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dimanche 5 avril 2020

Alexandre-François Desportes (1661-1743) - Nature morte de Gibiers et de Fruits




 


Alexandre-François Desportes (1661-1743)
Nature morte de Gibiers et de Fruits
Huile sur toile 102,5 x 83 cm
Collection privée (Briscadieu, Bordeaux)

Que voit on ? Une ature morte caractéristique de l'époque de la Régence en France qui en rappelle une autre portant exactement le même titre de Nature morte au fruits et au gibiers, peinte en 1706 et  conservée MuMa.  Celle-ci, peinte 10 ans plus tard en 1716, présente  dans une niche en marbre, ornée d’une fontaine en forme de dauphin en bronze doré se déversant dans une vasque en marbre sculptée en gigantesque coquillage trilobé, une profusion exubérante de fruits et de gibiers très précisément ordonnés en fonction de leurs textures et de leurs coloris.
 En plein centre de la composition, attachés par les pattes comme c'était déjà l'usage dans les natures mortes de la Rome antique : un lièvre, une perdrix grise, deux canards col-vert, une sarcelle d’hiver et un vanneau.Chacun des trois lobes de la vasque est occupé par des fruits : à droite, dans une corbeille en osier, des oranges amères, une grenade éclatée, et une branche d’oranger ; à gauche, dans un bol en porcelaine chinoise monté en bronze doré, des pommes Calville sur lesquelles est perché un perroquet gris du Gabon, observant le trophée de gibier. Situées à même la vasque, des pommes d’Api, deux poires de Bon-Chrétien et une grenade éclatée complètent cette somptueuse composition.
Selon une note de Pierre Jacky, le spécialiste de Desportes : " En 1716, l’activité essentielle de Desportes se trouvait être pour le Régent qui venait de s’installer, après la mort de Louis XIV, au Palais Royal. Dès les premiers mois de 1716, le Régent avait demandé à Oppenordt, d’agrandir et mettre au goût du jour ses appartements. Nous ne pouvons exclure que cette fontaine à décor de dauphin puisse avoir été copiée par Desportes d’après un modèle nouvellement crée pour le Palais Royal. "
Merci à Jean-Luc Raynaud.

Rappel biographique : Issu d’une famille modeste, Alexandre-François Desportes à ne pas confondre avec Nicolas Desportes ou Jean Desportes, deux autres peintres de nature mortes ayant vécu à la meme époque)  était destiné à être paysan mais, à la suite d’une longue période de convalescence, il s’initia au dessin et acquit peu à peu une grande maitrise de cette technique. Il devint l’élève de Nicasius Bernaerts d'origine flamande, alors membre de l’Académie royale et spécialisé dans la peinture animalière et de Frans Snydersil s’est largement imprégné de la tradition flamande. Au cours de ses premières années, il découvrit ainsi la peinture flamande dont il va subir l’influence tout au long de sa carrière.  A la mort de Bernaerts, Desportes ne se fia plus qu’à la nature. En 1695-1696, il fut nommé portraitiste à la cour de Pologne avant d’être rappelé en France où il abandonna le genre du portrait pour se consacrer presque exclusivement à la peinture animalière. Reçu à l’Académie royale en 1699, il participa à la décoration de la ménagerie de Versailles. Outre la peinture animalière, Alexandre-François Desportes se distingua aussi par ses natures mortes où il excella véritablement. On y perçoit l’approche réaliste flamande qui se traduit aussi bien dans les fonds de paysage que dans le rendu riche et méticuleux des matières alliée à une délicatesse alors réputée être très française.

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2020 - A Still Life Collection
Un blog de Francis Rousseau

vendredi 3 février 2023

Alexandre-François Desportes (1661-1743) - Des pêches, des prunes et deux bécasses

Alexandre-François Desportes (1661-1743) Des pêches, de prunes, des figues et des bécasses Musée des beaux arts de Lyon


Alexandre-François Desportes (1661-1743)
Des pêches, de prunes et deux bécasses
Musée des beaux arts de Lyon

 Que voit on ?  Titre explicite qui fait sourire aujourd 'hui mais qui n'avait pas encore ce contenu ironique à l'époque de Desportes. Peintre du roi, de grande notoriété et réputation,  Desportes peignit plusieurs tableaux avec ces éléments et il est très difficile de ne pas faire de  confusions entre eux d'autant que beaucoup sont conservés das le même  (magnifique) musée lyonnai...


Rappel biographique : Issu d’une famille modeste, Alexandre-François Desportes à ne pas confondre avec Nicolas Desportes ou Jean Desportes, deux autres peintres de nature mortes ayant vécu à la même époque) était destiné à être paysan mais, à la suite d’une longue période de convalescence, il s’initia au dessin et acquit peu à peu une grande maitrise de cette technique. Il devint l’élève de Nicasius Bernaerts d'origine flamande, alors membre de l’Académie royale et spécialisé dans la peinture animalière et de Frans Snyders, il s’est largement imprégné de la tradition flamande. Au cours de ses premières années, il découvrit ainsi la peinture flamande dont il va subir l’influence tout au long de sa carrière. A la mort de Bernaerts, Desportes ne se fia plus qu’à la nature. En 1695-1696, il fut nommé portraitiste à la cour de Pologne avant d’être rappelé en France où il abandonna le genre du portrait pour se consacrer presque exclusivement à la peinture animalière. Reçu à l’Académie royale en 1699, il participa à la décoration de la ménagerie de Versailles. Outre la peinture animalière, Alexandre-François Desportes se distingua aussi par ses natures mortes où il excella véritablement. On y perçoit l’approche réaliste flamande qui se traduit aussi bien dans les fonds de paysage que dans le rendu riche et méticuleux des matières alliée à une délicatesse alors réputée être très française.

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2023 - A Still Life Collection
Un blog de Francis Rousseau


mercredi 10 juillet 2024

Alexandre-François Desportes (1661-1743)- Nature morte de fruits dans un paysage

 

Alexandre-François Desportes (1661-1743) Nature morte de fruits dans un paysage Musée des beaux-arts de Lille

 

Alexandre-François Desportes (1661-1743)
Nature morte de fruits dans un paysage
Musée des beaux-arts de Lille

Que voit-on ? Francois Desportes maîtrise ici les éléments qui font de lui un des plus grands artistes du 18e siècle français dans le genre de la nature morte et du paysage. Il livre ici une vision poétique, harmonieuse, presque romantique d’un paysage parfaitement ancré dans le raffinement du siècle.
Les éléments de nature morte révèlent pleinement la parfaite connaissance des œuvres de Louyse Moillon, François Garnier et Pierre Dupuis. Il associe le fond de paysage qui est une de ses grandes inventions en extérieur. En effet, Desportes est un des premiers artistes à s’intéresser à la peinture du paysage réel. C’est à partir de 1700 qu’il se consacre à la réalisation de nombreuses études de paysages et de plantes réalisées in situ. Ces études faites d’après nature sont autant de motifs ornementaux destinés aux grandes natures mortes qu’ils commencera à peindre dans les années 1704-1708.

Rappel biographique : Issu d’une famille modeste, Alexandre-François Desportes à ne pas confondre avec Nicolas Desportes ou Jean Desportes, deux autres peintres de nature mortes ayant vécu à la même époque) était destiné à être paysan mais, à la suite d’une longue période de convalescence, il s’initia au dessin et acquit peu à peu une grande maitrise de cette technique. Il devint l’élève de Nicasius Bernaerts d'origine flamande, alors membre de l’Académie royale et spécialisé dans la peinture animalière et de Frans Snyders, il s’est largement imprégné de la tradition flamande. Au cours de ses premières années, il découvrit ainsi la peinture flamande dont il va subir l’influence tout au long de sa carrière. A la mort de Bernaerts, Desportes ne se fia plus qu’à la nature. En 1695-1696, il fut nommé portraitiste à la cour de Pologne avant d’être rappelé en France où il abandonna le genre du portrait pour se consacrer presque exclusivement à la peinture animalière. Reçu à l’Académie royale en 1699, il participa à la décoration de la ménagerie de Versailles. Outre la peinture animalière, Alexandre-François Desportes se distingua aussi par ses natures mortes où il excella véritablement. On y perçoit l’approche réaliste flamande qui se traduit aussi bien dans les fonds de paysage que dans le rendu riche et méticuleux des matières alliée à une délicatesse alors réputée être très française.


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2024 - Une collection de Natures mortes
Un blog de Francis Rousseau

mercredi 26 septembre 2018

Alexandre-François Desportes (1661-1743) - Nature morte avec huîtres, figues, pêches...


https://astilllifecollection.blogspot.com/2018/09/alexandre-francois-desportes-1661-1743.html

Alexandre-François Desportes (1661-1743)
Nature morte avec  huîtres, figues, pêches, radis et melon, avec du pain, des verres, du vin et des plats en or et en argent sur une table en bois
Private collection

 Que voit-on ? On retrouve souvent chez Desportes les mêmes éléments réemployés de natures en natures mortes mais ordonnés de façon différente dans la composition. Cette nature morte en est un excellent exemple ; on peut la rapprocher de Déjeuner de maigre avec huitres, 1729 
conservée Nationalmuseum Stockholm (déjà publié sur ce blog) et s 'amuser au jeu des comparaison... qui sont nombreuses. Elles vont  des huitres au plateau de figues vertes en passant par la botte de radis  d'une variété aujourd'hui disparue.. il y a même un élément commun aux deux tableaux et situé exactement au même emplacement : la bourriche d'huître à gauche du cadre.  Par contre dans cette toile les deux plateaux au fond du cadre à droite et la bouteille de vin atteste d'un style de vie ou d'une époque de l'ascèse est beaucoup moins de mise que dans Déjeuner de maigre avec huitres,

Rappel biographique : Issu d’une famille modeste, Alexandre-François Desportes à ne pas confondre avec Nicolas Desportes ou Jean Desportes, deux autres peintres de nature mortes ayant vécu à la meme époque) était destiné à être paysan mais, à la suite d’une longue période de convalescence, il s’initia au dessin et acquit peu à peu une grande maitrise de cette technique. Il devint l’élève de Nicasius Bernaerts d'origine flamande, alors membre de l’Académie royale et spécialisé dans la peinture animalière et de Frans Snyders, il s’est largement imprégné de la tradition flamande. Au cours de ses premières années, il découvrit ainsi la peinture flamande dont il va subir l’influence tout au long de sa carrière.  A la mort de Bernaerts, Desportes ne se fia plus qu’à la nature. En 1695-1696, il fut nommé portraitiste à la cour de Pologne avant d’être rappelé en France où il abandonna le genre du portrait pour se consacrer presque exclusivement à la peinture animalière. Reçu à l’Académie royale en 1699, il participa à la décoration de la ménagerie de Versailles. Outre la peinture animalière, Alexandre-François Desportes se distingua aussi par ses natures mortes où il excella véritablement. On y perçoit l’approche réaliste flamande qui se traduit aussi bien dans les fonds de paysage que dans le rendu riche et méticuleux des matières alliée à une délicatesse alors réputée être très française.

2018 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau, #AStillLifeCollection, #NaturesMortes 

dimanche 1 octobre 2017

Alexandre-François Desportes (1661-1743) - Nature morte avec gibier préparé, viandes et fruits



Alexandre-François Desportes 1661-1743)
Nature morte avec gibier préparé, viandes et fruits, 1734
National Gallery of Art, Washington

Que voit on ? Cette extraordinaire nature morte - qui fut l'une des toutes premières peintures à entrer à la National Gallery of Art de Washington - est une des plus belles réussites d'Alexandre-François Desportes qui en comptent pourtant de nombreuses à son actif.  Elle fait partie des peinture dite de « buffet », contenant quelques exemples de couverts précieux (le couteau à manche en os placé en équilibre sur le bord de la table en bois à gauche), des ustensiles de cuisine (le pot de cuivre sous le panier d'oranges à droite) et un service de plats à décors extrêmement raffinés comme le grand plat central contenant les faisans, rangés toute gorge déployée. Les détails de ce raffinement ainsi que l'abondance des aliments représentés, indiquent que le propriétaire de la peinture est noble et riche. Tout en travaillant avec les éléments habituels de la nature morte de chasse, l'artiste a réussi à créer une composition inhabituelle grâce aux multiples détails (quasi chirurgicaux) avec lesquels chaque animal, chaque fruit, chaque objet est rendu. L'attention du spectateur est ainsi attirée, ici, sur les encolures de saindoux qui enveloppent les faisans encore parés de leur plumage, là sur les pieds palmés et les griffes courbées des faisans disposés sur un drapé  blanc approprié.... Quand à la carcasse d 'agneau et les entrailles suspendues aux crochets, elles sont  le prétexte à un jeu virtuose sur la différence des textures (chair translucide et blancheur des os).
Au premier plan,  es poires solides, bulbeuses et comme rougeoyantes de timidité sont un hommage appuyé à l'esthétique flamande  de même que les oranges lumineuses à l' arrière-plan  qui complètent l'ensemble. C'est une  prouesse artistique absolue à  laquelle nous assistons, un tour de force pictural  qui oscille sans arrêt entre beauté et bizarrerie. Un immense chef d'oeuvre !

Rappel biographique : Issu d’une famille modeste, Alexandre-François Desportes à ne pas confondre avec Nicolas Desportes ou Jean Desportes, deux autres peintres de nature mortes ayant vécu à la meme époque)  était destiné à être paysan mais, à la suite d’une longue période de convalescence, il s’initia au dessin et acquit peu à peu une grande maitrise de cette technique. Il devint l’élève de Nicasius Bernaerts d'origine flamande, alors membre de l’Académie royale et spécialisé dans la peinture animalière et de Frans Snydersil s’est largement imprégné de la tradition flamande. Au cours de ses premières années, il découvrit ainsi la peinture flamande dont il va subir l’influence tout au long de sa carrière.  A la mort de Bernaerts, Desportes ne se fia plus qu’à la nature. En 1695-1696, il fut nommé portraitiste à la cour de Pologne avant d’être rappelé en France où il abandonna le genre du portrait pour se consacrer presque exclusivement à la peinture animalière. Reçu à l’Académie royale en 1699, il participa à la décoration de la ménagerie de Versailles. Outre la peinture animalière, Alexandre-François Desportes se distingua aussi par ses natures mortes où il excella véritablement. On y perçoit l’approche réaliste flamande qui se traduit aussi bien dans les fonds de paysage que dans le rendu riche et méticuleux des matières alliée à une délicatesse alors réputée être très française.

mercredi 23 février 2022

Alexandre-François Desportes (1661-1743) - Un panier de prunes sur une corniche


Alexandre-François Desportes (1661-1743) Un panier de prunes sur une corniche Huile sur toile, 40 x 53.1 cm Collection privée (Christie's 2019)



Alexandre-François Desportes (1661-1743)
Un panier de prunes sur une corniche
Huile sur toile, 40 x 53.1 cm
Collection privée (Christie's 2019)

Que voit on ? Ce que décrit le titre avec précision... et une prune échappée du panier, qui reste sur le bord de la corniche et offre à l'œil ravi du spectateur une nuance supplémentaire de couleurs de ce fruit qui est une symphonie de couleurs en soi.

Rappel biographique : Issu d’une famille modeste, Alexandre-François Desportes à ne pas confondre avec Nicolas Desportes ou Jean Desportes, deux autres peintres de nature mortes ayant vécu à la meme époque) était destiné à être paysan mais, à la suite d’une longue période de convalescence, il s’initia au dessin et acquit peu à peu une grande maitrise de cette technique. Il devint l’élève de Nicasius Bernaerts d'origine flamande, alors membre de l’Académie royale et spécialisé dans la peinture animalière et de Frans Snyders, il s’est largement imprégné de la tradition flamande. Au cours de ses premières années, il découvrit ainsi la peinture flamande dont il va subir l’influence tout au long de sa carrière. A la mort de Bernaerts, Desportes ne se fia plus qu’à la nature. En 1695-1696, il fut nommé portraitiste à la cour de Pologne avant d’être rappelé en France où il abandonna le genre du portrait pour se consacrer presque exclusivement à la peinture animalière. Reçu à l’Académie royale en 1699, il participa à la décoration de la ménagerie de Versailles. Outre la peinture animalière, Alexandre-François Desportes se distingua aussi par ses natures mortes où il excella véritablement. On y perçoit l’approche réaliste flamande qui se traduit aussi bien dans les fonds de paysage que dans le rendu riche et méticuleux des matières alliée à une délicatesse alors réputée être très française.

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2022 - A Still Life Collection
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dimanche 11 janvier 2015

Alexandre-François Desportes (1661-1743) - Nature morte au gibier avec Mousquet, Légumes, Fruits et Chat aux aguets.



Alexandre-François Desportes (1661-1743)
Nature morte au gibier avec Mousquet, Légumes, Fruits et Chat aux aguets.
Collection privée

Que voit-on ?  dans une sorte de garde manger aménagée sur une terrasse au fond de laquelle on entrevoir un paysage de campagne, groupés autour d'un mousquet qui barre toute la composition de gauche a droite ans un mouvement ascendant: les éléments habituelles des natures mortes de Desportes à savoir : gibiers ( poules faisanes, perdrix avec ici un canard col vert en vedette !), un amoncellement de  légumes savamment disposés dans un désordre feint (grands cardons blancs,  chou-fleur, panier en osier rempli de champignons et une courgette ronde) et fruits (oranges à même le dallage et panier  remplis de tomates attestant que nous sommes a la fin de l'été). Le tout est placé sous la patte attentive du chat de la maison, déjà occupé à titiller le col vert  et dont la présence est obligée dans chaque nature morte de Desportes.

Rappel biographique :  le peintre français Alexandre-François Desportes est le maître incontesté de la peinture animalière au 17e et 18e siècle. Ce genre était considéré fort injustement avec la nature morte, comme une sous catégorie pictural, ce qui n'empêcha ni Louis XIV ni Louis XV de faire largement appel à Desportes pour peindre leurs chiens favoris.  Elève de Frans Snydersil s’est  largement imprégné de la tradition flamande. Portraitiste à la Cour de Pologne au début de sa carrière, il  rejoint la Cour de Versailles à partir de 1700 et ne la quittera plus jusqu'à sa mort. Il exécute de nombreux tableaux décoratifs pour orner les demeures royales (Versailles, Marly, Meudon Compiègne, Choisy...) et devient  peintre des chasses et de la meute royales pour Louis XIV puis pour Louis XV. Lors des chasses royales, Desportes suit le roi et Saint Simon rapporte :  « qu’il allait même d’ordinaire à la chasse à ses côtés, avec un petit portefeuille pour dessiner sur les lieux leurs diverses attitudes, entre lesquelles le roi choisissait, et toujours avec goût, celles qu’il préférait aux autres. »  La nature morte n'entre dans l'art de Desportes que très épisodiquement et uniquement pour son aspect décoratif et la mise en scène dont elle permet d'entourer les peintures de gibiers et d'animaux morts ou pour rehausser les portraits des chiens royaux.

mardi 8 avril 2014

Alexandre-François Desportes (1661-1743) - Nature morte à l'aiguière


Alexandre-François Desportes  (1661-1743)
Nature morte à l'aiguière, 1734
Musée du Louvre (Paris)

Que voit-on ?  Présentée sur une dalle de pierre qui figure une marche d'autel ou de tombeau antique et devant un bas-relief en marbre noir que l'on devine à l'arrière plan, partiellement masqué par une lourde draperie de velours de soie rose, de gauche à droite : une somptueuse aiguière en bronze doré (qui donne son nom au tableau) précieusement sculptée d'une scène antique. Tentant de boire dans  l'aiguière, une perruche bleue. Les autres éléments de cette grande  nature morte d'apparat présentent de gauche à droite : des pêches sur leur branche avec leur feuillage, des raisins blanc et rouge avec leur sarment et leur feuillage. Sur l'autel ou le tombeau antique : un récipient en argent à anses cornées contenant des poires en abondance. Dans le bas du tableau à droite :  deux  " cobayes" font un festin de fruits. Desportes, avant out un peintre animalier ne résiste jamais à placer des animaux dans ses natures mortes. A noter qu'il n'y a pas de chat, son animal fétiche, dans celle-ci.

Rappel biographique : le peintre français Alexandre-François Desportes est le maître incontesté de la peinture animalière aux 17e et 18e siècle. Ce genre était considéré fort injustement avec la nature morte, comme une sous catégorie picturale, ce qui n'empêcha ni Louis XIV ni Louis XV de faire largement appel à Desportes pour peindre leurs chiens favoris.  Elève de Frans Snydersil s’est largement imprégné de la tradition flamande. Portraitiste à la Cour de Pologne au début de sa carrière, il rejoint la Cour de Versailles à partir de 1700 et ne la quittera plus jusqu'à sa mort. Il exécute de nombreux tableaux décoratifs pour orner les demeures royales (Versailles, Marly Meudon Compiègne, Choisy...) et devient  peintre des chasses et de la meute royales pour Louis XIV puis pour Louis XV. Lors des chasses royales, Desportes suit le roi et Saint Simon rapporte :  « qu’il allait même d’ordinaire à la chasse à ses côtés, avec un petit portefeuille pour dessiner sur les lieux leurs diverses attitudes, entre lesquelles le roi choisissait, et toujours avec goût, celles qu’il préférait aux autres. »  La nature morte n'entre dans l'art de Desportes que très épisodiquement et uniquement pour son aspect décoratif et la mise en scène dont elle permet d'entourer les peintures de gibiers et d'animaux morts ou pour rehausser les portraits des chiens royaux.

lundi 16 février 2015

Alexandre-François Desportes (1684-1743) - Fleurs, fruits, animaux et gibier et un beau chien blanc



Alexandre-François Desportes (1684-1743)
Fleurs, fruits, animaux et gibier et un beau chien blanc.
Musée des Beaux-Arts d'Angers

Que voit-on ?  comme souvent dans les tableaux de Desportes, nous sommes à l'extérieur. La balustrade, l'oranger  en  fleurs et le rosier dans un potiche en terre cuite atteste que nous sommes sur le perron d'une riche demeure du sud. Ce que l'on voit d'abord est un grand et magnifique chien blanc qui est un " Porcelaine ", une race française de chiens de chasse (55 à 58cm au garrot pour le mâles, 53 à 56cm pour les femelles)  rapide et spécialisée pour le lièvre. Il s'agit probablement de la plus ancienne race de chien originaire de Franche Comté. Il serait descendant des grands Saint-Hubert blancs de Lorraine, eux-mêmes descendants des chiens blancs du roy, utilisés dans les meutes royales par  François 1er.  Ce chien porcelaine est indubitablement le personnage central de cette nature morte avec le grand  lièvre qu'il vient probablement de chasser (à gauche du cadre) et qui semble valser dans les airs, ne reposant sur aucun support.  Un faisan et une perdrix gisent sur la marche supérieure du perron entourés d'un melon tranché, de pêches, de poires et d'une multitude de figues fraîches sagement rangées sur la marche inférieure. Un chat, autre personnage de la toile, ne sachant plus où donner de la tête, ne la perd cependant pas totalement, observant la scène caché sous la potiche qui abrite le rosier, à l'abri du chien qui ne semble pas l'avoir en amitié, à une portée de patte du faisan, mais beaucoup plus intéressé par l' oiseau bien vivant qui gazouille inconscient du danger sur la balustrade sous l'oranger !  Mais comment y accéder avec ce chien porcelaine tout puissant qui trône au centre de la composition ?!!

Rappel biographique :  le peintre français Alexandre-François Desportes est le maître incontesté de la peinture animalière au 17e et 18e siècle. Ce genre était considéré fort injustement avec la nature morte, comme une sous catégorie pictural, ce qui n'empêcha ni Louis XIV ni Louis XV de faire largement appel à Desportes pour peindre leurs chiens favoris.  Elève de Frans Snydersil s’est  largement imprégné de la tradition flamande. Portraitiste à la Cour de Pologne au début de sa carrière, il  rejoint la Cour de Versailles à partir de 1700 et ne la quittera plus jusqu'à sa mort. Il exécute de nombreux tableaux décoratifs pour orner les demeures royales (Versailles, Marly, Meudon Compiègne, Choisy...) et devient  peintre des chasses et de la meute royales pour Louis XIV puis pour Louis XV. Lors des chasses royales, Desportes suit le roi et Saint Simon rapporte :  « qu’il allait même d’ordinaire à la chasse à ses côtés, avec un petit portefeuille pour dessiner sur les lieux leurs diverses attitudes, entre lesquelles le roi choisissait, et toujours avec goût, celles qu’il préférait aux autres. »  La nature morte n'entre dans l'art de Desportes que très épisodiquement et uniquement pour son aspect décoratif et la mise en scène dont elle permet d'entourer les peintures de gibiers et d'animaux morts ou pour rehausser les portraits des chiens royaux.

jeudi 30 juillet 2015

Alexandre-François Desportes (1661-1743) - Le Garde-manger



Alexandre-François Desportes (1661-1743) 
Le Garde manger (1724)
Collection Privée (Ex collection Louis Grandchamp des Raux)

Que voit-on ? Le contenu d'un garde manger domestique, autrement de la pièce annexe de la cuisine ou de la  cave dans laquelle on entreposait  au frais, les denrées alimentaires. Ce contenu sert de prétexte à Desportes pour mêler gibiers (faisans, poules faisanes, perdreaux) plumés et déplumés,  grosse pièce de viande pendue à un clou en attente de dépeçage, légumes (diverses variétés de carottes liées en bottes, oignons rouges liés en bottes, chou-fleur, panier en osier rempli de champignons) et fruits (pêches dodues et veloutées  prêtes à être servies dans une magnifique porcelaine de Chine). Le tout est placé sous la patte intéressée du chat de la maison, dont la présence en ce lieu se justifie par son rôle d'indispensable de chasseur professionnel de souris !

Rappel biographique :  le peintre français Alexandre-François Desportes est le maître incontesté de la peinture animalière au 17e et 18e siècle. Ce genre était considéré fort injustement avec la nature morte, comme une sous catégorie pictural, ce qui n'empêcha ni Louis XIV ni Louis XV de faire largement appel à Desportes pour peindre leurs chiens favoris.  Elève de Frans Snydersil s’est  largement imprégné de la tradition flamande. Portraitiste à la Cour de Pologne au début de sa carrière, il  rejoint la Cour de Versailles à partir de 1700 et ne la quittera plus jusqu'à sa mort. Il exécute de nombreux tableaux décoratifs pour orner les demeures royales (Versailles, Marly, Meudon Compiègne, Choisy...) et devient  peintre des chasses et de la meute royales pour Louis XIV puis pour Louis XV. Lors des chasses royales, Desportes suit le roi et Saint Simon rapporte :  « qu’il allait même d’ordinaire à la chasse à ses côtés, avec un petit portefeuille pour dessiner sur les lieux leurs diverses attitudes, entre lesquelles le roi choisissait, et toujours avec goût, celles qu’il préférait aux autres. »  La nature morte n'entre dans l'art de Desportes que très épisodiquement et uniquement pour son aspect décoratif et la mise en scène dont elle permet d'entourer les peintures de gibiers et d'animaux morts ou pour rehausser les portraits des chiens royaux.

lundi 15 février 2016

Alexandre-François Desportes (1661-1743) - Fruits, fleurs et légumes dans un paysage




Alexandre-François Desportes (1661-1743)
Fruits, fleurs et légumes dans un paysage, 1720
Collection privée

Que voit-on ? Une œuvre qui brille par l’équilibre de sa composition et la douceur de son chromatisme. Francois Desportes maîtrise ici les éléments qui font de lui un des plus grands artistes du 18e siècle français dans le genre de la nature morte et du paysage. Il livre ici une vision poétique, harmonieuse, presque romantique d’un paysage parfaitement ancré dans le raffinement du siècle.
Les éléments de nature morte comme le panier de prunes ou encore le panier de fraises renvoient à une culture très classique du genre de la nature morte et révèlent pleinement la parfaite connaissance des œuvres de Louyse Moillon, François Garnier et Pierre Dupuis. Il associe le fond de paysage qui est une de ses grandes inventions en extérieur. En effet, Desportes est un des premiers artistes à s’intéresser à la peinture du paysage réel. C’est à partir de 1700 qu’il se consacre à la réalisation de nombreuses études de paysages et de plantes réalisées in situ (nombre d'entre elles sont conservées à la manufacture nationale de Sèvres). Ces études faites d’après nature sont autant de motifs ornementaux destinés aux grandes natures mortes qu’ils commencera à peindre dans les années 1704-1708. Ainsi, dans ce tableau, la tige de pavot fleuri est librement inspirée  de l’esquisse peinte sur papier  du musée de Sèvres.  Ce tableau est l’aboutissement des premières expériences du peintre. 

Rappel biographique : Issu d’une famille modeste, François Desportes était destiné à être paysan mais, à la suite d’une longue période de convalescence, il s’initia au dessin et acquit peu à peu une grande maitrise de cette technique. Il devint l’élève de Nicasius Bernaerts, d'origine flamande, alors membre de l’Académie royale et spécialisé dans la peinture animalière. Au cours de ses premières années, il découvrit ainsi la peinture flamande dont il va subir l’influence tout au long de sa carrière. 
A la mort de Bernaerts, Desportes ne se fia plus qu’à la nature. En 1695-1696, il fut nommé portraitiste à la cour de Pologne avant d’être rappelé en France où il abandonna le genre du portrait pour se consacrer presque exclusivement à la peinture animalière. Reçu à l’Académie royale en 1699, il participa à la décoration de la ménagerie de Versailles. Outre la peinture animalière, Desportes se distingua aussi par ses natures mortes. On y perçoit l’approche réaliste flamande qui se traduit aussi bien dans les fonds de paysage que dans le rendu riche et méticuleux des matières alliée à une délicatesse toute française.

samedi 9 septembre 2017

Alexandre-François Desportes (1661-1743) - Déjeuner de maigre avec huitres


Alexandre-François Desportes (1661-1743)   
Déjeuner de maigre avec huitres, 1729 
Nationalmuseum Stockholm 

Que voit-on ?  Sur un somptueux entablement de marbre recouvrant un buffet dont on peut voir les deux portes grillagées, à travers un coin de nappe blanche dont le drapé à lui tout seul vaudrait un gros plan : un " déjeuner ", c'est à dire traditionnellement le premier repas que l'on prenait dans la journée pour  "rompre le jeûne" de la nuit.  Celui-ci est un " déjeuner de maigre " ce qui signifie qu'il inclut poisson, crustacés et/ou coquillages, ici des huîtres et des harengs séchés (à gauche).  On y trouve aussi  du sucré (figues et prunes), du salé (fromage, pain) et de l'amer (navets ou radis). Vers la fin du 18e siècle ce déjeuner pris entre 7h et 10 heures aura tendance à se décaler vers le milieu de journée, puis au 20e siècle à 13h, 13h 30.

Rappel biographique : Issu d’une famille modeste, Alexandre-François Desportes à ne pas confondre avec Nicolas Desportes ou Jean Desportes, deux autres peintres de nature mortes ayant vécu à la meme époque)  était destiné à être paysan mais, à la suite d’une longue période de convalescence, il s’initia au dessin et acquit peu à peu une grande maitrise de cette technique. Il devint l’élève de Nicasius Bernaerts d'origine flamande, alors membre de l’Académie royale et spécialisé dans la peinture animalière et de Frans Snydersil s’est largement imprégné de la tradition flamande. Au cours de ses premières années, il découvrit ainsi la peinture flamande dont il va subir l’influence tout au long de sa carrière.  A la mort de Bernaerts, Desportes ne se fia plus qu’à la nature. En 1695-1696, il fut nommé portraitiste à la cour de Pologne avant d’être rappelé en France où il abandonna le genre du portrait pour se consacrer presque exclusivement à la peinture animalière. Reçu à l’Académie royale en 1699, il participa à la décoration de la ménagerie de Versailles. Outre la peinture animalière, Alexandre-François Desportes se distingua aussi par ses natures mortes où il excella véritablement. On y perçoit l’approche réaliste flamande qui se traduit aussi bien dans les fonds de paysage que dans le rendu riche et méticuleux des matières alliée à une délicatesse alors réputée être très française.

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2017 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau 

samedi 7 novembre 2015

Alexandre-François Desportes (1661-1743) - Nature morte avec gibier, chien, chat, lièvre et bas-relief


Alexandre-François Desportes (1661-1743)
Nature morte avec gibier, chien, chat, lièvre et bas-relief, 1730
Collection privée

Que voit-on ?  Une treille chargée de lourdes grappes de raisins rouge. Nous sommes à l'extérieur. Un grand chien de chasse regarde avec interêt le gibier (canard, perdrix) qui gît à même la terre,  derrière deux gigantesque cardon blancs. A l'arrière plan, derrière la treille, une table à gibier improvisée sur le rebord d'une ouverture richement ornée d'un bas relief antique, sur laquelle repose un grand lièvre dont la tête et les deux pattes avant pendent dans le vide. Un chat, animal fétiche de Desportes, surgit de l'ombre, attiré par le lièvre qu'il observe avec appétit tout en  faisant mine de s'intéresser à autre chose ! 

Rappel biographique :  le peintre français Alexandre-François Desportes est le maître incontesté de la peinture animalière au 17e et 18e siècle. Ce genre était considéré fort injustement avec la nature morte, comme une sous catégorie pictural, ce qui n'empêcha ni Louis XIV ni Louis XV de faire largement appel à Desportes pour peindre leurs chiens favoris.  Elève de Frans Snydersil s’est largement imprégné de la tradition flamande. Portraitiste à la Cour de Pologne au début de sa carrière, il  rejoint la Cour de Versailles à partir de 1700 et ne la quittera plus jusqu'à sa mort. Il exécute de nombreux tableaux décoratifs pour orner les demeures royales (Versailles, Marly, Meudon Compiègne, Choisy...) et devient  peintre des chasses et de la meute royales pour Louis XIV puis pour Louis XV. Lors des chasses royales, Desportes suit le roi et Saint Simon rapporte :  « qu’il allait même d’ordinaire à la chasse à ses côtés, avec un petit portefeuille pour dessiner sur les lieux leurs diverses attitudes, entre lesquelles le roi choisissait, et toujours avec goût, celles qu’il préférait aux autres. »  La nature morte n'entre dans l'art de Desportes que très épisodiquement et uniquement pour son aspect décoratif et la mise en scène dont elle permet d'entourer les peintures de gibiers et d'animaux morts ou pour rehausser les portraits des chiens royaux.

lundi 18 juin 2018

Alexandre-François Desportes (1661-1743) - Nature morte aux fruits et au gibier, 1706



Alexandre-François Desportes  (1661–1743) 
Nature morte aux fruits et au gibier, 1706
MuMa,  Musée André Malraux, Le Havre 

Que voit on ? Sur une magnifique desserte à gibier en marbre, elle même partie d'une alcove en marbre : une coupe en porcelaine contenant des pêches entourées de raisin blanc et de prunes disséminées à même le marbre, à côté d'un lièvre pendu par les pattes dont le corps et la tête repose sur  un coin de l'entablement. Deux perdrix pendues par un ruban en haut de la desserte parachèvent la composition. 

Rappel biographique : Issu d’une famille modeste, Alexandre-François Desportes à ne pas confondre avec Nicolas Desportes ou Jean Desportes, deux autres peintres de nature mortes ayant vécu à la meme époque)  était destiné à être paysan mais, à la suite d’une longue période de convalescence, il s’initia au dessin et acquit peu à peu une grande maitrise de cette technique. Il devint l’élève de Nicasius Bernaerts d'origine flamande, alors membre de l’Académie royale et spécialisé dans la peinture animalière et de Frans Snydersil s’est largement imprégné de la tradition flamande. Au cours de ses premières années, il découvrit ainsi la peinture flamande dont il va subir l’influence tout au long de sa carrière.  A la mort de Bernaerts, Desportes ne se fia plus qu’à la nature. En 1695-1696, il fut nommé portraitiste à la cour de Pologne avant d’être rappelé en France où il abandonna le genre du portrait pour se consacrer presque exclusivement à la peinture animalière. Reçu à l’Académie royale en 1699, il participa à la décoration de la ménagerie de Versailles. Outre la peinture animalière, Alexandre-François Desportes se distingua aussi par ses natures mortes où il excella véritablement. On y perçoit l’approche réaliste flamande qui se traduit aussi bien dans les fonds de paysage que dans le rendu riche et méticuleux des matières alliée à une délicatesse alors réputée être très française.

mardi 22 août 2017

Alexandre-François Desportes (1661-1743) - Prunes, figues et bécasses


Alexandre-François Desportes (1661-1743)
Prunes, figues et bécasses
Musée des beaux-arts de Lyon

 Que voit-on ?  Avec une somptuosité de coloris et des rendus de texture rarement atteint, on voit exactement ce que décrit le titre dans cette nature morte autrefois intitulée " à la besace " et dont les sujets reposent au pied d'un arbre aux feuilles rougissantes d'un automne commençant.  Une splendeur de ce très grand maître de la nature morte française, bien qu'il fut, avant tout, peintre animalier.

Rappel biographique : Issu d’une famille modeste, Alexandre-François Desportes à ne pas confondre avec Nicolas Desportes ou Jean Desportes, deux autres peintres de nature mortes ayant vécu à la meme époque)  était destiné à être paysan mais, à la suite d’une longue période de convalescence, il s’initia au dessin et acquit peu à peu une grande maitrise de cette technique. Il devint l’élève de Nicasius Bernaerts d'origine flamande, alors membre de l’Académie royale et spécialisé dans la peinture animalière et de Frans Snydersil s’est largement imprégné de la tradition flamande. Au cours de ses premières années, il découvrit ainsi la peinture flamande dont il va subir l’influence tout au long de sa carrière.  A la mort de Bernaerts, Desportes ne se fia plus qu’à la nature. En 1695-1696, il fut nommé portraitiste à la cour de Pologne avant d’être rappelé en France où il abandonna le genre du portrait pour se consacrer presque exclusivement à la peinture animalière. Reçu à l’Académie royale en 1699, il participa à la décoration de la ménagerie de Versailles. Outre la peinture animalière, Alexandre-François Desportes se distingua aussi par ses natures mortes où il excella véritablement. On y perçoit l’approche réaliste flamande qui se traduit aussi bien dans les fonds de paysage que dans le rendu riche et méticuleux des matières alliée à une délicatesse alors réputée être très française.

jeudi 28 janvier 2016

Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779), La soupière d'argent



J
Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779) La soupière d'argent ou Un chat guettant une perdrix et un lièvre morts jetés près d’un pot à oille, 1727/28 (The Silver Terrine – Cat, a dead partridge and a dead hare, lying near a terrine) Huile sur toile, 2§,2 x108 cm Metropolitan Museum of Art, NYC

Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779)
La soupière d'argent ou Un chat guettant une perdrix et un lièvre morts jetés près d’un pot à oille, 1727/28
(The Silver Terrine – Cat, a dead partridge and a dead hare, lying near a terrine)
Huile sur toile, 2§,2 x108 cm
Metropolitan Museum of Art, NYC

Que voit-on ?  Une composition  très animée qui oppose rapidité et acuité des animaux vivants ( e chat aux aguets) à la passivité et la raideur des animaux tout juste morts (la perdrix et le lièvre) dont le sang coule encore des narines. Le sujet central posée dans le titre de l'œuvre est bien la soupière en argent qui trône sur la magnifique table à gibier en pierre à angle incurvé (sans doute repeint ultérieurement par Chardin pour permettre à la tête du lièvre de pendre ans le vide). Le couvercle de la soupière est comme maintenu par une orange qui se reflète somptueusement dans l'argent.  L'oille était une potée faite avec diverses viandes et des légumes variés. Très monochrome, cette nature morte est agrémentée ici et là de touches de couleurs vives apportées par les fruits savamment réparties dans la composition. La  position aux aguets du chat et celle des animaux morts fait encore beaucoup pensé à Oudry et à Desportes dont Chardin admirait énormément les œuvres et qui l'inspirèrent beaucoup dès lors qu'il mettait des animaux en scène (c'est encore pus évident dans Le Buffet qui est conservé au Louvre).

Rappel biographique : Célèbre pour ses scènes de genre et ses pastels, Chardin est aussi reconnu pour ses natures mortes dont il reste le maître incontesté. D'après les frères Goncourt, c'est Coypel qui en faisant appel à Chardin pour peindre un fusil dans un tableau de chasse, lui aurait donné le goût pour les natures mortes. Ces deux tableaux de réception à l'Académie Royale de peinture sont tous deux des natures mortes, La Raie et  Le Buffet  qui se trouvent aujourd'hui au Musée du Louvre. Chardin devient ainsi peintre académicien « dans le talent des animaux et des fruits », c'est-à-dire au niveau inférieur de la hiérarchie des genres alors reconnus. Et c'est sans aucun doute Chardin qui va lui donner ses lettres de noblesse et en faire un genre pictural égal, voire même supérieur à bien des égards, aux autres. Les natures mortes qu'il peindra plus tard (à partir de 1760) sont assez différentes des premières. Les sujets en sont très variés : gibier, fruits, bouquets de fleurs, pots, bocaux, verres...  Chardin semble s'intéresser davantage aux volumes et à la composition qu'à un vérisme soucieux du détail, ou aux  effets de trompe-l'œil. Les couleurs sont moins empâtées. Il est plus attentif aux reflets, à la lumière : il travaille parfois à trois tableaux à la fois devant les mêmes objets, pour capter la lumière du matin, du milieu de journée et de l'après-midi. On peut souvent parler d'impressionnisme avant la lettre.

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2016 - A Still Life Collection 
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samedi 24 mars 2018

Frans Snijders (1579-1657) - Nature morte avec un rafraîchissoir à vin

Frans Snijders (1579-1657) Nature morte avec un rafraîchissoir à vin, (C.1610-20) Fundacion Banco Santander.

Frans Snijders (1579-1657)
Nature morte avec un rafraîchissoir à vin, (C.1610-20)
Fundacion Banco Santander.

Que voit-on ? Une somptueuse nature morte au gibier à plumes et à fourrure que notre époque contemporaine condamnera sûrement au nom de la  protection des animaux... et des régimes végétariens, mais qu'il convient de ne pas isoler de l'époque où elle a été peinte pour en apprécier toute la beauté. Pour les âmes sensibles, on attirera l'attention sur le panier de légumes à droite de la composition avec ses magnifiques salades, artichauts et oignons.... On s'attardera aussi sur la petite nature morte aux flacons à l'extrême gauche du cadre,  juste sous le rafraîchissoir à vin en cuivre sculpté, une petite merveille d 'étude des textures (cristal, porcelaine, métaux, verre teinté...).  Quand au paon !  il est mort certes...  mais bon nous aussi nous mourrons (c'est d'ailleurs le message principal de toute nature morte)... et donc ne nous gâchons pas le plaisir d'admirer l'excellence de la manière avec laquelle son orgueilleux plumage est peint. 

Rappel Biographique : Le peintre flamand Frans Snyders ou Snijders fut un élève de Pieter Bruegel le Jeune et de Hendrick van Balen. Spécialisé dans la nature morte Frans Snyders réalisa l'essentiel de son œuvre dans sa ville natale, Anvers. Appartenant à l'important atelier de Rubens, même s'il ne fut pas son élève, il collabora avec lui dans plusieurs tableaux, comme Philopœmène reconnu par ses hôtes (Musée du Prado, Madrid). Il forma aussi lui-même plusieurs élèves, notamment Jan Fyt.
Son œuvre se compose essentiellement de natures mortes et de scènes de chasses, auxquelles il conféra une monumentalité nouvelle. Ses étals de commerçants, notamment de poissonniers  constituent peut-être la partie la plus originale de son répertoire. Ses compositions s'organisent en général autour d'un élément horizontal stable, comme une table, sur laquelle sont exposés des éléments désordonnées. Le foisonnement des objets peut rappeler l'abondance et la prospérité des Flandres au 17e siècle. Sa touche est très proche de celle de Rubens, en jouant sur des empâtements et des glacis dilués.
Snyders exerça une grande influence sur la nature morte française, chez des peintres comme Jean-Baptiste Oudry ou Alexandre-François Desportes.

dimanche 8 novembre 2015

Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779) ,Lièvre avec besace et cartouche de poudre

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Jean-Baptiste-Siméon Chardin (1699-1779)
Lièvre avec besace et cartouche de poudre  (1730)
Philadelphia Museum of Art

Ce que l'on voit :  Un lièvre mort attaché par un fil à la patte et présenté tête bêche avec quelques ustensiles de chasse sur un fond qui se confond avec les nuances du pelage de l'animal.  Jean-Baptiste-Siméon Chardin n'avait aucun intérêt particulier pour la peinture des  trophées de chasse dans lesquels les peintres hollandais s'étaient illustrés au 17e siècle,  à grands renforts d'amoncellement de cadavres de bestiaux, de ruissellement de sang et de viscères. Lorsque l'on commanda à Chardin ce genre de trophées de chasse, il fit comme pour les natures mortes végétales, il adapta le genre à sa propre sensibilité et, du même coup, le transforma radicalement. Ainsi dans cette première série de trophées de chasse peintes autour de 1730,  où il peint des lièvres morts au milieu de quelques ustensiles simples utilisés par les chasseurs, comme que le flacon de poudre en corne et la besace, accessoires qui apparaissent régulièrement dans bon nombre de ses autres peintures. Cette thématique est un prétexte pour Chardin à explorer les propriétés des matériaux, les différence de texture set les jeux de la lumière sur les objets, tout à fait dans le droit de fil de ce qu'il avait initié avec son tableau La raie peint deux ans avant celui-ci et qui l'avait fait remarquer de l'Académie Royale de peinture. Marqué par sa simplicité et son extrême dépouillement  (en comparaison des tableaux du même genre que pouvait peignait à la même époque le grand spécialistes des trophées de chasse, les deux français Alexandre-François Desportes et Jean-Baptiste Oudry), ce Lièvre avec besace et cartouche de poudre est presque monochromatique. La palette choisie  oblige le spectateur à un effort visuel inédit jusque là et qui fait de cette représentation un chef d'œuvre d'une modernité qui étonne encore aujourd'hui tant les similitudes avec à le style impressionniste sont grandes.


Rappel biographique :   Célèbre pour ses scènes de genre et ses pastels, Chardin est aussi reconnu pour ses natures mortes dont il reste le maître incontesté. D'après les frères Goncourt, c'est Coypel qui en faisant appel à Chardin pour peindre un fusil dans un tableau de chasse, lui aurait donné le goût pour les natures mortes. Ces deux tableaux de réception à l'Académie Royale de peinture sont tous deux des natures mortes, La Raie et Le Buffet qui se trouvent aujourd'hui au Musée du Louvre. Chardin devient ainsi peintre académicien « dans le talent des animaux et des fruits », c'est-à-dire au niveau inférieur de la hiérarchie des genres alors reconnus. Et c'est sans aucun doute Chardin qui va lui donner ses lettres de noblesse et en faire un genre pictural égal, voire même supérieur à bien des égards, aux autres. Les natures mortes qu'il peindra plus tard (à partir de 1760) sont assez différentes des premières. Les sujets en sont très variés : gibier, fruits, bouquets de fleurs, pots, bocaux, verres...  Chardin semble s'intéresser davantage aux volumes et à la composition qu'à un vérisme soucieux du détail, ou aux  effets de trompe-l'œil. Les couleurs sont moins empâtées. Il est plus attentif aux reflets, à la lumière : il travaille parfois à trois tableaux à la fois devant les mêmes objets, pour capter la lumière du matin, du milieu de journée et de l'après-midi. On peut souvent parler d'impressionnisme avant la lettre.

2015 - A Still Life Collection 
Un blog de Francis Rousseau, #AStillLifeCollection, #NaturesMortes 

mercredi 15 octobre 2014

Pierre Dupuis (1610-1682)





Pierre Dupuis (1610-1682) 
Nature morte avec branche d'abricotier, branche de prunier et aiguière.
Musée des beaux-arts (Agen)

Le peintre français Pierre Dupuis est un spécialiste de natures mortes qui appartient à l'âge d'or de la nature morte française du 17e siècle. C'est en Italie qu'il rencontre Pierre Mignard avec lequel il se lie avant d'entrer à l'Académie en 1663, où il apprend la plupart de ses connaissances en art. Son style est marqué par les peintres de l’Europe du Nord et la rigueur de la religion protestante. Ainsi, ses célèbres peintures de paniers de fruits ou de de bouquets sont influencées par les styles de Jacques Linard (1597-1645) ou de Louise Moillon (1610-1696). 
Le rendu précis de ses tableaux avec leur composition solides et sobres - presque monumentale - qui leur confère un certain mystère, en a fait un artiste apprécié de son vivant et l'un des plus grands représentants de la nature morte en France au 17e siècle. Si les natures mortes de Dupuis, par la simplicité de leur agencement, s'apparentent à la vérité et à la rigueur des natures mortes septentrionales, il annonce aussi étonnamment les natures mortes du 18e siècle, qu'il s'agisse de celles de François Desportes, de Nicolas de Largillière, de Jean-Baptiste Oudry, ou des plus célèbres d'entre elles, celles de Chardin.

On retrouve les œuvres de Pierre Dupuis dans plusieurs musées de France dont le Musée du Louvre. 

mercredi 12 novembre 2014

Pierre Dupuis (1610-1682)



Pierre Dupuis (1610-1682)
Panier de raisins avec une pomme

Le peintre français Pierre Dupuis est un spécialiste de natures mortes qui appartient à l'âge d'or de la nature morte française du 17e siècle. C'est en Italie qu'il rencontre Pierre Mignard avec lequel il se lie avant d'entrer à l'Académie en 1663, où il apprend la plupart de ses connaissances en art. Son style est marqué par les peintres de l’Europe du Nord et la rigueur de la religion protestante. Ainsi, ses célèbres peintures de paniers de fruits ou de de bouquets sont influencées par les styles de Jacques Linard (1597-1645) ou de Louise Moillon (1610-1696). 
Le rendu précis de ses tableaux avec leur composition solides et sobres - presque monumentale - qui leur confère un certain mystère, en a fait un artiste apprécié de son vivant et l'un des plus grands représentants de la nature morte en France au 17e siècle. Si les natures mortes de Dupuis, par la simplicité de leur agencement, s'apparentent à la vérité et à la rigueur des natures mortes septentrionales, il annonce aussi étonnamment les natures mortes du 18e siècle, qu'il s'agisse de celles de François Desportes, de Nicolas de Largillière, de Jean-Baptiste Oudry, ou des plus célèbres d'entre elles, celles de Chardin.
On retrouve les œuvres de Pierre Dupuis dans plusieurs musées de France dont le Musée du Louvre.