à Rome, à Constantinople, à Vienne, en Hollande et à Londres. Surnommé le peintre turc à cause du costume oriental qu'il avait choisi de porter depuis son passage à Constantinople, il a peint beaucoup de portraits (dont celui d'un pape) et un nombre très restreint de natures mortes. Collectionneur, expert en peintures pour les anciens maîtres, il est également l'auteur d'un Traité des principes et des règles de la peinture (1781). Son œuvre varié et prolifique est reconsidéré depuis les années 2000 à travers de nombreuses rétrospectives. Jean-Étienne Liotard est né en république de Genève le dernier né d'une fratrie, dont un frère jumeau, Jean-Michel (1702-1796), sera  un célèbre dessinateur et graveur. Peu de détails semblent nous être parvenus sur son enfance. En 1720, Antoine, son père est en partie ruiné à la suite du krach du système de Law3. Malgré tout, Jean-Étienne Liotard reçoit l'enseignement du miniaturiste et professeur de dessin genevois Daniel Gardelle (1673-1753), qu'il surpasse au bout de quelques mois dans l'art de la copie1. Puis, il entre au service de Jean-Louis Petitot (1692-1730), dont il copie les émaux et des miniatures avec une remarquable compétence. Par la suite, il mèna une vie de voyages et d'aventures toujours abondamment nourrie de portraits des célébrités ou  des anonymes qu'il  croisait  et qui le conduisirent à devenir un des peintres les plus célèbres de son temps.
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dimanche 14 juillet 2019

Nicolas-Henri Jeaurat de Bertry (1728–1796) - Nature morte à la palette du peintre...



Nicolas Henri Jeaurat de Bertry (1728-1796) 
Nature morte à la palette du peintre, pinceaux, tampon, couteaux et portfolios,  1756
Collection Particulière


Que voit-on ? A quelqu'un qui affirmait au peintre  : " Mais cette palette n'est pas une nature morte ! " Il répondit  aussitôt : " Mais oui c'en est une,  puisqu'il y a un couteau ". Réponse presque aussi saugrenue que la question  et magnifique petite toile, composée sans doute pour fêter la réception  du peintre à L'Académie Royale de peinture en cette même année 1756. Cette œuvre à la fois ironique et émouvante est toujours restée dans des collections privées et son passage récent dans une salle des ventes française la conforter dans cette belle carrière !

Rappel biographique : Fils d’Edme Jeaurat, graveur du Roy, Jeaurat de Bertry a étudié avec son oncle, le peintre Etienne Jeaurat. Il a établi sa réputation dans la nature morte, genre où il excellait, réussissant à saisir les objets de la vie quotidienne avec un détail et une vitalité rappelant le maitre du genre, Chardin, mais pour un critique comme Théodore Lejeune : « Autant Chardin excelle dans le clair-obscur, autant Jeaurat est cru et sec. » Fait remarquable et rare,  il a été à la fois nommé et reçu, par accord verbal de l’assemblée, académicien et professeur à l’Académie royale de peinture et de sculpture, le même jour, le 31 janvier 1756, avec deux natures mortes comme morceaux de réception : l’un, Ustensiles de cuisine près d’un petit fourneau en terre allumé qui rappelle l’esprit de Chardin et l’autre ses trophées militaires.
L’année suivante, il a prйsentй au Salon de 1757 trois natures mortes représentant des instruments de musique, une allégorie de la guerre, une de la science, qui ont attiré une critique favorable du Mercure d’octobre : « On a vu avec plaisir trois tableaux de M. Jeaurat de Bertry : ils sont d’une belle imitation et bien grouppés. » 
On ignore où se trouvent ses dernières oeuvres, mais le tableau aux instruments de musique, signé et daté de 1756, actuellement dans les collections du musée Carnavalet, semble être le premier de ces trois tableaux au Salon. Quelques natures mortes de la Réunion des Musées Nationaux (dont celui de Cambrai) attribuées un temps par erreur à Chardin et à Henri- Horace Roland de La Porte, l’un contenant même son monogramme  "JB", lui ont récemment été réattribués.
En 1761, il est nommé peintre et pensionnaire de Marie Leszczynska et signe ses lettres du titre de « peintre de la Reine ». Reconnu, il quitte Paris pour s’installer Versailles où il résidera jusqu’à la mort de la reine en juin 1768. Le 1er juillet de la même année, il reçoit une pension de 400 livres de gratification annuelle, « en considération des services qu’il a rendus а la feue Reine, pour l’amusement de cette princesse dans l’art de la peinture. » Il repart alors pour Paris d’où il ne sortira plus , exception faite d’un second séjour de quatre ans à la cour.
Pendant la Révolution, il se concentrera sur le portrait, certains de nature satirique voilée, ainsi que sur les constructions allégoriques comportant des portraits, le drapeau tricolore, les pyramides et l’oeil maçonnique. Au Salon de 1796, il expose le Portrait du Citoyen Gelé à l’instant où il reçoit le brevet d’imprimeur de la Gendarmerie nationale. Au même Salon, il expose encore une Vue de la collégiale et du pont de Corbeil, où il évoque  sa propre disparition avec un coche descendant passant sous le porche de la collégiale.
Le fait qu'il fut comblé d'honneur par la reine, ne lui valut pas que des amis et l'on fut bien sévère avec ce peintre dont le talent mérite aujourd'hui largement d'être débarrassé des jalousies opportunistes de son époque.
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samedi 13 juillet 2019

Robert Falk (1886-1958) - Nature morte au Trèfle


Robert Falk  (1886-1958)
Nature morte au Trèfle, 1910-11
Huile sur toile, 54 x 61 cm
Collection particulière

Rappel biographique  : Le peintre russe Robert Rafaïlovitch Falk (Роберт Рафаилович Фальк) est un des représentants majeurs de  l'avant-garde russe. Entrainant dans son sillage plusieurs autres jeunes peintres de son pays, il est l'initiateur, en 1910, du Valet de Carreau et l'un de ses représentants principaux. Fasciné à ses débuts par l'oeuvre de Paul Cézanne, il défend le postimpressionnisme.  En 1918, au debut de la révolution bolchevique,  il rejoint la section Arts plastique (Izo) créée par le Commissariat populaire à l'instruction, au collège du Narkompros à Moscou.
Entre 1918 et 1928, il enseigne la peinture  à l’Institut supérieur d’art et de technique (Vkhoutein). En 1928, il se rend en France, théoriquement pour un séjour censé être de courte durée mais il refuse de repartir et s'installe à Paris jusqu'en  ou il travaille pendant 10 ans. 1938,
Entre  1938 et 1958, il revient à Moscou vit dans un relatif isolement et  travaille, principalement pour le théâtre.  Les œuvres de cette période sont néo-impressionnistes, assez proches des dernières peintures de son ancien professeur Valentin Serov Après la la déstalinisation, Robert Falk devint très populaire parmi les jeunes peintres et beaucoup l'ont considéré comme un trait d'union entre les traditions nationales russes et l'art moderne français du début du 20e siècle  mais aussi  entre la première avant-garde russe et la deuxième, celle des années 1960.

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vendredi 12 juillet 2019

Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) - Nature morte avec un épagneul pourchassant un canard



Jean-Baptiste Oudry  (1686–1755)
Nature morte avec un épagneul pourchassant un canard 
Huile sur toile, 1719 ( 141x 114cm)
Nationalmuseum Stockholm

Que voit on ? Sous le titre assez anodin de Nature avec  épagneul poursuivant des canards, ce qui est en effet une partie du sujet, c'est bien d'une nature morte aux poissons que propose là Oudry, le maître français du genre ....et quelle !   Rarement une telle profusion et  une telle variété d'espèces se seront retrouvées ensemble dans un si petit espace (pas is petit d'ailleurs puisque la toile mesure 1mètre 41 sur 1 mètre 14, ce qui est plutôt grand pour une nature morte. Comme d'habitude chez Oudry, il faut se méfier de ce que l'on voit car le plus important étant ce que l'on ne voit pas  !
Ainsi outre les canards et l'épagneul  fou annoncé :  des anguilles, une raie, (qui annonce déjà celle de Chardin,  des saumons (entiers et découpés), des truites, et même une mouette qui s'est trouvée sans doute prise au piège de ce massacre savamment orchestré ! Un chef d'oeuvre  absolu du genre, bien  digne de l'extraordinaire collection de toiles d'Oudry que possède le le Musée national de Suède à Stockholm. 

Rappel biographique : Le peintre et graveur français Jean-Baptiste Oudry est surtout célèbre pour ses peintures de chiens de chasse, ses natures mortes animalières et ses animaux exotiques. Fils de Jacques Oudry, maître peintre et marchand de tableaux sur le Pont Notre-Dame, et de sa femme, Nicole Papillon, qui appartenait à la famille du graveur Jean-Baptiste-Michel Papillon, Jean-Baptiste Oudry étudia tout d'abord à l'Ecole de la Maîtrise de Saint-Luc, dont son père était directeur.
Il fut placé ensuite chez le grand peintre du roi Nicolas de Largillière, dont il devint bientôt l'ami. Après avoir peint quelques sujets religieux et un portait du Tsar Pierre 1er, il rencontre le marquis de Beringhen, premier écuyer du roi. Cette rencontre est décisive car le marquis commande à Oudry de nombreux ouvrages pour le roi. Dès lors on octroie à Oudry un atelier dans la cour des princes aux Tuileries et un logement au Palais du Louvre où il forma un cabinet renommé. 
Oudry suivait les chasses royales et faisait de fréquentes études dans la forêt de Compiègne.
L'intendant des finances, Fagon, le prit à son service et le chargea de rétablir la manufacture de Beauvais, tombée en décadence. Oudry s'adjoignit Boucher et Natoire pour exécuter la copie des tableaux. On lui confia également l'inspection de la manufacture des Gobelins, où l'on exécutait les tapisseries des chasses du roi d'après ses tableaux.
Jean-Baptiste Oudry a peint le portrait, l'histoire, les chasses, le paysage, les animaux, les fruits, les fleurs ; il a imité les bas-reliefs ; il a fait du pastel, de la décoration ; il aussi gravé à l'eau-forte. On lui doit deux conférences qui furent lues à l'Académie, « Sur la manière d'étudier la couleur en comparant les objets les uns avec les autres » et « Sur les soins que l'on doit apporter en peignant ». Oudry a laissé un grand nombre de dessins dont les plus connus sont les 275 dessins qui servirent à l'édition dite des Fermiers généraux des Fables de La Fontaine, gravées par  Charles-Nicolas Cochin. Il est également l'auteur d'un Almanach de rébus paru en 1716.

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jeudi 11 juillet 2019

Nicolas de Largillière (1656-1746) - Perdrix rouge dans une Niche

Nicolas de Largillière (1656-1746) Perdrix rouge dans une Niche, ca.1680-1685 Huile sur toile, 71 x 58 cm Musée du Petit Palais, Paris

Nicolas de Largillière (1656-1746)
Perdrix rouge dans une Niche, ca.1680-1685
Huile sur toile, 71 x 58 cm
Musée du Petit Palais, Paris

Que voit-on ? Encore une nature morte pas "politiquement correcte"  du tout, puisque l'on y voit la présence d'oiseaux morts mis en scène de façon assez macabre (pendu par une patte ou entassés sur un rebord de niche). Cette composition était cependant  tout à fait séduisante à l'époque où elle fut peinte ! Replaçons la donc dans son contexte historique et admirons sans remords la maitrise des couleurs déployée par Nicolas de Largillière plus enclin à brosser des portraits des grands de son temps qu'à s'abîmer dans le genre, alors mineur, de la nature morte.

Rappel biographique : Avec Hyacinthe Rigaud, Nicolas de Largillière (ou Largillierre) est le grand maître du portrait en France à la fin du règne de Louis XIV et au début de celui de Louis XV. On peut toutefois dire presque sans exagération, bien qu'il soit né à Paris, que ce n'est pas un peintre français. Sa formation se fit, en effet, d'abord à Anvers, puis surtout en Angleterre, où il séjourna six ans, travaillant dans l'atelier de Sir Peter Lely. À travers Lely, c'est la leçon de Van Dyck qu'il recueille, pour ensuite introduire cet enseignement dans le climat parisien. A l'exclusion de son célèbre  portrait de LouisXIV et de ses enfants, conservé à la Wallace Collection (Londres),  c'est surtout la bourgeoisie qu'il peindra, laissant l'aristocratie au pinceau de Hyacinthe Rigaud, le portraitiste officiel de Versailles.  
À sa mort, Largillière laisse derrière lui une tradition renouvelée pour le portrait ; il est en outre le maître de Jean-Baptiste Oudry, le grand maître français de la nature morte au 17e et 18e siècle et l'un de ceux qui ont le mieux contribué à enrichir la peinture française, à la fin du XVIIe siècle, en y faisant pénétrer les leçons flamandes. Il a peint très peu de natures mortes. Toutes sont des exemples de quasi perfection picturale. 

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mercredi 10 juillet 2019

Lilly Martin Spencer (1822-1902) - Still Life with Watermelon, Pears, and Grapes


Lilly Martin Spencer (1822-1902) 
Still Life with Watermelon, Pears, and Grapes (c. 1860) 
Oil on canvas, 33.3 x 43.5 cm.
 National Museum of Women in the Arts, Washington DC

Que voit on ? Sur un entablement de pierre légèrement brisé et présentant une encoignure : pêches, raisins, poires mais surtout une tranche de pastèque délicieusement (le mot est choisi à dessein) rendue ! 

Rappel biographique : Angelique Marie Martin dite "Lilly" est l'aînée des enfants de Gilles et d'Angélique LePetit-Martin, des intellectuels français de Bretagne qui enseignent à Exeter en Angleterre. Ses parents sont profondément engagés dans la réforme sociale, travaillant pour la tempérance, l'abolition et le suffrage féminin.
Alors qu'Angélique est âgé de de huit ans, sa famille émigre aux États-Unis et l'emmène dans ses bagages. A Marietta (Ohio) où la famille s'installe, la jeune Angelique dessine beaucoup et avec un talent tel qu'elle finit par attirer l'attention de Sala Boswort alors professeur à la Pennsylvania Academy of Fine Arts et  de Charles Sullivan (1794-1867) dont l'influence est très sensible dans les premiers tableaux de Lilly. Le mécène local Nicholas Longworth, s'intéresse enfin à elle et décide de lancer sa carrière.
Une exposition de ses peintures à Marietta en 1841 alors qu'elle est à peine âgée de 19 ans est un succès, et à l'automne de la même année, elle s'installe à Cincinnati  (Ohio).
En 1844 ,elle épouse Benjamin R. Spencer et en 1848, s'installe à New York, où son travail est exposé avec succès à la National Academy of Design et à l'American Art Union. 
Sa peinture se caractérise par des scènes de genre, des paysages et quelques natures mortes puis - après la  Guerre de Secession- par des sujets plus patriotiques.  
Comme beaucoup d'artistes américains de son temps, Lilly Martin Spencer  est a peu près inconnue du public français.

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mardi 9 juillet 2019

Henri Fantin-Latour (1836 -1904) - Nature morte avec pêche et raisins




Henri Fantin-Latour (1836 -1904)
Nature morte avec pêche et raisins
Collection privée

Que voit on ? Une version différente d'un thème déjà traité par Fantin Latour en 1870. Dans la version ci dessus, la table n'est pas recouverte d'une nappe blanche comme dans la version de 1870 mais présente sion entablement en bois à l' assiette en porcelaine blanche contenant une grappe de raison blanc et une grappe de raisins rouges séparées par une pêche,et non pas une pomme comme dans la version de 1870.

Rappel biographique : Le peintre et lithographe français Henri Fantin-Latour était plus connu de son vivant pour ses portraits de femmes, ses portraits de groupes dont il rénova le style compassé et pour ses peintures allégoriques que pour ses natures mortes, pourtant admirables. Aujourd'hui c'est exactement le contraire ! Membre du groupe dit « de 1863 », puis du Cénacle des Batignolles où l'Impressionnisme serait né, Fantin-Latour fait souvent figure de chaînon entre la peinture romantique et l'impressionnisme. Ses natures mortes, fleurs ou fruits, ont souvent trouvé acquéreur grâce à son ami Whistler qui a attiré en l'attention en Angleterre sur Fantin, à une époque où la peinture impressionniste française était peu appréciée dans ce pays.

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lundi 8 juillet 2019

Patrick William Adam (1854-1930) - The dinner table



Patrick William Adam (1854-1930)
The dinner table
Private collection

Que voit on ?  Une nature morte dans la nature morte à savoir  : un élégant intérieur de maison avec sa table de salle à manger  dressée pour un diner à quatre et  un somptueux bouquet de fleur au centre de cette belle table sur laquelle rien ne manque...

Rappel biographique : Né à Edimbourg en Ecosse en 1854, Patrick William Adam a déclaré que l'idée de peindre lui est venue en observant " par les paysages émeraude luxuriants de sa patrie ". Fils d'un célèbre avocat, Patrick choisit une carrière dans les arts plutôt que dans le droit ou la politique. Après des études sous la direction de G.P. Chalmers et W. McTaggart, il partit en voyage en Italie comme à peu près tous les jeunes artistes de son temps, mais aussi en Russie. Exposé à la RSA à l'âge de 18 ans, il en devenant plus tard un membre éminent en y exposant au total plus de 164 peintures là-bas. C'est par l 'art d'un portrait qu'il commence son métier de peintre avant de se spécialiser dans la peinture de paysage. En 1902, Adam déménagea dans une maison nommée Ardilea dans Dirleton Road, à North Berwick et y resta jusqu'à sa mort en 1929. C'est dans cette maison qu'il peignit ce qui fut la marque de son oeuvre : des scènes d'intérieurs intimistes où se mêlent nature morte et paysage. La plupart de ses célèbres intérieurs ont été peints entre 1904 et 1910. Ces intérieurs, toujours réalisés d'une touche légère et aérienne ne sont pas sans rappeler le style impressionniste de Berthe Morisot, de Claude Monet et surtout d'Henri Le Sidaner. Ls sujets des intérieurs n'étant pas particulièrement courant à la RSA, les tableaux d'Adam se vendirent comme des petits pains !
« Les exemples qu'il a envoya à la Royal Academy de Londres datent de ses premières oeuvres, et il est intéressant de noter comment il créa véritablement une mode pour ce type d'oeuvre » (Patrick J. Ford, Peintures intérieures de Patrick W. Adam, RSA, 1920, p.4).
En 1913, un groupe d'artistes partageant les mêmes idées sur l'esthétique qu'Adam fondèrent avec la Société des Huit Parmi eux : F.C.B. Cadell, Sir John Lavery et James Paterson. Leur but était d'organiser des expositions privées pour montrer eux-mêmes leurs oeuvres en dehors du circuit habituels des galeries, des académies et des marchands. Les intérieurs très glamour que Cadell peignit dans les Annes 1920 trouvent sans conteste leur inspiration dans les tableaux d'Adam.
Patrick Adam exposa à la Royal Academy de Londres ainsi qu'à la RSA.

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dimanche 7 juillet 2019

Olle Hjortzberg (1872-1959) - Still life



Olle Hjortzberg (1872-1959)
Still life, 1940
Private owner

Que voit on ? Une nature morte particulièrement appropriée à l'été  dans laquelle l' artiste  explore son thème favori (les transparences des  deux objets en verre au premier plan et à l'arrière plan) en le confrontant à la diversité des textures décrite par ailleurs: bois laqué noir du plateau rond et porcelaine blanche  du bol et céramique du vase de verdure...

Rappel biographique : Gustaf Olof (Olle) Hjortzberg était un peintre et illustrateur suédois surtout connu pour ses  fresques murales dans les églises suédoises, un genre au renouveau duquel il a largement contribué. À partir de 1892, il étudie à l' Académie royale des arts de Suède. Après son mariage en 1898, il voyage avec sa femme à Paris et, en 1899, en Italie où il se rend à Florence et à Pérouse. Il s'est ensuite rendu en Syrie et en Palestine, où l'environnement oriental a influencé son art. En 1902, il visite Londres avant de retourner en Italie où il séjourne quelques temps à Rome où  il étudie les maîtres anciens avant de se rendre à Ravenne pour découvrir l'art byzantin.
En 1905, il rentre en Suède où il se consacre  presque exclusivement à l'art religieux (chrétien en particulier) concevant des vitraux pour l' église Katarina de Stockholm, puis décorant le plafond de l' église Klara avec des scènes de la vie du Christ.
Hjortzberg a également été un  illustrateur actif en contribuant à la Bible de Gustav V (publiée en 1925), en créant une affiche pour les Jeux olympiques de Stockholm (1912) et en concevant des timbres commémoratifs. Il a enseigné à l'Académie de 1911 à 1937 et a été directeur jusqu'en 1941.
Son oeuvre compte quelques natures mortes où il explore le thème de la transparence et de la diversité des textures.

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samedi 6 juillet 2019

Odilon Redon (1840-1916) et Paul Cézanne (1839-1906) - Vases de fleurs




Odilon Redon (1840-1916)
Vases de fleurs, 1896
The Norton Simon Foundation

Que voit-on ? la copie presque à l'identique d'un tableau de Cézanne conservé (par bonheur) dans le même musée américain que lui ( illustration ci-dessous), ce qui permet de les comparer facilement.
Redon, premier peintre de fleurs de sa génération, admirait les natures mortes de Cézanne au point de les copier de temps en temps.
Cette copie faite 15 ans après l'original de Cézanne fut confiée temporairement par Redon à Andries Bonger, son deuxième propriétaire, en même temps que Le Vase de fleur de Cézanne. De retour à l'atelier de l'artiste pour prendre son Cézanne, Bonger aurait confondu la copie de Redon avec l'original en s'exclamant: «Tu es vraiment trop gentil de l'avoir nettoyé ».
Un examen attentif révèle des différences évidentes entre les deux toiles : le coup de pinceau de Cézanne (ci dessous) est plus anguleux et plus expressif, sa palette plus variée et plus brillante (si un tableau a l'air "nettoyé" c'est plutôt celui de Cézanne que celui d'Odilon Redon !!!)
La toile d'Odilon Redon par contre est plus douce et plus chaude, les fleurs sont peintes avec des touches floues et plumeuses. Cézanne invente ses formes ; Redon les imite et les interprète.
Toutes les deux sont aujourd'hui également interessantes et émouvantes.




Paul Cézanne (1839-1906)
Vases de fleurs, 1880-81 
The Norton Simon Foundation 

Rappels biographiques :
- le peintre français Odilon Redon (né Bertrand-Jean Redon) est un peintre rattaché au mouvement symboliste et coloriste de la fin du 19e siècle. Son art explore les aspects de la pensée, l'aspect sombre et ésotérique de l'âme humaine, empreinte des mécanismes du rêve. Il a peint assez peu de natures mortes, La Coquille, exécutée au pastel en 1912 et présentée aussi sur ce blog, figure au nombre de ses plus célèbres toiles.

Parmi les quelques 900  tableaux et 400 aquarelles que Paul Cézanne,  ce sont  les natures mortes qui arrivent en tête , et notamment les pommes qui arrivent en tête de ses premières « obsessions picturales ». Pour Cézanne, la nature morte est un motif comme un autre, équivalent à un corps humain ou à une montagne, mais qui se prête particulièrement bien à des recherches sur l'espace, la géométrie des volumes, le rapport entre couleurs et formes : « Quand la couleur, est à sa puissance, la forme est à sa plénitude » disait-il. Incomprises en leur temps, les natures mortes de Cézanne sont devenues depuis lors l'un des traits caractéristiques de son génie.
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vendredi 5 juillet 2019

William Merritt Chase (1849-1916)- Fish and Still Life



William Merritt Chase (1849-1916)
Fish and Still Life (1904-1909) 
Dallas Museum of art 

Que voit-on ? Comme l'indique avec précision le titre Un poisson et une nature morte, le peintre tenant à établir visiblement une différence entre les deux. La nature morte dans le cas précis se compose donc d'une soupière en porcelaine blanche  de laquelle dépasse... une queue de poisson  , d'une cruche en cuivre et de tomates.  Le poisson sur la table ne fait donc pas encore partie de la nature morte mais tout laisse à penser que son heure va bientôt sonner ! 



Rappel biographique : Le peintre américain William Merritt-Chase était très connu outre Atlantique, pour ses talents de pédagogue et pour le rôle qu'il a joué dans l'introduction de l'impressionnisme aux Etats Unis.  Il installa sa propre école à New York,  la « Chase school » (aujourd'hui  Parsons), après avoir enseigné quelques années à l'Art Students League. Il a travaillé sur toutes sortes de supports : huile, pastel, encre et aborder de nombreux genre, paysages, natures mortes, portraits. Ce sont d'ailleurs surtout ses portraits de grandes personnalités de son temps qui le rendirent célèbre, au point que toute la bonne société de la Nouvelle Angleterre et de New York se pressait à la porte de son atelier  pour se faire peindre.  
Les quelques natures mortes qu'il a peintes mettent généralement en scène des poissons ou des casseroles... comme ci-dessus  !
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jeudi 4 juillet 2019

Philippe Rousseau (1816-1887) - Nature morte avec oignon de jacinthe


 


Philippe Rousseau (1816-1887)
Nature morte avec oignon de jacinthe, c. 1850.
Collection Particulière

Que voit on ? Posé sur un entablement de pierre brisée tout à fait semblable à ceux des natures mortes des 17e et 18 e siècle,  au centre de la composition : un vase en verre transparent rempli plein d 'eau  alimentant généreusement un oignon de jacinthe qui, dans de telles conditions, ne manquent pas de fleurir abondamment.  Les racines  aussi se développent  dans le vase  dans un jeu de reflets  qui atteint la perfection technique. A gauche du vase, un pot en terre cuite et une petite pelle de jardinier qui a servi a planté dans la terre les crocus qui s'y développent déjà. A  droite du vase, un oignon flétri...

Rappel biographique : Philippe Rousseau est un peintre français, élève d'Antoine-Jean Gros et de Jean-Victor Bertin à l'Ecole des beaux-arts de Paris. Il débute comme paysagiste, puis peint des natures mortes et des sujets animaliers. Il expose au Salon à partir de 1834.
Le succès lui vint à partir de 1840 avec ses illustrations des Fables de La Fontaine notamment.
Par la suite, l'afflux de commandes l’incitère à diversifier son propos. Ses natures mortes, deviennent plus ambitieuses  tout en restant  des pastiches des Hollandais du XVIIe siècle,   oscillant toutefois entre intimisme hérité de Chardin, grande fraicheur du traitement et pompe académique. Philippe Rousseau n’en reste pas moins un de ces peintres du XIXème qui a revalorisé le terme réducteur de Nature Morte. Il connut un réel succès en son temps avec des récompenses aux Salons, des commandes de la cour impériale française ou encore du Baron James de Rothschild (un de ses principaux mécènes) et l'admiration de Baudelaire.
En 1845, Charles Baudelaire écrit : « M. Philippe Rousseau dont chacun a souvent remarqué les tableaux pleins de couleurs et d'éclat, est dans un progrès sérieux. C'était un excellent peintre, il est vrai ; mais maintenant il regarde la nature avec plus d'attention, et s'applique а rendre les physionomies. J'ai vu dernièrement, chez Durand-Ruel, des canards de M. Rousseau qui étaient d'une beauté merveilleuse, et qui avaient bien les moeurs et les gestes des canards ».
Aujourd'hui particulièrement bien représenté dans les collections privées et publiques néerlandaises, Philippe Rousseau qui a enfin récupéré son statut de grand peintre, se trouve conservé au Musée Orsay à Paris, au Metropolitan de New-York, à Munich et dans beaucoup de musées des beaux-arts comme Lyon, Rouen, Compiègne, Lille... qui lui sont toujours restés fidèles.
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mercredi 3 juillet 2019

Pierre Bonnard (1867-1947) - Petit déjeuner sous la tonnelle


Pierre Bonnard (1867-1947)
Petit déjeuner sous la tonnelle, 1908 
Collection privée 

Que voit on  ? Une nature morte assez classique (cafetière, théière, tasses, verre, serviette et rond de serviette, nappe...) dans la lumière d'un  petit matin d 'été. Peut-on encore parler de nature morte devant tant de nature vivante  et lumineuse ?

Rappel biographique : le peintre français Pierre Bonnard est connu pour ses peintures de personnages, ses nus, ses portraits, ses paysages animés, ses intérieurs et ses natures mortes de fleurs et fruits. Bonnard est un artiste post-impressionniste, membre du groupe des Nabis, par lesquels il fut surnommé le Nabi japonard. En réaction à l'impressionnisme, les Nabis veulent libérer leur peinture des exigences du réalisme : « Ensemble, nous avons méprisé l'école et les écoles, les rapins, leurs traditions, leurs farces et leurs bals inutilement nudistes. Ensemble nous nous sommes sérieusement amusés ». Les artistes nabis cherchent des voies plus spirituelles au contact de philosophies et de doctrines nouvelles teintées d'Orient, d'orphisme, d'ésotérisme, et de théosophie. Ils s'appliquent à retrouver le caractère « sacré » de la peinture et à provoquer un nouvel élan spirituel par le seul moyen de l'art.
Une fois devenu célèbre, Pierre Bonnard fut connu pour ne pouvoir s’empêcher de retoucher ses toiles une fois celles-ci achetées et exposées dans un musée. Ses amis appelaient ça « bonnarder » ou « bonnardiser ». Un journaliste relate cette attitude devenue visiblement coutumière. « Au  musée de Grenoble et au Musée du Luxembourg, il  arriva à Bonnard de guetter le passage d'un gardien d'une salle à l'autre, de sortir d'une poche une minuscule boîte garnie de deux ou trois tubes et, d'un bout de pinceau, d'améliorer furtivement de quelques touches un détail qui le préoccupait. Et, son coup fait, de disparaître, radieux, comme un collégien après une inscription vengeresse au tableau noir. »

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mardi 2 juillet 2019

Piet Mondrian (1872-1944) - Apples, Ginger Pot, and Plate on a Ledge, 1901



Piet Mondrian (1872–1944) 
Apples, Ginger Pot, and Plate on a Ledge, 1901
Watercolour, gouache and charcoal on paper 38 x 56 cm
Private collection (by Sotheby's New York)


Que voit on ? Cette très interessante aquarelle de Mondrian est donc la première d'une série qui devait se conclure en 1912 par le célèbre exemplaire aujourd'hui conservé au Solomon Guggenheim Museum à New York (publié en 2015 dans ce blog), série qui englobait aussi l'exemplaire réalisé en 1911 (publié aussi dans ce blog en 2014). 
A travers ces trois oeuvres sur un même thème,  on voit  bien comment le style de Mondrian, pionnier puis chantre de l'abstraction a évolué du premier exemplaire de 1901 ci-dessus extrêmement classique (pour ne pas dire académique!) au dernier de 1912  plus proche des grands aplats abstraits de couleurs primaires, sur-lignées de traits noirs qui ont rendu cet immense peintre célèbre. 

Rappel biographique : A l 'époque où Mondrian peint ce tableau, et malgré l'opposition farouche de son père à le laisser s'inscrire aux Beaux arts, il a déjà été initié par son oncle à la peinture de plein air, une innovation dans les années 1880, un héritage de Johan Barthold Jongkind et de l'Ecole de La Haye. Plus généralement après 1900, les tableaux de Mondrian cherchent à faire voir des idées, et semblent proche du mouvement symboliste.
Connu pour être un des pionniers de l'abstraction, il écrit dès janvier 1914 écrit : « Je construis des lignes et des combinaisons de couleurs sur des surfaces planes afin d'exprimer, avec la plus grande conscience, une beauté générale. La nature (ou ce que je vois) m'inspire, me met, comme tout peintre, dans un état émotionnel qui me pousse à créer quelque chose, mais je veux rester aussi près que possible de la vérité et à tout extraire, jusqu'à ce que j'atteigne au fondement (qui ne demeure qu'un fondement extérieur !) des choses […]. Je crois qu'il est possible, grâce à des lignes horizontales et verticales construites en pleine conscience, mais sans ‘‘calcul’’, suggérées par une intuition aigüe et nées de l'harmonie et du rythme, que ces formes fondamentales de la beauté, complétées au besoin par d'autres lignes droites ou courbes, puissent produire une œuvre d'art aussi puissante que vraie »

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lundi 1 juillet 2019

Oscar Dominguez (1906-1957)- Nature morte aux pommes dans une coupe,



Oscar Dominguez (1906-1957)
Nature morte aux pommes dans une coupe, 1950
huile sur toile, 41 x 33.1 cm 
Collection privée

Que voit on ? Trois pommes vertes  dans une coupe en porcelaine blanche posées sur un entablement vert.  Une des pommes pointe une de ses feuilles. L'aspect étrange et surréaliste de l'ensemble est donné par l'objets qui se trouve au premier plan, un grand cercle noir posé sur pied qui ressemble fort a un miroir  qui ne réfléchirait rien... comme une sorte de trou noir portatif !  

Rappel biographique : Óscar Domínguez est un peintre surréaliste espagnol qui a fait l'essentiel de sa carrière à Paris dans le groupe des Surréalistes. Il vient à Paris pour la première fois en 1927, pour surveiller les affaires de son père, riche négociant agricole à Ténérife. Il en découvre la vie nocturne, dépensant l'argent familial. En 1928, il rentre à Tenerife pour effectuer son service militaire et commence à exposer. Revenu à Paris dès 1929, il doit à la mort de son père, en 1931, gagner sa vie en réalisant des illustrations pour la publicité.
Ses premières toiles surréalistes datent de 1932. Il est, en 1934, intégré au groupe parisien dans lequel il introduit, selon André Breton, « le sifflement ardent et parfumé des îles Canaries. » Domínguez participe jusqu'en 1940 aux expositions du groupe.
Sous l'Occupation, il séjourne à Marseille, à la villa Air Bel et travaille au fameux Croque fruit. Il rejoint fin 1941 son ami le poète Robert Rius à Paris et participe aux activités du groupe la Main à plume, dont il est l'un des principaux illustrateurs. Pendant cette période, il réalise sa première exposition personnelle à la galerie Louis Carré (1943) où il montre une œuvre marquée de plus en plus par l'influence de Picasso. Après la guerre, cette évolution picturale lui vaut d'être écarté par Breton.
Surnommé « le dragonnier des Canaries » par André Breton, « l'ours mal léché à la tête d'hidalgo gigantesque » par le photographe Brassaï, ou plus simplement « Putchie » par sa maîtresse la vicomtesse de Noailles, Domínguez, personnage extrême, mythique, peut se montrer violent.
Provocateur, il avait présenté en décembre 1945, lors de la grande exposition « Surréalisme » de Bruxelles, une inscription murale géante :
« Je souhaite la mort de trente mille curés toutes les trois minutes. »
Óscar Domínguez se donne la mort en s'ouvrant les veines le 31 décembre 1957 dans son atelier de la rue Campagne-Première à Montparnasse. Avec lui disparaît le dernier peintre maudit de Montparnasse.

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dimanche 30 juin 2019

Henri Matisse (1869-1954) - La Table au café


Henri Matisse (1869-1954) 
La Table au café, c. 1899 
Huile sur toile, 40.6 x 32.7 cm. 
(Harriet Lane Levy Bequest).

Que voit on ? Une tasse à café sur une table de café (élément qui donne son nom à la toile).
 Une peinture de jeunesse  de Matisse  ce qui n'enlève rien a la beauté de cette composition et cette pate, d'autant que Matisse  a rarement peint des détails comme ceux-ci par la suite ...

Rappel Biographique : Henri Matisse, peint son premier tableau, Nature morte avec livres et chandelle en juin 1890. Peu après, il se rend à Paris. En 1892, il rencontre Albert Marquet à l'École des Arts déco puis s'inscrit en 1895, à l'École des beaux-arts, dans l'atelier de Gustave Moreau. L'enseignement du maître encourage ses élèves à penser leur peinture, à la rêver, au-delà de la virtuosité technique. Matisse, comme ses condisciples, Georges Rouault, Léon Lehmann, Simon Bussy, Eugène Martel, Albert Huyot ou Henri Evenepoel, est stimulé par cette conception de la peinture et entend développer la sienne selon son individualité. Gustave Moreau, lors d'une correction, lui dit : « Vous allez simplifier la peinture. »
Cette prophétie peut être considérée comme le programme esthétique de l'œuvre d'Henri Matisse.
En 1896, Matisse expose pour la première fois au Salon des Cent et au Salon de la Société nationale des beaux-arts, dont il devient membre associé sur proposition de Pierre Puvis de Chavannes. Cette fonction lui permet notamment d'exposer sans passer par un jury. Il passe l'été à Belle-Île-en-Mer et rencontre l'Australien John Peter Russell, qui l'introduit auprès d'Auguste Rodin et Camille Pissarro. Il commence à s'intéresser à la peinture impressionniste qu'il découvre en 1897 au musée du Luxembourg. Il est alors un peintre classique de natures mortes réalistes aux textures amples. Pour gagner sa vie, Matisse et Marquet travaillent comme peintre décorateurs à la journée, pour les décorateurs de théâtre.
En voyage à Londres, sur les conseils de Pissarro, Matisse découvre la peinture de Joseph Mallord William Turner, puis il part s'installer en Corse où il habite dans la Villa Rocca. A Ajaccio, il peint une cinquantaine de toiles dont Le Mur rose qui représente l'arrière de l'hospice Eugénie vu depuis la Villa de la Rocca. Matisse s'inspire alors de Turner.
En 1899, il découvre le traité de Paul Signac, D’Eugène Delacroix au néo-impressionnisme.
À partir de 1900, Matisse travaille la sculpture et le modelage, à l'Académie de la Grande Chaumière, sous la direction d'Antoine Bourdelle et fréquente également l'atelier d'Eugène Carrière. Il y fait la connaissance d'André Derain et de Jean Puy. Derain lui présente Maurice de Vlaminck. Il expose au Salon des indépendants (1901) et participe à la première édition du Salon d'automne (1903)
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samedi 29 juin 2019

Felix Vallotton (1865-1925) - Pommes, pichet, verre d'eau et casserole





Felix Vallotton (1865-1925)
Pommes, pichet, verre d'eau et casserole 
Collection privée 

Rappel biographique : Félix Vallotton, peintre d'origine suisse naturalisé français en 1900, est un artiste à cheval sur deux siècles, deux pays et plusieurs tendances esthétiques, des Nabis à la Neue Sachlichkeit (Nouvelle Objectivité). S'il est aujourd'hui moins connu en France qu'en Suisse, c'est pourtant à Paris, dans les années 1890, que ses gravures sur bois novatrices lui ont valu une renommée qui s'est rapidement étendue à l'Europe entière. Tout au long de sa vie le " Nabi étranger ", comme il était surnommé, s'est intéressé à une gamme étendue de sujets récurrents - intérieurs, toilettes, nus féminins, paysages, natures morte, rendus étranges par son style lisse et froid, aux couleurs raffinées, aux découpages et aux cadrages audacieux. Et bien qu'il ne fût pas toujours compris par la critique de son temps, Vallotton a su s'imposer comme une figure en vue de la scène artistique parisienne et trouver sa place dans le courant moderne, notamment en participant à de nombreuses manifestations internationales d'avant-garde devenues mythiques. C'est surtout à  partir de 1910, que Félix Vallotton s’intéresse au genre de la nature morte et le transforme dans chacune de ces toiles.

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vendredi 28 juin 2019

Bernard Buffet (1928-1999) - Nature morte aux poissons




Bernard Buffet (1928-1999)
Nature morte aux poissons, 1950
Musée Bernard Buffet de Surugadaira, Japon

Que voit on ? Posés sur une entablement géométrique blanc : deux poissons dont un espadon, une saucière blanche, une lampe à pétrole et une bouteille d'huile. Le style est encore celui des premières natures mortes très dépouillés du peintre mais commence à évoluer vers cette manière plus baroque que l'intelligentsia parisienne lui reprochera tant par la suite...

Rappel biographique : Bernard Buffet est un peintre français expressionniste, qui a peint aussi bien des personnages que des figures, animaux, nus, paysages, intérieurs, natures mortes, fleurs. Aquarelliste, c'est également un peintre de décors de théâtre et un illustrateur. Il remporte le concours d’entrée de l'École nationale supérieure des beaux-arts en décembre 1943 à quinze ans, passant deux ans dans l'atelier du peintre Eugène Narbonne où il est déjà considéré comme très doué. Il s'y lie notamment d'amitié avec les peintres Maurice Boitel et Louis Vuillermoz.
En 1947, il expose L'Homme accoudé au Salon des indépendants et en décembre a lieu sa première exposition particulière présentée par Pierre Descargues, à la Librairie des impressions d'art. On y reconnait déjà un graphisme très caractéristique qui sera tout au long de sa vie, la marque du peintre. L'État, par l'intermédiaire de Raymond Cogniat, lui fait son premier achat pour le Musée national d'art moderne de Paris avec la peinture Nature morte au poulet. En 1955, il obtient la première place au référendum organisé par la revue Connaissance des arts désignant les dix meilleurs peintres de l'après-guerre. Il peint les maquettes des décors et des costumes pour La Chambre argument de Georges Simenon qui devient son ami. Élu à l’Académie des beaux-arts au fauteuil de Paul Jouve, Bernard Buffet est alors le plus jeune académicien jamais élu sous la coupole.
En 1978, à la demande de l’administration des postes, Bernard Buffet réalise une maquette pour un timbre de trois francs L’Institut et le Pont des arts. À cette occasion le musée postal à Paris présente une exposition rétrospective de ses œuvres. Dans les années 1970-80, Bernard Buffet est un artiste au sommet de sa gloire que les critiques n'épargnent pas, comme tout artiste qui connait un grand succès de son vivant. Ils lui reprochent principalement le " statisme " de sa touche dans laquelle ils décèlent peu d'évolutions au cours des années, le traitant volontiers de " peintre académique ".
Au début des années 1980 son œuvre immense, est plus appréciée à l'étranger qu'en France, et principalement en Extrême Orient, aux Etats-Unis, en Amérique du sud et au surtout Japon où elle connait un succès considérable et où lun musée est spécifiquement construit pour lui à Surugadaira, ce qui, à cette époque, est inédit pour un peintre vivant.
En 1986, sa femme et modèle favori, Annabel, publie D’amour et d’eau fraîche ; la même année sortent les deux premiers volumes de la monographie de Yann Le Pichon, Bernard Buffet, couvrant la période 1947-1982, qui obtiennent immédiatement le Prix Élie Faure.
Bernard Buffet, diminué par la maladie de Parkinson, se suicide par asphyxie, le 4 octobre 1999, dans son atelier du Domaine de la Baume près de Tourtour (Var), étouffé dans un sac en plastique noir sur la surface duquel son nom était dessiné avec sa calligraphie si caractéristique ; dernière mise en scène un rien macabre d'un très grand artiste du 20e siècle, qui toute sa vie avait adoré mettre en scène sa propre existence. En novembre 2007, paraît le troisième et dernier volume de la monographie de Yann Le Pichon, couvrant la période de 1982 à 1999.
En 2016- 2017, le MAM (Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris), rend hommage au peintre à travers une exposition où sont présentées toutes les acquisitions du musée faites dans les années 47- 55 et quelques chef d'oeuvres prêtées par le Musée Bernard Buffet de Surugadaira.

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